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  • Santé Connect’ : les professionnels de santé multiplient l’usage des sources numériques (Ipsos)

    L’institut de sondages français Ipsos a publié au début du mois de juin 2018 une nouvelle édition de son enquête annuelle Santé Connect’, présentant les sources d’informations privilégiées par les pharmaciens, les médecins généralistes et les spécialistes.

    Résultats : les professionnels de santé multiplient leurs moyens d’informations et de formation numériques et les combinent en fonction de leurs besoins. Plus de 90 % des personnes interrogées utilisent quotidiennement leur ordinateur à titre professionnel, 80 % leur smartphone et près de 60 % leur tablette.

    • La presse spécialisée et les échanges directs avec leurs confrères sont leurs sources d’informations principales, tout comme la visite médicale, en particulier pour les médecins spécialistes, et les parutions des organismes officiels du secteur (généralistes et pharmaciens).

    • La moitié des professionnels de santé sondés a déjà suivi une formation en e-learning (hors FMC et DPC) et jusqu’à 30 % des médecins spécialistes ont déjà assisté à un e-congrès.

    • L’étude indique que l’usage des réseaux sociaux est peu répandue dans le milieu, excepté le réseau professionnel Linkedin, principalement utilisé par les spécialistes.

    Principaux résultats de l’enquête

    Utilisation quotidienne à titre professionnel

    • d’un ordinateur : 94 % (pharmaciens) ; 91 % (médecins généralistes) ; 84 % (médecins spécialistes).
    • d’un smartphone : 72 % ; 76 % ; 84 %.
    • d’une tablette : 54 % ; 59 % ; 57 %.

    Sources d’information professionnelle

    • presse spécialisée : 88 % (pharmaciens) ; 84 % (médecins généralistes) ; 86 % (médecins spécialistes).
    • échanges avec les confères : 71 % ; 76 % ; 86 %.
    • visite médicale : 58 % ; 60 % ; 79 %.
    • parutions des organismes officiels : 73 % ; 66 % ; 59 %.

    Motifs de consultation des sites internet

    • accéder à des informations scientifiques : 95 % (pharmaciens) ; 92 % (médecins généralistes) ; 96 %.
    • accéder à des formations : 91 % ; 76 % ; 82 %.
    • se tenir informé de l’actualité de la profession : 90 % ; 78 % ; 84 %.
    • réaliser des démarches administratives : 87 % ; 91 % ; 86 %.

    Réseaux sociaux, e-learning et e-congrès

    • utilisation de Linkedin : 14 % (pharmaciens) ; 30 % (médecins généralistes) ; 48 % (médecins spécialistes).
    • e-learning : 52 % ; 49 % ; 54 %.
    • e-congrès : 6 % ; 9 % ; 30 %.
  • A.Buzyn crée un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de la santé

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a lancé le 2 juillet 2018 un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de la santé et du secteur médico-social exerçant en établissement, en ambulatoire ou au domicile des patients.

    Il a été confié à cet observatoire deux missions :
    – recueillir et développer des connaissances disponibles en matière de qualité de vie au travail des professionnels de la santé ;
    – produire des recommandations et diffuser les sources d’information, les outils pratiques, les initiatives nationales ou régionales « innovantes et probantes » à mêmes d’aider les acteurs à améliorer la qualité de vie au travail des professionnels.

    Concernant la méthode de travail de l’observatoire, celui-ci travaillera en étroite collaboration avec la mission nationale mise en place en février 2017 dans le cadre de la stratégie nationale de la qualité de vie au travail.
    En outre, les membres de l’observatoire se sont donnés jusqu’à la rentrée de septembre 2018 pour définir :
    – des thématiques prioritaires de réflexion ;
    – les modalités de fonctionnement des groupes de travail thématiques censés être « ouverts aux acteurs de terrain et concrets dans les contributions qui seront produites ».

    Un colloque est prévu pour 2019 afin de débattre des avancée qui auront été proposées par l’observatoire depuis sa création.

    Les missions de l’observatoire

    Pour conduire ses missions, l’observatoire travaillera avec :

    • la direction générale de l’offre de soins (DGOS) ;
    • la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ;
    • l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT).

