Rapport

  • IA hospitalière : efficacité opérationnelle, priorité pour 80 % des établissements (rapport de la FHF)

    57 % des usages IA en santé dédiés à l’imagerie et au diagnostic

    En septembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) publie un état des lieux sur l’adoption de l’intelligence artificielle dans les établissements publics de santé et médico-sociaux. À l’appui d’un baromètre mené auprès de 110 structures, l’étude confirme une dynamique engagée, portée par l’ambition présidentielle d’un investissement de 109 milliards d’euros, complété par 200 milliards à l’échelle européenne.

    Près des deux tiers des établissements interrogés ont déjà déployé des solutions d’IA en production. L’aide au diagnostic et à la décision clinique reste l’usage principal (57 %), notamment en imagerie médicale. Viennent ensuite le pilotage stratégique, la gestion des flux et la rédaction automatisée de comptes-rendus médicaux.

    Trois priorités émergent : améliorer l’efficacité opérationnelle (80 %), renforcer la qualité des soins (67 %), et accroître la satisfaction des soignants et des patients (42 %). L’optimisation des coûts (38 %) est perçue davantage comme une conséquence que comme un objectif premier.

    Des freins identifiés : budget, compétences, qualité des données

    Appel à une gouvernance structurée : seuls 48 % des établissements ont un référent dédié

    Le rapport souligne l’importance d’une gouvernance structurée. Aujourd’hui, seuls 48 % des établissements disposent d’un référent ou d’un comité IA. Pourtant, les risques sont identifiés : fragmentation des projets, inégalités d’accès aux outils, perte de contrôle sur les données, ou encore dépendance technologique. La FHF recommande une stratégie d’établissement intégrée, assortie d’une feuille de route, d’indicateurs de performance, et d’un dispositif de « Garantie Humaine » tel que défini dans la norme AFNOR SPEC 2213.

    Les obstacles au déploiement sont nombreux : manque de financements (83 %), pénurie de compétences internes (66 %), complexité réglementaire (34 %), mais aussi qualité insuffisante ou faible interopérabilité des données hospitalières. À cela s’ajoute une résistance au changement exprimée par certains professionnels, en lien avec la crainte d’une perte d’autonomie ou de sens clinique.

    4 chantiers 2025-2028 : de la rédaction à la planification automatisée

    Entre 30 000 et 50 000 € par application d’IA en santé

    Quatre axes structurent les projets à venir :

    • Généralisation des LLM pour la documentation médicale.
    • Optimisation du codage PMSI.
    • Prévision des besoins RH.
    • Et automatisation des tâches administratives.

    Ces transformations nécessitent un investissement conséquent, difficilement soutenable pour de nombreuses structures. Le coût annuel d’un service d’IA s’élève en moyenne à 30 000–50 000 € par application, sans compter les infrastructures et la formation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fiable selon la FHF

    Les CHU et GHT apparaissent comme des catalyseurs d’une IA territoriale. Ils mutualisent les achats, hébergent les données en conformité avec la réglementation, et offrent une échelle pertinente pour les tests, la gouvernance et la formation. L’initiative « soignant augmenté » en Bourgogne-Franche-Comté, la prédiction des flux hospitaliers ou les simulateurs pédagogiques comme DocSimulateur montrent la diversité des usages en cours d’expérimentation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fonctionnelle. Le rapport insiste sur la nécessité d’adopter le standard HL7 FHIR pour rendre les systèmes communicants. Le cloisonnement actuel reste un frein majeur, tant pour le développement que pour l’évaluation des outils.

    Une commission FHF pour accompagner et réguler

    La FHF a mis en place en 2025 une commission dédiée, réunissant experts hospitaliers, cliniciens, ingénieurs et représentants d’usagers. Objectif : observer, structurer et documenter les usages de l’IA dans le service public. Ce travail collectif doit permettre de dégager des bonnes pratiques.

     

  • Commande publique : seuls 30 % des acheteurs formés à l’achat responsable dans la santé (rapport OCDE)

    Achats durables : un retard dans l’intégration des critères environnementaux à l’hôpital

    Le rapport de l’OCDE intitulé « Promouvoir les marchés publics stratégiques et écologiques en France : Professionnaliser la fonction achats de l’État » analyse la capacité des acheteurs publics à intégrer des critères environnementaux à chaque étape du cycle d’achat. L’organisation y rappelle le poids économique des marchés publics – près de 8 % du PIB et plus d’un quart des dépenses publiques – et examine leur rôle dans la mise en œuvre des obligations prévues par la loi Climat et résilience (2021) et le Plan national pour des achats durables 2022-2025.

    En 2023, 54,7 % des marchés publics de l’État comprenaient une dimension environnementale, contre 21 % en 2022. Mais cette progression reste fragile : elle ne garantit pas que les segments les plus émetteurs, comme les achats hospitaliers, soient ciblés de manière prioritaire.

