Universite

  • Rencontres : « découvrir et intégrer les Challenges IA pilotés par la DGE », le 11/10/19 de 14h à 16h

    Un événement dédié aux Challenges IA est organisé le 11 octobre 2019 à Station F. Il est dédié à toutes les start-ups et PMEs qui « souhaitent challenger l’IA au profit de 4 secteurs clés : la santé, le transport-mobilité, l’environnement et la défense-sécurité », précisent les organisateurs. L’objectif de ces rencontres est de découvrir les opportunités de développement et d’innovation proposées.

    Lancés dans le cadre du plan « Intelligence artificielle » annoncé par le Président de la République, ces challenges, pilotées par la Direction générale des entreprises (DGE), font émerger des solutions IA innovantes dans une dynamique d’open innovation dans l’objectif d’améliorer les services publics. Lors de cet après-midi seront présentés les problématiques sélectionnées ainsi que les « sponsors » (entreprises porteuses de challenges sélectionnées dans chacune des thématiques retenues), qui recherchent désormais des start-ups ou des PMEs pour répondre à leur challenge (appel à candidatures en cours). L’idée de l’événement est d’expliquer aux potentiels candidats quels pourraient être leurs profits en termes de data et d’opportunités commerciales, dans le cadre de ces Challenges, et comment rejoindre les lauréats du projet. Les participants seront invités à poser leurs questions et à rencontrer l’ensemble des parties prenantes.

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées sur le site Eventbrite.fr, accessible via ce lien.

  • PLFSS 2020 : la clause de sauvegarde élargie aux DM, 200 M€ d’économies prévues sur ce poste

    « Le PLFSS pour 2020 élargit la clause de sauvegarde aux dispositifs médicaux (DM) et prestations de la liste en sus. » C’est ce qu’affirme le gouvernement dans le dossier de presse diffusé le lundi 30 septembre 2019 au sujet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et présenté par les ministres Agnès Buzyn (Santé) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics). Cette contribution imposée aux industriels, qui existe déjà pour les médicaments innovants, « vise avant tout à améliorer les accords conventionnels » et « n’a vocation à se déclencher qu’en dernier lieu, en cas de progression des dépenses remboursées supérieure à 3 % », est-il précisé.  Le gouvernement indique que celles-ci ont augmenté de « plus de 4 % en moyenne entre 2012 et 2018 » et prévoit d’engager 200 millions d’économies sur les DM, parmi 1,345 milliard d’euros d’économies sur les produits de santé.  

    Afin de « diminuer le reste à charge pour les personnes, de favoriser l’accès à ces dispositifs et de réduire leur impact environnemental » le PLFSS met en place 2 dispositifs :
    • un système de « référencement sélectif » de certains DM  (« une mise en concurrence à l’échelle nationale, permettant ainsi de diversifier les outils de négociation des prix »);
    • la « réutilisation » des DM  encore en bon état de fonctionnement.

    Le gouvernement promet en outre le lancement « très prochainement » des premiers « paiements au suivi pour la prise en charge des patients atteints de pathologies chroniques » (diabète et maladie rénale chronique), après des travaux de co-construction.

    Dans le cadre du PLFSS 2020, les hôpitaux de proximité bénéficieront pour l’exercice de leurs missions d’une dotation de responsabilité territoriale, « permettant l’accès à des consultations de spécialités, des plateaux techniques et des équipements de télésanté ».

    Le projet de loi prévoit enfin de mettre à jour la nomenclature des actes médicaux et paramédicaux « afin d’intégrer plus rapidement l’innovation tout en assurant l’efficience de la tarification » et pour ne pas « favoriser des techniques ou des modes de prise en charge obsolètes ou moins efficaces ».

  • UK : l’Ordre des pharmaciens lance des mesures visant à sécuriser la vente en ligne de médicaments

    Le General Pharmaceutical Council (GPhC), entité de régulation britannique comparable à l’Ordre des pharmaciens français, prend des mesures destinées à garantir la sécurité des patients se procurant en ligne leurs médicaments. Les actions du GPhC concernent en particulier la dispensation à distance de médicaments soumis à une prescription obligatoire (prescription-only medicine) dont l’utilisation peut être dangereuse, tels que des stupéfiants.

    2 communiqués émis par le GPhC les 18 et 26 septembre 2019 précisent que, suite à la parution en avril d’une nouvelle directive encadrant la vente de spécialités pharmaceutiques sur internet, une campagne d’inspections a été initiée et quelques cyber-officines ont déjà été pénalisées pour des manquements sévères aux exigences de sécurité.

    Par ailleurs, le GPhC n’agit pas seul mais accompagné d’autres institutions et organisations du pays pour une régulation transdisciplinaire de la vente en ligne de médicaments.

    Des mesures de sécurité prises par le GPhC

    Le General Pharmaceutical Council (GPhC), organisme de réglementation indépendant des pharmaciens, des techniciens en pharmacie et des locaux de pharmacie en Grande-Bretagne, a lancé au mois de septembre une série de mesures visant à sécuriser la vente en ligne de médicaments dangereux au Royaume-Uni. Ces actions concernent en particulier la délivrance à distance, autorisée au sein du pays, de médicaments dits en France « listés » ou « stupéfiants ». Elles font par ailleurs suite à plusieurs initiatives initiées au cours du mois d’avril 2019.

