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  • Digitaliser le « parcours patient » dans l’hôpital de demain (Nicolas Briançon, SPIE ICS)

    Nicolas Briançon, responsable du marché Santé de la société SPIE ICS, filiale de services numériques du groupe Spie, publie une tribune sur le enjeux de la digitalisation du parcours patient au sein de l’hôpital de demain.

    SPIE ICS compte parmi les 15 lauréat de l’AMI autour de l’hôpital numérique du futur engagé par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et le Centre Hospitalier Universitaire de Nantes.

    Selon Nicolas Briançon, la digitalisation du parcours patient « offre sécurité, confort et un gain de temps considérable, aussi bien pour les patients que pour les professionnels de santé » puisqu’elle peut permettre de diminuer le temps d’attente à l’accueil, d’orienter simplement les patients dans un établissement, d’assurer l’efficience de leur prise en charge, et d’optimiser la gestion des flux de personnes. Encore faut-il trouver la bonne interface numérique…

    Les enjeux de la transformation du parcours patient

    L’hôpital est désormais au centre du système de soin pour bon nombre de patients, souvent suivis par plusieurs professionnels de santé (médecins traitants, médecins spécialistes) et dans des lieux multiples (Ehpad, maisons de santé, centres sociaux gérés par la ville, etc.). Pour garantir un accès continu à un ensemble de services de santé pertinents et coordonnés, l’hôpital public doit devenir partie prenante de l’urbanisation du système de soins. Il est appelé à se structurer pour mieux s’articuler avec la médecine de ville.

    Cette ouverture de l’hôpital sur la ville incite donc à repenser l’organisation du parcours de soins, en positionnant le patient comme un véritable acteur de son propre parcours. Bien que nous soyons à l’ère du « tout numérique », une analyse centrée sur les besoins des usagers, en particulier lorsqu’il est question de santé, reste primordiale.

    Assurer un meilleur suivi médical et la permanence des soins requiert à la fois de faciliter l’accès à l’hôpital et d’optimiser les flux d’informations entre les pôles de santé, avant, pendant et après la prise en charge hospitalière. Dans cette perspective, la digitalisation du « parcours patient » offre sécurité, confort et un gain de temps considérable, aussi bien pour les patients que pour les professionnels de santé. La sécurité des données personnelles (RGPD) revêt par ailleurs un caractère légal, et présente des spécificités en matière de santé, auxquelles l’hôpital doit se conformer.

    Des dispositifs et des services pour améliorer l’expérience des patients

    En tant qu’intégrateur de technologies, SPIE ICS développe le concept d’une plateforme numérique de services, en interface avec le système d’information de l’hôpital. Concernant l’accueil des patients et des accompagnants, les services proposés contribueront à la mise en place d’un suivi renforcé et sécurisé dès la prise de rendez-vous, jusqu’à l’admission du patient ou son arrivée dans le service correspondant à sa consultation médicale.

    Grâce à une seule interface numérique, un patient pourra par exemple prendre un rendez-vous en ligne et consulter des informations pertinentes pour sa visite à l’hôpital. Par la suite, il pourra recevoir un SMS de rappel, réserver un taxi, un VTC ou une ambulance, être guidé jusqu’à une place réservée sur le parking, être identifié par QR code sur une borne d’accueil, puis pris en charge par un « hôte d’accueil » – humain, borne ou robot. Enfin, il sera guidé jusqu’au service adéquat, notamment en suivant un trajet fléché à l’aide de son smartphone. Tout comme dans l’aviation civile, le pré-enregistrement deviendrait ainsi une habitude qui facilite l’accès aux soins. Les technologies associées à ces services sont relativement faciles à mettre en place : réseauxG/ LTE, Wi-Fi, Li-Fi, vidéo, reconnaissance faciale, lecture de plaque, balise Beacon, robotique, etc.

    Ce type de dispositif permet de diminuer le temps d’attente à l’accueil, d’orienter simplement les patients dans un établissement, d’assurer l’efficience de leur prise en charge, et d’optimiser la gestion des flux de personnes. Pour les patients, cet accompagnement influe de manière positive sur la qualité perçue de leur parcours, aide à réduire considérablement leur stress et leur fait gagner du temps avant même l’arrivée dans l’enceinte de l’hôpital.

    Les conditions requises pour développer la digitalisation du parcours de soins

    Le public et les personnels médicaux vivront la transformation numérique en fonction des bénéfices offerts par les services utiles et ergonomiques déployés. Notre société privilégie ainsi une approche agile qui intègre les différentes parties prenantes. Pour que les patients, les accompagnants et le personnel hospitalier s’approprient les nouveaux usages, il faut avant tout démontrer les effets positifs de la transformation numérique au quotidien et valoriser les services auprès des usagers. L’usager reste au cœur du système, et doit donc garder la maîtrise de ses choix et options, tout en étant accompagné.

    Par ailleurs, l’accès et les échanges de données multiples via des plateformes doivent aller de pair avec la sécurisation de ces mêmes données. En revanche, nous devons encore dessiner les contours du modèle économique qui pourra soutenir la transformation digitale des espaces de santé.

     

  • Une erreur d’algorithme entraîne des retards de diagnostic du cancer du sein en Angleterre

    « L’erreur qui pourrait coûter la vie à 270 femmes » : c’est ainsi que la presse britannique du 3 mai 2018 relaie l’affaire du bug informatique qui n’a pas permis d’envoyer à 450 000 femmes âgées de 68 à 71 ans l’invitation à effectuer une mammographie.

