Syndicats

  • Canada : Imagia, start-up spécialisée dans le diagnostic du cancer par IA, remporte un AAP de 214M€

    Imagia, une start-up canadienne qui développe des outils d’aide au diagnostic en cancérologie, remporte avec l’Institut de recherche Terry Fox (consortium) un appel à projet lancé par le gouvernement canadien visant à améliorer le système de santé grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique canadien, a annoncé un investissement allant jusqu’à 49 millions de dollars (32,6 M€) consenti dans le cadre du volet 4 du Fonds stratégique pour l’innovation (concours du secteur de la santé et des sciences biologiques). Ce prix est combiné aux contributions des 97 partenaires du consortium à hauteur de 108 millions de dollars (71,8 M€) en espèce, soit 157 millions de dollars (104,4 M€) au total, auxquelles s’ajoutent 165 millions de dollars en nature (109,8 M€).

    Imagia, qui compte plus de 60 collaborateurs, va ainsi pouvoir profiter d’un financement total de 322 millions de dollars (214 M€) au total, lui permettant d’installer sa plateforme Evidens dans les hôpitaux canadiens pendant les 4 années à venir. La société souhaite également se développer dans le domaine des maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.

    Evidens est une plateforme basée sur l’IA conçue pour faciliter la prise de décision des médecins en leur permettant de définir le traitement adéquat à utiliser pour chaque patient, mais aussi pour accélérer la sélection des données nécessaires a la recherche.

  • Ailyan, Lattice Medical et PremedIT, lauréats health tech du premier AAP de l’accélérateur Eurasanté

    3 start-ups health tech, Ailyan, Lattice Medical et Running Care(PremedIT), font partie des 8 lauréats retenus à l’issue du premier appel à projets (AAP) de l’accélérateur Eurasanté, lancé en février 2019.

    • Ailyan conçoit des interfaces (logiciels) simplifiées pour favoriser l’accessibilité des personnes âgées ou handicapées aux TIC afin de faciliter leur maintien à domicile dans de bonnes conditions de sécurité, de soins et de services. L’offre logicielle est centrée sur l’autonomie et la stimulation cognitive pour permettre un usage simplifié de la tablette en Ehpad à visée thérapeutique. Ailyan a étendu en 2017 son activité aux tablettes senior à destination du grand public.

    • Lattice Medical développe une bioprothèse implantable personnalisée pour la reconstruction mammaire post-mastectomie, alternative aux prothèses siliconées. La solution brevetée porte sur le développement d’une chambre d’ingénierie tissulaire résorbable et imprimée en 3D afin de régénérer les tissus autologues adipeux. « Des applications de cette innovation sont aussi prévues pour réparer la peau du visage des grands brûlés ou pour la chirurgie esthétique du fessier », précise Eurasanté dans un communiqué publié le 7 juin 2019 à propos des résultats de son AAP.

    • Running Care (PremedIT) est une start-up spécialisée dans la e-santé pour le sport, alliant les sciences médicales à l’intelligence artificielle et à l’analyse prédictive. La société a mis au point son premier produit, Running Care, une application dédiée à la prévention et à la prédiction des blessures chez les coureurs.

    Les 5 autres lauréats sont HCS Pharma (biotech), Inbrain Pharma (biotech), Paragate Medical (DM implantable), Vaxinano (vaccins prophylactiques et thérapeutiques pour les maladies infectieuses) et X’Prochem (synthèse chimique de protéines de 60 à 400 acides aminés).

    Un programme d’accélération dédiés aux start-ups des Hauts-de-France

    Le programme d’accélération est ouvert aux start-ups implantées dans les Hauts-de-France ou souhaitant s’y implanter, et portant un projet innovant (innovation de rupture, technologique, d’usage, organisationnelle) dans les domaines e-santé, technologies médicales, biotechnologies, pharma et services spécialisés en santé. L’appel s’adressait plus précisément aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires significatif ou ayant bouclé une première levée de fonds d’amorçage.

    Le programme, d’une durée de 18 mois, a pour objectif de permettre aux start-ups sélectionnées d’accélérer leur développement vers la levée de fonds de série A. Les entreprises lauréates bénéficieront de l’expertise Eurasanté en financement de l’innovation, business développement, gestion des ressources humaines et accès au marché afin de soutenir leur déploiement.