    En effet, en avril, le GPhC a publié une Directive à destination des pharmacies agréées proposant des services pharmaceutiques à distance et notamment en ligne (Guidance for registered pharmacies providing pharmacy services at a distance, including on the internet). Si cette directive promeut et facilite la vente de médicaments sur internet par les pharmaciens d’officine anglais en clarifiant les exigences liées à ce genre d’activité, elle vise surtout à garantir la sécurité des patients en astreignant les pharmacies en ligne à respecter de bonnes pratiques de dispensation : « Les normes imposées aux pharmacies agrées ont pour objectif d’encourager la création et le maintien d’un environnement à la fois physique et organisationnel capable de garantir la sécurité et l’efficacité de services pharmaceutiques », est-il indiqué dans l’introduction de ce texte, articulé autour de 5 axes ou principes.

    Après la parution de cette directive, le 17 septembre 2019, Ducan Rudkin, directeur du General Pharmaceutical Council, a par ailleurs enjoint les pharmacies en ligne à transmettre au GPhC une copie de l’évaluation des risques associés aux services pharmaceutiques dispensés – évaluation préconisée par la Directive – et une liste des transformations amenées ou à effectuer prochainement (avant le 16 octobre 2019) dans leur entreprise consécutivement à la réception de ce texte. Cette mesure vise à guider et prioriser des inspections à venir.

    En effet, si l’action du GPhC passe aussi par la diffusion d’informations auprès des pharmaciens, des patients et des prescripteurs concernant les bonnes pratiques de prescription, de dispensation et d’achat en ligne des médicaments potentiellement dangereux, elle comprend également des inspections visant à identifier des pharmacies qui, en n’appliquant pas les principes de la directive, proposeraient des services dangereux pour la santé des patients : «  J’ai clairement indiqué que les propriétaires de pharmacie devaient s’assurer de la mise en œuvre de bonnes pratiques capable de les assurer que tous les médicaments fournis conviennent cliniquement à la situation de chaque patient », explique Ducan Rudkin (communiqué).

    Des pharmacies pénalisées

    Duncan Rudkin affirme en effet que le GPhC craint que plusieurs pharmacies en ligne n’aient laissé passer « de graves manquements aux normes de sécurité mettant potentiellement en danger les patients s’ayant vu délivrer des médicaments susceptibles de faire l’objet de mésusages et de provoquer des addictions ».

    « Cette action est en réalité menée contre un petit nombre de pharmacie en ligne et de professionnels qui auraient pu mettre en danger des patients », note le directeur du GPhC. En effet, des mesures de rétorsion n’ont pour l’instant été prises que contre 3 sociétés de type pharmacies en ligne : Pronto Healthcare Ltd, Medix Pharmacy et White Pharmacy.

    • Une inspection menée le 16 mai 2019 a montré que Pronto Healthcare Ltd n’avait pas mis en place de mesures permettant de s’assurer que la délivrance d’opiacés et de médicaments hypnotiques (somnifères) était appropriée et non associée à des mésusages. Ainsi, la pharmacie s’est vu interdire la délivrance de médicaments à dispensation contrôlée par les Régulations contre le mésusage des drogues de 2011 (Misuse of drugs Regulations).
    • Medix Pharmacie, selon une inspection réalisée le 15 mai 2019, ne conservait pas de registres précis et complets des médicaments à prescription obligatoire (prescription only medicines) vendus à l’étranger à des patients notamment Français. Par ailleurs, certaines des substances commercialisées par l’entreprise ne sont pas actuellement autorisées au Royaume-Uni. Aussi, la société n’est plus qualifiée pour vendre en ligne des médicaments (quels qu’ils soient) à l’étranger, à moins qu’elle ne mette en œuvre les pratiques détaillées dans la Directive, conformément aux lois du pays.
    • Enfin, White Pharmacy n’est plus, depuis son inspection, autorisée à vendre en ligne des médicaments contrôlés par les Régulations contre le mésusage des drogues.

    Des actions combinées, transdisciplinaires

    Pour réguler l’activité de vente en ligne des médicaments, le GPhC n’est pas seul.

    Comme le rappellent les acteurs publics britanniques de la santé dans un communiqué daté du 26 septembre 2019, la vente en ligne des médicaments ne concerne pas seulement les pharmaciens mais également les prescripteurs tels que les médecins.

    Selon ce communiqué, la majorité des médicaments est bien prescrite et dispensée en ligne conformément aux exigences de sécurité. Cependant, dans certains cas, la prescription et la dispensation de molécules aux effets addictogènes et dangereux ne sont fondées que sur le remplissage par le patient de questionnaires en ligne (soit sur un échange fortement insuffisant avec les professionnels de santé) et ne sont pas suffisamment tracées par des registres. Tous les professionnels, pas seulement pharmaciens, qui proposent en ligne ces services dangereux doivent être identifiés et guidés vers l’application des réglementations en vigueur. D’autre part, les patients doivent être mieux sensibilisés et informés sur les risques de l’achat de médicaments sur internet.

    • Ainsi, le Conseil général médical (General Medical Council, GMC) a publié des directives à destination des médecins concernant la téléconsultation et la prescription de médicaments à distance afin de promouvoir de bonnes pratiques.
    • La Commission pour la qualité des soins (Care Quality Commission, CQC) a participé à l’inspection des pharmacies en ligne agréées en Angleterre et publié les résultats de ces inspections, alors que l’Autorité de l’amélioration de la qualité des réglementations (Regulation and Quality Improvement Authority, RQIA) a inspecté les pharmacies en ligne irlandaises.
       
    • L’Agence de régulation des médicaments et produits médicaux (Regulation of medicines and healthcare products Agency) a lancé une campagne d’information du public concernant la vente de contrefaçons de médicaments sur internet.

