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  • L’ARS Pays de la Loire lance un AAP : innovation en santé et prise en charge de la douleur

    L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire souhaite soutenir des projets porteurs d’innovation permettant d’améliorer l’accès aux soins et la prise en charge de la douleur chez les personnes atteintes de cancer sur l’ensemble du territoire, en permettant à plus de patients d’avoir accès aux techniques innovantes tout en assurant un suivi de proximité.

    Cet appel à projet (AAP) dispose d’une enveloppe de 100 000 euros et est ouvert à l’ensemble des professionnels, établissements et associations du champ concerné. L’ARS sera attentive aux collaborations proposées : établissements de santé, entreprises et start-ups, sociétés savantes, laboratoires, associations, living lab….  

    Le dossier de candidature doit être envoyé au plus tard le 30 juin 2019 :
    • par courrier électronique : chantal.boudet.ars44@ars.sante.fr
    • ET par voie postale, en 2 exemplaires, en courrier recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre à l’adresse suivante :
    ARS Pays de la Loire
    CS 56233
    44262 NANTES cedex 2.

    Périmètre de l’appel à projet

    Les porteurs peuvent proposer :

    • des modalités d’interventions innovantes afin d’améliorer l’accès de la prise en charge de la douleur à proximité du lieu de vie des personnes.
    • des nouveaux outils, nouvelles pratiques des professionnels ou dispositifs d’accompagnement ayant un impact sur l’organisation de la prise en charge.
    • des nouveaux outils, nouvelles pratiques des professionnels ou organisation favorisant l’autonomie des patients.

    Les projets devront s’inscrire dans un objectif d’application concrète.

    Critères de recevabilité des projets :

    • dossier complet et régulier ;
    • projet sur 24 mois maximum ;
    • un montant inférieur à 50 000 euros pour l’aide demandée, demande de financement uniquement sur des dépenses non récurrentes et exclusivement liées à la mise en œuvre du projet ;
    • le coût complet doit être supérieur au montant de l’aide, le projet doit faire l’objet d’un cofinancement.

    Critères d’éligibilité des projets : 

    • entrer dans le champ de l’AAP et être réellement innovant ;
    • ne pas porter pas atteinte à un droit de propriété intellectuelle caractérisant une contrefaçon au sens de la propriété intellectuelle ;
    • avoir un projet fondé sur un modèle économique assurant sa pérennité ;
    • préciser les indicateurs d’évaluation et les modalités de réalisation de l’évaluation.
  • FASN Cancérologie : le CHU de Tours et la FHF Cancer misent sur le digital – Gilles Calais (2/04/19)

    « Au CHRU de Tours, nous avons une totale numérisation notamment des comptes rendus et des prescriptions des traitements, comme des examens… Le premier atout est la sécurisation de la prescription et du circuit du médicament. Nous avons réduit le nombre d’erreurs d’administration grâce a cette informatisation. Pour les suites de l’hospitalisation et l’ambulatoire, la principale transformation est l’accès à l’information du patient », explique à Health & Tech Intelligence le Pr Gilles Calais, président de la FHF Cancer et chef du service d’oncologie-radiothérapie au CHRU de Tours, à l’occasion des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital ont été au cœur des discussions de ces Recnontres. L’événement, organisé dans le cadre de la campagne #FASN, portait sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces « 36 heures chrono » a mis en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment la FHF Cancer et votre CHU accompagnent ce mouvement de la santé numérique ?

    Gilles Calais : Au niveau de la FHF, nous nous rendons compte que cette dynamique est très différente selon les établissements et les personnes. Nous regroupons des établissements publics de tailles très différentes avec une hétérogénéité de la part de l’activité de cancérologie. Certains n’ont pas d’activité concurrentielle de cancérologie dans un environnement proche, ou sont proches d’un centre de lutte contre le cancer, ou encore sont de plus petites tailles avec une part minime d’activité en cancérologie. Au sein des établissements publics, tous les professionnels ne sont pas au même niveau de développement du numérique. La quasi-totalité des établissements a maintenant atteint ce que j’appellerai un premier niveau d’informatisation : PACS, dossier informatisé plus ou moins étoffé. Mais au-delà, les situations sont très variables. Il est donc difficile d’avoir une stratégie commune sur ce point.