    Ce programme d’accompagnement a été élaboré pour répondre aux différents besoins identifiés dans les entreprises :

    • lever des fonds pour pérenniser les programmes de R&D entamés et/ou financer une force commerciale efficace ;
    • structurer l’entreprise sur les aspects managériaux et RH (recrutement de talents, renforcement du leadership, organisation interne, fidélisation des employés) ;
    • Anticiper et appréhender les problématiques complexes relatives à l’accès au marché ; (développement clinique et réglementations spécifiques) ;
    • sécuriser l’innovation de l’entreprise pour optimiser son développement ;
    • déployer l’offre de l’entreprise en France et à l’international ;
    • élargir la gamme de produits ou de services.
  • SFTélémed lance un appel à candidatures pour son prix de l’innovation (deadline : 15/07/2019)

    Dans le cadre du Congrès de la télémédecine 2019, qui se tiendra les 3 et 4 décembre 2019 à Paris, la Société française de télémédecine (SFTélémed) lance un appel à candidature pour son prix de l’innovation.

    Le concours, organisé en partenariat avec le Snitem et Medicen, s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui développent une innovation en télémédecine : éducation thérapeutique, pathologies chroniques, données/intelligence artificielle, pilotage/évaluation, innovation organisationnelle/parcours, dispositif médical connecté, formation….

    La date limite pour déposer son dossier de candidature, accessible via ce lien, est le 15 juillet 2019. Le dossier (avec extrait Kbis), accompagné du PPT de présentation, est à envoyé à secretariat@sf-telemed.org.

    Modalités de l’appel à candidature

    L’appel s’adresse aux porteurs de projet ou chefs d’entreprise qui remplissent les conditions suivantes :

    • être une jeune entreprise ​(3 ans maximum)​ et présenter un prototype ;
    • avoir développé une solution innovante en télémédecine/santé numérique (prototype ou solution sur le marché depuis moins d’un an, pilote expérimentation) ;
    • être domicilié sur le territoire français.

    Seront analysés : 

    • le respect des conditions de candidature ;
    • la présentation du projet/de l’entreprise sous format PPT ;
    • le dossier de candidature​.

    À l’issue de cette étape, 5 candidats seront pré-sélectionnés. Ils seront auditionnés devant un jury lors du congrès de la SFTélémed. L’annonce des résultats se fera lors de la session de remise de prix en fin de congrès.

    Le prix de l’innovation 

    Le prix accordé au gagnant sera :

    • de la part de la SFTélémédv : 
      • visibilité sur le site de la SFTélémed en qualité de partenaire ;
      • un an d’adhésion gratuite ;
      • une participation à un programme de formation ;
      • un accompagnement par nos experts à un projet médical ;
      • un stand au sein de l’exposition du congrès de l’année suivante​ ;
      • participation à une séance scientifique 2020 afin de présenter leur innovation récompensée lors du prix innovation ;
    •  de la part de Medicen :
      • avantages d’une adhésion à Medicen Paris Region (accès aux événements, aux outils de veille économique…) ;
      • participation orale lors des réunions du DAS santé numérique de Medicen Paris Region, permettant de présenter l’innovation à un panel de représentants industriels (grands groupes, ETI, PME…) et académiques/cliniques- Visibilité sur un événement co-organisé par Medicen Paris Region ;
      • accompagnement PME​ ;
    • de la part du Snitem :
      • Accès aux service du Snitem pendant un an, sous réserve que votre solution soit un DM : 
        • possibilité d’interroger nos experts ;
        • réglementaire (marquage CE), accès au marché, juridique (RGPD, Cnil…)​.
  • Anapix et ExactCure parmi les 20 lauréats de la 2ème promotion du Prevent2Care Lab (Ramsay)

    La Fondation Ramsay générale de santé et ses partenaires, le fonds de dotation Pfizer Innovation France ainsi que l’accélérateur de la nouvelle économie Inco, ont dévoilé les 20 start-ups qui vont intégrer la 2ème promotion du Prevent2Care Lab, incubateur de start-ups dédié à la prévention santé. Il s’agit de D’un seul geste, Dynseo, Fizimed, Medoucine, Moona, SunnyCare, PKvitality, MaPUI Labs, ExoStim, iCare Sciences, Mon Emile, Ordopass, Anapix Médical, Someo Solutions, ExactCure, Weydo Music, Elimaje, Origin’ailes, Hajime et Fava.

    Elles seront hébergées à Paris et à Marseille au sein de l’Incoplex et seront accompagnées par les groupes Ramsay Générale de Santé et Pfizer. Le programme d’incubation dure 9 mois, durant lesquels les start-ups pourront réaliser des expérimentations et des initiatives d’open innovation avec des acteurs de la santé en France. Elles seront mises en lien avec le réseau d’Inco de 500 start-ups green et sociales réparties dans 35 pays.

