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  • FASN Parcours innovants : Qalyo remporte le start-ups challenge

    Qalyo remporte le start-ups challenge de l’événement « Parcours innovants », organisé le 27 juin 2019 à Paris par Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN.

    Fondé en 2016, Qalyo propose un logiciel permettant d’optimiser et de coordonner le parcours de soins des patients par le biais d’algorithmes.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    • Docmadi : application SaaS dédiée à l’accompagnement, aux interactions soignants-patients et au télé-suivi entre consultations à l’hôpital ;
    • Félix Santé : plateforme qui propose de la prévention santé sous format d’épisodes, d’un forum, d’illustrations ou encore de quiz (se présente comme le « Netflix de la santé ») ;

  • FASN Parcours : « Il faut une co-construction et une co-évaluation des solutions » (G. Raymond, FAS)

    « Je pense que les mesures énoncées [dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé] sont très positives, à condition qu’elles se traduisent par une co-construction et une co-évaluation des solutions« , estime Gérard Raymond, nouveau président de France Assos Santé.

    L’ancien vice-président en charge des relations publiques et institutionnelles au sein de la Fédération française des diabétiques (FFD) est intervenu le 27 juin 2019 à la table ronde « usages numériques : comment accélérer l’adoption ? », qui s’est tenu dans le cadre de l’événement FASN Parcours innovants, organisée par la société Care Insight à Paris.

    Interrogé par Health & Tech Intelligence à l’issue de cette journée et du premier Conseil du numérique en santé, Gérard Raymond observe une réelle appétence de la part des patients, notamment ceux atteints de diabète, pour les outils numériques à même d’améliorer leur qualité de vie mais note que les nombreuses solutions existantes ne répondent souvent pas aux attentes et aux besoins des usagers puisqu’elles sont pensées sans les consulter en amont. « L’idéal serait que les industriels viennent voir les patients non pas avec un produit déjà finalisé mais avec une feuille blanche pour que l’on travaille ensemble », indique-t-il. Gérard Raymond insiste par ailleurs sur l’importance d’un cadrage en matière de sécurité des données. « Il est important, comme le défendent Dominique Pon et Laura Létourneau, que ce soit l’État, le législateur, qui arbitre le tout, qui édite la règle du jeu et qui vérifie que tous les acteurs la respectent », explique-t-il.

    De manière plus générale, il est par ailleurs nécessaire selon lui de penser le système de santé en prenant à la fois en considération l’intérêt des patients mais aussi celui des professionnels de santé, estimant que si les soignants ne travaillent pas dans de bonnes conditions, ils n’offriront pas des soins de bonne qualité. « Tout le monde sera gagnant ou tout le monde sera perdant », commente-t-il.

    « Une grande partie des solutions proposées ne répond pas aux attentes des patients en termes d’usage »

    Vous avez été élu à la mi-juin président de France Assos Santé. Quel est votre état d’esprit quelques jours après cette nomination ?

    J’ai candidaté parce que je pense que l’on vit un moment extrêmement important dans l’évolution démocratique du système de santé. J’ai la prétention, comme d’autres, d’avoir des positions et des propositions d’actions pour faire en sorte que l’on évolue sur une valeur d’esprit collectif. Il faut inclure le patient non pas dans le cadre d’une émancipation individuelle mais collective. Nous ne parviendrons pas à réaliser cette transformation du système sans la participation des associations agréées du système de santé, qui portent la communauté. L’idée n’est pas de parvenir à une démocratie directe mais représentative.

    Allez-vous conserver votre titre de vice-président en charge des relations publiques et institutionnelles au sein de la Fédération française des diabétiques, au sein de laquelle vous œuvrer depuis 2006 ?

    Non, je ne peux pas me concentrer sur les deux organisations. Je ne représente plus officiellement la fédération mais je vais rester un membre actif.

    Constatez-vous un réel engouement de la part des patients en termes d’utilisation des solutions numériques, notamment de la part de ceux souffrant de maladies chroniques ?

    Dans le cadre des patients souffrant de diabète de type 1, on touche une population très ciblée, jeune notamment, qui est friande d’outils numériques, de DM, de solutions d’aide à la décision pour améliorer leur qualité de vie.

    Quels sont les principaux freins que vous observez à cette adoption ?

