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  • Datathon Janssen : 5 lauréats repérés pour leurs solutions plaçant le patient au cœur de la recherche

    Embleema, Focus Patient, Andaman7, Ad Scientiam et Bioserenity sont les 5 vainqueurs du Datathon Janssen, organisé en partenariat avec le Fonds « Patient autonome » de Bpifrance et les pôles d’experts de la data Dataiku, le groupe Estia et Reeport. 5 challenges ont été organisés pour identifier des solutions innovantes visant à placer le patient au cœur du processus de recherche.

    Le datathon a réuni les 3 et 4 avril 2019 les acteurs de la santé de demain autour de l’exploitation des données dans le parcours de soins, qu’ils soient étudiants, patients, start-ups, data scientists, ingénieurs, scientifiques ou experts. Il s’est concentré sur les enjeux de la collecte et l’analyse de données santé pour intégrer l’expérience et la qualité de vie des patients dans les études en vie réelle.

    L’objectif de ce datathon est d’accélérer la transformation de la RWE (RealWorld Evidence). Les 5 lauréats sont ainsi invités à développer des prototypes de leurs solutions et identifier les meilleurs partenaires pour développer les futurs projets pilotes fondés sur des données de vie réelle. Le laboratoire Janssen apportera son soutien en ouvrant un de leurs sites d’innovation courant 2019.

    Dans le détails, les 5 gagnants et leur solution sont :

    • Embleema en oncologie, pour sa solution de blockchain qui permet de connecter des cohortes de patients en temps réel ;
    • Focus Patient en immunologie, pour son projet qui vient augmenter le design de l’étude Cassiopée en intégrant une expérience patient renforcée basée sur 4 axes : son profil, le conjoint, le niveau de connaissance de la pathologie et la montre connectée ;
    • Andaman7 en hématologie, pour sa solution de dossier patient partagé et son module intelligent permettant une collecte de données plus interactive et un meilleur accompagnement du patient dans le suivi de sa maladie ;
    • Ad Scientiam en virologie, pour Grizzou, une application « thermomètre » en temps réel de suivi/mesure/évaluation du fardeau pesant sur les parents dont l’enfant est hospitalisé pour une bronchiolite sévère ;
    • Bioserenity en psychiatrie, pour son application MyMood qui permet la collecte de données subjectives et objectives (physiologiques) basées sur les 10 items de l’échelle de dépression de la MADRS et renforcée par des données collectées par l’aidant.

  • Allemagne : le ministre de la Santé lance un hub pour accélérer la numérisation du système

    Jens Spahn, ministre de la Santé allemand, a inauguré à Berlin le Health Innovation Hub (HIH), un « réservoir d’idées »  qui rassemble 12 experts du secteur pour innover en e-santé. Mis en place pour 3 ans, le HIH est installé dans un espace de coworking situé dans la grande rue Torstraße, à la fois au milieu de l’écosystème innovant de la capitale fédérale et à proximité du ministère de la Santé.  

    « Nous accélérons la numérisation [et pour cela] nous voulons être en mesure de reconnaître et d’évaluer les technologies disruptives plus rapidement », a déclaré le ministre lors de l’inauguration le 11 avril 2019. Selon lui, cependant, « la numérisation n’est pas une fin en soi », l’important étant qu’elle « améliore la prise en charge des patients ».

    Le HIH est dirigé par le Pr Jörg Debatin, ex-vice-président du groupe GE Healthcare chargé de la technologie. Directeur de l’hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf de 2003 à 2011, il y a introduit le dossier médical électronique, aboutissant à une numérisation totale des opérations dès 2009. Henrik Matthies, le directeur général du HIH, a quant à lui cofondé et dirigé la start-up allemande Mimi Hearing Technologies, spécialiste des tests d’audition numériques.

    Conjuguer « la solidarité et l’empathie avec le plus haut niveau d’innovation organisationnelle et technologique »

    Sur la page d’accueil du site web du Health Innovation Hub, l’importance de « la mise en réseau des acteurs » ainsi que de « l’acceptation sociale » est soulignée. L’établissement se propose de conjuguer « la solidarité et l’empathie avec le plus haut niveau d’innovation organisationnelle et technologique ».

