Actualité

  • Cancer du sein : un premier test prédictif basé sur l’IA multimodale

    Un enjeu majeur de santé publique

    Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes, avec 2,3 millions de nouveaux cas diagnostiqués chaque année, représentant 11,7 % de l’ensemble des nouveaux cancers. Il est responsable de 685 000 décès annuels, faisant de lui la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, selon l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC) affiliée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Dans un tel contexte, la strat-up new-yorkaise spécialisée en médecine de précision, Ataraxis AI, lance le premier test pronostique et prédictif du cancer du sein au monde, basé sur l’IA. Une alternative prometteuse aux tests moléculaires.

    Limites et défis des tests diagnostiques moléculaires :

    Les tests génétiques et de profilage moléculaire, qui évaluent les caractéristiques des tumeurs, présentent plusieurs limitations :

    • précision sous-optimale : sensibilité et spécificité parfois inférieures à 85 % ;
    • cycles de développement longs : plusieurs semaines pour obtenir des résultats ;
    • coûts élevés : entre 300 et 5000 euros.

    Une approche multimodale innovante

    Pour pallier ces limitations, Ataraxis AI a développé une approche multimodale combinant des données cliniques, d’imagerie et moléculaires pour améliorer les performances diagnostiques et prédictives du test. La plateforme repose sur trois types d’algorithmes :

    • réseaux neuronaux convolutifs (CNN) pour l’imagerie ;
    • modèles d’apprentissage profond, ou deep learning (DL), pour les données cliniques ;
    • apprentissage par transfert pour intégrer plusieurs types de données.

    Des performances cliniques supérieures aux tests moléculaires existants :

    Le modèle Kestrel du test Ataraxis Breast a été validé sur un échantillon de 7 600 patientes de 15 institutions en Europe, Amérique du Nord et Asie. Les résultats, récemment prépubliés sur ArXiv, montrent que ce test surpasse les tests moléculaires classiques :

    • sensibilité : 94 % ;
    • spécificité : 92 % ;
    • précision améliorée : +30 %.

    Disponible en France début 2025

    Ce test pourrait remplacer ou compléter les tests actuels, en particulier pour les sous-types de cancers du sein (HER2+, triple négatif), qui réagissent différemment aux thérapies ciblées. Ataraxis AI prévoit de commercialiser ce test, certifié CE en 2024, dès début 2025 en France, en Allemagne et aux États-Unis. La technologie sera également étendue à d’autres types de cancers, tels que ceux de l’ovaire et de la prostate.

     

  • Cancer du poumon : un test nasal pour améliorer le dépistage

    Une technologie née d’un hackathon

    Le concept d’OncoSwab a vu le jour lors d’un hackathon organisé à Leyde, aux Pays-Bas, en 2022. Cet événement, réunissant plus de 100 jeunes scientifiques, avait pour objectif de développer des innovations face à des problématiques globales. L’équipe de Stephany s’est inspirée des progrès réalisés dans les tests Covid-19 pour imaginer un dépistage du cancer basé sur un prélèvement nasal. Ce projet a obtenu la troisième place dans la catégorie « cancer ».

    Des limites de l’imagerie aux promesses d’un test nasal

    Le dépistage du cancer du poumon repose principalement sur des examens d’imagerie tels que les radiographies, les CT scans ou les IRM. Ces méthodes, coûteuses et parfois réalisées à un stade avancé de la maladie, réduisent les chances de survie. OncoSwab s’appuie sur une approche différente, fondée sur la détection de composés libérés par les tumeurs dans les voies respiratoires. « La proximité entre la tumeur et les voies aériennes rend cette méthode logique », explique Stephany Andrea, cofondatrice et PDG d’OncoSwab. Le test pourrait également s’avérer utile pour évaluer les nodules pulmonaires détectés par imagerie. Dans de nombreux cas, ces nodules nécessitent une biopsie invasive pour confirmer leur nature, une procédure lourde.

    Un outil encore en développement

    Le test, conçu pour un prélèvement nasal réalisable à domicile ou en centre de soins, analyse les échantillons en laboratoire. Les biomarqueurs spécifiques, identifiés à l’aide d’un algorithme propriétaire, permettent de détecter la présence d’un cancer. Bien que la nature exacte des biomarqueurs reste confidentielle, les résultats seraient disponibles en 24 à 48 heures. Actuellement, OncoSwab dispose d’un laboratoire en Europe et prévoit d’en ouvrir un aux États-Unis pour accompagner la commercialisation.