    Contextes européens et français

    Ces actions du Royaume-Uni interviennent dans un contexte de grande hétérogénéité des réglementations européennes concernant la vente en ligne des médicaments et de lutte contre la circulation de médicaments contrefaits au sein du continent.

    Vente de médicaments en ligne : le UK et l’Allemagne s’affirment comme les leaders européens

    Selon l’avis de l’Autorité de la concurrence française relatif aux secteurs de la distribution du médicament en ville et de la biologie médicale privée, publié le 4 avril 2019, le Royaume-Uni (qui autorise la dispensation en ligne de tous les médicaments ayant reçu une autorisation de mise sur le marché au sein du territoire britannique, qu’ils nécessitent une ordonnance ou non et par des officines non nécessairement physiques) et l’Allemagne (où toutes les pharmacies en ligne doivent être adossées à des pharmacies physiques) s’affirment comme les leaders européens de la vente de médicaments sur internet.

    France : le leader de la vente de médicament en ligne est une officine ressortissante d’un autre État de l’UE

    En France, ce marché peine à se développer en raison des régulations qui pèsent sur les officines mais qui garantissent la sécurité des patients. Ainsi, dans ce dernier pays qui, selon l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), demeure l’État de l’UE où les médicaments sont à la fois les plus sûrs et les moins chers, le leader de la vente de médicaments sur internet ne correspond pas une pharmacie française mais à une officine ressortissante d’un autre État membre de l’UE (source : avis de l’Autorité de la concurrence du 4 avril 2019).

  • Étude : redéfinir la maturité numérique en santé en prenant mieux en compte les besoins locaux (NHS)

    Des chercheurs chargés d’évaluer le programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS anglais (programme visant à diffuser le savoir et l’expérience des établissements du NHS ayant atteint une certaine maturité numérique) incitent à revenir sur la définition de la maturité numérique en santé.

    Selon ces experts, dont les travaux sont parus dans le numéro de septembre 2019 du Lancet Digital Health, la maturité numérique doit être reconceptualisée dans un contexte où :
    • les initiatives de digitalisation à grande échelle des systèmes de santé échouent souvent à répondre aux besoins des acteurs locaux ;
    • la définition de la maturité numérique n’a en fait jamais été arrêtée par des comités internationaux de spécialistes ;
    • les grilles d’évaluation de la maturité numérique actuellement disponibles sont partielles et comportent de nombreuses limites.

    Les auteurs encouragent les établissements de santé à promouvoir leur propre définition du concept dans leurs grilles d’évaluation et les équipes pilotes de larges campagnes de digitalisation à en prendre connaissance.

    Contexte de l’étude

    Il existe actuellement un consensus international concernant la nécessité d’une digitalisation des systèmes de santé : il est couramment admis que celle-ci permet d’améliorer à la fois la qualité, la sécurité et la rentabilité des soins administrés dans le monde. Ainsi, de nombreuses organisations tentent depuis plusieurs années de réaliser cette transformation numérique, et ce parfois à l’échelle de pays.

    Or, plusieurs études (telles qu’une première publiée dans The Lancet en 2014, intitulée Adoption of electronic health records in UK hospitals: lessons from the USA, et une seconde parue dans la même revue en 2016 sous le titre suivant : Six ways for governments to get value from health IT) ont montré que la plupart des initiatives de transformation digitale déployées à grande échelle peinent à répondre à la fois aux priorités nationales et aux besoins localement identifiés.

    Par exemple, au Royaume-Uni, dans le cadre du programme national pour les technologies de l’information (National programme for Information Technology, NPfIT), une expertise indépendante concernant la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’approvisionnement a recommandé plus d’approches décentralisées pour l’acquisition de logiciels. Cette expertise a par ailleurs conduit au déblocage de 595 millions de livres sterling (670 M€) destinées au programme Global Digital Exemplar (GDE) du NHS England et à la création d’un réseau d’établissements ayant réalisé avec succès leur transformation digitale (c’est-à-dire ayant atteint une certaine maturité numérique) et désirant partager leur expérience. Il émerge des partages d’expérience que la prise en compte des spécificités locales doit en effet guider la transformation digitale. Mais vers quelle forme de maturité numérique ?

    La maturité numérique en santé, un objet difficile à conceptualiser

    Il n’existe pas encore aujourd’hui de consensus international sur la définition et la mesure de la maturité ou de l’excellence numériques en santé : il n’y a actuellement pas de critères fixes et clairs permettant de déterminer en quoi consiste une utilisation parfaitement effective et sécure des technologies de l’information en santé.

    Ce flou rend particulièrement difficile l’élaboration et le déploiement de programmes de transformation numérique des systèmes de santé : comment en identifier précisément les cibles en l’absence de recommandations internationales et dans un contexte marqué par l’émergence continue de nouvelles technologies ?

    Quelques échelles internationales de maturité numérique

    À l’échelle internationale, malgré l’absence de consensus, il semble que 3 grilles d’évaluation de la maturité numérique soient préférentiellement utilisées par les systèmes de santé :

    • le modèle d’adoption du dossier médical informatisé ou EMRAM (Electronic Medical Record Adoption Model) ;
    • le modèle d’adoption d’infrastructures informatiques ou INFRAM (Analytics Infrastructure Adoption Model) ;
    • le modèle de continuité des soins ou CCMM (Continuity of Care Maturity Model).

    Parmi ces 3 méthodologies d’évaluation complémentaires, c’est la première qui est la plus utilisée.

