Actualité

  • Panacée lance sa plateforme de rendez-vous médicaux à 30 euros par mois

    Panacée (compuGroup Medical) lance deux nouvelles solutions : Panacée Agenda et Panacée Santé. L’entreprise présente cette offre comme une alternative aux plateformes de prise de rendez-vous déjà installées sur le marché.

    Le projet est porté par Marilyne Minault avec ses fils Romain Minault, dirigeant de Panacée, et Clément Minault, en charge des sujets UI/UX. L’équipe réunit également Christian Rugema pour le développement produit et Clarence Michel pour la stratégie et la communication. L’ensemble est structuré autour de la holding MCRLP.

    Une plateforme à abonnement fixe

    La solution repose sur un abonnement à 30 euros TTC par mois pour les professionnels de santé, avec un engagement annuel. Les patients accèdent gratuitement au service. L’entreprise précise que la plateforme est accessible sur ordinateur, tablette et mobile. Les remplaçants et les secrétaires médicales peuvent utiliser la solution sans frais.

    Panacée annonce également un partenariat conclu avec l’association Médecins pour Demain, dans le cadre du déploiement de son offre.

    Une critique de la dépendance aux plateformes

    Les fondateurs expliquent avoir construit le projet à partir d’un constat de « perte de souveraineté » des médecins libéraux sur leur organisation quotidienne. Ils pointent trois facteurs : la dépendance aux plateformes de rendez-vous, la complexification des outils numériques et l’augmentation de la charge administrative.

    Panacée affirme avoir choisi de reconstruire une infrastructure technique destinée aux cabinets médicaux plutôt que de développer une application supplémentaire.

    Cette stratégie s’appuie d’abord sur Med-Support, présenté comme un socle informatique destiné à stabiliser l’environnement numérique des cabinets. Panacée Agenda et Panacée Santé constituent ensuite une offre de gestion d’agenda et de prise de rendez-vous visant à redonner aux praticiens la maîtrise de leur temps, de leur patientèle et des données médicales.

    Une promesse de non-monétisation des données

    Panacée met en avant un modèle présenté comme sans monétisation des données de santé et insiste sur les enjeux de protection des informations médicales. La société indique par ailleurs avoir été retenue dans le Startup Program d’OVHcloud afin de bénéficier d’un accompagnement sur les sujets liés à l’hébergement et à l’architecture technique.

    Quatre piliers pour le « cabinet médical de 2030 »

    • L’entreprise structure son projet autour de quatre axes.
    • Le premier, baptisé « sérénité technique », repose sur Med-Support et une infrastructure informatique destinée aux cabinets médicaux.
    • Le deuxième pilier concerne Panacée Agenda, conçu comme un outil de gestion du temps et des horaires des praticiens.
    • Le troisième correspond à Panacée Santé, l’application de prise de rendez-vous gratuite pour les patients.
    • Enfin, Panacée Média constitue le quatrième volet du dispositif. Cette plateforme doit réunir professionnels de santé, acteurs technologiques et pouvoirs publics autour des enjeux du numérique en santé. Le projet prévoit l’organisation de conférences et l’intégration de chatbots développés avec le partenaire PaperDoc.

     

  • FDA : l’agence déploie Elsa 4.0 et regroupe plus de 40 sources de données dans HALO

    La Food and Drug Administration a annoncé le 6 mai le lancement d’Elsa 4.0, une nouvelle version de son outil interne d’IA, accessible à l’ensemble du personnel et des évaluateurs scientifiques.

    L’agence américaine indique aussi avoir consolidé plus de 40 sources de données, systèmes, portails et applications issus de ses différents centres dans une nouvelle plateforme baptisée HALO, pour Harmonized AI & Lifecycle Operations for Data.

    Elsa doit s’adosser aux données consolidées dans HALO

    La FDA a commencé à intégrer Elsa et HALO afin que ses équipes puissent interroger les données et construire des flux de travail sans avoir à téléverser manuellement des documents dans chaque échange avec l’outil.

    Elsa doit devenir « l’entrée principale » vers les systèmes et les données de l’agence. Auparavant, les agents apportaient les données à Elsa, désormais Elsa est placée au-dessus des données.