    Face au Parlement britannique, Jeremy Hunt, le ministre de la Santé, a reconnu que le système de dépistage du cancer du sein mis en place dans le pays était défectueux depuis 2009. L’organisme de santé Public Health England (PHE) vient seulement de repérer ce dysfonctionnement.

    En Angleterre, toutes les femmes entre 50 et 70 ans sont invitées à effectuer un dépistage du cancer du sein, tous les trois ans.

    Des ablations évitables

    La déficience, qui a débouché sur l’absence de convocation à un rendez-vous de surveillance, est due à une erreur d’algorithme informatique. Sur ces 450 000 femmes concernées, 309 000 sont encore en vie aujourd’hui, d’après BBC News. Même si les 141 000 autres ne sont pas toutes décédées du cancer du sein, entre 135 et 270 pourraient cependant avoir vu leur vie écourtée à cause de cette erreur informatique.

    Le ministre de la Santé précise qu’il est « peu probable » que ce bilan soit « supérieur », et qu’il pourrait être « considérablement inférieur ». Selon des experts, 800 femmes auraient pu éviter une opération chirurgicale si leur cancer avait été détecté.

    Une enquête pour faire la lumière sur l’affaire

    « À ce stade, il n’est pas clair si les retards de diagnostic ont entraîné des dommages évitables ou des morts », a ajouté Jeremy Hunt. Mais évidemment, « pour elles, comme pour les autres, il est incroyablement bouleversant de savoir que vous n’avez pas reçu d’invitation au dernier dépistage en temps voulu et totalement accablant d’entendre que vous avez perdu ou êtes sur le point de perdre un être aimé à cause d’une incompétence administrative », a-t-il reconnu.

    Le ministre a assuré avoir diligenté une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette affaire. 

    Une convocation pour une mammographie « de rattrapage » sera envoyée à chacune des femmes « oubliées » de moins de 72 ans. Un numéro gratuit a été mis en place pour les femmes plus âgées. « Toute femme qui souhaite faire une mammographie sera reçue dans les six mois », a promis Jeremy Hunt.

  • 2e édition du Forum franco-québécois de l’innovation en santé, Paris, 15-16 mai 2018

    La 2e édition du Forum franco-québécois de l’innovation en santé, organisée par Medicen Paris Région, Medteq, Aviesan et l’ensemble de leurs partenaires, se tiendra à Paris les 15 et 16 mai 2018.

    L’événement qui rassemble chercheurs académiques et cliniciens, universitaires, entreprises de toute taille, hôpitaux, pôles, organismes publics, investisseurs et experts, met à l’honneur les thématiques suivantes :
    • santé numérique ;
    • imagerie médicale ; 
    • écosystèmes d’innovation
    • biomatériaux et médecine régénératrice ;
    • santé musculo-squelettique et biomécanique.

    Tous les détails sont disponibles via ce lien.

    Informations pratiques

    L’inscription est gratuite.

    Contacts :

    Olivier Fontaine : ofontaine@medicen.org

    Alexandra Da Costa : adacosta@medicen.org

    Natasha Brachet : natasha.brachet@innovitech.com

    Edith Lamoureux : edith.lamoureux@economie.gouv.qc.ca

    Le programme

    • MARDI 15 MAI 2018

    8h00 ACCUEIL CAFE

    8h30 MOTS DE BIENVENUE Alexis GENIN, Head of Research and Technology Development, ICM ; Line BEAUCHAMP, Déléguée générale et représentante personnelle du premier ministre du Québec pour la Francophonie ; Claire GIRY, Directrice Générale Déléguée de l’Inserm, Jacques MILETTE, Président du Conseil d’Administration, MEDTEQ ;Christian LAJOUX, Président, Medicen Paris Region

    9h00 CONFÉRENCES INTRODUCTIVES

    Carl-Eric AUBIN, Professeur, Département génie mécanique, Polytechnique Montréal / Chercheur, CHU Sainte-Justine / Directeur exécutif et scientifique, Institut TransMedTech ; François BERTRAND, Professeur, Directeur Recherche, Innovation et Affaires Internationales, Institut TransMedTech, Polytechnique Montréal ; Franck LETHIMONNIER, Directeur Institut Technologies pour la Santé, Aviesan

    10H00 IMAGERIE DIAGNOSTIQUE ET INTERVENTIONNELLE – session québécoise

    Modérateur: Diane CÔTÉ, Présidente Directrice Générale, MEDTEQ

    Gilles SOULEZ, Professeur Titulaire, Directeur du Département de Radiologie, Radio-Oncologie et Médecine Nucléaire, Centre hospitalier Universitaire de Montréal; Samuel KADOURY, Professeur responsable de la Chaire de recherche du Canada en interventions assistées et imagerie médicale, Polytechnique Montréal ; Roger LECOMTE, Professeur titulaire, Université de Sherbrooke – Département de médecine nucléaire et de radiobiologie & Guillaume POIRIER, Président IR&T (Sherbrooke) – le point de vue de l’industriel

    11H00 PAUSE CAFÉ

    11H15 IMAGERIE DIAGNOSTIQUE ET INTERVENTIONNELLE – session française

    Modérateur: Pr Guy FRIJA (HEGP, AP-HP)

    Hélène VERNHET-KOVACSIK, PU-PH, Chef du Département de Radiologie, Centre Hospitalier Arnaud de Villeneuve de Montpellier ; Mickaël TANTER, Directeur de l’unité Physique des ondes pour la médecine, Directeur adjoint de l’Institut Langevin (Paris) ; Jérôme KNOPLIOCH, Chief Engineer, Director of Architecture, GE Healthcare (Buc)

    12H15 DÉJEUNER RÉSEAUTAGE

    13H30 SANTÉ NUMERIQUE – session québécoise

    Modérateur : François BERTRAND (Polytechnique Montréal)

