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  • Facebook répond aux inquiétudes sur la confidentialité des données de santé

    Facebook va lancer un nouveau type de communauté, les groupes de soutien en santé. Soulignant sa volonté de devenir une plateforme « centrée sur la confidentialité » (privacy-focused), la direction du réseau social a précisé que les membres des groupes qui recevront ce statut pourront obtenir des informations anonymement, en chargeant les administrateurs de poser des questions à leur place. Cette nouveauté a été annoncée le 30 avril 2019 lors de F8, la conférence annuelle de développeurs du groupe.

    Le juriste et homme politique américain David Harlow (Libertarian Party) souligne que dans le nouveau système, les membres d’un groupe de soutien en santé ne pourront pas savoir de qui émane une question quand celle-ci a été postée par l’administrateur mais que celui-ci en sera informé, de sorte que l’anonymat ne sera pas total. Pour la chercheuse Kirsten Ostherr (Rice University), cette annonce permet à Facebook de donner le change sur le respect de la vie privée sans apporter de changement structurel.

    Avec les annonces faites cette semaine, Facebook réagit notamment à une récente affaire mettant en cause la confidentialité des échanges sur ses groupes spécialisés en santé. Le réseau social est la cible d’une plainte déposée en janvier 2019 auprès de la Federal Trade Commission (FTC), l’autorité fédérale américaine du commerce, après que des membres d’un groupe fermé dédié aux femmes porteuses de la mutation génétique BRCA, associée à un risque plus élevé de cancer du sein, ont découvert en juillet 2018 que leurs noms et adresses pouvaient être téléchargés en bloc, manuellement ou via une extension du navigateur Chrome.

    Les auteurs de cette plainte, parmi lesquels figure David Harlow, accusent Facebook de donner accès aux informations de santé des utilisateurs à des fins commerciales, en permettant notamment aux annonceurs de cibler les porteurs de pathologies spécifiques.

    Les parlementaires de la commission de la Chambre des représentants chargée du commerce ont adressé en février 2019 une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, patron fondateur de Facebook, estimant que la société pourrait avoir « omis d’avertir correctement les membres de groupes que des informations personnelles sur la santé peuvent être consultées par des sociétés d’assurance-maladie et des cyber-harceleurs, entre autres ».

    Dans une tribune parue en avril 2018 dans le Washington Post, Kirsten Ostherr livrait une description éloquente des problèmes de confidentialité que posent les groupes Facebook spécialisés en santé, et de leurs conséquences concrètes :

    « Supposons que vous ayez discuté sur Facebook après qu’on vous a diagnostiqué un cancer du sein. Cela vous a été utile pour comparer les différentes possibilités de traitement avec d’autres personnes ayant eu les mêmes pathologies. Seul problème: Facebook vous a classé comme patient et vous recevez en permanence des publicités ciblées sur les services de cancérologie existant près de chez vous. Ils apparaissent sur votre écran d’ordinateur au travail, et sont visibles de tous vos collègues, au moment même où vous visez une promotion importante… »

    « Facebook sait beaucoup de choses sur votre santé. Maintenant il veut faire de l’argent avec », indique en titre la tribune de Kirsten Ostherr.

  • L’administration Trump ordonne PatientsLikeMe d’abandonner son investisseur chinois iCarbonX

    L’administration Trump a sommé PatientsLikeMe, une start-up health tech américaine, de trouver un nouvel investisseur en raison de préoccupations concernant la sécurité nationale relatives à son actionnaire principal basé en Chine, l’entreprise de e-santé iCarbonX. Cette décision, révélée en avril 2019 par la chaîne de télévision CNBC, fait figure de signal d’avertissement pour les nombreuses entreprises américaines ayant des investisseurs chinois.

