Universite

  • La question de la convergence des CTA (Paerpa) et des PTA à l’étude

    Faut-il faire converger les Coordinations territoriales d’appui (CTA) des Parcours de santé pour les personnes âgées en risque de perte d’autonomie (Paerpa) et les Plateformes territoriales d’appui (PTA) ?

    La société de conseil Alcimed le pense, et s’en explique dans un communiqué relayé par le site internet Hospimedia le 26 juin 2018. L’article ne précise toutefois pas les modalités d’un tel rapprochement.

    Deux dispositifs aux finalités convergentes

    Déployé depuis 2014 sur plusieurs territoires pilotes, le dispositif Paerpa (parcours de santé des aînés) vise à maintenir les personnes âgées à domicile le plus longtemps possible, améliorer la coordination des intervenants et des aidants, sécuriser la sortie de l’hôpital des aînés, éviter les hospitalisations inutiles et mieux utiliser les médicaments. Les coordinations territoriales d’appui (CTA) proposent un appui aux démarches du PAERPA pour accompagner et assister les professionnels dans la mise en œuvre du Parcours santé des aînés.

    Introduites par l’article 74 de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les Plateformes territoriales d’appuis (PTA) ont pour mission d’orienter les professionnels de santé vers les ressources sanitaires et médico-sociales nécessaires à la prise en charge de patients complexes (pathologies chroniques notamment), de leur fournir un appui à l’organisation des parcours complexes, et de soutenir les initiatives professionnelles en matière de sécurisation des parcours (décret du 4 juillet 2016).

    Ces deux entités présentent « des similitudes » pour Alcimed, notamment au regard de leurs objectifs : « les deux dispositifs comportent indubitablement de nombreux points communs, à commencer par leurs objectifs, offrir aux professionnels de santé une coordination lisible et intégrée des parcours, et les moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre ».

    Malgré des éléments de différenciation

    Faire converger Paerpa et PTA pour « pérenniser les dispositifs » d’aide aux professionnels selon des modalités encore inconnues

    Interrogée par Hospimedia, Marie-Sophie Ferreira, responsable de mission en politiques publiques de santé chez Alcimed, considère qu’une convergence doit se faire entre Paerpa et PTA, sans négliger les autres dispositifs de coordination territoriale (MAIA, CLIC, etc.). Que recouvre précisément la notion de convergence ? Prendra-t-elle la forme d’une fusion, d’un rapprochement, d’une mutualisation des moyens et/ou des ressources humaines ?

    Si l’intégration des dispositifs Paerpa et PTA est plébiscitée par divers acteurs institutionnels (dont des directeurs d’ARS, d’après l’article), les modalités et leviers d’intégration demeurent encore imprécis.

  • Australie : une stratégie nationale de la e-santé pour favoriser la com’ interopérable et sécurisée

    Fin juin 2018, l’Agence de la santé numérique australienne a dévoilé une stratégie numérique nationale en matière de santé et a mis en évidence comment elle sera en mesure de résoudre les problèmes d’interopérabilité et de communication sécurisée entre les prestataires de soins, les professionnels et les patients mais aussi de soutenir l’adoption des services de santé numériques.

    Le Conseil de santé du Conseil des gouvernements australiens (COAG) a approuvé la stratégie, qu’il décrit comme sûre, transparente et sécurisée.

    Limiter les erreurs médicales dues à une mauvaise communication

    En Australie, des fax obsolètes et non sécurisés sont toujours utilisés pour partager les informations sur les patients entre les fournisseurs de soins.

    Le décès d’un patient a accéléré la mise en place de la stratégie numérique

    En mai 2018, un rapport du coroner* a révélé qu’un patient atteint d’un lymphome hodgkinien (forme de cancer du système lymphatique) était décédé seul parce que ses résultats d’examens médicaux avaient été faxés au mauvais numéro. Son hématologue n’avaient pas reçu les informations vitales qui auraient pu lui sauver la vie.

    L’une des principales priorités de la stratégie nationale est de permettre aux fournisseurs de soins de communiquer avec d’autres professionnels et leurs patients via des canaux numériques sécurisés.

    * Dans les pays de culture anglo-saxonne et au Japon, un coroner est un fonctionnaire chargé, au nom de la Couronne, d’enquêter sur les circonstances d’un décès violent ou obscur.

    Des acteurs de la santé se sont vus pour résoudre les soucis d’interopérabilité

    Le 6 juin 2018, des acteurs clés de l’industrie ont participé à un atelier de collaboration sur la messagerie sécurisée au cours duquel ils ont accepté d’adopter les outils, processus et normes éprouvés pour résoudre les problèmes d’interopérabilité entre systèmes de messagerie sécurisés et d’information clinique.

    La réunion était co-présidée par Emma Hossack, présidente de la Medical Software Industry Association (MSIA), Bettina McMahon, directrice générale de l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA), et Nathan Pinskier, président du comité d’experts e-santé du Royal Australian General College and Practice Systems et président du groupe de pilotage du programme Secure Messaging de l’ADHA.