    Alan EVANS, Professor of Neurology and Neurosurgery, Psychiatry and Biomedical Engineering, McGill, Scientific Director of Healthy Brains for Healthy Lives (à confirmer) ; Alexandre LE BOUTHILLIER, Fondateur d’Imagia

    14H30 APPROCHES TECHNOLOGIQUES – SANTÉ NUMÉRIQUE – session française

    Modérateur : Philippe GESNOUIN (EIT Health and EIT Digital, INRIA), Jean MARTY, PU-PH, Chef de pôle Réanimation & anesthésie, CHU Henri Mondor, AP-HP ; Xosé M FERNANDEZ, Chief Data Officer, Institut Curie ; Carlos JAIME, Country Manager France, InterSystems 

    15h30 RENCONTRES B2B En parallèle, visite des plateformes de l’ICM

    18h30 COCKTAIL RÉSEAUTAGE

    • MERCREDI 16 MAI 2018

    8h00    ACCUEIL CAFÉ

    8h30 SANTÉ MUSCULOSQUELETTIQUE – BIOMÉCANIQUE ET BIOLOGIE MOLÉCULAIRE – session québécoise

    Modérateur : Pr Carl-Eric AUBIN (Polytechnique Montréal)

    Antonio NANCI, Chaire de recherche du Canada en Tissus calcifiés, biomatériaux et imagerie structurale / Directeur du Département de stomatologie, Faculté de médecine dentaire, Université de Montréal ;  Maxime RAISON, Professeur agrégé au Département de génie mécanique, Polytechnique Montréal ;  Alain MOREAU, Professeur, Faculté de médecine dentaire et Chercheur CHU Sainte-Justine / Co-fondateur et directeur scientifique, Inception Therapeutic

    9H30 APPROCHES TECHNOLOGIQUES – MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE ET BIOMATÉRIAUX – session française

    Modérateur : Didier LETOURNEUR, Directeur, INSERM 1148, Laboratoire de Recherche Vasculaire Translationnelle, Hôpital Bichat (Paris)

    Emmanuel MARTINOD, PU-PH, Chirurgie thoracique et pulmonaire, Hôpital Avicenne, AP-HP (Bobigny) ; Alain LAMPROYE, Directeur Général, Laboratoire pharmaceutique YposKesi (Evry) ; Joelle AMEDEE, Directrice de recherche,  Laboratoire Inserm U1026, Université de Bordeaux, Bioingenierie Tissulaire (BioTis)

    10h30 PAUSE CAFÉ

    10h45 SESSION DE PITCHS ACADÉMIQUES / CLINIQUES

    12h00 DÉJEUNER RÉSEAUTAGE

    13h30 TABLE RONDE « LE QUÉBEC : UN ÉCOSYSTEME D’INNOVATION EN SANTÉ UNIQUE »

    Modérateur : Alexandre LE BOUTHILLIER, Fondateur d’Imagia

    Philippe JOUVET, Professeur titulaire, Chef du service des Soins Intensifs Pédiatriques et responsable scientifique de l’Unité d’évaluation des technologies et modes d’intervention en santé, CHU Sainte-Justine (Montréal) ; Jacques DE GUISE, Directeur du laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO), CRCHUM (Montréal) ; Carl-Éric AUBIN, Professeur titulaire, Département de génie mécanique (Polytechnique Montréal), CHU Sainte-Justine, Directeur exécutif et scientifique de l’Institut TransMedTech (Montréal) ; Diane CÔTÉ, Présidente Directrice Générale, MEDTEQ (Montréal) ; Marie MEYNADIER, Présidente, EOS Imaging Montréal ; Don OLDS, CEO, Neomed Institute

    14h30 SESSION DE PITCHS INDUSTRIELS

    15h30 PAUSE CAFÉ

    15h45 TABLE RONDE « LE SYSTÈME D’INNOVATION FRANÇAIS »

    Modérateur : Représentant de Medicen Paris Region, Valérie VILGRAIN, PU-PH, Chef de service de radiologie, Hôpital Beaujon, AP-HP

    Christophe CANS, Directeur Senior Marketing stratégique, INSERM Transfert, Marc BONNEVILLE, Président de l’ARIIS – Alliance pour la Recherche et l’Innovation des Industries de Santé; Marco PINTORE, Délégué Général, Alsace BioValley ; Alexandre LE GUILCHER, Direction Innovation R&D, Evolucare Technologies ; Jean-Marc GROGNET, Directeur Génopole (Evry)

    16h45 CONCLUSIONS – MEDTEQ, Aviesan et Medicen Paris Région

    17h00 CLÔTURE DU FFQIS

  • Il faut doter les professionnels de santé d’une « culture de la data » (J. Lucas et C. Politi)

    Le numéro de la Revue hospitalière de France mis en ligne le 20 avril 2018 publie un entretien croisé entre le vice-président du Cnom (Conseil national de l’ordre des médecins), Jacques Lucas, et Cyrille Politi, conseiller en transition numérique de la FHF (Fédération Hospitalière de France), dans lequel ils soulèvent les enjeux liés au données médicales et au RGPD.

    Répondre aux interrogations d’ordre éthique et prendre les mesures nécessaires visant à appréhender les risques associés en amont de leur survenue, grâce au rôle du DPO, est nécessaire selon ces deux personnalités. Néanmoins, selon eux une régulation bien mesurée s’impose afin de garantir l’exploitation du levier que représentent les données au service d’une meilleure médecine de demain.

