care_insight

  • FASN Cancéro : « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication patient-soignant » (L Karcenty)

    « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées », explique à Health & Tech Intelligence Louis Karcenty, chargé d’affaires de la société, qui a remporté le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique.
    L’événement était organisé le 2 avril 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile pour faciliter les échanges entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Comment est née l’idée de cette application ?

    Louis Karcenty : La genèse de cette solution est l’expérience de Florent (Bossert-Castelli), fondateur d’Hospitalink, diagnostiqué d’une leucémie à l’âge de 18 ans. Il a constaté la difficulté de communiquer avec les soignants avec comme seul outil à disposition, le bip soignant qui ne distingue pas une demande pour un verre d’eau, pour utiliser la télévision ou pour une urgence. En tant que patient, il se sentait en danger. Les données montrent qu’un quart des patients est insatisfait de sa prise en charge en terme d’hospitalisation.

    Il a aussi discuté avec les soignants et s’est rendu compte que le fait de ne pas savoir qu’elle était la demande des patients était générateur de stress pour eux. Les soignants ont des arrêts maladie 60 % plus fréquent que la moyenne nationale. 82 % des patients souhaitent mieux interagir avec les personnes soignant et 81 % des médecins pensent qu’ils peuvent améliorer la qualité des soins.         

    Il existe de nombreuses solutions et applications de suivi mais l’angle du moment de l’hospitalisation est insuffisamment mis en avant. Paradoxalement, nous avons à disposition des solutions techniques extraordinaires mais pas pour faciliter la communication du patient hospitaliser avec le soignant du service.

    Que propose donc Hospitalink ?

    Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées. Le patient fait sa demande et peut suivre l’avancement. Les soignants la reçoivent. Elle est hiérarchisée afin de répondre de manière optimisée et personnalisée et d’être proactif.

    Cela aboutit à un gain en termes d’efficience, avec une optimisation des allers-retours dans le service mais aussi de sécurité en réduisant le taux d’erreurs et d’oubli. Dans « Hospitalink », il y a « link » (lien), pour créer du lien mais aussi « ink » (encre), pour écrire une nouvelle page de l’hospitalisation.

    Quelle est le modèle économique ?

    Déjà, l’investissement est très léger car les prérequis matériels sont déjà existants et l’installation est aussi simple qu’une application classique. L’efficience est estimé à 170 000 euros par patients sur 100 lits. Nous travaillons avec des établissements de santé partenaires sur la base du nombre d’identifiants. Nous démarrons par un audit pour installer Hospitalink de manière personnalisée, au plus près des besoins de la structure. Et proposons une mise à jour, la maintenance ainsi que le développement de nouveaux modules.

    Ou en êtes-vous aujourd’hui ?

    La société a été fondée en 2016. Une première version est en test dans 3 centres de soins de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) ainsi que dans des service de maternité et d’hématologie.

    Les premiers retours montrent que les patients sont satisfaits, notamment de l’ergonomie de l’application. Les soignants y voient également un gain en termes de relation avec le patient.

    L’objectif est de lancé officiellement la solution au quatrième trimestre 2019 avec de nouveaux modules et une intensification de la partie intelligence artificielle et machine learning (apprentissage automatique) pour améliorer encore le reporting.

  • La FNI et le Sniil signent l’avenant n° 6, Convergence Infirmière quitte la table des négociations

    Après plus d’un an et demi de travail entre les partenaires de la convention nationale (35 réunions de négociations), L’Union nationale des caisses d’Assurance maladie (Uncam) et 2 des 3 syndicats représentatifs des infirmiers libéraux, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), ont signé l’avenant N°6 rénovant le cadre conventionnel actuel. Convergence Infirmière (CI) a de son côté refusé, estimant que les mesures proposées sont inadaptées aux enjeux actuels. 

    L’un des points mis en avant dans la convention concerne la télémédecine. L’implication des infirmiers dans la réalisation d’actes de téléconsultation devrait ainsi être valorisée à partir du 1er janvier 2020. Tout comme l’implication dans l’élaboration du dossier médical partagé (DMP), qui sera revalorisée à hauteur d’1 euro par ouverture de dossier.