    La nouvelle intervient quelques mois après que le gouvernement Trump a annoncé son intention de contrôler de manière plus rigoureuse certains investissements étrangers dans des sociétés américaines afin de déterminer s’ils mettaient à mal les intérêts américains.
    Les nouvelles règles, motivées notamment par les préoccupations concernant le gouvernement chinois, ont élargi le pouvoir du Comité sur les investissements étrangers des États-Unis (Committee on Foreign Investment in the U.S. – CFIUS), un groupe fédéral d’inter-agences en mesure de bloquer des transactions qui pourraient représenter une menace pour la sécurité nationale, et même de forcer les entreprises à annuler leurs investissements après coup.
    Jusqu’alors, le CFIUS n’avait autorité que sur des transactions donnant aux investisseurs étrangers une participation majoritaire.
    Les entreprises concernées par le traitement des données de patients pourraient être une cible centrale.

    ICarbonX a investi dans PatientsLikeMe en 2017 dans une participation alors qualifiée de minoritaire. La même année, l’entreprise chinoise a pris une participation majoritaire dans la société. Selon le site web de la société, 2 dirigeants d’iCarbonX, le P.-D.G. Jun Wang et la directrice des investissements Cindy Yang, siègent au conseil d’administration de PatientsLikeMe.

    Le contrôle de l’administration Trump freine les investissements chinois

    Les investisseurs chinois démontrent un intérêt grandissant pour le marché de la biotechnologie américain. Selon les données de la société américaine Pitchbook, 43 % des opérations privées menées dans ce secteur au cours des 9 premiers mois de 2018 incluaient au moins un investisseur asiatique, contre 11 % en 2016.

    Une chute importante des investissements chinois dans les sociétés US observée en 2018

    Cependant, les inquiétudes suscitées par le contrôle de l’administration Trump sur les investissements chinois semblent avoir participé au ralentissement de l’investissement global de la Chine dans les sociétés américaines, analyse Statnews.com, faisant remarquer qu’il avait chuté de manière « spectaculaire » en 2018 par rapport à la période de forte augmentation de 2016.

    Jusqu’ici, PatientsLikeMe et iCarbonX ont refusé de commenter la décision du gouvernement américain à la presse.

    PatientsLikeMe : un business modèle basé sur la vente de données

    Fondé en 2006 à Cambridge dans le Massachusetts, PatientsLikeMe est un réseau social sur lequel des personnes atteintes de certaines maladies spécifiques peuvent échanger des informations et des conseils sur leur pathologie, leur traitement et leur expérience.

    Au cours de ses plus de 12 ans d’existence, la société a accumulé une quantité importante d’informations déclarées par le patient. Son business modèle repose sur la vente de données agrégées à des sociétés médicales. Il est cependant précisé que le site ne « loue, ne vend ou ne partage pas d’informations personnellement identifiables à des fins de marketing ou sans consentement explicite ».

  • Paris Descartes organise une consultation citoyenne sur la régulation de l’IA en santé

    4 questionnaires en ligne, dont un centré sur le secteur de la santé, sont proposés par l’université Paris Descartes dans l’optique de mener une consultation citoyenne « la plus large possible », dans le cadre du projet de recherche « Quelle régulation pour l’intelligence artificielle (IA) ? » mené par la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’établissement.

    Les résultats de ce sondage visent à alimenter les recommandations proposées au gouvernement par l’équipe de chercheurs en droit, en économie, en gestion et en informatique de l’université.

    Le questionnaire axé sur l’IA et la santé est accessible via ce lien.

    L’ensemble des questionnaires sont regroupés sur le site officiel du projet. En dehors de la santé, les 3 autres thématiques traitées sont :
    • l’IA et les données personnelles ;
    • l’IA, la banque, la finance et l’assurance ;
    • mobilité et IA : le véhicule autonome.