    Des critères environnementaux encore peu pris en compte dans les achats publics : l’OCDE souligne les freins dans le secteur de la santé

    Cycle de vie, connaissance des marchés, segments d’achat …

    Le rapport de l’OCDE souligne plusieurs difficultés spécifiques : manque d’outils de calcul du cycle de vie, connaissance insuffisante des capacités du marché, ou encore difficulté d’intégrer les considérations environnementales dans certains segments d’achat comme les prestations intellectuelles ou certains achats hospitaliers. Dans le secteur de la santé, les acheteurs peinent à intégrer ces exigences dans toutes les étapes du cycle d’achat – définition des besoins, rédaction des appels d’offres, attribution et suivi de l’exécution. La formation reste un levier sous-exploité : seuls 30 % des acheteurs interrogés ont suivi une formation sur les achats responsables au cours des deux dernières années. La dispersion territoriale des acteurs hospitaliers complique également l’accès aux formations et ressources.

    Recommandations pour verdir les achats hospitaliers

    Pour accélérer l’intégration des critères environnementaux dans les achats hospitaliers, l’OCDE recommande de structurer un appui plus ciblé à destination des acheteurs du secteur santé, en tenant compte de leurs contraintes propres (temps, ressources, complexité technique des produits). L’OCDE invite la France à s’inspirer d’initiatives internationales, comme les stratégies ciblées aux Pays-Bas ou les centres d’aide en Belgique, pour accompagner les acheteurs du secteur santé dans cette transition.

    • Déployer des modules de formation courts, contextualisés pour les achats hospitaliers, en binôme acheteur-prescripteur
      La diversité des achats dans le secteur hospitalier – équipements biomédicaux, dispositifs médicaux à usage unique, services externalisés – nécessite des formations spécifiques, courtes, accessibles et orientées vers les cas d’usage. L’OCDE préconise de privilégier un format en binôme acheteur-prescripteur, afin d’assurer une appropriation conjointe des enjeux environnementaux et une meilleure articulation entre définition du besoin et rédaction des marchés.
    • Centraliser les ressources méthodologiques dans un guichet unique d’information
      Les outils existants sont dispersés et parfois méconnus des acteurs hospitaliers. Le rapport souligne l’intérêt de regrouper l’ensemble des guides, référentiels, modèles de clauses et retours d’expérience au sein d’une plateforme nationale accessible, en lien avec le Commissariat général au développement durable (CGDD). Ce guichet unique doit offrir une entrée simplifiée pour les acheteurs hospitaliers et faciliter la mise à jour régulière des ressources disponibles.
    • Développer des outils de calcul spécifiques au secteur santé
      Les acheteurs signalent un manque d’outils adaptés pour évaluer l’impact environnemental des biens et services médicaux. L’OCDE propose la mise à disposition de calculateurs prenant en compte le coût du cycle de vie, l’empreinte carbone ou les déchets générés, adaptés aux équipements hospitaliers ou aux consommables. Ces outils doivent être simples à prendre en main et compatibles avec les contraintes budgétaires et réglementaires propres aux établissements de santé.
    • Mobiliser les référents achats responsables dans les établissements de santé
      Le rapport recommande d’élargir le rôle des référents achats responsables au sein des établissements. Ces agents pourraient devenir des points de contact pour les équipes achats, assurer une veille réglementaire, relayer les bonnes pratiques et coordonner les retours d’expérience sur les démarches d’achats durables. Leur ancrage opérationnel permettrait un accompagnement de proximité, mieux adapté aux réalités de terrain.
    • Inclure les fonctions achat hospitalières dans les campagnes de sensibilisation nationales
      Enfin, l’OCDE souligne la nécessité de ne pas cantonner la communication sur les achats durables aux administrations centrales. Les établissements de santé doivent être pleinement intégrés aux campagnes nationales, avec des messages ciblés et des actions dédiées. Cette visibilité est jugée essentielle pour renforcer l’attractivité de la fonction achat hospitalière et valoriser les démarches déjà engagées sur le terrain.

     

     

    Examens de l’OCDE sur la gouvernance publique – Promouvoir les marchés publics stratégiques et écologiques en France – Professionnaliser la fonction achats de l’État

  • Psychiatrie et téléconsultation : 20 % des consultations réalisées à distance (rapport Doctolib)

    • La téléconsultation représente 7,4 % de l’activité globale des médecins qui la pratiquent.
    • La psychiatrie est en tête des spécialités utilisant la téléconsultation (20,3 % des consultations sont réalisées à distance).
    • 54 % des téléconsultations sont obtenues sous 48 heures.
    • La médecine générale reste la première spécialité en volume, avec plus de 4 millions d’actes de téléconsultation en 2024.
    • Les praticiens ayant recours à la téléconsultation accueillent une proportion plus importante de nouveaux patients.