    Un avenir prometteur pour la détection des cancers

    Fondée en 2023, OncoSwab répartit ses activités entre San Francisco et Corroux, en Suisse. La startup développe son test en tant que laboratory developed test (LDT), une classification qui ne requiert pas d’approbation de la FDA. Soutenue par un financement pré-amorçage, elle cherche à lever des fonds supplémentaires pour poursuivre ses recherches cliniques. Si le cancer du poumon est la priorité, OncoSwab envisage d’élargir sa technologie à d’autres cancers ou maladies.

     

  • Santé des femmes : 4 lauréats de l’AAP sur les innovations organisationnelles (ARS – IDF)

    Des innovations organisationnelles pour des parcours de soins adaptés

    L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a lancé, le 3 juillet dernier, un appel à projets pour promouvoir des innovations organisationnelles qui visent à améliorer la santé des femmes. Cet appel s’inscrit dans le cadre du projet régional de santé 2023-2028. L’objectif est de soutenir des initiatives qui renforcent les connaissances des professionnels de santé et facilitent l’accès des femmes aux soins, en dehors des thématiques de gynécologie et de périnatalité. Bien que les outils numériques puissent être intégrés aux propositions, leur financement n’est pas couvert par cet appel. L’appel à projets visait à développer des solutions permettant notamment :

    • d’améliorer la prise en charge des femmes dans des situations spécifiques, comme le travail décalé, la monoparentalité ou les violences.
    • de sensibiliser les professionnels aux enjeux de santé spécifiques aux femmes.
    • de réduire l’impact des conditions de vie et de travail sur la santé des femmes.

    Des initiatives régionales pour améliorer la prévention et les parcours de soins des femmes

    Cet appel à projets s’adressait à des structures franciliennes du secteur sanitaire ou médico-social, comme des établissements de santé, des maisons de santé, des associations ou des dispositifs d’appui à la coordination. Les projets retenus devront être mis en œuvre sur une durée maximale de deux ans. Pour rappel, les critères d’éligibilité étaient : le ciblage des populations à risque, le caractère innovant, le décloisonnement des pratiques, et le coût prévisionnel et méthodologie.

    Quatre projets lauréats

    Parmi les 35 dossiers reçus, quatre ont été sélectionnés :

    • Association Ikambéré : un programme de médiation en santé pour accompagner les femmes vivant avec un diabète ou une hypertension, en milieu hospitalier.
    • Association Checkpoint : une consultation en santé sexuelle, incluant la PrEP, dédiée aux femmes dans un centre de PMI de Seine-Saint-Denis.
    • Centre de santé du square de la Mutualité : un parcours de soins pour des femmes en situation de vulnérabilité professionnelle ou personnelle, comme les policières, femmes de ménage ou aidantes.
    • Maison de santé Cap Horn : un dépistage systématique des maladies cardiovasculaires et de l’ostéoporose chez les femmes de plus de 45 ans.

    Vers une meilleure prise en charge

    Ces projets seront suivis et financés sur deux ans par l’ARS. Ils reflètent l’intérêt des acteurs régionaux pour améliorer la santé des femmes par des approches innovantes en matière de mode d’organisation. En renforçant les connaissances, en réduisant les inégalités d’accès aux soins et en intégrant les facteurs sociaux dans les parcours de santé, ces initiatives visent à répondre aux besoins en termes de santé des femmes.

     

  • Régulation des produits de santé : la Cour des comptes alerte sur le fonctionnement du CEPS

    Une régulation maîtrisée malgré une hausse des dépenses de santé

    Le CEPS joue un rôle crucial dans le système de santé français en négociant les tarifs des médicaments et dispositifs médicaux avec les industriels. Ses décisions influencent directement l’équilibre des comptes sociaux, l’accès aux soins et la souveraineté industrielle. Cette mission est menée sous la supervision des ministres de la Sécurité sociale, de la Santé, de l’Économie et de l’Industrie.

    Dans son dernier rapport sur cet organisme, la Cour des comptes a émis ses “observations définitives” concernant les exercices 2019-2023. Elle estime qu’entre 2011 et 2021, la régulation assurée par le CEPS a permis de contenir l’augmentation des dépenses liées aux produits de santé à +12 %, contre +27 % pour l’ensemble des dépenses de santé. Toutefois, l’arrivée de médicaments innovants et coûteux a récemment fait repartir ces dépenses à la hausse.