    Le modèle EMRAM de la HIMMS

    La grille d’évaluation la plus utilisée par les systèmes de santé dans le monde est en effet le Modèle d’adoption du dossier médical informatisé (EMRAM) de la Société des systèmes d’information de gestion et de soins de santé (Healthcare Information and Management Systems Society, HIMSS).

    Cette méthodologie propose de chiffrer la maturité digitale d’un établissement ou organisation de santé en attribuant à ce dernier un stade de développement numérique. Ces stades de développement sont au nombre de 7 : le stade 0 correspond à un organisme ayant à peine amorcé sa transformation digitale (données isolées, pas ou peu de e-communication, etc.) et le stade 7 est associé à l’excellence numérique (pas de registres saisis sur des supports papiers, entrée informatisée des commandes des fournisseurs, utilisation de systèmes d’aide à la décision clinique, etc.).

    Cependant, l’accès au stade 7 (stade d’excellence digitale, de maturation numérique complète) demeure difficile et rare : aux États-Unis, malgré des investissements fédéraux importants, seuls 6 % des hôpitaux ont atteint ce septième niveau. Ce résultat laisse entendre la faiblesse de la grille d’évaluation.

    Le NHS anglais a adapté cette grille EMRAM, lui ajoutant des dimensions d’interopérabilité, de maturité technologique, etc., afin de créer un « Indice de maturité numérique » (Digital Maturity Index) à même  d’évaluer la capacité digitale de ses hôpitaux.

    Les limites des grilles d’évaluation actuelles

    Les principales limites des méthodologies actuelles d’évaluation de la maturité numérique concernent la concentration exclusive de ces grilles sur les technologies utilisées : les adaptations organisationnelles liées à la transformation digitale mises en place dans les établissements sont en particulier ignorées.

    Par ailleurs, l’EMRAM ne s’intéresse qu’à l’efficience des échanges de données au sein des hôpitaux et ne prend pas en compte la communication des établissements de santé avec d’autres acteurs de santé ou médico-sociaux.

    Puis, un établissement ayant atteint le 7ème niveau de l’EMRAM grâce à l’instauration d’un système d’administration des médicaments en boucle fermée pourrait en fait manquer d’expertise dans la gestion et le traitement des données générées par un tel système.

    Enfin et surtout, la représentation d’une unique série d’étapes vers l’excellence pourrait par ailleurs conduire de nombreux hôpitaux à ne pas se concentrer sur les priorités spécifiquement identifiées entre leurs murs ou à leurs alentours. 

    Prendre en compte les besoins à l’échelle locale

    Est-ce à dire que la notion d’excellence digitale devrait être abandonnée ? Non : ce concept permet de motiver les systèmes de santé et établissements à poursuivre leur transformation numérique, dans l’intérêt des patients (la digitalisation des établissements est associée à un meilleur état de santé des populations) et des professionnels de santé (la digitalisation des systèmes de santé s’accompagne d’une amélioration des conditions de travail des professionnels).

    Cependant, de nouvelles échelles d’évaluation de la maturité digitale mieux adaptées aux spécificités et contraintes singulières à la fois économiques, technologiques et institutionnelles des établissements particuliers pris dans leur environnement doivent être développées. 

    Par exemple, les auteurs de l’étude proposent d’utiliser un modèle plus souple que l’EMRAM : il s’agit d’autoriser des ajustements au fil du temps, dans un contexte d’instabilité constante, où les objectifs économiques, technologiques, politiques et de santé changent sans cesse et n’apparaissent en fait jamais totalement fixés, arrêtés. Ils préconisent, plutôt que de recourir à une méthodologie établie longtemps à l’avance et pour tout un État, d’opter pour des process encourageant des ré-évauations constantes à la fois des étapes de digitalisation dépassées et des objectifs décidés : il s’agit d’impliquer les acteurs locaux eux-mêmes dans l’élaboration de leurs propres grilles d’évaluation. 

  • La région Bourgogne-Franche Comté se dote d’un GRADeS

    L’ARS BFC (Bourgogne-Franche-Comté) annonce la création d’un GRADeS (Groupement régional d’appui au développement de l’e-santé) avec l’objectif de « fédérer l’ensemble des acteurs du système de santé pour relever les défis du numérique en santé ».  Cette structure sera issue du rapprochement des GCS (Groupements de coopération sanitaire) « e-santé Bourgogne » et Emosist (Franche-Comté).

    Selon le communiqué daté du 12 septembre 2019, il s’agira de « concrétiser l’ambition du développement du numérique en santé », prévue par le PRS (Projet Régional de Santé) de l’ARS et pilotée au niveau national par la DNS (Délégation du numérique en santé) installée par la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

    L’ARS cite parmi les principaux objectifs du GRADeS BFC:

    – de participer au développement de la télémédecine à partir de la plateforme mutualisée Telmi lancée en juin 2019 ;
    – de « favoriser une meilleure coordination des acteurs de la santé et du social sur les parcours de soins et de vie des patients » en s’appuyant sur le « bouquet de services numériques » eTICSS (e Territoire innovant santé social) dédié à a prise en charge des patients en situation complexe ;
    – de Contribuer au développement du dossier médical partagé (DMP)
    – de Garantir la sécurité des données de santé en région à travers un espace numérique régional de santé.