    Il y a une demande mais ce que nous constatons c’est qu’une grande partie des solutions proposées ne répond pas aux attentes des patients en termes d’usage. Il y a des ingénieurs et des industriels qui travaillent sur des outils mais qui expliquent qu’ils n’ont pas testé leur produit auprès des patient, si bien que l’on se retrouve souvent avec une application qui semble très intéressante mais que les patients ne parviennent pas à s’accaparer.

    C’est là toute la différence entre une invention et une innovation, une innovation étant une invention qui trouve son public.

    « Le Freestyle Libre est l’archétype même d’une innovation réussie »

    Il y a tout de même quelques solutions qui fonctionnent, comme le Freestyle Libre (Abbott), qui rencontre un vrai succès.

    Le Freestyle Libre est l’archétype même d’une innovation réussie, d’une réponse à une attente des patients. Si le dispositif a été remboursé c’est parce que ce sont les patients qui ont porté le dossier, c’est parce que nous voulions cet outil et que nous le voulions maintenant. J’ai passé des heures et des heures sur le sujet avec les différents instances officielles pour parvenir à ce remboursement.

    L’idéal serait que les industriels viennent voir les patients non pas avec un produit finalisé mais avec une feuille blanche pour que l’on travaille ensemble. C’est dans ce sens-là qu’il faut aller. Le risque c’est que les acteurs aillent chercher des patients de manière individuelle et non par le biais d’associations agréées. Il faut inclure dans le processus les organismes qui ont une vision collective pour progresser.

    Comment rassurer les patients vis-à-vis de l’utilisation de leurs données de santé ?

    La soi-disant crainte du partage des données est un vrai faux problème. Aujourd’hui, les jeunes échangent tout un tas de données sur les réseaux sociaux de manière parfois irresponsables. L’idée, dans le projet porté par le gouvernement, c’est d’être dans une réflexion collective pour bien cadrer la sécurité des données de santé. Toutes les données peuvent être hackées, il faut être clair sur ce point. C’est pour ça qu’il est important, comme le défendent Dominique Pon et Laura Létourneau, que ce soit l’État, le législateur, qui arbitre le tout, qui édite la règle du jeu et qui vérifie que tous les acteurs la respectent.

    « Je veux contraindre les industriels résistants à partager leurs données »

    Vous venez de participer au premier Conseil du numérique en santé, animé par Dominique Pon et Laura Létourneau, en charge de la transformation numérique en santé. Que pensez-vous des mesures présentées dans le cadre de la feuille de la route dévoilée en avril ?

    Je pense qu’elles sont très positives, à condition qu’elles se traduisent par une co-construction et une co-évaluation des solutions. Nous devons être coercitifs. Nous avons par exemple porté le dossier du DMP pour qu’il soit généralisé. Nous devons également être coercitifs en ce qui concerne l’interopérabilité de l’ensemble des données de santé. Je veux contraindre les industriels qui sont encore résistants à partager leurs données. Tant que cela ne sera pas fait, je continuerai à me battre.

    Votre souhait est donc d’aboutir à un système de santé fondé sur la collaboration entre les acteurs.

    J’entends souvent qu’il faut un système de santé au sein duquel le patient doit être au cœur. C’est faux ! Si les professionnels ne sont pas bien, ne travaillent pas dans de bonnes conditions, ils ne soigneront pas bien. Il faut que le système soit bénéfique pour les soignants, pour les soignés et pour l’ensemble du système. Tout le monde sera gagnant ou tout le monde sera perdant. Il faut un modèle coopératif pour que chaque acteur trouve son intérêt.

    Les CPTS, par exemple, sont un vrai sujet médical fondé sur des attentes et des besoins des acteurs. Il faut que les patients soient associés au projet, non pas sur le plan de la gouvernance mais sur le plan du contenu du projet médical.

    Dans le cadre du chantier du numérique en santé, j’ai la crainte que l’on fasse de l’administratif pour faire de l’administratif, qu’on se retrouve à distribuer un euro à droite et un euro à gauche sans construire un vrai système.

  • Cegedim obtient les certifications HDS et ISO 20000-1 :2018

    Cegedim, spécialiste de l’édition de logiciel notamment dans le domaine de la santé, annonce avoir obtenu 2 certifications : HDS (hébergement de données de santé) et ISO 20000-1 :2018 (sécurisation et optimisation de son « cloud »).

