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  • Urgences : l’IGAS publie son enquête sur les circonstances ayant conduit au décès de Naomi Musanga

    L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié, le 22 juin 2018, un rapport intitulé « Enquête sur les circonstances ayant conduit au décès d’une jeune patiente suite aux sollicitations du Samu de Strasbourg le 29 décembre 2017 ». La publication du rapport coïncide avec le lancement d’une réflexion nationale sur la réorganisation des services d’urgence.

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a chargé par une lettre du 9 mai 2018 l’Inspection générale des affaires sociales d’enquêter sur les circonstances du décès de la jeune femme.

    Le rapport, établi par le docteur Anne-Carole. Bensadon et Juliette Roger, traite conformément à la demande de la ministre :

    • des procédures de régulation des appels mises en place au SAMU de Strasbourg et des modalités de traitement des appels reçus concernant Mme Naomi Musenga ;
    • des conditions de prise en charge de Mme Naomi Musenga par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg  ;
    • de l’accompagnement de la famille par l’établissement  ;
    • des modalités de signalement auprès de l’agence régionale de santé.

    Le rapport de 61 pages de l’IGAS est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien. Il met en évidence « de graves dysfonctionnements » dans le traitement des appels au Samu 67.

    Réorganiser la prise en charge des patients dans les services d’urgence

    La publication de ce rapport s’inscrit dans un contexte général marqué par la volonté affichée du gouvernement et du parlement de faire évoluer l’organisation des services d’urgence français. En atteste à titre d’exemple, un rapport remis le 22 mai 2018 à Agnès Buzyn dans lequel le député Thomas Mesnier (LREM) examine la situation des soins non programmés en France, définis comme « exprimant une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville ». Le rapport parlementaire est consultable en cliquant ici.

  • « Transformer le système de santé depuis les territoires » – Séminaire du Conseil régional d’IdF

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait le 21 juin 2018 une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer la santé des Franciliens ». Health & Tech intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes » avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé » avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de France (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP)
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients » avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé, prévention, ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    « La planification sanitaire, une responsabilité étatique assumée par les autorités municipales »

    Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé

    Sandrine Lamiré évoque le rôle des maires en matière de planification sanitaire. Elle rappelle que face à la pénurie de médecins en Ile de France, les maires sont parmi les premiers acteurs interpellés par les citoyens et sommés de prendre des mesures rapidement.

    Cette mission n’incombe pas aux élus locaux mais à l’Agence régionale de santé (ARS). Les dotations de l’Etat ne permettent pas toujours aux maires d’envisager la construction de maisons pluriprofessionnelles de santé. Sandrine Lamiré rappelle que les maires peuvent conclure des contrats avec les Agences régionales de santé compte tenu des besoins locaux et que ces outils s’avèrent particulièrement utiles.

    « Renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France »

    Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Ile-de-France

    • Quelle est l’actualité des GHT,  mis en place par la loi du 26 janvier 2016 ?

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent l’un des axes de réflexion actuels de la FHF. Serge Blisko considère que les projets d’aménagement urbain menés en Ile-de-France (notamment les transports) soulèvent des difficultés : « ils ne tiennent pas suffisamment compte de l’offre de soins qu’il faut intégrer à la réflexion en amont des projets de planification urbaine ».

    • Attirer les professionnels de la santé en Ile-de-France

    La FHF veut travailler en partenariat avec les offreurs de soins pour renforcer l’attractivité de la région aux yeux des professionnels de santé. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, rappelait en guise d’introduction à la journée de séminaire, que le temps de trajet quotidien d’une infirmière francilienne est estimé à 3h.

    « Le problème des ressources humaines est extrêmement important. Il convient de valoriser l’environnement professionnel pour résorber la pénurie de médecins et d’infirmiers ». Serge Blisko.

    • La répartition des internes en médecine en Ile-de-France est préoccupante

    Le président de la FHF se dit inquiet face à la raréfaction des internes en médecine franciliens. Dans le sillage de la réforme des études de médecine, les « taux d’inadéquation » n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’inadéquation est défini comme la différence entre les postes offerts par un département et les postes pourvus in fine au sein de ce département lors des choix des internes à l’été 2017.

    Ainsi, en 2018, la FHF constate 40% de non prise de poste en Essonne, 38% en Seine-et-Marne, 37% dans le Val-d’Oise et 30% dans les Yvelines. Ces taux sont imputables en partie aux temps de trajet et aux prix des loyers des cabinets médicaux et des domiciles. Serge Blisko en appelle donc au renforcement de l’attractivité de la région Ile-de-France auprès des jeunes et futurs professionnels de santé.