    Parmi les questions posées sur l’IA et santé figurent :

    des questions génériques fermées :

    • « Seriez-vous prêt.e à recevoir des conseils médicaux d’une intelligence artificielle ? » ;
    • « Feriez-vous confiance à l’intelligence artificielle pour établir un diagnostic ?  » ;
    • « Pensez-vous que l’intervention d’un médecin soit nécessaire ? » ;
    • « Pensez-vous que l’intelligence artificielle est aujourd’hui régulée par des textes réglementaires ? » ;

    des questions génériques ouvertes :

    • « Pourquoi êtes vous favorable ou opposé.e à l’intelligence artificielle en santé ? » ;
    • « Que pensez-vous de l’exploitation actuelle des données de santé (utilisation pour la recherche, efficience de la prise en charge du patient et du système de santé) ? » ;
    • « Considérez-vous avoir une visibilité suffisante de l’utilisation de vos données de santé ? » ;
    • « Seriez-vous prêt.e à partager vos données de santé pour la recherche l’amélioration des systèmes d’intelligence artificielle ? Si oui, seriez-vous prêt.e à le faire de manière non anonyme ? » ;
    • « Pensez-vous que vos données de santé sont suffisamment protégées (DMP, dossiers patients, dossiers hôpitaux) ? » ;

    des questions portant sur des sujets précis :

    • « Seriez-vous prêt.e à ingérer une pilule connectée afin d’assurer un meilleur suivi de votre traitement ? » ;
    • « Vous paraît-il dangereux de créer un health data hub visant à mutualiser toutes les données de santé, cliniques et administratives, afin d’améliorer les dispostifs d’intelligence artificielle en santé ? »
    • « Pensez-vous que le traitement, le diagnostic et/ou la prise en charge par l’intelligence artificielle devrait être remboursé par l’assurance maladie ? » ;

    des questions portant sur des réflexions d’ordre philosophique :

    • « Un monde où chacun peut s’améliorer ou s’augmenter grâce à l’intelligence artificielle, sans limite dans les possibilités d’augmentation, ni de pratiques, est-il souhaitable ? » ;
    • « Accepteriez-vous d’être amélioré.e/augmenté.e ? C’est-à-dire de vous faire implanter une puce permettant d’augmenter vos capacités intellectuelles, de vous faire implanter une prothèse permettant d’augmenter vos capacités physiques, ou encore lors de votre décès, de faire greffer votre cerveau dans un cyborg afin de conserver vos souvenirs. »

    Contact

    Pour plus d’informations, contacter Vincent Jung, assistant de recherche à l’université Paris Descartes, à vincent.jung1@parisdescartes.fr.

    Un projet de recherche ciblé sur les questions éthiques et juridiques liées à l’IA

    « Au cours de ces dernières années, la société a profondément évolué sous l’effet du progrès technique et des nouvelles technologies. L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) suscite notamment une révolution numérique dont il est difficile de mesurer toutes les conséquences, commente la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes sur le site officiel de son projet de recherche « Quelle régulation pour l’IA ? ». De ces nouveaux usages résulte une nouvelle économie, celle de la donnée, au point que l’on ne cesse de parler, à leur endroit, de nouvel or noir. Ces données sont au cœur de nouveaux usages qui ne cessent de croître au rythme de la croissance des échanges numériques. »

    L’IA est porteuses de progrès mais aussi génératrice de risques éthiques et juridiques

    L’établissement note que l’intelligence artificielle, « comme toute nouvelle technologie », est porteuse « de progrès et d’innovations pour la société et l’ensemble de ses citoyens » (applications en matière de santé, de transport, de développement durable ou de ressources humaines) mais aussi « génératrice de risques et de dangers, que ce soit éthiques et juridiques, qu’il convient d’appréhender au travers une réflexion sur la régulation de l’intelligence artificielle ».

    Cette analyse est jugée « essentielle » par les porteurs du projet :

    • pour interroger les mécanismes existants de régulation et leur capacité à s’adapter à cette nouvelle forme d’intelligence et à ses multiples applications ;
    • pour interroger la pertinence d’une nouvelle régulation idoine qui permette le développement de l’IA dans un environnement qui assure la protection des individus.

    « L’universalité du sujet mérite d’être abordée de manière interdisciplinaire, sous un angle aussi bien juridique, économique, qu’avec des spécialistes de l’informatique, de la santé, des sciences humaines et sociales », estime l’université.