    Le communiqué daté du 17 juin 2019 souligne que la société obtient « les deux certificats concernant deux métiers distincts » de l’hébergement des données de santé, « hébergeur d’infrastructure physique » et « hébergeur infogéreur », soit l’ensemble des activités 1 à 6 du référentiel HDS. 

    L’entreprise ajoute qu’elle obtient également 2 nouvelles attestations de conformité portant sur « la sécurité et la protection des données personnelles en environnement cloud », à savoir :
    • ISO 27017 : 2015 : Code de bonnes pratiques pour les contrôles de sécurité dans les services cloud ;
    • ISO 27018 : 2014 : Code de bonnes pratiques pour la protection des données personnelles dans les services cloud.

    « L’obtention de ces nouvelles certifications est une étape importante dans le développement de Cegedim.cloud, déjà agréé hébergeur de données de santé depuis 2009, ISAE 3402 Type II (SOC 2) depuis 2012 et certifié ISO 27001 en 2017 », déclare Romain Vergniol, responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) de Cegedim. Il souligne que « la mise en conformité avec ces référentiels en 2019 est le fruit d’un travail collectif et de l’engagement de la direction (…) vers l’excellence opérationnelle dans les métiers du cloud ».

  • Le numérique à l’honneur pour le 4e appel à projets RHU en santé (15 lauréats – 121 M€)

    Revoir la prise en charge des rétinopathies diabétiques avec l’apport de technologies d’imagerie nouvelles et d’algorithmes d’intelligence artificielle. Tel est l’objectif du projet Evired coordonné par l’AP-HP (9 016 888 €), l’un des 15 lauréats retenus dans le cadre du 4e appel à projets (AAP) de recherche hospitalo-universitaire en santé (RHU) du programme d’investissement d’avenir (PIA).
    Les résultats de cet AAP ont été annoncé le 24 juin 2019 par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Selon le ministère de la Santé, ils « démontrent l’excellence et le potentiel de la recherche biomédicale française et au-delà, sa capacité à proposer des innovations dans la prise en charge des patients » (communiqué). Une enveloppe de 121 millions d’euros va ainsi permettre de financer « des approches vers de nouveaux médicaments, de nouveaux outils de diagnostic avec l’apport des technologies du numérique et des big data », précise-t-il.

    Parmi les projets retenus en dehors d’Evired figurent :
    • Betpsy (7 381 509 €), coordonné par l’Université Claude Bernard de Lyon, développera « des outils de diagnostic » des encéphalites et « syndromes neurologiques paranéoplasiques » « provoqués par des réactions auto-immunes » ;
    • Idbioriv (5 719 814€), coordonné par les Hospices Civils de Lyon, « développera de nouveaux outils de diagnostic ultrarapide dans les infections », afin de « détecter en moins d’une heure les résistances et la virulence des bactéries ».

    Le jury international a examiné 67 dossiers « sur des critères de qualité scientifique, d’innovation mais aussi sur leur potentiel en matière de retombées médicales et socio-économiques », indique le ministère. Il ajoute que cette quatrième vague RHU « confirme la forte dynamique de la recherche hospitalo-universitaire française et son attractivité pour des partenariats industriels ».