    Deux consortiums ont été formés

    • Telstra Health dirige un consortium qui teste la livraison des documents relatifs à la décharge des patients de l’hôpital Royal Melbourne à un certain nombre de médecins généralistes. Les autres participants à cette mission sont CorePlus, Genie Solutions, Global Health, HealthLink et Zedmed.
    • Healthlink dirige un autre consortium chargé de tester la livraison des références d’un éventail de médecins généralistes à des spécialistes. Les autres acteurs de ce projet sont MedicalDirector, Best Practice Software, Genie Solutions, Global Health et Telstra Health.

    Les deux consortiums sont en train de finaliser une fonction de recherche grâce à laquelle une seule recherche permettra d’identifier les prestataires de soins australiens, offrant commodité et transparence aux cliniciens recherchant d’autres cliniciens.

    Les projets ont également été étendus à des praticiens paramédicaux et à des dispositifs de dossiers médicaux électroniques utilisés dans ce domaine (source : Opengovasia.com).

    Un consensus a été trouvé pour adapter la com’ numérique au secteur

    Bettina McMahon a déclaré que le partenariat avec le reste de l’industrie et ses clients était la clé pour résoudre les problèmes d’interopérabilité.

    « Les systèmes et les normes de messagerie sécurisée sont en place depuis de nombreuses années, mais en tant que pays, nous avons eu du mal à les mettre en œuvre à l’échelle nationale. Il a fallu du temps pour coproduire avec l’industrie une solution réalisable répondant aux attentes de la communauté clinique », a-t-elle expliqué (source : Opengovasia.com).

    « Nous avons commencé ce projet il y a dix-huit mois. Adopter un véritable processus de coproduction nécessite autant de temps et, finalement, cela nous a permis de parvenir à un consensus sur la façon dont nous allons adapter la communication numérique [au secteur]. »

  • Australia: Digital health strategy to solve interoperability and secure communication problems

    In late June 2018, the Australian Digital Health Agency unveiled national digital health strategy and highlighted how it will be able to solve problems concerning interoperability and secure communication among healthcare providers, professionals and patients but also support the uptake of digital health services.

    The Council of Australian Governments (COAG) Health Council approved the strategy, which it described as safe, seamless and secure.

    Reducing medical errors due to miscommunication

    In Australia, outdated and insecure fax machines are still being used to share patient information between healthcare providers.

    The death of a patient accelerated the implementation of the digital strategy

    In May 2018, a coroner’s* report revealed that a patient with Hodgkin’s lymphoma (a type of lymphoma) died alone because his medical test results were faxed to the wrong number. His hematologist did not received the vital information that could have saved his life.

    One of the main priorities of the national strategy is to enable healthcare providers to communicate with other professionals and their patients via secure digital channels.

    * In Anglo-Saxon countries and Japan, a coroner is a public official responsible for the investigation of violent, sudden, or suspicious deaths.

    Health actors gather to solve interoperability issues

    On June 6, 2018, key industry players attended a secure messaging industry collaboration workshop where they agreed to adopt the tools, processes, and standards that have been demonstrated to solve the interoperability problems across secure messaging and clinical information systems.

    The meeting was co-chaired by Medical Software Industry Association (MSIA) president Emma Hossack, Australian Digital Health Agency (ADHA) chief operating officer Bettina McMahon, and Dr Nathan Pinskier, chair of the Royal Australian College of General Practitioners (RACGP) Expert Committee for eHealth and Practice Systems, and chair of the ADHA’s Secure Messaging Program Steering Group.

    Two consortia were formed

    • Telstra Health is leading a consortium that tests the delivery of discharge summaries from Royal Melbourne Hospital to a number of general practitioners. The other participants in this work are CorePlus, Genie Solutions, Global Health, HealthLink and Zedmed.
    • Healthlink is leading another consortium that has to test the delivery of referrals from a range of general practitioners to specialists. The other participants in this project are MedicalDirector, Best Practice Software, Genie Solutions, Global Health and Telstra Health.

    Both consortia are finalizing a federated search capability wherein a single search will identify Australian healthcare providers, providing convenience and transparency for clinicians looking up other clinicians.

    The projects have also been extended to include allied health practitioners and electronic medical record products used in that domain (source: Opengovasia.com).

    Scaling digital communication: a consensus has been found

    Ms McMahon said the partnership with the rest of the industry and their customers is the key to solving the interoperability issues.

    « Secure messaging systems and standards have been in place for many years, but as a country, we’ve struggled to implement at a national scale. It has taken time to co-produce a workable solution with industry that meets the expectations of the clinical community, » she said (source: Opengovasia.com)

    « We started this project 18 months ago. But to adopt a true co-production process takes this long, and ultimately, has allowed us to reach consensus about how we will scale digital communication. »

  • #FASN2018 : Déploiement d’une PTA – retours d’expérience et pistes d’amélioration

    A l’occasion de l’édition 2018 de FASN (« Faire Avancer la Santé Numérique ») organisée le 26 juin 2018 dans les locaux de l’entreprise Care Insight à Paris, plusieurs acteurs impliqués dans des projets de plateforme territoriale d’appui (PTA) ont fait part de leur expérience et ont esquissé des voies d’amélioration possibles de leur dispositif.

