Un écosystème diversifié et interconnecté
L’écosystème du diabète en France est un réseau diversifié et interconnecté. Il est animé par plusieurs acteurs qui collaborent à différents niveaux pour améliorer la prise en charge des patients. Cette dernière repose essentiellement sur une coopération entre les professionnels de santé, les établissements médicaux, les associations de patients et les acteurs institutionnels. Ces partenariats permettent de développer des programmes d’éducation thérapeutique (ETP), de soutenir les patients dans leur parcours de soin et de promouvoir des actions de prévention. Les associations jouent un rôle central dans la sensibilisation du public et dans l’accompagnement des patients, tandis que les soins sont adaptés grâce à une coordination entre médecins généralistes, diabétologues, infirmiers et diététiciens, garantissant une approche multidisciplinaire.
En parallèle, la recherche et la formation des professionnels de santé font également partie intégrante de cet écosystème, renforçant son caractère interconnecté. Les partenariats entre les structures de recherche, les hôpitaux et les universités facilitent l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques et permettent de collecter des données pour mieux comprendre la maladie. Ces collaborations sont soutenues par des initiatives de formation continue, où les médecins et les soignants peuvent se tenir informés des dernières avancées.
À ces acteurs traditionnels s’ajoutent désormais les acteurs du numérique en santé, qui occupent une place croissante dans l’accompagnement des personnes vivant avec un diabète. Le développement des dispositifs médicaux connectés, notamment les capteurs de mesure en continu de la glycémie ou les pompes à insuline intelligentes, facilite un suivi plus fin de l’évolution de la maladie et permet aux professionnels de santé d’adapter plus rapidement les traitements. Ces outils contribuent à réduire les situations à risque et à améliorer l’autonomie des patients, en leur donnant accès à des informations personnalisées et en temps réel. La généralisation de la télésurveillance et des plateformes numériques d’éducation thérapeutique offre également de nouvelles possibilités d’accompagnement, en particulier pour les patients éloignés des centres de soins spécialisés. Ces solutions permettent de renforcer la coordination entre les équipes médicales, d’assurer un suivi à distance des données physiologiques et de proposer des programmes d’apprentissage adaptés au rythme de chacun. Le numérique joue ainsi un rôle de plus en plus structurant dans l’écosystème du diabète, en facilitant la prévention, le dépistage et la prise en charge continue tout au long du parcours de soins.
De nombreux services spécialisés répartis sur le territoire :
En France, de nombreuses structures médicales sont dédiées à la prise en charge des patients diabétiques. Près d’une centaine d’hôpitaux français – principalement des CHU, comme ceux de Lille, Toulouse ou Strasbourg – abritent des services de diabétologie pour gérer les cas complexes de diabète, qu’il s’agisse du diabète de type 1 et de type 2, ou même des formes plus rares, comme le diabète insipide et le diabète Mody. Ces établissements s’appuient sur des équipes pluridisciplinaires regroupant endocrinologues, diététiciens, podologues et psychologues. Leur objectif est de fournir un accompagnement global, incluant la prévention des complications sévères telles que la cécité ou l’insuffisance rénale. Ces centres jouent un rôle important dans la coordination du parcours de soin, en assurant le lien entre consultations spécialisées et soins de proximité.
À un niveau plus local, les maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) offrent une alternative accessible pour le suivi des patients diabétiques. Ces structures, présentes dans toutes les régions, proposent un accompagnement individualisé combinant suivi glycémique, conseils diététiques et éducation thérapeutique. Certaines initiatives innovantes, comme le centre de prévention du pied diabétique au CHU de Lille, ont pour but de réduire les risques d’invalidité liés à des complications mal surveillées, telles que les ulcères du pied. Ces structures illustrent l’importance d’un maillage territorial pour répondre aux besoins croissants des patients.
Un accompagnement des patients et une sensibilisation par les associations :
Les associations de patients occupent elles aussi une place centrale dans l’écosystème du diabète en France. La Fédération française des diabétiques (FFD) est l’un de ces principaux acteurs, soutenant les patients à travers des actions d’information, de prévention et de plaidoyer auprès des décideurs publics. Ses campagnes visent à sensibiliser le grand public aux risques liés au diabète de type 2, en mettant l’accent sur l’importance du dépistage précoce et des habitudes de vie saines. Par ailleurs, la FFD est un acteur clé pour faire entendre la voix des patients, notamment dans le cadre de projets législatifs ou de discussions autour du remboursement des traitements.
D’autres associations, comme l’Aide aux jeunes diabétiques (AJD), se concentrent sur des besoins spécifiques, notamment ceux des enfants et adolescents touchés par le diabète de type 1. Ces jeunes et leurs familles reçoivent un soutien adapté pour mieux vivre la maladie au quotidien, avec des conseils pour la gestion des repas, les injections d’insuline ou les activités scolaires et sportives.
À ces acteurs s’ajoute également France Assos Santé, via son groupe “maladies chroniques – diabète”, qui représente les usagers du système de santé au niveau national. L’organisation joue un rôle important dans la défense des droits des patients, dans le suivi des politiques publiques et dans la promotion d’une prise en charge centrée sur les besoins réels des personnes vivant avec un diabète.
