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  • Appel à candidatures : Thèses Inria-Inserm « Médecine Numérique » (deadline : 07/06/2019)

    L’Inria et l’Inserm lancent leur appel à propositions pour leur programme de financement de thèses co-encadrées, initié depuis 2016. Cette année, 2 à 4 financements seront octroyés en fonction de la qualité des dossiers. 

    Les sujets de thèses devront aborder une question scientifique relevant de la médecine numérique et devront renforcer une collaboration existante ou alors en initier une nouvelle. La thèse devra être pluridisciplinaire, en mêlant dimension informatique ou mathématique appliquée (Inria) et une question biomédicale identifiée (Inserm). 

    Les dossiers de candidatures sont à envoyer sous la forme d’un fichier pdf, le 7 juin 2019 au plus tard à contact-theses-inserm-inria@inria.fr.

    Les lauréats et lauréates du programme bénéficieront :
    • d’un programme doctoral de 3 ans auprès de l’Inserm ou de l’Inria ;
    • d’une rémunération en vigueur.

    Les informations complémentaires sont à retrouver via ce lien.

  • Un collectif d’élus demande une réforme du remboursement de la télémédecine

    « Pourquoi l’assurance maladie souhaite-t-elle limiter la téléconsultation aux médecins proches du patient, alors même que son remboursement a été voté pour venir en aide aux patients qui n’ont précisément pas accès aux soins près de chez eux ? » C’est la question que pose un collectif de 118 élus, dont 35 députés et 60 sénateurs, dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche (JDD) du 5 mai 2019 en faveur de « l’accès aux soins des Français».

    Rapportant qu’« en six mois, seuls 7 939 actes de téléconsultation ont été remboursés », ils en concluent que l’objectif des 500 000 initialement prévus pour 2019 semble « inatteignable » et accusent les « blocages administratifs » qui « limitent la portée » du remboursement. Ils proposent un compte-rendu biannuel sur l’application du remboursement de la télémédecine « devant parlementaires et élus locaux ».

    « Il faut le temps que les médecins s’équipent, construisent leur réseau et que les patients le demandent, ce qui n’est pas encore dans les habitudes », estime la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans un entretien publié dans le même JDD. « Plus de 11 500 téléconsultations ont déjà été réalisées, soit 1 000 par semaine, fait-elle valoir, ce n’est pas un gadget mais une activité de soins ».

    Elle pointe « des opérateurs privés d’e-santé [qui] sollicitent fortement les élus pour permettre des remboursements de consultations ‘à la demande’ ». « Je ne pense pas que ce soit une solution sans une bonne organisation sur le territoire », ajoute-t-elle, soulignant qu’« un lien avec les professionnels de proximité est nécessaire pour bien orienter le patient, sinon le risque serait d’aggraver les déserts médicaux ».

    Une restriction précisée par l’avenant n°6

    Agnès Buzyn fait ici référence à l’avenant n° 6 à la convention nationale organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, approuvé par un arrêté du 1er août 2018, paru au Journal officiel le 10 août 2018.

    Selon ce texte, « les partenaires conventionnels souhaitent que les téléconsultations s’organisent dans le respect du parcours de soins coordonné ». Aussi, pour pouvoir ouvrir droit à la facturation à l’Assurance maladie, les patients bénéficiant d’une téléconsultation doivent être :

    • « orientés initialement par leur médecin traitant, dans les conditions définies à l’article 18.1 de la convention, quand la téléconsultation n’est pas réalisée avec ce dernier » ;
    • « connus du médecin téléconsultant, c’est-à-dire ayant bénéficié au moins d’une consultation avec lui en présentiel dans les douze mois précédents, avant toute facturation de téléconsultation (…) afin que celui-ci puisse disposer des informations nécessaires à la réalisation d’un suivi médical de qualité. »

    Les médecins vent debout contre l’ »ubérisation »

    Le président du Conseil national de l’ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet, estime pour sa part que la télémédecine « est une avancée » mais que « c’est un leurre de dire qu’elle réglera tout [car] les Français réclament du lien humain» . Il estime par ailleurs que « les nouvelles technologies peuvent être le cheval de Troie des assureurs ».