    « Les syndicats signataires auront eu à consolider les mesures inscrites jusqu’au bout, puisque les derniers amendements ont été apportés une heure avant la signature », précisent la FNI et le Sniil dans un communiqué commun publié fin mars 2019.

    Malgré le retrait des négociations de CI, Nicolas Revel, directeur de l’Uncam, salue cette avancée. « Nous aboutissons à un avenant complet et ambitieux qui permet de mieux valoriser le rôle et les compétences des infirmiers. Au-delà de revalorisations d’actes, l’objectif de l’Assurance maladie était d’arriver à un accord qui permette d’accompagner l’élargissement de leurs missions », a-t-il commenté.

    Selon la Cnam, le bénéfice financier pour les 93 325 infirmiers libéraux (IDEL) exerçant en France atteint les 365 millions d’euros sur une période de 5 ans (2019-2023), dont 350 millions euros à la charge de l’Assurance maladie.

    Téléconsultation : l’implication des infirmiers revalorisée en 2020

    L’implication des infirmiers dans la réalisation d’actes de téléconsultation sera valorisée dès le 1er janvier 2020 :

    • création d’un acte d’accompagnement de la personne à la téléconsultation ;
    • versement d’une aide financière de 350 euros par an pour s’équiper en matériel de vidéotransmission et en appareils médicaux connectés.

    L’implication dans l’élaboration du DMP sera également revalorisée

    De plus, comme pour les pharmaciens, l’implication des infirmiers dans l’élaboration du dossier médical partagé (DMP) sera revalorisée à compter du 1er janvier 2020 à hauteur d’1 euro par ouverture de dossier.

    Mieux accompagner le suivi à domicile

    L’une des autres mesures clés est la création d’un nouvel acte pour accompagner à domicile la prise de médicament, la prise en charge de soins post-opératoires à domicile à la suite d’une intervention chirurgicale, à partir du 1er janvier 2021, ou encore la mise en place de nouvelles dispositions sur les pansements.

    L’avenant prévoit :

    • une revalorisation de la prise en charge de certains pansements courants à compter du 1er janvier 2020 ;
    • l’évolution de certains actes existants déjà concernant les pansements lourds et complexes à partir du 1er juillet 2020.

    À note également dans le domaine de la revalorisation, la majoration de 3,15 € par séance de soins de la prise en charge d’enfants de moins de 7 ans à partir du 1er janvier 2020.

    Le bilan de soins infirmiers, nouveau support d’évaluation

    Le bilan de soins infirmiers (BSI) est un nouveau support d’évaluation basé sur les référentiels infirmiers existants, qui permet aux professionnels de décrire toutes leurs interventions et de définir un plan de soin adapté à chacun de leurs patients.

    • Le BSI a déjà fait l’objet d’une expérimentation de 6 mois en 2017.
    • L’objectif est désormais de le généraliser pour faire évoluer progressivement les conditions de tarification des soins réalisés auprès des patients dépendants, en prenant mieux en compte la charge de travail de l’infirmier et le niveau de complexité de certaines prises en charge, explique l’Assurance Maladie dans un communiqué.
      • L’avenant prévoit une rémunération non plus à l’acte mais via un forfait quotidien par patient.
      • Il variera en fonction du profil du patient déterminé selon la charge de soin (légère, intermédiaire, lourde) s’échelonnant à 13 euros, 18,20 euros ou 28,70 euros.
    • Le bilan de soins infirmiers et ce nouveau mode de facturation seront progressivement mis en place à partir de janvier 2020 pour une généralisation complète prévue en 2023 :
      • le BSI sera effectif pour les patients âgés de plus de 90 ans en 2020 ;
      • pour ceux de plus de 85 ans en 2021 ;
      • pour ceux de 78 ans et plus en 2022 ;
      • pour l’ensemble des personnes dépendantes en 2023.

    Vers une répartition plus équilibrée

    L’accord vise également à réformer les dispositions démographiques existantes dans l’optique de favoriser une répartition plus équilibrée des infirmiers sur le territoire.

