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  • E-santé : les patients sont « friands » , les médecins « frileux » (étude Odoxa-Fondapro)

    « L’utilisation d’outils innovants [peut] servir la relation patient-soignant » : c’est la conclusion d’une étude réalisée par l’institut de sondage Odoxa et la Fondation pour la prévention du risque opératoire (Fondapro) « pour la refondation de la confiance médicale ». L’enquête constate cependant un contraste marqué entre l’attitude des patients vis-à-vis des technologies de santé et celle des médecins.

    « Les patients sont friands d’internet et l’utilisent en majorité pour rechercher des informations complémentaires », affirment les auteurs du document, rapportant que :
    • 67 % des sondés utilisent le réseau pour compléter le diagnostic du médecin ;
    • 37 % pour effectuer un autodiagnostic sur un symptôme de maladie ;
    • 25 % pour évaluer des médecins ou observer les avis existants à leur sujet ;
    • 16 % pour échanger des informations avec d’autres patients sur des forums.

    Les praticiens, en revanche, « sont frileux à l’égard de ces nouvelles technologies » :
    • 61 % des médecins pensent ne pas connaître assez bien les solutions de e-santé pour en juger, indique l’étude ;
    • seuls 21 % des praticiens les jugent utiles à la pratique médicale, contre 18 % estimant qu’elles n’ont pas d’intérêt pour leur exercice quotidien.
    • 54 % des médecins pensent que les informations médicales disponibles sur internet  « jouent un rôle négatif plutôt que positif sur la relation patient-médecin ».
    • Seuls 11 % des patients se sont vus proposer des solution de e-santé par un médecin, que ce soit une application mobile, un outil connecté ou dispositif à distance, précisent les auteurs de l’enquête.

    La majorité des médecins ne veulent pas être équipés en solutions de e-santé mais restent séduits par les outils d’aide à la gestion de la prise de RDV

    « La plupart des professionnels ne souhaitent pas être équipés de solutions de e-santé », analysent les auteurs de l’étude Odoxa-Fondapro, soulignant cependant que « les solutions qui leur permettraient de gérer l’organisation et la prise de rendez-vous » font exception et séduisent plus de 60 % d’entre eux.

    L’enquête souligne à cet égard qu’un quart des praticiens interrogés estime que le dossier médical partagé (DMP) « ne présente pas d’utilité ».

    Les médecins proposent rarement à leurs patients d’utiliser des solutions de e-santé

    Si 34 % des Français avouent avoir déjà utilisé des outils connectés orientés sur la santé, les médecins pour leur part n’ont pas encore pour habitude d’utiliser ces solutions de e-santé, que ce soit pour échanger des informations avec les établissements de santé, avec leurs confrères ou avec leurs patients.

    Les médecins se sentent dépossédés de leur position de « sachant »

    Selon l’étude, la « frilosité » des médecins s’explique par le fait qu’ « ils perçoivent ces outils modernes comme des concurrents de leur expertise plutôt que comme des vecteurs susceptibles de les aider dans leur exercice », et qu’ils se sentent dépossédés de leur position de « sachant ».

  • Télémédecine : Qare lève 20 millions d’euros et nomme Olivier Thierry en tant que P.-D.G.

    La société Qare, spécialiste de la téléconsultation, annonce une levée de fonds de 20 millions d’euros réalisée auprès du fonds Kamet Ventures, l’incubateur du groupe AXA, partenaire historique de la société depuis son lancement en 2017, qui devient son actionnaire majoritaire. 

    Désireuse d’accélérer son développement, Qare se fixe les objectifs suivants :

    • 15 000 praticiens partenaires à l’horizon 2020 ;
    • des effectifs multipliés par 5 d’ici 2020 pour dépasser les 150 collaborateurs ;
    • de nouvelles spécialités médicales et des fonctionnalités supplémentaires.   

    Qare nomme Olivier Thierry au poste de P.-D.G. en remplacement du cofondateur Nicolas Wolikow. Diplômé de l’Essec et d’un MBA à la Wharton School à Philadelphie, Olivier Thierry a travaillé à McKinsey & Company avant de devenir, en 2013, numéro 2 du site LaFourchette.

    La Qare Academy : un service de formation intégré dédié à la téléconsultation

    Attachée à « simplifier l’usage de la téléconsultation et à la rendre accessible à tous « , Qare « mise sur le développement sur-mesure de fonctionnalités adaptées à chaque pratique médicale et sur la formation continue des praticiens partenaires ».  

    La société compte aujourd’hui 40 collaborateurs. Elle revendique quelque 100 praticiens actifs de plus de 30 spécialités différentes et 300 praticiens en formation.

    « Notre force (…) est l’accompagnement des médecins dans la pratique de la téléconsultation via notre direction médicale et notre service de formation intégré – la Qare Academy, indique Alexandre Maisonneuve, co-fondateur et directeur médical de la start-up, dans un communiqué publié le 11 avril 2019. Nous avons la volonté d’améliorer la relation entre les praticiens et les patients en optimisant le temps médical ».

    « Il y a encore énormément à faire pour améliorer la vie des gens et leur santé, notamment au travers de la technologie, déclare de son côté le nouveau P.-D.G. Olivier Thierry. Comme des millions de français, je suis convaincu que la téléconsultation répond à une réelle attente dans nos territoires. »

  • Fabrice Perrin est nommé conseiller d’Agnès Buzyn chargé du médico-social et du grand âge

    Fabrice Perrin est nommé à compter du 1er avril 2019, « conseiller spécial chargé du secteur médico-social et de la réforme du grand âge au cabinet de la ministre des Solidarités et de la Santé ». Cette nomination a été publiée au Journal officiel du 5 avril 2019. Cette décision intervient quelques jours après l’annonce par Agnès Buzyn d’une loi sur la dépendance à l’automne 2019.