    Doctolib observe un léger recul de 0,7 % depuis 2022

    Doctolib publie un état des lieux de la téléconsultation en France, basé sur 5,1 millions de téléconsultations effectuées en 2024 par près de 15 000 praticiens de cinq spécialités : médecine générale, psychiatrie, gynécologie, dermatologie et pédiatrie. L’activité de téléconsultation représente 7,4 % des consultations chez les médecins qui la pratiquent. L’utilisation varie selon les disciplines : 20,3 % des consultations en psychiatrie sont réalisées à distance, contre 8,1 % en médecine générale et 5,1 % en pédiatrie. Dermatologie (4,4 %) et gynécologie (4,8 %) y recourent moins. En volume, la médecine générale reste en tête avec plus de 4 millions d’actes en 2024. La part des téléconsultations recule de 0,7 % par rapport à 2022, rejoignant les observations de la CNAM dans son rapport “Charges et Produits pour 2025”.

    Durée des téléconsultations : un écart de 3 à 8 minutes selon les spécialités

    Selon le rapport, 82 % des téléconsultations concernent des patients déjà connus, avec de fortes disparités : 95 % en psychiatrie contre 64 % en dermatologie. Seuls 2,85 % des patients recourent exclusivement à la téléconsultation sur 12 mois. L’outil se révèle efficace pour répondre aux demandes rapides : 54 % des rendez-vous à distance sont obtenus sous 48 heures contre 32 % en présentiel. Ce délai tombe à 24 heures pour 42 % des cas, presque deux fois plus que les consultations physiques (23 %). En médecine générale et pédiatrie, plus de 60 % des téléconsultations ont lieu dans les 48 heures suivant la demande.

    Les téléconsultations sont légèrement plus courtes que les consultations physiques, avec un écart maximal de 8 minutes en pédiatrie et minimal de 3 minutes en psychiatrie et dermatologie. Selon les médecins interrogés, cet écart s’explique par la préparation en amont et l’automatisation de certaines tâches administratives.

    Les 25-34 ans, toujours surreprésentés parmi les usagers

    Les usages diffèrent aussi selon la localisation et l’âge des patients. En zones sous-denses (ZIP et ZAC), l’équipement en outils de téléconsultation atteint 39 % et 37 % des médecins généralistes, soit une proportion proche de la moyenne nationale. Près de la moitié des actes y sont réalisés.  Côté patientèle, les 25-34 ans surreprésentent la téléconsultation (27 % des usagers contre 15 % en présentiel), tandis que les plus de 65 ans restent sous-représentés (5 % contre 14,5 % en présentiel). Ces observations confirment les tendances relevées par la DREES dès 2022.

    Primo-consultations : 42 % des téléconsultations en médecine générale 

    Doctolib observe que les praticiens usant de la téléconsultation accueillent plus de nouveaux patients et disposent d’une file active plus large, notamment en psychiatrie (+41 %) et, plus modestement, en gynécologie (+4,4 %). En médecine générale, 42 % des patients vus en téléconsultation en 2024 étaient nouveaux, une proportion en hausse depuis 2022.

  • Spécialistes à distance sous 24h : Re:State prône l’annuaire NHS dopé à l’IA générative (rapport du think tank)

    • 70% des jours d’hospitalisation NHS concernent des maladies chroniques.
    • Le modèle hospitalier actuel génère des surcoûts sans gains cliniques démontrés.
    • Le suivi à distance et l’hospitalisation à domicile sont au cœur des recommandations du think tank Re:State
    • Des équipes locales « SWAT » accompagneraient le changement organisationnel.
    • Une messagerie sécurisée clinicien-à-clinicien est préconisée à l’échelle nationale.
    • L’IA générative doit accélérer la localisation des experts NHS via un annuaire intelligent.
    • Un financement stable sur 5 ans des Virtual Wards est proposé.

    Une logique post-guerre devenue inadaptée et coûteuse

    Historiquement conçu pour traiter des pathologies aiguës et infectieuses, l’hôpital britannique concentre aujourd’hui des ressources lourdes dans des bâtiments qui peinent à répondre aux besoins des patients chroniques et polymorbides. Près de 70 % des jours d’hospitalisation concernent des pathologies chroniques. Le rapport analyse les tentatives actuelles de déplacement de soins spécialisés vers les communautés (consultations spécialisées en soins primaires, centres diagnostiques communautaires). Si ces modèles améliorent ponctuellement l’accès et la satisfaction des patients, ils génèrent des surcoûts (dédoublement des ressources, dilution des compétences, augmentation de la demande induite) sans gain cliniquement prouvés. Le modèle actuel coûte cher, dégrade la productivité.

    70% des lits occupés par des soins chroniques : Re:State propose de décongestionner l’hôpital par le suivi virtuel

    Le think tank britannique Re:State propose de redéfinir l’hôpital autour du soin à distance et du suivi virtuel, notamment dans un modèle plus adapté à la prise en charge des maladies chroniques. Pour Re:State, l’avenir réside dans une approche « Hopital of the future : Hospital as a service, not a building » s’appuyant sur les capacités numériques : suivis à distance, hospitalisation à domicile et monitoring continu permettent de délivrer des soins complexes sans mobiliser systématiquement le lit hospitalier. Le rapport “Hospital as a service, not a building”, publié en mai 2025 appelle à une refonte du NHS et propose plusieurs pistes.