    Les 15 projets lauréats

    • Le projet Atraction (9 939 535 €) veut développer de nouvelles approches pour prendre en charge les immunodéficiences qui dans 25 % des cas produisent de l’auto-immunité et des inflammations chroniques. Le projet est porté par le Dr Frédéric Rieux-Laucat et par l’Institut Imagine à l’hôpital Necker-Enfants malades.
    • Le projet Audinnove (9 740 615 €) s’attaque aux surdités congénitales avec le développement de nouvelles approches à la fois de diagnostic et thérapeutiques. Il est piloté par le Pr Nathalie Loudon et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
    • Le projet Betpsy (7 381 509 €) s’attaque aux encéphalites et aux syndromes neurologiques paranéoplasiques provoqués par des réactions auto-immunes. L’objectif est de développer des outils de diagnostic de ces maladies et améliorer ainsi la prise en charge des patients. Le Pr. Jérôme Honnorat pilote le projet. L’établissement coordinateur est l’université Claude Bernard de Lyon.
    • Le projet Booster (9 871 428 €), porté par le Pr Mikael Mazighi à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, développe de nouvelles approches de prises en charge des accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVCi) à haut risque de handicap et décès dont l’identification et la caractérisation rapides sont un enjeu crucial pour la survie des patients et la limitation des séquelles. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Cosy (9 423 907 €) propose de développer de nouvelles thérapies pour traiter une maladie rare : le syndrome d’hypercroissance dysharmonieuse. Il est porté par le Dr Guillaume Canaud et coordonné par l’Inserm.
    • Le projet Depgyn (6 624 906 €), au centre Léon Bérard à Lyon, veut développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les récepteurs à dépendance dans les cancers ovariens. Le projet est dirigé par le Pr. Jean-Yves Blay. Le centre Léon Bérard coordonne le projet.
    • Le projet Destination 2024 (5 053 595 €) ambitionne de révolutionner la prise en charge de l’hypertension pulmonaire thromboembolique chronique. Il est porté par le Pr. Marc Humbert au CHU du Kremlin-Bicêtre (AP-HP). L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Evired (9 016 888 €) va revoir la prise en charge des rétinopathies diabétiques avec l’apport de technologies d’imagerie nouvelles et d’algorithmes d’intelligence artificielle. Il est porté par le Pr. Ramin Tadayoni à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Idbioriv (5 719 814 €) porté par le Pr. Philippe Vandenesch à Lyon, développera des nouveaux outils de diagnostic ultrarapide dans les infections. L’objectif est de détecter en moins d’une heure les résistances et la virulence des bactéries. Les Hospices Civils de Lyon coordonnent le projet.
    • Le projet Innov-CKD (5 084 421 €), à Marseille, veut développer des traitements personnalisés des complications coronariennes chez les patients souffrant d’atteinte rénale chronique. Il est piloté par le Pr. Laurent Bonnello et Aix-Marseille Université.
    • Le projet Iris (9 927 097 €) s’attaque aux maladies héréditaires du système immunitaire et vise à développer des produits de thérapie génique. Il est porté par le Pr. Marina Cavazzana et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est l’établissement coordinateur.
    • Le projet Psycare (8 797 878 €) piloté par le Pr. Marie-Odile Krebs à l’hôpital Saint-Anne à Paris s’attaque aux psychoses et veut mieux les caractériser pour développer des traitements personnalisés de ces pathologies aux origines complexes. L’établissement coordinateur est l’Inserm.
    • Le projet Records (9 919 695 €) vise à mieux traiter les septicémies, en particulier en identifiant rapidement les infections sensibles aux corticostéroïdes. Le Pr. Djilali Annane à l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP) à Garches porte le projet coordonné par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
    • Le projet Shiva (8 201 379 €) au CHU de Bordeaux entend prévenir et stopper le déclin cognitif et la démence en s’attaquant aux maladies des petites artères cérébrales qui en sont responsable. Il est piloté par le Pr. Sophie Debette et l’université de Bordeaux.
       
    • Le projet Success (6 426 717 €) du Pr. Brigitte Dréno du CHU de Nantes propose de mettre au point de nouveaux produits pour les grands brulés, protégeant la peau et l’aidant à se régénérer. Le CHU de Nantes est l’établissement coordinateur.
  • Servier lance à Paris-Saclay un incubateur pour start-ups innovantes, y compris en e-santé

    Servier va ouvrir un incubateur dédié aux start-ups « les plus innovantes dans le domaine de la santé ». Il se situera au sein de l’Institut de recherche Servier Paris-Saclay, dont la première pierre a été posé le 19 juin 2019 et qui regroupera d’ici 2022 l’ensemble des activités de recherche du groupe basées en France.

    L’incubateur s’étendra sur une surface de 1 850 m2 et sera composé de 80 postes de travail. Il permettra aux start-ups hébergées de « développer leurs projets de façon autonome » et de « partager leur expertise avec les équipes Servier pour créer une dynamique partagée supplémentaire », précise Servier dans un communiqué.

    Contacté par Health & Tech Intelligence, le groupe explique que cet « hôtel à projets » sera appelé à accueillir « des entreprises du numérique et de la e-santé à partir du moment où cela fera sens » du point de vue du soutien que Servier peut apporter ou « vis-à-vis d’autres start-up présentes sur le site ». C’est le professionnel choisi pour la gestion de cet incubateur qui se chargera de sélectionner les jeunes sociétés appelées à rejoindre le site en 2022 : Servier fera partie du comité de sélection.