    Cette dernière propose ainsi un projet d’établissement à travers sa faculté de droit, d’économie et de gestion, réunissant les laboratoires de sciences juridiques (IDS, Cedag et Centre Maurice Hauriou), mais aussi les gestionnaires du Cedag, le laboratoire d’économie de la santé (Liras) et le laboratoire d’informatique (Lipade) de l’université Paris Descartes.

    Une collaboration avec des partenaires et une implication des générations futures

    Afin de ne pas se limiter à une approche « purement fondamentale », l’idée est de collaborer avec des partenaires, promoteurs ou utilisateurs de l’intelligence artificielle :

    • École 42 ;
    • Ville de Malakoff ;
    • Ville de Vanves.

    De plus, les étudiants de masters, de doctorat et de l’Ecole 42 « participent tout au long de l’année universitaire 2018/2019 à cet évènement institutionnel pluridisciplinaire », précise l’établissement, estimant que « la formation des générations futures, créateurs et usagers de ces nouvelles technologies[, est] fondamentale pour assurer l’inclusion, la diversité et la mixité nécessaires en matière d’intelligence artificielle ».

    Prochains séminaires de Paris Descartes sur la régulation de l’IA

    • Jeudi 16 mai 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 8 – Intelligence artificielle et ressources humaines Direction scientifique : M. Jean-Louis CARPENTIER, Cedag, et Mme Ludivine ROUSSEY, Liraes
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Mercredi 22 mai 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 9 – Intelligence artificielle et propriété intellectuelle Direction scientifique : Pr Nathalie MARTIAL-BRAZ et Mme Caroline LE GOFFIC
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Mardi 4 juin 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 10 – Intelligence artificielle et management Direction scientifique : Pr Corina PARASCHIV, Cedag
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Vendredi 28 juin 2019 de 14h à 19h
      • Séance grand public : ciné-débat autour d’un film
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Jeudi 12 septembre 2019 de 14h à 19h
      • Séance de clôture direction scientifique : Pr Nathalie MARTIAL-BRAZ, Cedag, et Pr Anne LAUDE, IDS
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
  • 2018, année record pour les deals en medtech et e-santé (rapport Bain & Company)

    « Les actifs du secteur de la santé ont attiré un nombre record d’investisseurs [en 2018] » affirme le cabinet de conseil Bain & Company. La valeur des transactions a augmenté de près de 50 % pour dépasser les 56 milliards d’euros (63,1 milliards de dollars US, contre 42,6 milliards de dollars enregistrés en 2017), et le nombre de transactions est passé de 265 en 2017 à 316 en 2018, indique-t-il dans un rapport publié le 17 avril 2019.

    2018 est notamment un bon cru pour le secteur des technologies médicales et des services connexes, avec un chiffre record de 67 transactions, contre 51 en 2017. Les montants annoncés sont revenus aux sommets de 2014, atteignant 10,5 milliards de dollars grâce à 5 deals d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars. Le document rapporte que 3 des 10 plus importants rachats de 2018 en santé ont été réalisés en medtech : LifeScan, Sebia International et Sirtex Medical.

    Le secteur de la santé s’appuyant de plus en plus sur des solutions logicielles et technologiques, le nombre de transactions en e-santé a augmenté pour la troisième année consécutive, avec 48 deals en 2018 contre 32 en 2017. Bain & Compagny souligne que 73 % des transactions ont été effectuées dans le secteur des fournisseurs de soins, les technologies numériques ayant le plus progressé dans ce celui-là. Les montants annoncés ont atteint 8,6 milliards de dollars, grâce à 2 deals d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars. Le rapport cite notamment le rachat d’Athenahealth, fournisseur de services réseaux et d’applications mobiles en santé, par Veritas Capital et Elliot Management pour 5,7 milliards de dollars.

    Medtech : Bain & Co invite à être attentif à la réglementation

    Bain invite les acquéreurs potentiels de sociétés medtech à être attentifs aux nouveaux développements en matière de réglementation du secteur au niveau mondial.

