Actualité

  • Cancer féminin : l’OMS appelle à agir pour éviter 2 millions de décès d’ici 2040

    Une urgence sanitaire et financière

    Le 2 décembre 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport sur l’impact sanitaire et économique des cancers du sein et du col de l’utérus en Méditerranée orientale. Sans prise en charge efficace, ces maladies pourraient causer 2 millions de décès et coûter 379 milliards de dollars d’ici 2040. L’OMS préconise des mesures simples, comme la vaccination contre le HPV et le dépistage précoce, pour sauver des vies et réduire les coûts économiques. Protéger la santé des femmes contribue à la stabilité économique et sociale de la région.

     

    Women’s cancer in the WHO Eastern Mediterranean Region Situation analysis and investment case report (WHO report)

     

    Des programmes de prévention en Afrique subsaharienne ont démontré que l’intégration des dépistages du cancer dans les soins de santé primaires permet d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les inégalités. Par exemple au Niger, le programme WHO PEN de l’OMS intègre le dépistage des cancers gynécologiques dans les services de santé primaire, facilitant l’accès pour les femmes des zones rurales. Des projets menés au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Sénégal ont intégré le dépistage du cancer du col de l’utérus, avec des bons résultats en termes d’acceptabilité et de faisabilité. Ces initiatives ont eu des impacts positifs sur l’éducation à la santé des femmes.

    Investir dans la vaccination HPV et le dépistage

    L’OMS a mené une analyse des systèmes de santé et des retombées économiques des cancers féminins dans la région. Elle recommande des interventions susceptibles de réduire cette charge.

    • Vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) : la mesure préventive pourrait empêcher de nombreux cas de cancers du col de l’utérus. Chaque dollar investi dans cette vaccination pourrait générer jusqu’à 6,2 dollars de retour sur investissement. À un taux de couverture de 90 %, cette intervention pourrait réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus de 81 %
    • Diagnostic précoce et traitement des cancers du sein : Ces actions permettraient d’éviter 73 000 décès d’ici 2040 et d’assurer un retour économique de 6,4 à 7,8 dollars pour chaque dollar investi. Pour le cancer du sein, cette stratégie pourrait réduire la mortalité de 26 %.
    • Dépistage ciblé :  Le dépistage reste essentiel pour identifier les cas précoces.
    Women’s cancer in the WHO Eastern Mediterranean Region Situation analysis and investment case report (WHO report)

    Pour maximiser l’impact des mesures proposées, l’OMS insiste sur l’importance de lever les obstacles culturels, sociaux et économiques à l’accès aux soins. Le recours à des agents de santé communautaires, des campagnes de sensibilisation adaptées aux contextes locaux figurent parmi les stratégies recommandées.

    Intégration des cancers féminins dans les politiques de santé

    Le rapport insiste sur l’importance d’intégrer les soins liés aux cancers féminins dans les stratégies de santé existantes, notamment les soins primaires. Une approche intégrée permettrait d’optimiser les ressources et d’améliorer la prise en charge des patientes. L’expansion des programmes de vaccination et de dépistage, associée à des politiques de sensibilisation adaptées, pourrait transformer la prévention et le traitement de ces maladies. L’OMS recommande également de renforcer les infrastructures de santé et d’assurer une couverture financière via les systèmes d’assurance. L’amélioration de l’approvisionnement en vaccins HPV, le développement de tests d’autoprélèvement et l’utilisation des infrastructures PCR existantes pour le dépistage offrent des solutions abordables.

    Des défis culturels et infrastructurels à surmonter

    Des obstacles persistent ; l’instabilité politique dans la région, les lacunes dans la coordination des campagnes de sensibilisation et les limitations des financements compromettent l’efficacité des programmes. La faible adhésion des femmes aux dépistages organisés souligne l’importance de lever les barrières culturelles et structurelles.

    Une opportunité économique et sanitaire

    Avec des mesures bien ciblées, il est possible d’éviter 73 000 décès liés à ces maladies et de réduire leur impact économique. Le rapport de l’OMS invite les gouvernements et les décideurs à considérer ces interventions comme des investissements stratégiques. Prévenir et traiter les cancers féminins ne se limite pas à sauver des vies : cela renforce également la résilience économique des pays en réduisant les pertes de productivité.

     

  • Liban : une stratégie en santé numérique axée sur les usagers et les données

    Un pionnier dans la région dès les années 1990

    Le ministère de la Santé libanais a été pionnier dans l’automatisation de ses processus interne et a créé un département d’informatique en santé dès le début des années 2000. En 2013, il a lancé le Programme national de santé électronique, qui englobe aujourd’hui 22 outils numériques. Ces outils sont majoritairement développés localement et répondent aux besoins spécifiques du système de santé. En effet, le Liban possède un système de santé fragmenté et sous pression depuis plusieurs années. Les défis sont exacerbés par des crises successives : l’afflux de réfugiés syriens, l’explosion du port de Beyrouth, la pandémie de Covid-19 et les instabilités sociopolitiques.

    La dévaluation de la livre libanaise a aggravé les problèmes de financement de la santé. Les dépenses à la charge des ménages ont augmenté, affectant particulièrement les populations les plus vulnérables. En réponse, le ministère de la Santé a élaboré une stratégie de santé pour 2030 qui vise à renforcer la résilience du système grâce à une transformation numérique en profondeur. A sa tête, le Dr Firass Abiad a montré un engagement fort pour moderniser le secteur en organisant en mai 2023 le Digital Health Retreat, qui a réuni toutes les parties prenantes pour discuter des priorités du pays, telles que la gouvernance, la gestion des données et les besoins des usagers. Cela a abouti en 2024 à l’élaboration d’une stratégie pour la santé numérique.

    Dans cet article, et à l’occasion de la participation du Dr Firass Abiad, le 18 décembre, au Health&Tech Summit 2024, Health&Tech Intelligence revient en détails sur les axes et objectifs de cette stratégie nationale, mais aussi sur l’historique du développement de la santé numérique au Liban.