    Fabrice Perrin a déjà fait partie du cabinet d’une ministre chargée de la Solidarité, ayant été conseiller budgétaire, conseiller pour l’administration générale et la réforme de l’État de Roselyne Bachelot de 2010 à 2012.

    Fabrice Perrin était depuis septembre 2017 directeur général des services du conseil départemental d’Indre-et-Loire, après avoir été deux ans durant directeur général adjoint chargé de la Solidarité.  

    Il a été de 1999 à 2003 chef de la division des affaires générales et des ressources humaines à la Direction de la Sécurité sociale puis chef du bureau des programmes de santé publique à la Direction générale de la Santé.

    Appelé en 2007 à Bercy comme adjoint au chef du bureau de la solidarité et de l’insertion à la direction du Budget, il a été de 2009 à 2010 chef du bureau du politique de la ville au sein de cette même direction. Il l’a de nouveau rejointe comme chef du bureau Comptes sociaux et santé (2014-2015) après une expérience de conseiller pour les Affaires sociales et la santé au sein d’ambassades de France en Europe du nord.

  • Etude : surprescriptions d’antibiotiques chez les enfants consultant par télémédecine (Pediatrics)

    Les enfants souffrant d’infections respiratoires aiguës se voient prescrire plus d’antibiotiques lorsqu’ils consultent leur médecine par télémédecine que lors de consultations traditionnelles. En outre, les antibiotiques prescrits lors des visites de télémédecine étaient moins susceptibles d’être conformes aux recommandations. Tels sont les résultats d’une étude* réalisée par des chercheurs de l’University of Pittsburgh Medical Center (UPMC) et publiée le 8 avril dans la revue Pediatrics.

    La télémédecine pédiatrique en plein développement

    Aux Etats-Unis, de plus en plus de régimes d’assurance ont commencé à rembourser les visites de télémédecine via des smartphones ou d’autres appareils. Pas moins de 96% des régimes d’assurance des grandes entreprises offrent désormais une telle couverture. Le recours à la télémédecine est en augmentation chez les enfants. Et dans la majorité des cas, les médecins posent un diagnostic à distance d’infections respiratoires aiguës (IRA). Or, très peu de recherches ont pour le moment été menées sur les soins que les enfants reçoivent lors de ces visites de télémédecine qui mettent en contact directement médecin et patient.

    Des chercheurs américains ont donc souhaité comparer la qualité de la prescription d’antibiotiques pour les IRA chez les enfants dans trois contextes : la télémédecine, les soins d’urgence et le cabinet du médecin traitant. Ils ont donc mené une étude rétrospective en analysant les données 2015-2016 couvrant plus de 4 millions d’enfants aux États-Unis. Dans cette base, ils ont recensé 4 604 visites de télémédecine, 38 408 visites de soins d’urgence et 485 201 consultations de soins primaires.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 8 avril dans la revue Pediatrics. 

    Résultats : trop de prescriptions pas conformes

    • 52% des consultations de télémédecine ont abouti à une prescription d’antibiotiques contre 42% aux urgences et 31% lors d’une consultation chez un médecin de soins primaires
    • 59% des prescriptions d’antibiotiques étaient conformes aux recommandations de bonnes pratiques pour la télémédecine contre 67% aux urgences et 78% au cabinet d’un médecin traitant

    Les auteurs de cette étude précisent que ces différences de prescription d’antibiotiques étaient beaucoup plus grandes que celles trouvées dans des analyses similaires de visites de télémédecine pour adultes. Ils insistent donc sur la nécessité de bien comprendre l’impact des nouvelles méthodes de prestation des soins de santé, non seulement pour les adultes, mais également pour les enfants. D’autant que l’utilisation d’antibiotiques qui ne sont pas nécessaires ou qui sont plus larges que nécessaire peut entraîner des effets secondaires et contribuer à la résistance aux antibiotiques.

    La qualité des soins ne doit pas souffrir d’un meilleur accès 

    « En tant que pédiatre, je souhaite rendre les soins plus faciles et moins onéreux pour les familles. Je pense que de nombreuses innovations technologiques visent à le faire, mais j’estime qu’il est également important de veiller à ce que la qualité des soins que les enfants reçoivent reste élevé », a déclaré Kristin Ray, professeur adjoint de pédiatrie, à la faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh.

    « Bien que la télémédecine puisse offrir plus de possibilités aux patients de trouver des soins, ce n’est pas toujours le meilleur choix, a déclaré le Dr Albert Wu, interniste et professeur de politique et de gestion de la santé à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health à l’agence Reuters. Et bien qu’en général, un meilleur accès aux soins de santé soit une bonne chose, je pense que c’est un exemple clair de cas où la télémédecine directe au consommateur a entraîné une dégradation des soins fournis à (certains) de ces enfants », a-t-il ajouté.

    Quand l’examen clinique s’impose…

    « Malheureusement, bien que la télémédecine semble attrayante, le service n’est pas en mesure de fournir une précision de diagnostic semblable à celle d’un fournisseur de soins de santé primaires. » La nécessité de faire un examen clinique peut expliquer cette surprescription d’antibiotiques mais ce n’est pas la seule explication possible. Selon le Dr Albert Wu, le fait que le médecin ne voit son patient qu’une fois comparé au médecin traitant qui le suit sur la durée peut conduire à une forme de déresponsabilisation. En télémédecine, les praticiens ne seraient donc « pas incités à refuser de prescrire les antibiotiques que les parents demandent ».