    Débattre en vue d’instaurer une transparence

    Concernant les enjeux autour du RGPD, les deux acteurs mettent en lumière l’importance d’un débat public pour traiter des questions qui ne sont même pas formulées à l’heure actuelle. Selon eux, il est primordial de doter les professionnels de santé d’une « culture de la data ».

    Cyrille Politi remarque que le RGPD a le mérite de soulever des « interrogations en termes sociétaux » pour ouvrir un débat sur la collecte insidieuse des données effectuée par les GAFA via des applications de smartphone, à laquelle on n’a actuellement pas les moyens de s’opposer si on souhaite recourir au service proposé, mais qui serait un droit légitime.

    Pr Jacques Lucas, dans son rôle de médecin, rappelle la nécessité déjà formulée dans le Livre blanc du Cnom, intitulé Médecins et patients dans le monde des data, des algorithmes et de l’intelligence artificielle, de traiter les interrogations éthiques émanant de l’utilisation des données et de les porter devant les instances à l’échelle nationale, comme supranationale et internationale, et il espère l’implication de l’Association médicale mondiale. 

    La transparence est de mise dans la gestion des données et les professionnels de santé doivent être bien avertis avant de pouvoir éclairer à leur tour les citoyens-patients dont il s’occupent dans leur pratique quotidienne de la médecine.

    Former les professionnels de santé aux risques et les limiter grâce au travail du DPO

    Pr Jacques Lucas fait ressortir le risque accru de perte, de fuite et d’altération des données contenues dans les dossiers des patients dû à l’organisation territoriale des soins caractérisée par l’implication des acteurs de la médecine de ville et d’hôpital d’une part, et l’organisation en GHT de plusieurs établissements de soin à l’échelle d’un territoire.

    À ce titre, il appelle à une réflexion autour des données échangées à l’échelle d’un territoire menée par une communauté qui pourrait prendre la forme d’un DIM de territoire.   

    Pour réduire les risques émergeant, selon lui, ce sont les médecins du DIM qui ont un véritable rôle à jouer en réservant l’accès aux base de données exclusivement aux personnes habilitées, tout en ouvrant davantage de possibilités de les consulter si la fin le justifie.

    Selon Cyrille Politi, c’est le rôle du DPO, responsable de la protection des données, grâce aux études d’impact sur la vie privées (EIVP), de consigner les usages, d’évaluer le risque associé et de mettre en place un plan d’actions en fonction du niveau de risque. Il qualifie le DPO de « chef d’orchestre » « responsable de la symphonie des données », en garantissant des flux sécurisés entre les acteurs de la donnée, producteurs, gestionnaires ou exploitants.

    Les enjeux en termes de réputation et d’image des établissements, ainsi que les sanctions émanant du RGPD (4% du chiffre d’affaires, gel du systèmes d’information non conforme, responsabilité pénale, etc.) garantiront une mobilisation maximale des acteurs de la santé.

    Exploiter les données au service de la médecine de demain

    Interrogés par la Revue hospitalière de Franceà propos de la valeur des données et les façons dont à l’avenir elles seront susceptibles d’être exploitées, les acteurs convergent – les données sont une ressource stratégique. Elles constituent l’eau qui va alimenter le moulin de la recherche scientifique, des parcours de soin pertinents et d’un équilibre médico-économique, en répondant aux enjeux économiques et sociétaux.

    Cyrille Politi rappelle l’annonce du Président de la République à l’occasion du sommet AI for Humanity du 29 mars 2108 de vouloir créer un « hub des données de santé » et voit les données comme « matière première de l’intelligence artificielle ».

    Il souligne l’importance de l’engagement des établissements dans cette démarche au service d’une médecine du futur efficace et capable de prévenir les maladies.

  • 3 des 61 « projets SI » de l’Etat sont portés par le Ministère de la Santé (nouveau Panorama DINSIC)

    La Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat (DINSIC) publie le 24 avril 2018 une nouvelle édition du « panorama des grands projets de système d’information ». Réalisée conjointement par la DINSIC, ce panorama recense l’ensemble des 61 projets engagés par les administrations publiques pour moderniser leurs systèmes d’information.

    Trois d’entre eux sont portés par le Ministère des Solidarités et de la Santé, dont le Projet SI-Samu, le projet RenoiRH et le compte personnel d’activité.

     Le panorama des grands projets du système d’information de l’Etat, une recension exhaustive des projets SI en cours au sein de l’administration 

    Dans le cadre de la démarche de modernisation de l’Etat et des systèmes d’information des administrations publiques engagée au début des années 2010, le Premier ministre a demandé à la Direction interministérielle du numérique et du système d’information (DINSIC) d’élaborer un tableau de bord des grands projets SI mis en oeuvre dans les ministères (circulaire de janvier 2015).

    Le panorama est la « concrétisation » de ce tableau de bord. Il résulte d’une collaboration entre les ministères et la DINSIC. La première édition du panorama, publiée en novembre 2016, recensait 57 projets. D’après la Dinsic, « ce panorama est avant tout un outil de pilotage interne, permettant de suivre et sécuriser les grands projets SI de l’Etat ».

    Le panorama identifie et décrit les projets informatiques de grande envergure actuellement mis en oeuvre au sein de l’Etat français. Il présente, pour chacun de ces projets, son état d’avancement, son coût estimé, sa durée prévisionnelle, sa durée moyenne, ses taux d’écarts calendaire et budgétaire moyens par rapport aux prévisions initiales, etc.