    L’objectif est d’intégrer davantage l’IA dans les opérations de l’agence afin d’accélérer les travaux de science réglementaire et l’accès des patients aux traitements.

    Agents personnalisés, OCR et visualisation de données

    La version 4.0 d’Elsa ajoute plusieurs fonctionnalités :

    • agents personnalisés,
    • génération de documents,
    • analyse quantitative,
    • visualisation de données avec création de graphiques,
    • recherche web via un accès sécurisé,
    • dictée vocale,
    • conversion OCR de documents scannés et d’images,
    • fonctions de chat étendues
    • et recherche optimisée dans de grands corpus documentaires.

    L’outil avait été lancé en version 1.0 en juin 2025, avec une mise en service présentée par la FDA comme réalisée avant le calendrier prévu et sous le budget initial. Depuis, l’Office of Digital Transformation de l’agence a déployé des améliorations successives avec les évaluateurs internes.

    Elsa est hébergée dans un environnement Google Cloud Platform sécurisé au niveau FedRAMP High. La FDA précise que l’outil n’est pas entraîné sur les données saisies ni sur les données soumises par les industriels régulés.

    L’agence indique aussi que la recherche sécurisée d’Elsa peut accéder à des données web actualisées, sans connexion directe à Internet. Les agents de la FDA restent impliqués à chaque étape du processus, avec vérification humaine des entrées, des analyses et des résultats avant mise en œuvre.

    Ces fonctions doivent réduire les tâches répétitives et permettre aux équipes de se concentrer davantage sur le travail scientifique.

  • Medaviz publie un guide pour accélérer le déploiement de la téléconsultation assistée

    La téléconsultation assistée (TCA) reste marginale dans l’écosystème de la télésanté. Dans son guide, la société de téléconsultation Medaviz détaille les conditions de déploiement de ce modèle qui repose sur une consultation à distance entre un médecin et un patient accompagné par un professionnel de santé, le plus souvent infirmier.

    Le rapport positionne la TCA comme un outil destiné aux “publics fragiles ou éloignés” du système de soins : personnes âgées dépendantes, patients en situation de handicap, détenus, patients sans médecin traitant ou peu familiers des outils numériques.

    Le guide rappelle également que 500 000 passages aux urgences par an concernent des résidents d’EHPAD et qu’un tiers des établissements ont réduit leur capacité d’accueil en raison du manque de personnel.

    Un modèle organisé autour d’un accompagnement infirmier

    Contrairement à la téléconsultation classique, la TCA repose sur une coordination entre plusieurs acteurs : médecin téléconsultant, professionnel accompagnant et structure d’accueil. L’accompagnant assure notamment :

    • L’évaluation de l’éligibilité du patient.
    • La préparation de la consultation.
    • Le recueil des constantes.
    • La manipulation éventuelle d’objets connectés.
    • La transmission des documents médicaux.

    Le médecin conserve l’entière responsabilité clinique et médico-légale de la consultation. Il établit le diagnostic, rédige les prescriptions et décide si une prise en charge présentielle est nécessaire. Le guide identifie plusieurs environnements prioritaires : Les établissements médico-sociaux, les cabinets infirmiers, les CPTS, et les unités sanitaires en milieu pénitentiaire.

    Dans les EHPAD, Medaviz met en avant la possibilité de limiter les déplacements et de faciliter les renouvellements de traitement ou les réévaluations cliniques. En territoire, la plateforme présente la TCA comme un “outil de mutualisation de la ressource médicale locale”, avec un accès aux disponibilités des médecins du territoire et, en cas d’indisponibilité, à des médecins salariés par Medaviz. L’entreprise cite également des expérimentations en milieu carcéral pour les consultations d’admission des détenus.

    Le modèle présenté repose aussi sur l’utilisation de dispositifs médicaux connectés. Medaviz indique avoir noué un partenariat avec Doc2U autour d’un équipement intégrant thermomètre, otoscope, oxymètre, stéthoscope et tensiomètre.