    Le jury a sélectionné les projets pour le caractère innovant de leurs produits ou services, la viabilité de leur business modèle, leur potentiel de développement et leur capacité à répondre à un besoin clairement identifié.

    Une centaine de candidatures ont été reçues suite à l’appel à projets. Elles devaient être orientées sur l’un des 3 types de prévention :
    • primaire : prévenir l’apparition d’un problème de santé en informant sur les comportements à adopter et en incitant au passage à l’acte ;
    • secondaire : diagnostiquer et agir à un stade précoce de l’évolution de la maladie afin de s’opposer à son évolution ou faire disparaître les facteurs de risque ;
    • tertiaire : éviter les potentielles rechutes chez des personnes qui ont déjà été malades.

    Prevent2Care Lab : présentation des 20 lauréats

  • PHW 2019 : « protéger, partager et valoriser » les données patients, les 3 axes de la start-up DrData

    Protection, partage et valorisation des données patients sont les 3 axes de la vision portée par la start-up DrData. À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, Nesrine Benyahia, P.-D.G de la société, a animé le 22 mai une conférence spéciale au cours de laquelle Eric Tanneau, médecin libéral, Hélène Gaillard, pharmacienne, et Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques, ont évoqué les spécificités de leurs corps de métier vis-à-vis de ces 3 enjeux importants de l’exploitation des données de santé.

    Protéger les données sensibles « car elles touchent à notre liberté » 

    « Il est nécessaire de récupérer des données de santé fiables via des objets connectés fiables pour avoir des données qui ne seront pas faussées, car elles touchent à notre liberté », déclare Eric Tanneau. Ces données doivent être protégées pour éviter toutes déviances (hacker).

    Le praticien estime qu’une interopérabilité est indispensable afin qu’aucune de ces données ne soit perdue. La nécessité que tous les acteurs du système de santé puissent partager ces données conduiraient à la création d’un système global, ajoute-t-il.

    Patients actifs : informer et accompagner sur l’importance du partage des données

    D’un point de vue juridique, les patients ne sont pas propriétaires de leurs données de santé mais restent les principaux concernés dans le partage de leurs informations personnelles, explique Eric Tanneau. Leur consentement est moteur pour ensuite collecter ces données, qui doivent être véritablement utilisées afin de mener des recherches. Il faut « créer une appartenance pour qu’ils participent à ce système de collecte », suggèrent les intervenants. 

    La valorisation directe des données du patient 

    Les données sont actuellement valorisées via la création de nouveaux produits mais cette valorisation est indirecte pour le patient car le temps écoulé entre la récolte et la création est long. 

    Il faut que « le patient puisse accéder à ses données individuelles pour savoir comment elles ont été utilisées, pour quelle étude et en quoi elles ont été utiles pour l’intérêt commun », explique de son côté Hélène Gaillard. 

    Ce nouveau modèle pourra permettre une valorisation directe pour le patient et l’accès à ses données personnelles l’aidera dans son parcours de soins, précise-t-elle.

    La question de l’Europe dans le domaine du data 

    À l’échelle européenne, la question de la coordination des données est un réel problème, notent les intervenants. D’un pays à l’autre, un patient peut perdre ses données car leur partage reste confiné à échelle nationale. Les patients doivent pouvoir accéder à leurs données partout en Europe, soulignent les speakers. 

    « Il est nécessaire d’aller plus vite pour comprendre cette révolution numérique », estime Gérard Raymond afin de créer ensuite une dynamique pour contrebalancer la Chine ou encore les États-Unis. 

  • Open Mind Innovation, la start-up qui décrypte les variations des activités cérébrales

    Comprendre les variations de l’activité cérébrale en fonction des situations auxquelles elle est soumise, tel est l’objectif de la start-up de neurosciences française Open Mind Innovation, créée en 2019 par Guillaume Victor-Thomas dans l’optique d’adapter le cerveau humain aux aléas du quotidien.

    La société est constituée d’une équipe de 19 collaborateurs, dont 9 chercheurs, spécialisés dans les neurosciences cognitives, la data science, la psychologie, le game design et la réalité virtuelle (RV). 

    Elle a créé à Paris un « Performance Lab », au sein duquel des « patients » passent un bilan cognitif, comportemental et émotionnel d’une valeur de 900 euros. Une expérience de RV est réalisée au cours de l’évaluation afin d’analyser leur gestion du stress, leurs émotions et les réactions de leurs capacités cognitives. 