    Synthèse et chiffres clés de la santé numérique au Liban – @ Health&Tech Intelligence

    Objectifs et vision stratégiques

    La stratégie libanaise a pour objectif de transformer le système de santé en un écosystème moderne, interopérable et centré sur ses bénéficiaires. La vision du pays consiste à garantir un accès amélioré à des soins de qualité, personnalisés et accessibles grâce aux dossiers médicaux électroniques (EHR), la télésanté, l’IA et l’analyse de données.

    Pour atteindre ces objectifs, la stratégie repose sur quatre principes directeurs :

    • 1️⃣ une gouvernance solide : mise en place d’un cadre réglementaire pour protéger les données et sécuriser leur utilisation ;
    • 2️⃣ l’inclusion et la durabilité : afin de réduire les inégalités d’accès et garantir que les technologies de santé soient accessibles à l’ensemble de la population ;
    • 3️⃣ une approche centrée sur les personnes : afin d’impliquer les patients dans leur parcours de soins et dans la conception des solutions numériques ;
    • 4️⃣ une collaboration locale et internationale : afin de mobiliser les ressources, partager les connaissances et s’aligner sur des standards internationaux.

    Synthèse des axes stratégiques de la stratégie de santé numérique :

    Axe stratégique Détails
    Rendre le patient et les professionnels de santé plus autonome et acteur de leur santé
    • Plateformes numériques centrées sur les utilisateurs : développer et améliorer des outils tels qu’AMAN (identifiant unique de santé) et Meditrack (suivi des médicaments), en intégrant les retours des utilisateurs.
    • Littératie numérique : lancer des campagnes de sensibilisation et des plateformes éducatives pour former les usagers et professionnels à l’usage des outils numériques grâce à des formations, ateliers et ressources accessibles.
    Renforcement des infrastructures et de l’interopérabilité
    • Dossiers médicaux électroniques standardisés : mise en place de systèmes d’échange d’informations interopérables et sécurisés, alignés sur des standards internationaux.
    • Connectivité et réseaux : mise en place avec le ministère des télécommunications d’un accès haut débit dans les régions sous-desservies et adopter des solutions énergétiques durables.
    Encourager l’innovation et l’entrepreneuriat inclusifs
    • Centres d’incubation pour la santé numérique : soutenir les startups avec des fonds d’investissement et des partenariats avec des hubs comme Berytech et Flat6Labs.
    • Recherche scientifique : réutilisation des données provenant des plateformes numériques pour développer des politiques basées sur des preuves et renforcer la recherche en santé numérique.
    Gouvernance et protection des données
    • Réglementation de la confidentialité et de la sécurité : mise à jour des lois comme celle de 2017 sur la protection des données pour garantir un traitement éthique et sécurisé des données.
    • Standards éthiques : application des principes de transparence et de responsabilité dans l’utilisation des technologies d’IA.
    Collaboration régionale et internationale
    • Participer à des initiatives mondiales et régionales pour harmoniser les standards comme le Digital Health Atlas de l’OMS et partager des bonnes pratiques.
    Modèles de financement et partenariats public-privé
    • Collaborer avec les opérateurs télécoms pour proposer des forfaits mobiles abordables adaptés aux besoins de santé numérique.
    • Travailler avec les assureurs pour élaborer des modèles de remboursement pour les outils numériques.

    Une gouvernance centralisée et collaborative

    Un comité directeur, composé de représentants des ministères, d’experts en santé numérique et d’organisations internationales, est chargé de définir les orientations nationales et de superviser la mise en œuvre de la stratégie. Parallèlement, un comité technique regroupe des spécialistes pour fournir un appui opérationnel, prioriser les initiatives et évaluer les progrès techniques. Le rôle du ministère de la Santé consiste en la coordination globale, veillant à l’alignement des projets avec les priorités nationales. Pour garantir le suivi de cette stratégie, un cadre de monitoring et évaluation (M&E) est intégré, permettant de mesurer les performances et d’ajuster les actions en fonction des résultats obtenus.

    Cette organisation favorise la collaboration entre les acteurs en impliquant les secteurs public et privé ainsi que les usagers, afin d’assurer une mise en œuvre efficace et adaptée aux besoins du système de santé. La transparence autour de ce travail est mise en avant par le ministère, qui souligne que des rapports réguliers seront publiés pour informer les parties prenantes et le public sur l’avancement des initiatives.

    Principales avancées en santé numérique au Liban :

    Principales avancées – @ Health&Tech Intelligence

     

  • Anapath : 77 % des pathologistes misent sur l’IA pour réduire les délais et alléger leur charge de travail

    Un secteur sous tension

    Dans son nouveau rapport, la biotech franco-américaine spécialisée en IA, Owkin, a interrogé 312 médecins pathologistes et oncologues (112 en France, 100 en Grande-Bretagne et 100 aux Etats-Unis) pour identifier les défis liés à la transformation numérique et à l’intégration de l’IA dans le diagnostic. Bien que la numérisation et l’IA soient perçues comme prometteuses, leur adoption varie selon les régions. Le rapport détaille les besoins, sentiments et réserves des utilisateurs.

    Les premiers résultats montrent que les pathologistes et oncologues subissent une pression grandissante : 55 % d’entre eux signalent un niveau élevé de stress et d’épuisement professionnel, principalement à cause de la complexité accrue des diagnostics et de la charge de travail excessive. Cette situation affecte directement les soins aux patients, comme l’ont admis plus d’un tiers des répondants.

    La pénurie de professionnels, due aux départs en retraite et à une faible relève, aggrave cette situation. Les délais d’obtention des résultats d’examens pathologiques s’allongent, laissant certains patients dans l’attente prolongée de leurs diagnostics.