    1. Rendre opérationnelles l’ensemble des connaissances disponibles

    La réalisation d’une veille bibliographique devrait permettre de recueillir et de capitaliser sur les données existantes (résultats d’études, données de la HAS, de la DREES, de l’IRDES, de la CNAM, de la Dares, de l’observatoire des violences en santé, etc.) afin d’améliorer le suivi de la QVT.

    Il incombera à l’observatoire de diffuser et de partager ces connaissances au moyen d’un colloque annuel : l’observatoire constitue également un centre de diffusion des ressources.

    2. Produire des recommandations

    L’observatoire doit mener des réflexions et des analyses en confrontant les données existantes aux résultats des enquêtes et expérimentations réalisées sur le terrain, à la qualité des soins et à l’efficience du système de santé.

    L’objectif de ces études est d’identifier les facteurs influençant la qualité de vie au travail des professionnels de la santé afin de produire des recommandations aidant les acteurs de la QVT à améliorer leur pratique tant individuellement que collectivement.

    Les professionnels visés

    L’observatoire s’intéresse à la qualité de vie au travail des professionnels des secteurs sanitaire et médico-social :

    • quel que soit leur statut : par exemple, les étudiants en santé sont également pris en compte par l’observatoire ;
    • quelle que soit leur fonction (médicale, paramédicale ou administrative) ;
    • quel que soit leur mode d’exercice (en ambulatoire, en établissement ou au domicile).

    Les membres de l’observatoire

    Présidé par le Pr Philippe Colombat, chef du pôle cancérologie-urologie du CHRU de Tours ayant travaillé sur le management participatif et la conduite du changement, l’observatoire est composé de 12 professionnels de santé ou universitaires reconnus pour leur engagement dans le champ des ressources humaines et des conditions de travail.

    Leur expertise couvre tous les thèmes prioritaires de la QVT : sécurité des soins, médecine du travail, addictions, exercice ambulatoire, établissements médico-sociaux, attractivité des personnels, parcours des étudiants en santé, psychologie au travail, management, formation et prise en compte des enjeux de transformation du système de santé.

    La liste complète des membres de l’observatoire est disponible via  ce lien.

     

  • L’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud récompense 6 projets asiatiques et africains

    Créé en 2015 par la Fondation Pierre Fabre pour « repérer, documenter et mettre en valeur » les innovations technologiques africaines ou asiatiques dans le domaine de la santé, l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud (ODESS) s’est tenu le 2 juillet 2018 à Lavaur (Tarn).

    À l’occasion de cette troisième édition, la fondation a récompensé six projets de e-santé développés par des ONG, des start-ups, des entreprises sociales et des organisations publiques :
    • Guinea Epilepsy project (Guinée, Bhoutan, Pérou) ;
    • Operation Asha (Inde, Cambodge, Tanzanie, Afghanistan, Pérou, Ouganda, République dominicaine, Kenya, en partenariat avec les États-Unis) ;
    • Bipodey Amra – TraumaLink (Bangladesh) ;
    • Africa Cardiac Care (Cameroun) ;
    • MoSQuIT (Inde) ;
    • Blood Safety Strengthening Programme (Éthiopie, Ghana, Lesotho).

    Les 6 projets récompensés :

    • Guinea Epilepsy project (Guinée, Bhoutan, Pérou) : l’idée est de faciliter le diagnostic d’épilepsie en pédiatrie au moyen d’un casque d’électro-encéphalogramme (EEG) relié à une application smartphone à même de communiquer les résultats d’EEG en temps réel au médecin ;
    • Operation Asha (Inde, Cambodge, Tanzanie, Afghanistan, Pérou, Ouganda, République dominicaine, Kenya) : l’objectif de cette opération est d’étendre l’accès aux services et produits de santé de grande qualité pour les communautés défavorisées à travers le monde ;
    • Bipodey Amra – TraumaLink (Bangladesh) : il s’agit d’un système communautaire dédié aux intervenants apportant les premiers soins d’urgences aux victimes de la route. Le service utilise un numéro d’appels d’urgences, un centre d’appels opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et des premiers intervenants volontaires recrutés par la communauté locale, formés aux premiers soins et à qui l’on fournit les équipements médicaux nécessaires (source: ODESS) ;
    • Africa Cardiac Care (Cameroun) : les patients inscrits à ce programme peuvent bénéficier d’examens cardiaques à bas coût et de manière illimitée pendant toute l’année ;
    • MoSQuIT (Inde) : la plateforme MoSQuIT automatise la surveillance de la malaria dans les zones rurales de l’Inde, généralement effectuée manuellement par des agents Asha ;
    • Blood Safety Strengthening Programme (Éthiopie, Ghana, Lesotho) : le programme vise à développer une source ouverte de systèmes d’information sur la sécurité du sang (BSIS) dans les centres de don du sang disposant de peu de ressources.