    L’atelier, modéré par David Clavereau, responsable du programme Start-ups et économie numérique de la société Care Insight, a réuni les intervenants suivants :
    -Valérie Chereau-Cornu, Directrice de l’Association Odyssée, Responsable de la PTA Odyssée ;
    -Franck Jolivaldt, Directeur du Département Innovation, GCS SESAN ;
    -Chantal Coru, Analyste fonctionnel, Orion Health.

    Genèse, finalités et caractéristiques des plateformes territoriales d’appui (PTA)

    Les PTA ont été instituées par le décret du 4 juillet 2017 relatif aux fonctions d’appui pour la coordination des parcours de santé complexes, pris en application de l’article 74 la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

    L’objectif de ce dispositif est d’apporter un soutien aux professionnels de santé pour la prise en charge des situations complexes à travers 3 types de services :

    •  l’information et l’orientation des professionnels vers les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales de leurs territoires pour répondre aux besoins des patients avec toute la réactivité requise. La plateforme peut par exemple identifier une aide à domicile, orienter vers une place en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD), etc. ;
    •  l’appui à l’organisation des parcours complexes, dont l’organisation des admissions en établissement et des sorties. En cela, la plateforme apporte une aide pour coordonner les interventions des professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux autour du patient ;
    •  le soutien aux pratiques et aux initiatives professionnelles en matière d’organisation et de sécurité des parcours, d’accès aux soins et de coordination. Dans ce domaine, la plateforme appuie de manière opérationnelle et logistique les projets des professionnels.

    La PTA Odyssée s’efforce, depuis 2006 sous une autre forme juridique, de répondre à ces objectifs

    Deux niveaux de réponses opérationnelles

    La plateforme Odyssée est issue d’une réflexion menée par un groupe de professionnels de santé libéraux, hospitaliers et d’acteurs du maintien au domicile. Ces acteurs interviennent dans 134 communes des Yvelines et du Val d’Oise.

    La plateforme est conçue pour apporter deux niveaux de réponses opérationnelles aux professionnels du territoire d’intervention (zone intervention PTA).

    • Niveau 1 : une information et orientation avec une réactivité. Ces réponses sont élaborées en considérant d’un point de vue global les ressources du territoire.
      Ce premier niveau inclut également une aide à la décision pour le professionnel de santé. Les professionnels de la plateforme peuvent également faire des propositions aux professionnels sur certaines situations (aide au diagnostic, aide à la prescription et mise à disposition d’une expertise, etc.).

    • Niveau 2 : un appui lourd à l’organisation des parcours avec réactivité (prise en compte de la demande) avec l’accord du médecin traitant.

    Les professionnels se sont appropriés le dispositif

    À l’échelle du territoire, sont utilisateurs :

    • 15% des malades et proches ;
    • 39% des professionnels de ville ;
    • 46% des hôpitaux.

    Le « succès » de la PTA Odyssée repose sur plusieurs éléments

    Le succès de la PTA Odyssée, d’après Valérie Chereau-Cornu, est attribuable aux facteurs suivants :

    • une gouvernance pluriprofessionnelle ;
    • un fort ancrage territorial ;
    • une réflexion de long cours menée sur la prise en charge des cas complexes ;
    • un « soucis de pragmatisme » qui incite les acteurs de la PTA à faire porter leurs efforts sur les actions « réalistes » et nécessaires à court et moyen termes ;
    • un dispositif complémentaire (mais non substituable) aux autres services existants (CLIC, MAIA, etc.).

    GCS SESAN et la plateforme de coordination Terr-eSanté

    Le GCS SESAN est l’expert opérationnel en systèmes d’information pour les acteurs de santé franciliens. D’après Franck Jolivaldt, directeur Innovation du GCS, « les outils numériques ont vocation à partager la prise en charge des patients avec l’ensemble des acteurs » de santé. L’interaction des professionnels de santé nécessite de pouvoir s’appuyer sur des outils numériques et des dispositifs de partage efficaces. Le GCS SESAN a fait le choix de l’outil Terr-eSanté.

    Terr-eSanté est une plateforme de coordination, d’échange et de partage d’informations, destinée aux professionnels de toutes disciplines, qu’ils exercent en établissements ou dans le secteur libéral. Terr-eSanté intègre des fonctions générales et des parcours thématiques centrés sur le diabète, la périnatalité, l’insuffisance cardiaque, le DCC (Dossier Communicant de Cancérologie) et sur la mission de service public PDSA (Permanence Des Soins Ambulatoires).