    4 axes d’amélioration ont été définis :

    • une méthodologie de zonage rénovée ;
    • de nouveaux contrats incitatifs pour développer l’exercice dans les zones très sous dotées ;
    • une évolution des modalités du dispositif de régulation dans les zones sur-dotées ;
    • la mise en place d’un encadrement de l’activité en zones intermédiaires ou très dotées situées en périphérie des zones sur-dotées.
  • Cédric O chez Doctolib : faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion »

    Cédric O, le nouveau secrétaire d’État au Numérique, a choisi le siège parisien de la société Doctolib pour sa première visite officielle, le mercredi 3 avril 2019. Il s’est fait expliquer le fonctionnement de la société par le président-fondateur Stanislas Niox-Château et ses collaborateurs, avant d’évoquer sa vision et ses projets en matière de numérique. Health & Tech Intelligence était présent.

    Cédric O a confié avoir été « beaucoup marqué » par sa première entrevue avec Stanislas Niox-Château, quand il a reçu entre 100 et 150 entrepreneurs du secteur de la tech en tant que conseiller de l’Élysée chargé du numérique.
    Le président de Doctolib a de son côté confié espérer « un grand plan » en faveur du numérique en santé : il a fait part de sa volonté de doubler à court terme ses effectifs, qui dépassent déjà les 800 personnes.

    Lors de son intervention, le secrétaire d’État a notamment indiqué qu’il allait « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. Soulignant que la notion de « start-up nation » était pour lui importante, il a également insisté sur son intention de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion ».

    Faire émerger des leaders européens

    Regrettant l’absence dans le CAC 40 d’au moins une grande entreprise « liée aux dernières révolutions technologiques », Cédric O s’est assigné la tâche de « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. « Quand Facebook modifie ses conditions générales d’utilisation, il change la loi pour 2 milliards de personnes », note-t-il, jugeant « impensable [que] ce soient les plateformes qui décident ». « Quand vous êtes leader vous créez la norme, a souligné le secrétaire d’État. J’aimerais que certaines applis soient européennes. »

    Faire du numérique un facteur d’inclusion sociale

    Cédric O a évoqué son échange de la veille avec le député communiste Christian Hutin pour sa première séance de questions au gouvernement : interpellé sur « la brèche numérique sociale », à savoir sur « les oubliés de la start-up nation », ceux qui « ne peuvent absolument pas accéder au numérique », Cédric O a souligné qu’« aux États-Unis, sur les 10 dernières années, jusqu’à la moitié des emplois créés l’ont été directement ou indirectement grâce à la technologie ».

    « Si l’on veut réduire le chômage [mais aussi voir] perdurer [notre] vision de la vie et de la société, sauver notre modèle, conclut-il, la start-up nation c’est important ». Il a cité en tête de ses 3 grands dossiers l’accès aux services publics depuis la ruralité, et l’importance de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion », de le penser en termes d’accès.

  • Hôpital du futur : le projet Fast Path à Strasbourg, une évaluation VBHC (Pr Pessaux, IHU)

    Depuis bientôt 3 ans, le projet d’innovation Fast Path est déployé à Strasbourg, avec pour objectif d’améliorer les prises en charge des patients pour les pathologies colorectales, les tumeurs hépato-bilio-pancréatique et l’obésité, explique à Health & Tech Intelligence le Pr Patrick Pessaux, directeur médical adjoint de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg, président de l’Association française de chirurgie et membre du cercle « Valeur Santé ».

    Le projet, porté par l’IHU de Strasbourg, le Nouvel hôpital civil – hôpitaux universitaire de Strasbourg et Medtronic Integrated Health Solutions, avec une équipe dédiée sur place, met en place des parcours de soins optimisés co-construits avec les patients.

    Leur impact, évalué par des protocoles de recherche, s’appuie notamment sur une méthodologie Value Based Health Care (VBHC ou « valeur en santé »), qui se focalise sur la pertinence des soins et les résultats qui importent aux patients plutôt que sur le volume de soins produits.

    Selon les pathologies, il est fait appel à différents leviers d’optimisation : diagnostics resserrés, solutions numériques de préparation à la chirurgie et de suivi, nouveaux modes d’hospitalisation, supervision par un coordinateur de parcours… L’enjeu commun est la réplicabilité des modèles innovants les plus efficients afin de partager avec d’autres centres les meilleures pratiques, au bénéfice des patients et du système de santé.