    21 mesures pour rediriger les ressources du NHS

    Repenser les parcours : prioriser les soins de proximité assistés par le spécialiste

    • Réviser les parcours multimorbidité-fraîgilité : Les systèmes intégrés de soins (ICS) doivent conduire des revues cliniques de leurs parcours, sur le modèle du programme “Get It Right First Time”, afin de mieux articuler soins primaires, secondaires et sociaux. L’objectif : renforcer la capacité des médecins généralistes, avec un appui spécialiste à distance.
    • Identifier les soins compatibles avec le virtuel : Un audit national devrait distinguer les actes nécessitant une présence physique de ceux adaptables à une approche « virtual first », posant les bases d’une réorganisation des parcours.
    • Tester de nouveaux financements en soins primaires : Re:State propose des pilotes de trois ans où les GPs seraient rémunérés à l’acte pour certaines consultations spécialisées, avec un tarif prenant en compte la complexité des cas multimorbides.
    • Déployer des équipes locales de transformation : Chaque ICS pourrait mobiliser des équipes « SWAT » d’experts en conduite du changement, financées par le Department of Health (DHSC), pour accompagner la mise en œuvre des nouveaux parcours.

    Miser sur la communication clinique en temps réel : Avis spécialisés sous 24h : l’atout d’un annuaire NHS boosté à l’IA générative

    • Un réseau national sécurisé clinicien-à-clinicien : Re:State recommande la création d’une plateforme de communication nationale, intégrant messagerie, visioconférence et partage de données en temps réel, opérant sous supervision du DHSC avec des exigences renforcées de cybersécurité.
    • Annuaire NHS dopé à l’IA : Un annuaire national adossé à de l’IA générative permettrait de localiser rapidement les experts pertinents dans l’ensemble du NHS, réduisant les délais d’avis spécialisé.
    • Incitations financières pour les avis à distance : Les ICS pourraient introduire des incitations (bonus ou pénalités) pour favoriser la participation des spécialistes à ces plateformes de conseil inter-cliniciens.

    Structurer l’hôpital autour du soin à distance : un financement sécurisé sur 5 ans

    • Remote General Hospitals : premiers pilotes : Trois ICS fusionnés pourraient expérimenter des “hôpitaux généraux à distance”, avec urgences virtuelles, dermatologie, ophtalmologie et suivi ambulatoire à distance comme noyau initial. L’évaluation porterait sur les coûts, les résultats cliniques et l’expérience patient.
    • Former massivement les cliniciens à la télémédecine : Le NHS et les Collèges médicaux seraient chargés d’intégrer la téléconsultation et le monitoring à distance dans les curricula de formation initiale et continue.
    • Financement pluriannuel des Virtual Wards : Le DHSC devrait accorder une enveloppe sur 5 ans pour stabiliser le financement des hôpitaux à domicile, assortie d’objectifs de capacitaire mesurables.
    • Intégrer les EHPAD dans les Virtual Wards : Des incitations tarifaires pourraient encourager les maisons de retraite à participer activement au suivi hospitalier à domicile, notamment via le monitoring connecté.
    • Interopérabilité des dispositifs connectés : Le NHS devra édicter des standards techniques pour assurer l’interopérabilité des dispositifs de monitoring avec les dossiers patients électroniques.

    Dossier clinique unifié : socle technique indispensable

    • Unification des données cliniques : Le Dossier Clinique Unifié (UCR) servirait de référentiel unique à tous les acteurs du NHS. Tous les EPR devront être compatibles UCR, facilitant le partage en temps réel et l’analyse populationnelle.
    • Standards nationaux de données et contrats EPR limités à 5 ans Le DHSC fixerait des standards obligatoires (codification, modèle de données, interopérabilité) et limiterait à 5 ans les contrats des fournisseurs de logiciels hospitaliers pour stimuler l’innovation et la compétition.

    Virtual Ward de Cambridge : 85 patients suivis à distance pour un tiers du coût habituel

    A Cambridge University Hospitals NHS Foundation Trust, le Virtual Ward est devenu un laboratoire du soin hospitalier à distance. Jusqu’à 85 patients peuvent y être pris en charge simultanément par une équipe réduite composée d’un consultant généraliste, d’un médecin junior et de 3 à 8 infirmiers. Basée dans un bureau au sein de l’hôpital Addenbrooke, l’équipe assure une surveillance continue via des dispositifs de monitoring à distance et une interface numérique de gestion des patients. Le coût moyen d’une journée d’hospitalisation virtuelle y est estimé à 90£, contre 300£ en hospitalisation conventionnelle. Surtout, les réadmissions à 30 jours y sont divisées par deux (6-10% contre 12% en hospitalisation classique). Ce modèle permet de décongestionner les lits physiques et de rediriger les ressources hospitalières vers des actes complexes non délocalisables.

    Une stratégie exportable ?