    « Le futur institut s’inscrit dans un écosystème extraordinaire par sa proximité avec CentraleSupelec, l’ENS, l’ICE, le CNRS, l’Inserm… et nous l’espérons bientôt un hôpital dédié aux soins et à la recherche à proximité », commente Olivier Laureau, président de Servier.

  • Europe : le Luxembourg lance l’échange transfrontalier du dossier patient électronique

    Le Grand-Duché de Luxembourg lance son premier service e-santé transfrontalier, soit l’échange électronique du dossier patient avec d’autres pays membres de l’Union européenne, dans le cadre du programme CEF eHDSI (Connecting Europe Facility – eHealth Digital ServicesInfrastructure).

    « Dès à présent, un patient européen qui consulte un médecin lors de son séjour au Luxembourg [peut] demander à ce que son résumé patient soit partagé avec celui-ci », indique l’Agence eSanté Luxembourg dans un communiqué daté du 21 juin 2019. L’organisation précise que, dans un premier temps, le transfert électronique du résumé patient sera ouvert aux personnes originaires de la République tchèque, puis dès le mois de juillet également aux ressortissants portugais et maltais, avant de s’étendre progressivement aux citoyens d’autres États membres participant au programme CEF eHDSI.

    L’Agence eSanté se chargera également « dès 2020 » de l’envoi du « résumé patient » d’un assuré luxembourgeois au médecin qu’il consulte à l’étranger, et de l’envoi d’une e-prescription – rédigée par un médecin luxembourgeois – à une pharmacie d’un autre État membre.   

    La  « mise en opération » de l’échange électronique transfrontalier du résumé patient et de la e-prescription « vise à contribuer à une meilleure prise en charge du patient et à faciliter la continuité des soins sûrs et de qualité au-delà des frontières », note l’agence. « Étant donné que les documents sont fournis dans la langue véhiculaire du pays où les soins sont prestés et dans celle du pays d’affiliation du patient[, l’échange électronique] enlève les barrières linguistiques potentielles entre le patient et le professionnel de santé, et garantit ainsi une meilleure sécurité des informations échangées », ajoute-t-elle.

    E-prescription : la Finlande, l’Estonie et la Croatie ont aussi lancé l’échange électronique transfrontalier

    l’Agence eSanté Luxembourg rappelle dans son communiqué que la Finlande et l’Estonie sont les pays pilotes ayant lancé, en janvier 2019, l’échange électronique transfrontalier de la e-prescription et de l’e-dispensation : entre le 21 janvier et le 5 juin, plus de 4 700 e-prescriptions et plus de 2 100 e-dispensations ont été échangées entre les 2 pays. Elle ajoute que depuis la mi-juin, la Croatie a rejoint ce groupe de pays opérant l’échange de la e-prescription.

    Échange électronique transfrontalier : 22 États membres de l’UE concernés

    L’agence indique que l’échange électronique transfrontalier du résumé patient et de la e-prescription sera progressivement mis en œuvre dans les 22 États membres suivants : la Finlande, l’Estonie, la République Tchèque, le Luxembourg, le Portugal, la Croatie, Malte, Chypre, la Grèce, la Belgique, la Suède, l’Autriche, l’Italie, la Hongrie, l’Irlande, la Pologne, l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Slovénie, la Lituanie, et les Pays-Bas. Tous les pays aujourd’hui membres de l’UE se trouvent dans cette liste hormis la Lettonie, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie et le Danemark.

  • Europe : la Croatie rejoint le programme d’échange de données de santé eHDSI

    La Croatie rejoint le programme de transfert de données patient eHDSI (eHealth Digital Service Infrastructure), qui permet l’échange électronique transfrontalier de données de santé entre pays membres de l’Union européenne. L’Assurance maladie croate, HZZO, annonce qu’à partir du 17 juin 2019, elle acceptera les prescriptions rédigées en Finlande et pourra transférer des ordonnances en Estonie.

    Dans un communiqué daté du 14 juin, elle précise que si le patient donne son consentement, ses données pourront être transmises depuis son pays de résidence à une pharmacie en Croatie par l’intermédiaire des points de contact nationaux (PCN), les agences nationales chargées des services e-santé. Les pharmaciens auront accès à la version originale de la prescription et à une traduction depuis le portail internet de leur PCN. Ils pourront y enregistrer la délivrance de médicaments et transférer les données au pays de résidence du patient. Celui-ci paiera la totalité de la facture mais pourra demander le remboursement à son retour.