    Au CHU de Tours, nous avons une grosse activité de cancérologie. Elle représente 30 % des séjours. Le recrutement est d’autant plus fort qu’il n’y a pas de centre de lutte contre le cancer dans la même ville. Nous avons, en interne, développé plusieurs axes de développement de la santé numérique notamment dans la prise en charge de la thérapie orale ou encore avec le lancement d’un numéro unique d’appel pour tous les patients de cancérologie. Nous développons un certain nombre d’applications connectées avec les patients pour leur faciliter la vie. Cela fait partie de nos préoccupations quotidienne. Ces actions sont gérées par le comité de coordination de cancérologie (3C).

    Comment ces professionnels participent au développement de la santé numérique ?

    Il faudrait certainement qu’ils le soient plus. Nous préparons actuellement la création de toute pièce d’un nouvel hôpital, prévu à horizon 2026. Au sein de la Commission médicale d’établissement (CME) que je préside, je constate que nous avons du mal à embarquer certains médecins dans une démarche prospective. Ils sont demandeurs d’outils mais ont plus de mal à s’impliquer dans la réflexion en amont sur la conception, les caractéristiques des outils dont ils pourraient avoir besoin. Heureusement, d’autres ont une plus grande appétence pour ces technologies et sont plus moteurs. C’est souvent une question de différence générationnelle. Or, ce projet immobilier est une bonne opportunité pour faire également avancer nos pratiques dans un cadre adapté.

    Comment ces outils transforment la prise en charge des patients ?

    Au CHU de Tours, nous avons une totale numérisation notamment des comptes rendus et des prescriptions des traitements, comme des examens… Le premier atout est la sécurisation de la prescription et du circuit du médicament. Nous avons réduit le nombre d’erreurs d’administration grâce a cette informatisation. Pour les suites de l’hospitalisation et l’ambulatoire, la principale transformation est l’accès à l’information du patient. Toute l’information qui concerne un patient donné est centralisée, sécurisée et plus facilement utilisable.

    Une partie des patients sont d’ailleurs moteurs dans ce développement. Cela dépend aussi de la situation de l’établissement. À Tours, nous sommes face a une population globalement rurale et pas toujours impliquée mais très demandeuse d’outils pour simplifier leur vie, au quotidien, en termes d’agenda, de rappels des consultations par SMS, de rendez-vous… Il s’agit notamment, pour les patients, une fois en dehors de l’hôpital, de communiquer facilement avec les professionnels de santé (secrétaires, infirmières, médecins) autrement que par le réseau téléphonique.

    Quels sont les freins à lever ?

    Ce ne sont pas tant des freins qu’un accompagnement des équipes, ce qui implique notamment de prendre du temps. Dans mon équipe, une partie des praticiens vit la mise en place de ces outils comme une contrainte, consommatrice de temps au détriment de la relation avec le patient, de la relation humaine. Nous leur expliquons que, certes, ils passent un peu plus de temps à saisir des données mais que la contrepartie est l’accès facilité à beaucoup plus d’informations, qu’ils n’avaient pas avant, ou avaient du mal à avoir. C’est au bénéfice du patient et de la communauté.

    Les plus jeunes sont plus familiers de ce genre d’outils et ne voudraient surtout pas revenir en arrière. Ils ne sont pas effrayés par cette saisie de l’information. Ils nous font plus remonter le besoin d’une meilleure ergonomie, rapide, pratique. Certaines solutions que nous utilisons ont été développées il y a une dizaine d’années, comme notre dossier patient informatisé. Il est de qualité mais il y a eu des évolutions depuis et, au regard de la gestion d’un gros établissement hospitalier comme le nôtre, nous ne pouvons pas changer le système tous les deux ans. L’avenir est sans doute aux solutions évolutives.