    La première assemblée générale et le premier conseil d’administration du GRADeS, tenus le 5 septembre, au siège de l’ARS, à Dijon (Côte-d‘Or), ont permis :

    -d’élire le président, Pascal Louis, président de l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) de Bourgogne-Franche-Comté pharmaciens libéraux, par ailleurs président du CNGPO (Collectif national des groupements de pharmaciens d’officine);
    – d’élire trois vice-présidents : Bénédicte Motte, directrice générale adjointe du CHU Dijon, Loïc Grall, directeur général de la Fondation Arc-en-ciel, et Pierre-Antoine Mercier, directeur général de Dracy Santé ;
    – de « nommer collégialement » le directeur, Nicolas Limoge, qui prend la tête d’une équipe de quelque 50 professionnels répartis sur les sites de Besançon et de Chalon-sur-Saône.

  • Territoires ruraux : Édouard Philippe promet télémédecine, médecins salariés et inclusion numérique

    « Développer les plateformes de télémédecine dans des points de contact adaptés dans les territoires ruraux . » C’est ce que prévoit le Premier ministre Édouard Philippe dans son « plan d’actions » présenté vendredi 20 septembre 2019 devant le congrès de l’AMR (Association des maires ruraux de France) organisé à Eppes-Sauvage (Nord).  Le dossier de presse précise que « les pharmacies, les maisons de santé, ou encore les Ehpad pourront accueillir ce type d’équipement pour faciliter le parcours de soins en milieu rural . » 

    Le plan du Premier ministre prévoit parallèlement:

    – d’ « accélérer le recrutement et le déploiement des 400 postes de médecins salariés ou à exercice mixte ville-hôpital en zones sous-dotées », et de « porter ce nombre à 600 », « dont 200 qui seront déployées en priorité dans les zones rurales »;
    – de « garantir la prise en charge des soins non programmés dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) afin de soutenir les gardes par les médecins en zones rurales »;
    – de «déployer les stages d’internes en médecine dans les zones sous-denses, en priorité dans les territoires ruraux »;
    – de « renforcer le champ d’intervention des professionnels de santé non médecins (pharmaciens, infirmières…) en développant de nouvelles pratiques en faveur de l’ambulatoire ».  

    Ce plan d’actions présenté vendredi comprend aussi un volet visant à « favoriser l’inclusion numérique pour les publics éloignés », qui ambitionne notamment:

    -de « résorber en cinq ans les zones blanches de téléphonie mobile » et de « déployer la 4G sur tous les pylônes existants d’ici 2020 » ;
    -d’« offrir un bouquet d’applications numériques clé en main pour les collectivités et les habitants des territoires ruraux » ;
    – de « créer une plateforme collaborative d’information sur les projets numériques des territoires » grâce à la création d’une « start-up d’État » pour permettre aux élus locaux de « développer leurs propres projets » ;

  • Téléconsultation : « le gouvernement n’écoute pas le terrain » (Dr Claude Bronner-FMF)

    « La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes (…) mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts [médicaux], estime le Dr Claude Bronner, médecin retraité actif (URPS ML Grand Est), vice-président de la Fédération des médecins de France (FMF). C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. »

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, le Dr Claude Bronner partage son expérience de la téléconsultation dans l’exercice de son métier, convaincu de l’intérêt de cet acte, remboursé par l’Assurance maladie depuis septembre 2018. Il observe une certaine réticence de la part de ses confrères médecins vis-à-vis de la consultation par vidéo, contrairement aux patients, estimant que la réussite du développement de la pratique repose sur l’amélioration de la coordination entre les soignants.

    En désaccord assumé avec la politique menée par le gouvernement en matière de transformation du système de santé, il estime que le gouvernement a fixé son objectif de 1,3 million de téléconsultations remboursés d’ici à 2021 « sur des illusions » (60 000 actes remboursés ont été comptabilisé par la Cnam entre septembre 2018 et septembre 2019). « Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain« , commente-t-il. Selon lui, le problème organisationnel au niveau des instances publiques est tel « qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent« .

    Téléconsultation : « Il s’agit d’un changement de paradigme majeur »

    La Cnam a comptabilisé 60 000 actes de téléconsultation remboursés depuis septembre 2018 alors que le PLFSS 2018 visait 500 000 actes dès 2019. Êtes-vous surpris ?

    Dr Claude Bronner : Non. C’est tout à fait normal. Il s’agit d’un changement de paradigme majeur.

    Le problème c’est que les ambitions du gouvernement ne collent pas avec la réalité. Il a fixé son objectif (NDLR : 1,3 million d’actes remboursés d’ici à 2021) sur des illusions. C’est stupide ! Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain.

    Regardez un exemple comme Qare. Ils ont bien négocié avec les entreprises, avec une offre de prise en charge par téléconsultation. Le remboursement n’est pas le souci, c’est l’entreprise qui paye ou la Sécurité sociale si elle veut bien. Pourtant ça pose problème parce que que les patients qui utilisent la plateforme ne sont pas suivis par un seul médecin mais par des praticiens différents, selon la disponibilité des uns et des autres. Cela n’a pas de sens. La téléconsultation doit se pratiquer avec un médecin traitant, qui connaît bien le patient, ou ponctuellement avec un autre praticien si le médecin habituel n’est pas disponible. Si vous enlevez le principe du médecin traitant, vous déstabilisez tout le système.

    Les politiques, tout là-haut, ont dû mal avec ça. La réalité les ramène vers le bon chemin.

    Partagez-vous l’avis des acteurs qui estiment que la téléconsultation risque d’accentuer les inégalités d’accès aux soins (existence par exemple de zones blanches, avec une mauvaise connexion internet voire pas du tout) ?