    « Le territoire, un maillon essentiel »

    Un représentant de l’hospitalisation privée en Ile-de-France

    L’orateur salue les déclarations récentes du Président Macron, qui, lors de la journée de la mutualité française, a annoncé vouloir mobiliser les acteurs privés. Les GHT ne doivent pas constituer le socle du système de santé. L’Ile-de-France compte 15 GHT contre une vingtaine de territoires de coordination de santé, lesquels associent acteurs publics et privés.

    « Il ne faut pas appuyer le projet de santé territorial sur les seuls GHT ».

    L’orateur salue le rapport du HCAAM publié en juin 2018, qui préconise de décloisonner les secteurs médical et médico-social. Le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs de santé.

    • Mieux coordonner les activités de soins entre les établissements publics et privés

    En matière de prise en charge aux urgences, les hôpitaux privés d’Ile-de-France accueillent près de 25% des patients, mais « les services de régulation ne tiennent pas suffisamment compte des hôpitaux privés », d’après l’orateur.

    • Supprimer ou modifier les dispositifs de classement des établissements de santé

    La gradation des soins produit par ailleurs des « effets délétères » dans la mesure où les professionnels de santé et les patients ne souhaitent se rendre que dans les établissements classés dans la première catégorie.

    • Faire de la qualité une priorité du système de santé

    L’intervenant en appelle ensuite à soutenir la « qualité » au coeur des organisations et des pratiques professionnelles : « nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte la qualité ».

    • Simplifier l’accès à l’innovation

    Il préconise enfin de simplifier l’accès à l’innovation et cite l’exemple de Ramsay Générale de Santé, qui a inauguré un incubateur destiné aux start-ups spécialisées dans la prévention (diagnostic du mélanome et de maladies oculaires avec l’intelligence artificielle par exemple).

    Le patient expérientiel

    Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs

    La FEHAP a forgé le concept de « patient expérientiel », inspiré de la Charte de Vancouver, qui consiste à faire des patients des acteurs et des sachants, en complément de la communauté de médecins. La Fédération est particulièrement attentive aux enjeux des ressources humaines en santé, des déplacements et temps de trajet entre le domicile et le lieu d’exercice professionnel, de l’accès aux soins des familles et des personnes en situation de handicap.

    Ancrer la formation universitaire dans les territoires

    Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13

    Pour le professeur Jean-Luc Dumas, le territoire doit devenir le déterminant majeur des formations médicales. Comment modifier la formation universitaire ?

    • « La pratique du numerus clausus sclérose nos territoires » ;
    • assurer la continuité d’un parcours ancré dans les territoires ;
    • créer une plateforme unique qui regroupe les formations initiales et continues ;
    • créer des passerelles et de nouvelles filières de formation ;
    • les universités doivent développer une offre de formation dans le champ de l’ « ingénierie organisationnelle » ;
    • les études de médecine doivent intégrer les innovations organisationnelles, techniques et numériques ;
    • valoriser le rôle des patients-enseignants au sein des universités ;
    • créer des « territoires universitaires de santé » ;
    • élaborer des « contrats de responsabilité en santé » dont l’université doit être l’une des parties prenantes ;
    • instituer une « plateforme d’échanges entre la demande et l’offre médicale ».

    Renforcer la coordination territoriale des parcours

    Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes

    Jean-Luc Plavis rappelle que les patients rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment lorsqu’ils sont atteints de maladies chroniques. Le « parcours de santé » se transforme souvent en « parcours du combattant ». Il faut « changer de paradigme » et faire de la coordination des acteurs et des établissements une priorité.

  • Appel à projets de la SATT Sud-Est : le numérique, le DM connecté et la e-santé parmi les thématiques

    La SATT Sud-Est a lancé, le 15 juin 2018, son « appel à projets de maturation transfert de technologies » dans quatre domaines correspondant à des enjeux industriels identifiés : la e-santé et les dispositifs médicaux ; le numérique ; les technologies liées à la « naturalité » (alimentation, bio-contrôle, actifs naturels) ; la cosmétique et la dermatologie.

    Grâce à cet appel à projet, la SATT Sud-Est souhaite soutenir les laboratoires de recherche dans son giron, tels ceux des université du Sud-Est, du CNRS, de l’Inserm ou du Centre Hospitalier Universitaire de Nice. La SATT les appuiera dans la réalisation de développements permettant le transfert de solutions mises au point vers un industriel pour une exploitation commerciale.

    Les candidatures sont à soumettre avant le 31 août 2018 et une réponse aux candidats est prévue pour le 20 septembre 2018.

    Des informations de contact et de plus amples renseignements liés aux différents aspects de l’appel à projets, dont la procédure de soumission, sont accessibles via ce lien.

    Le dossier de soumission est téléchargeable à partir de cette adresse.

    Accompagnement en transfert de technologie

    L’appel à projets vise les équipes de recherche des établissements actionnaires et membres fondateurs de la SATT Sud-Est : l’Université d’Aix-Marseille, l’Université Nice Sophia Antipolis, l’Université de Toulon, l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, l’Université de Corse, l’École Centrale Marseille, le CNRS, l’Inserm, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, le CHU de Nice.