    Le ministère allemand prend le contrôle du Gematik, en charge du développement de l’infrastructure informatique en santé

    Invité le 9 avril à prononcer le discours d’ouverture de la DMEA, la plus grande conférence e-santé d’Allemagne, Jens Spahn a par ailleurs défendu sa décision d’accorder à son ministère la majorité des voix au sein du Gematik, l’organisation qui développe l’infrastructure informatique de santé, jusqu’ici contrôlée par les associations de professionnels du secteur. « Les instances autonomes ont essayé pendant 15 ans de construire l’infrastructure télématique. Maintenant, donnons au ministre la chance de l’essayer également », a-t-il déclaré.

  • La Cnedimts (HAS) valide l’inscription de Moovcare Poumon sur la liste des produits remboursables

    « Compte tenu de la fréquence et du caractère de gravité du cancer du poumon », la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) considère que la web-application Moovcare Poumon (Sivan) a un « intérêt de santé publique« . Elle estime ainsi que le service attendu par la solution est suffisant pour l’inscription sur la liste des produits et prestations remboursables, prévue à l’article L.165-1 du code de la sécurité sociale.

    En conséquence, la commission de la Haute autorité de santé (HAS) recommande une inscription sous nom de marque et retient l’indication suivante : « Télésurveillance médicale en vue d’une détection précoce des récidives ou complications pour les patients de plus de 16 ans atteints d’un cancer du poumon et non progressif après l’évaluation de leur dernier traitement médical indépendamment du type histologique de la tumeur, en complément d’une surveillance conventionnelle », précisant que Moovcare Poumon pouvait être utilisé « avec un traitement de maintenance par chimiothérapie, une thérapie ciblée et/ou une immunothérapie. »

    Dans son avis, daté du 9 avril 2018, la Cnedimts s’est par ailleurs prononcée pour une amélioration modérée du service attendu de la web-application par rapport à la prise en charge conventionnelle seule, « à savoir le suivi par imagerie et par consultations médicales face à face, dans les indications et conditions d’utilisation retenues ».

    Au total, la population cible des patients atteints d’un cancer du poumon non progressif qui seraient susceptibles d’utiliser la solution de Sivan est estimée au maximum à 35 000 patients par an, indique la commission de la HAS.

    Modalités d’utilisation et de prescription

    Moovcare ne convient pas aux patients très symptomatiques au début de leur surveillance pour leur cancer du poumon. Une série de 5 questions doit être posée aux patients pour vérifier cette condition d’éligibilité, indique la Cnedimts.

    Prescripteur et modalités de prescription :

    • Le prescripteur est le médecin référent en charge du suivi du patient (oncologue,pneumologue ou chirurgien) ;
    • la prescription initiale est effectuée pour une durée de 6 mois après analyse de l’éligibilité du patient ;
    • le renouvellement est assuré par le médecin référent lors de la visite de suivi, après échange avec le patient, nouvelle analyse de l’éligibilité et analyse de son adhésion à cette modalité de suivi complémentaire.

    Aspects organisationnels :

    Chaque centre souhaitant proposer une télésurveillance par Moovcare Poumon en complément du suivi conventionnel doit mettre en place une organisation des soins pour garantir la bonne gestion des alertes de télésurveillance et la formation des utilisateurs, note la commission de la Haute autorité de santé.

    Coordination avec le médecin traitant :

    • La prescription de Moovcare Poumon doit être accompagnée d’un courrier adressé au médecin traitant du patient ;
    • les coordonnées du référent à contacter en cas de difficultés doivent être mises à disposition du patient et du médecin traitant.

    Conditions d’utilisation :

    • Moovcare Poumon n’est pas destiné à se substituer au suivi conventionnel, c’est un outil complémentaire.
    • Moovcare Poumon est une web-application ne nécessitant pas d’installation ni aucun paramétrage avant son utilisation :
      • il n’est pas nécessaire de télécharger d’application sur les plateformes de téléchargement ;
      • cependant, il est nécessaire de disposer d’une connexion internet et d’une messagerie électronique pour l’utiliser.
    • Les patients ne peuvent pas utiliser le dispositif Moovcare Poumon s’ils n’ont pas été inscrits préalablement par leur médecin référent.
    • Le médecin référent est le seul utilisateur qui peut prescrire Moovcare Poumon à un patient et réaliser entièrement le processus d’inscription en face à face avec le patient.(Cf.03.4.1 Acte associé).
    • Quand le médecin a fini de remplir le questionnaire d’inscription, le patient accède à une interface sur laquelle il va devoir donner son consentement au traitement de ses données,accepter les conditions générales d’utilisation et s’authentifier à l’aide d’un code unique reçu par SMS. La notice d’information complète est accessible par le biais de cette interface.