  • Dispositifs médicaux : la DGOS récapitule dans une note les règles de traçabilité

    « La traçabilité sanitaire des DM (dispositifs médicaux) représente un enjeu majeur de santé publique car elle permet de relier rapidement chaque dispositif médical à l’identité du patient qui en a bénéficié ». C’est ce qu’affirme la direction générale de l’offre de soins (DGOS) en introduction d’une note d’information publiée le 28 mars.

    Cette note a pour objet de  rappeler « les obligations réglementaires relatives à la traçabilité des dispositifs médicaux implantables » ainsi que « les responsabilités de chacun des acteurs concernés » et de pointer « les outils d’auto-évaluation dont disposent les établissements pour assurer leurs obligations en matière de traçabilité des dispositifs médicaux ».

    La diffusion de cette note intervient après la publication au mois de janvier 2019 par le ministère des Solidarités et de la Santé, d’un plan d’action visant à renforcer l’évaluation et la traçabilité des DM, réagissant à l’enquête journalistique internationale « Implant Files » qui dénonçait les insuffisances du marquage CE et de la matériovigilance des DMI.

    Une mission d’information de l’Assemblée nationale a également lancé en mars 2019 une série de 36 propositions visant à améliorer la surveillance des DM et leur surveillance ainsi qu’à faire évoluer leur prise en charge. Les députés ont notamment recommandé d’avoir recours au DMP et à un identifiant unique pour chaque dispositif.

    Le règlement européen 2017/745

    Dans la note d’information, la DGOS annonce que la traçabilité des DM sera renforcée par le règlement européen 2017/745, dont l’entrée en vigueur est prévue pour mai 2020 et qui « introduit la notion de système d’identification unique des dispositifs ou ‘système IUD’ ». 

    «Les établissements de santé doivent enregistrer et conserver, l’IUD des dispositifs qu’ils ont fournis ou qu’on leur a fournis notamment des dispositifs les plus à risque » souligne la DGOS, jugeant que « l’informatisation du circuit du DMI est un prérequis essentiel à l’application de la réglementation en matière de traçabilité des DMI » et qu’ « en particulier, l’intégration des systèmes d’information existants et leur interopérabilité sont des conditions nécessaires à la mise en place et à l’utilisation de l’identifiant unique » prévu dans le règlement européen.

    La DGOS rappelle la réactivité dont elle a fait preuve sur le sujet en diffusant dès 2014, « une instruction rappelant la réglementation en vigueur » et en lançant » une enquête nationale » qui a établi que la sécurité des patients n’était pas « compromise en cas de retrait de lot ou d’alerte de matériovigilance ».

    DMI soumis aux règles de traçabilité

    La note indique qu’actuellement, et conformément à l’ arrêté du 26 janvier 2007, trois types de DMI sont soumis aux règles de traçabilité, à savoir :

    – les DM « incorporant une substance qui, si elle est utilisée séparément, est susceptible d’être considérée comme un médicament dérivé du sang »;

    – les valves cardiaques;

    – les autres DMI, y compris les implants dentaires, « à l’exception des ligatures, sutures et dispositifs d’ostéosynthèse ».

    « Cette liste est valable quel que soit le mode d’entrée dans l’établissement des DMI » souligne la note, regrettant que les DMI « échappent encore trop souvent à l’enregistrement dès leur entrée dans l’établissement de santé ».

    Recommandations de la DGOS en 2015

    La DGOS récapitule les recommandations qu’elle a formulées en 2015:

    – Les recommandations « générales » (« assurer la traçabilité sanitaire sur un support informatique », « Saisir les données par lecture optique de codes-barres », « réaliser la traçabilité en temps réel à chaque étape du circuit du DM »)  

    – les recommandations spécifiquement relatives aux systèmes d’information (privilégier les  systèmes d’information hospitaliers (SIH) de production de soins « conçus selon une logique de processus », « utiliser un référentiel des DMI unique et partagé » ;  « Utiliser un référentiel unique d’identité des patients » ; « arrêter l’utilisation de fichiers bureautiques du type Excel »; « Favoriser le recours à des lecteurs de codes à barres »).

    Acteurs de la traçabilité

    La note rappelle ensuite qui sont les différents acteurs impliqués dans la traçabilité  et leurs responsabilités respectives, conformément au code de la santé publique

    Le représentant légal de l’établissement

    Le représentant légal de l’établissement fixe une procédure écrite décrivant les modalités selon lesquelles les données nécessaires à la traçabilité sont recueillies, conservées et rendues accessibles. Les données relatives à la traçabilité des DMI sont conservées pendant 10 ans, et pendant 40 ans pour les DM « incorporant une substance qui, si elle est utilisée séparément est susceptible d’être considérée comme un dérivé du sang ».

    Les données relatives aux DMI devant figurer dans le dossier patient sont :

    – L’identification du DM : dénomination, numéro de série ou de lot et nom du fabricant et son mandataire;

    – La date d’utilisation ;

    – Le nom du médecin ou du chirurgien-dentiste utilisateur.

    Les mêmes informations doivent figurer dans la « lettre de liaison » remise au patient à l’issue des soins, qui est transmise le même jour au médecin traitant, et sera versée dans le dossier médical partagé (DMP) du patient si ce dossier a été créé.