    Le directeur de HZZO, Lucian Vukelic, indique que ce programme d’échange de données entre États membres servira également à identifier parmi les ressortissants croates résidant à l’étranger ceux qui profitent indûment de l’Assurance maladie de leur pays d’origine, nettement moins chère que celle de l’Allemagne, de l’Autriche ou de l’Irlande (source : quotidien croate Novi List).

  • Étude : les assistants vocaux capables de détecter les arrêts cardiaques (Nature Digital Medicine)

    Des chercheurs de l’université de Washington ont développé un algorithme qui étudie les sons ambiants dans une pièce. Cette fonctionnalité développée sur des enceintes connectées s’est révélée capable de reconnaître la respiration agonale, typique des personnes faisant un arrêt cardiaque. Selon les résultats de leurs travaux* publiés le 19 juin 2019 dans Nature Digital Medicine, les assistants vocaux repéraient ce type de respiration dans 97 % des cas.

    Diminuer la mortalité liée aux arrêts cardiaques

    Chaque année, selon les chiffres officiels, quelque 46 000 personnes seraient victimes d’arrêts cardiaques en France. À 30 jours, le taux de survie est de 4,9 %. Si des massages cardiaques sont effectués juste après la perte de conscience, ce taux grimpe à 10,4 %. Aux États-Unis, ce sont près de 300 000 personnes qui décèdent chaque année en raison d’un arrêt cardique. Pour réduire ce taux de mortalité, l’enjeu est de pouvoir repérer rapidement un arrêt. Or, si ce dernier se produit alors que la personne est seule, à son domicile (2/3 des cas), ses chances de survie sont faibles.

    Des chercheurs de l’université de Washington se sont penchés sur un élément diagnostic typique : la respiration agonale. Elle résulte d’un réflexe du tronc cérébral en cas d’hypoxie sévère. Parfois rapportée comme une respiration sifflante, la respiration agonale peut être potentiellement utilisée comme un biomarqueur diagnostic audible. Pour repérer cette respiration haletante, les chercheurs ont utilisé des assistants vocaux intelligents, présents chez 75 % des ménages américains. Mais la tâche était loin d’être simple car les événements respiratoires agonaux sont relativement rares, nous manquons de mesures de référence et ils ne peuvent pas être reproduits en laboratoire.

    Un algorithme qui identifie la respiration agonale

    Pour surmonter cet obstacle, les chercheurs ont exploité une source de données unique, les enregistrements des appels au 911 de cas confirmés d’arrêt cardiaque. Et ils ont entraîné leur algorithme sur 82 heures d’enregistrement. L’ensemble de données comprenait 162 appels (19 h) avec des enregistrements clairs de la respiration agonale.

    Pour évaluer les capacités de l’algorithme à discriminer les sons, les scientifiques ont utilisé des enregistrements de ronflement, de personnes souffrant d’apnée du sommeil et de respiration normale. Les enregistrements ont été capturés sur différents appareils, tels qu’une enceinte Amazon Alexa, un iPhone 5s (Apple) et un Samsung Galaxy S4.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 19 juin 2019 dans la revue Nature Digital Medicine.

    Résultats : des assistants vocaux très fiables

    • L’algorithme a réussi à reconnaître la respiration agonique dans 97 % cas lorsque le microphone se trouvait dans un rayon de 6 mètres de la personne.
    • Il y avait confusion avec d’autres sons dans 0,2 % des cas.
    • La détection peut fonctionner en temps réel sur un smartphone et peut classer chaque segment audio de 2,5 secondes en moins de 21 millisecondes. Avec l’enceinte intelligente, l’algorithme peut s’exécuter dans les 58 millisecondes.
    • Même si le smartphone était dans une poche, avec le sujet couché sur le dos et le haut-parleur à côté de la tête, la précision de détection moyenne était de 93,22 %.