    Les projets sont retenus sur la base de plusieurs critères et affiches plusieurs objectifs

    Chaque ministère identifie, parmi les projets qu’ils portent, ceux qui répondent aux critères suivants : 

    • ils doivent impacter « significativement » les usagers, les ministères ou leurs agents ; 
    • ils doivent avoir un contenu et/ou une gestion complexe ou des risques majeurs identifiés ; 
    • ils visent à dégager des « économies substantielles » ou doivent entraîner « des dépenses supérieures à 9M€ ». 

    Le panorama est destiné, en premier lieu, au Premier ministre. Il permet à ses services, à la DINSIC et aux direction des systèmes d’information ministérielles (DSI) d’engager les actions nécessaires à la réussite des projets informatiques.

    La publication du panorama sert également différents publics et objectifs : les usagers, qui sont dès lors informés des transformations informatiques à l’oeuvre au sein de l’administration publique ; des agents publics impactés par ces projets ; de l’administration et du gouvernement, en vue de « faciliter la lisibilité et la transparence de l’action publique et de ses grands projets SI » ; et les fournisseurs, notamment les entreprise de services numériques, pour anticiper et mieux identifier les besoins de l’Etat.

    L’édition 2018 du panorama comporte 61 projets – 3 d’entre eux sont portés par le Ministère des Solidarités et de la Santé

    Programme SI-Samu, piloté par l’ASIP Santé et la DGOS

    L’édition 2018 recense le programme de modernisation des SI Samu-Centres 15 (SI-Samu) entré depuis septembre 2014 dans sa phase de réalisation, avec la publication des premiers marchés publics nécessaires à l’élaboration des solutions techniques. La « phase de généralisation » prévue pour la période 2019-2023 doit être « réévaluée » avant sa mise en oeuvre, d’après la DISINC (avis du 19 avril 2016).

    Piloté par l’ASIP Santé, sous l’égide de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), le programme SI, « consiste à fiabiliser et sécuriser à la fois le système d’information et les moyens de télécommunication (phonie et radiocommunication) utilisés par les Samu-Centres 15, afin d’accomplir leur mission (…) ».

    Le nouveau système d’information, conçu par l’ASIP Santé avec les acteurs de terrain, poursuit quatre objectifs opérationnels : construire un  système sécurisé et hautement disponible (1), capable d’interagir avec les systèmes d’information des partenaires comme avec les logiciels de santé (2), garant de la confidentialité des données (3), de leur disponibilité pour la recherche clinique (4).

    Projet RenoiRH de gestion administrative des agents du ministère des Solidarités et de la Santé

    Depuis le 1er janvier 2016, les ministères de la Culture et de la Communication et des Affaires sociales bénéficient d’un SIRH appelé « RenoiRH ». Il leur permet de gérer la carrière et la formation de leurs quelque 55 000 agents. Un outil décisionnel (RenoiRH SD) a été mis à disposition de deux ministères pour leur permettre de mieux connaître les populations qu’ils emploient.

    Projet compte personnel d’activité (CPA) résultant de la loi dite « travail » du 8 août 2016

    Le compte personnel d’activité (CPA) permet à ses utilisateurs de faire évoluer leur carrière et de sécuriser leur parcours professionnel. Institué par la loi « travail » du 8 août 2016, il regroupe les droits issus de trois comptes : le compte personnel de formation (CPF), le compte personnel de prévention de la pénibilité (CPP) et le compte d’engagement citoyen (CEC).

  • IA : Insilico Medicine (US) développe ses activités à Taïwan pour encourager de nouveaux talents

    Insilico Medicine, une entreprise américaine qui développe des solutions d’intelligence artificielle (IA) pour la découverte de médicaments, le développement de biomarqueurs et la recherche sur le vieillissement, a annoncé fin mars 2018 que ses filiales Insilico Medicine et First AI R&D Base Asia seront officiellement établies à Taïwan.

    Pour commencer, les entreprises formeront une alliance avec le Centre de développement pour la biotechnologie (DCB) taïwanais, l’Institut de l’industrie de l’information national et le fabricant local de cartes graphiques TUL Corporation afin de mettre en œuvre le « projet de développement des talents de santé numérique en IA » dans l’optique d’accélérer l’intégration de talents issus de différents secteurs.

    Des formations sur l’IA dans le secteur de la biomédecine

    L’objectif principal du projet est de répondre à la forte demande de l’industrie de santé pour les talents en intelligence artificielle (IA) observée en Asie.

    Insilico Medicine, le DCB, l’Institut de l’industrie de l’information et TUL Corporation développeront conjointement une série de cours sur l’intelligence artificielle appliquée à la biomédecine afin d’améliorer la formation des professionnels les plus prometteurs dans les domaines des TIC et de la biomédecine mais aussi d’approfondir leurs connaissances sur la façon dont les technologies basées sur l’IA peuvent accélérer la développement de médicaments.

    Objectifs : créer une base solide pour le déploiement de technologies centrées sur l’IA à Taïwan

    Ces différentes initiatives réduiront les risques associés aux coûts élevés de R&D dans le secteur et constitueront une base solide pour déployer les technologies centrées sur l’IA à Taïwan.

    Taïwan : futur centre de l’IA médicale en Asie ?

    Le centre R&D d’Insilico Medicine dédiés aux médicaments basés sur l’IA (First AI R&D Base Asia) va être basé au sein du Nankang Software Park, à Taipei, capitale de l’État insulaire. Ses équipes collaboreront avec des organisations de l’industrie biomédicale pour contribuer au bien-être de tous les citoyens.

    Par ailleurs, l’entreprise américaine fournira des services de technologies numériques dédiés à la R&D aux industries pharmaceutiques et biotechnologiques de Taïwan, entraînant ainsi une plus grande innovation dans l’industrie biomédicale et permettant au pays d’avoir une chance de devenir le centre de l’IA et de l’industrie biomédicale en Asie.