    65 % des réponses mentionnent des problèmes liés aux opérations, à la charge de travail, aux méthodes de travail, à l’épuisement professionnel et au stress - @ Owkin
    65 % des réponses mentionnent des problèmes liés aux opérations, à la charge de travail, aux méthodes de travail, à l’épuisement professionnel et au stress – @ Owkin

    L’IA, levier essentiel pour des diagnostics plus rapides :

    Malgré ce constat préoccupant, l’étude révèle un optimisme marqué envers l’IA :

    • 77 % des professionnels pensent qu’elle peut réduire les délais de diagnostic ;
    • 74 % estiment qu’elle pourrait accélérer les diagnostics oncologiques ;
    • 82 % des pathologistes interrogés font confiance aux outils alimentés par l’IA ;
    • et 70 % pensent que leurs patients accepteraient leur utilisation.

    L’IA permettrait de prioriser les cas urgents, d’automatiser les tâches répétitives et d’améliorer la précision des diagnostics. Cependant, les professionnels insistent sur le rôle complémentaire de ces technologies, qui doivent renforcer et non remplacer l’expertise humaine.

    Plus des 2/3 des médecins interrogés estiment que la mise en œuvre de l'IA en pathologie réduira les délais d'attente et soulagera les professionnels - @ Owkin
    Plus des 2/3 des médecins interrogés estiment que la mise en œuvre de l’IA en pathologie réduira les délais d’attente et soulagera les professionnels – @ Owkin

    Un impact direct sur les patients

    L’essor de la pathologie numérique et de l’IA promet des avancées significatives pour les patients, notamment en termes de rapidité et d’accès aux diagnostics. Actuellement, 47 % de la population mondiale n’a pas accès aux tests médicaux de base, un enjeu critique identifié, en octobre 2021, par la Lancet Commission on Diagnostics. Grâce à l’IA, les téléconsultations et l’analyse automatisée des échantillons standard, comme les coupes colorées à l’hématoxyline et l’éosine (H&E), pourraient réduire cette inégalité en rendant les tests plus accessibles et abordables.

    Moins d’ambiguïtés et des résultats plus précis :

    L’enquête d’Owkin rapporte, par exemple, que 65 % des spécialistes interrogés pensent que l’IA peut diminuer les ambiguïtés dans les résultats de tests. Cela s’avère essentiel pour des pathologies complexes comme le cancer du sein, où l’évaluation de biomarqueurs, tels que l’indice Ki-67, bénéficie déjà de recommandations basées sur l’IA.
    Pour les évaluations Ki-67 pour le cancer du sein, les pathologistes sont ouverts à l’utilisation des recommandations de l’IA pour les décisions critiques et ambiguës - @ Owkin
    Pour les évaluations Ki-67 pour le cancer du sein, les pathologistes sont ouverts à l’utilisation des recommandations de l’IA pour les décisions critiques et ambiguës – @ Owkin

    Cependant, l’acceptation de ces technologies par les patients reste un défi. Selon une étude publiée en 2022 par le Pew Research Center, 38 % des Américains pensent que l’IA améliorera les résultats médicaux, mais ils sont plus confiants lorsque l’IA agit en soutien des médecins plutôt qu’en les remplaçant. Une meilleure information sur le rôle de l’IA pourrait renforcer cette confiance :

    • 50 % des personnes bien informées sur l’IA se disent à l’aise avec son utilisation dans leurs soins ;
    • contre seulement 30 % de celles qui en savent peu ou rien.

    Ces perceptions soulignent l’importance d’une adoption centrée sur les besoins et les attentes des patients.

    Les freins technologiques et financiers ralentissent l’adoption

    Les obstacles à l’intégration de l’IA sont nombreux. Parmi eux, les médecins participants à cette enquête citent principalement :

    • l’insuffisance des infrastructures informatiques (43 %) ;
    • le coût élevé des technologies (23 %) ;
    • et le manque de financements (23 %).

    Pour surmonter ces freins, l’étude recommande des investissements ciblés dans la numérisation, la formation et la mise en place de protocoles standardisés. Owkin souligne, par ailleurs, la nécessité de campagnes de sensibilisation et de collaborations entre institutions médicales et entreprises technologiques, afin promouvoir l’adoption de l’IA.

     

  • Santé mentale numérique : MindLink lance un appel à projets 2025

    Coconstruire l’avenir de la santé mentale

    Créé dans le cadre de l’initiative « Tiers-Lieux d’Expérimentation en santé » de la Caisse des Dépôts, MindLink se positionne en faveur de l’innovation en santé mentale. Inauguré à Paris sur le site de Sainte-Anne du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, ce projet s’inscrit dans la stratégie « Santé numérique » de France 2030, et vise à pallier le manque de terrains d’expérimentation pour les solutions numériques en santé. Cet espace collaboratif entend réunir usagers, aidants, et professionnels de santé autour de la co-conception de solutions adaptées.

    MindLink promeut le partage d’expériences et l’élaboration de dispositifs numériques centrés sur la prévention et la détection précoce. Ce lieu favorise les échanges lors d’ateliers, conférences et événements dédiés à la déstigmatisation de la santé mentale. Les enjeux incluent l’amélioration de l’accès aux soins, la sensibilisation du grand public et l’intégration de solutions dans les pratiques professionnelles.

    Un appel à projets 2025 pour développer des solutions numériques

    MindLink a lancé un appel à projets, ouvert entre le 20 novembre 2024 et le 15 janvier 2025, pour accompagner le développement de dispositifs numériques répondant aux besoins des personnes concernées par des troubles psychiques, leurs aidants et les professionnels de santé. Trois axes prioritaires ont été définis :

    • Accompagnement des personnes touchées par des troubles psychiques ou du neurodéveloppement.
    • Amélioration des conditions de travail et du bien-être des professionnels de santé.
    • Renforcement du lien entre la ville et les aidants, pour une meilleure prise en charge des besoins.