    Au vu de ces résultats, les auteurs de l’étude estiment que « la détection passive et sans contact de la respiration agonale représente un nouveau moyen d’identifier une partie des victimes d’un arrêt cardiaque jusque-là inaccessibles. Le recours à du matériel intelligent pour la surveillance de ces situations pourrait avoir des avantages pour la santé publique. »

    Des enjeux de respect de la vie privée

    Cependant, ce système pose des problèmes de confidentialité. « Pour résoudre ces problèmes, nous envisageons que notre système fonctionne localement sur les appareils intelligents et ne stocke aucune donnée », précisent les chercheurs.

    Par ailleurs, ces derniers reconnaissent que la respiration agonale a été identifiée chez environ 50 % des victimes d’un arrêt cardiaque. Enfin, il faudrait que le système soit doté d’une alarme avant tout appel d’urgence pour qu’un utilisateur puisse interrompre le processus.

  • DTx

    Digital therapeutics (thérapies numériques)

  • « Le Health Data Hub peut être l’une des plus belles bases de données de santé au monde » (E. Bacry)

    « Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP) », explique le chercheur Emmanuel Bacry, directeur scientifique du futur Health Data Hub (HDH) et également directeur de recherche au CNRS à l’université Paris-Dauphine.

    Sa nomination au sein du HDH, annoncée en avril, fait suite à la transformation de l’Institut national des données de santé (INDS) en « plateforme de données de santé » (le Health Data Hub) prévue dans le cadre du projet de loi santé, sur lequel députés et sénateurs sont parvenus le 20 juin à un accord en commission mixte paritaire (CMP).

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Emmanuel Bacry revient sur l’état d’avancement du hub et des 10 projets lauréats de l’AAP (sur 189), précisant qu’ils devraient « avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires ». Il partage aussi sa vision plus globale de l’initiative. « Nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub », commente-t-il entre autres, ajoutant qu’en cas de succès, « la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde« .

    La création du Health Data Hub en France vise à contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé. Le projet dans sa globalité est doté d’une enveloppe de 80 millions d’euros sur 4 ans.

    « Je souhaite que le hub soit une plateforme de données mais aussi de mise en relation de compétences et d’intérêts »

    Quelles sont précisément vos missions en tant que directeur scientifique du Health Data Hub (HDH) ?

    Emmanuel Bacry : Je travaille pour le projet « Health Data Hub ». Mes missions sont de mobiliser, d’associer et de faire participer les acteurs de l’écosystème (académiques, industriels, start-ups) dans le cadre de la mise en place du hub. Je suis aussi en charge de l’organisation d’événements et du suivi scientifique des projets lauréats dévoilés en avril (AAP Health Data Hub).

    Ainsi par exemple, certains porteurs de projets souhaitent être mis en lien avec des académiques, collaborer avec des seniors pour vérifier la bonne conduite scientifique de leur projet.

    De façon plus générale, nous souhaitons que le Health Data Hub soit non seulement bien sûr une plateforme de données mais aussi une plateforme de mise en relation de compétences et d’intérêts, que lorsqu’il est question de données de santé, que ce soit en France ou à l’étranger, on se tourne naturellement  vers le hub. Notre objectif est que le HDH fasse de la mise en réseau, réunisse tous les acteurs, privés et académiques, centralisent toutes les questions relatives au sujet des données de santé.

    En avril, Jean-Marc Aubert, le pilote du projet Health Data Hub, a annoncé votre nomination en tant que directeur scientifique ainsi que d’autres recrutements à venir pour compléter l’équipe centrale du hub. Combien de personnes vont rejoindre le projet au total ?

    Actuellement, le Health Data Hub c’est encore l’INDS, soit une dizaine de personnes employées. La mission de constitution du hub est piloté par la Drees qui se fait aider par un certain nombre de consultants. Nous allons recruter petit à petit pour le futur HDH, en fonction des besoins des projets, en interne mais aussi en externe par le biais de prestataires (data scientists et data engineers par exemple). Je ne peux pas vous donner de chiffres précis pour l’instant.

    De mon côté, je cherche à mobiliser les différentes institutions de recherche françaises et par ce biais les chercheurs de ces institutions. Nombre d’entre eux devraient être intéressés pour nous aider à la constitution du hub et plus tard à être associés à son fonctionnement. Ils apporteront des expertises essentielles dont nous avons besoin et participeront aux différentes activités ou animations. Cela permettra par ailleurs de faciliter le recrutement, d’être plus attractifs.

    Si nous parvenons à assurer aux talents du secteur qu’ils vont côtoyer de grands noms, alors nous allons recruter très facilement.

