Le Sénat a adopté définitivement un projet de loi relatif à la lutte contre les dérives du système de santé, après un vote de l’Assemblée nationale intervenu quelques jours plus tôt. Le texte, élaboré dans un contexte de volonté de rationalisation des dépenses et de renforcement du contrôle de certaines pratiques, ciblait notamment les arrêts de travail prescrits en téléconsultation ainsi que certains centres de soins ophtalmologiques.
Dans ce cadre, l’article 12 bis A confirme la possibilité de recourir à la téléexpertise en ophtalmologie. Pour LYLEOO, acteur spécialisé dans ce segment, l’issue de la séquence parlementaire sécurise le cadre réglementaire sur lequel repose son activité.
Une distinction entre téléexpertise et dérives des centres de soins
Le texte adopté en commission mixte paritaire le 28 avril 2026, puis définitivement validé à l’Assemblée nationale le 5 mai et au Sénat le 11 mai, maintient la téléexpertise à destination des professionnels médicaux dans le périmètre des pratiques autorisées.
Le dispositif repose sur un modèle dans lequel l’ophtalmologiste demeure responsable de la décision médicale et de l’éventuelle prescription. Cette distinction a été au cœur des débats parlementaires autour de l’encadrement des pratiques jugées problématiques dans certains centres de soins. LYLEOO estime que cette clarification législative reconnaît la téléexpertise comme une réponse organisationnelle aux difficultés d’accès aux soins visuels.
Un modèle fondé sur la délégation de collecte de données
Fondée en 2023 par quatre professionnels de la santé visuelle, LYLEOO a développé une plateforme certifiée HDS qui permet aux opticiens partenaires de collecter les données visuelles des patients avant transmission sécurisée à un ophtalmologiste indépendant.
Le praticien peut ensuite délivrer, ou non, une ordonnance de lunettes ou de lentilles, sur la base de son évaluation clinique. L’entreprise indique que le délai moyen de traitement est de 48 heures (le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous chez un ophtalmologiste dépasse 62 jours en France et peut atteindre 18 mois dans certains territoires).
La société précise que son modèle est conforme au décret n° 2021-707 du 3 juin 2021 et qu’il ne donne pas lieu à une prise en charge par l’Assurance maladie.
LYLEOO met également en avant l’utilisation de son outil propriétaire d’IA « IAnalyse », chargé d’effectuer une évaluation préalable du risque pathologique à partir d’un questionnaire détaillé et des données recueillies. Les patients identifiés comme présentant un risque sont orientés vers une consultation physique.
Avec plus de 1 800 opticiens partenaires en métropole et en Outre-mer, la société affirme vouloir répondre aux besoins des territoires confrontés à une faible densité médicale.
Un signal politique pour les acteurs de la téléexpertise
Jean-Valéry Desens, cofondateur de LYLEOO, considère que le vote parlementaire distingue « l’innovation responsable » des pratiques que le législateur souhaitait encadrer.
L’adoption définitive du texte constitue un signal pour les acteurs de la téléexpertise médicale. La clarification du cadre juridique pourrait contribuer à stabiliser les modèles reposant sur la coopération entre professionnels de santé et outils numériques.
En France, d’après un sondage OpinionWay (pour l’ASNAV), 2 millions de seniors seraient concernés par une perte d’autonomie liée à la vue.