    Les projets retenus bénéficieront du soutien logistique et méthodologique de MindLink, ainsi que d’un accès à des ressources partagées sur le site du GHU Paris. L’évaluation des propositions inclura des critères d’impact sur les usagers, d’innovation technologique et de viabilité opérationnelle. MindLink prévoit la sélection des projets au premier trimestre 2025 et leur intégration dans des parcours d’expérimentation en conditions réelles dès le deuxième trimestre. Le projet s’ancre dans une dynamique nationale visant à améliorer l’offre de soins et à promouvoir une vision collaborative de la santé mentale.

    Pour candidater : cliquez ici

     

  • Enquête : L’OCDE explore l’impact du numérique sur le bien-être pour guider les politiques publiques

    47,4 millions de Français connectés, quel impact sur la société ?

    D’après l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), 47,4 millions de français se connectent à internet chaque jour (91% des Français, âgés de plus de 12 ans, utilisent internet), et 50,7 millions de Français sont actifs sur les réseaux sociaux (soit 78% de la population).

    Face à la place croissante des technologies numériques dans notre quotidien, l’OCDE, en collaboration avec Cisco, lance cette enquête dans le but de recueillir les perceptions des citoyens sur l’influence des technologies numériques sur le bien-être, au sens large. Ce sondage vise à faire entendre la voix des citoyens vis-à-vis de « ceux qui conçoivent les politiques et prennent les décisions afin de les aider à mettre la technologie à votre service. ».  Le projet se distingue d’autres travaux menés par des institutions comme l’OMS ou l’Union Européenne, qui se concentrent sur des enjeux spécifiques, comme la santé mentale ou la régulation des plateformes. Ici, l’OCDE adopte une vision globale, combinant des analyses quantitatives et qualitatives pour mieux comprendre comment le numérique transforme la société dans son ensemble.

    @OCDE : Sondage de l’OCDE sur le bien-être numérique

    L’OCDE interroge les citoyens sur l’impact du numérique sur leur bien-être

    Les usages numériques présentent des effets contrastés selon les contextes. Les réseaux sociaux facilitent l’accès à l’information, mais sont aussi le théâtre de phénomènes comme le cyberharcèlement. Le télétravail renforce l’autonomie de certains salariés, tout en augmentant le risque d’isolement social. Dans le domaine éducatif, l’apprentissage en ligne constitue une opportunité pour les personnes familiarisées avec les outils numériques, mais peut déstabiliser celles moins à l’aise avec ces technologies. Les relations sociales dématérialisées apportent de la flexibilité tout en posant des questions sur la qualité des interactions humaines.

    Avec cette enquête mondiale, l’OCDE espère ouvrir un dialogue et poser les bases d’une réflexion collective sur la place du numérique dans nos vies. Une démarche qui pourrait guider les politiques publiques vers un usage plus responsable et durable des technologies au service du bien-être.

    En novembre 2024, dans son rapport « Comment va la vie ? 2024 », l’OCDE mentionne que la santé globale des populations a été fragilisée, avec une baisse de l’espérance de vie moyenne et une augmentation des préoccupations liées au bien-être.

     

    @ OCDE : La Plateforme sur le bien-être numérique de l’OCDE avec Cisco (le critère de la santé)

     

  • L’Université de Hong Kong dévoile quatre modèles d’IA pour optimiser le diagnostic de 30 cancers et maladies

    Une infrastructure de supercalcul dédiée à l’IA

    L’université des sciences et technologies de Hong Kong (HKUST) a récemment annoncé le développement de quatre modèles d’intelligence artificielle (IA) conçus pour améliorer le diagnostic de 30 types de cancers et de maladies. Ces avancées s’appuient sur une infrastructure de supercalcul dernière génération, révolutionnant le domaine du diagnostic médical assisté par l’IA.Ces nouveaux modèles bénéficient des capacités d’une infrastructure de supercalculateur intégrée à la technologie NVIDIA, qui offre des performances exceptionnelles :

    • Puissance de calcul : jusqu’à 3 000 petaflops, équivalant à 3 milliards de milliards d’opérations par seconde.
    • Traitement massif de données : gestion de plus de 160 millions d’images médicales.

    Grâce à cette infrastructure, des tâches complexes d’intelligence artificielle, autrefois réalisées en plusieurs jours, peuvent désormais être accomplies en quelques heures. Les chercheurs ont ainsi pu développer quatre modèles innovants, qui accélèrent l’analyse et augmentent la précision diagnostique.

    Les quatre modèles d’IA et leurs performances

    • MOME, outil de diagnostic du cancer du sein conçu pour distinguer les masses maligne des masses bénignes du sein à l’aide d’IRM, atteint une précision diagnostique de 87% dans des tests multicentriques
    • mStar PathologyAssitant Tool, qui utilise un algorithme qui modélise directement les images de lames entières, rationalise les flux de travail des pathologistes en automatisant jusqu’à 40 tâches diagnostiques et pronostiques
    • MedMr ,outil de langage multimodal aide à gérer des rapports médicaux et des diagnostics à partir d’images
    • XAIM, qui fournit des explications visuelles et textuelles des analyses générées par l’IA, a atteint une précision de 98,67% dans l’identification des tumeurs et non tumeurs

    Une couverture étendue des tâches cliniques

    Ces modèles atteignent une précision comparable à celle de spécialistes médicaux expérimentés (plus de cinq ans d’expérience). Ils couvrent un large éventail de tâches cliniques, notamment :

    • Le sous-typage et l’évaluation du stade ou de l’étendue du cancer dans le corps (staging du cancer). Cela permet de déterminer l’évolution de la maladie, sa propagation et son impact sur les organes ou tissus voisins.
    • La détection des métastases.
    • La prédiction moléculaire.
    • L’analyse de survie.