    L’approche de Re:State anticipe les mutations structurelles que connaîtront nombre de systèmes de santé sous la pression du vieillissement et des maladies chroniques. L’articulation entre soins de proximité renforcés, plateformisation des expertises et socle numérique interopérable dessine un modèle hôpital-hors-les-murs potentiellement exportable.

  • Transformation numérique : l’IA progresse, mais l’infrastructure IT reste dépassée dans les établissements (rapport SOTI)

    • 81 % des établissements de santé utilisent l’IA en 2025 (contre 45 % en 2024).
    • 77 % des établissements ont connu un incident de sécurité en 12 mois.
    • 46 % des DSI manquent de temps pour traiter les sujets IT stratégiques.
    • L’adoption rapide de l’IA ne suffit pas à compenser les freins liés à l’obsolescence des systèmes.
    • La multiplication des objets connectés complexifie la gestion de l’environnement numérique.

    81 % des établissements recourent à l’IA pour les soins en 2025

    Selon l’étude de SOTI, intitulée “Dilemme numérique et santé : décrypter les risques et les défis émergents”, la numérisation des soins progresse rapidement. En France, la proportion d’établissements ayant intégré l’IA est passée de 45 % en 2024 à 81 % en 2025. Les usages les plus courants concernent la mise à jour des dossiers patients (60 %), l’analyse de données médicales (55 %), la planification de traitements (54 %), l’aide au diagnostic (42 %) et la personnalisation des soins (37 %). Cette progression s’appuie sur une réaffectation des budgets IT vers des technologies émergentes, destinées à améliorer les soins et l’efficacité opérationnelle.

    97 % des établissements encore freinés par l’obsolescence IT

    Malgré cette adoption croissante, 97 % des établissements français dépendent encore de systèmes anciens. Ces infrastructures posent des problèmes d’intégration et de sécurité, limitent le déploiement de nouveaux dispositifs (37 %), restreignent le support à distance (35 %) et mobilisent du temps au détriment de projets IT essentiels (46 %). En France, 99 % des établissements sondés utilisent déjà des objets connectés ou des solutions de télésanté, qui, bien que facilitant la prise en charge à distance, s’intègrent difficilement dans des systèmes vieillissants.

    +26 points : forte hausse des préoccupations IT liées à la sécurité

    En 2025, 51 % des décideurs IT en France citent la sécurité comme principale préoccupation, contre 25 % l’année précédente. Le rapport mentionne que 77 % des établissements ont subi un incident de sécurité au cours des 12 derniers mois. Les principales inquiétudes concernent la protection des données (34 %) et la gestion des appareils partagés (17 %).

    Usages de l’IA dans les soins en 2025 : la mise à jour des dossiers patients en premier lieu

    Usage Part des établissements
    Mise à jour des dossiers patients 60 %
    Analyse de données médicales 55 %
    Planification des traitements 54 %
    Aide au diagnostic 42 %
    Personnalisation des soins 37 %

    Obstacles IT liés aux systèmes obsolètes

    Obstacle identifié Part des décideurs IT
    Déploiement de nouveaux appareils/imprimantes 37 %
    Limitation du support à distance 35 %
    Manque de temps pour sujets stratégiques IT 46 %

    EMM : un levier de modernisation ?

    Pour répondre à ces enjeux, SOTI préconise l’adoption de plateformes de gestion de la mobilité d’entreprise (EMM). Ces solutions permettraient de centraliser la gestion des dispositifs, renforcer la sécurité, et garantir la conformité des opérations. Stephanie Lopinski, vice-présidente marketing monde chez SOTI, souligne que les outils traditionnels de gestion des appareils mobiles ne sont plus adaptés aux exigences du secteur.

     

  • Oncologie : la France en tête pour l’usage des thérapies innovantes, les dépenses mondiales atteignent 252 Md$ en 2024 (rapport IQVIA)

    Une dynamique mondiale soutenue par les modalités innovantes

    En 2024, la recherche clinique en oncologie a enregistré 2 162 nouveaux essais dans le monde, marquant une reprise après deux années de recul depuis le pic de 2021. Cette activité est en hausse de 12 % par rapport à 2019, avec une focalisation croissante sur les cancers rares et les tumeurs solides. Les thérapies cellulaires et géniques, les conjugués anticorps-médicaments (ADC) et les anticorps multispécifiques représentent désormais 35 % de ces essais, avec des perspectives d’utilisation croissante en monothérapie ou en association.

    Progrès de la productivité, mais retard sur les autres domaines thérapeutiques

    La productivité du développement clinique en oncologie a progressé de 51 % depuis 2019. Malgré cette amélioration, elle reste inférieure à la moyenne observée dans les autres aires thérapeutiques. Le nombre de lancements annuels de nouvelles substances actives (NAS) reflète toutefois une dynamique soutenue : 25 NAS en 2024, contre une moyenne de 16 entre 2015 et 2019. Au total, 132 nouveaux médicaments ont été introduits au cours des cinq dernières années, et 282 sur vingt ans, avec une accélération notable en Chine depuis 2019.