    Un modèle économique fondé sur une double cotation

    La téléconsultation assistée repose sur une double facturation :

    • Un acte de téléconsultation facturé par le médecin.
    • Un acte d’accompagnement facturé par le professionnel de santé.

    Le guide rappelle que l’accompagnement infirmier lors d’une téléconsultation assistée peut être facturé entre 10 et 15 euros selon les conditions de réalisation de l’acte, notamment lorsqu’il est effectué dans le cadre d’un soin déjà programmé, dans un lieu dédié ou directement au domicile du patient.

    Pour les établissements médico-sociaux, les modalités de facturation diffèrent selon qu’ils relèvent d’un tarif soins partiel ou global.

    Créée en 2014, Medaviz indique couvrir plus de huit millions de patients via près de 14 000 praticiens et plus de 200 organisations partenaires.

  • USA : le modèle ACCESS de la CMS sélectionne 150 organisations pour un paiement aux résultats dans les soins chroniques

    Un modèle de paiement inédit dans Medicare

    Le Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS), agence fédérale américaine en charge des programmes de santé publique, a retenu plus de 150 organisations pour participer au modèle Advancing Chronic Care with Effective, Scalable Solutions (ACCESS). Ce dispositif volontaire, déployé sur dix ans sur l’ensemble du territoire américain, introduit un mécanisme de financement jusqu’ici absent de Medicare : les Outcome-Aligned Payments (OAPs).

    Ce système prévoit des paiements récurrents aux organisations participantes, dont le montant total est directement conditionné à l’atteinte de résultats cliniques mesurables chez les patients.

    Les soins peuvent être délivrés en présentiel, à distance, de façon asynchrone ou via d’autres modalités technologiques, selon les critères définis par la CMS. Cette flexibilité représente une rupture avec les logiques de facturation à l’acte qui structurent traditionnellement le remboursement dans le système de santé.

    Verily, Noom, Withings : des acteurs numériques nouveaux dans l’écosystème Medicare

    La première période de performance débutera le 5 juillet 2026. Parmi les organisations retenues figurent Withings Medical Group, Concert Health, Slingshot AI, HealthTap, Verily Health, Noom, Story Health Partners et Weight Watchers, des acteurs du numérique en santé, de la télésanté et des objets connectés.

    La majorité de ces entités n’avaient pas servi de bénéficiaires Medicare jusqu’à présent. Pour participer, elles doivent s’inscrire à Medicare Part B en tant que prestataires ou fournisseurs, et respecter des standards en matière de confidentialité des données, de sécurité, de reporting des outcomes et de qualité des soins. La CMS a prolongé la date limite de candidature au 15 mai 2026 pour élargir la participation.

    Quatre pathologies chroniques, des cibles biologiques mesurables

    Le modèle ACCESS est structuré en quatre parcours cliniques :

    • Hypertension artérielle.
    • Diabète.
    • Douleur musculo-squelettique chronique.
    • Et dépression.

    Les mesures d’outcome associées reposent sur des indicateurs biologiques et fonctionnels : amélioration de la pression artérielle, du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et des lipides. Cette approche ancre le paiement dans des données cliniques objectives, distinctes des indicateurs de volume ou de processus habituellement utilisés.

    Des taux de remboursement questionnés, une adhésion des assureurs confirmée

    La structure tarifaire du modèle suscite des réserves dans le secteur. Jusqu’au 31 décembre 2027, les participants percevront entre 180 et 360 dollars pour la première année de prise en charge d’un patient dans un parcours clinique, puis entre 90 et 210 dollars pour la gestion continue. Des acteurs du numérique en santé ont exprimé des inquiétudes quant au niveau de ces taux.

    Malgré ces réserves, cinq grandes compagnies d’assurance santé américaines (Blue Shield of California, CVS Health, Humana, UnitedHealthcare et Cigna) ont pris un engagement volontaire d’adoption d’une structure de paiement alignée sur ACCESS.

     

  • Docaposte crée une filiale santé dédiée au numérique hospitalier

    Docaposte Santé regroupe quatre expertises numériques

    Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, crée Docaposte Santé afin de réunir ses expertises en édition logicielle hospitalière, orchestration des parcours de santé, interopérabilité avec les services socles nationaux et intégration de solutions numériques.