  • Cédric O chez Doctolib : faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion »

    Cédric O, le nouveau secrétaire d’État au Numérique, a choisi le siège parisien de la société Doctolib pour sa première visite officielle, le mercredi 3 avril 2019. Il s’est fait expliquer le fonctionnement de la société par le président-fondateur Stanislas Niox-Château et ses collaborateurs, avant d’évoquer sa vision et ses projets en matière de numérique. Health & Tech Intelligence était présent.

    Cédric O a confié avoir été « beaucoup marqué » par sa première entrevue avec Stanislas Niox-Château, quand il a reçu entre 100 et 150 entrepreneurs du secteur de la tech en tant que conseiller de l’Élysée chargé du numérique.
    Le président de Doctolib a de son côté confié espérer « un grand plan » en faveur du numérique en santé : il a fait part de sa volonté de doubler à court terme ses effectifs, qui dépassent déjà les 800 personnes.

    Lors de son intervention, le secrétaire d’État a notamment indiqué qu’il allait « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. Soulignant que la notion de « start-up nation » était pour lui importante, il a également insisté sur son intention de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion ».

    Faire émerger des leaders européens

    Regrettant l’absence dans le CAC 40 d’au moins une grande entreprise « liée aux dernières révolutions technologiques », Cédric O s’est assigné la tâche de « créer le cadre » nécessaire à l’émergence de Google, Facebook, Amazon européens. « Quand Facebook modifie ses conditions générales d’utilisation, il change la loi pour 2 milliards de personnes », note-t-il, jugeant « impensable [que] ce soient les plateformes qui décident ». « Quand vous êtes leader vous créez la norme, a souligné le secrétaire d’État. J’aimerais que certaines applis soient européennes. »

    Faire du numérique un facteur d’inclusion sociale

    Cédric O a évoqué son échange de la veille avec le député communiste Christian Hutin pour sa première séance de questions au gouvernement : interpellé sur « la brèche numérique sociale », à savoir sur « les oubliés de la start-up nation », ceux qui « ne peuvent absolument pas accéder au numérique », Cédric O a souligné qu’« aux États-Unis, sur les 10 dernières années, jusqu’à la moitié des emplois créés l’ont été directement ou indirectement grâce à la technologie ».

    « Si l’on veut réduire le chômage [mais aussi voir] perdurer [notre] vision de la vie et de la société, sauver notre modèle, conclut-il, la start-up nation c’est important ». Il a cité en tête de ses 3 grands dossiers l’accès aux services publics depuis la ruralité, et l’importance de faire du numérique un « facteur de simplicité et pas d’exclusion », de le penser en termes d’accès.

  • Le CHRU de Brest lance un appel d’offre pour l’accompagnement de sa stratégie d’innovation

    Engagé dans une politique globale d’innovation, le CHRU de Brest cherche à inscrire sa stratégie d’innovation dans une vision collective et partagée de l’hôpital du futur.

    Pour cela, dans l’optique de diffuser un nouvel état d’esprit et une nouvelle culture d’innovation en son sein, le CHRU lance un appel d’offre pour être accompagné dans le déploiement de cette stratégie.

    Il s’agit d’une procédure adaptée par application des articles 27 et 34 du Code des marchés publics (Décret 2016-360 du 25 mars 2016). La date limite du dépôt des candidatures, à effectuer sur Private.e-marchespublics.com, est le 12 avril 2019 à midi.

    Objectif : diffuser une nouvelle culture de l’innovation

    Cette nouvelle dynamique a pour enjeu d’inventer « l’hôpital de demain » en répondant notamment à 3 questions :

    • Quels seront les besoins des patients et des professionnels de santé ?
    • Quelles sont les évolutions technologiques/organisationnelles que l’établissement doit anticiper afin de répondre à cet objectif ?
    • Comment les ressources hospitalières peuvent-elles être mobilisées à cette fin ?