    « Les déserts médicaux ne doivent pas être un prétexte à l’ubérisation de la médecine, proteste le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, dans un communiqué publié lundi 6 mai 2019. Une téléconsultation ne remplacera jamais une consultation en cabinet : ce n’est qu’un complément ou une alternance dans le cadre d’un suivi médical, déclare-t-il. Nous n’accepterons pas la création d’une médecine à deux vitesses, dont l’une se ferait uniquement par écrans interposés ! Cela ne serait pas juste ni équitable pour les Français ». Il souligne parallèlement que « cela supposerait une connexion internet correcte partout, ce qui est loin d’être le cas, en particulier dans les zones où on manque de médecins ».

    « Si vous autorisez le remboursement de la téléconsultation hors parcours de soin [vous allez] organiser la captation d’une part des actes de la médecine présentielle », prévoit le Dr Jérôme Marty (UFML-S) sur Twitter. Selon lui, « le résultat sera : plus de disparitions de cabinets médicaux, ce qui favorisera encore la médecine low cost réalisée par les plateformes commerciales de téléconsultation. Vous allez, en une illusion de résolution des déserts , aggraver les déserts ! », estime-t-il.

    Des signataires éminents

    On remarque dans la liste des signataires de la tribune du JDD les noms de :

    • Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône, vice-président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et président de la FHF Auvergne-Rhône-Alpes ;
    • Jean-Pierre Door, député LR du Loiret et vice-président de la commission des Affaires sociales ;
    • Gilles Lurton, député LR d’Ille-et-Vilaine et secrétaire de la commission des Affaires sociales ;
    • Philippe Vigier, député UDI d’Eure-et-Loir,  rapporteur de la commission d’enquête sur les déserts médicaux ;
    • Olivier Henno, sénateur centriste du Nord secrétaire de la commission des Affaires sociales ;
    • Daniel Chasseing, sénateur indépendant de Corrèze, vice-président de la commission des Affaires sociales ;
    • Stéphane Beaudet, maire LR d’Evry-Courcouronnes et président de l’Association des maires d’Île-de-France.
  • IA : la Cnam s’allie à Calmedica pour son service de retour à domicile des patients hospitalisés

    La start-up Calmedica, spécialisée dans l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en santé, a été choisie par l’Assurance maladie dans le cadre de son dernier appel à projet en vue de déployer un outil de dialogue automatisé par SMS à destination des patients adhérents à Prado, son service d’accompagnement du retour à domicile des patients hospitalisés.

    La solution Memoquest de Calmedica est un chatbot capable d’échanger avec les patients par SMS à partir d’algorithmes développés spécifiquement pour la Cnam.

    Le dispositif pose des questions aux patients afin de vérifier, via les réponses de ces derniers, s’il n’y a pas de problème. Le cas échéant, le système alerte les équipes Prado et le service médical par l’intermédiaire de sa plateforme sécurisé, disponible en mode SaaS, qui permet une traçabilité complète des échanges, explique Calmedica dans un communiqué de presse publié le 6 mai 2019.

    Depuis son lancement en 2010, Prado comptabilise près de 1 400 000 adhérents et son nouveau service Memoquest a déjà été mis en place dans 6 CPAM, il sera globalisé d’ici juin 2019.

  • L’ARS IDF lance un appel à innovateurs numériques pour donner naissance à des « start-ups d’État »

    L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France lance un appel à innovateurs dans l’optique de « faire émerger des solutions simples pour améliorer le service rendu aux usagers (…) en s’appuyant sur les outils numériques ».

    L’agence précise dans un communiqué daté du 6 mai 2019 que cet appel s’adresse à tous les acteurs franciliens du système de santé : collaborateurs de l’ARS, collaborateurs des établissements de santé et médico-sociaux, acteurs du champ ambulatoire, professionnels de la prévention et de la promotion de la santé. « Certaines [de ces personnes], affirme-t-elle, ont en tête des idées et des solutions nées de leurs pratiques quotidiennes [et qui] ne demandent qu’à être accompagnées [pour] voir le jour et être déployées ».