    Une clarification salutaire

    Le cabinet estime que la réglementation des dispositifs médicaux MDR adoptée en 2017 par l’Union européenne (UE), prévoyant des normes plus rigoureuses d’ici à 2020, a « clarifié les choses pour les investisseurs », encourageant une hausse des transactions. De même, la région Asie-Pacifique a vu une augmentation des transactions après que la Chine et l’Inde ont introduit en 2017 de nouvelles réglementations sur les dispositifs médicaux (DM) qui ont rassuré les investisseurs.

    Une réforme très attendue aux États-Unis

    Aux États-Unis, la FDA prévoit de modifier la procédure d’homologation accélérée des dispositifs médicaux 510 (k) : ce projet de réforme, qui devrait être dévoilé début 2019, « ralentira probablement certaines innovations et augmentera les coûts de R & D », indique Bain & Company. 

    Le MDR complexifiera mais rassurera

    Le règlement européen MDR, qui exigera également un examen plus approfondi des produits medtech, augmentera aussi les coûts de fabrication, « ce qui pourrait conduire à une consolidation plus poussée ».

    Les modifications annoncées en 2017, estime le rapport, « augmenteront le nombre d’appareils réglementés, relèveront les normes relatives aux données cliniques et obligeront les entreprises à recertifier de nombreux appareils existants ». Le cabinet rappelle cependant que le règlement accroîtra également la sécurité et la fiabilité des DM, et donc la visibilité pour les investisseurs.

    E-santé : plusieurs créneaux porteurs

    Bain prévoit que les opérations rachat se concentreront sur les sociétés e-santé dont l’activité consiste à aider les financeurs à fonctionner plus efficacement, facilitant le changement de modèle de tarification et le contact avec le consommateur, comme l’automatisation des fonctions administratives.

    « De nombreuses opportunités » seraient également à chercher « à l’intersection du payeur et du prestataire », dans les solutions d’analyse de données et celles qui visent à assister les biotech de la recherche à la commercialisation, est-il indiqué.

    Le cabinet anticipe parallèlement un intérêt accru pour les solutions d’interopérabilité entre plateformes, alors que les solutions de stockage de données comme le cloud sont en train de devenir un moyen alternatif d’interopérabilité. C’est ce qu’on bien compris les géants Google et Amazon, qui continuent de perfectionner leurs solutions basées sur le cloud pour faciliter l’analyse des données de santé. 

    Vers un autre record en 2019

    « L’année dernière a été une année incroyable pour les transactions dans le secteur de la santé », a déclaré Nirad Jain, codirecteur des activités santé de Bain & Company, évoquant « les fondamentaux solides » du secteur et ses bonnes performances sur la période récente, qui ont attiré les investisseurs « en quête de valeurs refuge ». Selon lui, « la concurrence pour les actifs en santé s’est intensifiée au cours de l’année et ne montre aujourd’hui aucun signe de faiblesse ».

    « 2019 devrait être une autre année record », prévoit le rapport, soulignant que « les fondamentaux du secteur santé sont souvent relativement à l’abri des cycles économiques, avec pour conséquence des rendements stables, ce qui attire beaucoup les investisseurs ». Bain & Company s’attend à ce que les marges bénéficiaires élevées du secteur, sa résistance à la récession et les possibilités de rachat persistent en 2019, soutenant notamment les investissements dans les technologies médicales.

  • Journées de l’architecture en santé : du 28 au 30 octobre 2019, Menton

    Les Journées de l’architecture en santé se dérouleront du 28 au 30 octobre 2019 à Menton. Plus de 400 participants sont attendus pour assister à cet événement portant sur l’évolution architecturale des institutions de santé publiques et privée.

    Cette rencontre, organisée par l’Union des architectes francophones pour la santé (UAFS), s’articulera autour de conférences, d’expositions ainsi que de 2 « Hospital Tour ».

    Inscriptions :
    • pour assister à l’événement : remplir le formulaire d’inscription via ce lien.
    • pour être exposant : remplir le formulaire de demande via ce lien. 
    • pour tenir une conférence : remplir le formulaire de demande via ce lien. 
    • pour sponsoriser l’événement : remplir le formulaire d’inscription via ce lien.