    Elle devra reposer sur 3 piliers :

    • des méthodes d’action nouvelles, basée sur l’intelligence collective ;
    • une veille technologique et organisationnelle ;  
    • une collaboration étroite et facilitée avec les entreprises innovantes.

    3 axes de réflexions à mener :

    Afin de co-construire ce projet avec l’ensemble des professionnels, le CHRU souhaite être accompagné sur 3 axes de réflexions :

    1. définition de la stratégie et du premier plan d’action :

    • diagnostic du positionnement du CHRU ;
    • proposition d’un projet stratégique adapté aux enjeux d’avenir du CHRU de Brest ;
    • proposition d’un premier plan d’action.

     2. accompagnement méthodologique de la structuration :

    • structurer le pilotage de l’innovation ;
    • importer les méthodes d’innovation ;
    • proposer une méthode de constitution d’un vivier de professionnels et définir des méthodes d’animation ;
    • créer les lieux d’innovation.

     3. diffuser l’innovation au sein de la structure : outils  adaptés à la diffusion de la culture de l’innovation et à l’appropriation des méthodes

    Informations et contact 

    Pour obtenir tous renseignements complémentaires et déposer un dossier de candidature, se rendre sur Private.e-marchespublics.com.

    Date limite de dépôt : 12 avril 2019 à midi

  • FASN Cancérologie : Apporter un service aux patients – Norbert Ifrah – Inca (2/04/19)

    « Le virage ambulatoire, que ce soit en chirurgie ou dans le cadre des traitements accélère le développement d’outils connectés. Aujourd’hui, beaucoup d’applications se développent et font l’objet d’expérimentations dans de nombreuses pathologies et le cancer en fait partie. Aussi, de nouveaux enjeux apparaissent : l’observance des traitements, indispensables pour en garantir l’efficacité ou encore la connaissance, la gestion et la prise en charge des effets secondaires », explique le Pr Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer (Inca) depuis 2016.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est ainsi l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital seront au cœur des discussions lors des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces « 36 heures chrono » mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment l’Inca accompagne ce mouvement de la santé numérique ?

    L’Institut national du cancer est attentif aux dispositifs qui sont développés pour accompagner les patients pendant leur parcours de soins et au-delà. Dans la cadre de ses appels à projets, l’institut a financé en 2015 deux initiatives, en cours d’évaluation, dans le champ de la santé numérique.

    Le premier a été déployé dans le cadre de l’AAP associations pour Jeunes solidarité cancer. Ce projet, appelé « Touch ! », s’articule autour de la création d’une application, pour smartphones et tablettes. Son objectif est de lutter contre l’isolement des jeunes atteints de cancer.

    Le second projet, financé dans le cadre de l’AAP chirurgie ambulatoire, vise à développer une application de suivi à domicile après une chirurgie en ambulatoire via le smartphone. Il s’agit du suivi des cancers du sein, digestifs et gynécologiques, dont l’objectif est d’améliorer l’efficience et la qualité des soins. L’Institut est bien sûr, de surcroît, un acteur important du volet cancer du Health Data Hub.

    Le seul objectif que nous devons poursuivre, avec le développement de solutions connectées, est d’apporter un service aux patients qui le souhaitent et qui contribue à l’amélioration de leur qualité de vie. 

    Comment la prise en charge des patients se transforme ?

    Le virage ambulatoire, que ce soit en chirurgie ou dans le cadre des traitements (chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie) accélère le développement d’outils connectés. Aujourd’hui, beaucoup d’applications se développent et font l’objet d’expérimentations dans de nombreuses pathologies et le cancer en fait partie. Aussi, de nouveaux enjeux apparaissent : l’observance des traitements, indispensables pour en garantir l’efficacité ou encore la connaissance, la gestion et la prise en charge des effets secondaires.