    La chirurgie hépatobiliaire et du pancréas : le diagnostic en un jour

    L’optimisation de la prise en charge de ces pathologies doit permettre d’améliorer leur pronostic, actuellement très sévère. Caractérisés par une évolution rapide et dramatique, ces cancers représentent :

    • 8 200 nouveaux cas par an pour le cancer du foie et 11 000 pour le pancréas ;
    • des taux de survie à 5 ans de 13 % pour le foie et de 5 % pour le pancréas.

    Actuellement, le temps entre les premiers symptômes et le diagnostic pour un cancer du pancréas varie entre 41 à 65 jours, incluant un délai d’environ un mois imposé par l’imagerie, indispensable au diagnostic – délai qui peut signifier une perte de chance pour le patient.

    L’organisation mise en place par le Pr Patrick Pessaux repose sur la réalisation en un jour du diagnostic et de la préparation à l’intervention : les examens et consultations avec les différents professionnels de santé impliqués dans la phase de diagnostic (chirurgien, radiologue, infirmière d’annonce, anesthésiste, diététicien…), sont regroupés sur une seule journée, permettant de raccourcir les délais d’accès au traitement.

    Depuis la mise en place du « diagnostic en 1 jour », 82 % des patients ont obtenu un diagnostic en une journée. Pour plus de 80 % des patients relevant d’une intervention chirurgicale, la date de leur intervention était planifiée et les consultations d’anesthésie et d’accompagnement thérapeutique réalisées à la fin de la journée ; tous les dossiers d’oncologie étaient présentés en réunion de concertation multidisciplinaire pour discuter la validité des indications.

    2 sessions par semaine sont désormais dédiées à ce dispositif, qui a déjà accueilli 370 patients. « Les patients comme les soignants sont très satisfaits, le système permet une prise en charge plus rapide et évite la redondance de certains actes », commente le directeur médical adjoint de l’IHU de Strasbourg.

    Les chirurgies colorectale et bariatrique : une préparation et un suivi personnalisés sur le long terme

    Bien qu’un diagnostic resserré soit mis en place pour la chirurgie colorectale, pour cette dernière et pour la chirurgie bariatrique, il existe un autre enjeu qui est l’accompagnement renforcé du patient, en amont et en aval de l’intervention (mise en place de la préparation nutritionnelle, physique et psychologique adéquate, obtention de l’observance post opératoire…).

    Pour la chirurgie colorectale, un programme de réhabilitation améliorée était en place ; il a été complété d’une solution numérique (Get Ready) qui informe, prépare et « coache » le patient avant et après son intervention. Une prise en charge ambulatoire est aussi désormais possible par une étroite collaboration entre l’hôpital et le suivi en ville, toujours dans l’idée de rendre les soins moins invasifs.

    L’évaluation de ces nouvelles pratiques : qu’en pensent les patients ?

    Les patients qui bénéficient de ces nouvelles organisations sont régulièrement interrogés sur leur ressenti, avec l’aide du coordinateur de parcours. Au-delà de l’évaluation de la qualité de l’offre de soins (expérience perçue, critères cliniques telles que durée d’hospitalisation, taux de complication, taux de réadmission), la nouveauté consiste à suivre la qualité de vie des patients sur le long terme, afin de vérifier que l’on apporte des résultats qui comptent vraiment dans leur quotidien.

    Pour le cancer colorectal, le référentiel d’évaluation utilisé est celui proposé par ICHOM (International Consortium for Health Outcomes Measurement). Il permet une comparaison internationale entre établissements engagés dans cette démarche d’amélioration des soins.

    Pour la chirurgie hépatobiliaire et du pancréas, un référentiel standard n’existait pas. Le Pr Pessaux a travaillé, en suivant la même méthodologie qu’ICHOM, à le définir, et il est maintenant mis en place et utilisé à Strasbourg. La chirurgie bariatrique suivra à terme.

    « Les patients ne refusent quasiment jamais de répondre aux questionnaires de suivi de leur qualité de vie. On constate qu’environ 90 % des patients sont très satisfaits, heureux d’être écoutés ; l’équipe de soins apprend à tenir compte de ces nouvelles données qui proviennent directement du patient », témoigne le directeur médical adjoint de l’IHU.