    La nouvelle structure s’appuie sur les capacités existantes du groupe en hébergement de données de santé, cloud souverain, cybersécurité, intelligence artificielle, UX et design. L’entreprise ambitionne de devenir un “éditeur et opérateur souverain de référence du numérique en santé” en France.

    Cette initiative s’inscrit dans la continuité de La Poste Santé & Autonomie, structure créée en 2023 pour fédérer les activités de proximité du groupe et ses activités numériques en santé.

    openEHR, FHIR et OMOP : trois standards retenus pour une architecture ouverte des données

    Docaposte Santé défend une évolution des systèmes d’information hospitaliers vers des architectures ouvertes, centrées sur la donnée. L’entité cite les standards d’interopérabilité openEHR, FHIR et OMOP comme socles techniques de cette stratégie. L’objectif est de permettre une circulation structurée des données entre établissements, professionnels de santé, acteurs médico-sociaux et territoires.

    Cinq priorités opérationnelles à horizon 2030

    La feuille de route de Docaposte Santé à horizon 2030 repose sur cinq priorités :

    • Repenser le dossier patient informatisé autour d’une architecture « data centric » augmentée par l’IA.
    • Intégrer nativement l’IA dans les logiciels hospitaliers.
    • Développer DALVIA comme plateforme d’intégration des usages d’IA.
    • Étendre les plateformes d’orchestration des parcours de santé à l’échelle territoriale.
    • Renforcer les usages des entrepôts de données de santé (EDS).

    L’entreprise fixe cinq objectifs associés : fluidifier les parcours de soins, structurer les flux de données, améliorer l’efficience organisationnelle, libérer du temps médical, développer une approche prédictive et populationnelle de la santé.

    La création de Docaposte Santé s’aligne sur les feuilles de route “Santé et grand âge“ et “Horizon numérique 2030″ de la Caisse des Dépôts. Le projet intègre les enjeux du vieillissement de la population, des innovations en santé et de la souveraineté technologique.

  • Les CHU d’Orléans et d’Amiens automatisent jusqu’à 80 % du traitement documentaire avec l’IA de Lifen

    Les secrétaires médicales consacrent plus d’une minute à intégrer manuellement chaque document dans le dossier patient informatisé. Rapporté à plusieurs centaines de documents par jour, ce traitement génère erreurs, doublons et dossiers incomplets.

    C’est dans ce contexte que les CHU d’Orléans et d’Amiens ont décidé de déployer les solutions d’IA documentaire de Lifen. L’objectif est d’automatiser, jusqu’à 80 %, des intégrations documentaires et de maintenir des dossiers patients complets et actualisés en temps réel.

    Lifen Documents et Lifen Intégration remplacent les traitements manuels

    Au CHU d’Orléans, le projet repose sur le déploiement simultané de deux briques : Lifen Documents et Lifen Intégration. La première doit améliorer les envois de documents médicaux, notamment vers les patients, avec des gains attendus sur les coûts, les délais et l’automatisation.

    La seconde vise à automatiser l’intégration de documents issus de multiples canaux : papier, messageries sécurisées ou applications tierces. L’établissement cherche à remplacer un processus manuel hérité du programme « zéro papier », jugé chronophage et source d’erreurs de classement.

    Après une réunion de lancement organisée en janvier 2026, les premiers services pilotes doivent être opérationnels à l’été, avant une généralisation progressive à l’ensemble du CHU.

    Jusqu’à 96 % de documents dématérialisés pour les échanges avec les soignants

    Au CHU d’Amiens, le besoin est venu directement des secrétariats médicaux, confrontés à une augmentation des volumes documentaires et à la multiplicité des systèmes d’information.

    L’établissement a d’abord déployé Lifen Documents afin de dématérialiser les échanges de documents médicaux, réduire les frais d’affranchissement et augmenter le taux d’alimentation du Dossier médical partagé.