    Il s’agira d’aider les laboratoires de recherche à mener à bien un projet de :

    • création d’entreprise ;
    • réalisation de prototype  ;
    • preuve de concept industriel pour une invention donnée.

    La SATT prendra en charge l’ingénierie du projet destiné au transfert et la stratégie de transfert du projet.

    Thématiques à l’honneur : DM de e-santé, numérique, « naturalité » et cosmétique

    Dans le cadre de l’appel à projets, la SATT a identifié quatre grands thèmes de transfert correspondant à des enjeux industriels :

    • les dispositifs liés à la e-santé : les dispositifs médicaux d’imagerie et de diagnostic étendus au bien-être et au maintien à domicile ;
    • les technologies numériques comprenant les objets autonomes et connectés, le traitement de leurs données massives. Ces technologies, peuvent trouver leurs applications de façon transverses sur tous les métiers de la sphère industrielle ;
    • les technologies liées à la « naturalité » : l’alimentation, le bio-contrôle, les actifs naturels pour la nutraceutique ou la cosmétique ;
    • les technologies pour la cosmétique à base d’actifs naturels ou de synthèse ainsi que les outils de diagnostic de la peau humaine. La dermatologie pour la prévention et traitement des maladies inflammatoires chroniques de la peau et les cancers de la peau non-mélanome.

    Critères de sélection

    Les dossiers déposés doivent être constitués au minimum d’une déclaration d’invention et du programme de maturation envisagé. Ce dernier doit permettre de décrire le fonctionnement concret de l’invention et de mieux renseigner ses caractéristiques techniques, ses performances, ses limites, etc.

    Voici les critères précis :

    • la pertinence du projet au regard de la thématique de l’appel ;
    • la maturité de la technologie (TRL) ;
    • la caractéristique et le type d’industrialisation pressentis ;
    • la situation juridique de l’invention;
    • les opportunités de protection de l’invention (propriété intellectuelle) ;
    • les moyens humains, financiers et matériels nécessaires au transfert vers un industriel ;
    • la taille et la typologie des marchés potentiels.

  • Le CHU d’Angers annonce le lancement d’Allegro, son Living Lab gériatrique hospitalier

    Le Centre Hospitalier Universitaire d’Angers a annoncé dans un communiqué du 18 juin 2018 l’ouverture de son Living Lab gériatrique hospitalier à l’occasion de la rencontre « Objets connectés et seniors, quelles solutions concrètes ? » organisée le 15 juin 2018 à la Wise Factory.

    Le Living Lab, baptisé Allegro pour Angers Living Lab en Gériatrie, est censé ouvrir d’ici l’automne 2018 et est porté par le Centre de recherches sur l’autonomie et la longévité (CeRAL) du CHU d’Angers.

    Il s’agit d’un lieu qui vise à mobiliser autant les partenaires publics que les établissements d’enseignement supérieur, les entreprises privées et les citoyens.

    L’objectif du Living Lab est de cerner les besoins des personnes âgées en outils numériques et de favoriser l’innovation hospitalière en faisant émerger des prestations totalement nouvelles.

    Un espace collaboratif réunissant soignants, industriels et patients

    Le Pr Cédric Annweiler, chef du service de gériatrie du CHU d’Angers, est responsable de ce projet dont il affirme qu’il est le premier de ce genre en France. Le projet s’inscrit dans une dynamique déjà existante autour de la thématique du vieillissement au domicile créée par le Gérontopôle des Pays de la Loire et le projet « Silver » de l’agglomération d’Angers.

    La naissance du Living Lab correspond à une volonté de créer un espace ouvert aux acteurs de l’écosystème de la santé numérique et des seniors : organismes publics, secteur académique, industriels aux côtés des soignants et patients.

    Une chambre d’hospitalisation pour palper les tendances et générer des connaissances

    Sa principale caractéristique réside dans le fait qu’il constitue une méthode ouverte de recherches, avec un espace grandeur nature correspondant à une chambre d’hospitalisation. Il peut représenter un levier académique et industriel.

    La lab sera un espace proposant :

    • une vue stratégique sur les usages potentiels des nouvelles technologies et services ;
    • un développement accéléré de ces nouveaux services en les adaptant aux besoins des usagers ;
    • une production de nouvelles connaissances scientifiques en apportant de la valeur ajoutée aux essais cliniques par l’entremise des nouvelles technologies de l’information, en développant la recherche paramédicale et en formant les soignants dans des conditions réalistes.

    Objectifs poursuivis

    Les activités du Living Lab permettront de :

    • définir les nouveaux besoins des personnes âgées ;
    • tester des services et des nouvelles technologies en développement, en y associant les usagers, seniors et soignants, dès la phase de conception ;
    • favoriser l’innovation hospitalière ;
    • proposer des prestations inédites en France ;
    • améliorer les soins hospitaliers aux personnes âgées.