    Autres partenaires du projet :

    Le projet a vocation à diffuser des bonnes pratiques éprouvées, dans une logique de transparence et d’amélioration continue. Il collabore donc avec différents partenaires : autres établissements de santé français et internationaux (par exemple, pour la constitution de référentiels d’évaluation et le partage des résultats obtenus), experts en évaluation économique (collaboration avec l’École de management de Strasbourg), institutionnels (ARS, assurance maladie…).

  • Les start-ups françaises e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 217 millions d’euros en mars 2019. La plus importante somme a été recueillie par Doctolib, avec 150 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené principalement par le fonds d’investissement américain General Atlantic, les partenaires historiques de la société, dont Bpifrance, Eurazeo, Kernel et Accel, ainsi que des médecins et des entrepreneurs allemands.

    Avec la somme récoltée, Doctolib souhaite notamment accélérer le déploiement de son service de téléconsultation, lancé en janvier 2019, auprès de ses 75 000 professionnels de santé partenaires en France et en Allemagne.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois a été réalisée par Dental Monitoring, qui a levé 45 millions d’euros auprès du fonds d’investissement européen Vitruvian Partners. L’application développée par la start-up permet aux orthodontistes de surveiller l’évolution de leurs patients grâce aux photos qu’ils prennent, analysées par un système basé sur intelligence artificielle. Dental Monitoring compte environ 150 collaborateurs à Paris, Austin (Texas), Hong Kong et Sydney.

  • Hillo, le nouveau nom de la start-up Healsy (IA et diabète)

    « Trouver un nom court à consonance « positive », transposable à l’international pour s’adapter aux principaux marchés que nous visons (Europe et US) », tel est l’objectif affiché par la start-up Healsy, spécialisée dans l’amélioration du quotidien des patients diabétiques via l’intelligence artificielle (IA), qui a décidé de changer de nom pour désormais s’appeler Hillo (à prononcer comme « îlot », aussi bien en français qu’en anglais).

    « Nous cherchons à améliorer le quotidien des patients atteints de diabète, notre principal objectif étant de les aider à réguler plus efficacement leur taux de sucre sanguin, un rôle assumé normalement en grande partie par les îlots de Langerhans. Toute l’équipe s’est mis à chercher comment écrire ou prononcer « îlot » dans différentes langues, explique Stéphane Bidet, P.-D.G et co-fondateur de Healsy, dans un communiqué publié le 2 avril 2019. Notre ADN est de proposer des solutions, basées sur une véritable intelligence artificielle, qui permettent d’éviter ces événements pour le patient. L’orthographe nous a paru évidente : high | low pour donner finalement « hillo ». »

  • Le CHRU de Brest lance un appel d’offre pour l’accompagnement de sa stratégie d’innovation

    Engagé dans une politique globale d’innovation, le CHRU de Brest cherche à inscrire sa stratégie d’innovation dans une vision collective et partagée de l’hôpital du futur.

    Pour cela, dans l’optique de diffuser un nouvel état d’esprit et une nouvelle culture d’innovation en son sein, le CHRU lance un appel d’offre pour être accompagné dans le déploiement de cette stratégie.

    Il s’agit d’une procédure adaptée par application des articles 27 et 34 du Code des marchés publics (Décret 2016-360 du 25 mars 2016). La date limite du dépôt des candidatures, à effectuer sur Private.e-marchespublics.com, est le 12 avril 2019 à midi.

    Objectif : diffuser une nouvelle culture de l’innovation

    Cette nouvelle dynamique a pour enjeu d’inventer « l’hôpital de demain » en répondant notamment à 3 questions :

    • Quels seront les besoins des patients et des professionnels de santé ?
    • Quelles sont les évolutions technologiques/organisationnelles que l’établissement doit anticiper afin de répondre à cet objectif ?
    • Comment les ressources hospitalières peuvent-elles être mobilisées à cette fin ?

    Elle devra reposer sur 3 piliers :

    • des méthodes d’action nouvelles, basée sur l’intelligence collective ;
    • une veille technologique et organisationnelle ;  
    • une collaboration étroite et facilitée avec les entreprises innovantes.