  • Medical AI: Insilico Medicine (US) expands to Taiwan to integrate cross-domain talent

    Insilico Medicine, a US-based company company driving innovation in deep learning for drug discovery and biomarker development, announced at the end of March 2018 that its subsidiaries Insilico Medicine and Asia’s First AI R&D Base will be officially established in Taiwan.

    First, the companies will form an alliance with the Taiwan Development Center for Biotechnology (DCB), the national Institute for Information Industry and Taiwan-based company TUL Corporation, principally engaged in the development of computers and peripheral products, to implement the « AI Digital Health Talent Development Project » in order to accelerate the integration of cross-domain talent.

    Courses on AI biomedicine

    The main goal of the project is to meet the industry’s high demand for artificial intelligence (AI) talent in Asia.

    Insilico Medicine, the DCB, the Institute for Information Industry and TUL Corporation will jointly develop a series of courses related to artificial intelligence biomedicine to develop ICT and biomedical talent but also to accelerate the acquisition knowledge on how AI technology can accelerate the development of drugs.

    Goals: Reducing the risks of high R&D costs and building a strong foundation for AI tech in Taiwan

    These initiatives will reduce the risks associated with high R&D costs in the industry and build a solid foundation for deploying AI technology in Taiwan.

    Taiwan: the center of medical AI in Asia?

    Insilico Medicine’s AI drug R&D Base establishes itself in will be based in Nankang Software Park in Taipei, the capital of the island state. Its teams will work with organizations in the biomedical industry to contribute to the well-being of all people.

    In addition, the US-based company will provide digital R&D technology services for Taiwan’s pharmaceutical and biotechnology industries, introducing greater innovation to the biomedical industry and driving Taiwan to become the center of combining AI and the biomedical industry in Asia.

  • La plateforme Bipsoin invente les « Bippers » et simplifie le recrutement de soignants vacataires

    Lancée en septembre 2017, la plateforme de e-recrutement Bipsoin aide les établissements à trouver des personnels soignants et autres professionnels du secteur sanitaire et médico-social vacataires. 

    Imaginé par un directeur de maison d’accueil spécialisée, confronté à des problèmes d’absentéisme et ayant besoin d’anticiper les remplacements, ce site web met en relation les établissements (Ehpad, MAS, SSR, CHR, CAMSP, FAM, etc.) et des « Bippers » (infirmières, aide-soignants, auxiliaires de vie, kinésithérapeute, rééducateurs, etc.)

    La start-up francilienne sera présente dans le Village Start-up du Paris Healthcare Week du 29 au 31 mai 2018.

    Des besoins de remplacements quotidiens

    Pour Dominique Diaz, à l’origine de Bipsoin, le constat était clair : l’absentéisme dans les établissements  sanitaires, sociaux et médico-sociaux est de 18 % en moyenne et le quotidien d’un directeur est rythmé par des besoins de remplacements urgents. Dans les groupes d’établissement, en moyenne un équivalent temps plein est alloué à la gestion des remplacements. Par ailleurs, l’appel à l’intérim est source d’augmentation des dépenses et faire appel aux salariés de l’établissement pour pallier aux absences est source d’épuisement professionnel et engendre des surcoûts liés aux repos compensateurs.

    Il fallait donc imaginer une solution pour maintenir le taux d’encadrement tout en n’augmentant pas les charges et en améliorant la qualité de la prise en charge des patients/résidents. 

    La base de données partagée Bipsoin est née en septembre 2017.

    Fonctionnement du site de e-recrutement

    Les soignants disponibles s’inscrivent sur la plateforme web et deviennent des Bippers : ils remplissent des informations personnelles et professionnelles (expériences, diplômes et documents administratifs) et renseignent leurs disponibilités sur un calendrier. Après vérification, seuls des professionnels qualifiés sont sélectionnés et intégrés dans le gisement de ressources. Les Bippers ont un accès gratuit et illimité à bipsoin.fr

    Pour « recruter » des Bippers, Bipsoin mise sur des actions marketing et des campagnes ciblées (par métier, sur une zone géographique etc.) ou encore des partenariats avec les centres de formation. En avril 2018, ils étaient près de 700 bippers inscrits sur la plateforme.

    Mise en relation avec les candidats

    Les établissements qui font appel à Bipsoin ont un accès instantané à une multitude de profils de soignants disponibles et compétents (Solution SAAS avec accès à la recherche de vacataires 24h/24 en ligne). De plus, pour davantage de proximité, la solution intègre une fonctionnalité permettant la mise en relation avec des candidats situés à proximité des établissements. Il en résulte « une réactivité et un gain de temps non négligeables » dans le processus de recrutement. 

    Grâce à un système de matching et d’alertes par SMS et E-mail, les candidats sont directement avertis des offres de vacations qui correspondent à leur profil. Dès acceptation, un contrat de travail avec signature électronique est automatiquement généré.

    La solution Bipsoin met avant tout l’accent sur la fluidité du service et le niveau d’expertise des profils proposés. 

    Aussi, pour les établissements, les bénéfices sont :

    • la réduction des coûts liée à l’économie de temps de gestion ;
    • une souplesse et une réactivité accrues dans la planification des remplacements;
    • la possibilité de recruter de nouveaux profils y compris sur des filières dont la « ressource » se fait plus rare (médecins, Infirmièr(e)s, anesthésistes, orthophonistes, etc.).

    Bipsoin compte déjà parmi ses clients le Groupe SOS, l’APF, l’Ugecam, la Fondation OVE, les Papillons blancs, l’établissement National Antoine Koenigswarter, etc.