  • Des disparités de santé persistantes en lle-de-France selon le lieu de vie (ORS)

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait, le 21 juin 2018, une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer le santé des Franciliens ». Health & Tech Intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes », avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé », avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de france (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP) ;
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients », avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé et prévention ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    Le Dr Isabelle Grémy rappelait, en prélude à la table ronde, quelques chiffres et élément-clés concernant la population des franciliens.

    Les inégalités sociales de santé persistent à l’échelle de l’Ile-de-France

    Selon la directrice de l’ORS Isabelle Grémy, l’état de santé de la population francilienne présente les caractéristiques suivantes :

    • un écart d’espérance de vie important : l’écart d’espérance de vie entre les populations les plus aisées et les populations les moins favorisées – résidant principalement en Seine-Saint-Denis – est évalué à 7 ans, selon des données de l’ORS.
      • La mortalité prématurée (survenant avant 65 ans) affecte particulièrement la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne ;
      • Toutefois, les mesures de prévention engagées en Ile-de-France pour lutter contre le tabagisme (paquets neutres, hausse du prix du tabac, etc.) commencent à porter leurs fruits : la consommation de tabac est passée de 26% en 2016 à 21% en 2017. Les actions de prévention sont efficaces auprès des populations aisées. De nouvelles mesures prises en 2017 ciblent les populations moins favorisées.
    • un cumul d’exposition aux risques sanitaires : la population francilienne est exposée à de nombreux facteurs environnementaux préjudiciables à la santé, tels que la pollution, les pesticides, le plomb, le monoxyde de carbone.
    • Tenir compte du lieu d’habitat : les études épidémiologiques américaines montrent qu’un individu pauvre résidant dans un quartier pauvre sera en moins bonne santé qu’une personne pauvre, au profil socio-économique similaire, mais résident dans un quartier aisé.
      • Des chercheurs français se sont inspirés des travaux réalisés outre-atlantique et ont démontré qu’à revenu égal, l’obésité affectait davantage les pauvres des quartiers pauvres que des quartiers aisés.
      • Isabelle Gémy insiste donc sur la nécessité de tenir compte des indicateurs environnementaux et socio-économiques dans l’évaluation de l’état de santé des populations.
    • Les populations vulnérables sont surreprésentés dans les zones surexposées aux risques sanitaires.

    Résorber les inégalités sociales de santé

    L’Ile-de-France présente des taux de mortalité prématurée élevés. Selon l’observatoire régional de santé, une attention particulière doit être accordée aux thématiques suivantes : nutrition, santé mentale, surpoids, consommation d’alcool et de tabac, inégalités sociales de santé persistantes, vieillissement de la population, actions de prévention auprès des familles et enfants en bas âge.

  • Etape de l’innovation : la mobilité au service du bien veillir, le 2 juillet 2018 à Guéret

    Cette journée organisée par la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret, la Région Nouvelle-Aquitaine et le réseau Innovez en Nouvelle-Aquitaine – ADI N-A, permettra d’explorer les technologies et les solutions innovantes développées pour favoriser l’autonomie et la mobilité des seniors.

    Elle se déroulera le lundi 2 juillet 2018 de 10h à 16h.

    Programme : 

    10h – 10h30 :

    Accueil des participants

    10h30 – 11h :

    Ouverture par Éric Correia, Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret et Anne-Laure Bedu, Conseillère régionale déléguée au transfert, à l’innovation et à l’accélération.

    11h – 11h45 :

    Conférence et débat avec Frédéric Serrière,  Dirigeant de GlobalAgingConsulting, sur :

    • les relais de croissance du vieillissement démographique;
    • les nouveaux besoins des baby boomers
    • les différentes stratégies du développement de produits et services
    • Innovation et génération : quel timing ?

    11h45 – 12h30 : Première session d’ateliers 

    Trois ateliers sont proposés en alternance par groupes : 

    • Mobilité des services et des technologies Témoignages croisés sur les services à la personne et leur modèle économique : quels usages des nouvelles technologies ? Avec la participation de Latitude Services, Elisad, Omnidom, Life Design Sonore, Facil’iti et la CCI de la Creuse (Portail Seniority Pro 23)
    •  Mobilité dans l’habitat et vers l’extérieur :  Trouver des solutions pour améliorer le quotidien et permettre le maintien à domicile des Seniors et répondre à la question suivante : quelles initiatives pour préserver la mobilité et le lien social ? Interventions de AEL Avenir Electrique de Limoges, Alogia, Bluelinea, et Ecosyst’M  
    • La réalité virtuelle au service des entreprises : Démonstration du cube immersif du Pôle Domotique et Santé et présentation des solutions développées par Independance Royale, Legrand, Domalys Intervention d’Immersion sur les technologies de l’espace 3D, présentation des actions du pôle Calyxis dédié à la prévention des risques à la personne et démonstration de solutions complémentaires au bien vieillir par ReSanté-Vous, Rev’Lim et Nutri-Culture