    Le pharmacien gérant de la pharmacie à usage intérieure

    Le pharmacien gérant de la pharmacie à usage intérieure enregistre l’ensemble des données suivantes relatives à la délivrance des DMI, et les transmet au service utilisateur lors de la délivrance :

    – L’identification de chaque DMI : dénomination, numéro de série ou de lot et nom du fabricant et son mandataire ;

    – La date de la délivrance au service utilisateur ;

    – L’identification du service utilisateur.

    Le service utilisateur

    Chaque service utilisateur d’un DMI complète les informations enregistrées par le pharmacien gérant de la PUI en enregistrant :

    – La date d’utilisation ;

    – L’identification du patient avec son nom, son prénom, et sa date de naissance ;

    – Le nom du médecin ou chirurgien-dentiste utilisateur.

    Outils de traçabilité des DMI

    La DGOS recommande l’utilisation de trois types d’outils différents pour l’amélioration de la traçabilité des DMI :

     Les outils dits « d’auto-évaluation » 

    – L’outil d’auto-évaluation de la performance du circuit des Dispositifs Médicaux Stériles (DMS) développé par l’Anap sous le nom d’« Inter Diag DMS », « avec un focus particulier » sur la traçabilité des DMI dans la version diffusée 2017. Cet outil inclut deux modules distincts : 1) un module « Pharmacie à usage intérieur » 2) un module « Unité de Soins ».  

    – Le guide Traçabilité des DM – Europharmat – mis à jour en octobre 2016, qui « vise à favoriser la mise en oeuvre de la traçabilité en pratique au niveau des établissements » et propose « des indicateurs de suivi et des processus de traçabilité sous forme de logigrammes ».

     La certification des établissements de santé par la HAS

    La traçabilité des DMI est imposée dans le cadre de la certification des établissements de santé. Le manuel de certification des établissements de santé V2014, critères 26a et 26b, prévoit que « la traçabilité des DMI, incluant les vérifications effectuées, soit assurée » et demande que « la réalisation d’audit et le suivi d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs » permette « la mise en place d’actions d’amélioration ».

     Les contrats d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins (Caqes).

    Les Caqes, qui lient l’agence régionale de santé, l’assurance maladie et les établissements de santé,  prévoient dans leur « socle obligatoire » pour tous les établissements de santé, une obligation de traçabilité des DMI au sein des établissements, « dans le respect des référentiels de bonnes pratiques existants ». Ce volet promeut le lancement d’un « plan d’actions pluriannuel, devant porter notamment sur l’informatisation et la traçabilité, de la prescription jusqu’à l’implantation ».

  • Numérique : Antoine Darodes et Nicolas Vignolles épauleront Cédric O

    Le secrétariat d’État au Numérique a transmis à à HTI le mardi 9 avril 2019 la composition du cabinet de Cédric O.

    Antoine Darodes est nommé directeur de cabinet. Directeur de l’Agence du Numérique depuis depuis juillet 2015, il avait quitté son poste en décembre 2018. Il avait été chargé dès 2012 par le gouvernement de diriger la Mission Très Haut Débit. Il est ancien élève de l’École Normale Supérieure de Cachan.

    Nicolas Vignolles est nommé chef de cabinet et conseiller parlementaire. Directeur Affaires publiques et communication de France Digitale depuis janvier 2019, il occupait le même poste au sein de la plateforme de « civic tech » Make.org, « solution digitale de consultation massive », depuis février 2017.

    Il a également été chef de cabinet adjoint, conseiller parlementaire de Fleur Pellerin quand elle était ministre déléguée chargée de l’Innovation de 2012 à 2014. Il l’a suivie quand elle a été nommée au Commerce extérieur puis à la Culture. Il est diplômé du Celsa et de l’IEP Grenoble.

    Philippe Englebert est nommé « Conseiller entreprises et écosystèmes ». Il était Adjoint Chef de Bureau Financement et Développement des Entreprises au sein de la Direction générale du Trésor, chargé notamment de soutenir les introductions en Bourse en France, « des entreprises technologiques et innovantes ». Il était parallèlement en charge de la relation avec les capital-risqueurs pour la Mission French Tech.

    Conseillère innovation et économie auprès de Mounir Mahjoubi depuis janvier 2009, l’énarque Carole Vachet est nommée conseillère « régulations et transformations numériques ». Directrice de la division Epargne et Marchés financiers au sein de la Direction Générale du Trésor (2017-2018), elle était notamment chargée de la régulation et du conseil autour des sujets fintech et blockchain.

    Yolaine Proult, conseillère « innovation et société » de Mounir Mahjoubi, n’est pas reconduite.

    Antoine Boscher est nommé conseiller communication et presse. Il dirigeait la communication du 13e arrondissement de Paris après avoir dirigé celle de la ville de Palaiseau.

  • FASN Cancérologie : Le numérique, un outil de l’évolution du parcours de soins

    Réussir le virage numérique en cancérologie est l’un des enjeux clé pour optimiser les parcours de soins. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital sont au cœur des discussions des Rencontres nationales de la santé numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    L’oncologie a souvent été précurseure dans le développement des innovations en santé, notamment sur ce que peut apporter le numérique dans la prise en charge des patients et l’exercice des professionnels. Nouveaux parcours de soins, changements de pratiques, nouvelles responsabilités, gestion des données, éthique… les enjeux sont nombreux pour les professionnels.

    Cependant, nous sommes face à une grande hétérogénéité en termes de maturation des projets, de motivation des professionnels et d’équipement. Décryptage.

    Ne pas confondre l’outil et le but

    La relativisation de la place de l’outil est le premier axe de réflexion. « Nous sommes extrêmement attentif pour ne pas confondre l’outil et le but », pose d’emblée Norbert Ifrah, président de l’INCa. D’autant que les solutions de santé numérique se perfectionnent en continu. La vérité technologique à un instant T n’est pas tangible mais soumise à une analyse critique dès l’apparition de nouveaux éléments, de nouvelles strates technologiques.