    3 axes de réflexions à mener :

    Afin de co-construire ce projet avec l’ensemble des professionnels, le CHRU souhaite être accompagné sur 3 axes de réflexions :

    1. définition de la stratégie et du premier plan d’action :

    • diagnostic du positionnement du CHRU ;
    • proposition d’un projet stratégique adapté aux enjeux d’avenir du CHRU de Brest ;
    • proposition d’un premier plan d’action.

     2. accompagnement méthodologique de la structuration :

    • structurer le pilotage de l’innovation ;
    • importer les méthodes d’innovation ;
    • proposer une méthode de constitution d’un vivier de professionnels et définir des méthodes d’animation ;
    • créer les lieux d’innovation.

     3. diffuser l’innovation au sein de la structure : outils  adaptés à la diffusion de la culture de l’innovation et à l’appropriation des méthodes

    Informations et contact 

    Pour obtenir tous renseignements complémentaires et déposer un dossier de candidature, se rendre sur Private.e-marchespublics.com.

    Date limite de dépôt : 12 avril 2019 à midi

  • L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel à projets pour déployer la télémédecine

    L’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel à projet (AAP) pour accompagner et soutenir le déploiement de la téléconsultation et de la téléexpertise. L’objectif affiché est de « structurer les recours en privilégiant des organisations territoriales entre les Ehpad, les professionnels de santé médicaux, les structures d’exercice regroupé et les établissements sanitaires ».

    Les projets devront « ancrer de manière pérenne » une offre de soins de proximité articulée avec une offre de recours aux spécialités.

    L’ARS distingue 2 thématiques prioritaires pour cette initiative en faveur de la télémédecine :

    • l’accès aux soins des personnes âgées en établissement, notamment en médecine générale, en gérontologie, en dermatologie et dans les services d’urgences ;
    • l’accès aux consultations « de recours ou d’expertise » sur les maladies chroniques.

    L’AAP, lancé le 1er avril 2019, est ouvert à toutes les spécialités médicales sauf le bucco-dentaire et la téléradiologie.

    Les dossiers de candidature doivent être soumis à l’ARS au plus tard le 15 juin 2019 via la plateforme Demarches-simplifiees.fr.

    Modalités de dépôt de dossiers

    Les candidats devront formaliser leur réponse en utilisant les modèles de fiches projet et financière, à télécharger ci-contre.

    Un accusé de réception du dossier de candidature sera adressé en retour.

    Contact :

    • ARS Auvergne-Rhône-Alpes :
      • ARS-ARA-E-SANTE@ars.sante.fr
  • USA : BMS s’unit à Concerto HealthAI pour l’exploitation des données de vie réelle par IA (oncologie)

    Le laboratoire pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb (BMS) conclut un partenariat pluriannuel avec la société Concerto HealthAI (Boston), qui applique l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique à la génération de données « de vie réelle » pour les tests de nouveaux médicaments.

    BMS utilisera la plateforme technologique EurekaHealth de Concerto HealthAI pour exploiter les données de vie réelle dans le domaine pharmaceutique et pour l’application des solutions d’IA dans le domaine clinique.

    Les données de vie réelle de Concerto HealthAI proviennent notamment de la plateforme CancerLinQ, développée par une filiale à but non lucratif de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

    Cette décision, annoncée fin mars 2019, intervient après que la FDA a recommandé en décembre 2018 dans un programme dédié l’exploitation des données de vie réelle dans les essais cliniques et les études post-homologation.

    « Notre accord avec Bristol-Myers Squibb démontre que nous sommes arrivés à un tournant s’agissant des données de vie réelle », a déclaré Jeff Elton, le patron de Concerto HealthAI. Elles ne sont plus seulement un moyen de générer des informations mais un domaine à part entière, porteur d’amélioration des traitement et d’innovations thérapeutiques ».

  • Think tank Économie santé : la transparence des données pour améliorer la pertinence (Reco 2019)

    Les avancées dans le domaine des technologies de l’information et de l’intelligence augmentée font partie des 5 points qui « apportent un nouvel espoir que la pertinence en santé progresse significativement », note le think tank Économie santé des Échos dans sa recommandation 2019, présentée publiquement le 2 avril 2019 à Paris.