    12h30 – 14h :

    Déjeuner

    14h – 14h45 : Deuxième session d’ateliers

    14h45 – 15h30 : Troisième session d’ateliers

    15h30 – 16h : 

    Conclusion et clôture par Frédéric Serrière de GlobalAgingConsulting et Marie-Emmanuelle Fréour du réseau Innovez en Nouvelle-Aquitaine – ADI N-A

    Inscription : 

    Pour s’inscrire, cliquer sur ce lien. 

    Date limite d’inscription : 27 juin 2018

  • « La France, 1er pays européen des industries de santé »(présidents des 7 pôles de compétitivité)

    Le 5 juin 2018 est parue une tribune libre signée par les présidents de 7 pôles de compétitivité en santé :
    – Alsace Biovalley ;
    – Atlanpole Biotherapies ;
    – Cancer-Bio-Santé ;
    – Eurobiomed ;
    – Lyonbiopôle ;
    – Medicen Paris Region ;
    – Nutrition-Santé-Longévité.

    Le but de cette tribune libre commune intitulée « Il est temps de faire de la France LE pays européen des industries de santé » est d’interpeller l’État sur le futur de ce type de pôles ainsi que sur l’importance des industries de la santé en France.

    Constats de départ

    « La réalité quotidienne au sein de nos pôles de compétitivité nous force à faire le constat que la santé, ses industries et l’ensemble de ses acteurs ne sont pas suffisamment perçus par l’Etat comme un élément clef de compétitivité, d’innovation et de croissance. Dans le même temps, le caractère stratégique de notre indépendance sanitaire ne semble pas être mesuré à sa juste importance. Nous le regrettons.

    La santé, un domaine de compétitivité, d’innovation et de croissance

    Les industries de santé sont un des secteurs industriels les plus dynamiques et innovants au monde. En France, elles constituent un secteur riche en savoir-faire d’excellence, en entreprises innovantes et en valeur ajoutée. Deuxième filière industrielle française en matière de R&D, avec 11 % du PIB national pour un chiffre d’affaires annuel moyen de 65 milliards d’euros*, elles contribuent non seulement à l’essor économique du pays, mais aussi à son rayonnement international (3ème secteur exportateur). Ces industries doivent impérativement rester compétitives et pour cela la France a l’obligation d’innover en permanence. Ces innovations sont pour l’essentiel développées par des TPE/PME françaises très largement accompagnées par les pôles de compétitivité et qui participent à l’ambition française de « Start-up nation ». Ces entreprises recrutent nos diplômés français, font briller la France à l’international et sont les pourvoyeurs des solutions de santé de demain.

    Le rôle des pôles de compétitivité

    Fédérer les acteurs…

    En 12 ans, les pôles compétitivité en santé dans leur capacité à fédérer les forces industrielles et académiques autour de l’innovation ont fait la preuve de leur efficacité. Ils soutiennent la mutation structurelle des industries de santé par leurs actions à destination des entreprises innovantes, favorisent les approches pluridisciplinaires qui rendent possible l’intégration de nouvelles technologies et répondent à de nouveaux enjeux de santé.

    … pour favoriser l’innovation et améliorer la qualité des soins…

    Cet aspect économique majeur est combiné à d’autres éléments spécifiques à notre domaine d’activité : penser aujourd’hui la santé de demain afin de garantir à la population française un accès à des soins toujours plus performants. Le travail de mise en relation et de collaboration entre le monde académique, le monde hospitalier, les start-ups, les PME et les grands groupes a permis, et permettra demain, de mettre sur le marché et de rendre accessible au plus grand nombre les innovations en santé. De plus, le marché de la santé représente un débouché important pour d’autres technologies développées en France, comme le digital, le spatial, l’intelligence artificielle, les nanotechnologies… ou encore les nouveaux matériaux. Ces secteurs ont besoin de ce marché et de son dynamisme pour poursuivre leur croissance.

    … et garantir l’indépendance.

    Parallèlement, assurer son indépendance sanitaire consiste pour la France et pour l’Europe à continuer de maîtriser sa politique de santé publique. Dans cette optique, le réseau industriel doit être structuré et innovant. Les pôles de compétitivité en santé ont pris toute leur part dans le développement et la consolidation de ce réseau de plus en plus efficient. L’indépendance sanitaire signifie, non seulement, l’accès à certaines innovations développées sur le territoire national, mais aussi le maintien de capacités de R&D fortes et d’une partie de la production industrielle (pharmaceutique, biotechnologique, medtech…) en France afin de pallier au maximum les ruptures d’approvisionnement. Les pôles de compétitivité en santé, en accompagnant les entreprises dans la production et la mise sur le marché de nouvelles solutions, jouent ce rôle de catalyseur et de développeur de l’écosystème national. Les projets labellisés par les pôles ont ainsi permis la mise sur le marché de 400 nouveaux produits ou services depuis leur création.