    2 formules d’accès à la plateforme :

    • Bip Infinity : Avec engagement de 1 an. Constitué d’un socle forfaitaire mensuel auquel s’ajoute le coût à la vacation par type de ressources recrutées et selon la durée de la mission
    • Bip Open : Sans engagement. Utilisation à la carte.

    Tarifs sur demande.

  • « Startup Lions » : un road trip entrepreunarial à la rencontre des start-ups africaines de la e-santé

    De 2014 à 2017, Samir Abdelkrim a sillonné les routes en construction de la tech africaine. Des hauts plateaux éthiopiens aux collines de Kigali, des techs hubs de Tunis ou de Lagos aux hackatons de Dakar, il a exploré les écosystèmes numériques de plus de 20 pays et rencontré plus de 185 entrepreneurs, dont un bon nombre dans le domaine de la e-santé.

    « Ce qui motive ces entrepreneurs, c’est de trouver des solutions aux problèmes de leurs pays, conquérir de nouveaux possibles, changer le monde des hommes grâce au pouvoir des bits », écrit-il dans l’ouvrage qu’il a écrit à la suite de cette aventure, Startup Lions, paru fin 2017 et destiné aux industriels qui souhaitent investir, aux personnes ayant un projet de start-up en Afrique, à ceux qui sont curieux de découvrir l’expérience de ces entrepreneurs, etc.

    Health&Tech Intelligence vous propose une chronique de cet ouvrage en mettant en avant les start-ups de la e-santé et les projets associés identifiés par Samir Abdelkrim.

    « Notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique »

    « D’après nos statistiques, le taux de mortalité infantile des bébés de moins d’un an est passé de 47‰ en 2009 à 31‰ en 2015 », explique Erick Gaju, directeur du département de télémédecine au ministère de la Santé du Rwanda. Il attribue cette réussite au déploiement de RapidSMS, première appli de télémédecine déployée à grande échelle en Afrique et utilisé jusque dans les villages les plus reculés. RapidSMS est l’une des nombreuses innovations mises en avant par Samir Abdelkrim dans Startup Lions. Selon cet entrepreneur également chroniqueur pour Le Monde, « notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique ».

    Il revient sur l’histoire de ce développement rapide et phénoménal des TIC en Afrique – « de l’hyperabsence du téléphone à l’hyperprésence du mobile » par exemple ou encore le déploiement des tech hubs – au nombre de 500 en 2017, seulement dix ans après le début de la révolution numérique. Il explique surtout que « contrairement à ce qui se passe en Occident, où l’innovation peut avoir tendance à privilégier une certaine élite technologique, en Afrique, l’innovation est radicalement inclusive ». Les considérations ethniques, religieuses ou de sexe n’entrent pas en compte pour la créations de start-ups comme de hubs.

    Start-ups de la e-santé de l’African tech

    Certes, les TIC en Afrique peuvent servir à communiquer, à gérer son bétail, à désenclaver les agriculteurs, à recenser le nombre de tracteurs ou surtout à payer ses factures via téléphone. Cependant, Samir Abdelkrim a aussi découvert lors de son enquête de nombreuses start-ups et des solutions numériques dédiées à « sauver des vies », parmi lesquelles :

    • Gifted Mom au Cameroun : cette appli créée en 2013 compte plusieurs dizaines de milliers d’utilisatrices. La start-up répond par SMS aux questions que se posent les femmes enceintes. Elle les accompagne tout au long de leur grossesse et les renseigne sur les dates de visites prénatales dans les hôpitaux. L’accompagnement se poursuit après la naissance de l’enfant. Gifted mom envoie des rappels sur les dates de vaccination du nouveau-né. Chaque utilisatrice reçoit au moins 3 SMS par semaine et dans les situations d’urgence comme un début d’hémorragie, l’équipe de Gifted Mom contacte l’hôpital le plus proche de l’utilisatrice et s’assure de sa bonne prise en charge.
    • MOS@N au Burkina Faso : cette start-up montée en 2013 se destine à résoudre les problèmes de santé maternelle et infantile auxquels sont confrontés les districts ruraux de la province de Kossi qui ne disposent pas d’infrastructures suffisantes. Il s’agit là aussi d’une appli mobile destinée à informer et conseiller les femmes enceintes afin de leur éviter des complications médicales. Un grand nombre d’entre elle ne sachant pas lire, l’envoi de SMS est doublé d’un système de messagerie vocale, décliné dans les langues locales. L’appli envoie chaque jour des messages de rappel aux mères : conduite à avoir en cas de saignements, règle sanitaires de base, nutrition du bébé, rappel des vaccins, etc.
    • Safe Delivery App en Ethiopie : cette appli est destinée à la formation des sages-femmes pour prévenir les complications liées aux grossesses. Elle leur apporte des conseils, de l’information médicale ainsi que plusieurs vidéos animées en langues locales pour perfectionner leurs compétences obstétriques par l’apprentissage de nouveaux protocoles. Une fois téléchargées, les vidéos sont disponibles offline, ce qui se révèle pratique au regard d’importantes restrictions qui frappent l’internet éthiopien. Les smartphones sont fournis gratuitement par l’équipe de Safe Delivery App et chaque sage-femme bénéficie d’une journée de formation pour bien comprendre les fonctionnalités des appareils.
    • Medtrucks au Maroc : cette start-up lutte contre les déserts médicaux en allant à la rencontre des Marocains souffrant d’insuffisance rénal. Les caravanes sont dotées de matériel médical d’occasion revalorisé et équipées pour dispenser des séances de dialyse. Grâce au big data, Medtrucks va mettre au point une plateforme de géolocalisation. Le but est de collecter des données géographiques et médicales propres aux déserts médicaux (points d’eau existants, centres médiaux d’urgence situés en zone rurale, etc). La start-up mettra ces données à disposition des centres de soins marocains souhaitant étendre leurs activités hors des zones urbaines. 
    • mPedigree au Ghana lutte contre les contrefaçons de médicament, très répandues en Afrique. L’appli développée permet de vérifier avec son téléphone qu’un médicament n’est pas une contrefaçon. Il suffit de gratter un code à plusieurs chiffres situé sur la boîte de médicament et de l’envoyer par SMS à une base de données pour vérification. mPedigree a signé des accords avec AstraZeneca, Sanofi-Aventis et Hewlett-Packard pour la base de données sécurisée en ligne. L’appli a séduit plusieurs pays africains et en 2015 un demi-milliard de boîtes de médicaments avaient été identifiées.
    • BeThree en Tunisie développe un bracelet connecté dont l’algorithme permet de prévenir les crises cardiaques. Ce bracelet intelligent peut détecter en temps réel des changements brutaux du rythme cardiaque et d’évolution de la pression artérielle. Lorsque les signaux biologiques du porteur du bracelet deviennent anormaux, le bracelet envoie un SMS aux proches du porteur et leur envoie les coordonnées GPS du malade, qui permettront aux services de santé d’intervenir au plus vite.
    • Ebola Care App au Nigeria, aide les professionnels de santé à « tracer » les porteurs du virus Ebola et à les contacter, en coordination avec les unités de soins les plus proches. L’appli inclut une option permettant de prendre des photos et d’obtenir un diagnostic à distance. Si la zone couverte n’est pas connectée à Internet, les données continuent d’être stockées sur l’appareil pour analyse ultérieure.