    D’ici fin 2019, la start-up espère boucler un tour de table afin de financer ses recherches et ainsi de développer de nouveaux services dans le domaine des neurosciences.

  • PHW 2019 : « Le télésuivi des maladies respiratoires ferait économiser 500 M€ » (P. Castet, Aqsitania)

    « Il y a en France à peu près un million de personnes ayant des maladies respiratoires chroniques de type BPCO, asthme sévères et mucoviscidoses. Nous estimons donc que si nous arrivons à équiper toute la population et à prévenir ne serait ce que la moitié de ces crises, nous pourrions faire économiser au moins 500 millions d’euros par an à l’Assurance maladie », indique Patrice Castet, cofondateur et directeur des opérations de la société Aqsitania, interviewé par H&TI le 23 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week.

    « Mon associé Patrick Hanusse, qui a été directeur de recherche au CNRS, a conçu une nouvelle méthode d’analyse du signal qui permet d’en extraire l’information utile, explique-t-il. Nous appliquons cette technologie aux signaux respiratoires parce que nous nous sommes aperçus qu’il y avait un gros trou dans la raquette des pneumologues, le télésuivi à domicile. Notre principale contribution est un test consistant à 3 minutes de respiration calme à domicile sans assistance, grâce au PRP (profil respiratoire personnel), ce que nous avons appelé la « ventilométrie » ».

    « Actuellement, les tests de pneumologie sont réalisés en milieu hospitalier ou médicalisé avec l’assistance de professionnels de santé, rappelle Patrice Castet : le test de spirométrie, utilisé habituellement, qui consiste à souffler très fort et à respirer très fort, ne peut pas être effectué par des patients très malades parce que cela peut déclencher chez eux des crises d’exacerbation respiratoire. Notre test est si simple d’utilisation qu’il peut être réalisé en autonomie par ces patients, ainsi que par des personnes âgées, handicapées ou par des enfants. »

    « Ce test a une grande valeur prédictive, insiste-t-il. Au bout de cinq années d’existence, Aqsitania peut affirmer qu’il est possible dans certains cas d’anticiper la crise au moins une semaine avant qu’elle ne survienne. Cette année, il y aura des publications co-signées par les médecins pneumologues qui mènent nos essais cliniques dans de grands CHU afin de démontrer la pertinence de notre approche. »

    Quelle est la particularité de votre dispositif ?

    Patrick Hanusse : Différents essais ont été réalisés par différentes structures sur la possibilité de faire un spiromètre à domicile mais tous ont été invalidés par la HAS : la mesure était trop difficile à réaliser en autonomie et de toute façon on n’arrive pas à détecter les crises.

    Avec notre technologie, tout ce que nous demandons aux patients c’est de respirer trois minutes dans un débitmètre, associé avec un objet connecté, qui va poster le signal respiratoire sur une plateforme d’analyse. Celle-ci va calculer des marqueurs de la forme du signe respiratoire, des biomarqueurs qui qualifient l’état respiratoire de la personne à l’instant « T ». Nous avons aussi une application mobile qui permet de faire le même genre de suivi.

    C’est un modèle qui apprend l’état de la personne au fur et a mesure et détermine la plage de fluctuation habituelle de chaque patient. Lorsqu’il en sort une fois, on considère que c’est un accident, quand c’est deux fois il y a une chance sur 100 donc nous commençons à alerter, si c’est trois fois c’est une chance sur 1 000 donc ça va générer nécessairement une alerte parce que nous savons que la personne sort vraiment de son état respiratoire habituel.

    Où avez-vous mené vos essais cliniques ?

    En cinq ans d’existence, nous avons réalisé des essais cliniques avec de grands CHU, ceux de Bordeaux, Grenoble, Lyon, Rouen et la Pitié-Salpêtrière à Paris. Les médecins participants disposent d’un tableau de bord avec l’état de leurs dizaines ou centaines de patients à un instant « T ». Cela leur permet de ne s’intéresser qu’à ceux qui dérivent. Le but de ce suivi est de leur éviter des crises, l’exacerbation respiratoire, qui peut les conduire aux urgences en détresse respiratoire avec des conséquences pouvant être graves, le handicap ou la mort.

    Avez-vous pu prouver que les résultats du PRP (profil respiratoire personnel) étaient plus précis que ceux obtenus avec la technique habituelle ?