    Plus précisément, le groupe de réflexion estime que les avancées pour une meilleure pertinence des soins passeront par une mobilisation et une implication de tous les acteurs « mais surtout par la prise en compte des tendances fortes et nouvelles du moment qui sont de vraies opportunités » :
    • le recueil et la transparence des données ;
    • la définition d’indicateurs de pertinence simples et peu nombreux ;
    • le retour d’informations aux professionnels ;
    • le rôle accru des patients ;
    • et donc les progrès des technologies de l’information et de l’intelligence augmentée.

    De manière générale, le think tank admet que des progrès ont été observés depuis 25 ans en matière de pertinence des soins mais estime qu’ils « ne sont en rien à la hauteur des enjeux ». « Bien que les évaluations manquent cruellement, ajoute-t-il, le sentiment général est que la pertinence des soins marque le pas. »
    Dans ce contexte, il présente 8 préconisations pour améliorer la pertinence en santé, dont la nécessité d’assurer une transparence totale, publique et simple des données de santé en veillant à limiter les effets pervers.

    Conclusion du think tank Économie santé ayant guidé sa recommandation 2019 :

    • pas de pertinence des soins sans pertinence du système de soins et des politiques de santé. Les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple ;
    • pas de pertinence des soins sans implication des professionnels, auxquels il faut donner les outils nécessaires ;
    • pas de pertinence des soins sans données de santé de qualité et transparence, même si cette dernière n’est pas aisée compte tenu de la subtilité des analyses ;
    • pas de pertinence des soins sans s’appuyer sur la parole des patients, sans leur responsabilisation accrue ;
    • pas de pertinence des soins sans une formation initiale et continue qui prenne à bras-le-corps cette problématique et l’intègre dans les mécanismes de recertification des professionnels de santé en cours de développement. Sans attendre que ce dispositif soit opérationnel tous les six ans pour les diplômés à partir de 2021.

    « Avec la pertinence des soins, on gagne sur les tableaux cliniques et financiers »

    « La pertinence des soins revêt un caractère majeur, car elle a pour objectif d’améliorer la qualité des soins en supprimant le gaspillage et aussi la sous-utilisation du système de soins,qui peuvent être délétères pour la santé de chacun, analyse le think tank Économie santé. Elle doit permettre également de dégager des marges de manœuvre financières pour investir là où les besoins sont criants soit en termes d’innovation, en particulier numérique, thérapeutique,préventive, soit en termes d’organisation. En fait, avec la pertinence des soins, on gagne sur les deux tableaux, cliniques et financiers. Mais, car il y a un mais de taille : on n’y arrive pas ou de manière parcellaire et fragmentée, et ce, au prix d’efforts importants. »

    Les 8 préconisations du think tank pour améliorer la pertinence en santé

    1. Rendre pertinente l’organisation et le financement du système de santé pour faciliter la pertinence des soins

    2. Mobiliser les professionnels en leur donnant les moyens d’analyser leurs pratiques, de partager les informations et en investissant résolument sur les données de santé

    Constat : « Tout un arsenal d’évaluation, de contrôle et de sanctions a été mis en place au fil des années pour traquer les cas les plus caricaturaux. Utile sûrement (et qu’il faut maintenir en l’adaptant), mais ceci n’est pas suffisant pour toucher l’ensemble des professionnels non plus dans un esprit de coercition, mais de co-construction. »

    Proposition :

    • garantir un retour d’information sur la pratique du professionnel de santé pour mieux le mobiliser ;
    • manier avec précaution les indicateurs, « chronophages à saisir et difficiles d’interprétation ou déconnectés de la pratique », commente le think tank.
    • inclure à côté des incitations financière la reconnaissance professionnelle, des investissements sur l’organisation, une logique d’équipe et respecter les cultures et responsabilités locales.
    • anticiper un impact négatif pour le professionnel de santé d’une innovation en termes d’organisation ou de rémunération, « une technique devenue obsolète peut toujours être rémunératrice. Il convient donc de proposer au professionnel des solutions pour accélérer le cas échéant l’abandon de la technique devenue obsolète,sans préjudice pour lui. »

    3. Sommer les CNP (Conseils nationaux professionnels) de produire chaque année au moins 5 recommandations « pertinentes » de pertinence des soins et de veiller à leur appropriation par les professionnels de santé

    4. Imposer aux fabricants de logiciels métier d’inclure des rappels simples et opérationnels des Reco « Pertinence des soins » en fonction du contexte clinique

    • Faciliter l’accès aux recommandations dans les logiciels métier en les simplifiant et en adjoignant une version patient :
      • intégrer dans ces logiciels des alertes anti-iatrogénie et les mettre régulièrement à jour.
    • L’interopérabilité doit être « résolument renforcée », en particulier pour rendre accessibles tous les services qui vont se développer et qui visent une meilleure pertinence.