     

  • Europe : pénuries de soignants, vieillissement et nouvelles technologies au cœur des priorités (rapport OCDE)

    Une crise des soignants sans précédent

    Selon la nouvelle édition du rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dédié à la santé, l’Europe enregistrait en 2022 un déficit de 1,2 million de professionnels de santé, principalement des médecins, infirmiers et sages-femmes. La principale cause de ce déficit est le “double vieillissement” :

    • d’une part, la population vieillit, augmentant les besoins en soins ;
    • et d’autre part, un tiers des médecins européens ont plus de 55 ans et approchent de la retraite.
    En moyenne, plus d'un tiers des médecins et un quart des infirmières dans les pays de l'UE étaient âgés de plus de 55 ans en 2022 - @ OCDE
    En moyenne, plus d’un tiers des médecins et un quart des infirmières dans les pays de l’UE étaient âgés de plus de 55 ans en 2022 – @ OCDE

    Des chiffres alarmants :

    • 20 pays de l’UE manquent de médecins et 15 de personnels infirmiers.
    • 72 % d’augmentation des recrutements d’infirmiers formés à l’étranger en 2022 par rapport à 2019.
    • Le secteur médical a atteint un niveau d’emploi record en 2022, mais cela reste insuffisant face à l’augmentation des besoins en raison du vieillissement démographique.

    Solutions proposées par l’OCDE :

    • Améliorer les conditions de travail et les salaires.
    • Former davantage de soignants. L’UE n’enregistre qu’une croissance annuelle de 0,5 % du nombre de diplômés en soins infirmiers.
    • Miser sur l’innovation : IA et technologies numériques pour automatiser certaines tâches et libérer du temps pour les soins directs.

    Vieillir en bonne santé pour alléger le système de soins

    En 2023, 21 % des Européens avaient plus de 65 ans. Une proportion qui atteindra 29 % d’ici 2050. Par ailleurs, l’espérance de vie à 65 ans dépasse désormais 20 ans, mais plus de la moitié de ces années sont marquées par des maladies chroniques et des incapacités.

    Espérance de vie et années de vie en bonne santé à 65 ans, par sexe, 2022 - @ OCDE
    Espérance de vie et années de vie en bonne santé à 65 ans, par sexe, 2022 – @ OCDE

    Chiffres clés :

    • 45 % des cas de démence pourraient être évités en traitant 14 facteurs de risque modifiables.
    • Seulement 22 % des personnes âgées pratiquent une activité physique régulière.
    • Moins de la moitié de la vie après 65 ans est vécue sans incapacité.

    3 priorités politiques selon l’OCDE :

    • Promouvoir la prévention.
    • Soutenir la santé mentale.
    • Encourager la gestion autonome de la santé.

    Des inégalités de santé persistantes et de nouveaux défis sanitaires

    L’espérance de vie dans l’UE a augmenté de plus de quatre ans depuis 2000, passant de 77,3 ans en 2000 à 81,5 ans en 2023. Bien qu’elle ait chuté de plus d’un an entre 2019 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, elle a commencé à remonter en 2022 et a retrouvé son niveau d’avant la pandémie en 2023 dans la plupart des pays de l’UE. Les femmes vivent en moyenne 5,3 ans de plus que les hommes (84,2 ans contre 78,9 ans en 2023), mais cet écart s’est réduit de 1,5 an depuis 2000, l’espérance de vie des hommes ayant augmenté plus rapidement.

    Les inégalités en espérance de vie en bonne santé dans l’UE sont marquées par des disparités géographiques et socio-économiques. En 2022, Malte avait les meilleurs résultats, tandis que le Danemark, la Lettonie et la Slovaquie étaient en bas du classement. Les écarts selon le niveau d’éducation sont également importants : les moins éduqués vivent jusqu’à 9 ans de moins sans incapacité, particulièrement en Estonie, Hongrie et Lituanie.

    Autre fait marquant : les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais passent une plus grande part de leur vie avec des limitations d’activités : à 65 ans, elles peuvent espérer 21,1 années supplémentaires, mais moins de la moitié sans incapacité, contre presque autant d’années sans limitation pour les hommes (sur 17,7 ans).

    Espérance de vie à la naissance, par sexe, 2023 (ou année la plus proche) - @ OCDE
    Espérance de vie à la naissance, par sexe, 2023 (ou année la plus proche) – @ OCDE

    La santé mentale des jeunes en difficulté

    L’enfance et l’adolescence sont des phases de vie essentielles pour développer de bonnes habitudes de santé mentale. Pourtant, enfants et adolescents européens voient l’apparition de nombreux troubles psychologiques. En 2022, plus de 40 % des filles et 30 % des garçons de 11 ans ont signalé des problèmes de santé multiples (maux de tête, insomnie, irritabilité), un taux qui augmente avec l’âge, surtout chez les filles : à 15 ans, 68 % des filles et 37 % des garçons sont concernés.

    Les causes citées dans le rapport de l’OCDE incluent le déclin de l’activité physique, l’usage problématique des réseaux sociaux et le cyberharcèlement. Le bien-être mental est également lié au statut socio-économique, les jeunes de familles aisées rapportant une meilleure santé mentale. D’un autre côté, la pandémie de Covid-19 a aggravé ces problèmes, incitant les gouvernements à renforcer le soutien psychologique de leurs jeunesses :

    • la France a lancé le programme « Mon Soutien Psy » en 2021, étendu depuis à tous les âges ;
    • l’Espagne a adopté un plan d’action en santé mentale 2022-2024 ;
    • tandis que l’UE a introduit le Digital Services Act pour protéger les mineurs en ligne.
    Score de bien-être mental, 11 et 15 ans, 2022 - @ OCDE
    Score de bien-être mental, 11 et 15 ans, 2022 – @ OCDE

    Transformation numérique : des progrès et des défis

    En 2023, l’accès aux dossiers de santé électroniques (DSE) a progressé dans l’Union européenne, atteignant en moyenne 79 % (+8 points). Des avancées notables ont été réalisées en Slovaquie, France, Portugal et Irlande, tandis que la Finlande et Chypre ont connu des baisses dues à des révisions stratégiques et des lacunes technologiques.