    Thématiques abordées 

    • Qualité architecturale et accessibilité
    • Architecture et urbanisme – territoire et santé
    • Nouvelles tendances de la conception en santé 
    • Bonnes pratiques pour la conception en santé
    • Architecture, enseignement et formation
    • Ingénierie hospitalière 
    • International, modèles et systèmes de santé : Maroc, Danemark, Brésil
    • L’hôpital numérique et connecté 
    • Signalétique, design & architecture d’intérieur 
    • Architecture et process des fonctions support 
    • Médico-social : quels modèles pour demain…

    Hospital Tour 

    2 Hospital Tour sont organisés simultanément le mercredi 30 octobre de 8h à 11h. Le nombre de places est limité à 30 participants,et une participation aux frais de 60 euros est requise.

    Pour s’inscrire, il faut remplir le formulaire d’inscription accessible ici et l’envoyer par mail à ja-sante@orange.fr

    Tour 1 : Centre hospitalier Princesse Grace de Monaco

    • Présentation du projet nouvel hôpital Princesse Grace de Monaco
    • Enjeux organisationnels d’un hôpital en site occupé 
    • Présentation technique du chantier : direction des travaux de la Principauté, direction générale du CHPG et architectes. 

    Tour 2 : Centre hospitalier universitaire de Nice

    • Présentation des projets du CHU de Nice
    • Visite sur la thématique « Parcours d’un patient couché » 
    • Visite du trauma center et des blocs opératoires par groupe de 5 personnes 
  • CHU de Rouen 2024 : une modernisation centrée sur l’innovation médicale et techno (budget : 500 M€)

    « D’ici 2024, le CHU de Rouen aura changé de visage, dynamisé par l’innovation médicale et technologique », annonce Véronique Desjardins, la directrice générale du centre de soins. Au total, 500 millions d’euros seront investis entre 2014 et 2024, dont 52 millions d’euros dédiés au futur bâtiment Robec. Ce pavillon, dont l’ouverture est prévue au printemps 2020, abritera 3 blocs opératoires comprenant 26 salles d’intervention et 48 places d’hospitalisation de jour ambulatoire ainsi que des consultations d’anesthésie.

    L’ensemble du projet de modernisation, présenté dans un communiqué publié le 25 avril 2019, a pour vocation de proposer aux Normands un hôpital muni des dernières technologies, comme le robot chirurgical Da Vinci X, avec un meilleur accueil des patients, un lieu de soins confortable ainsi qu’un cadre de travail plus agréable pour les professionnels.

    Nouveau pavillon Robec : une gestion des blocs centralisée

    Conçu pour regrouper les blocs opératoires et la chirurgie ambulatoire, le nouveau pavillon Robec sera composé de salles de chirurgie mutualisées et centralisera la gestion des blocs afin d’optimiser les ressources ainsi que les équipements.

    La collaboration entre les équipes sera amélioré par :

    • le rapprochement des services de cardiologie, chirurgie cardiaque et thoracique ;
    • la création d’une fédération de chirurgie entre ces 3 spécialités autour d’un projet médical commun.

    Par ailleurs, « pour renforcer l’autonomie du patient et sa réhabilitation post opératoire, le futur opéré pourra se rendre au bloc en marchant, quand son état de santé le permettra, précise le CHU de Rouen dans son communiqué. L’objectif est d’améliorer l’autonomie, de préserver la dignité, de réduire l’anxiété préopératoire pour également améliorer la réhabilitation post opératoire. »

    Les nouvelles technologies au cœur du projet

    Une retransmission en direct des opérations chirurgicales pour les formations

    Le pavillon Robec sera relié au MTC Rouen Normandie France, par fibre optique, afin de retransmettre les opérations chirurgicales en direct avec une qualité d’image optimale lors des sessions de formations.