    Conditions de clôture d’un compte patient :

    Un compte patient peut être clôturé par le médecin référent à la demande du patient (si celui-ci souhaite retirer son consentement), en cas de décès du patient ou lorsque le médecin référent juge l’adhésion du patient insuffisante pour maintenir cette modalité de surveillance.

    Les données de santé liées à Moovacare Poumon sont stockées chez un HADS

    Hébergement des données de santé :

    L’ensemble des données de santé liées à la solution Moovcare Poumon est stocké chez un Hébergeur agréé de données de santé (HADS).

    Traitement des données à caractère personnel :

    Le demandeur déclare être en conformité avec les exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    Maintenance de l’application :

    Moovcare Poumon étant une web-application, aucune action de mise à jour par les utilisateurs n’est nécessaire. Les mises à jour par le fabricant ne peuvent être que des révisions mineures.

  • RGPD : un mémento de la DGOS présente aux établissements de santé les bonnes pratiques à adopter

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a conçu un mémento pour « éclairer les décideurs » des établissements de santé publics et privés sur les impacts du règlement général européen sur protection des données personnelles (RGPD), entré en vigueur en mai 2018, et de l’adoption de la loi adaptant la législation française à ce règlement.

    Le document, publié fin mars 2019 en complément du « mémento cybersécurité » réalisé par la DGOS fin 2017, présente :
    • les notions clés du RGPD ;
    • la définition des données personnelles « courantes » ou « sensibles » ainsi que celle des données données santé ;
    • les missions du responsable du traitement des données : la DGOS détaille ainsi les rôles et les missions du délégué à la protection des données personnes (data protection officer, DPO), qui doit être nommé dans les établissements de santé, soulignant l’importance d’une « responsabilisation des acteurs » traitant des données personnelle induites par le RGPD. « Il faudra désormais tenir à jour une documentation interne afin de pouvoir rendre compte à la Cnil en cas de contrôle », est-il indiqué. Dans cette documentation doit figurer, entre autres, les registres de traitements, les analyses d’impact des traitement sur la vie privée, les preuves de consentement et les contrats avec les sous-traitants.
    La DGOS rappelle que cette fonction peut-être mutualisée à l’échelle d’un groupement hospitalier de territoire (GHT).

    Ce mémento va être complété par un guide d’évaluation du risque numérique en établissement de santé, qui devrait être publié prochainement, a indiqué le 2 avril lors du 7e congrès national de la sécurité des SIS Michel Raux, adjoint à la cheffe du bureau des systèmes d’information à la DGOS.

    Un guide des bonnes pratiques de contrôle et de sécurité des données

    La DGOS propose aux directions plusieurs bonnes pratiques de contrôle et de sécurité des données à adopter

    Les Réflexes jugés essentiels par la DGOS :

    • mises à jour des antivirus et logiciels ;
    • changement régulier et utilisation de mots de passe complexes ;
    • chiffrement des données dans certaines situations

    Les bonnes questions à se poser pour évaluer rapidement le niveau de sécurité de son établissement :

    • Les accès aux locaux sont-ils sécurisés ? ;
    • Des profils distincts sont-ils créés selon les besoins des utilisateurs pour accéder aux données ? ;
    • Une procédure de sauvegarde et de récupération de données régulièrement testée en cas d’incident a-t-elle été mise en place ?
    • Les règles de sécurité fixées par la politique générale de sécurité des systèmes d’information de santé (PGSSI-S) sont-elles respectées ?

