L’ARS d’Île-de-France a annoncé le 5 juillet 2018 le lancement d’un plan d’investissement de plus de 700 millions d’euros sur les 10 prochaines années.
Ce plan peut-être considéré comme innovant à au moins trois points de vue :
• Il est fondé sur de nouvelles méthodes de désignation des projets et modalités d’accompagnement.• En concevant ce programme avec divers acteurs du territoire relevant à la fois du champ hospitalier, des soins de ville et du secteur médico-social, l’ARS veut répondre transversalement aux besoins de santé spécifiques à chaque territoire et participer à la réduction des inégalités tant sociales que territoriales.
• L’hôpital dessiné au sein de cette feuille de route consiste davantage en un promoteur de santé qu’en un simple lieu de soins. Par exemple, les hôpitaux sont invités à accueillir des incubateurs en leur sein dans le cadre de leurs projets d’investissement.
Un plan sous-tendu par une pensée globale et transversale
Le plan régional d’investissement en santé Île-de-France repose sur une approche décloisonnée de la santé. La ville, l’hôpital et le secteur médico-social ne sont plus pensés comme des unités élémentaires de l’action en santé : les notions de « territoire » et de « territorialisation » deviennent au contraire centrales pour élargir le périmètre des réflexions de l’amont à l’aval des hospitalisations et renforcer le recours à l’hospitalisation à domicile.
Aussi, si l’ARS entend promouvoir les investissements en santé nécessaires à la structuration de l’offre de soins hospitalière francilienne, notamment par la mise en place des Groupements hospitaliers de territoires (GHT), elle espère également permettre :
- la transformation stratégique de l’hôpital vers une prise en charge de plus en plus ambulatoire, davantage en lien avec la ville. Le plan prévoit en particulier de renforcer l’offre de soins ambulatoires dans les territoires les plus en difficulté au regard de la démographie médicale ;
- la structuration d’un parcours de santé connectant l’ensemble des professionnels de la santé entre eux et avec les patients.
Nouvelles méthodes de désignation des projets et modalités d’accompagnement
Les 700 millions d’euros prévus par le plan seront réservés aux investissements les plus impactant pour les territoires.
- Le volet hospitalier prévoit de mobiliser 500 M€ sur 10 ans pour permettre aux établissements de santé de préserver leurs capacités à financer leurs investissements. L’ARS souhaite par ailleurs accompagner les établissements dans l’élaboration de leurs projets d’investissements immobiliers pour qu’ils relèvent d’une logique territoriale, décloisonnée et en cohérence avec les besoins ciblés par le Projet régional de santé (PRS).
- Concernant le volet soins de ville, environ 50 M€ seront consacrés sur les 5 années du PRS au développement de l’exercice coordonné en ville. Une attention particulière sera portée aux projets de santé :
- qui intégreront les organisations chargées de la continuité des soins, de l’accueil et de la formation des professionnels, des système d’information partagés, etc. ;
- qui concerneront des zones d’implantation rencontrant des difficultés particulières ou un risque de dégradation.
- Le volet médico-social mobilisera 200 M€ au travers d’appels à candidatures durant les 5 années du PRS pour accompagner la restructuration et le développement de l’offre médico-sociale. Ces aides à l’investissement cibleront préférentiellement les opérations :
- témoignant d’une logique de coopération et de rapprochement (intégration dans les GHT, GCSMS, fusion, etc.) ;
- développant des alternatives à l’hébergement en établissement ;
- améliorant la traçabilité et la coordination des soins au moyen de nouvelles technologies.
L’hôpital comme promoteur de santé acteur de l’innovation
Faire de l’hôpital un promoteur de la santé
Dans une approche visant à augmenter le bien-être de la collectivité, l’ARS a prévu de mener une expérimentation « hôpital et territoire, promoteurs de santé » au « Petit Nanterre », qui intègre le Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre : ce territoire accueillera en particulier un projet d’immobilier hospitalier et un projet d’aménagement urbain.
Il s’agit d’abord de penser de façon intégrée ces deux projets en promouvant une architecture et un urbanisme favorables à la santé des usagers (interfaces urbaines entre l’hôpital et les quartiers alentours, accessibilité, mobilité, qualité sanitaire des espaces, gestion durable des ressources).
Puis, l’ARS, l’hôpital et la collectivité s’impliqueront dans une stratégie coordonnée entre l’hôpital et le territoire combinant soin, prévention et promotion de la santé.
Favoriser l’innovation
L’ARS organise un appel à manifestation d’intérêt innovation à destination des porteurs de projets immobiliers hospitaliers et visant à favoriser un accès égal et précoce à l’innovation en santé. Pour créer un écosystème autour de l’établissement et renforcer l »attractivité de celui-ci auprès des patients, des professionnels et des industriels, l’hôpital pourra devenir au moyen de ce plan un incubateur d’innovations en santé.
Dans ce cadre, l’agence accompagnera les initiateurs de projets dans la conception et la réalisation de cet appel pour qu’ils puissent bénéficier d’un soutien financier allant jusqu’à 0.5 % de l’aide régionale à l’investissement.