    Les innovateurs ont jusqu’au 17 juin 2019 pour présenter leur projet via ce lien en exposant de manière synthétique « l’obstacle/le problème à résoudre et la solution proposée ». Les critères de sélection des projets seront notamment l’ampleur du problème de politique publique visé, la faisabilité, l’efficience, les motivations du porteur de projet ».  Les candidats présélectionnés devront présenter leurs projets le 28 juin à un jury présidé par Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Île-de-France.

    Un accompagnement par les équipes de Beta.gouv.fr

    Les lauréats sélectionnés seront accompagnés par les équipes de Beta.gouv.fr dans le cadre du programme start-ups d’État et « pourront être dégagés de leurs tâches habituelles » pour une période « pouvant s’étendre à 6 mois », « tout en conservant les mêmes modalités de rémunération ».« Tous les projets n’aboutiront pas, certains ne seront pas réalisables, mais c’est le principe même de notre démarche, tester, expérimenter et permettre aux solutions efficaces de voir le jour », explique Aurélien Rousseau. 

    Beta.gouv.fr est structure rattachée aux services du Premier ministre, chargée de « faire émerger des solutions innovantes au sein des administrations » en appliquant le programme d’ »intrapreneuriat » « Start-ups d’État ». 

    « Start-ups d’État » : un programme d’ »intrapreneuriat »

    Le programme « Start-ups d’État » permet de constituer « parmi les agents des administrations des équipes autonomes, libérées de leurs taches habituelles [et] dédiées au développement d’une solution à un problème de politique publique (…) dans une perspective d’amélioration de la réponse aux besoins des usagers ». Il s’agit de privilégier l’expérimentation et l’agilité, par opposition aux méthodes traditionnelles, dont les cycles de développement trop longs aboutissent parfois « après plusieurs années de travail et d’investissement » à des résultats qui « ne correspondent plus aux besoins des utilisateurs ».

    86 start-ups d’État créées depuis 2013

    Depuis 2013, 86 start-ups d’État ont été créées parmi lesquelles Mes Aides, éditeur d’un outil qui permet de « déterminer en moins de sept minutes l’éligibilité à plus de 28 aides sociales ».

    Cette start-up a été initiée par un agent du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, en lien avec ministère des Solidarités et de la Santé.

    La plateforme Mes remboursements simplifiés (aujourd’hui en accélération à beta.gouv.fr), permet aux assurés sociaux de se faire rembourser sur prescription médicale et en moins d’une semaine leurs frais de transport (utilisation de leurs véhicules personnels ou des transports en commun).

  • Journée mondiale de l’asthme : point sur l’essor des objets connectés dans le domaine respiratoire

    L’étude « AIR Louisville », publiée le 2 avril 2018, a démontré qu’une utilisation d’inhalateurs connectés entraînait une réduction de l’utilisation des inhalateurs ainsi qu’une amélioration des symptômes de l’asthme.
    Les nouvelles technologies sont particulièrement en train de se développer dans le domaine respiratoire. La Fondation du souffle y a consacré un dossier spécial et fait partie des acteurs à l’origine du premier hackathon dédié à la santé respiratoire, RespirH@cktion, dont la quatrième édition a été lancée cette année.

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme, le 7 mai 2019, Health & Tech Intelligence fait le point sur l’essor de la e-santé dans le traitement de cette maladie chronique, avec un focus sur les principales start-ups présentes sur le marché et les dernières innovations en développement.
    En complément, un zoom sur les chiffres clés de l’asthme ainsi que sur les médicaments et dispositifs médicaux remboursés est proposé dans un autre article (en lien ici).

    RespirH@cktion : un hackathon dédié aux maladies respiratoires

    La Fondation du Souffle, les instances de la pneumologie (SPLF, FFP) et les associations de patients ont été à l’initiative en 2016 du premier hackathon dédié à la santé respiratoire, RespirH@cktion. L’objectif est de développer au cours d’un week-end de nouveaux outils numériques pour la prise prise en charge et le suivi des maladies respiratoires.

    • Plus d’informations en lien ici.