    Le dispositif est prioritairement utilisé dans les services d’imagerie, de laboratoire et d’hématologie. Selon les premiers résultats, les taux de dématérialisation atteignent 96 % pour les échanges avec les professionnels de santé et 62 % pour les patients.

    Le CHU a également retenu Lifen Intégration pour automatiser le traitement des documents entrants provenant des fax, mails sécurisés ou supports papier. L’intégration manuelle de ces contenus prenait plus d’une minute par document et générait des doublons dans près d’un dossier sur deux.

    Le déploiement de Lifen Intégration interviendra dans un second temps. Le CHU souligne que la proximité des interfaces entre les deux solutions doit permettre une montée en charge rapide sans surcharge de formation pour les équipes administratives.

    Une automatisation déjà déployée dans une quarantaine d’établissements

    Lifen indique que sa solution d’intégration documentaire est désormais utilisée dans une quarantaine d’établissements français, dont plusieurs CHU. L’entreprise affirme que l’outil automatise plus de 80 % des intégrations documentaires sans intervention humaine.

    70 % des secrétariats médicaux seraient confrontés chaque mois à des erreurs d’intégration liées aux traitements manuels, tandis que les doublons concerneraient près d’un dossier patient sur deux.

  • Santexpo 2026 attend 36.000 participants, l’IA et les technologies numériques occuperont la moitié de l’espace IT

    La 60e édition de Santexpo 2026 se tiendra du 19 au 21 mai 2026 au hall 1 du Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris. Le salon devrait accueillir près de 36.000 participants, dont 23.000 visiteurs, ainsi qu’environ 700 exposants représentant l’ensemble de l’écosystème sanitaire et médico-social : établissements, industriels, institutionnels et acteurs technologiques.

    Après une édition 2025 marquée par une progression de 17 % de la fréquentation, avec 35.150 participants recensés, l’événement poursuit son élargissement autour d’une thématique : « L’excellence en santé : un engagement pour toutes les générations ».

    Le salon sera structuré autour de cinq grands secteurs : Institutions & Services, IT & Technologies numériques, Équipements & Matériels médicaux, Bâtiment & Plateau technique, ainsi qu’Hôtellerie & Logistique. Le secteur IT et technologies numériques occupera à lui seul près de la moitié de l’espace dédié.

    Six villages thématiques seront également installés, dont le village des usages de l’e-santé et un village start-up consacré aux entreprises innovantes du numérique en santé.

    IA, données et interopérabilité au programme des agoras

    Près de 230 conférences, tables rondes et interventions rythmeront les trois jours du salon. Trois agoras seront spécifiquement dédiées au numérique : « Data et solutions connectées », « Innovation numérique » et « IA en santé ».

    Une nouvelle agora immersive, baptisée « Agora 360 », proposera des démonstrations et retours d’expérience autour de cas d’usage, qu’ils concernent l’intelligence artificielle ou l’organisation des soins.

    Parmi les temps forts annoncés, InterSystems mettra en avant plusieurs démonstrations centrées sur l’intégration de l’IA dans les systèmes d’information hospitaliers et les plateformes de données de santé.

    L’éditeur prévoit notamment une présentation avec le Centre Antoine Lacassagne autour d’InterSystems IntelliCare, un dossier patient intégrant des fonctionnalités d’IA générative dans les workflows cliniques. Les usages présentés porteront sur l’aide à la décision, l’automatisation des tâches administratives et la coordination des équipes de soins.

    Une autre agora organisée avec le CHU de Toulouse abordera les enjeux de modernisation des systèmes d’information hospitaliers et l’exploitation des données en temps réel pour fluidifier les parcours patients.

    Enfin, une session menée avec le GHT de la Mayenne sera consacrée au partage territorial de l’information médicale et aux usages d’assistants IA intégrés aux plateformes d’interopérabilité.

    Le meetup « Hospitals on FHIR », organisé en marge du salon, réunira par ailleurs les acteurs engagés autour des standards FHIR et des architectures ouvertes.

    Innovation, networking et souveraineté industrielle

    Santexpo 2026 poursuivra sa stratégie de mise en visibilité des start-up et de l’innovation française. Le village start-up accueillera une trentaine d’entreprises spécialisées dans la transformation numérique du système de santé. L’espace Innovation du Fonds FHF réunira de son côté les 24 finalistes des Trophées de l’Innovation.