    L’intégration des données de santé reste inégale : le Danemark et la Norvège offrent un accès complet à dix types de données clés, tandis que des pays comme la Tchéquie, la Suède et la Finlande utilisent des identifiants uniques pour lier plus de 90 % de leurs bases de données. Cependant, l’Allemagne et l’Irlande sont à la traîne en matière de liaison régulière des données.

    Pour renforcer l’accès sécurisé et le partage des informations, l’Espace européen des données de santé (EHDS), mis en place en 2024, vise à faciliter les échanges pour les soins, la recherche et les politiques publiques, avec un déploiement progressif prévu entre 2026 et 2028.

    Accès aux dossiers médicaux électroniques, 2022 et 2023 - @ OCDE
    Accès aux dossiers médicaux électroniques, 2022 et 2023 – @ OCDE

     

  • L’IA en médecine : des essais cliniques pour évaluer son impact réel sur les soins

    Des résultats théoriques solides, mais des défis en pratique réelle

    Leurs conclusions montrent que si l’IA est efficace dans certaines tâches de diagnostic, son intégration dans les pratiques médicales n’a pas encore démontré d’amélioration notable des performances globales des cliniciens. Les grands modèles de langage ont prouvé leur performance dans des contextes théoriques, notamment lors d’examens évaluant le raisonnement clinique. Leur application en conditions réelles, confrontée à la complexité des soins, reste à évaluer.

    ChatGPT Plus testé auprès de 50 médecins dans trois centres de pointe

    L’équipe dirigée par le professeur Andrew S. Parsons a publié les résultats de ses recherches dans JAMA Network Open. L’étude a également été présentée lors du symposium 2024 de l’American Medical Informatics Association. L’essai clinique a mobilisé 50 médecins issus de trois spécialités (médecine familiale, interne et d’urgence) et répartis dans trois centres hospitaliers : UVA Health, Stanford, et le Beth Israel Deaconess Medical Center de Harvard. Les participants ont été divisés en deux groupes :

    • Le premier combinait ChatGPT Plus avec des outils traditionnels comme Google ou UpToDate.
    • Le second utilisait uniquement ces méthodes conventionnelles.

    Les médecins ont eu 60 minutes pour résoudre jusqu’à six cas cliniques, des scénarios basés sur des cas réels, contenant les antécédents des patients, des examens physiques et des résultats d’analyses.

    Résultats : l’IA affiche 92 % de précision

    Les médecins qui ont utilisé ChatGPT Plus ont obtenu une précision diagnostique médiane de 76,3 %, légèrement meilleure que celle du groupe témoin (73,7 %). En revanche, ChatGPT Plus, utilisé seul, a atteint un taux de précision de 92 %. L’IA a également permis un gain de temps dans l’établissement des diagnostics : 519 secondes par cas en moyenne contre 565 secondes pour le groupe témoin. À noter : cette rapidité a parfois entraîné une baisse de précision.

    Les chercheurs soulignent l’importance de former les professionnels de santé à exploiter efficacement ces technologies. Ils recommandent l’utilisation de prompts prédéfinis pour intégrer l’IA dans les flux de travail cliniques.

    Limites et perspectives

    Dans la pratique réelle, où les diagnostics s’accompagnent de décisions thérapeutiques complexes, les modèles d’IA pourraient s’avérer moins performants. Pour approfondir ces questions, une nouvelle étude est en cours, visant à évaluer l’impact des LLM sur la prise de décision en gestion des patients. L’étude conclut que l’utilisation conjointe des LLM et des méthodes traditionnelles n’améliore pas encore la précision diagnostique. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une supervision médicale et d’une interaction optimisée entre humains et machines pour maximiser les bénéfices de l’IA en médecine.

    Les technologies d’IA nécessitent des ajustements pour s’intégrer dans les processus médicaux. Afin de poursuivre ces travaux, les chercheurs ont lancé ARiSE (AI Research and Science Evaluation), un réseau visant à évaluer les performances de l’IA dans le domaine des soins de santé.

     

  • Silver économie : le contrat de filière 2024-2027 fait une large place aux nouvelles technologies

    Des acteurs de niveau national et des réseaux territoriaux

    Parmi les partenaires historiques, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Caisse des Dépôts confirment leur engagement dans le contrat de la filière. Ils sont rejoints par Business France pour l’international et le réseau Future4Care, alliance d’Orange, Capgemini, Generali et Sanofi pour les usages numériques au service des seniors.

    De nouveaux acteurs entrent dans la filière :

    • Pour l’adaptation des logements : les fédérations professionnelles concernées : la Fédération Française du Bâtiment, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), l’Union Sociale pour l’Habitat, ainsi que l’Association nationale française des ergothérapeutes ;
    • Pour la mobilité des seniors : L’Union des transports publics et ferroviaires (UFTPF).

    La territorialisation du contrat s’appuie sur un réseau d’acteurs locaux engagés, notamment les collectivités territoriales et les gérontopôles pour la formation et la recherche.

    Enfin, les usagers feront connaître leurs priorités à travers une étude du CREDOC qui paraîtra en 2025. Elle livrera aussi une évaluation économique des budgets nécessaires structurés autour de cinq piliers : parcours résidentiel, mobilité, santé, inclusion sociale, aidants.

    Les 5 axes du contrat de filière

    Le nouveau contrat 2024-2027 est structuré autour de cinq axes :

    • 1️⃣ structurer et organiser la filière an niveau national et territorial ;
    • 2️⃣ comprendre et anticiper les problèmes, en les objectivant de manière scientifique ;
    • 3️⃣ favoriser l’innovation (technologique, sociale et sociétale) ;
    • 4️⃣ expérimenter les solutions et les diffuser ;
    • 5️⃣ communiquer auprès des décideurs publics et privés et du grand public.