    La France, territoire d’adoption avancée des thérapies de nouvelle génération

    Le rapport souligne la position de la France parmi les trois pays en tête pour l’usage par habitant des inhibiteurs PD-1/PD-L1 et des conjugués anticorps-médicaments. Elle se distingue également dans l’adoption des biosimilaires, avec plus de 8 milliards de dollars d’économies générées à l’échelle mondiale en 2024, notamment dans les pays de l’UE4 et au Royaume-Uni.

    Accès élargi aux nouvelles thérapies et hausse des dépenses

    Les inhibiteurs PD-1/PD-L1 sont désormais utilisés plus précocement dans la trajectoire de soins et pour un éventail plus large de tumeurs. Leur usage croît dans les pays à revenu élevé, tandis que les ADC bénéficient de l’élargissement des critères d’éligibilité et de nouveaux lancements. Ces évolutions contribuent à l’augmentation continue des dépenses mondiales en oncologie, qui atteignent 252 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 441 milliards d’ici 2029. La croissance la plus marquée est attendue sur sept des dix principales tumeurs, bien que la concurrence des biosimilaires des inhibiteurs PD-1/PD-L1 puisse freiner cette progression à partir de 2028.

    Les autorisations de l’EMA en 2024

    L’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé 11 traitements oncologiques en 2024 : 2 pour des cancers hématologiques et 9 pour des tumeurs solides. Parmi eux, 3 sont des inhibiteurs PD-1/PD-L1, et 5 sont des petites molécules administrées par voie orale, réduisant la nécessité de soins hospitaliers par perfusion.

    Global Oncology Trends 2025 – Adopting new therapies as modalities shift and expenditures rise – May 22, 2025
  • IA : l’Europe à la traîne face aux US, faute de formations adéquates (rapport Forrester)

    Un indicateur pour mesurer l’adoption de l’IA dans les entreprises

    Le rapport « European Employees Are Falling Behind US Workers On AI Skills » publié par Forrester alerte sur le retard croissant des entreprises européennes face à leurs homologues américaines dans l’intégration de l’intelligence artificielle. Pour évaluer cette dynamique, le cabinet introduit l’AI Quotient (AIQ), un indicateur qui mesure la capacité d’adaptation, la cohérence des formations, la rapidité d’adoption, mais aussi la confiance des employés dans l’usage de l’IA au sein des organisations. Cet AIQ révèle un écart entre les deux continents. Alors que les États-Unis ont investi 62,5 milliards d’euros dans l’IA en 2023, l’Union européenne plafonne à 9 milliards. Ce différentiel d’investissement se traduit notamment par des formations disparates, des salaires moins compétitifs (le taux de salaire en France atteint seulement 37 % de celui observé aux États-Unis dans les métiers de l’IA), et une confiance plus faible envers les outils d’IA.

    Des formations inégales et une adoption ralentie

    Forrester souligne que seules 52 % des entreprises européennes proposent des formations cohérentes à l’IA, contre 62 % aux États-Unis. Ce déficit accentue le sentiment d’incertitude. Les salariés européens affichent pourtant une motivation comparable à leurs homologues américains, mais leur confiance reste inférieure : 48 % déclarent se sentir à l’aise avec l’IA, contre 59 % aux États-Unis. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, c’est l’acculturation aux usages de l’IA qui reste incomplète. La maîtrise du prompt engineering et la compréhension des implications éthiques ne sont pas encore suffisamment intégrées dans les cursus.

    Un objectif commun : la productivité, mais des moyens divergents

    L’utilisation de l’IA générative pour améliorer la productivité constitue une priorité partagée. Toutefois, 36 % des entreprises américaines ont déjà déployé des outils de GenAI, contre 32 % seulement en Europe. De même, 43 % des entreprises aux États-Unis considèrent l’adoption des nouvelles technologies comme une priorité absolue, contre 37 % en France. Le rapport met également en évidence un décalage de perception entre les décideurs – techniques et commerciaux – et les autres employés sur la pertinence des formations en IA, suggérant un besoin de programmes plus inclusifs et réguliers.

    Une feuille de route pour rattraper le retard

    Pour l’analyste principal Indranil Bandyopadhyay, l’amélioration de l’AI Quotient des employés européens est désormais une nécessité stratégique. Elle passe par la mise en place de formations structurées, une meilleure intégration éthique de l’IA dans les processus métiers et la consolidation de la confiance des salariés vis-à-vis des systèmes d’IA. À défaut de réagir rapidement, conclut-il, l’Europe pourrait s’exposer à un décrochage durable en matière de productivité et d’innovation.