    Les Facteurs clés du succès d’une PTA selon le Directeur Innovation du GCS SESAN

    Retours d’expérience – Orion Health

    Analyste fonctionnel chez Orion Health, qui équipe plusieurs acteurs de santé, Chantal Coru évoque le rôle des éditeurs de logiciel en matière d’accompagnement des PTA :

    • Les contextes et les besoins de santé diffèrent d’une région à l’autre : ceci nécessite de développer des outils modulaires et neutres ;
    • Les régions sont porteuses de projets différents : l’outil doit s’adapter aux politiques de santé déployées à l’échelon régional ;
    • Les projets informatiques liés à la mise en œuvre d’une PTA sont complexes : le rôle d’intégrateur est de ce fait important ;
    • Orion Health, d’après sa représentante, bénéficie de deux avantages : des retours d’expériences internationales similaires et un déploiement de ses solutions dans deux territoires de santé numérique (TSN) sur cinq ;
    • Résorber la distance entre l’usager et l’éditeur de logiciel : l’organisation du projet doit dès la phase initiale tenir compte de cet enjeux.

    Les PTA et les SNACs présentent les avantages suivants : ils permettent de rationaliser un existant complexe, au bénéfice des usagers et des soignants, et constituent en cela un « levier de transformation » du système français.

    Les facteurs clés du succès d’une PTA, selon Chantal Coru, Analyste fonctionnel chez Orion Health

    Pour consulter le site internet de la campagne FASN 2018, cliquez ici.

  • #FASN2018 : « Le parcours va au-delà de la prise en charge des maladies chroniques »(S. Martinon, ANAP)

    À l’occasion de la première édition de la campagne FASN 2018 dédiée au parcours de vie, Sophie Martinon, directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a exposé la vision de l’ANAP sur les parcours et la coordination des acteurs de l’écosystème sanitaire et médico-social.

    Le concept de départ étant le parcours de soin – qui a évolué vers le parcours de santé et de façon encore plus générale vers le parcours de vie – doit être compris aujourd’hui dans sa dimension la plus large possible.

    Au cours de son intervention, Sophie Martinon a notamment abordé les thématiques suivantes :
    • la place de la France par rapport aux autres pays développés : elle leur emboîte le pas sans accuser de retard ;
    • le parcours de santé qui ne s’inscrit pas uniquement dans la charge des maladies chroniques : elle a cité des travaux de l’ANAP qui ont fait émerger les aspects convergents des parcours dans les domaines aussi variés que la santé mentale ou la chirurgie, qui témoignent de l‘intérêt des parcours de santé s’inscrivant dans les parcours de vie ;
    • les enjeux de la structuration des parcours de soin : ils sont liés à l’organisation entre professionnels, l’outil de structuration et le financement qui y est associé.

    La France affiche le même stade d’avancement que les grands acteurs internationaux

    Selon Sophie Martinon, les réflexions et les projets menés à l’heure actuelle par les organes institutionnels français sur la thématique des parcours en santé correspondent au niveau des réflexions menées à échelle internationale. Ils s’inscrivent dans les mêmes tendances du fait de la confrontation aux mêmes problématiques : vieillissement de la population, développement des maladies chroniques, amélioration de la prévention et efficience du système de protection sociale.

    Ainsi, face à ces problématiques internationales convergentes, l’OMS a créé en 2016 un cadre stratégique en faveur des soins intégrés (Integrated Care) avec deux axes notamment : la réorientation des modes de prise en charge (leur évolution) d’une part, et la coordination non seulement des services de santé mais également des services médico-sociaux.

    Cette approche a été reprise par l’OCDE en 2017 et a été traduite dans le système française sous forme de PAERPA. 

    La structuration des parcours de santé non exclusivement réservée à la prise en charge des maladies chroniques

    La vision consistant à inscrire le concept de parcours dans le cadre de maladies chroniques est réductrice à l’heure actuelle, juge Sophie Martinon. Le parcours doit être compris dans sa dimension transversale pour comprendre ses retombées positives dans différents domaines système de la santé.

    L’ANAP a eu l’occasion de travailler sur des équipes pionnières en matière de développement de protocoles dans deux domaines notamment à savoir la réhabilitation après chirurgie (RAC) ou la réhabilitation psycho-sociale. Il s’agit de protocoles améliorés de réhabilitation.

    L’objectif était d’identifier des invariants organisationnels, des évolutions et des tendances similaires dans le champs de la chirurgie et de la santé mentale en l’occurrence. Six principes ont émergé de cette expériences :

    • la prise en charge de la personne dans la globalité et dans son cadre de vie : dans le cas de la RAC, un travail en amont et en aval à domicile s’imposait (habitudes de vie, nutrition, etc.)
    • le retour au cadre ordinaire de la vie de la personne : l’accompagnement psycho-social vise à assurer le retour à l’environnement ordinaire de la personne avec la reprise d’une activité professionnelle ;
    • repositionnement d’un soin dans le parcours de vie : encourager les actes mini-invasifs en chirurgie ou proposer une thérapie de remédiation cognitive permettant une réinsertion la plus rapide possible ;
    • synergie de différents acteurs de santé : intégration au sein d’une équipe traditionnelle de professionnels tels des diététiciens et le kinésithérapeute dans le cadre d’une chirurgie ;
    • évolution des compétences des professionnels dans un cadre plus collaboratif pour développer les échanges où l’enjeu du numérique prend tout son sens au service d’approches coopératives et de structuration de parcours. qui amène à une désinstitutionnalisation des patients.

    L’intégration des parcours de soins dans les parcours de vie est un enjeu structurant du système de santé.