    L’enthousiasme pour ces outils n’exempte pas d’une attention à garder la confiance de la pratique. En France, nous avons la chance d’avoir une assurance maladie unique et universelle, un système national des données de santé, un PMSI afin de permettre de garder l’outil à se place et l’utiliser à bon escient. « La vraie nouveauté est cette capacité à s’extraire du système dans lequel ont été conçu les outils pour rompre l’os et sucer la substantifique moelle ».

    Changer l’organisation plutôt qu’empiler les applications

    Pour Patrice Viens, président d’Unicancer, « la réussite du virage de l’ambulatoire ne consiste pas à empiler les applications » mais en changement plus radical de l’organisation de l’hôpital, adaptée au numérique. « Le numérique est le support. Mais cette transformation est d’abord entraîné par les progrès thérapeutiques,la chirurgie de moins en moins invasive, les traitements per os« .

    De ce fait, le patient ne reste plus à l’hôpital et les temps de rencontre avec les professionnels est réduit. L’outil numérique est alors un « filet de sécurité. C’est ce que l’on appelle pompeusement la relation ville hôpital ».

    Évolution de la relation médecin-patient

    La plupart des professionnels sont convaincus de l’intérêt du numérique dans leurs pratiques quotidienne. « Il n’y a plus aucun interne qui sait ce qu’est un film de radiologie. Ils sont nés avec le PACS et les systèmes identiques », précise Gilles Calais, président de la FHF Cancer, avant de souligner l’hétérogénéité des déploiement dans les établissements.

    En tout état de cause, la connexion avec le patient est modifiée. Ces systèmes permettent au patient de communiquer de façon beaucoup plus simple au quotidien, notamment depuis leur domicile. La spécialité cancérologique est globalement complexe en terme de coordination de soins, d’agenda pour les patients, de séjours ultra-court. « Nous sommes frappés à quel point les patients sont souvent perdu dans la gestion de leur quotidien« . Le dispositif d’annonce, la coordination de soins sont des gardes-fous mais pas suffisants face à cette complexité.

    Fournir une information fiable

    L’enjeu récurent pour les patients est la capacité des professionnels à donner une information de qualité sur son état de santé, ses traitements. « Certaines applications permettent d’anticiper ou de réguler la prise en charge des patients, les toxicités… Mais la qualité de l’outil et de l’information n’est pas toujours garantie » De même, pour les sites Internet.

    Une thèse accompagnée par la FHF, sur l’information donnée sur l’accouchement, a montré que seuls 25 à 30 % des sites donnaient une information fiable à la femme enceinte. Tous les autres contenaient des erreurs, approximations ou éléments fantaisistes. « Nous pouvons imaginer que dans le champ de la cancérologie, le problème est le même. A défaut de leur déconseiller d’aller sur Internet, j’essaie d’orienter les patients vers des sites de référence« .

    Le dernier enjeu soulevé par Gilles Calais est l’investissement en temps passé par les praticiens face aux outils numériques. »Ils sont très demandeurs d’outils facilitant leur quotidien mais ont plus de mal à se projet en amont de la réflexion sur leur développement. » La prise de conscience et l’implication des professionnels, comme des patients, dans la construction de ces solutions est un atout  de ce vers quoi nous voulons aller.

    Optimiser le temps de présence à l’hôpital          

    Les modifications récentes des interactions entre les équipes de soins et les patients à l’occasion de l’arrivée des chimiothérapie orales, et le déplacement des soins en dehors de l’hôpital sont une opportunité « Le terrain est vierge de certains freins de l’organisation hospitalière, explique Emmanuel Briquet, de l’Union hospitalière privée en cancérologie. Nous pouvons alors partir des usages de nos équipes et des patients c’est-à-dire le modèle des réseaux sociaux et leurs facilité d’utilisation ».

    Dans le cadre d’un essai thérapeutique, Emmanuel Briquet teste la gestion de l’information et des échanges transitant par une plateforme, plus que par une application en tant que telle. « Elle est une zone de rencontre avec les différents professionnels qui accompagnent le patient. » Cette adaptation au usage permet la mise en place de programmes d’éducation thérapeutique, notamment en utilisant les serious games. Le temps de présence dans les services, en hospitalisation ou consultation peut ainsi être optimisé.

    L’échange est coordonné par une infirmière clinicienne qui va reprendre l’informations récoltées. L’identification des signaux faibles avec un code couleur participe à cette évaluation. « Vert, pas de problème. Orange, le patient est contacté. Rouge, nous sortons du protocole et le patient doit revenir ».

    Reconnaissance comme dispositif médical ?

    Un certain nombre d’applications de santé aspire à être reconnu comme dispositif médical et passe au crible du CEPS. « Il n’y a pas de raison pour qu’une innovation technique s’affranchisse de fournir la preuve du service rendu. Nous passons de l’auto-proclamation à la démonstration de la preuve. »

    Le développement des start-ups à en effet changé la perspective du virage de l’ambulatoire. Le piège identifié est que l’offre crée le besoin et pas l’inverse. Là encore, notre système de santé français est garant de ce bon usage et du développement cohérent de ces solutions numérique pour qu’elle accompagne les nouveaux parcours de soins en répondant aux besoins des patients et des professionnels de santé.