    Les objets connectés peuvent accompagner le patient en le mettant en contact directement avec les équipes soignantes par l’envoi d’un message ou en délivrant une information sur les possibles effets secondaires et conduites à tenir. Ils peuvent aussi faire office « d’aide-mémoire » pour la prise des traitements et améliorer l’observance. Toutefois, nous devons être vigilants et nous assurer que ces dispositifs conviennent aux patients et à ses attentes ; la relation humaine demeure incontournable.

    Quels sont les impacts sur l’organisation des soins et le quotidien des professionnels de santé ?

    Le numérique est un facteur d’amélioration de la qualité des soins et de la continuité de la prise en charge du patient sur le terrain. C’est tout l’enjeu du dossier communicant en cancérologie (DCC).

    Cet outil numérique permet la transmission des informations relatives à la prise en charge des personnes atteintes de cancer, quel que soit leur lieu de traitement. C’est un outil au service de la coordination des professionnels et de l’optimisation du parcours de soins des patients. Le DCC s’inscrit dans la mise en place progressive d’un système de partage et d’échange de données médicales entre tous les acteurs de santé.

    Au-delà du partage et de l’échange, le DCC met à disposition des services spécifiques afin d’aider les professionnels dans leurs pratiques courantes (par exemple, annuaire et gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires – RCP). Ces services contribuent à l’amélioration de la qualité des soins et permettent aux équipes de soins de gagner en efficience, et ceci au bénéfice du patient. Fin 2017, 81 % des patients disposent d’un DCC. 

    Comment ces professionnels participent à la développement de la santé numérique ?

    Les professionnels de santé sont, avec les patients, indispensables au développement de ces dispositifs numériques. C’est à partir de leurs pratiques, de leurs expériences et avec leur participation que ces outils peuvent être mis en place puisqu’ils sont porteurs des connaissances qu’il faut adapter aux outils, et en seront les utilisateurs finaux, avec les malades. 

    Et, justement comment les malades et les associations agissent dans ce développement ?

    Cette question rejoint la précédente. L’expérience des patients est indispensable pour comprendre comment le numérique peut permettre l’amélioration du parcours de soins. Les associations sont également un relai indispensable de l’information auprès des patients pour les informer et les orienter vers les dispositifs existants. Il est essentiel que ces acteurs comprennent que ces outils, tous numériques qu’ils soient, sont encore largement perfectibles et ne détiennent pas « la vérité ». Ses concepteurs construisent un outil supplémentaire, de qualité.

    Quels sont les freins à lever ?

    La dimension éthique du développement de la santé numérique est un sujet majeur. Si la transformation numérique de notre système de santé est une réalité, nous devons nous assurer qu’elle ne se fait pas au détriment des attentes des patients, ou de leur confiance. Les malades doivent avoir le choix d’utiliser ou non ces dispositifs et la relation humaine doit être préservée.

    Par ailleurs, les données enregistrées doivent être sécurisées et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit de données de santé. Enfin, le numérique doit être un outil de lutte contre les inégalités. Pour y parvenir, des pré-requis, qui dépassent le domaine de la cancérologie, sont indispensables, comme la formation des usagers au numérique de santé ou une couverture numérique sur le territoire suffisante.

    Le ministère des Solidarités et de la Santé, dans Ma Santé 2022, s’est engagé à développer un espace numérique de santé personnalisable et individuel pour chaque usager afin de lui permettre d’avoir accès à ses données et lui offrir un ensemble de services tout au long de sa vie. Ce dispositif contribuera certainement à faire évoluer ce champ pour l’ensemble des pathologies.