Pour un meilleur accompagnement des patients et de leur famille, plus d’une centaine d’associations locales, qui sont membres de la FFD, existent sur tout le territoire français. En plus de cet accompagnement, elles proposent tout au long de l’année des actions de proximité, comme des manifestations, des conférences, des ateliers, et des rencontres, pour sensibiliser et prévenir le diabète et ses complications mais aussi pour accompagner les personnes atteintes de diabète et leurs proches.
La recherche et la formation, pour une meilleure prise en charge
La recherche scientifique joue un rôle fondamental dans la lutte contre le diabète, permettant d’améliorer à la fois les traitements et la compréhension des mécanismes de la maladie. Avec la formation, elles permettent de répondre aux défis posés par l’évolution croissante du nombre de patients, qui a été multiplié par 5 en moins de 50 ans. La recherche et la formation sont comme deux faces d’une même pièce, de telle sorte que la formation des professionnels de santé est un élément clé pour appliquer les avancées scientifiques dans la pratique quotidienne et n’a donc pas d’intérêt sans recherche, et la recherche n’a de son côté pas d’intérêt si elle n’a pas vocation à être utilisée par les médecins.
De la recherche effectuée même par des institutions qui ne sont pas tournées exclusivement vers le diabète :
En France, la recherche sur le diabète est articulée autour de plusieurs acteurs majeurs qui collaborent pour améliorer la compréhension de la maladie et développer de nouvelles solutions thérapeutiques. La Société francophone du diabète (SFD) est le principaux d’entre ces acteurs et joue un rôle central en réunissant les professionnels de santé et les chercheurs autour de projets scientifiques, d’événements et de publications qui permettent de partager les dernières avancées dans le domaine. Parmi ces projets les plus récents, la SFD a mené une l’étude sur l’impact des facteurs environnementaux sur l’émergence du diabète de type 2, avec des recherches visant à mieux comprendre comment des éléments comme l’alimentation, le stress ou la pollution influencent la progression de la maladie. La Fondation francophone pour la recherche sur le diabète (FFRD) soutient aussi activement la recherche en finançant des projets novateurs et en favorisant les collaborations entre chercheurs, institutions et associations.
En plus de ces acteurs spécialisés, d’autres institutions, bien que n’étant pas exclusivement dédiées au diabète, contribuent de manière significative à la recherche sur cette pathologie. Par exemple, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mène des travaux sur les mécanismes de résistance à l’insuline et sur l’impact du diabète sur d’autres maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires. L’Institut Pasteur, quant à lui, participe à des recherches sur l’immunothérapie et les réponses inflammatoires, des domaines qui pourraient avoir un impact important pour les traitements futurs du diabète de type 1. Ces collaborations interinstitutionnelles permettent de croiser des expertises, d’élargir les horizons de la recherche et de développer des solutions de plus en plus ciblées et efficaces pour la prise en charge du diabète.
La nouvelle génération de médecins formés dès l’université :
Outre son implication dans la recherche, la SFD est un acteur incontournable dans le domaine de la formation des professionnels de santé sur le diabète, puisqu’elle organise des sessions de formation continue. Ces événements permettent aux médecins, infirmiers et autres professionnels de rester informés des dernières avancées scientifiques, tout en partageant des pratiques innovantes pour mieux accompagner leurs patients. En parallèle, certaines universités françaises, comme l’université Claude Bernard Lyon 1, l’université Paris-Saclay, ou encore l’université de Bordeaux, proposent des diplômes universitaires (DU) spécialisés en diabétologie, formant ainsi une nouvelle génération d’experts capables de répondre aux enjeux complexes liés à cette maladie.
Des initiatives locales, souvent portées par les agences régionales de santé (ARS), visent également à renforcer les compétences des soignants, en particulier dans les zones rurales ou sous-dotées. Des programmes spécifiques, tels que l’éducation thérapeutique du patient, sont développés pour aider les professionnels à guider leurs patients dans la gestion quotidienne de leur maladie. Cette approche de proximité permet de renforcer l’adhésion des patients aux traitements, tout en améliorant leurs connaissances sur les complications potentielles du diabète.
Une lutte contre le diabète aussi orientée vers les pays en voie de développement
À l’échelle internationale, plusieurs organisations jouent un rôle clé dans la lutte contre le diabète. L’International diabetes federation (IDF) coordonne des campagnes mondiales pour sensibiliser aux enjeux de cette maladie, tout en soutenant la recherche dans les pays en développement. Cette organisation met également en avant des recommandations pour harmoniser les politiques de santé publique en faveur des personnes atteintes de diabète. L’European association for the study of diabetes (EASD) complète cet effort en Europe, en organisant des conférences scientifiques et en promouvant les collaborations entre chercheurs et cliniciens.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est un autre acteur majeur, notamment dans les pays en voie de développement où l’accès aux soins pour les patients diabétiques reste limité. Ses campagnes visent à réduire les inégalités dans la prise en charge et à promouvoir des stratégies de prévention globales. Ces initiatives internationales, bien que diversifiées, convergent vers un même objectif : réduire l’impact du diabète à l’échelle mondiale, en combinant efforts scientifiques, éducation et accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Cartographie des acteurs de l’écosystème du diabète en France :



