    5. Inclure de manière explicite la pertinence dans la formation initiale et tout au long de la vie

    6. Assurer une transparence totale, publique et simple des données de santé en veillant à limiter les effets pervers

    Constat : « Aujourd’hui, les informations dont disposent les autorités, que cela soit les pouvoirs publics, la HAS ou l’Assurance maladie, ne sont pas toutes publiques ou faciles d’accès, ce qui revient au même, constate les auteurs du rapport. Ces données concernent par exemple pour un service donné le taux de complications, les infections nosocomiales, les taux de césariennes, l’activité de chirurgie pour cancer du sein, les résultats obtenus, le nombre de transplantations par an (certains services n’en réalisent qu’une seule par an), etc. La raison souvent avancée de cette opacité est que ces données doivent être interprétées et que leur publication risque d’avoir des effets pervers, comme par exemple entraîner une sélection des patients.

    Pour avoir de bons résultats, il suffit de ne prendre en charge que les patients « en bonne santé » et non pas les plus âgés ou polypathologiques. C’est exact, mais aujourd’hui l’absence de transparence nourrit bien des erreurs et des incompréhensions. La transparence vis-à-vis des patients est un élément clé de la pertinence des soins. Non pas tant semble-t-il par une modification du comportement des patients, mais du fait d’une prise en compte par les professionnels de la publication de ces données de pratique. »

    • Le think tank estime qu’il revient aux pouvoirs publics, et en particulier à la HAS, d’assurer cette transparence « quitte à l’accompagner et à avancer par étape », estimant que le site Scope Santé de la HAS, « qui fut un progrès en son temps, est aujourd’hui, en dépit des efforts de fonctionnalité, notoirement insuffisant ».
    • Unicancer va, pour certains de ses établissements, afficher dès 2019 des données de morbi-mortalité, en particulier les « courbes de survie » par pathologie et les informations recueillies auprès des patients en termes de résultats qui leur importent et d’expérience patient, et qui seront inclus dans le dossier patient.

    7. Fournir aux patients les moyens de s’impliquer réellement

    8. Associer les industriels à la pertinence des soins

    Constat : « Les industriels de la santé souhaitent être associés à la pertinence des soins et assurent qu’ils s’y consacrent déjà. Ils se considèrent comme des partenaires de santé avec les autorités, les sociétés savantes, les associations de patients, et surtout leurs clients, les établissements et les professionnels de santé. L’enjeu est tel qu’il est tentant de les prendre au mot. Reste à trouver les modalités pour éviter les dérives du passé, notamment au sein de l’industrie pharmaceutique. »

    • Les industriels dont les produits sont de plus en plus efficaces ont intérêt à ce que leurs médicaments ou appareils soient correctement utilisés. « D’autant plus que la vague d’innovations actuelle pourrait être mise à profit pour faire de la pertinence des soins une priorité, comme le préconisait la recommandation 2018 du think tank Économie santé pour la réduction des inégalités en santé, commentent les auteurs du rapport. L’innovation est une réelle opportunité pour trouver des solutions là où le système de soins fait défaut ».
    • La notion de pertinence pourrait ainsi être introduite explicitement dans l’accord-cadre, qui doit prochainement être négocié entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et les industriels, avec une valorisation sous couvert d’une évaluation en vie réelle.
      • L’accord-cadre actuel conclu jusqu’au 31 décembre2018 consacre un chapitre à la « Régulation des prix et bon usage » et un article à l’« Information des prescripteurs, [la]promotion et [la] publicité », mais la pertinence des soins n’est pas mentionnée, précise le think thank.