    « Logisticien d’étage » : un nouveau métier accompagné d’un nouveau système d’information

    Des « logisticiens d’étage » seront embauchés afin de recentrer les infirmiers et aides soignants sur leurs fonctions premières. Ils seront en chargé des tâches qui éloignent ces derniers de leur unités de soins, telles que la réception et le rangement des livraisons, la gestion des stocks de produits du service, la préparation des repas, la gestion du linge et le transport des examens de biologie, des médicaments ou autres.

    La création de ce nouveau métier sera accompagnée par la mise en place d’un nouveau système d’information pour permettre une meilleure traçabilité des produits et faciliter les commandes. Ce logiciel augmentera la qualité de gestion des stocks et apportera une plus grande ergonomie de travail. 

    Un accueil des patients amélioré

    Les 4 000 patients de l’établissement pourront se promener dans un nouveau parvis végétalisé afin de réduire le stress et l’angoisse pouvant être ressentis lors d’un séjour hospitalier.

    Dans le nouvel hôpital de jour uro-digestif et oncologie, des « alcôves protectrices » seront créer pour dispenser les chimiothérapies. Ces structures semi-ouvertes visent à préserver l’intimité des patients, sans pour autant les isoler.

    Un groupe Facebook « patient-citoyen »

    La création d’un groupe Facebook « patient-citoyen » ouvrira début mai 2019 pour dialoguer sur les projets en cours au CHU, et en particulier sur la pavillon Robec. Au sein de cet espace, les patients pourront témoigner de leur expérience et partager leurs souhaits.

  • Qualité des soins : l’Institut Montaigne propose un système public d’indicateurs

    La mise en œuvre d’indicateurs de qualité et de pertinence des soins « co-construits par les médecins et les patients (…) constitue une réelle attente des acteurs du système de soins », indique l’Institut Montaigne, think tank indépendant sur les politiques publiques, dans un rapport intitulé « Système de santé : soyez consultés ! ».

    Les indicateurs à la disposition du grand public en France (SNDS, DMP, e-Satis, Scope Santé) ne répondent « ni aux besoins, ni aux attentes des patients », estime l’institut dans un communiqué présentant son rapport et daté du 30 avril 2019. Ils « se concentrent uniquement sur l’expérience du patient », sur « le suivi de la qualité de vie des patients » ainsi que sur « leur état clinique », précise-t-il. Le think tank ajoute qu’ils ne sont pas évalués, ce qui se caractérise par une « faible inclusion des associations de patients » dans le processus d’élaboration. En conséquence, ces indicateurs ont une portée limitée auprès des patients, commentent les auteurs du rapport, et souffrent d’ »un manque de transparence dans la publication des résultats », ce qui, selon eux, « dessert la notion d’égalité d’accès aux soins ».

    La comparabilité de la qualité d’une prise en charge entre établissements et professionnels, juge l’Institut, aurait pour conséquences :
    • du côté des patients, « une plus grande implication » dans le parcours de soins » avec « des choix plus éclairés » ;
    • du côté des soignants, « la possibilité pour les équipes médicales d’interroger leurs pratiques » et de « progresser » grâce à « une meilleure émulation » ;
    • du côté du régulateur, « un meilleur ajustement du financement » et « une amélioration générale de la qualité du système de santé ».

    Un rapport effectué en collaboration avec des associations de patients, en concertation avec les médecins

    L’Institut souligne que son rapport a été réalisé en collaboration avec des associations de patients, en concertation avec les médecins et en s’appuyant sur des initiatives existantes, notamment portées par la société civile sur la base d’une analyse des bonnes pratiques recensées en Europe et à l’international.

    Les Français estiment qu’il est difficile d’obtenir des informations sur la qualité des soins dans un établissement

    Selon un sondage commandé à Kantar par l’Institut Montaigne, intitulé « Les Français, le système de santé et les indicateurs de qualité des soins », 66 % des personnes interrogées estiment qu’il est difficile d’obtenir des informations sur la qualité des soins dans un établissement de santé, et 59 % qu’il est difficile de choisir un médecin généraliste ou spécialiste pour une consultation.

    Une feuille de route avec 10 propositions

    Pour mieux répondre à la demande des patients en termes d’indicateurs sur la qualité des soins, l’Institut Montaigne propose une feuille de route articulée en 10 propositions.