    Effic’Asthme : exemple d’une appli mobile développée par un hôpital

    Un simulateur virtuel pour apprendre aux parents à gérer les crises d’asthme

    Des médecins-chercheurs de l’Hôpital Necker-Enfants malades et du laboratoire de simulation en santé Ilumens de l’université Paris Descartes ont conçu Effic’Asthme, une application mobile permettant aux parents d’enfants de moins de 6 ans souffrant d’asthme de s’entraîner pour maîtriser les bons gestes en cas de crise d’asthme à domicile. Ce simulateur virtuel fait l’objet de plusieurs projets de recherche.

    L’application est disponible gratuitement sur Apple Store. Une version pour les terminaux fonctionnant sur Android est prévue.

    Asthme et e-santé : les principales start-ups en France et à l’étranger

    Focus sur Meyko : prix de l’innovation PharmagoraPlus 2019

    « De manière générale, la pédiatrie est assez délaissée sur le marché de la e-santé, notre objectif était donc de proposer une solution dédiée à l’enfant », expliquait il y a quelques semaines à Health & Tech Intelligence Sandrine Bender, P.-D.G. et co-fondatrice avec Alizée Gottardo (CTO) de Meyko, un compagnon connecté conçu pour aider les jeunes patients asthmatiques à suivre leur traitement de manière ludique.

    La start-up, fondée en 2016, a remporté fin mars 2019 le prix de l’innovation PharmagoraPlus, qui récompense les initiatives en adéquation avec les nouveaux besoins des pharmaciens.

    Après 3 années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et une première campagne de commercialisation réussie en septembre 2018, la société a ouvert une nouvelle fois à la vente son produit en avril 2019, indique l’entrepreneure, designer spécialisée en santé. Le prix de vente est fixé à 129 euros. Cette fois-ci, Meyko a été proposé pour d’autres pathologies, telles que l’épilepsie et la mucoviscidose.

    Le projet Meyko est soutenu par le CHU de Nantes et l’hôpital Necker à Paris. Des tests vont également être menés sur le long terme au sein du CHU d’Angers.

  • RespirH@cktion 2019 : appel à projets pour le hackathon des maladies respiratoires (deadline : 05/10)

    Plusieurs associations, dont Asthme & Allergies et la Fondation du souffle, organisent un appel à candidatures pour participer au hackathon RespirH@cktion 2019, 4ème édition de leur programme d’innovation digitale dédié aux maladies respiratoires.

    Les dépôts d’idées, à réaliser via ce lien, sont ouverts jusqu’au 5 octobre 2019. Ces projets (digitaux ou technologiques) doivent venir en aide aux malades respiratoires dans leur quotidien ou dans leur prise en charge.

    Ce hackathon est une rencontre entre plusieurs acteurs issus de secteurs complémentaires, réunis dans le but de développer des projets de santé uniques le temps d’un week-end, ici du 29 novembre au 1er décembre 2019. Dans un espace de temps limité, des experts en nouvelles technologies et des professionnels de santé travaillent ensemble afin de prototyper des solutions au service des patients.

    Déroulement du hackathon :

  • Un décret autorise l’interconnexion des fichiers Hopsyweb (psychiatrie) et FSPRT (radicalisation)

    Le décret n°2019-412 publié au Journal officiel (JO) du 7 mai 2019 autorise le « représentant de l’État », soit les préfets de département et à Paris le préfet de police, ainsi que les ARS, à avoir connaissance des données personnelles contenues dans le fichier Hopsyweb (portant sur les admissions en soins psychiatriques sans consentement). Il prévoit également de mettre en relation ces données avec celles du FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste).

    Selon le décret, les traitements de données à caractère personnel dans le cadre du fichier Hospyweb « ont pour finalité le suivi des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques sans consentement en permettant [désormais également] l’information du représentant de l’État sur l’admission des personnes en soins psychiatriques sans consentement [dès lors qu’elle est] nécessaire aux fins de prévention de la radicalisation à caractère terroriste ».