    Les 3 enjeux de la structuration des parcours

    D’après la directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance, la structuration des parcours présente trois enjeux qui se superposent et se renforcent les uns les autres :

    • l’organisation : savoir comment les professionnels choisissent de structurer leur parcours. Pour que l’organisation choisie soit optimale, des prérequis existent comme l’instauration d’une relation de confiance entre les professionnels de différents secteurs (sanitaire et médico-social), alimentée lors de réunions et de discussions multipartites au sein d’un territoire notamment ;
    • l’outillage : il doit garantir une structuration systémique et sa pérennisation et l’outil numérique peut apporter une réponse aux parcours complexes et à la coordination usuelle quotidienne autour d’un patient
    • le financement : le financement expérimental rendu possible par l’article 51, qui n’est pas forcément une nécessité à un stade précoce, mais peut permettre de lever certains obstacles et donne un signal d’encouragement aux acteurs.

    Les questions organisationnelles entre les différents professionnels de santé sont un préalable extrêmement important à la structuration de parcours efficaces.

  • L’ARS Centre-Val de Loire publie le PRS deuxième génération assorti de 50 objectifs opérationnels

    Anne Bouygard, Directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire a signé, le lundi 25 juin 2018 l’arrêté de publication du nouveau Projet régional de santé. Le PRS définit la politique régionale de santé pour la période 2018-2027. Il résulte d’un travail mené avec l’ensemble des partenaires de l’ARS dans le courant de l’année 2017 et d’une consultant citoyenne à laquelle ont participé près de 8 000 personnes.

    La principale préoccupation exprimée par les personnes interrogées est centrée sur l’accès à un médecin, près de chez soi et dans un délai raisonnable. Les priorités identifiées par 30% des sondés portent sur le soutien aux personnes qui s’occupent d’un proche malade ou en situation de handicap, la souffrance psychique, la gestion des médicaments, et les liens entre la ville et l’hôpital.

    Cette réflexion s’est poursuivie en 2018 pendant une phase de consultation de 3 mois (de janvier à avril 2018), à travers la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, le travail des collectivités territoriales et des Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie. Le document final a été rendu public le 24 juin 2018 et intègre les propositions de l’ensemble des acteurs sollicités dans le cadre de cette réflexion partenariale.

    Le PRS affiche plusieurs objectifs : réduire les ISS, améliorer la qualité de vie, favoriser l’inclusion des malades et personnes en situation de handicap.

    Le projet régional de santé de l’ARS Centre-Val de Loire comporte trois documents

    • Le Cadre d’Orientation Stratégique (COS) – 2018-2027
      Il détermine les objectifs généraux de la politique régional de santé et les résultats attendus pour les dix années à venir, fondés sur les caractéristiques de la population et des attentes exprimées lors de la phase de consultation. Les axes structurants du COS peuvent être résumés ainsi :
      • Orientation 1 : « Préserver et améliorer l’Etat de santé de la population » ;
      • Orientation 2 : « Favoriser la qualité de vie, l’autonomie, l’inclusion des personnes malades et en situation de handicap » ;
      • Orientation 3 : « Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé » ;
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.
    • Le Schéma régional de Santé (SRS) – 2018-2022
      Il constitue la déclinaison opérationnelle du COS à 5 ans.
      • Le SRS s’appuie sur les spécificités de la région Centre-Val de Loire et de ses territoires.
      • Il a été construit autour de quatre axes transverses : Inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé ; Accès au système de santé ; Efficience du système de santé ; Continuité des parcours de santé ;
      • Il comporte vingt-trois chapitres et six parcours spécifiques : personnes âgées, handicap, autisme, cancer, addiction, santé mentale ;
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.
    • Le Programme régional relatif à l’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS).
      • Le  PRAPS 2018-2022, décline les programmes d’actions transversaux et spécifiques visant les difficultés rencontrées par les personnes les plus démunies, généralement les plus éloignées du soin.
        • Sources : le document est disponible au téléchargement en suivant ce lien.

    Ces orientations sont déclinés en 50 objectifs opérationnels, traduits par des résultats à atteindre au cours des cinq prochaines années.

  • Les infrastructures et les TIC sont à la base du potentiel de développement de la Tunisie en santé

    Organisée par le Club Afrique de la Presse Parisienne (CAPP) en collaboration avec l’agence d’information AfricaPresse.Paris et la plateforme d’affaires et de recrutement Convergence, la conférence « Entreprendre en Afrique : les atouts de la Tunisie dans le secteur de la santé » s’est tenue à Paris, le 20 juin 2018.
    Cinq orateurs étaient invités à y prendre la parole, modérée par Alfred Mignot, directeur de AfricaPresse.Paris et Président du Club Afrique de la Presse Parisienne :
    – Philippe de Fontaine Vive Curtaz, Vice-Président honoraire de la BEI ;
    – Mounir Mouakhar, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis ;
    – Monder Khanfir, Vice-Président du Tunisia-Africa Business Council ;
    – Dr Maher Zahar, PDG de MIRE ;
    – Dr Khaldoun Bardi, Chirurgien et membre de l’Académie européenne de médecine.