    Tout d’abord, ceux qui disent que la téléconsultation va permettre de lutter contre les déserts médicaux n’ont rien compris. Quand on parle de désert médical, cela signifie que lorsque quelqu’un doit consulter un médecin, il n’en trouve pas : ces personnes-là ont besoin d’un praticien sur place, en physique.

    La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes, certes, mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts. C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

    Dans le bilan communiqué par la Cnam, on remarque que ce sont surtout les jeunes qui ont pour l’instant pratiqué la téléconsultation. Faites-vous le même constat sur le terrain ?

    C’est aussi parce que les médecins sont moins enclins à proposer l’acte à des personnes âgées parce qu’ils pensent qu’ils vont être moins intéressés que les plus jeunes. Or, en pratique, quand on propose des sessions de téléconsultation à des seniors, que l’on en discute avec la famille, cela ne pose pas de problème.

    « Les médecins n’y croient pas »

    Ressentez-vous une bonne adhésion de vos confrères médecins à la téléconsultation ou au contraire une réticence ?

    Les médecins n’y croient pas. Je peux comprendre. L’acte implique un changement de méthode de travail et pose des questions sur la possibilité réelle d’un acte valide, par exemple du point de vue de la qualité de l’examen réalisé.

    De votre côté, en revanche, vous y semblez plutôt favorable. Recourez-vous souvent à l’acte ?

    Je suis médecin retraité actif donc je ne pratique plus autant qu’avant. Sur les 10 à 20 actes que je réalise par semaine, environ 10 % sont effectués par téléconsultation. Et cette proportion tend à augmenter.

    J’utilise la plateforme Telemedica, qui permet de réaliser des téléconsultation mais aussi de transmettre des ordonnances, de bien travailler en somme. Si j’ai un problème, je propose aux patients de les appeler via Whatsapp ou Facetime. Et cela fonctionne très bien.

    Vous arrivent-ils que vos patients refusent de pratiquer une téléconsultation ?

    Non parce qu’ils ont confiance. Il peut éventuellement y avoir une objection d’ordre technique mais dans l’idée ils sont d’accord.

    En résumé, pour que la téléconsultation se généralise, il faut le soutien des médecins en premier lieu.

    Oui, c’est notre rôle de faire la proposition. Et des infirmiers !

    L’un des aspects dont on parle peu, c’est l’élargissement du champs des missions des infirmiers. L’avenant n°6 à la convention infirmière valorise à partir du 1er janvier 2020 l’acte d’accompagnement du patient à la téléconsultation en lien avec le médecin (de 10 à 15 euros, selon que l’acte est réalisé lors d’un soin infirmier déjà prévu ou de manière spécifique à domicile ou dans un lieu dédié au téléconsultation). Ce n’est pas rien.

    C’est avec ce genre de pratiques que l’on va parvenir à mettre en place une vraie organisation des soins.

    Feuille de route du numérique en santé : « du délire total »

    Vous évoquez l’avenant n°6. De manière plus globale en matière d’actions gouvernementales, que pensez-vous de la feuille de route du numérique en santé présentée en avril ?

    C’est du délire total. Le DMP, par exemple, devait être généralisé en 2007 ! Aujourd’hui, on n’a même pas encore intégré le carnet de vaccination au dispositif alors que c’est un élément essentiel (NDLR : il est prévu qu’il soit ajouté au DMP au cours du 1er semestre 2020).

    Quant à la télésurveillance, cela va mettre beaucoup plus de temps à se mettre en place qu’ils ne le pensent. L’essentiel a été oublié dans les faits. Il faut surtout, selon moi, faire un maximum pour améliorer la coordination entre les soignants.

    Il y a tout de même des actions semblant montrer que le gouvernement cherche à prendre le pouls sur le terrain, comme le Tour de France de la e-santé, lancé à Lille en septembre.

    Pour moi, l’Asip Santé (qui organise le tour) aurait dû être supprimée depuis longtemps. Une partie des rôles attribués dans le domaine de la santé est beaucoup trop hiérarchisée. 36 000 bureaux s’occupent du même sujet, ce qui fait qu’on n’avance pas, que rien ne fonctionne.

    La Cnam est la seule instance avec laquelle on peut travailler parce qu’elle est sur le terrain, même si parfois ce n’est pas facile.

    Il y a un problème organisationnel au niveau administratif. Si bien qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent. Quand je vois par exemple tout l’argent qui a été dépensé pour les TSN, et tout ça pour rien, j’en ai les larmes aux yeux.

  • L’Institut Montaigne propose de lancer « un Health Data Hub européen » (rapport)

    Un « pilotage de l’innovation en santé à l’échelle européenne ». C’est ce que recommande le rapport publié par l’Institut Montaigne le 19 septembre 2019 sous le titre « Médicaments innovants : prévenir pour mieux guérir ». Dans la proposition 12 de ce document, l’organisme propose aux pays membres de collaborer autour des 4 axes complémentaires suivants :

    • l’accélération des réflexions autour d’une politique européenne d’évaluation des produits de santé via le Health Technology Assessment (HTA)* ;
    • la mise en place d’ un « horizon scanning européen de l’innovation en santé », qui donnerait « une vision prospective des innovations à venir » ;
    • l’harmonisation des méthodologies d’impact budgétaire au niveau européen ;
    • « un Health Data Hub européen afin d’agréger les données de vie réelle » : les registres de données de vie réelle des pays membres seraient consolidé « afin de mutualiser les coûts et [d’] élargir les populations étudiées », et le dispositif copiloté avec les acteurs publics et privés.