    Des moyens humains insuffisants :

    Malgré l’importance de ses missions, le CEPS souffre d’un manque chronique de moyens humains. Pourtant, entre 2011 et 2019, les dépenses de médicaments ont augmenté de +14 %, en raison de l’arrivée sur le marché de médicaments innovants et coûteux. Depuis 2018, les renforts apportés à son secrétariat général sont restés insuffisants pour pallier ses faiblesses structurelles. Le Comité dépend encore largement de l’expertise de ses membres issus de diverses administrations. La Cour des comptes recommande une réorganisation complète, incluant la mise en place de procédures internes claires et l’adoption d’un nouveau règlement intérieur. Le renforcement des règles déontologiques applicables aux membres et agents du CEPS est également jugé indispensable.

    Un système d’information obsolète :

    Le rapport de la Cour souligne que le système d’information utilisé par le CEPS constitue un frein majeur à son efficacité. Obsolète pour les médicaments et inopérant pour les dispositifs médicaux, il est source d’erreurs et ralentit l’élaboration des arrêtés ministériels. Malgré un projet de refonte amorcé depuis 2017, des retards importants ont été accumulés. Un prestataire a été sélectionné en 2024, et la mise en œuvre doit désormais être priorisée, y compris en comblant rapidement le poste vacant chargé de superviser ce projet.

    Des orientations ministérielles imprécises à clarifier

    Enfin, la Cour des comptes souligne le manque de directives claires et priorisées de la part des ministères. Cette carence complique l’action du CEPS, d’autant plus qu’il ne dispose ni d’autonomie fonctionnelle ni de personnalité juridique. Pour améliorer son efficacité, une meilleure définition des objectifs stratégiques et un soutien renforcé de l’État sont essentiels.

    3 recommandations de la Cour des comptes :

    La modernisation du système d’information du CEPS et le renforcement de ses moyens humains constituent ainsi des priorités absolues. Pour maintenir son efficacité face aux défis croissants de la régulation des produits de santé, la Cour des comptes estime que des ajustements rapides et structurels s’imposent et émet trois recommandations :

    • le renforcement des effectifs : augmenter l’effectif du secrétariat général du CEPS pour lui permettre d’assumer ses nouvelles missions – cette recommandation est adressée au CEPS, à la DSS et à la Cnam ;
    • l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire : un nouveau règlement intérieur couvrant l’ensemble des activités du comité pour améliorer son fonctionnement – cette recommandation est adressée au CEPS ;
    • la simplification des processus : simplifier les processus d’élaboration et de publication des arrêtés d’inscription et des avis de prix en remplaçant ces arrêtés par des décisions administratives regroupant l’inscription, le prix et le taux de remboursement des produits – cette troisième recommandation est adressée à la DSS, la DGS, la DGOS ainsi qu’au CEPS.

     

  • Etude : les comptes-rendus cliniques générés par IA réduisent peu la charge administrative (NEJM)

    L’IA, solution à la charge administrative

    L’ambient listening (écoute ambiante) suscite beaucoup d’intérêt. Des outils utilisant l’intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus utilisés pour automatiser la documentation lors des consultations médicales. Déléguer l’analyse et le résumé des conversations vise évidemment à simplifier le travail des cliniciens. D’une part, ces outils d’ambient listening peuvent améliorer la précision des informations comparées à ce que les médecins pourraient se rappeler. D’autre part, ils pourraient réduire la charge administrative, permettant aux cliniciens de se concentrer davantage sur les soins, et par conséquent contribuer à diminuer le stress des soignants et à rendre les soins plus efficaces.

    L’efficacité de l’ambient listening en question :

    L’un de ces outils se nomme le Dragon Ambient eXperience (DAX), développée par Nuance Communications, une société de Microsoft. Il génère une note clinique en « écoutant » la conversation entre un clinicien et un patient lors de la consultation. Atrium Health, un grand système de santé académique multisite, a été le premier à utiliser le DAX Copilot. Il a donc mené une évaluation des résultats de l’utilisation de DAX dans les contextes de soins primaires afin de déterminer si l’utilisation de DAX améliore l’efficacité des cliniciens (mesurée par des indicateurs d’utilisation des dossiers médicaux électroniques) et les performances financières du système de santé. Leur étude longitudinale incluait 112 cliniciens en soins primaires utilisant DAX et un groupe témoin de 103 cliniciens ne l’utilisant pas. Deux sous-groupes ont été identifiés : les utilisateurs actifs (ayant transféré ≥25 % des notes via DAX) et les utilisateurs intensifs (ayant transféré ≥60 % des notes via DAX).

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 22 novembre dans le NEJM AI.