    Ces cinq orateurs ont unanimement déclaré que la Tunisie était un « pays du seuil », soit un pays riche de nombreux atouts présentant de ce fait un potentiel de développement intéressant. D’après les intervenants, la Tunisie veut prochainement devenir une plateforme régionale de santé éventuellement numérique et de recherche : pour soutenir le développement de la santé en Tunisie, 7% du PIB sont dépensés dans le système de santé (pour un profil sanitaire comparable aux pays de l’OCDE), 43 % étant délivrés par le secteur privé.

    L’objectif est à la fois de rendre la Tunisie attractive pour les entreprises de la santé et les investisseurs d’une part, et pour les patients africains et européens d’autre part.

    L’attractivité de la Tunisie vis-à-vis des entreprises et des investisseurs

    La santé et la recherche en santé en Tunisie : des secteurs réunissant des professionnels recherchés

    D’après les intervenants, le système d’éducation et d’enseignement tunisien forme un personnel médical, paramédical et technique très qualifié et d’autant plus recherché que moins coûteux qu’en France, par exemple.

    Par ailleurs, concernant les domaines de la recherche et du développement, la Tunisie a, selon les intervenants, un profil intéressant du fait de ses 6 000 chercheurs, de son technopôle et de ses 111 laboratoires qui lui permettent d’occuper le 46ème rang dans le classement des pays publiant le plus de travaux de recherche scientifique. En outre, la Tunisie est associée à l’UE dans le programme Horizon 2020 : dans ce cadre, ses équipes peuvent postuler et prendre part aux mêmes programmes de recherche que les laboratoires européens.

    Les supports du profil R&D de la Tunisie : infrastructures et TIC

    • Les infrastructures tunisiennes

    Outre ses nombreux laboratoires, la Tunisie dispose d’environ 2 000 centres de médecine, parmi lesquels 167 hôpitaux dont 23 CHU. Ces centres sont répartis dans le territoire d’une façon relativement homogène, de façon à ce que tout Tunisien puisse avoir accès à un centre de soins à moins de 30 km de chez lui. Ce réseau d’établissements auxquels sont associées des équipes de recherches dessine un système de petites localités réunissant soignants, chercheurs et population locale : du point de vue du Dr Maher Zahar, cette facilité d’accès à la population permet de mesurer facilement l’impact de tel ou tel nouveau dispositif ou phénomène et contribue à rendre le profil R&D de la Tunisie intéressant. 

    •  Maîtrise des techniques d’information et de communication

    Le Président de la chambre de commerce de Tunis a rappelé que la Tunisie « est à la pointe des techniques d’information et de communication (TIC) » : ce domaine représente à l’heure actuelle 11 % du PIB de la Tunisie, pays ayant exporté en 2017 1 milliard de dinars de logiciels et de services informatiques.

    Pour faire de la Tunisie une référence internationale, « l’objectif de la Tunisie […] est de créer 80 000 emplois dans ce secteur des TIC » a indiqué Mounir Mouakhar.

    Investissements et santé numérique

    Les intervenants ont indiqué que la Tunisie bénéficie d’un système de « législation souple » dans le domaine de la finance. L’objectif de cette souplesse est d’encourager les investissements étrangers dans le domaine de la santé et de la recherche en santé, investissements en majorité drainés par la santé numérique.

    Le tourisme médical en Tunisie, miroir de l’attractivité du système de santé du pays

    Constat : un pays relativement attractif pour les patients

    Le tourisme médical mène, à l’heure actuelle, environ 400 000 patients étrangers (dont 3% européens) en Tunisie.

    La Tunisie est notamment la deuxième destination africaine la plus prisée dans le cadre du tourisme de la santé, et la deuxième destination mondiale dans le tourisme de la santé pour des soins de thalassothérapie, après la France.

    Cependant, la Tunisie reste classée 36ème sur 41 destination mondiale en santé, les pays comparables à la Tunisie en termes de développement économique et de situation géographique (Liban, Jordanie) étant toutefois moins bien classés que la Tunisie.

    Différents types de tourisme médical

    D’après le Dr Khaldoun Bardi, le terme de « tourisme médical » réunit au moins trois phénomènes qui expliquent le classement de la Tunisie et son attractivité pour les patients :

    • le tourisme du bien-être, représenté par la thalassothérapie, la balnéothérapie, etc. : dans ce cadre, la Tunisie jouit d’une situation géographique intéressante (proche de l’Europe, donc facile d’accès pour les patients européens) et de nombreuses infrastructures disponibles. De plus, la médecine, qui du fait des avancées technologiques devient de plus en plus préventive et associée au bien-être d’après le Dr Maher Zahar, pourrait dans le futur mener vers la Tunisie de plus en plus de touristes à la recherche de « bien-être » ;
    • le tourisme pour les soins dentaires, ophtalmologiques et esthétiques : de même que le précédent tourisme, il concerne des patients atteints par des pathologies peu invalidantes et peu prises en charge par les systèmes d’assurance maladie et de sécurité sociale étrangers. Le caractère bon marché de ces soins en Tunisie attire donc fortement la patientèle étrangère, et elle pourrait l’attirer plus encore si les établissements tunisiens obtenaient des accréditations nécessaires pour devenir une destination de tourisme médical pour les assurances plus que simplement pour les ménages ;
    • le tourisme de la santé menant à la prise en charge de patients très malades. Dans ce cadre, un alignement des procédures tunisiennes de prise en charge des pathologies lourdes sur les protocoles européens ou américain demeure à mettre en œuvre afin de développer ce dernier type de tourisme médical en Tunisie.