    Le PRP est entièrement nouveau. C’est la raison pour laquelle il faut que nous bâtissions avec les médecins un référentiel, de la même façon qu’il y a 40 ans au moment de l’apparition de l’échographie, quand nous avons commencé à avoir des images, nous nous sommes demandés comment les interpréter. Il a fallu que les professionnels de santé se forment à l’analyse et, petit à petit, nous avons su que telle ou telle configuration avait telle ou telle signification. De même aujourd’hui, il faut établir des signatures d’événements cliniques pour pouvoir dire que lorsqu’un profil respiratoire se comporte de telle manière ou de telle autre, nous pouvons établir tel ou tel diagnostic.

    C’est le principe de l’essai clinique que nous venons de terminer au CHU de Bordeaux avec 120 patients asthmatiques sévères : nous avons pu comparer les résultats du PRP avec ceux qu’obtiennent les médecins selon leur technique habituelle. Nous allons être en mesure de démontrer que nous voyons les crises arriver progressivement une à deux semaines à l’avance en fonction des personnes chez les asthmatiques sévères. C’est vraiment unique au monde.

  • L’Hôtel-Dieu va abriter un incubateur biotech/medtech/IA

    L’AP-HP a retenu l’offre du groupement coordonné par le promoteur Novaxia dans le cadre du projet de rénovation de l’Hôtel-Dieu baptisé « Parvis Notre-Dame ». Le site, « tourné vers la médecine, la recherche et l’enseignement, s’ouvre désormais à des partenariats innovants », souligne l’établissement dans un communiqué daté du 17 mai 2019.

    Selon l’accord de bail à construction, conclu pour une durée de 80 ans, l’Hôtel-Dieu hébergera notamment un pôle santé de 10 000 m2 « animé [par] un incubateur « biotech/medtech » », avec « un espace de coworking dédié à l’intelligence artificielle en santé, géré par Biolabs ». Novaxia souligne dans son communiqué que « c’est la première implantation en Europe [de cette société américaine] après de nombreuses implantations américaines prestigieuses [à] Cambridge, Boston, San Diego [et] Princeton ».

    La création de ce pôle permettra d’accueillir à proximité des équipes de l’AP-HP « une centaine [d’entreprises] parmi les plus innovantes dans le domaine des biotechnologies, des technologies médicales et de l’intelligence artificielle ».

    L’AP-HP annonce qu’un fonds de transformation de 30 millions d’euros sera consacré notamment « aux prises en charges innovantes des patients ». Le groupement hospitalier rappelle avoir défini en 2016 pour l’Hôtel Dieu un projet médical et hospitalier « tourné vers l’innovation, de nouvelles formes de prise en charge [et] un lien entre disciplines médicales, nouvelles technologies [mais aussi] sciences humaines et sociales ». Les travaux de rénovation de l’Hôtel-Dieu devraient commencer dès cette année.

  • PHW : Vidal, L’effet papillon, Ehtrace, DataGalaxy et VieConnect lauréats des prix HIT Innovations

    Dans le cadre des HIT Innovations Trophées, la FHF récompense les sociétés Vidal, L’effet papillon, Ehtrace, DataGalaxy et VieConnect pour leurs solutions innovantes dans le secteur de l’IT appliqué à la santé. Les prix ont été remis le 21 mai 2019 à l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, qui a actuellement lieu à Paris, Porte de Versailles.

    Les lauréats et leurs solutions : 

    • Catégorie 1 : prévention & santé 

    La société Vidal a été récompensée pour sa solution Vidal Sentinel, un outil d’évaluation continue du risque des prescriptions pour les patients hospitalisés permettant aux pharmaciens hospitaliers d’identifier et d’expliciter les situations à risque qui nécessitent une intervention pharmaceutique.

    • Catégorie 2 : traitement et éducation thérapeutique 

    La société L’effet papillon a été récompensée pour sa solution Bliss, dispositif médical destiné à combattre les douleurs physiques et psychiques grâce à la réalité virtuelle. Bliss sert de complément ou d’alternative à l’anesthésie. 

    • Catégorie 3 : accompagnement, suivi et coordination 

    La société Ehtrace a été récompensée pour sa solution ScanDm, qui permet au personnel hospitalier de lire et d’interpréter tous types de code-barres (1D, 2D, standards et non standards) dans n’importe quel contexte (bloc opératoire, pharmacie).

    • Catégorie 4 : valorisation de la donnée  

    La société DataGalaxy a été récompensée pour sa plateforme, permettant de collaborer autour d’une cartographie commune et d’accéder à une connaissance fiable et à jour en temps réel. 