    L’importance stratégique des pôles de compétitivité

    A l’heure actuelle, la place des pôles de compétitivité est réinterrogée. Régulièrement évaluées, ces structures, utiles et performantes, porteuses d’innovation sur le territoire national, visibles et très bien identifiées au niveau mondial, sont aussi modestes économiquement et légères en termes d’organisation. Extrêmement agiles, elles ont une réelle capacité à travailler ensemble. Les membres de nos réseaux reconnaissent et comprennent l’intérêt des pôles et de leurs actions – apporter de la stabilité au paysage et des clefs de lecture des enjeux – ce qui leur permet d’être focalisés sur leurs objectifs spécifiques tout en participant à une vision collective de l’innovation en santé. La constance et la structuration dans l’action ne sont-elles pas un moyen simple et efficace de favoriser l’innovation ?

    Nous voulons continuer à porter cette vision des industries innovantes de la santé dans un paysage complexe et en mouvement et être force de proposition auprès de l’Etat, des Régions et de l’ensemble des pouvoirs publics. La santé ce n’est pas seulement un coût, c’est aussi un secteur économique à forte valeur ajoutée, qui participe de la compétitivité et de l’attractivité de notre pays, en même temps qu’un enjeu de souveraineté ».

  • Suivi du cancer : l’AP-HM s’associe à Vitaris pour évaluer l’impact de dispositif de téléassistance

    Assistance Publique – Hopitaux de Marseille (AP-HM) s’est associée en mars 2018 à l’entreprise Vitaris, prestataire de solutions de téléassistance en France, pour lancer une étude clinique, selon un communiqué de l’entreprise diffusé fin mai 2018.

    Cette étude clinique intitulée « PREDOMOS » a fait l’objet d’un appel à projets remporté par Vitaris et vise en partie à évaluer l’impact des dispositifs de téléassistance sur la prise en charge des personnes âgées et isolées atteintes d’un cancer. Elle s’achèvera en 2021.

    Participants et finalités de l’étude

    Lancée en mars 2018, l’étude en question s’intitule PREDOMOS : PREcarité chez le sujet âgé atteint de cancer : Impact sur la qualité de vie d’une approche DOMOtique et par téléassistance pour les patients âgés pris en charge pour un cancer métastatique ou localement avancé et isolés Socialement.

    Cette étude multicentrique et randomisée est menée par les docteurs Daumas et Couderc du service du Pr Villani. Cette étude associe également la « plateforme méthodologique, biostatistique, data management » du Pr Auquier et les docteurs Baumstarck et Loubière.

    Mode opératoire

    L’objectif de cette étude est de faciliter le retour à domicile des patients âgés atteints de cancers traités par chimiothérapie. Pour ce faire, 160 patients seront équipés avec des solutions de téléassistance Vitaris. Dix centres, en région PACA principalement, ont engagé les inclusions en mars 2018.

    Vitaris installe chez les participants un dispositif de téléassistance connectée avancée permettant :

    • de détecter les chutes ;
    • elle contient un pack de sécurité de la maison (incluant les détecteurs connectés de fumée et de monoxyde de carbone) ;
    • un pack de suivi de l’activité et de l’inactivité (avec capteur de mouvement infrarouge) ;
    • un système d’éclairage automatique, permettant de faciliter les déplacements nocturnes ;
    • une écoute active 24h24 et 7j/7.

    Résultats escomptés

    L’objectif de cette étude est de comparer l’impact des équipements de téléassistance, couplés à la domotique et à un suivi social mensuel sur la qualité de vie des patients âgés. Une attention particulière sera accordée à la mesure de l’impact du lien social alimenté par l’écoute.

    Cette étude sera menée jusqu’au début de l’année 2021. Si ses résultats sont concluants, elle devrait permettre de renforcer la sécurité des personnes vivant leur maladie à domicile.

  • La Normandie lance la plateforme ViaTrajectoire Handicap, outil d’aide à l’orientation personnalisée

    Le GCS Normand’e-santé a annoncé dans un communiqué du 12 juin 2018 le lancement de la plateforme ViaTrajectoire Handicap dans le département du Calvados pour être ensuite déployée à l’échelle de toute la Normandie au premier trimestre 2022.

    Il s’agit du troisième module, celui dédiée au handicap, de ViaTrajectoire, outil d’aide à l’orientation personnalisée dans le domaine de la santé, qui est à destination des :
    • Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ;
    • établissements et services médico-sociaux (ESMS) ;
    • personnes en situation de handicap et leur famille à terme.