    Résultats : de très légères améliorations dans des sous-groupes

    • Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les groupes de cliniciens.
    • Les utilisateurs intensifs de DAX ont connu une diminution globale d’environ 7 % des heures de documentation par rapport au groupe témoin.
    • Les cliniciens qui voyaient peu de patients ont passé environ 9 % de temps en moins sur la documentation par rapport au groupe témoin.
    • Les médecins qui voyaient beaucoup de patients ont vu une augmentation moyenne de 2,62 % dans leurs rendez-vous complétés. Disposer de plus de temps par consultation (grâce à la documentation simplifiée) leur permettait sans doute de gérer plus de rendez-vous sans compromettre la qualité de la prise en charge.

    Au vu de ses résultats, se pose la question sur les espoirs mis dans l’ambient listening. Les auteurs de cette étude tiennent en tout cas à souligner que « l’engouement et la nouveauté des outils d’IA d’écoute ambiante ont dépassé les preuves nécessaires pour soutenir ou réfuter les affirmations selon lesquelles ces outils seraient transformateurs en termes de gain de temps et d’efficacité. Par conséquent, les systèmes de santé, qui fonctionnent déjà avec des marges faibles dans des environnements hypercompétitifs, risquent de payer plus cher sans réaliser les bénéfices escomptés. »

    Un espoir de lutte contre l’épuisement professionnel :

    Cependant, ces résultats mettent tout de même en évidence des situations où de tels outils d’IA apportent un bénéfice. Notamment chez les cliniciens avec un volume élevé de patients ou chez les généralistes, où les consultations sont souvent variées et administrativement lourdes. L’automatisation de la rédaction des comptes-rendus pourrait dans ces cas « réduire la charge cognitive et libérer de l’énergie mentale et du temps pour se concentrer davantage sur la gestion des rendez-vous et la clôture rapide des dossiers ». En outre, les auteurs de l’étude font le pari que « les gains d’efficacité offerts par la documentation assistée par IA pourraient se traduire par une diminution des marqueurs d’épuisement professionnel pour un sous-ensemble de cliniciens, et peut-être de manière plus large lorsque l’adoption de DAX atteint un niveau plus élevé. » D’autant que certains cliniciens ont utilisé le gain de temps non pas pour voir plus de patients mais pour dormir davantage et passer moins de temps à travailler chez eux.

    Des travaux supplémentaires doivent donc être menés pour identifier les situations précises dans lesquelles l’ambient listening apporte un bénéfice substantiel. Cependant, une étude antérieure, parue en avril dans le JAMIA, avait conclu que DAX n’avait aucun effet quantifiable sur la sécurité des patients.

    Pour aller plus loin

    Envie de savoir plus sur comment l’IA s’intègre dans le quotidien des professionnels de santé et redéfinit la pratique médicale ? Les inscriptions au Health&Tech Summit sont toujours ouvertes.

    📌 Dans le cadre du Track 2 de cet événement, intitulé “Operational excellence: ready for AI and data-driven care!“, plusieurs experts internationaux vous guideront sur la voie d’une transformation concrète de la santé grâce à l’IA.

    👉 Inscrivez-vous dès maintenant pour anticiper l’avenir des soins cliniques, en suivant ce lien.

     

     

    * Does AI-Powered Clinical Documentation Enhance Clinician Efficiency? A Longitudinal Study

    Tsai-Ling Liu, Timothy C. Hetherington, Ajay Dharod, et al

    Published November 22, 2024
    NEJM AI 2024;1(12)
    DOI: 10.1056/AIoa2400659
  • Recherche : le partenariat entre Amgen, l’Institut Pasteur et Biolabs comme modèle pour accélérer l’innovation

    Des synergies stratégiques pour accélérer l’innovation

    L’alliance entre Amgen France, l’Institut Pasteur et Biolabs illustre la nécessité d’une coopération étroite pour relever les défis de la santé moderne. Pour ces trois acteurs, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires. Elle repose de plus en plus sur des collaborations stratégiques visant à transformer les découvertes scientifiques en traitements accessibles aux patients. Ce modèle de recherche partagée apparaît comme une réponse efficace aux enjeux médicaux actuels. Dans ce sens, les partenaires développent, chacun de son côté, des projets innovants, avec des collaborations diverses :