    La création du hub est souhaitée par la ministre Agnès Buzyn avant le 31 octobre 2019. Pensez-vous pouvoir tenir ce calendrier ?

    Oui, l’idée étant que nous soyons prêts quand la loi sera définitivement votée (L’Assemblée nationale se prononcera sur les conclusions de la CMP le 10 juillet 2019 et le Sénat le 23 juillet). Il est en tout cas évident que nous aurons commencé à bien travailler avec les différents porteurs de projets à cette date.

    AAP : « Nous devrions avoir une idée très claire des besoins des projets à la fin juin »

    La collaboration avec les porteurs des 10 projets lauréats de l’appel à projets (AAP) Health Data Hub a débuté en avril. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Nous avons entamé la phase de cadrage. Nous sommes en train de les auditionner à nouveau pour bien identifier leurs besoins afin de mener à bien leur projet. C’est très complexe, il y a beaucoup de travail à accomplir avec chacun des porteurs, notamment du point de vue juridique.

    Nous devrions avoir une idée très claire des besoins de chaque projet à la fin du mois de juin pour lancer, si besoin, les procédures juridiques nécessaires.

    D’autres AAP ont été annoncés par Jean-Marc Aubert. Des dates précises ont-elles été fixées ?

    Il n’y aura pas d’autres AAP avant la fin 2019. Aucune date n’a encore été fixée pour les prochains appels mais, dans tous les cas, il y aura des événements organisés au premier semestre 2020. Nous devons déjà nous concentrer sur les 10 projets retenus en avril pour construire des bases solides, savoir quels sont les points pour lesquels le projet fonctionne et quels sont ceux qui posent problème. C’est comme cela que nous apprenons.

    L’idée, à terme, est de ne plus passer systématiquement par des appels mais de permettre à chaque acteur qui le souhaite de déposer une demande d’accès aux données du hub et aux producteurs de données d’y héberger leurs datas en respectant le principe de gouvernance unique du hub.

    « Nous sommes précurseurs mais il existe déjà des initiatives dans d’autres pays »

    La création du Health Data Hub en France va contribuer à favoriser l’innovation médicale par le traitement de volumes massifs de données de santé, mais le pays, et plus généralement l’Europe, souffrent encore d’un « vrai déficit » en plateformes d’intégration de données issues de plusieurs sources, a observé Bernard Hamelin, directeur monde de Sanofi en charge de la production de preuves médicales (Tic Pharma). Partagez-vous cet avis ?

    Nous sommes précurseurs mais il existe déjà quelques initiatives dans d’autres pays européens dans le domaine des données de santé. Nous regardons donc quels sont les modèles mis en place à l’étranger que nous pouvons imiter.

    Cependant, nous sommes parmi les premiers à proposer une telle plateforme de données de santé. Cela devrait permettre un rayonnement mondial et attirer de nombreux chercheurs étrangers.

    Est-il possible d’envisager une interopérabilité entre les différentes plateformes de données de santé européennes ?

    Nous pouvons rêver à un Health Data Hub européen, à une interopérabilité entre les plateformes issus de différents pays. Nous sommes d’ailleurs en train de regarder du côté de nos partenaires européens pour trouver une synergie entre nos projets. C’est un sujet que je vais observer de près.

    « Pour réussir, il faut que le HDH soit un projet en évolution et non figé »

    Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques semaines après l’annonce de votre nomination ?

    Je suis toujours enthousiaste ! Nous sommes en mesure de créer quelque chose de magnifique. Je ne vois pas de freins particuliers à l’accomplissement de ce projet mais j’admets que nous avons un vrai défi à relever, des ambitions élevées, l’une de nos missions centrales étant de mettre en place une gouvernance qui fasse sens. Il faut aussi que nous organisions des think tanks et des comités scientifiques pour répondre notamment aux multiples questions qui se posent dans l’utilisation des données de santé (notamment d’ordre éthique). Pour réussir, il faut que le Health Data Hub soit un projet en évolution et non figé.

    Je suis partagé entre excitation et appréhension parce que tout est à faire, tout est à inventer. Il s’agit d’un projet unique, splendide, il faut juste que nous réussissions. Si nous parvenons à atteindre notre objectif, la France pourrait être au centre du secteur des données et le Health Data Hub être l’une des plus belles bases de données de santé au monde.