    Le même texte autorise également pour cette seule finalité que « les noms, prénoms et dates de naissance figurant parmi les données » d’Hopsyweb fassent « l’objet d’une mise en relation avec les mêmes données d’identification enregistrées dans le traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé FSPRT ». Le texte précise que lorsque cette mise en relation « révèle une correspondance des données comparées[,] le représentant de L’État dans le département où a eu lieu l’admission en soins psychiatriques sans consentement et, le cas échéant, les agents placés sous son autorité qu’il désigne à cette fin en sont informés ».

    La publication de ce texte intervient alors que plusieurs recours en annulation, dont un émanant du Cnom, ont été lancés devant le Conseil d’État contre le décret du 23 mai 2018, introduisant le dispositif Hopsyweb. Plusieurs structures parmi lesquelles le Cercle de réflexion et de proposition d’actions sur la psychiatrie (CRPA) envisagent un recours contre ce nouveau décret.

    Dans sa délibération sur le projet de décret, datée du 13 décembre 2018, la Cnil « souligne la différence profonde d’objet entre les deux fichiers en présence, l’un faisant état d’antécédents psychiatriques d’une certaine gravité, l’autre ayant la nature d’un fichier de renseignement ». Elle estime qu’une mise en relation des données des deux fichiers « ne peut être envisagée qu’avec une vigilance particulière ».« Certaines informations contenues dans Hopsyweb sont couvertes par le secret médical », juge la Commission, demandant « un haut niveau de protection des données [avec] des mesures juridiques et techniques adaptées ».

    Les inquiétudes de la Cnil

    Selon la Cnil, « l’interconnexion projetée avec le FSPRT n’a pas pour effet de modifier les caractéristiques principales poursuivies par les traitements Hospyweb [de sorte] que « les conditions de ces traitements (…) doivent être examinées au regard du RGPD » : or, « l’information  concernant la mise en place d’une mesure d’hospitalisation sans consentement (…) constitue une donnée de santé » aux termes de ce règlement.

    La Cnil relève notamment qu’« il n’est pas prévu d’informer spécifiquement » les personnes faisant l’objet d’une mesure d’hospitalisation sans consentement de la « nouvelle finalité » poursuivie par le fichier Hopsyweb, alors qu’« une telle information est exigée » par le RGPD : elle estime qu’« il revient au ministère de s’[en] assurer ».

    Alors que le décret « ne prévoit aucune disposition sur le droit à l’effacement des informations contenues dans Hopsyweb » ni ne précise « les modalités selon lesquelles l’ARS concernée devra notifier l’effacement des données au préfet de département du lieu d’hospitalisation », la Cnil invite le ministère à « s’assurer de la complétude des droits mentionnés ».

    La Commission « souligne que la modification envisagée est en elle-même, sans incidence sur la gestion des mesures de soins sans consentement et sur la finalité première d’Hopsyweb » et relève que « les préfets et agents dûment désignés et habilités par ce dernier ne disposeront pas d’un accès à Hopsyweb et ne pourront pas accéder au FSPRT ».  Elle rappelle que, selon le code de la santé publique, « les informations recueillies par un établissement de santé à l’occasion d’un acte de prévention, de diagnostic ou de soin [sont] protégées par le secret professionnel » et juge que le décret « pose question » à cet égard.

    Les assurances d’Agnès Buzyn

    À une question écrite de la sénatrice Pascale Gruny (LR, Aisne) sur le décret du 23 mai 2018 vu comme « portant atteinte aux patients les plus vulnérables », la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait répondu le 19 juillet 2018 qu’Hopsyweb « ne [pouvait] être défini comme un fichier » dans la mesure où sa finalité était de faciliter la gestion administrative des mesures de soins sans consentement ».

    Selon la réponse de la ministre, « il s’agit d’une application de gestion qui ne contient aucune donnée de nature médicale[,] uniquement la date des certificats médicaux » : Agnès Buzyn annonçait que « la consultation nationale des données d’Hopsyweb par les services centraux du ministère des solidarités et de la santé, aux fins de réalisation de statistiques [serait] anonymisée ». 