  • FASN Cancérologie : création de nouveaux métiers et transformation des pratiques (2/04/19)

    De nombreux aspects de la cancérologie sont aujourd’hui impactés par la transformation numérique et représentent des opportunités et des défis pour les acteurs de santé. Les évolutions de la prise en charge et de l’organisation des soins induites par les progrès de la recherche et les nouvelles thérapies ouvrent la porte à de nouveaux métiers mais invitent avant tout les professionnels à faire évoluer leurs pratiques et donc les métiers existants.

    Lors des 36h chrono de la cancérologie, qui se sont tenues le 2 avril 2019, Christelle Galvez, directrice des soins et des parcours de santé du Centre Léon Bérard à Lyon, a animé le lab sur la transformation des métiers de la cancérologie. « Nous avons surtout échangé sur l’évolution de nos métiers en lien avec le numérique. Pour les nouveaux métiers, nous avons réfléchi sur comment les intégrer, déterminer des cotations et trouver le langage commun », indique-t-elle à Health & Tech Intelligence.

    En effet, si le troisième plan cancer intègre les nombreux atouts de la santé numérique dans la prise en charge et l’organisation des soins, il reste silencieux sur la création de métiers liés directement au numérique. Unicancer va plus loin en appelant à l’accompagnement des nouveaux métiers liés au développement des données de santé (bio-informaticiens et data managers) et à la création d’une filière de formation.

    La santé numérique, pas encore vraiment une priorité

    De nombreux aspects de la cancérologie sont aujourd’hui impactés par la transformation numérique et représentent des opportunités et des défis pour les acteurs de santé. Outre les évolutions de la prise en charge et de l’organisation des soins induites par les progrès de la recherche et les nouvelles thérapies, de nouveaux métiers apparaissent et d’autres évoluent.

    Le troisième plan cancer intègre les nombreux atouts de la santé numérique dans la prise en charge (outils pour garder le lien avec l’école, l’université…) et l’organisation des soins (dossier patient informatisé, dossier communicant de santé…). Il intègre, dans son objectif 4, la reconnaissance de nouveaux métiers en cancérologie, comme l’infirmier clinicien, devenu depuis l’infirmier de pratique avancée, le radiophysicien et le dosimétriste. Pour autant, il n’évoque pas les métiers liés directement au numérique.

    Unicancer, qui appelle à un nouveau plan cancer, avait adressé une série de propositions aux candidats aux élections présidentielles de 2012. Parmi elles, l’accompagnement de l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie dont ceux liés au développement des données de santé (bio-informaticiens et data managers). La fédération des centres invite également à la création d’une filière de formation et d’émergence des futurs métiers de la e-santé et du big data concernant le traitement du langage, l’analyse sémantique, etc.

    Le programme Ma Santé 2022, quant à lui, voit surtout dans le numérique, l’opportunité « d’améliorer les organisations, dégager du temps médical et offrir un bouquet de services numériques aux professionnels de santé ». Dans les faits, le développement de ces nouveaux métiers est donc encore au stade des expérimentations, notamment au regard de l’hétérogénéité du niveau de développement du numérique, évoqué par le Pr Gilles Calais, président de la FHF Cancer, dans une interview accordée à H&TI.

    L’évolution des métiers de la recherche

    Le premier axe du lab qui s’est déroulé lors des 36h chrono de la cancérologie a insisté sur la croissance des métiers de la recherche en cancérologie depuis 2004. Dans les CHU, en 2016, ils représentait plus de 5 000 employés équivalant temps plein. Le champs de la recherche regroupe ainsi 9 métiers reconnus depuis 2008, de l’assistant de recherche clinique au coordinateur mais aussi le gestionnaire de données médicales et le bioinformaticien.

    Pour Marie Lang, directrice du comité national de coordination de la recherche « la transformation attendue de la médecine doit faire repenser l’organisation de la recherche alors que la révolution numérique percutent les frontières entre recherche, santé, prévention et le parcours patient ».

    L’arrivée massive du numérique inquiète certains professionnels sur la valorisation de leur plus-value et donc sur la pérennité de leurs postes, qui sont déjà liés à la durée des projets de recherche et essais cliniques. Cette précarisation aboutit a un turnover important ainsi qu’à une difficulté de recrutement pour les métiers d’assistants ou techniciens de recherche clinique et de chefs de projets à compétence cancérologique, une fuite des talents et une démotivation.

    L’évolution de ces métiers à l’ère du numérique doit être accompagné d’une démarche pour les rendre plus attractifs et fidéliser ces professionnels.

    La création d’une direction des data

    Il y a environ 2 ans, une direction des data a été ouverte à l’Institut Curie, sous la direction du Pr Alain Livartowski pour « valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », a indiqué à H&TI le professeur. Au sein de cette direction, plusieurs métiers sont représentés pour accompagner la transformation numérique.

    Selon Julien Guérin, directeur des données à l’Institut Curie, la transformation numérique est à la fois une modernisation des parcours de prise en charge clinique, avec notamment le développement de moyens de communication vers les patients et le développement d’outils innovants pour l’accompagnement diagnostique et théranostique (contraction de thérapie et diagnostic) ou des projets de recherche (entrepôts de données, IA). L’accompagnement au changement est une clé du succès pour tirer partie de toutes les énergies. « Il faut partir des idées reçues et montrer le bénéfice notamment de remettre l’humain comme valeur essentielle, commente Julien Guérin. L’outil n’est pas là pour contrôler mais pour aider. » Le numérique fait évoluer les métiers mais ne les remplace pas dans un contexte d’activité toujours plus tendu et à effectif constant.