  • France 2030 : un rapport éclaire les conditions d’intégration des nouvelles méthodologies en recherche clinique

    l’AIS et F-CRIN misent sur l’IA et les données en vie réelle pour compléter les essais randomisés

    Depuis 2023, l’Agence de l’innovation en santé (AIS) et l’infrastructure F-CRIN collaborent pour analyser les nouvelles approches méthodologiques en recherche clinique. Publié le 15 mai 2025, leur rapport d’étape, intitulé ; État d’avancement des évolutions méthodologiques en recherche clinique – De la recherche expérimentale au suivi d’évaluation en phase d’usage courant, dresse un état des lieux sur deux évolutions majeures : l’utilisation des données de vie réelle (ou soins courants) et les applications de l’intelligence artificielle, telles que les essais cliniques simulés ou les modélisations in silico. Face à la montée des données issues du monde réel et aux capacités d’extrapolation de l’IA, de nouvelles méthodes émergent, destinées à compléter voire à pallier les limites des essais cliniques traditionnels. C’est pertinent dans les contextes où la preuve d’efficacité est difficile à obtenir : maladies rares, maladies à évolution lente, antibiorésistance, ou encore dispositifs de santé personnalisés.

    L’AIS et F-CRIN identifient dans leur rapport deux approches. La première est l’émulation d’essais cliniques, qui consiste à utiliser des données réelles pour reconstituer, a posteriori, des essais randomisés. Cette méthode permet notamment de contourner des biais bien documentés : biais de sélection, biais d’immortalité, biais de confusion. Elle repose sur une définition rigoureuse des critères d’éligibilité, des interventions et des modalités de suivi.

    La seconde approche concerne l’intégration de l’intelligence artificielle, capable de modéliser l’évolution d’une maladie ou de simuler l’effet d’un traitement. Ces techniques permettent aussi d’affiner la sélection des patients, d’anticiper les réponses aux traitements, et de définir des critères d’inclusion plus pertinents que ceux des essais classiques.

    Émuler, compléter ou simuler : les approches méthodologiques retenues

    Le rapport met en avant plusieurs alternatives ou compléments à l’ECR :

    • L’émulation d’essai clinique repose sur l’exploitation rigoureuse de données observationnelles pour reproduire, à l’identique, la structure d’un essai cible. Elle permet de produire un estimand causal en cas d’ECR irréalisable ou incomplet.
    • Les essais avec bras de contrôle externe, basés sur des données de soins courants, sont particulièrement utiles pour les maladies rares ou les contextes d’urgence. Ils doivent répondre à des exigences méthodologiques élevées pour limiter les biais.
    • Les essais « augmentés » (externally-augmented trials), hybrides, combinent un bras contrôle randomisé avec des données issues de cohortes ou d’études antérieures, permettant de réduire le nombre de participants requis dans les groupes témoins.

    L’IA et les données artificielles au service de l’innovation

    Trois usages numériques sont particulièrement mis en avant :

    • Optimisation opérationnelle des essais cliniques : l’IA permet notamment d’identifier automatiquement des patients éligibles ou d’améliorer la qualité des données.
    • Développement de modèles pronostiques : utilisés pour l’enrichissement des essais ou comme variables d’ajustement, ces modèles renforcent la puissance statistique.
    • Simulations in silico : en s’appuyant sur des modèles mécanistes ou d’IA, ces simulations offrent des pistes pour contourner certaines contraintes éthiques ou logistiques des essais.

    Recommandations et attentes vis-à-vis des régulateurs

    L’AIS et F-CRIN insistent sur l’importance :

    • De formaliser les protocoles d’émulation dès la conception de l’étude.
    • De garantir la qualité des données de soins courants (exhaustivité, suivi longitudinal, contrôles négatifs).
    • De favoriser le dialogue précoce avec les agences (ANSM, HAS, EMA, FDA), en exploitant notamment les dispositifs comme le Guichet Innovation ou les entretiens préalables.

    Les agences, tout en réaffirmant la primauté de l’ECR, reconnaissent progressivement la valeur de ces approches dans des contextes ciblés. L’EMA a par exemple qualifié récemment un outil d’IA pour le diagnostic de la maladie stéato-hépatique métabolique. Le rapport recommande donc de développer des cohortes prospectives alignées avec les pratiques de recherche clinique et de conduire des études de validation croisée avec des essais déjà réalisés. Une checklist des exigences EMA/FDA/HAS pourrait servir de référentiel commun.

    En conclusion, le rapport préconise ; Une validation clinique préalable des modèles et simulations, avec une attention particulière portée à la gestion des biais. Une utilisation en complément – et non en remplacement – des essais cliniques traditionnels. Et un dialogue précoce avec les agences réglementaires pour aligner les usages avec les exigences spécifiques. Un appel à manifestation d’intérêt, lancé en avril 2025, vise à identifier des cas pilotes, en vue de valider cliniquement ces approches. Ce travail s’inscrit dans le plan France 2030, qui mobilise 54 milliards d’euros pour soutenir l’innovation dans des secteurs stratégiques, dont la santé.

  • Discriminations dans les soins : des dispositifs numériques à risque selon le Défenseur des droits (rapport)

    Mardi 6 mai, le Défenseur des droits a publié un rapport alertant sur les discriminations persistantes dans les parcours de soins, en dépit des protections juridiques en vigueur. L’institution y dresse un panorama détaillé des obstacles rencontrés, notamment à l’accès aux soins urgents, à la prise de rendez-vous et lors de la prise en charge, et formule une série de recommandations pour y remédier.