    Zips, les drones civils pour soigner les malades isolés

    Enfin, l’auteur décrit en détails l’expérience rwandaise des « Zips », ces drones qui depuis 2016, servent à soigner les populations les plus éloignées des services hospitaliers : poches de sang, médicaments et vivres peuvent être livrés à des malades vivant dans des villages difficiles d’accès.

    Le Rwanda a pour cela repensé entièrement son système de santé pour devenir le premier État à expérimenter, puis industrialiser l’usage d’une quinzaine de drones civils. Un projet développé grâce à l’aide de la start-up américaine de robotique Zipline et à l’ONG médicale Gavi.

    Startup Lions, Au cœur de l’African Tech de Samir Abdelkrim (auto-édité, 19,90 €). A commander via ce lien.

  • L’ambulatoire et un parcours de soin pluridisciplinaire contre les troubles alimentaires des jeunes

    L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a annoncé, dans un communiqué du 17 avril 2018, la mise en place d’une unité innovante de soin ambulatoire pour combattre les TCA (troubles du comportement alimentaire) chez l’adolescent à hôpital universitaire Jean-Verdier – AP-HP et l’établissement public de santé de Ville-Evrard –AP-HP de Bondy.

    L’approche innovante, baptisée le UFITAA (Unité Familiale Inter-hospitalière pour les Troubles du comportement Alimentaire de l’Adolescent), suppose un traitement fondé sur l’hospitalisation de jour et l’implication forte de l’entourage de l’adolescent afin de minimiser sa rupture sociale et améliorer les résultats cliniques.

    Le projet se caractérise par une prise en charge multidisciplinaire et un ancrage au sein d’un territoire défini – le département de Seine-Saint-Denis (93) et les communes limitrophes du Val d’Oise (95) et de Seine-et-Marne (77).

    Lutter contre un problème de santé publique grâce à une approche inspirée d’un modèle anglo-saxon éprouvé

    Actuellement, selon les chiffres de l’AP-HP, ce sont potentiellement 1 400 adolescents du territoire de la Seine-Saint-Denis qui souffriraient des troubles du comportement alimentaire.

    C’est face à ce constat que les deux hôpitaux ont développé ce projet innovant fondé sur un un modèle anglo-saxon faisant appel à un parcours de soins pluridisciplinaires pour combattre les TCA. Il repose sur quatre piliers :

    • une prise en charge précoce et coordonnée ;
    • des soins prodigués exclusivement en ambulatoire ;
    • une mobilisation forte de l’entourage familial ;
    • des actions intensives et intégrées avec l’intervention de pédiatres et pédopsychiatres.

    Traitement : thérapie familiale soutenue par un pool de professionnels de santé

    Le traitement proposé sera articulé autour d’une thérapie familiale spécialisée, un suivi pédiatrique renforcé et un accompagnement diététique. Si besoin est des soins psychothérapiques ou psychomoteurs individuels pourront être prodigués.

    L’équipe de professionnels de santé dédiée au suivi de la famille peut inclure au besoin des pédiatres, des pédopsychiatres, des psychologues (familiaux et individuels), des infirmiers, des diététiciens, des psychomotriciens, etc.

    Capacités actuelles de l’UFITAA de l’hôpital Jean-Verdier

    Pour l’année 2018, il est prévu que l’UFITAA de l’hôpital Jean-Verdier prenne en charge 40 adolescents. La capacité de prise en charge est censée augmenter par la suite pour répondre aux besoins de soins de 120 jeunes.

    Une évaluation multidisciplinaire du patient, fondée sur un entretien et un examen clinique minutieux, conduira à l’établir un diagnostic et une évaluation des risques qui débouchera lui sur un parcours coordonné. En fonction des besoins personnels du patient, une série de 10 à 20 séquences de soins, étalées sur un an, seront prescrites, invitant le patient à effectuer des passages en hôpital de jour de façon hebdomadaire ou bimensuelle.