    • Catégorie coup de coeur du jury :

    La société VieConnect a été récompensée pour sa solution connectée conçue pour garantir une meilleure prise en charge de l’incontinence grâce à des capteurs et à des systèmes connectés permettant de fournir des analyses en temps réel et d’envoyer des notifications aux personnes aidantes.

    Le jury :

    Présidents du jury :

    • Enguerrand Habran, Directeur du Fonds FHF « recherche et innovation »
    • Cyrille Politi, Conseiller Transition Numérique de la FHF. 

    Membres du jury :

    • Eric Baseilhac, directeur des Affaires Economiques, Internationales et Affaires Publiques du Leem
    • Corinne Collignon, Adjointe au chef du service en charge de l’évaluation des Dispositifs Médicaux de la HAS
    • Sébastien Delescluse, Interne de Santé Publique au Chu d’Amiens
    • Pierre Desmarais, Avocat
    • Romaric Hervo, Vice-Président en charge de la Stratégie du Réseau National au CHRU de Brest
    • Olivier Le Pennetier, Urgentiste – Ex-Président de l’ISNI (internes de médecine) au SAMU de Paris
    • Chanfi Maoulida, Expert Numérique, Service de Santé des Armées / Direction des Systèmes d’Information et du Numérique (DSIN)
    • Stéphane Michaud, Directeur des Soins et Coordonnateur Général au CHU de Poitiers
    • Nicolas Noiriel, Délégué national, FNEHAD
    • Géraldine Salord – Associé fondateur à Metalaw Avocats Associés
    • Mathieu Trystram, Responsable incubateur à Tech Care Paris&Co
    • Guillaume Wasmer, Directeur Adjoint Chargé du Développement et du Marketing, Nehs.
  • VivaTech : « On va avoir besoin non plus d’IA mais de raisonnements augmentés » (A. Templier, Quinten)

    « Imaginez une médecine qui se nourrisse en permanence de toute l’expérience générée sur le terrain par les médecins sur les patients et que l’on n’attende pas des années comme c’est le cas aujourd’hui pour qu’un signal émerge et qu’on fasse des études pour valider ce signal et entraîner un consensus qui va mener à des nouvelles guidelines », commente Alexandre Templier, P.-D.G. de la société Quinten, qui assiste les acteurs de la santé dans la valorisation de leurs données.

    « Mettre l’expérience de tous au service de chacun » : c’est la mission que s’assigne Alexandre Templier, interrogé le 17 mai 2019 par H&TI à l’occasion du salon VivaTech, indiquant que Quinten est « capable d’industrialiser le processus de génération et de validation de nouvelles connaissances ».
    Sous nos latitudes, estime-t-il, « on va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés ». Selon lui, on ne va pas « changer la manière dont le médecin pense et prend une décision [mais] simplement lui donner beaucoup plus de puissance et d’amplitude dans ce processus ».

    Les technologies développées par Quinten « permettent automatiquement d’extraire de nouvelles connaissances des jeux de données et de les activer en situation clinique, c’est-à-dire uniquement les connaissances pertinentes pour un patient donné, pour un médecin donné, avec la capacité pour le médecin de comprendre les connaissances qu’on va lui proposer d’activer pour ce malade », explique-t-il.

    Si l’industrie pharmaceutique « génère beaucoup de données, [elle] en consomme relativement peu [et] la tendance du secteur pharma à consommer de plus en plus de données est assez récente ». Le patron de Quinten donne en exemple l’initiative lancée par Sanofi avec son programme Darwin, « assez représentative [d’une] prise de conscience de l’industrie pharmaceutique [qui laisse prévoir qu’elle] va changer de paradigme ».
    « Dès qu’elle va devenir consommatrice en plus d’être génératrice de données, il est fort probable que les taux de succès augmentent et que l’efficience s’améliore, ajoute-t-il. Nous avons multiplié les expériences ces 11 dernières années et montré que c’était possible. Il faut maintenant faire la même chose de manière intégrée et c’est ce que Sanofi est en train de faire. »

    Des données au « point of care »

    La société Optum « aspire » les données « de centaines d’hôpitaux [américains] et « les rend disponibles pour créer de l’intelligence » dans la base Darwin de Sanofi, explique Alexandre Templier. C’est là que Quinten « peut commencer à intervenir ». « À ce moment, la question est de savoir comment « expirer » les données, c’est-à-dire « restituer les outils » pour que les médecins du « point of care » qui ont généré les données puissent prendre des bonnes décisions et implémenter les connaissances au niveau du malade ».