    Les actions à faible plus-value (impression papier, transmission de documents, etc.) seront remplacées par de nouvelles actions à meilleure plus-value (contrôle qualité, temps pour la recherche, amélioration continue des processus). Par exemple, les assistantes médicales, dont l’activité était jusque là concentrée sur la saisie pourraient être inquiètes du développement des outils qui l’automatise. L’accompagnement au changement consiste à à leur redonner une valeur ajoutée et les faire évoluer dans leur métier. « Il s’agit d’ailleurs plus de l’évolution d’une équipe que des métiers », observe Julien Guérin.         

    Personnaliser la prise en charge avec le numérique

    L’apprentissage principal de ce lab est donc bien que la santé numérique, avant la création de nouveaux métiers, fait évoluer les métiers actuelles. La recherche menée par Julien Edeline, oncologue médical au Centre Eugène Marquis à Rennes, en est un bon exemple. Il réaliste actuellement une étude sur 5 centres pour recueillir les symptômes des patients, en s’appuyant sur les infirmières pour mieux organiser l’hôpital de jour (HDJ). Cette personnalisation anticipée de la prise en charge en HDJ est basée sur un recueil des données via un outil numérique et une évaluation clinique réalisée par une infirmière de pratiques avancées (IPA).

    Le tout nouveau métier d’IPA, dont le décret est paru en juillet 2018, croise ainsi le développement de la santé numérique. L’algorithme permet d’anticiper et authentifier les actions à mettre en place lors de la venue des patients selon le recueil. L’IPA est ainsi intégrée pleinement et a sa place dans l’organisation. Grâce à l’outil numérique, elle participe à rendre plus efficace le temps passé en hôpital de jour.

  • Accompagner la transition numérique : l’un des 3 axes de l’accord cadre sur l’exercice coordonné (JO)

    Les principaux éléments abordés au cours des séances de négociation, tels que l’accompagnement du développement du numérique et les missions des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), se retrouvent dans l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur l’exercice coordonné, signé entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et les représentants des professionnels de santé libéraux, publié au Journal officiel le 7 avril 2019.

    L’objectif central est de participer au développement et à la généralisation de l’exercice coordonné afin de renforcer la prévention, de gagner en qualité et de favoriser l’ambulatoire. L’ACI « doit poursuivre son rôle de cadre structurant permettant d’impulser une dynamique dans chaque convention mono-catégorielle et dans les accords conventionnels interprofessionnels pour favoriser l’exercice coordonné des différents acteurs de santé », est-il expliqué en préambule.

    3 axes centraux ont été établis pour répondre à cet objectif :
    • accompagner la transition numérique en santé pour favoriser la coordination des acteurs ;
    • accompagner les évolutions de pratiques pour généraliser la prise en charge coordonnée des patients ;
    • poursuivre la simplification des conditions d’exercice des professionnels de santé.

    Accompagner la transition numérique en santé pour favoriser la coordination des acteurs

    L’ACI évoque notamment les outils favorisant l’exercice coordonné. Parmi eux, les outils numériques tiennent une place importante.

    • Les parties signataires s’accordent sur la nécessité de continuer le processus de déploiement des différents outils d’appui à la coordination, « notamment en favorisant la prise en compte par les professionnels de santé des dernières versions de logiciels disponibles ».
      • Font donc partie de l’accord :
        • le dossier médical partagé (DMP) ;
        • les messageries sécurisées de santé (MSSanté) ;
        • les équipements permettant de recourir à la télémédecine ;
        • le déploiement de la prescription électronique.

    DMP

    L’objectif est d’atteindre 40 millions de DMP d’ici 5 ans. Pour ce faire, les signataires s’accordent pour mener en partenariat des travaux concernant les évolutions du DMP et des logiciels métiers des professionnels de santé :

    • faciliter l’interconnexion entre les données figurant dans les DMP et les données des logiciels métiers ;
    • téléchargement dans le logiciel métier des professionnels de santé des documents extraits du DMP ;
    • alimentation automatique du DMP par les données saisies dans le logiciel métier ;
    • intégration dans le DMP de la liste des professionnels de santé habituels assurant la prise en charge,etc.

    MSSanté

    L’objectif est que tous les professionnels de santé soient équipés d’une messagerie sécurisée de santé d’ici 3 ans.

    Pour y parvenir, « les partenaires conventionnels s’engagent à réaliser des travaux, en lien avec les éditeurs de logiciels et les fournisseurs de services de messagerie [dans l’optique de] favoriser l’intégration des messageries sécurisées au sein des logiciels métiers utilisés par les professionnels de santé ».

    Les équipements permettant de recourir à la télémédecine

    Les parties signataires estiment « nécessaire » d’accompagner les professionnels de santé qui souhaitent investir dans des équipements permettant le recours à la télémédecine.

    Ainsi, ils s’accordent pour que les accords conventionnels, mono catégoriels ou pluriprofessionnels, puissent comporter des aides aux investissements techniques nécessaires.

    E-prescription

    Les bénéfices attendus de la e-prescription mentionnés dans l’ACI sont les suivants :

    • simplifier et sécuriser le circuit de l’ordonnance, depuis la prescription jusqu’à la délivrance ou la réalisation de l’acte ;
    • fluidifier et fiabiliser les échanges entre les médecins et les professions prescrites grâce à la dématérialisation et à la structuration des données des prescriptions, les prescripteurs ayant par exemple accès aux informations de la délivrance des médicaments qu’ils ont prescrits ;
    • favoriser la coordination des soins grâce au partage des informations de prescription entre les professionnels de santé ;
    • fiabiliser les remboursements et réduire les risques de falsification ou d’indus induits par des prescriptions non conformes à la liste des actes et prestations

    « Au regard de ces enjeux considérables, les parties signataires se fixent pour objectifs la mise en œuvre et le déploiement de la e prescription avec un calendrier progressif mais ambitieux sur une période de quatre ans pour toutes les prescriptions (produits de santé, examens de biologie, d’imagerie, actes infirmiers…) », indiquent-ils.