    • Amgen France, par exemple, mène actuellement 25 essais cliniques dans l’Hexagone, dont près de la moitié en oncologie. Nathalie Varoqueaux, directrice médicale d’Amgen France, a précisé que ces essais portent sur des innovations thérapeutiques destinées à répondre à des besoins médicaux non encore couverts.
    • À l’Institut Pasteur, l’accent est mis sur le développement de projets scientifiques à fort potentiel. Son “Accélérateur de l’innovation” accompagne actuellement dix initiatives, allant de la recherche fondamentale à la création de technologies médicales appliquées. Nicolas Torno, directeur adjoint de la direction des applications de la recherche et des relations industrielles (Darri) de l’Institut, a expliqué que cet accompagnement vise à rapprocher les découvertes scientifiques du marché.
    • Biolabs soutient l’émergence de jeunes entreprises innovantes, notamment à travers son programme Golden ticket, qui leur permet d’accéder gratuitement à des laboratoires et à des conseils d’experts. Johanna Michielin, directrice Europe de Biolabs, a souligné que les dispositifs de l’incubateur international favorise la création de solutions de santé novatrices, en intégrant les start-ups directement dans l’environnement hospitalier, comme c’est déjà le cas à l’Hôtel-Dieu à Paris.

    Former la prochaine génération de chercheurs :

    Pour assurer un écosystème d’innovation durable, l’éducation scientifique reste un levier majeur. L’Institut Pasteur et la Fondation Amgen collaborent depuis 2015 à travers le programme Amgen Scholars, qui offre à des étudiants européens l’opportunité de travailler dans des laboratoires de recherche de renom.

    Selon Monica Sala, directrice de l’enseignement de l’Institut Pasteur, cette initiative vise à “préparer les talents scientifiques de demain en leur donnant accès à des projets multidisciplinaires dans des domaines clés comme la microbiologie, la génomique et l’immunologie.” Depuis sa création, plus de 80 % des participants ont poursuivi en doctorat dans des universités prestigieuses, tandis que les autres ont intégré des entreprises de biotechnologie.

    Stimuler la coopération scientifique :

    Les Rencontres Recherche & Innovations, qui ont suivi la conférence de presse, ont réuni plus d’une centaine d’experts du monde académique, industriel et institutionnel autour des thématiques de l’excellence de la recherche en France, l’intégration des patients dans le processus de recherche et l’exploitation des données de santé.

    L’événement a permis de présenter des projets soutenus par le Fonds Amgen France pour la Science et l’Humain, qui finance des recherches prometteuses dans divers domaines médicaux. Depuis 2018, 41 projets ont reçu des financements, représentant un investissement total de 4,5 millions d’euros.

    Les promesses de l’innovation ouverte

    Pour Amgen France, l’innovation repose sur trois axes : soutenir les start-ups, financer la recherche fondamentale et participer à des réflexions stratégiques à travers son think tank éphémère Innovation Days dont la prochaine édition sera consacrée à la thématique de la prévention. Depuis 2016, cinq start-ups françaises sont accompagnées chaque année par l’entreprise dans le cadre de projets collaboratifs. Pour la présidente du laboratoire américain en France, Corinne Blachier-Poisson, la collaboration entre acteurs publics et privés est essentielle pour accélérer le développement de solutions médicales innovantes et améliorer la santé publique de manière équitable et inclusive.

    De son côté, l’Institut Pasteur combine recherche fondamentale et transfert de technologie pour maximiser l’impact de ses découvertes. Depuis 1997, 35 start-ups ont vu le jour grâce à ses activités de valorisation scientifique, dont 26 sont toujours en activité. En 2023, l’institut a signé 235 contrats industriels, illustrant l’ampleur de son réseau de partenariats.

    Biolabs, un tremplin pour les start-ups de la santé :

    À travers ses sites en France et dans le monde, Biolabs accompagne le développement de projets innovants en biotechnologie et santé numérique. Depuis 2022, plus de 30 Golden tickets ont été attribués en Europe, dont 20 en France.

    La deuxième édition de son appel à projets, lancée en septembre 2024, permettra d’identifier les start-ups les plus prometteuses dans le secteur des sciences de la vie. Selon Johanna Michielin, soutenir ces jeunes entreprises permet de transformer des idées scientifiques en solutions médicales concrètes, répondant aux besoins de santé les plus pressants.

     

  • Un retard numérique mettrait le NHS en danger, avertit TechUK

    Moderniser un système sous pression

    Le financement annoncé en novembre vise à transformer en profondeur le NHS, en s’appuyant sur les technologies numériques. Parmi les priorités figurent le développement d’applications pour les patients, l’amélioration de l’efficacité des services, la libération de temps pour les équipes médicales et l’intégration du dossier patient électronique, tout en renforçant la cybersécurité des données. TechUK, une association d’entreprises du secteur technologique britannique, soutient cette démarche mais alerte sur les risques d’un manque de continuité. Selon l’organisation, il est nécessaire de “sanctuariser les financements” pour garantir la réussite des réformes en cours.