    Les actions à adopter en cas d’incidents :

    • « En cas de violation de données (des données personnelles ont été, de manière accidentelle ou illicite, détruites, perdues, altérées, divulguées, etc.) vous devez le signaler à la [Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (Cnil)], et à la personne concernée, dans les meilleurs délais (au maximum sous 72h) si cette violation est susceptible de représenter un risque pour les droits et libertés des personnes concernées », indique la DGOS : https://notifications.cnil.fr/notifications/index
    • Par ailleurs, elle ajoute que le signalement de tout incident de sécurité informatique est obligatoire et doit être déclaré sur : https://signalement.social-sante.gouv.fr/psig_ihm_utilisateurs/index.html#/accue

    Mémo-quiz RGPD : la DGOS identifie 5 étapes à suivre

    À la fin du document, un « mémo-quiz RGPD » présente plusieurs actions à engager dans l’optique de « faciliter la mise en œuvre de la conformité » en respectant les 5 étapes suivantes : 

    • désigner un pilote ;
    • cartographier des traitements ;
    • gérer les risques des traitements de données à caractère personnel susceptibles ;
    • organiser les processus internes;
    • documenter la conformité.

    Mémo-quiz RGPD :

    Un renforcement du contrôle par les usagers de leurs données

    Le RGPD « renforce le contrôle par les usagers de leurs données personnelles », indique la DGOS, avec la « réaffirmation » du droit à l’information et du droit d’accès aux données.

  • MADRS

    Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale (échelle utilisée pour évaluer la sévérité de la dépression chez des patients souffrant de troubles de l’humeur)

  • VTD

    Velcade/bortézomib-thalidomide-dexaméthasone

  • Rapport annuel 2018 de la Cnil : baisse de 30 % des plaintes sur l’accès au DMP

    « Les actions de la Cnil en 2018 se sont concentrées sur la mise en œuvre du RGPD », affirme la commission dans son rapport annuel d’activité pour l’année 2018. En 2019, la Cnil prévoit de concilier « pédagogie et dissuasion », alors que « la pression sur les autorités de protection des données n’a jamais été si forte », émanant « autant de la société civile que des acteurs économiques », précise-t-elle dans le document, publié le 15 avril 2019.

    4,2 % des plaintes concernent le secteur santé-social, indique l’autorité, soulignant que les personnes qui s’adressent à elle « rencontrent des difficultés pour obtenir l’accès à leur dossier personnel » et notamment à leur dossier médical (DMP).

    La commission relève cependant que « depuis la sanction de 10 000 euros prononcée en 2017 à l’encontre d’un professionnel de santé (…), une amélioration des pratiques est perceptible » puisque « le nombre de plaintes relatives au droit d’accès au dossier médical a baissé de près de 30 % par rapport à 2017 ».

    En outre, selon le rapport, « les questions de sécurité, et plus particulièrement de confidentialité, ont été plus importantes en 2018 (+100 %) dans ce secteur », démontrant « une préoccupation nouvelle des plaignants à ce sujet ».

    Des contrôles réalisés dans le secteur de l’assurance santé

    Dans le chapitre consacré au bilan du programme annuel 2017, la Cnil rapporte qu’une série de contrôles a été menée auprès de grands acteurs du secteur de l’assurance afin de « s’assurer du respect des règles de confidentialité des données de santé et du secret médical » dont il est fait état dans le pack de conformité « Assurance ».

    La commission relève que si les sociétés d’assurance « ont, dans la majorité des cas, porté à la connaissance des prospects et des assurés les mentions d’information prévues par la loi Informatique et Libertés (…), une grande partie d’entre elles ne recueille pas de manière satisfaisante le consentement exprès des personnes pour le traitement de leurs données de santé ». Qui plus est, certaines d’entre elles « conservent des données plus longtemps que nécessaire ou doivent prendre des actions afin d’améliorer la sécurité des données traitées », ajoute l’autorité.

    Par ailleurs, « pour la souscription d’un contrat d’assurance, certains personnels non médicaux sont amenés, dans le cadre de leurs fonctions, à accéder aux données de santé aux fins d’appréciation du risque », note la Cnil. Si ces derniers, »spécifiquement habilités, sont placés sous l’autorité fonctionnelle du médecin-conseil de l’assureur et formés à la confidentialité médicale », des travaux sont en cours avec les représentants du secteur de l’assurance et notamment la Fédération française de l’assurance (FFA) afin de mieux « encadrer les pratiques du secteur sur ce point ».