    Discriminations systémiques et invisibles dans l’accès aux soins

    Fondé sur un appel à témoignages ayant recueilli plus de 1 500 réponses, le rapport recense des refus de soins, explicites ou indirects, liés à la situation économique, à l’origine, au handicap, à l’identité de genre ou à l’état de santé. Parmi les cas documentés : des patients bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) refusés en cabinet, des femmes trans exclues de consultations gynécologiques ou encore des enfants autistes refusés par des dentistes, y compris en cas d’urgence. L’accès aux soins est aussi entravé par des pratiques numériques non inclusives, telles que la restriction de rendez-vous sur certaines plateformes pour les bénéficiaires de l’AME ou de la CSS. Le Défenseur alerte sur une discrimination indirecte, parfois générée par des outils ou des organisations « neutres » en apparence.

    Des recours peu utilisés, une vigilance insuffisante

    En 2022, seules 224 plaintes ont été déposées auprès des ordres professionnels et de l’assurance maladie pour refus de soins discriminatoires. Le rapport insiste sur l’écart entre la réalité des discriminations subies et la faible mobilisation des voies de recours. Il souligne la nécessité d’une meilleure identification des actes discriminatoires, souvent dissimulés sous des justifications administratives ou organisationnelles.

    Des recommandations

    Le Défenseur des droits appelle à la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre les discriminations dans les soins, absente à ce jour. Elle devrait reposer sur quatre axes :

    • Documenter et mesurer les discriminations,
    • Former les professionnels de santé,
    • Faciliter les recours juridiques,
    • Adapter le système de santé aux besoins spécifiques des patients.

    Il recommande également d’inscrire l’obligation d’aménagements raisonnables dans les parcours de soins pour les personnes en situation de handicap, et d’améliorer l’accessibilité numérique et physique des services. Enfin, le rapport insiste sur la responsabilité partagée entre acteurs institutionnels, établissements, professionnels de santé et opérateurs numériques. Il invite à passer d’une approche individuelle à une prise de conscience collective, pour garantir un égal accès aux soins à toutes et tous.

  • IA : seulement 15 % des établissements de santé peuvent faire évoluer leurs outils (Rapport Nordic)

    Un écart entre ambition et capacité opérationnelle

    Les résultats du rapport publié par Nordic Consulting révèlent que : 70 % des décideurs interrogés affirment avoir confiance dans les cadres de gouvernance de l’IA de leur organisation, mais une minorité seulement — 15 % — déclare avoir les moyens techniques pour faire évoluer ces systèmes à grande échelle. L’étude a été réalisée auprès de professionnels issus majoritairement d’hôpitaux et de cliniques. Pour Kevin Erdal, vice-président principal des services de transformation et d’innovation chez Nordic, cette confiance pourrait être excessive. Il estime que le déploiement à grande échelle de l’IA dans les établissements de santé est un processus particulièrement complexe, nécessitant une réflexion approfondie sur la notion même « d’échelle » et sur les conditions d’une utilisation durable des outils d’IA.

    Des obstacles techniques persistants

    L’un des principaux freins identifiés par les répondants concerne l’infrastructure de données. Nombre d’organisations manquent de systèmes capables d’accéder efficacement aux données, notamment en raison du cloisonnement des sources d’information. Kevin Erdal souligne que la simple disponibilité des données ne suffit pas : leur interopérabilité, ainsi que la capacité à les traiter, sont essentielles pour garantir la performance des modèles d’IA. Il précise que l’attention médiatique portée aux nouvelles solutions d’IA ne doit pas faire oublier l’importance des fondations techniques, comme la gestion des données et les capacités informatiques. Ces éléments, bien que moins visibles, conditionnent la réussite à long terme des projets IA.

    Gouvernance, données et gestion du changement : un triptyque sous-estimé

    La disponibilité croissante des modèles IA proposés par les fournisseurs peut donner une impression trompeuse de préparation. Il insiste sur la nécessité d’une gouvernance globale, intégrant les utilisateurs opérationnels dès les premières étapes du déploiement. La gestion du changement est, selon lui, fréquemment négligée : les organisations ne prennent pas toujours le soin d’expliquer aux utilisateurs finaux l’objectif des outils mis en place. Erdal cite l’exemple d’un modèle d’IA destiné à prédire les absences dans un hôpital : sans stratégie claire sur la manière d’exploiter ces prédictions, l’outil risque de rester sans impact réel.

    Alors que l’intelligence artificielle continue de se diffuser dans les systèmes de santé, Erdal insiste sur l’importance de concentrer les efforts sur des chantiers fondamentaux mais souvent sous-estimés. Le succès ne dépendra pas de la démonstration des capacités technologiques, mais de la solidité de l’architecture de données, de la gouvernance, et de l’accompagnement du changement au sein des organisations.