    Investissements, architecture et transparence

    Le rapport propose plusieurs pistes pour renforcer les infrastructures numériques du NHS :

    • Augmenter les investissements en capital pour moderniser les systèmes existants.
    • Adopter une architecture commune pour le développement des outils numériques, afin d’assurer une meilleure interopérabilité.
    • Améliorer les pratiques commerciales et d’approvisionnement, avec une transparence concernant les activités commerciales.

    Des règles claires pour les technologies de santé

    Concernant les outils de santé numérique, TechUK souligne la nécessité d’établir des critères clairs et standardisés pour leur validation et leur remboursement par le NHS. Cette démarche s’appuierait sur les consultations en cours menées par NHS England et l’agence NICE, visant à clarifier les voies d’accès aux dispositifs médicaux innovants. L’organisation recommande de s’appuyer sur les retours de l’industrie recueillis lors de la consultation en cours sur les voies d’accès aux dispositifs médicaux. TechUK rappelle que la cohérence et la transparence dans ces processus sont essentielles pour encourager l’innovation et permettre une adoption rapide des nouvelles technologies. En 2022, le gouvernement conservateur précédent avait déjà publié une stratégie visant à améliorer la cohérence et la transparence des processus d’innovation dans le secteur des technologies médicales.

    IA et transformation numérique : des priorités identifiées

    Parmi les recommandations de techUK figurent :

    • Une stratégie centrale pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé et de services sociaux, en garantissant sécurité et responsabilité.
    • La définition des prochaines étapes pour le développement de l’application NHS App, un outil central dans la transformation numérique du NHS.

    Les risques d’un retard numérique

    TechUK met en garde contre les conséquences d’une inaction. Selon l’organisation, retarder les réformes numériques pourrait affaiblir l’écosystème d’innovation du Royaume-Uni et le rendre vulnérable face à des concurrents étrangers plus avancés. « Si ces recommandations ne sont pas mises en œuvre rapidement, le NHS risque de manquer une occasion de se moderniser », avertit le rapport. Pour techUK, des actions rapides et coordonnées sont nécessaires pour améliorer le système de soins au Royaume-Uni. En appelant à une mobilisation gouvernementale, l’organisation insiste sur le rôle clé des technologies numériques dans la pérennité du NHS et des services sociaux.

     

  • USA : l’anneau EvieMED de Movano Health, une avancée approuvée par la FDA

    Un outil certifié pour la santé connectée et la recherche pharmaceutique

    L’EvieMED mesure des données médicales comme le taux d’oxygène dans le sang et la fréquence cardiaque, ainsi que des indicateurs liés au bien-être comme l’énergie, le sommeil, l’activité physique et l’humeur. Movano Health collabore avec un laboratoire pharmaceutique pour intégrer l’EvieMED dans des essais cliniques futurs en 2025. L’anneau est utilisé dans une étude menée par le MIT sur le suivi des patients atteints de COVID long et de maladie de Lyme chronique. Le PDG de Movano Health, John Mastrototaro, affirme que cette autorisation “constitue une avancée majeure : l’objectif de la société est de proposer des dispositifs de qualité clinique répondant aux besoins des assureurs, des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants de dispositifs médicaux”.

    Santé numérique : comment la télésurveillance

    L’approbation de la FDA renforce le rôle des objets connectés dans la santé numérique. La télésurveillance médicale, portée par des appareils comme l’EvieMED, connaît une forte progression. Le marché des dispositifs médicaux connectés pourrait atteindre 187,4 milliards de dollars d’ici 2028, avec une croissance annuelle de 24,9 %, selon Fortune Business Insights. Ces technologies offrent un suivi continu des patients pour les maladies chroniques. En recherche clinique, elles réduisent les biais liés à l’autodéclaration et permettent une collecte de données fiable et en temps réel.

    Les développements de Movano Health

    Côtée en bourse depuis 2021, Movano Health a récemment mené une enquête interne sur des irrégularités liées à une opération de regroupement d’actions. Son titre est actuellement autour de 5,52 dollars. La société propose une autre bague connectée, l’Evie Ring, conçue pour les femmes. Après une interruption due à des problèmes d’approvisionnement, ce modèle a été relancé en septembre avec une application améliorée intégrant l’intelligence artificielle. L’appareil analyse des données sur le cycle menstruel, le sommeil et la santé cardiaque pour fournir un suivi personnalisé.