  • Grand défi « diagnostics par l’IA » : « mieux travailler sur les données du futur » (Olivier Clatz)

    Olivier Clatz a été nommé directeur de programme le 1er mars 2019 par le Conseil de l’innovation, instance de pilotage stratégique chargée d’orienter l’action du gouvernement en la matière. Cofondateur et ancien patron de la société Therapixel, spécialiste de l’interprétation des mammographies par réseaux de neurones, il est chargé du « Grand défi » « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? ». Après avoir présenté ses premiers éléments lors du 3e Conseil de l’innovation, organisé le 17 avril, Olivier Clatz a détaillé pour Health & Tech Intelligence l’état d’avancement de ses travaux. 

    « Le défi », déclare Olivier Clatz, est de « mieux travailler sur les données du futur ». L’objectif à atteindre « est bien déterminé » selon lui : c’est « un environnement dans lequel on a des données bien structurées et accessibles dès la production », « dans lequel les porteurs de projets peuvent expérimenter, se déployer facilement ».
    L’enjeu pour Olivier Clatz est de  trouver une mise en œuvre pertinente « opérationnelle et technique ».

    Un écosystème prometteur et plein de projets

    Olivier Clatz estime qu’actuellement la France possède un certain nombre d’atouts en matière d’intelligence artificielle (IA), notamment les très bonnes formations proposées en mathématiques appliquées, de bons ingénieurs et de bons chercheurs, mais aussi la quantité de projets en cours dans le domaine de l’IA et de la santé.

    La mise à jour de la cartographie du secteur de l’IA publiée par Bpifrance le 4 février 2019 a identifié 104 start-ups créées depuis 2010 dans le domaine de la santé utilisant des technologies d’intelligence artificielle. « C’est vraiment un domaine qui aujourd’hui regorge de projets en France », affirme Olivier Clatz, soulignant que ces sociétés s’appuient sur des technologies « relativement matures ». Selon lui, « on ne trouve presque pas de sociétés effectuant de la recherche fondamentale», les start-ups du secteur font « plutôt des assemblages ».

    Le Health Data Hub, un travail sur le stock

    La première série de difficultés rencontrées par les professionnels du secteur concerne l’accès et la structuration des données : «une partie de cet enjeu est adressé » par le Health Data Hub (HDH).

    Le HDH a vocation à accompagner les projets qui visent à exploiter les gisements de données  existants dans les établissements de santé et les différents systèmes d’information. Les données disponibles sont  actuellement très difficilement appareillables à cause de la décision de la Cnil, s’opposant de 2007 à 2017 à l’utilisation d’un identifiant personnel : il était interdit d’attribuer un même numéro à une même personne dans différents établissements et pour différents examens , posant ainsi le problème d’« identifier les différents examens correspondant à une même personne » .

    Le Health Data Hub « propose des solutions et des moyens humains » pour aller chercher des données dans les établissements, faire des appariements, fournir des « bulles», des espaces sécurisés permettant aux gens de travailler sur des données à risque. Mais le travail du HDH ne porte que sur le stock, les examens existants, et ne traite pas la structuration des données en production.

    Or une quantité de projets en cours ont « besoin de données massives » et  nécessitent de repenser l’organisation des données dès la production», ont « l’ambition de se déployer très rapidement »au sein de notre système de santé , « que ce soit dans les phases de test ou dans les phases commerciales ». Selon Olivier Clatz, « le système n’est pas vraiment prêt aujourd’hui à accueillir ce type de modèle ».

    Une expérience pratique de l’accès aux données

    Olivier Clatz évoque à ce propos son parcours de start-upper au sein de la société Therapixel, qu’il a quittée après l’avoir cofondée. « Je garde de cette expérience l’accès à la donnée et le chemin qui permet ensuite d’aller expérimenter », déclare-t-il. « Je devais être un des premiers en France à aller sonner à la porte des établissements pour essayer de rassembler des données. Peu de personnes au sein de l’administration possèdent cette expérience concrète en collecte de données, d’où l’expérimentation d’un système à base d’IA au sein d’un système numérique hospitalier comme privé ».