    La Fédération hospitalière de France mettra aussi en avant les entreprises produisant sur le territoire national via un macaron « Made in France » destiné à identifier les exposants concernés.

  • CHU de Tours : eHOP automatise la surveillance des infections de prothèses dans 8 établissements du Grand Ouest

    Face à l’augmentation du nombre de prothèses orthopédiques, le CHU de Tours déploie un dispositif de surveillance automatisée des infections post-opératoires reposant sur l’entrepôt de données de santé eHOP d’Enovacom et des outils de traitement automatique du langage.

    Piloté par le Pr Leslie Grammatico-Guillon, PU-PH en épidémiologie clinique, le projet cible les infections associées aux prothèses de hanche, de genou et d’épaule à partir des données issues des comptes-rendus opératoires.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet HACRO HUGORTHO, financé par le GIRCI Grand Ouest, avec l’objectif de structurer un réseau multicentrique de surveillance des dispositifs médicaux implantés.

    Les limites des bases médico-administratives

    Jusqu’à présent, les travaux de surveillance des infections reposaient principalement sur les données du PMSI. Selon l’équipe du CHU de Tours, ces bases ne permettaient pas d’accéder à plusieurs informations cliniques nécessaires à une analyse détaillée des complications post-opératoires.

    Les comptes-rendus opératoires contiennent notamment des éléments absents des bases administratives, comme la latéralité de la pose, le type exact de matériel implanté, les antécédents du patient ou les complications peropératoires. L’absence de visibilité sur le suivi ambulatoire des patients constituait également une limite.

    Le projet répond aussi à un enjeu de qualité documentaire. Les chirurgiens orthopédistes doivent renseigner dix informations médico-légales dans les comptes-rendus opératoires, avec des niveaux de complétude variables selon les pratiques.

    Des comptes-rendus opératoires convertis en données structurées

    La solution s’appuie sur eHOP, l’entrepôt de données de santé développé par Enovacom et déployé au sein du réseau HUGO regroupant plusieurs établissements du Grand Ouest.

    L’infrastructure centralise les données hospitalières dans un environnement harmonisé utilisant des standards comme FHIR et HL7 afin de faciliter les traitements multicentriques.

    L’équipe du Centre de données cliniques de Tours a développé des scripts de traitement automatique du langage capables d’analyser des comptes-rendus opératoires rédigés en texte libre. Les outils extraient automatiquement plusieurs données utiles à la surveillance épidémiologique :

    • le type de prothèse implantée ;
    • la latéralité ;
    • les antécédents ;
    • les complications peropératoires ;
    • les éléments de traçabilité opératoire.

    Ces informations sont ensuite structurées afin d’être exploitées pour la recherche clinique et la surveillance populationnelle. L’uniformité des entrepôts eHOP a permis de déployer les scripts sur l’ensemble du réseau du Grand Ouest et de constituer un jeu de données multicentrique homogène.

    Un appariement prévu avec le SNDS

    Le projet doit désormais intégrer les données de soins de ville via un appariement avec le Système national des données de santé, dans le cadre du projet STUDIO 2 financé par EPiPHARE.

    Cette extension, opérée via la plateforme Ouest Data Hub, doit permettre de suivre les patients en dehors de l’hôpital, d’identifier les infections prises en charge en ambulatoire et de disposer d’une vision plus complète du parcours post-opératoire.

    Extension aux dispositifs cardiaques

    Le dispositif couvre actuellement huit établissements du Grand Ouest et permet une surveillance harmonisée des infections associées aux prothèses orthopédiques.

    Le CHU de Tours indique également avoir observé une amélioration progressive de la complétude des comptes-rendus opératoires grâce aux retours automatisés générés par l’outil.

    Le modèle doit désormais être étendu à d’autres dispositifs médicaux implantés. Le projet MORDICUS, retenu dans l’appel à projets MESSIDORE 2025 avec un financement de 800 000 euros, prévoit d’élargir la surveillance aux dispositifs cardiaques tels que les pacemakers et les défibrillateurs.

