Les services numériques d’appui à la coordination (Snacs) vont permettre aux professionnels de parler le même langage, estiment le Dr Jacques-Olivier Dauberton, directeur de projet au centre de ressource en soins ambulatoire Grand Est (ARS) et président de l’Association des professionnels de Santé du Grand Der, ainsi que Sylvie Chardey, coordinatrice médicale de l’association.
Actuellement, le médecin généraliste gère de plus en plus de cas complexes nécessitant de repositionner l’équipe de soins autour du patient et de disposer de la même information au même moment, rappellent-ils. L’enjeu principal est donc de parler le même langage, « ce que vont permettre les services numériques d’appui à la coordination », expliquent-ils, ajoutant qu’il faut déployer des outils « sécurisés mais simples d’utilisation. »
Les deux acteurs se sont exprimés le 25 avril 2019 lors d’une table ronde centrée sur les politiques publiques au service de l’e-parcours à l’occasion d’un événement organisé par le Grades Pulsy (Grand Est) sur la thématique « e-parcours ».
Le Dr Jacques-Olivier Dauberton est intervenu avec Nicolas Dechassat, directeur de l’Association vosgienne des réseaux de santé (AVRS) et porteur d’une plateforme territoriale d’appui (PTA), en tant que porteurs de 2 projets Snacs (sur 4) sélectionnés par la DGOS en septembre 2018.
Des politiques publiques au service des e-parcours
E-parcours : une démarche entamée fin 2017
Pour rappel, la démarche e-parcours en Grand Est a débuté en octobre 2017 et s’est prolongée toute l’année 2018. Dans le cadre de la réponse à l’appel à projets « Snacs », la région Grand Est a sélectionné 4 territoires pilotes à la suite d’un appel à manifestation d’intérêt (13 réponses avaient alors été obtenues) :
- Grand Der/Meuse ;
- Nord Champagne ;
- Les Vosges ;
- Haute Alsace.
L’initiative a reposé sur les principes suivants :
- un projet piloté régionalement, avec des territoires pilotes ;
- une mutualisation des moyens (via Pulsy) ;
- une complémentarité des territoires (typologie, priorités) ;
- un appui sur l’existant (2 projets historiques sur les 3 régions : Sicodom, Ligo et Ornicare)
Dans le cadre de la table ronde qui s’est tenue le 25 avril, Vincent Leleu, directeur du programme Télésanté-Pulsy, a expliqué que la démarche actuelle établie avec les différents porteurs des projets Snacs était de clarifier les fonctionnalités qui répondent aux besoins exprimés par les acteurs sur leur territoire.
Vosges : Nicolas Dechassat souhaite un outil capable d’animer l’éducation thérapeutique
Concernant le projet du territoire des Vosges, centré sur la coordination de l’éducation thérapeutique du patient (ETP), Nicolas Dechassat indique travailler actuellement avec les différents professionnels de santé de son territoire afin de recueillir leurs besoins en matière d’ETP et d’identifier leur mode de coordination. Beaucoup de projets d’ETP fonctionnant sur la bonne volonté, il souhaite un outil capable d’animer cet ETP et de coordonner les acteurs d’un point de vue administratif dans l’objectif de faciliter l’accès aux programmes.
« Le sujet principal est le parcours et non l’outil » (S. Mansion, CPAM Bas-Rhin)
Selon Sylvie Mansion, directrice de la Caisse primaire d’Assurance maladie du Bas-Rhin :
- la coordination ne se résume pas à l’outil numérique utilisé. Si le déploiement du DMP est actuellement lancé, c’est la phase de l’alimentation de ce dossier qui va être importante, donc les usages ;
- le sujet principal est « le parcours et non l’outil ». C’est l’organisation des professionnels pour s’organiser entre eux qui est la « pierre angulaire » d’une bonne coordination ;
- enfin, « la pertinence du juste soin au bon moment et au juste coût » est essentielle.
« Si l’organisation n’existe pas, la e-santé ne réussira pas » (Laurent Dal Mas, ARS)
Laurent Dal Mas, directeur de la qualité, de la performance et de l’innovation de l’ARS Grand Est rappelé les attentes des professionnels :
- des outils pragmatiques au service du système de soins ;
- des outils pragmatiques au service du rapprochement des professionnels de santé entre eux ;
- des outils pragmatiques au service du rapprochement entre les professionnels de santé et du patient citoyen ;
- que le patient/citoyen soit davantage associé dans la construction de son parcours.
Dans ce cadre, le numérique est au service de l’humain, estime-t-il.
Si plusieurs points de vigilance ont été relevés, le plus important est que l’outil numérique et la e-santé en général « n’est en aucun cas la solution. Si l’organisation n’existe pas, la e-santé ne réussira pas, indique-t-il. Les professionnels de santé doivent se mettre en ordre de marche ».