    La gouvernance, les principes et les règles applicables à la mise en place et au déploiement de la e-prescription, dont les cahiers des charges, « doivent être définis de manière conjointe entre l’Assurance maladie et les représentants des professionnels de santé ».

    Accompagner les évolutions de pratiques pour généraliser la prise en charge coordonnée des patients

    Pour accompagner les évolutions des pratiques dans l’optique de généraliser la prise en charge coordonnée des patients, les parties signataires ont fixé 4 objectifs :

    1. Généraliser l’exercice coordonné

    « Les parties signataires s’accordent sur le fait que le développement d’organisations structurées et coordonnées, capables d’assurer le suivi et l’accompagnement des patients, dont un nombre croissant présente un profil de polypathologies, de pathologies chroniques, voire de dépendance, est un objectif majeur pour notre système de santé », est-il expliqué.

    Le renforcement de la coordination entre les professionnels de santé et leur capacité à s’organiser sont des « conditions essentielles » pour garantir :

    •  une meilleure prise en charge des patients (meilleur suivi des pathologies et des éventuelles complications) ;
    • un moindre recours à l’hôpital et aux services d’urgences ;
    • une meilleure articulation entre la ville, l’hôpital et le médico-social.

    2. Accompagner les démarches en faveur de l’exercice coordonné

    3. Favoriser le recours à la télémédecine

    Le déploiement de la télémédecine est présenté comme un « enjeu clé pour l’efficience de l’organisation et de la prise en charge des patients notamment en zone sous dense en offre de soins ».

    Les parties signataires estiment que les accords conventionnels doivent comporter des mesures incitatives en matière d’équipements pour favoriser le recours aux actes de télémédecine. Ces mesures peuvent s’intégrer dans les forfaits structure inscrits dans les accords conventionnels.

    4. Favoriser l’implication des professionnels de santé dans les actions et programmes de prévention et de promotion de la santé

    Poursuivre la simplification des conditions d’exercice des professionnels de santé

    En ce qui concerne la simplification de l’exercice coordonné, l’Uncam va poursuivre l’accompagnement individualisé des professionnels de santé.

    • Des échanges vont être proposés à toutes les catégories et des rencontres avec les praticiens conseils.
    • L’accompagnement sera davantage personnalisé, avec, entre autres, la mise en place d’échanges confraternels autour de cas-patients afin de comprendre et tenter de surmonter les difficultés rencontrées. « Pour les années à venir, l’objectif est de construire un accompagnement par pathologie, plus orienté vers le parcours de soins des patients, est-il indiqué. Dans ce contexte, l’approche pluri-professionnelle de l’accompagnement va être développée. »
    • La participation de l’Assurance maladie aux cotisations sociales des professionnels est confirmé.
  • Étude : en e-santé, la communication médecin-patient est plus importante que la technologie (BMJ)

    L’évolution de la relation médecin-patient est l’aspect essentiel de la transformation numérique de la santé. C’est ce qu’affirme une étude* réalisée par le Medical Futurist Institute (MFI) de Budapest (Hongrie) et publiée par le British Medical Journal sous le titre « Opinion leader empowered patients about the era of digital health: a qualitative study ».

    Dans le cadre de ces travaux, publiés fin mars 2019, le MFI a réalisé de nombreux entretiens sur la transformation de la relation de soin du fait de la diffusion des technologies médicales. Pour les aspects concernant le patient, il a ciblé onze personnalités considérées comme des leaders d’opinion en e-santé, observateurs privilégiés de la transformation numérique du secteur et des changements culturels qu’elle entraîne. L’enquête tente d’extrapoler les tendances futures à partir de l’attitude de ces leaders d’opinion.

    Principaux enseignements de l’étude

    L’une des principales conclusions de l’étude est que les e-patients utilisent des outils tels que des moteurs de recherche, Skype ou Fitbit, mais aucune technologie hors de portée du consommateur moyen. Les auteurs des travaux en concluent qu’être agile avec la technologie est utile pour devenir e-patient mais pas essentiel. Parallèlement, les e-patients n’attendent pas non plus de leurs médecins qu’ils utilisent des technologies complexes.

    L’élément primordial est que les e-patients sont demandeurs d’un type de relation médecin-patient différent du modèle asymétrique traditionnel, un partenariat qui suppose que les deux parties s’écoutent, expriment clairement leurs besoins et leurs désirs et partagent un objectif commun.

    Selon un leader d’opinion interrogé, « au lieu que les médecins déconseillent aux patients de rechercher leurs symptômes dans Google parce qu’ils se sentiront plus malade », à l’avenir ils soutiendront réellement leurs patients « en leur apprenant comment utiliser Google et comment évaluer la crédibilité des informations qu’ils y trouvent« .

    Les leaders d’opinion en e-santé imaginent une pratique où la conversation sera au centre de la relation médecin-patient, dans laquelle les médecins encourageront les patients à les questionner, et où la technologie fera partie de la pratique quotidienne du soin, pour la simplifier sans rien remplacer. « À mesure que les technologies e-santé se diffuseront, qu’elles deviendront plus facile d’utilisation et plus efficaces, cela amènera plus de patients à s’engager dans leur propres soins », estiment les auteurs de l’étude.