    Finalement, un dernier point a été soulevé lors de la clôture de la conférence : la satisfaction des Tunisiens vis-à-vis de leur propre système de santé.  D’après les intervenants, la population tunisienne serait satisfaite de son système de santé, comparable, pour des raisons historiques, au système de santé français. Cependant, ces dernières années, de nombreux mécontentements auraient été exprimés. Ceux-ci seraient explicables, selon le Dr Zahar, par la baisse du pouvoir d’achat en Tunisie, qui rendrait difficile l’accès aux soins.

  • Urgences : l’IGAS publie son enquête sur les circonstances ayant conduit au décès de Naomi Musanga

    L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié, le 22 juin 2018, un rapport intitulé « Enquête sur les circonstances ayant conduit au décès d’une jeune patiente suite aux sollicitations du Samu de Strasbourg le 29 décembre 2017 ». La publication du rapport coïncide avec le lancement d’une réflexion nationale sur la réorganisation des services d’urgence.

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a chargé par une lettre du 9 mai 2018 l’Inspection générale des affaires sociales d’enquêter sur les circonstances du décès de la jeune femme.

    Le rapport, établi par le docteur Anne-Carole. Bensadon et Juliette Roger, traite conformément à la demande de la ministre :

    • des procédures de régulation des appels mises en place au SAMU de Strasbourg et des modalités de traitement des appels reçus concernant Mme Naomi Musenga ;
    • des conditions de prise en charge de Mme Naomi Musenga par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg  ;
    • de l’accompagnement de la famille par l’établissement  ;
    • des modalités de signalement auprès de l’agence régionale de santé.

    Le rapport de 61 pages de l’IGAS est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien. Il met en évidence « de graves dysfonctionnements » dans le traitement des appels au Samu 67.

    Réorganiser la prise en charge des patients dans les services d’urgence

    La publication de ce rapport s’inscrit dans un contexte général marqué par la volonté affichée du gouvernement et du parlement de faire évoluer l’organisation des services d’urgence français. En atteste à titre d’exemple, un rapport remis le 22 mai 2018 à Agnès Buzyn dans lequel le député Thomas Mesnier (LREM) examine la situation des soins non programmés en France, définis comme « exprimant une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville ». Le rapport parlementaire est consultable en cliquant ici.

  • « Transformer le système de santé depuis les territoires » – Séminaire du Conseil régional d’IdF

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait le 21 juin 2018 une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer la santé des Franciliens ». Health & Tech intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes » avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé » avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de France (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP)
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients » avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé, prévention, ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    « La planification sanitaire, une responsabilité étatique assumée par les autorités municipales »

    Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé

    Sandrine Lamiré évoque le rôle des maires en matière de planification sanitaire. Elle rappelle que face à la pénurie de médecins en Ile de France, les maires sont parmi les premiers acteurs interpellés par les citoyens et sommés de prendre des mesures rapidement.

    Cette mission n’incombe pas aux élus locaux mais à l’Agence régionale de santé (ARS). Les dotations de l’Etat ne permettent pas toujours aux maires d’envisager la construction de maisons pluriprofessionnelles de santé. Sandrine Lamiré rappelle que les maires peuvent conclure des contrats avec les Agences régionales de santé compte tenu des besoins locaux et que ces outils s’avèrent particulièrement utiles.

    « Renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France »

    Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Ile-de-France

    • Quelle est l’actualité des GHT,  mis en place par la loi du 26 janvier 2016 ?

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent l’un des axes de réflexion actuels de la FHF. Serge Blisko considère que les projets d’aménagement urbain menés en Ile-de-France (notamment les transports) soulèvent des difficultés : « ils ne tiennent pas suffisamment compte de l’offre de soins qu’il faut intégrer à la réflexion en amont des projets de planification urbaine ».

    • Attirer les professionnels de la santé en Ile-de-France

    La FHF veut travailler en partenariat avec les offreurs de soins pour renforcer l’attractivité de la région aux yeux des professionnels de santé. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, rappelait en guise d’introduction à la journée de séminaire, que le temps de trajet quotidien d’une infirmière francilienne est estimé à 3h.

    « Le problème des ressources humaines est extrêmement important. Il convient de valoriser l’environnement professionnel pour résorber la pénurie de médecins et d’infirmiers ». Serge Blisko.

    • La répartition des internes en médecine en Ile-de-France est préoccupante

    Le président de la FHF se dit inquiet face à la raréfaction des internes en médecine franciliens. Dans le sillage de la réforme des études de médecine, les « taux d’inadéquation » n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’inadéquation est défini comme la différence entre les postes offerts par un département et les postes pourvus in fine au sein de ce département lors des choix des internes à l’été 2017.