    Cette expérience l’a familiarisé avec les problèmes « pratico-pratiques » que rencontrent les jeunes sociétés à l’heure actuelle. Par exemple, « il n’existe pas d’établissement en France possédant dans un même système d’information une quantité importante de mammographies de dépistage et les compte-rendus ‘anapath’ [anatomopathologiques] structurés dans un même système d’information : soit les établissements ont beaucoup d’’anapath’ mais sans le dépistage ou alors des examens de dépistage mais pas d’’anapath’ ou alors sous la forme d’un fax », et l’appariement à partir d’un fax n’est « pas trivial ».

    Olivier Clatz affirme ne plus avoir d’intérêt dans Therapixel, qu’il a quitté en mars 2019, et n’a « pas de contrat de conseil ». Si la société devait être concernée dans le cadre du « Grand défi » ce serait « un cas particulier » à traiter « comme il se doit », avec en ce qui le concerne « un devoir de réserve ».

    Le dossier pharmaceutique, un exemple de réussite

     « Une des clés », selon Olivier Clatz, est de « se reposer sur les professionnels de santé, de commencer par eux ». Il cite « un exemple qui a plutôt bien marché en France », le dossier pharmaceutique. À date, plus de 99 % des officines sont raccordées, de sorte que « c’est le dossier qui regroupe le plus de personnes dans l’Hexagone ».

    Selon lui, « le point essentiel est que ce dispositif a été créé par et pour les pharmaciens » : il y voit « la preuve qu’il faut faire confiance aux professionnels, qui sont motivés [et] les accompagner dans la structuration de leur profession autour d’outils numériques comparables ».

    « Pour dégripper le système, les outils numériques doivent pouvoir structurer les données dès l’activité de soins, dès le soin courant, estime Olivier Clatz. Les outils portés par les communautés médicales professionnelles doivent aussi servir à déployer les outils développés par les petites ou les grosses sociétés ».

    Une doctrine et des moyens

    « Voila la doctrine et les moyens que je prévois d’utiliser, explique-t-il. Il s’agit de se reposer sur la multitude de projets qu’on a déjà[, qui sont] au stade mature mais également au stade amont [et] trouver un chemin critique pour répondre à la demande qui vient aujourd’hui de ces projets. »

    La mise en œuvre reste encore à travailler. « Il y aura vraisemblablement des appels à projet pour mettre en compétition les acteurs ». Aucun n’est encore rédigé. Il faudra également prévoir « des contreparties, des droits et devoirs associés au financement de l’État », une démarche qui n’a pas encore été calibrée à l’heure actuelle. Olivier Clatz insiste enfin sur son souci de « travailler en bonne intelligence avec ce qui existe » et de « ne faire doublon avec aucun service ».

  • Tech Care 2019 : appel à candidatures pour les start-ups e-santé (deadline : le 26 mai 2019)

    Tech Care Paris, l’incubateur de Paris&Co, lance un appel à candidatures 2019 pour recruter sa promotion 4 de start-ups en santé et bien-être. 

    Les dossiers de candidatures doivent être complétés avec les documents énumérés sur ce lien et déposés au plus tard le 26 mai 2019 via le formulaire en ligne accessible ici.

    Les lauréats pourront bénéficier de financements, d’accompagnement et de conseils mais aussi être hébergés par Tech Care Paris.

    Conditions :

    Pour pouvoir participer, la start-up doit avoir moins de 5 ans ou être créée avant son entrée en incubation. Elle devra aussi répondre à l’une des thématiques suivantes : 

    Le jury portera une attention particulière sur ces différents critères :

    • interdisciplinarité du projet ;
    • éthique et impact environnemental du projet ;
    • caractère innovant du modèle économique/ business plan ;
    • utilisation des technologies (Blockchain, robotique, RV/RA, IA, objets connectés, chatbot et SaaS).