    Chiffres clés 2018 (Cnil)

  • Médidays : Doctolib et l’AP-HP organisent un hackathon e-santé du 24 au 26 mai 2019 à Paris

    L’hôpital du futur, le parcours patient et la prévention médicale font partie des thématiques des Médidays, un hackathon centrés sur la e-santé organisé par Doctolib en partenariat avec l’AP-HP du 24 au 26 mai 2016 au Campus Picpus de l’AP-HP à Paris.

    L’événement se concentrera sur plus de 20 projets concrets portés par des médecins, des paramédicaux et des entrepreneurs pour innover en santé.

    Les participants (150 attendus) doivent choisir le projet de leur choix et rejoindre l’équipe dédiée pour participer au développement de la solution :
    • développeur : coder l’application du futur en apportant ses connaissances et son expérience.
    • designer : vivre une expérience de design produit pour présenter le meilleur prototype possible dans le temps imparti.
    • professionnel de santé (médecins, infirmières, personne hospitalier…) : apporter son expertise médicale, son expérience en cabinet ou à l’hôpital.
    • entrepreneur : apporter son expertise business ou son projet.

    Toutes les équipes disposent de 48 heures pour créer un prototype fonctionnel et le présenter à un jury d’experts.
    Des développeurs seniors, coachs et recruteurs d’entreprises tech de Paris accompagneront les participants pour les aider à monter en compétence rapidement sur l’évènement et leur permettre découvrir de nouveaux outils.

    Les inscriptions, fixées à 10 euros par participant, doivent être réalisées en ligne sur Eventbrite.com.

    Programme

    Vendredi 24 mai

    Samedi 25 mai

    Dimanche 26 mai

  • Objets connectés en santé : « De manière générale, la pédiatrie est délaissée » (S. Bender, PDG, Meyko)

    « De manière générale, la pédiatrie est assez délaissée sur le marché de la e-santé, notre objectif était donc de proposer une solution dédiée à l’enfant », explique à Health & Tech Intelligence Sandrine Bender, P.-D.G. et co-fondatrice avec Alizée Gottardo (CTO) de Meyko, un compagnon connecté conçu pour aider les jeunes patients asthmatiques à suivre leur traitement de manière ludique. La start-up, fondée en 2016, a remporté fin mars 2019 le prix de l’innovation PharmagoraPlus, qui récompense les initiatives en adéquation avec les nouveaux besoins des pharmaciens.

    Après 3 années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et une première campagne de commercialisation réussie en septembre 2018, la société va ouvrir une nouvelle fois à la vente son produit en avril 2019, indique l’entrepreneure, designer spécialisée en santé. Le prix de vente est fixé à 129 euros.
    Cette fois-ci, Meyko va être proposé pour d’autres pathologies, telles que l’épilepsie et la mucoviscidose.

    Le projet Meyko est soutenu par le CHU de Nantes et l’hôpital Necker à Paris. Des tests vont également être menés sur le long terme au sein du CHU d’Angers.

    « Le produit a été conçu pour être robuste »

    Vous êtes-vous inspiré d’objets existants pour concevoir Meyko ?

    Sandrine Bender : Nous nous sommes reposés sur une analyse assez large d’importantes études scientifiques pour savoir quels types de solutions fonctionnaient chez les enfants. Nous nous sommes intéressés à l’utilisation de robots pour l’accompagnement des jeunes patients, à l’empathie ressentie envers un objet tiers, à l’ergonomie idéale pour une manipulation par des petits, etc.

    Votre solution vise-t-elle à être directement commercialisée auprès des patients ou envisagez-vous d’autres canaux ?

    Le business modèle de Meyko repose sur une offre BtoC (par le biais de campagnes de commercialisation ponctuelles) mais la solution est aussi proposée aux CHUs pour réaliser une évaluation auprès de leurs patients.

    Vous vendez le produit à 129 euros. Certains utilisateurs ont-ils exprimé leur volonté d’une baisse de prix ?