    Un enjeu pour les professionnels de santé

    Les dispositifs connectés comme l’EvieMED facilitent un suivi plus précis des patients et renforcent l’efficacité des soins à distance. Ces outils permettent une meilleure coordination entre les différents acteurs du système de santé, comme les assureurs et les industriels. Ils participent à l’évolution vers une médecine plus préventive et personnalisée.

     

  • USA : l’IA pour anticiper la pénurie des infirmiers prévue en 2030 ? (rapport GE Healthcare et Duke)

    13 millions d’infirmiers manquants d’ici 2030

    Dans un contexte mondial de pénurie de personnel soignant, GE HealthCare et Duke Health ont publié, via HIMSS24, un livre blanc de recommandations. Intitulé “How to Improve Healthcare Staffing with AI“, le rapport traite de la manière dont l’intelligence artificielle (IA) optimise la gestion des soignants, notamment des infirmières. Les projections pour 2030 prévoient un déficit de 13 millions d’infirmiers à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, près de 100 000 infirmiers ont quitté la profession pendant la pandémie, et plus de 600 000 envisagent de faire de même d’ici 2027, poussés par l’épuisement professionnel et les départs à la retraite. Les besoins en soins dépassent l’offre disponible, rendant la planification du personnel difficile pour les hôpitaux.

    Des solutions traditionnelles, mais insuffisantes

    Réductions de durée de séjour, amélioration des parcours patients, limitation des réadmissions : les établissements de santé adoptent déjà des modèles organisationnels pour optimiser l’efficacité. Mais la gestion des équipes reste majoritairement réactive et peine à répondre à l’imprévisibilité et aux questions d’organisation, comme : Qui est disponible pour intervenir rapidement en cas de besoin ? Y a-t-il du personnel nouveau ou peu familier avec l’unité qui nécessite une supervision accrue ? ou encore: Les plannings sont-ils équilibrés à l’échelle du système ?

    Duke Health et GE HealthCare, une collaboration pour un staffing optimisé

    Les algorithmes prédictifs utilisent un large ensemble de données pour les décisions de gestion des effectifs ; telles que les admissions et sorties de patients, les résultats d’examens, les ajustements de plannings ou encore les affectations des périodes de travail ou des services hospitaliers. Ces outils permettent une analyse dynamique des informations. L’apprentissage automatique détecte des schémas et ajuste en continu les modèles à mesure que les besoins des patients et les pratiques cliniques changent. Ces prédictions permettent aux hôpitaux d’anticiper avec précision les besoins en personnel.

    L’hôpital Duke Health utilise une technologie de Command Center, développée par GE HealthCare, pour améliorer la gestion des équipes. Miranda Mathis-Harris, directrice des opérations cliniques pour le flux de patients, explique qu’ils sont passés d’une gestion réactive à une approche plus proactive, basée sur plus d’anticipation. Résultats : des ajustements mieux ciblés, des économies significatives et une amélioration des processus opérationnels. Les décisions proactives en matière de staffing s’intègrent directement dans les workflows, potentiellement dans chaque réunion ou point de situation.

    “Our teams, including our Associate Chief Nursing Officers and Clinical Operations Directors, use the census forecast daily to make near-time and longer-range staffing decisions. We are better equipped to balance staffing based on demand — both for the current shift and looking weeks ahead.” – Chantal Howard, chief nursing and patient care services officer, Duke University Hospital.

    Une organisation hospitalière fluide et une réduction du stress pour les soignants

    Les hôpitaux identifient les manques ou excès de personnel, équilibrent les équipes, optimisent les plannings et évitent les ajustements de dernière minute. Ces outils fournissent aux responsables des données en temps réel, leur permettant de prendre des décisions pour mieux allouer les ressources disponibles. Au-delà des gains d’efficacité, ces solutions contribuent aussi à réduire le stress des soignants et à leur offrir plus de temps pour se consacrer à l’essentiel : les soins aux patients.

     

    Pour aller plus loin

    Lors du Health&Tech Summit, découvrez comment optimiser la gestion des ressources hospitalières grâce à l’intelligence artificielle. Participez à la session Track 2.1 – Optimizing Hospital Operations with AI : Best use cases with ROI to enhance organisation and ressources allocation in hospitals”, le mercredi 18 décembre, de 11h00 à 13h00.