    Cet outil digital est proposé aux ESMS et MDPH pour dématérialiser les demandes d’orientation en aval des décisions prises par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDPAH), afin d’optimiser les parcours et les flux des établissements et services médico-sociaux.

    Une offre mutualisée et mieux coordonnée d’ici 2022

    Le partage des demandes d’orientation entre l’ensemble des établissements de l’offre médico-sociale et des  MDPH doit permettre une meilleure maîtrise et gestion de l’offre et de la demande. La collaboration ainsi rendue possible renforce par ailleurs la relation de partenariat qui existe entre les deux types de structures.

    L’équipe orientation parcours du GCS Normand e-santé est responsable de guider la mise en œuvre du module dans les établissements médico-sociaux du département du Calvados. Il s’agit du premier territoire normand à bénéficier de la plateforme avant qu’elle ne soit déployée progressivement dans l’Eure, l’Orne, la Manche et enfin la Seine-Maritime.

    Selon les estimation du GCS Normand e-santé, la durée de la phase initiale de déploiement est de l’ordre de 18 mois. L’usage de la plateforme sera généralisé entre les cinq départements de Normandie d’ici 2022.

    Pour rappel, c’est le GCS SISRA qui est l’éditeur de la plateforme ViaTrajectoire.

  • « La révolution des SI hospitaliers doit se poursuivre » Conférence Grant Thornton – Cerner 2/2

    Les entreprises Grant Thornton et Cerner organisaient conjointement le 14 juin 2018 une conférence intitulée « Les systèmes d’information dans le domaine de la santé : réussir son virage stratégique ». 

    Les représentants des principales fédérations hospitalières – FEHAP, FHF (Fédération Hospitalière de France), FHP (Fédération de l’hospitalisation privée) et Unicancer – étaient réunis pour évoquer les défis se présentant actuellement aux établissements hospitaliers de France, en matière de système d’information et de structuration des parcours des patients notamment.

    Jacques Leglise, Directeur général de l’Hôpital Foch, Président de la conférence des DG d’hôpitaux MCO de la FEHAP

    Nous traversons actuellement une phase de « révolutions en matière d’évolution des systèmes d’information » hospitaliers, qui être illustrée à quatre niveaux :

    1. Révolution technologique : J. Leglise est convaincu de la pertinence de l’utilisation de l’intelligence artificielle en santé, dans le domaine de l’imagerie notamment. Dans 5 ans, les innovations technologiques seront telles qu’elles bouleverseront l’organisation interne des hôpitaux. Elles permettront par exemple de trier les images médicales avec un taux de fiabilité « remarquable ». 

    2. Groupements hospitaliers de territoire : Pendant 30 ans, les DSI hospitaliers ont peiné sur les questions de l’interopérabilité, le DMP, le workflow de prescription, etc. La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé qui créé les GHT c »omporte des erreurs », selon J. Leglise : l’ancrage territorial des GHT est encore lacunaire. Au delà des GHT, comment s’ouvrir aux acteurs de santé, aux patients, aux médecins, aux données de télémédecine ? La question reste entière.

    3. Place du patient : depuis 30 ans, les systèmes d’information sont conçus autour des professionnels de santé. Aujourd’hui, les patients veulent être acteurs de leur santé, notamment les malades chroniques. Les systèmes d’information ne sont pas encore suffisamment tournés autour du patient.

    4. Enjeux financiers des données de santé : la France accuse un certain retard en matière d’organisation des données de santé et gagnerait à s’inspirer d’exemples étrangers. A titre d’exemple, le Danemark est performant en matière d’essais cliniques car est parvenu à structurer les données de santé des patients, pour leur permettre d’y accéder quelque soit leur dispositif.

    Ces quatre composantes de l’évolution actuelle « comportent une part obscure »

    1. Offre de services abondante et illisible : pour les décideurs, comment choisir dans la profusion des offres, des promesses, des volumes d’investissements ? Les industriels doivent changer de paradigme et rendre leur offre de services plus lisibles.

    2. Cybersécurité : les hôpitaux sont des proies particulièrement sensibles car les données hébergées en leur sein ont une valeur importante. Il est à ce titre « étonnant » qu’ils n’aient pas encore fait l’objet de cyberattaques de grande envergure. Les outils actuels ne permettent pas encore de bien protéger les bases, d’après l’intervenant.

    3. La protection des données personnelles nécessite des investissements supplémentaires. 

    Pascal Briot : DGA, centre Unicancer Eugène Marquis, Rennes

    Quelques éléments de présentation sur Unicancer

    Unicancer est le premier promoteur d’essais cliniques en oncologie à l’échelle européenne, à l’origine des stratégies EVOLPEC 1 et 2, orientées sur l’extérieur et la prise en charge à domicile des patients avec les objets connectés.