    • Créer une task force pluridisciplinaire dédiée à la définition des indicateurs de résultats et au pilotage de la feuille de route, en s’appuyant sur des indicateurs développés au niveau international.
      • Le rapport imagine « un groupe de travail au niveau ministériel réunissant l’ensemble des parties prenantes », à savoir l’Assurance maladie, la Haute autorité de santé, l’association de patients France Assos Santé ainsi que la Fédération des spécialités médicales regroupant les conseils nationaux professionnels (CNP). Elle serait chargée de « définir et [de] valider des sets d’indicateurs de résultats dans neuf prises en charges médicales », avec l’ambition de couvrir « 80 % des soins à l’horizon 2022 ».
    • Systématiser le recueil d’indicateurs de résultats cliniques en ville et à l’hôpital auprès des équipes de soins en s’appuyant sur les systèmes d’informations existants.
      • Le rapport propose de recueillir les indicateur par le biais du SNDS ou par le DMP, et d’activer les « gisements de données existants » au travers du Health Data Hub.
    • Recueillir les indicateurs de résultats auprès de 100 % des patients dans les pathologies cibles.
      • Cette collecte confiée à l’Assurance maladie pourrait être abritée par l’espace numérique de santé (ENS) prévu par le chantier « Accélérer le virage numérique (135) » du plan « Ma Santé 2022 ».
    • Rendre accessibles 100 % des indicateurs de résultats définis par la task force avec un site internet public.
    • Accorder aux établissements de santé une « période transitoire » pour leur permettre d’« ajuster le niveau de transparence de leurs indicateurs ».
      • Le rapport estime que le programme Hop’en, qui vise à accélérer la transition numérique des établissements de santé, constitue une opportunité majeure de mise à niveau sur la production des indicateurs de résultats
    •  Intégrer les indicateurs de résultats dans les régimes d’autorisation des activités de soins des établissements de santé et de certification des praticiens.
    • Construire des programmes d’amélioration de la qualité fondés sur les indicateurs de résultats.
    • Orienter le choix des traitements et des modalités de prise en charge sur la base d’une analyse des données issues des indicateurs de résultat.
    • Intégrer les indicateurs de résultats qui comptent pour les patients, définis dans le cadre de la task force dans les mécanismes de rémunération des établissements de santé et des praticiens.
    • Utiliser les indicateurs de résultats pour instaurer un niveau d’exigence minimal de qualité.
  • Keen Eye lève 6 millions d’euros pour l’analyse automatique des images biomédicales via IA

    Après avoir recueilli 1,5 million d’euros en 2016, la start-up Keen Eye Technologie lève 6 millions d’euros dans un nouveau tour de table mené par CM-CIC Innovation et le fonds d’amorçage Quadrivium 1, géré par son partenaire Seventure Partners.
    Fondé en 2013, Keen Eye conçoit, développe et commercialise des solutions de machine learning (apprentissage automatique) pour la recherche et le secteur biomédical.

    Avec cette levée de fond, annoncée le 29 avril 2019, la société souhaite pouvoir commercialiser sa solution d’analyse automatique des images biomédicales en Europe et aux États-Unis afin de  « démontrer pleinement son potentiel dans les laboratoires », explique dans un communiqué Sylvain Berlemont, président-fondateur.

    La solution développée par Keen Eye est un outil d’aide à l’analyse et à l’interprétation des images biomédicales, basée sur l’intelligence artificielle (machine learning). Elle permet de repérer sur une image des détails difficiles à déceler à l’œil nu afin, notamment, de mieux identifier les effets d’une maladie ou d’une thérapie.  
     
    La technologie permet ainsi au personnel médical de gagner du temps dans sa prise de décision au quotidien (diagnostic, dépistage, évaluation de l’efficacité d’un médicament).

  • Cedag

    Centre de droit des affaires et de gestion de l’Université Paris Descartes

  • IDS

    Institut droit et santé de l’Université Paris Descartes