    À l’échelon national, l’institut envisage (proposition 10) « un grand hub des technologies de santé inspiré de celui de la ville de Boston ».  Il s’agirait de « réunir une fois par an responsables politiques et administratifs, autorités de santé, patients, professionnels de santé et laboratoires pharmaceutiques » pour « un pilotage stratégique de l’innovation en santé tenant compte des grands objectifs de santé publique et des innovations sur lesquelles les laboratoires travaillent ».

    Dans la proposition 7 est lancé l’idée d’« expérimenter de nouveaux modèles de financement en s’appuyant sur des registres de vie réelle » et le Health Data Hub. Il s’agirait d’envisager « la fixation d’un prix conditionnel qui serait révisé en fonction des résultats postérieurs à la mise sur le marché » grâce à  un suivi systématique de l’usage des traitements innovants, mis en place « dès lors que ceux-ci ont des impacts sanitaires et/ou économiques significatifs[, ]dès la mise à disposition de l’innovation thérapeutique via le mécanisme d’ATU ». 

    Le rapport recommande également de « promouvoir le développement d’outils numériques d’aide à la prescription afin d’améliorer le bon usage des innovations thérapeutiques » (proposition 9 ). L’objectif serait de fournir un guide aux médecins « afin qu’ils puissent bénéficier des recommandations les plus actualisées et prescrire les médicaments les plus pertinents pour un patient donné ». Ces mêmes outils pourraient être utilisés pour « mesurer l’observance et collecter des données de vie réelle ».

  • Débat du Cnom : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? », le 15 octobre 2019 à Paris

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) organise un débat sur le thème : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? » le 15 octobre 2019 à Paris.

    « L’hôpital, dont un récent sondage Harris [fait ressortir] que 71 % des Français ont une bonne image, est plus que jamais au cœur de l’actualité, contextualise le Cnom, citant la crise des urgences, « cristallisée par une grève qui s’installe dans la durée » mais aussi la refonte de la carte hospitalière, « source d’inquiétude pour nos concitoyens et leurs élus locaux », ou encore « les débats animés sur le rôle et le périmètre des futurs hôpitaux de proximité créés par la loi Ma Santé 2022 ».

    Face à ces différents enjeux, le Conseil estime qu’il est « important de donner la parole aux principaux acteurs du débat sur l’hôpital, pour évoquer ses difficultés, ses transformations, son rôle dans le système de santé de demain et la place que doivent occuper les médecins en son sein, pour que décisions administratives et stratégies médicales soient alignées au service des patients et des territoires« . Tel sera l’objectif de ce débat.

    Les inscriptions pour assister à l’événement sont à réaliser avant le 11 octobre 2019 par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien (dans la limite des places disponibles).

    Intervenants :

    • Un représentant de la Conférence nationale des URPS-ML ;
    • Rachel BOCHER, présidente de l’INPH ;
    • Lamine GHARBI, président de la FHP ;
    • Thierry GODEAU, président de la conférence nationale des présidents de CME ;
    • Thomas LE LUDEC, directeur du CHU Montpellier, membre du bureau de la Conférence des directeurs généraux de CHU ;
    • Thomas MESNIER, député de Charente, membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, auteur d’un rapport sur l’organisation des soins non programmés dans les territoires en mai 2018 et actuellement chargé d’une mission relative à l’amélioration de la situation dans les services d’urgence ;
    • Gérard RAYMOND, président de France Assos Santé ;
    • Frédéric VALLETOUX, président de la FHF.

    Introduction par :

    • Patrick BOUET, président du Cnom.

    Modération par : 

    • François SIMON, président de la section exercice professionnel du Cnom.

    Animation par :

    • Mickaël SZAMES, rédacteur en chef de Public Sénat.
  • Challenges IA – santé : appel à candidatures de start-ups (deadline : le 29 octobre 2019 à 12h00)

    Le CHU de Toulouse et le GCS Sesan ont été sélectionnés comme porteurs des 2 challenges IA « santé » retenus dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts (AMI) ouvert au 1er trimestre 2019. La Direction générale des entreprises (DGE) et Bpifrance lancent à présent l’appel à projets (AAP) « lauréats des Challenges IA » : l’objectif est de sélectionner des start-ups IA pour développer les solutions attendues, décrites dans les cahiers des charges.

    Le ou les lauréats devront construire dans un délai de 3 à 12 mois une solution innovante à la problématique posée basée sur l’IA. Le but du dispositif est d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires en :
    • permettant à des start-ups et PME de développer leurs offres de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec des start-ups ou PME expertes en IA.

    Les dossiers de candidature doivent être adressés exclusivement sous forme électronique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance, accessible via ce lien, avant le 29 octobre 2019 à 12h00 (date et heure de réception faisant foi). Le cabinet Care Insight a été choisi pour aider les start-ups à répondre à cet AAP (contact : Béatrice Falise-Mirat).

    Health & Tech Intelligence présente en détails les modalités de l’appel concernant les 2 challenges « santé » retenus à l’issue de l’AMI vague 1 :
    • « AIS » – sponsor public : CHU de Toulouse – Hôtel Dieu Saint-Jacques : le challenge a pour objectif de trouver une solution au frein à l’échange de données de santé. Il s’agit de développer un procédé d’anonymisation permettant de partager et de transférer les données de santé dans le respect du cadre règlementaire ;
    • « ONESELF » – sponsor : Sesan : le challenge propose d’appliquer l’intelligence artificielle au domaine de la formation pour l’appropriation et la prise en main des outils numériques régionaux en santé.