    Cette nouvelle phase associera des équipes de cardiologie ainsi que plusieurs établissements du Grand Est, notamment à Dijon, Nancy et Reims.

  • Resilience Care multiplie les collaborations en oncologie, psychiatrie et uro-oncologie

    Resilience Care a détaillé plusieurs collaborations conclues depuis le début de l’année dans ses différentes aires thérapeutiques. La société spécialisée dans la télésurveillance médicale poursuit son développement autour de partenariats avec des établissements de santé, des industriels et des acteurs de la recherche.

    En oncologie, Resilience Care annonce avoir signé une dizaine de nouveaux partenariats depuis janvier 2026. Parmi les établissements concernés figurent l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), le CHU de Brest et l’Institut Curie.

    L’entreprise concentre ses développements sur l’intégration de sa plateforme dans les organisations hospitalières, et sur la coordination des parcours de soins. Resilience Care rappelle avoir travaillé dès sa création à l’intégration des ePRO (electronic Patient Reported Outcomes) dans le suivi des patients atteints de cancer et de maladies chroniques.

    En psychiatrie, Resilience Care a conclu une douzaine de partenariats depuis le début de l’année. Ramsay Santé, déjà partenaire en oncologie depuis 2022, étend ainsi sa collaboration avec la société. Inicea, réseau d’établissements du groupe Clariane, prévoit le déploiement de la solution dans dix cliniques.

    En gastroentérologie, l’entreprise poursuit également son déploiement et ses démarches autour de la reconnaissance des bénéfices organisationnels et cliniques de la télésurveillance, ainsi que de son remboursement.

    Des projets de recherche structurés autour des données de vie réelle

    Resilience Care mène plusieurs essais randomisés contrôlés multicentriques afin d’évaluer l’impact de la télésurveillance sur les organisations de soins et les résultats cliniques.

    Les données collectées sont standardisées à partir du référentiel PRO-CTCAE, puis croisées avec les informations issues des dossiers patients informatisés grâce à des technologies de traitement automatique du langage naturel. Elles sont ensuite centralisées dans un entrepôt de données de santé destiné à soutenir des projets de recherche en vie réelle et des publications scientifiques.

    Deux collaborations annoncées en uro-oncologie

    Resilience Care a également présenté deux collaborations récentes dans le domaine de l’uro-oncologie.

    • La première est menée avec Ipsen autour d’une étude nationale rétrospective multicentrique en vie réelle portant sur les traitements combinés de première ligne du cancer du rein métastatique.
    • La seconde est conduite avec l’association ARTIC. Ce projet vise à constituer une base française multicentrique de données de vie réelle sur les cancers urologiques, notamment les cancers de la prostate, de la vessie et du rein.

    Créée en 2021, Resilience Care indique être désormais présente dans plus de 220 établissements partenaires en France, en Belgique et en Allemagne, avec plus de 35.000 patients suivis à distance.

  • Des modèles de raisonnement dépassent GPT-4 et rivalisent avec des médecins sur certains cas cliniques

    Les grands modèles de langage franchissent une nouvelle étape dans le champ médical. Dans un article publié dans Science, Ashley M. Hopkins et Erik Cornelisse reviennent sur les résultats obtenus par des modèles de raisonnement évalués sur des cas cliniques comparés à des médecins. Leur analyse accompagne les travaux de Peter G. Brodeur et de ses collègues, également publiés dans la revue, consacrés à la capacité d’un modèle d’IA à reproduire le raisonnement diagnostique d’un clinicien.

    Les auteurs estiment que les performances observées marquent un tournant : les IA ne se limitent plus à restituer des connaissances médicales ou à réussir des examens théoriques, mais commencent à démontrer des capacités de raisonnement clinique sur des situations proches de la pratique réelle.

    Des performances supérieures à GPT-4 et parfois aux médecins

    L’étude de Brodeur et al. a évalué le modèle de raisonnement o1-preview d’OpenAI, lancé en septembre 2024, à travers cinq expériences portant sur des vignettes cliniques et une sixième consacrée à 76 cas réels issus des urgences.