    Interopérabilité : « il est plus réaliste, dans un premier temps en tout cas, de faire avec la multiplicité des systèmes »

    L’interopérabilité est « un problème et un vrai sujet [compte tenu] de la multiplicité des systèmes d’information hospitaliers et des dossiers médicaux [informatisés] », estime le P.-D.G. de Quinten. Il juge « utopique » d’imaginer une ontologie permettant à tout le monde de « parler le même langage [et qui] va être valide pendant longtemps », du fait notamment que l’environnement « évolue tout le temps ». Selon lui, « il est plus réaliste, dans un premier temps en tout cas, [de] faire avec la multiplicité des systèmes », de les « réconcilier [sur] un dictionnaire commun [mais qui] n’est pas unique » .

    Le patron de Quinten loue ici le « pragmatisme » de l’approche d’Optum avec son ontologie, qui « s’appuie sur une multiplicité de codes extrêmement complexes [pour réconcilier] l’hétérogénéité de sémantiques » des centaines de centres hospitaliers concernés.

    L’idéal, selon Alexandre Templier,  « ce serait qu’une fonctionnalité soit accessible dans l’interface du dossier médical, qu’au moment où le médecin rentre l’information, il y ait une alarme, un pop-up qui dise « attention, ne prescrivez pas ça parce que parmi les 11 700 patients du réseau, ou des États-Unis, ou de telle région, ou de France, qui ont telle ou telle caractéristique, qui ont pris ce médicament, il y a deux fois plus de décès ou d’effets indésirables de tel type dans les six mois » ».

    « Tout devra probablement se passer dans un premier temps à l’échelle d’un hôpital », et non dans le SIH

    Il estime que « tout devra probablement se passer dans un premier temps à l’échelle d’un hôpital », et non dans le SIH car l’éditeur de celui-ci « a la main [et] peut décider ou non de débloquer une fonctionnalité ». « Comme la plupart des systèmes sont maintenant basés sur le web et qu’on arrive à des niveaux de sécurisation satisfaisants, on peut très bien imaginer qu’un autre programme [s’ouvre sur l’écran du médecin] en parallèle du SIH, une appli qui à travers un ‘web service’ [lui donne une recommandation] », ajoute-t-il.

    Raisonnement augmenté vs IA

    « Je ne crois pas un instant que les médecins vont être remplacés par un algorithme »

    « Je ne crois pas un instant que les médecins vont être remplacés par un algorithme qui va prendre les décisions à leur place, indique Alexandre Templier, sauf peut-être sur des cas simples et des guidelines simples ».

    Il cite l’exemple de la Chine ou l’explosion des maladies chroniques dans un contexte de « déficit de médecins » et de généralisation du téléphone mobile crée les conditions de développement de la e-santé « sans qu’il y ait un médecin qui valide à chaque fois ».  Les Chinois « n’ont pas le choix » mais il y a peu de chances que cela soit « applicable à nos sociétés [car dans] l’essentiel des cas en médecine [le diagnostic] repose sur des raisonnements complexes qui nécessitent une prise de responsabilité du médecin éclairé ».

    « On va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés »

    Sous nos latitudes, estime le patron de Quinten, « on va avoir besoin non plus d’intelligence artificielle mais de raisonnements augmentés ». Selon lui, on ne va pas « changer la manière dont le médecin pense et prend une décision [mais] simplement lui donner beaucoup plus de puissance et d’amplitude dans ce processus ».

    • « Plus de puissance parce qu’il va avoir directement accès aux connaissances opérationnelles pour son malade bien au-delà de son champ d’expérience personnel, sans avoir à aller potasser tous les journaux toutes les semaines » ;
    • « Plus d’amplitude [parce que cela ne pourra que] se généraliser très vite ».

    Alexandre Templier insiste ici sur le « côté explicatif totalement absent de la plupart des initiatives d’aujourd’hui ». « Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour que les « insights »,  les enseignements qu’on extrait des données et les connaissances opérationnelles soient compréhensibles, auditables par les médecins : dès lors que la responsabilité reste du côté de l’humain alors « responsabilité » veut dire aussi « transparence » et « capacité de comprendre ce qu’on est en train de faire ». Une responsabilité non éclairée n’est pas souhaitable dans bien des cas et en particulier en santé. »

    Approche symboliste vs deep learning

    « Nos algorithmes explorent les données de manière assez atypique par rapport à tout ce qui  existe », souligne Alexandre Templier. Quinten applique la seule technique existante « qui est vraiment explicite pour les experts métier, notamment pour les médecins [à savoir] l’approche symboliste [qui consiste à] extraire des associations explicites des données, des règles d’association », ajoute-t-il. Quand on dit aux médecins qu’« on détecte que les diabétiques hyper tendus répondent trois fois mieux à ce traitement », ils comprennent ce dont il s’agit. Ils peuvent confronter ce résultat à leurs propres expériences et aller tout de suite vérifier dans les bases.