    Rappel : les Challenges IA

    Les Challenges IA s’inscrivent dans le cade du plan « Intelligence artificielle » et le Programme d’investissements d’avenir (PIA) du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI). Ils sont pilotés par la DGE et opérés par Bpifrance.

    Chaque challenge « identifie une entreprise porteuse d’une problématique applicative précise et disposant de jeux de données (désignée sous le terme « sponsor »), explique la DGE. Dans le cas où le sponsor est un acteur public (administration, collectivité locale, établissement public…), le challenge visera à mobiliser l’IA pour améliorer les services publics et le fonctionnement de la démocratie ».

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs PME ou start-up(s) (désignée(s) sous le terme « lauréat(s) »).

    Challenge « AIS » et « ONESELF » : modalités

    CONTEXTE ET OBJECTIF

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’enjeu principal du moment dans la santé est l’exploitation des données de vie réelle (hospitalière),qu’elles soient rétrospectives ou prospectives. Le CHU de Toulouse dispose d’une très grande quantité de données dans différentes spécialités médicales.

    L’intelligence artificielle est un levier de l’utilisation et de l’exploitation de ces données. Elle permet d’atteindre des objectifs d’amélioration de prise en charge des patients. Ces nouveaux outils faciliteront le développement de nouveaux usages autour de la donnée et des pratiques médicales (aide au diagnostic, médecine personnalisée, e-santé, analyse automatique d’image…).

    Afin d’exploiter ces données, plusieurs défis techniques restent à résoudre et notamment le partage et le transfert des données dans un cadre réglementaire protecteur de la vie privée.

    • « ONESELF » : Sesan

    Afin d’assurer à l’apprenant une expérience d’apprentissage aussi complète en formation à distance qu’en formation présentielle, il est nécessaire de compléter le dispositif de formation à distance d’une personnalisation dynamique, qui s’applique en temps réel à l’utilisateur en fonction de son profil, de son expérience de formation sur le site de e-learning de ses usages de la solution métier et de ses attentes. Cette personnalisation dynamique, possible grâce à l’IA permettra de rendre le parcours de formation adaptatif à l’apprenant.

    Ce challenge aura donc pour objectif de construire les outils numériques permettant d’obtenir dynamiquement des parcours de formation personnalisés, en fonction des besoins des professionnels de santé, de leur niveau et de leur rythme d’apprentissage.

    RÉSULTATS ATTENDUS

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’objectif est de fournir une solution viable d’anonymisation de jeu de données en exploitant les mécanismes de représentation de la donnée utilisée en intelligence artificielle (par exemple en utilisant des mécanismes d’ »embeddings« ). Ces représentations abstraites de la donnée pourraient permettre d’anonymiser efficacement nos données de santé sans endommager leurs propriétés statistiques. Elles resteront donc utilisables facilement par des entreprises pour développer des produits innovants.

    • « ONESELF » : Sesan

    Le prototype devra comprendre le besoin de l’apprenant et lui proposer dynamiquement les pages répondant à ce besoin. Le résultat attendu sera donc la construction de parcours utilisateurs, définis en fonction des interactions de l’apprenant, de son profil identifié préalablement, de ses navigations antérieures voir de ses usages dans la solution métier.

    Le produit du POC devra s’intégrer dans le CMS (WordPress) de manière standardisée,respectant le fonctionnement du cœur du CMS, par exemple sous la forme d’un module ou plugin.

    La construction préalable des liens entre « besoin théorique » et contenus (pages tutoriels,vidéos du CMS) ne fait pas partie du périmètre du POC. Le corpus de données sera fourni parle sponsor dans le cadre d’une démarche pédagogique pilotée par Sesan.

    Démarche d’évaluation : il sera nécessaire dans le cadre du PoC de mettre en place les outils et moyens nécessaires au suivi et l’évaluation de la pertinence des suggestions faites par l’IA en réponse au besoin de l’apprenant. Cette démarche d’évaluation reposera notamment sur la satisfaction de l’utilisateur à l’issue du parcours de formation mais aussi d’une analyse de son comportement dans la solution métier.

    EXIGENCE ET CRITÈRES DE SÉLECTION

    • « AIS » : CHU de Toulouse
      • expérience dans le traitement des données massives ;
      • expérience dans la diversité des données de santé (standards et formats) ;
      • expertise dans l’IA ;
      • culture du développement agile ;
      • culture de la sécurité des données ;
      • expertise sur les problématiques liées à l’anonymisation.

    Ouverture pour une proposition partenariale et commerciale entre le lauréat et le CHU pour l’accès à la solution développée, son utilisation et sa promotion.

    • « ONESELF » : Sesan

    Les candidats devront avoir des connaissances en outils web (CMS, PHP, HTML…) afin d’être en capacité de proposer une solution dont l’architecture technique est compatible avec les contraintes du site e-learning en place.

    L’environnement technique du POC devra être évalué en fonction des impacts de performance et devra pouvoir supporter les variations de fréquentation du site. Une connaissance en socle technique web et hébergement sera également nécessaire au lauréat.

    Si les travaux réalisés par le lauréat dans le cadre d’un challenge demeurent la propriété du lauréat, Sesan souhaite disposer de conditions d’accès privilégiées au produit co-développé entre Sesan et le lauréat. Les conditions d’accès au produit développé feront l’objet d’échanges entre Sesan et les candidats durant les phases d’auditions et seront entérinées avec le lauréat dans les phases du cadrage du challenge.