  • ExclusifH&T Morning : déploiement des services numériques par le NHS (UK) versus France (infographie)

    Établir un comparatif entre les approches du NHS et du ministère de la Santé en matière de e-santé, tel est l’objectif de l’infographie présentée lors du HTI Morning du 28 mars 2019, organisé avec le think tank le Cercle numérique et santé.
    L’infographie met en évidence un système de santé anglais sous pression, avec un accès aux soins primaires difficile : temps d’attente long (13 jours en moyenne), nombre de médecins généralistes faible (0,9°/00) – et un coût de système très lourd, avec un reste à charge pour le citoyen plus de deux fois supérieur à celui de la France.
    Face à ces défis, le NHS entend résolument mettre en place des services numériques pour faciliter l’accès aux soins et la prise en charge : plus d’un million de rendez-vous en ligne par mois sont directement pris sur le site du NHS ou via l’application NHS App, 17 % des consultations sont faites par téléphone et la e-prescription est fortement déployée (62 % des pharmacies connectées).
    L’appui à la prise en charge est également digitalisé : un chatbot de triage et de réponse aux premières questions de santé est mis à disposition de la population ainsi qu’une librairie d’applications santé référencées.

    La stratégie digitale du NHS est continue depuis plus de 15 ans et se voit renforcée dans le Long term plan présenté en janvier 2019 par le gouvernement de Theresa May.

  • Le secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi démissionne

    Le secrétaire d’État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, annonce qu’il quitte son poste afin de préparer sa candidature à l’investiture LREM pour les élections municipales à Paris.

    Merci à chaque personne qui s’est mobilisée pour faire du Numérique une chance pour tous », a-t-il twitté le 27 mars 2019. Heureux d’avoir pu servir le pays pendant deux ans auprès du Président et du Premier Ministre. En route pour un nouvel horizon. Paris doit donner sa chance à tous. #Paris2020. »

    Le nom de son successeur n’est pas encore connu.

  • Rapport Libault : une loi « grand âge et autonomie » à l’automne 2019, les outils numériques renforcés

    Le conseiller d’État Dominique Libault président du haut conseil du financement de la protection sociale (HCFi-PS), remettait ce jeudi 28 mars 2019 à la ministre de la Santé et des Solidarités les conclusions de la concertation « grand âge et autonomie » menée depuis le mois d’octobre.

    Agnès Buzyn a annoncé qu’une loi serait présentée en Conseil des ministres « à l’automne 2019 » sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes.
    Parmi les recommandations, plusieurs concernent l’utilisation des outils numériques ou services digitaux, notamment pour renforcer la coordination des professionnels de santé ou le partage d’informations autour de la personne âgée. H&Tintelligence fait une une synthèse de ces axes.

    Les projets d’Agnès Buzyn

    « L’heure est venue pour une grande prise de conscience » en faveur des personnes âgées, estime Agnès Buzyn: « nous ne pouvons plus fermer les yeux, le mur est trop proche ». La ministre prévoit de « prendre à bras-le-corps » « trois leviers de changement majeurs » à savoir :

    • L’amélioration de « la prise en charge en établissement » avec l’augmentation de la présence humaine en Ehpad ;
    • La baisse du reste à charge en établissement ;
    • La revalorisation des métiers du grand âge, le renforcement de l’attractivité du secteur : la ministre annonce la nomination prochaine d’une personne chargée de proposer « un grand plan en faveur de ces métiers », afin de rendre « espoir » « fierté » « souffle » à des personnels trop souvent « découragés ».

    La ministre prévoit également un « rendez-vous prévention » dédié aux « jeunes retraités » de 60-65 ans afin d’identifier et de réduire les facteurs de risque de perte d’autonomie.  Elle évoque le « nouveau plan de développement » pour les soins palliatifs annoncé en début de semaine pour « mieux accompagner » les prises en charge en Ehpad et à domicile.

    DMP et téléconsultation

    Le rapport Libault veut « généraliser » et « rendre obligatoire la mise en oeuvre et l’usage des services numériques de coordination » « entre les informations médico-sociales, sanitaires ou sociales » « en se basant sur les outils nationaux et locaux ayant fait leurs preuves »  comme le DMP ou les « messageries sécurisées de santé » (Proposition 138): il prévoit pour ce faire « un plan de soutien financier des gestionnaires du secteur social et médico-social non encore équipés en systèmes d’information ».