    Ces cinq axes sont déclinés en objectifs, avec des pilotes désignés et un calendrier, afin de constituer la feuille de route de la filière avec des ambitions fortes. Des objectifs propres au domaine technologique figurent dans ces différents axes :

    • Objectif 2.3 : Anticiper les conséquences économiques et en termes d’innovation
    • Objectif 3.4 : Doter la filière d’un « centre de preuves » permettant de qualifier les solutions technologiques du secteur
    • Objectif 3.6 : Éclairer la filière et ses acteurs sur les potentialités de l’intelligence artificielle (IA)
    • Objectif 4.3 : Faciliter et massifier le recours aux aides techniques et technologiques, au service de l’autonomie à domicile
    • Objectif 4.7 : Permettre au parcours résidentiel de prendre le virage des nouvelles technologies
    • Objectif 4.16 : Lutter contre la connotation négative de la Silver économie en garantissant un cadre éthique

    Focus sur les nouvelles technologies :

    📌 Objectif 2.3 : Anticiper les conséquences économiques et en termes d’innovation

    « La filière s’est donnée pour mission de faire évoluer le modèle français de prise en compte du vieillissement, d’un format curatif et médico-social vers un modèle préventif et global ». Ce qui suppose une « filière d’innovation, technique et sociale » afin de soutenir les acteurs innovants.

    Descriptif de l’action :

    • Pérenniser le Livre blanc de la Silver économie et la cartographie qui présente l’offre entrepreneuriale, avec ses forces et ses manques ;
    •  Lancer une étude permettant la modélisation de la filière d’ici 2030 (poids économique, emplois, formations, etc.), afin de favoriser la lisibilité et l’attractivité de cet écosystème ;
    • Mener une étude d’impact économique, permettant de quantifier les coûts et bénéfices d’une politique de santé tournée vers la prévention (pour l’ensemble des parties prenantes).

    🏁 Pilote : Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb)

    📌 Objectif 3.4 : Doter la filière d’un « centre de preuves » permettant de qualifier les solutions technologiques du secteur (usage, innovation, modèle économique)

    Dans un marché complexe et foisonnant, il est nécessaire, en « s’appuyant sur l’expérience d’acteurs de la filière (clusters, living labs, gérontopôles), de définir les différentes ‘preuves’ à prendre en considération et structurer un outil permettant de qualifier l’innovation sur la base de critères pertinents et objectifs ».

    Descriptif de l’action :

    • Cartographier les différents types de preuves à prendre en compte avec des acteurs disposant d’une expérience (scientifique, usage, modèle économique…).
    • Créer un véritable « centre de preuves », rassemblant l’ensemble des ressources permettant de qualifier les innovations. Celui-ci devrait alors s’articuler avec le centre de ressources et de preuves de la CNSA.

    🏁 Pilotes à définir.

    📌 Objectif 3.6 : Éclairer la filière et ses acteurs sur les potentialités de l’intelligence artificielle (IA)

    « La filière doit apporter un état des lieux des usages, en fonction des acteurs et secteurs, puis engager une démarche prospective autour du développement de l’IA dans le champ de la Silver économie. »

    Descriptif de l’action

    • Établir un état des lieux des usages de l’IA en fonction de leur usage, des acteurs et des secteurs d’activité ;
    • Confier une mission prospective sur les perspectives de l’IA dans le secteur de la Silver économie.

    🏁 Pilotes : Silver Valley, Future4Care.

    📌 Objectif 4.3 : Faciliter et massifier le recours aux aides techniques et technologiques, au service de l’autonomie à domicile

    Les aides techniques, les robots domestiques contribuent au maintien à domicile, mais il faut les diffuser et accompagner leur appropriation.

    En complément des Centres d’information et de conseils sur les aides techniques (CICAT), dont le maillage territorial est considéré comme insuffisant, la filière propose de s’« appuyer sur les prestataires de services et distributeurs de matériel (PSDM), répartis sur le territoire, en partenariat avec les ergothérapeutes et les prestataires de soins à domicile (PSAD) ».

    Descriptif de l’action :

    • S’appuyer sur les prestataires de services et distributeurs de matériel, afin de faire tester les aides techniques ;
    • Expérimenter l’acceptabilité des ‘robots domestiques’ grand public (aspirateur, nettoyage des vitres, enceinte connectées, etc.) à domicile pour les seniors et leurs aidants.

    🏁 Pilotes : Associations d’ergothérapeutes, Union des PSAD indépendants (UPSADI).

    📌 Objectif 4.7 : Permettre au parcours résidentiel de prendre le virage des nouvelles technologies

    L’objectif de la filière est « d’objectiver l’impact positif » sur différents critères (conditions de travail, qualité de vie des résidents, sobriété et économies) des nouvelles technologies dans le parcours résidentiel.

    Descriptif de l’action :

    • Mener une étude sur l’impact économique des technologies en établissement (sobriété, économies, confort, conditions de travail) ;
    • Monitorer le taux de pénétration des technologies et de l’innovation dans les établissements ;
    • Sur la base des conclusions, contribuer à la création d’un fond permettant l’investissement dans ces technologies.

    🏁 Pilotes : Industries du génie numérique énergétique et sécuritaire (Ignes), Fédération hospitalière de France (FHF).

    📌 Objectif 4.16 : Lutter contre la connotation négative de la Silver économie en garantissant un cadre éthique

    Pour une filière respectueuse et éthique, « France Silver Eco mandate le Technopôle Alpes Santé à Domicile et Autonomie (TASDA) pour mener une étude sur l’intégration de l’éthique dans les pratiques des structures de la Silver économie. Cette étude vise à évaluer les impacts de l’éthique sur la qualité des services offerts aux seniors, en mettant en lumière les meilleures pratiques et les défis rencontrés par les acteurs du secteur ».

    Descriptif de l’action :

    • Lancer une mission autour des enjeux d’éthique comme levier de croissance et de développement.