    L’algorithme de Quinten « génère des milliers d’hypothèses » pour ne récupérer « que la crème de la crème des hypothèses »

    Pour obtenir ce type de résultat, il faut selon lui « croiser dans tous les sens des milliers de variables » et c’est précisément « le mode opératoire de l’algorithme développé par Quinten depuis plus d’une décennie » : il « génère des milliers d’hypothèses et les fait passer par différents filtres successifs en réappliquant les résultats sur des données indépendantes », en ne conservant in fine « que la substantifique moelle, la crème de la crème des hypothèses, qu’il a faites non seulement vérifiées par les médecins mais qui sont surtout actionnables dans une situation thérapeutique ».

    « Tout le monde parle aujourd’hui » de l’approche par réseaux de neurones, celle du deep learning, qui « s’inspire de l’anatomie du cerveau » : cette technologie « peut remplacer l’humain sur des tâches cognitives élémentaires » en médecine sur la détection de tumeurs à partir d’images, mais « on est loin de la décision médicale au sens large », estime le P.-D.G. de la société Quinten. Cependant, les clients « commencent à s’intéresser » à l’approche symboliste parce qu’ils « ont bien perçu les limites des approches connexionnistes notamment en terme d’interprétation », note Alexandre Templier, qui « a la conviction » que ce sont des techniques symbolistes, même si elles ont aussi leurs limites, qui s’imposeront « à terme », s’agissant de la médecine du futur .

    Anonymisation et risque de réidentification

    Interrogé par H&TI sur la question de l’anonymisation des données, Alexandre Templier estime que « la donnée qui est totalement non réidentifiable[, pour laquelle] on n’a aucun moyen de réidentifier, est « souvent une donnée qui ne porte plus aucun signal [et] ne comporte que du bruit ».« Contractuellement, Quinten laisse à ses clients le devoir de désidentification et les actions de prévention de la ré identification potentielle des données [mais] s’intéresse beaucoup à la manière dont c’est fait » et s’assure que « ça été vraiment fait », notamment parce que la société « porte potentiellement une responsabilité de processeur de données selon la RGPD ».

    « La problématique de réidentification ou d’anonymisation n’est pas binaire comme tout le monde semble le croire »

    « La problématique de réidentification ou d’anonymisation n’est pas binaire comme tout le monde semble le croire », déclare le patron de la société. « Il n’y a pas d’un côté des données directement identifiantes parce qu’il y a le NIR, le nom, le prénom et de l’autre côté des données anonymisées parce qu’on ne peut plus retrouver l’identité de la personne concernée. Si l’on pouvait résumer tout ce qui importe dans un jeu de données  et puis après tout bruiter sauf ce qui importe dans un jeu de données, ça se saurait et on n’utiliserait plus que ça en analyse, or il y a pléthore d’outils. Il n’y a donc pas d’approche idéale : il n’y a qu’une approche optimale pour un problème donné [et] tout dépend de ce que l’on cherche », explique-t-il.

    « On ne peut trouver une structure intrinsèque des données indépendamment de n’importe quel problème capable de renvoyer les « insight optimum » quand on voudra poser une question très précise », complète-t-il. Il faut donc « un compromis entre risque de réidentification et exploitabilité [car] en forçant le trait si le risque d’identification est nul, c’est qu’il y a plus rien à exploiter dans les données. »

    Une commission de l’Afnor travaille sur un algorithme capable de mesurer « le risque de réidentification »

    Une commission, qui a été créée au sein de l’Afnor, dont fait partie Quinten, travaille sur un algorithme capable de mesurer « le risque de réidentification », preuve de ce que celui-ci « n’est pas binaire mais continu », commente Alexandre Templier. Il estime qu’« à partir du moment où ce risque sera mesuré [il sera possible d’établir un] niveau d’exigence [différent] selon le secteur d’application ou selon les usages ou les enjeux :  a priori, on ne va probablement pas exiger le même niveau de risque de ré-identification pour le secteur de la publicité en ligne que sur la lutte contre le cancer ».