« Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées », explique à Health & Tech Intelligence Louis Karcenty, chargé d’affaires de la société, qui a remporté le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique.
L’événement était organisé le 2 avril 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.
Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile pour faciliter les échanges entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.
Comment est née l’idée de cette application ?
Louis Karcenty : La genèse de cette solution est l’expérience de Florent (Bossert-Castelli), fondateur d’Hospitalink, diagnostiqué d’une leucémie à l’âge de 18 ans. Il a constaté la difficulté de communiquer avec les soignants avec comme seul outil à disposition, le bip soignant qui ne distingue pas une demande pour un verre d’eau, pour utiliser la télévision ou pour une urgence. En tant que patient, il se sentait en danger. Les données montrent qu’un quart des patients est insatisfait de sa prise en charge en terme d’hospitalisation.
Il a aussi discuté avec les soignants et s’est rendu compte que le fait de ne pas savoir qu’elle était la demande des patients était générateur de stress pour eux. Les soignants ont des arrêts maladie 60 % plus fréquent que la moyenne nationale. 82 % des patients souhaitent mieux interagir avec les personnes soignant et 81 % des médecins pensent qu’ils peuvent améliorer la qualité des soins.
Il existe de nombreuses solutions et applications de suivi mais l’angle du moment de l’hospitalisation est insuffisamment mis en avant. Paradoxalement, nous avons à disposition des solutions techniques extraordinaires mais pas pour faciliter la communication du patient hospitaliser avec le soignant du service.
Que propose donc Hospitalink ?
Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées. Le patient fait sa demande et peut suivre l’avancement. Les soignants la reçoivent. Elle est hiérarchisée afin de répondre de manière optimisée et personnalisée et d’être proactif.
Cela aboutit à un gain en termes d’efficience, avec une optimisation des allers-retours dans le service mais aussi de sécurité en réduisant le taux d’erreurs et d’oubli. Dans « Hospitalink », il y a « link » (lien), pour créer du lien mais aussi « ink » (encre), pour écrire une nouvelle page de l’hospitalisation.
Quelle est le modèle économique ?
Déjà, l’investissement est très léger car les prérequis matériels sont déjà existants et l’installation est aussi simple qu’une application classique. L’efficience est estimé à 170 000 euros par patients sur 100 lits. Nous travaillons avec des établissements de santé partenaires sur la base du nombre d’identifiants. Nous démarrons par un audit pour installer Hospitalink de manière personnalisée, au plus près des besoins de la structure. Et proposons une mise à jour, la maintenance ainsi que le développement de nouveaux modules.
Ou en êtes-vous aujourd’hui ?
La société a été fondée en 2016. Une première version est en test dans 3 centres de soins de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) ainsi que dans des service de maternité et d’hématologie.
Les premiers retours montrent que les patients sont satisfaits, notamment de l’ergonomie de l’application. Les soignants y voient également un gain en termes de relation avec le patient.
L’objectif est de lancé officiellement la solution au quatrième trimestre 2019 avec de nouveaux modules et une intensification de la partie intelligence artificielle et machine learning (apprentissage automatique) pour améliorer encore le reporting.