    🏁 Pilotes : Technopôle Alpes santé à domicile et autonomie (TASDA), Apave, pour le contrôle de mise en œuvre du label Haute Sécurité Santé (HS2).

    Les travaux à venir de la filière

    Le calendrier des actions n’est pas défini à ce stade. Il sera précisé par les travaux de la filière, ainsi organisés :

    • Des groupes de travail, avec des acteurs de terrain, réunis par les pilotes et la gouvernance ;
    • Le Conseil exécutif, « dont la composition doit refléter la diversité thématique et territoriale de la filière », qui se réunit une fois par trimestre et suit la feuille de route ;
    • Le conseil national de la Silver économie, lieu d’échange entre acteurs, « permettant de mettre en avant les initiatives, de créer du lien, de partager les actualités et enjeux » avec l’apport d’experts pour élargir le champ et se projeter. Il se réunit bimestriellement.

     

  • Rapport : 127 déterminants numériques de santé au cœur des enjeux du XXIe siècle (OMS/Europe)

    Comprendre les déterminants numériques de la santé

    Cette nouvelle étude, réalisée conjointement par l’OMS/Europe et la London School of Economics (LSE), en collaboration avec plusieurs institutions internationales, propose un cadre conceptuel novateur de la santé publique : elle identifie les facteurs numériques affectant directement ou indirectement la santé, en réinventant les relations traditionnelles avec les déterminants sociaux, politiques et économiques. Cela inclut des aspects bien connus jusque-là, comme l’accès à Internet ou les équipements technologiques, mais des éléments plus abstraits aussi, tels que la transparence algorithmique et la régulation des contenus nuisibles en ligne. Ce travail met en lumière les mécanismes complexes par lesquels la numérisation influence la santé, tant au niveau individuel que collectif.

    Un écosystème numérique des déterminants de santé :

    Le cadre conceptuel élaboré illustre les relations entre la santé et les déterminants sociaux, économiques, politiques et numériques, ainsi que leur manifestation au sein de différentes composantes de l’écosystème digital. Cela peut être schématisé comme suit :

    • au centre : la santé est entourée d’un spectre intégré de déterminants fortement interconnectés, qui l’influencent directement et indirectement ;
    • une première couche : les déterminants individuels sont classés en catégories sociales, économiques, politiques et numériques ;
    • une couche extérieure : l’interaction des déterminants dans un écosystème reliant les mondes physique et numérique.

    Cette dernière couche montre aussi comment la transformation digitale perturbe et redéfinit les déterminants traditionnels tout en créant un domaine entièrement nouveau : les déterminants numériques.

    Cadre conceptuel des déterminants numériques - @ OMS/Europe
    Cadre conceptuel des déterminants numériques – @ OMS/Europe

    127 déterminants, 30 urgences prioritaires :

    Le rapport recense 127 déterminants numériques classés en cinq catégories :

    • déterminants individuels : accès à Internet, compétences digitales, disponibilité des appareils numériques ;
    • déterminants communautaires : capacités numériques locales, soutien social ;
    • facteurs liés aux technologies : transparence algorithmique, sécurité des données ;
    • déterminants politiques : stratégies numériques et législation ;
    • et enjeux économiques et culturels : culture des données, fractures numériques.

    Parmi eux, 30 ont été qualifiés de “hautement urgents” à traiter. Par exemple, la validation des algorithmes et la régulation des contenus nuisibles ont été jugées essentielles pour éviter la désinformation et renforcer la confiance dans les technologies de santé.

    👉 Un tableau détaillant les 30 déterminants prioritaires peut être consulté aux pages 18 et 19 du rapport du projet, en suivant ce lien.

    Le défi des fractures numériques

    Dans son rapport, l’OMS/Europe met en exergue une double fracture numérique :

    • la première concerne l’accès aux technologies de base, accentuant les inégalités préexistantes ;
    • la seconde, liée à l’adoption de technologies avancées comme l’intelligence artificielle (IA) ou la blockchain, approfondit ces disparités.

    Par ailleurs, les groupes les plus vulnérables – personnes âgées, migrants, handicapés –, qui pourraient bénéficier de solutions numériques, sont souvent exclus de l’usage de ces outils, par manque d’accès ou de compétences. Le Dr David Novillo Ortiz, responsable de l’unité Data et santé numérique de l’OMS/Europe, avertit : « Le paysage numérique évolutif peut exacerber les inégalités si des politiques inclusives ne sont pas mises en œuvre ».

    Vers une gouvernance équitable et inclusive

    Un autre enjeu majeur pour les systèmes de santé est souligné dans le rapport : la gouvernance des données. L’OMS/Europe insiste sur le rôle clé de l’inclusion des parties prenantes non médicales (concepteurs technologiques, régulateurs…) pour créer un écosystème numérique favorable à la santé publique. Des politiques solides doivent garantir la confidentialité, l’interopérabilité des systèmes et une utilisation éthique des données de santé.

    D’un autre côté, des innovations prometteuses comme l’IA nécessitent des politiques adaptées pour limiter les biais et garantir une transparence totale. « Une collaboration interdisciplinaire est essentielle pour éviter que l’innovation numérique ne devienne source d’inégalités », explique le Dr Robin van Kessel de la LSE.

    Des recommandations pour une santé équitable

    Le rapport lance enfin un appel à l’action : la santé numérique doit être pensée comme un outil d’équité. Réduire les fractures numériques, garantir un accès universel et aligner les technologies sur les objectifs de santé publique sont des impératifs pour construire un avenir où le numérique renforce, plutôt qu’il n’affaiblisse, la santé des populations.

    Pour répondre à tous ces défis, l’OMS/Europe émet ainsi plusieurs recommandations, qui peuvent être résumés en quatre axes :

    • investir dans des infrastructures numériques inclusives ;
    • former les populations vulnérables aux compétences numériques ;
    • promouvoir la transparence des technologies et la modération des contenus ;
    • et sensibiliser les décideurs aux nouvelles fractures numériques.