    Les chercheurs ont comparé les performances du modèle à celles de médecins et à celles de modèles antérieurs, notamment GPT-4. Sur des cas clinicopathologiques publiés, GPT-4 atteignait un diagnostic exact ou très proche dans 72,9 % des cas, contre 88,6 % pour o1-preview.

    Dans les cas réels provenant des services d’urgence, le modèle o1 obtenait 67,1 % de diagnostics exacts ou très proches dès l’étape initiale du triage, contre 55,3 % et 50 % pour deux médecins seniors évalués dans les mêmes conditions.

    Les auteurs soulignent également que les évaluateurs chargés d’analyser les réponses ne distinguaient pas les productions de l’IA de celles des médecins. Les modèles sont comparés directement à des cliniciens sur des tâches authentiques.

    Vers des évaluations multimodales

    Les auteurs rappellent toutefois que l’étude ne portait que sur des données textuelles. Or, la pratique clinique mobilise aussi des informations visuelles et auditives : examen physique, imagerie, voix du patient ou expressions faciales.

    Depuis les travaux évalués par Science, les modèles de raisonnement ont évolué vers des architectures multimodales capables de traiter simultanément texte, image, audio et vidéo. Les auteurs citent notamment GPT-5.3 et Gemini 3.1 Pro.

    Ils considèrent que la prochaine étape consiste à tester ces modèles dans des scénarios intégrant des données multimodales et dans des contextes prospectifs de soins réels.

    Il faudra désormais comparer trois configurations : l’IA seule, le médecin seul et le médecin assisté par IA. Cette question devient d’autant plus sensible que des praticiens utilisent déjà des outils d’IA générative dans leur activité quotidienne.

    Des usages qui dépassent le diagnostic

    L’article rappelle que le raisonnement diagnostique ne représente qu’un des usages en développement. Les auteurs évoquent notamment le cadre Med-HELM, qui distingue cinq domaines d’application :

    • aide à la décision clinique ;
    • génération de notes médicales ;
    • communication avec les patients ;
    • assistance à la recherche médicale ;
    • automatisation administrative.

    Ils soulignent également l’émergence d’agents capables d’analyser les dossiers médicaux, d’écouter les consultations en continu ou d’interagir en temps réel avec des modèles prédictifs.

    Dans ce contexte, les auteurs estiment que la validation des IA médicales ne peut plus reposer uniquement sur des benchmarks techniques. Les preuves attendues doivent désormais porter sur l’amélioration réelle des soins.

    Les risques d’un déploiement plus rapide que l’évaluation

    Hopkins et Cornelisse alertent aussi sur le décalage entre la diffusion des outils et les capacités d’évaluation.

    Ils citent l’exemple de ChatGPT Health, lancé par OpenAI en janvier 2026 comme outil grand public d’information en santé. Selon une première évaluation indépendante mentionnée dans l’article, le système aurait sous-estimé plus de la moitié des situations d’urgence qui lui étaient soumises.

    Ce type de résultats illustre la nécessité de définir précisément les tâches attribuées aux IA et d’établir des comparateurs humains robustes.

    Efficacité clinique, équité et responsabilité

    L’article insiste enfin sur le fait que la précision diagnostique ne constitue qu’un critère parmi d’autres. Pour être déployées dans les soins, les IA devront également démontrer :

    • leur sécurité ;
    • leur efficacité clinique réelle ;
    • leur équité ;
    • leur transparence ;
    • leur capacité à être supervisées et auditées.

    Les auteurs rappellent plusieurs exemples récents de dérives documentées : biais raciaux dans des algorithmes de santé, insuffisance des garde-fous de certains outils accessibles au public ou encore diminution de la précision diagnostique de cliniciens influencés par des IA biaisées.

    *Hopkins AM, Cornelisse E. “AI can reason like a physician—what comes next?” Science. 30 avril 2026 ; 392(6797):466-467.

    Brodeur PG et al. “Performance of a large language model on the reasoning tasks of a physician.” Science. 30 avril 2026.