    Les utilisateurs sont globalement assez réceptifs comme il ne s’agit pas d’un abonnement. Ils paient une seule fois et disposent à la fois du produit et d’un accès à l’application dédié.

    Le produit, fabriqué en France, est garanti 2 ans et a été conçu pour être robuste. Comme il s’adresse aux enfants, nous savons qu’il va tomber, être malmené, donc nous avons conçu un objet destiné à tenir longtemps.

    Quid de la sécurisation des données enregistrées sur Meyko ?

    Les données recueillies sont stockées sur un hébergeur agréé hébergeur de santé (ministère). Elles sont toutes cryptées pour garantir la protection des informations des utilisateurs.

    Une nouvelle campagne de commercialisation prévue en avril 2019

    Vous allez lancer en avril une nouvelle campagne de commercialisation, avec un compagnon qui s’adressera cette fois-ci à d’autres pathologies (épilepsie, mucoviscidose…). Pourquoi avoir choisi de vous concentrer en premier lieu sur l’asthme ?

    Je suis moi-même asthmatique et l’asthme est la maladie chronique la plus répandue chez l’enfant (en France, au moins 10 % des enfants en sont atteints et les hospitalisations en raison de l’asthme sont en augmentation chez les enfants, atteignant près de 40 000 séjours par an). Nous avons choisi cette pathologie parce que c’est celle que nous connaissions le mieux au départ.

    Nous préparons de nouvelles fonctionnalités pour enrichir Meyko, notamment en ce qui concerne la prise en charge de maladies complexes, avec des prescriptions à des horaires précis par exemple.

    Envisagez-vous un développement à l’international ?

    Meyko a déjà été lancé en dehors de la France, notamment en Suisse, en Italie et en Espagne. L’idée est de poursuivre ce développement au sein du territoire français mais aussi à échelle européenne.

  • États-Unis : polémique sur les données recueillies par les applications de suivi de grossesse

    Le Washington Post a publié le 10 avril 2019 une longue enquête sur les solutions de suivi de grossesse proposées aux femmes par leurs employeurs, alors que ce marché connaît une croissance exponentielle. L’article a déclenché une polémique sur la sécurité des données que ces applications, et notamment Ovia Health, leader du marché, recueillent sur leurs utilisatrices.

    Certains employeurs, comme le géant des jeux vidéo Activision Blizzard, défendent ce choix vis-à-vis de leurs collaboratrices : « Je veux qu’elles aient un bébé en bonne santé parce que c’est bon pour nos affaires », affirme le vice-président chargé des ressources humaines, Milt Ezzard, interrogé par le quotidien américain, estimant que l’application lui permet d’économiser 1 200 dollars (environ 1 060 euros) par an et par employée. Ces économies sont réalisées notamment sur les primes de santé versées par les employeurs américains aux assureurs en cas de grossesse à complication.

    « Avant Ovia, précise l’enquête, les employées enceintes de la société étaient conseillées par téléphone par les infirmières des compagnies d’assurances ». Une fois le suivi de grossesse transféré à l’application, « près de 20 femmes diagnostiquées stériles sont tombées enceintes ».

    Ovia Health reconnaît transmettre certaines données aux employeurs

    Ovia Health revendique dans ses conditions d’utilisation un droit « irrévocable » à exploiter et communiquer les données personnelles des femmes suivies, dès lors qu’elles sont anonymisées. Elle reconnaît également transmettre certaines données à leurs employeurs.

    Ovia assure que les données transmises sont anonymisées mais des experts indiquent que les employées enceintes peuvent être identifiées

    Devant la polémique soulevée par ce dernier point, Ovia s’est défendue sur son site et sur Twitter, soulignant que sa conformité à l’exigeante norme HIPAA, qui régit la sécurité des données de santé, est reconnue par le Washington Post.

    La société déclare n’avoir jamais vendu ou partagé de données intimes, notamment celles relatives à des symptômes ou à la libido des utilisatrices.

    Elle rappelle que le partage n’est réalisé qu’a partir d’un certain nombre d’employées inscrites sur la plateforme et que les données transmises sont agrégées et anonymisées.

    Selon certains experts cependant, il serait possible d’identifier les employées enceintes par recoupement avec d’autres informations déjà en possession de l’entreprise.