    Calendrier :

    • Du 2 au 26 mai 2019 : appel à candidatures
    • Entre le 27 mai et le 10 juin 2019 : comité de lecture et pré-sélection sur dossier avec les membres fondateurs de Tech Care
    • 13 juin 2019 : réunion d’information pour les startups retenues sur dossier
    • Les 25 et 27 juin 2019 : pitch de sélection devant l’équipe de Tech Care et devant ses membres fondateurs
    • 28 juin 2019 : annonce des lauréats 
    • Septembre 2019 : inauguration de la promotion 
  • Étude : des applis de lutte contre la dépression peu respectueuses de la confidentialité (Jama)

    Des chercheurs américains et australiens ont constaté que des applications mobiles très populaires, spécialisées dans la dépression et le sevrage tabagique, ne respectaient pas les règles de confidentialité et de partage des données. Selon leur étude*, publiée le 19 avril 2019 dans le Jama Network Open, 33 des 36 applis étudiées partageaient des données avec des tiers et la moitié d’entre elles n’informaient pas correctement les utilisateurs sur la stratégie de transmission.

    La transmission des données : de la déclaration à la réalité

    Le respect de la confidentialité des données de santé reste une préoccupation majeure pour les concepteurs, les utilisateurs ainsi que les prescripteurs d’applications mobile. La fermeture en 2015 du site NHS Health Apps Library, la bibliothèque d’applis recommandées par le NHS, reste encore dans les esprits. Une étude avait révélé que :

    • 89 % des applis transmettaient des données à des services tiers, qu’aucune ne disposait d’un système de chiffrement (« cryptage ») des données enregistrées sur le smartphone ;
    • 66 % envoyaient des informations « identifiantes » non chiffrées sur le net ;
    • 20 % n’avaient aucune politique de protection des données.

    4 ans plus tard, la donne a-t-elle changé ? Des chercheurs américains et australiens apportent des éléments de réponse à cette question. Leur étude transversale, publiée le 19 avril 2019 dans le Jama Network Open, visait à évaluer la correspondance entre les déclarations de confidentialité et la manière dont les applications traitent les données personnelles.

    Concrètement, ils ont évalué 36 applications mobiles populaires consacrées à la dépression et à l’arrêt du tabac. Le contenu de la politique de confidentialité de chacune d’entre elles a été analysé. Ensuite, une évaluation technique de la transmission de données cryptées et non cryptées a été réalisée, en comparant les divulgations relatives à la transmission de données à des tiers au comportement réel.

    Résultats : Google et Facebook friands de data

    • 25 des 36 applications (69 %) avaient intégré une politique de confidentialité.
    • 22 de ces 25 applications (88 %) ont expliqué aux utilisateurs les principales utilisations pour la collecte de données, mais seules 16 de celles-ci ont mentionné des utilisations secondaires.
    • 29 des applications examinées transmettaient des données au service marketing ou publicité de Google ou Facebook. Cependant, seulement 12 (33 %) ont divulgué cette politique de confidentialité avec précision.
    • Alors que 23 des 25 applications dotées d’une politique de confidentialité ont été transparents sur la transmission de données à des tiers, cette procédure a été détectée dans 33 des 36 applications (92 %).

    Un partage de données très peu transparent

    La transmission de données à des entités tierces était donc fréquente. De plus, la plupart des applications n’étaient pas transparentes sur de telles pratiques.

    Parmi les problèmes fréquemment observés, on peut citer l’absence de politique de confidentialité écrite, l’omission de politique décrivant les transmissions par des tiers ou encore l’absence de description des juridictions qui traiteraient les données. Dans un plus petit nombre de cas, des transmissions de données contraires aux politiques de confidentialité déclarées ont été observées. Le plus préjudiciable étaient que les applis ne permettaient pas aux utilisateurs de choisir ou de refuser le partage de données en toute connaissance de cause.

    Les faiblesses de l’auto-certification

    En outre, « nos données soulignent que, sans aucun effort technique pour auditer les transmissions de données actuelles, le seul fait de s’appuyer sur une auto-certification ou un audit de politique ne permet pas de détecter les risques importants pour la vie privée », écrivent les auteurs de l’étude.

    Alors que les smartphones continuent à acquérir des capacités pour collecter de nouvelles formes d’informations personnelles, biométriques et de santé, « il est impératif que la communauté des soins de santé réagisse en proposant de nouvelles méthodes et de nouveaux processus permettant d’examiner les applications et de garantir leur sécurité et leur protection », estiment les chercheurs.