    Ainsi, en 2018, la FHF constate 40% de non prise de poste en Essonne, 38% en Seine-et-Marne, 37% dans le Val-d’Oise et 30% dans les Yvelines. Ces taux sont imputables en partie aux temps de trajet et aux prix des loyers des cabinets médicaux et des domiciles. Serge Blisko en appelle donc au renforcement de l’attractivité de la région Ile-de-France auprès des jeunes et futurs professionnels de santé.

    « Le territoire, un maillon essentiel »

    Un représentant de l’hospitalisation privée en Ile-de-France

    L’orateur salue les déclarations récentes du Président Macron, qui, lors de la journée de la mutualité française, a annoncé vouloir mobiliser les acteurs privés. Les GHT ne doivent pas constituer le socle du système de santé. L’Ile-de-France compte 15 GHT contre une vingtaine de territoires de coordination de santé, lesquels associent acteurs publics et privés.

    « Il ne faut pas appuyer le projet de santé territorial sur les seuls GHT ».

    L’orateur salue le rapport du HCAAM publié en juin 2018, qui préconise de décloisonner les secteurs médical et médico-social. Le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs de santé.

    • Mieux coordonner les activités de soins entre les établissements publics et privés

    En matière de prise en charge aux urgences, les hôpitaux privés d’Ile-de-France accueillent près de 25% des patients, mais « les services de régulation ne tiennent pas suffisamment compte des hôpitaux privés », d’après l’orateur.

    • Supprimer ou modifier les dispositifs de classement des établissements de santé

    La gradation des soins produit par ailleurs des « effets délétères » dans la mesure où les professionnels de santé et les patients ne souhaitent se rendre que dans les établissements classés dans la première catégorie.

    • Faire de la qualité une priorité du système de santé

    L’intervenant en appelle ensuite à soutenir la « qualité » au coeur des organisations et des pratiques professionnelles : « nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte la qualité ».

    • Simplifier l’accès à l’innovation

    Il préconise enfin de simplifier l’accès à l’innovation et cite l’exemple de Ramsay Générale de Santé, qui a inauguré un incubateur destiné aux start-ups spécialisées dans la prévention (diagnostic du mélanome et de maladies oculaires avec l’intelligence artificielle par exemple).

    Le patient expérientiel

    Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs

    La FEHAP a forgé le concept de « patient expérientiel », inspiré de la Charte de Vancouver, qui consiste à faire des patients des acteurs et des sachants, en complément de la communauté de médecins. La Fédération est particulièrement attentive aux enjeux des ressources humaines en santé, des déplacements et temps de trajet entre le domicile et le lieu d’exercice professionnel, de l’accès aux soins des familles et des personnes en situation de handicap.

    Ancrer la formation universitaire dans les territoires

    Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13

    Pour le professeur Jean-Luc Dumas, le territoire doit devenir le déterminant majeur des formations médicales. Comment modifier la formation universitaire ?

    • « La pratique du numerus clausus sclérose nos territoires » ;
    • assurer la continuité d’un parcours ancré dans les territoires ;
    • créer une plateforme unique qui regroupe les formations initiales et continues ;
    • créer des passerelles et de nouvelles filières de formation ;
    • les universités doivent développer une offre de formation dans le champ de l’ « ingénierie organisationnelle » ;
    • les études de médecine doivent intégrer les innovations organisationnelles, techniques et numériques ;
    • valoriser le rôle des patients-enseignants au sein des universités ;
    • créer des « territoires universitaires de santé » ;
    • élaborer des « contrats de responsabilité en santé » dont l’université doit être l’une des parties prenantes ;
    • instituer une « plateforme d’échanges entre la demande et l’offre médicale ».

    Renforcer la coordination territoriale des parcours

    Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes

    Jean-Luc Plavis rappelle que les patients rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment lorsqu’ils sont atteints de maladies chroniques. Le « parcours de santé » se transforme souvent en « parcours du combattant ». Il faut « changer de paradigme » et faire de la coordination des acteurs et des établissements une priorité.

  • Le fonds French Tech Seed : 400 millions d’euros pour les start-ups de la French Tech

    Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé le 21 juin 2018 le lancement d’un nouveau fonds intitulé French Tech Seed à destination des start-ups de la French Tech et géré par Bpifrance.

    Ce fonds de 400 millions d’euros constitue un outil :
    – de financement du pré-amorçage à grande échelle ;
    – pour intervenir directement en fonds propres pour des levées de fonds importantes.

    Il s’agit du troisième volet du Programme d’investissements d’avenir (PIA) dédié au soutien des levées de fonds des start-ups technologiques issues des « apporteurs d’affaires labellisés » :
    • laboratoires ;
    • incubateurs ;
    • SATT.

    Cette annonce s’inscrit dans le plan « Actions start-ups 2018 » annoncé le 25 mai 2018 par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, décliné en 100 actions en faveur de la deep tech (« start-up à forte intensité technologique »).