    Au programme :

    • Chair’s introduction keynote
      From buzz words to routine, getting a clear journey of your AI transformation.
    • Optimizing Hospital Operations with AI
      Best use cases with ROI to enhance organisation and ressources allocation in hospitals.
    • Tech Insight – AI readiness : Infrastructure, Data Platform, how to re-think your IT ?
      Is your EHR AI & EHDS ready ? How buildng easy access to data and plug in AI solutions ?

    Pourquoi y participer ?

    • Découvrir des standards et leur rôle dans la transformation des systèmes de santé.
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    • Échanger avec des experts sur des cas concrets.

    🎯 Inscrivez-vous dès maintenant : lien d’inscription.

     

  • Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé : le HDH dévoile les lauréats de la 7e vague

    25 projets lauréats en 3 ans

    Afin de soutenir le développement et la validation d’algorithmes de ciblage dans le Système national des données de santé (SNDS), créé en 2016 pour “dé-identifier” les données de l’importante base de feuilles de soins de l’Assurance maladie “à des fins de recherches”, le HDH a lancé en 2021 le projet “Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé” (Boas).

    Cette initiative a pour ambition de “constituer une bibliothèque ouverte d’algorithmes de ciblage qui bénéficiera à l’ensemble de la communauté”, les algorithmes du SNDS étant “des outils essentiels à l’analyse fiable des données” mais “leurs développement, validation et réutilisation restent souvent complexes”. C’est dans le but de remplir cette Boas que le HDH a déjà ouvert sept vagues de l’AMI qui ont permis la sélection de 25 lauréats jusque-là.

    Pour rappel, afin de “s’assurer que les algorithmes répondent au besoin de l’écosystème”, les projets candidats devaient “favoriser l’ouverture d’algorithmes de ciblage” selon 3 modalités :

    • la documentation médicale et technique d’algorithmes de ciblage existants pour favoriser leur réutilisation large (thématique 1) ;
    • la validation ou sophistication et la validation d’algorithmes développés par des institutions nationales de référence (thématique 2) ;
    • ainsi que le développement, l’évaluation et la validation de nouveaux algorithmes de ciblage (thématique 3).

    Dans cet article, H&TI revient sur les 3 lauréats de cette septième vague de l’AMI.

    La périnatalité parmi les cibles des algorithmes lauréats

    Nom du projet Porteur du projet Description du projet
    SNDS_GraftLoss CHU Dupuytren de Limoges Le projet a pour objectif de concevoir un algorithme permettant d’identifier les pertes de greffon rénal au sein de la base principale du SNDS. Pour garantir sa précision, cet algorithme sera validé à l’aide de données issues du registre CRISTAL, une base de référence gérée par l’Agence de la biomédecine et servant de standard d’excellence dans le domaine des transplantations.
    PerinatAlgoVal Santé publique France Le projet vise à évaluer la robustesse de plusieurs algorithmes dédiés à différentes pathologies périnatales, telles que le diabète gestationnel, l’hypertension gravidique et la dépression post-partum, sur une échelle nationale. La validation de ces algorithmes contribuera à renforcer le suivi de la santé des mères et des nouveau-nés dans la base principale du SNDS.
    PREDICT-EDI CHU de Toulouse Le projet vise à développer un algorithme capable de prédire l’Indice Européen de Défavorisation (EDI). Basé sur des méthodes d’apprentissage supervisé, cet algorithme analysera les données combinées de la base principale du SNDS et de la base APSoReN, qui centralise les informations hospitalières pseudonymisées des patients pris en charge pour traumatisme crânien au CHU de Toulouse. L’objectif est d’identifier des corrélations entre les variables socio-économiques, cliniques et les comportements de consommation de soins.

    Des algorithmes destinés à devenir open source

    Comme les 22 lauréats des six premières vagues de l’AMI Boas, ces trois algorithmes sont destinés à devenir open source pour être mis à disposition de la communauté scientifique via la Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé. Pour le moment, 19 algorithmes sont déjà accessibles gratuitement sur la section dédiée du site du Health Data Hub.

    Parmi ces algorithmes, on retrouve notamment ceux des “Data challenges en santé” du HDH, dont :

    • ➡️ un algorithme pour la détection des lésions dans les biopsies cervicales ;
    • ➡️ un algorithme pour la prédiction de la récidive à cinq ans des mélanomes localisés ;
    • ➡️ un algorithme pour la détection précoce des maladies rares à composante dentaire, orale et faciale ;
    • ➡️ ainsi qu’un algorithme pour la détection du rejet de greffe pulmonaire.