    La cancérologie s’oriente aujourd’hui vers des soins de moins en moins invasifs, de plus en plus sophistiquées avec une présence moindre du patient à l’hôpital.

    Ce nouveau modèle de prise en charge va de paire avec l’autonomisation du patient, le recours accru à la télémédecine et la progression de la e-santé.

    « L’enjeu n’est plus la gestion du nombre de lits pour assurer des prises en charge mais la gestion du parcours du patient ». Pascal Briot.

    Pascal Briot rappelle qu’avec le développement de l’immunothérapie, on tend aujourd’hui à « ramener le patient à l’hôpital ». Il convient donc de « ne pas emprunter trop hâtivement des voies incertaines » en matière de prise en charge.

    Le patient est aujourd’hui plus informé, actif et connecté. Il convient donc de mettre en place des outils de mesures des résultats rapportés par un patient (PROMs) tout au long de sa prise en charge. Les ressentis des patients pèsent sur les décisions des dirigeants hospitaliers.

    L’avenir de la cancérologie : un patient et des soins connectés

    Une santé connectée pour des soins délivrés plus efficacement : l’enjeu actuel est triple. Il consiste à intégrer des plateformes big data pour aller jusqu’à la prise de décision clinique, adopter une approche territoriale, développer la télémédecine notamment dans les Outres-Mers (il n’y a à titre d’exemple aucune Oncologue à Saint-Pierre et Miquelon).

    Du Big Data aux objets connectés : 

    • ESME : épidémiologie couplée à une stratégie médico-économique pour améliorer la prise en charge des patients à partie des données de vie réelles. Elle compte 3 plateformes de données pour 70 000 patients attendus.
    • ConSoRe (continuum soins recherche) : ce moteur de recherche en cancérologie permettra d’accroître la connaissance en cancérologie en retrouvant des informations dans des centaines de milliers de dossiers.
    • Des outils connectés pour suivre le parcours de soins à domicile : e-DomSanté (Institut bergonié, bordeaux) ;  MyCurie (Institut Curie à Paris) ; IPCConnect, (Institut Paoli Calmettes, Marseille), CAL & YOU (Centre Antoine Lacassagne de Nice) ; Parcours « après-cancer » (Centre Oscar Lambret à Lille); Projet d’IA au Centre Béard de Lyon, CEM@Santé (Centre Eugène Maquis – Rennes).

    Emmanuel Daydon : secrétaire général de la FHP

    La FHP est en cours de finalisation du programme qui se substituera au plan « hôpital numérique » dans quelques mois (avec la DGOS). Parmi les sujets stratégiques déterminants, il faut numériser les services aux patients non encore digitalisés, sécuriser l’usage des données de santé et maîtriser la problématique de l’évolution des SI à l’hôpital.

    Alexis Thomas, directeur de cabinet, FHF

    Directeur de cabinet à la FHF, Alexis Thomas identifie les cinq priorités suivantes :

    • 1.approche populationnelle en santé : la FHF entend soutenir le développement des outils numériques qui vont de paire avec l’approche populationnelle en santé. Celle-ci vise à maintenir le bien être et la santé d’une population sur territoire donné. Elle s’inspire des modèles américains Keiser et Geisinger et consiste à identifier une population présentant un besoin de santé particulier, la stratifier, élaborer des programmes cliniques adaptés au suivi de cette population. La FHF expérimente déjà ce mode de prise en charge dans plusieurs départements dont la Nièvre.
    • 2.Intelligence artificielle et santé : La FHF a créé un fond d’innovation et de recherche pour encourager l’imagerie et le codage. La Fédération a lancé une enquête en ligne à destination des professionnels de santé, dont les résultats seront présentés le 5 septembre 2018 à l’occasion des Universités d’été de la FHF. Celle-ci annonce par ailleurs la création d’une Chaire sur le sujet.
    • 3.Mise en œuvre « intelligente et pragmatique » du RGPD et accompagnement des établissement sur le sujet (articles 43 et 48 notamment).
    • 4.Plan Ehpad numérique ou plan numérique sur le médico-social : la FHF a élaboré 22 propositions pour transformer le système de santé  : elle souhaite notamment créer des liens avec les groupements hospitaliers sur le volet « parcours et numérique » au sein des établissements pour soutenir des activités de lien sociale.
    • 5.Volet Ethique : « primum non nocere », la FHF souhaite éviter que la confiance dans le système s’érode.

    La journée de colloque s’est poursuivie avec l’organisation de trois tables-rondes consacrées aux thèmes suivants :

    • Table-ronde n°1 : « Nouveaux systèmes d’information, vers une architecture ouverte et un partage de données » ; 
    • Table-ronde n°2 : « Optimisation des systèmes d’information organisationnels » ; 
    • Table-ronde n°3 : Cybersécurité.

    Les conférences ont fait l’objet d’une captation, qui sera prochainement mise en ligne à cette adresse.