    Le rapport  imagine parallèlement de « mobiliser le dossier médical partagé pour améliorer le suivi médical des proches aidants » (Proposition 32 ) : le DMP de la personne aidée devrait contenir « le nom et les coordonnées » de son aidant » afin de faciliter le suivi médical de celui-ci par le médecin traitant », et le DMP du proche aidant « mentionnerait la situation de proche aidant de l’intéressé ».

    Le rapport propose « que l’accès à la téléconsultation soit permis pour toute situation de fragilité repérée à domicile » et non plus seulement « à l’initiative du médecin traitant sauf situations d’urgence » (Proposition 48). Il voudrait que « le professionnel qui intervient à domicile » soit autorisé à déclencher une demande de téléconsultation avec « l’établissement de proximité disposant d’une expertise en gériatrie ».

    Renforcer le rôle du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr

    Le rapport Libault relève un « manque d’information disponible » pour la personne âgée et ses proches : il estime (proposition 16) que le portail de la CNSA pour-les-personnes-agees.gouv.fr et le site pourbienvieillir.fr, « les deux points d’information de référence », « devraient être réagencés afin d’organiser des renvois systématiques », et « héberger un service d’identification et de localisation des solutions de proximité pour les personnes âgées en perte d’autonomie et les proches aidants », « intégrant les dimensions de mobilité et de logement ».

    Le document relève les progrès enregistrés avec l’enrichissement du portail www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr « d’un comparateur de prix et reste à charge en Ehpad, ainsi que d’un annuaire des Ssiad et des Spasad », mais déplore l’absence en France d’ «un service d’information sur la qualité de la prestation (taux d’encadrement, état de santé des résidents, etc.), analogue à la démarche RAI (resident assessment instrument) systématisée aux États-Unis ».

    Le rapport propose également d’ « améliorer la visibilité de l’offre en résidences services » par un référencement sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr (proposition 45). Il demande de publier sur ce même site « les évaluations externes et les indicateurs clés » (proposition 60), « sur le modèle des informations disponibles sur ‘Nursing home compare’ de Medicare aux États-Unis ».

    Centraliser, unifier, croiser

    Le rapport Libault imagine la création d’un « formulaire national unique de demande de prestation » pour l’ensemble du territoire (proposition 118) : « la demande d’ouverture des droits pourrait être déposée en ligne, et la personne âgée pourrait consulter, sur un espace sécurisé, le degré d’avancement de sa demande ainsi que simuler facilement ses droits à la nouvelle prestation en fonction de sa situation ».

    Prévoyant de rassembler « au sein d’un guichet unique » « une offre de service d’information, d’orientation, d’aide aux démarches administratives » (proposition 22) le rapport demander d’y relier notamment « un site internet d’information territorialisé », et « un dispositif d’inscription en ligne pour des actions d’accompagnement ».

    Le rapport Libault demande de « développer le croisement de données nominatives entre les organismes de sécurité sociale » « branches maladie, retraite voire famille » pour en faire un être « un outil de repérage des fragilités » (Proposition 86): il imagine que « le programme des startups d’État pourrait être mobilisé pour construire des outils» en ce sens.  

    La proposition 153 voudrait plus précisément « intégrer systématiquement les identifiants nationaux des personnes et des structures dans les systèmes d’information pour faciliter les échanges et les études d’appariement » : « en particulier » « faire remonter le NIR » dans Galaad, le logiciel de saisie des évaluations Pathos et Aggir, afin de permettre leur appariement avec d’autres données comme le panel Eneas (Échantillon National d’Études sur l’Autonomie et l’hébergement des Seniors).  La création d’«un fichier national des bénéficiaires de l’Apa » (Proposition 154)  « faciliterait les appariements avec le Sniiram ».

  • Grand Est : l’application Entr’actes déployée dans le Bas-Rhin pour désengorger les urgences

    L’URPS Médecins libéraux Grand Est et l’ARS Grand Est lancent « Un médecin 116 117 », un dispositif expérimental de prise en charge des soins non programmés par la médecine de ville, visant à désengorger les urgences.
    Le service, mis en place en mars 2019, repose sur Entr’actes, une application pour téléphone mobile disponible sur Apple Store ou Play Store dédiée aux professionnels de santé, qui a été développée en 2016 par la société Medi’Call Concept.

    Le patient peut appeler en cas d’urgence – et de non-disponibilité de son médecin traitant – le numéro gratuit 116 117, entre 8h et 20h du lundi au vendredi. Au bout du fil, un médecin régulateur libéral évalue l’urgence et établit un pré-diagnostic.

    Si une consultation est nécessaire, l’application Entr’actes lui permet d’adresser une notification aux médecins du secteur abonnés au dispositif et qui se sont déclarés disponibles. La consultation a lieu au cabinet du médecin ou au domicile du patient. Le médecin traitant du patient, s’il est abonné, est informé du diagnostic, des prescriptions et des examens demandés par ses confrères.

    Les médecins volontaires bénéficient d’un dispositif incitatif : un intéressement de 13 euros pour chaque acte versé en fin de mois, auquel s’ajoutent 2 euros versés en fin d’année. Le dispositif a été intégralement financé par l’Agence régionale de santé, pour environ 750 000 euros.

    « On a des urgences qui sont en très grande difficulté notamment dans la période hivernale, a déclaré Christophe Lannelongue, directeur général de l’ARS Grand Est à Europe 1 . Or, 40 % des personnes qui vont aux urgences ne devraient pas s’y rendre. La plupart du temps, elles n’ont besoin que d’un conseil. »

  • Téléconsultation : moins de 8 000 actes enregistrés en six mois (Cnam)

    Six mois après le début du remboursement de la téléconsultation, prévue dans l’avenant 6 de la convention médicale, 7.939 actes avaient été pris en charge au 17 mars 2019, annonce l’assurance-maladie dans un « premier bilan » publié le 26 mars. Sur la base des facturations, la Cnam évoque « une montée en charge progressive »  qui « qui tend à s’accélérer » passant de 200 à 700 téléconsultations par semaines depuis la mi-février.  

    Les médecins généralistes sont sur la première marche du podium avec 40,2% des actes enregistrés, suivi des spécialistes avec 32,2% et des centres de santé avec 19,9%, puis des établissements de santé (7,7%).

    Le budget 2018 tablait sur 500.000 actes de téléconsultation en 2019, puis un million en 2020. Ce nouveau service devrait notamment contribuer à lutter contre les déserts médicaux.Pour expliquer l’infériorité des chiffres enregistrés aux prévisions, le communiqué invoque « la diffusion très récente de solutions techniques permettant de faciliter la programmation des téléconsultations et sécuriser les échanges de données médicales ».

    Selon la Cnam, le déploiement de ce nouveau mode de consultation « devrait s’amplifier dans les prochains mois » avec l’aboutissement des négociations sur le remboursement des téléconsultations dispensées par les infirmiers libéraux et les pharmaciens.

    Le communiqué signale également parmi les éléments encourageants la mise en place progressive de solutions permettant à un patient sans médecin traitant « ou en cas d’ indisponibilité de celui-ci ou encore d’urgence médicale » d’avoir recours à la télémédecine. Les premières organisations territoriales de médecins lancées pour effectuer des actes de télémédecine, en dehors du parcours de soins (maisons et centres de santé, équipes de soins primaires et communautés professionnelles territoriales de santé) sont « en cours de référencement » et « trois sont déjà recensées dans l’Aube, l’Isère et La Manche ».