    Un an de soutien financier et stratégique

    Pendant un an, les lauréats 2018 pourront :

    • bénéficier du soutien financier et opérationnel de la fondation via une enveloppe globale de 100 000 euros, accessible au fur et à mesure de l’année ;
    • participer au siège de la fondation (Lavaur) à des ateliers animés par des experts internationaux afin de renforcer leurs compétences.

    L’Observatoire vise à rapprocher les acteurs de la santé

    L’objectif de l’Observatoire est de rapprocher les acteurs de la santé et de les intégrer dans un écosystème global afin de soutenir puis d’adapter aux différents marchés les dispositifs qui fonctionnent.

    « Repérer et documenter toutes les initiatives, trier les informations, mettre en valeur les programmes, c’est une tâche que nous accomplissons toute l’année, en réseau avec des experts du Nord et du Sud et des scientifiques de la fondation Pierre Fabre, insiste sa directrice générale. Pour le concours, nous avons reçu 450 candidatures et avons mené, après un premier processus de sélection, une quinzaine d’études de terrain, tant aux côtés des porteurs de projets que des patients. »

    Prévention, formation et accès aux soins : les nouvelles technologies sont porteuses d’espoir

    Le concours organisé dans le cadre de cet Observatoire a pour but d’encourager le déploiement de la e-santé dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie.

    « On remarque une appropriation rapide et massive de la technologie [dans ces régions], analyse Béatrice Garrette. En quelques années, le téléphone portable est devenu un bien essentiel. En matière de santé, ce ne sont encore que des promesses mais ces nouvelles technologies pourraient résoudre en partie les problèmes de prévention, de formation et de faible accès à la santé que l’on constate notamment pour les zones rurales, les spécialistes médicaux s’installant en grande majorité dans les grandes villes. »

    Elle note, par ailleurs, que les innovations de ces derniers mois portaient sur tous les secteurs de la médecine et non plus uniquement sur les thématiques de base, telles que la santé maternelle et infantile, au centre des premiers projets en e-santé dans ces régions. Actuellement, le nombre d’objets connectés focalisés sur la health tech se multiplie, permettant de recueillir divers types d’informations sur la santé de la population.

  • Université d’été de la e-santé : 12 innovations récompensées aux Trophées de la e-santé 2018

    À l’occasion de la douzième édition de l’Université d’été de la e-santé (3-5 juillet 2018) qui s’est tenue comme chaque année à Castres, les Trophées de la e-santé ont récompensé le 4 juillet les meilleures innovations en santé numérique. Parmi plus de 150 projets déposés, 12 ont été couronnés.

    Le concours récompense des projets innovants destinés aux patients ou aux professionnels de santé. Parmi plus de 150 dossiers reçus, 27 finalistes avaient été sélectionnés. 9 projets ont été distingués dans huit catégories et 4 ont reçu le prix des internautes, le coup de cœur du jury (2 lauréats) et le Grand Prix Pierre Fabre.

    Les lauréats 2018 sont :

    • Grand Prix Pierre Fabre : Lucine ;
    • Coups de cœur du jury : Professeur Fizzgobble (par InconitO) et START project ;
    • Prix des internautes : Efelya ;
    • Prix intelligence artificielle et big data : Lucine ;
    • Prix télémédecine : Deuxièmeavis et Doctrin ;
    • Prix m-santé professionnels de la santé : Scientifeet ;
    • Prix m-santé patients/grand public : Deepsen ;
    • Prix coordination des soins : Postelo ;
    • Prix autonomie/maintien à domicile : Cross Brain ;
    • Prix objets connectés de santé : Meersens ;
    • Prix serious game : Covirtua Cognition.

  • Un plan d’investissement innovant de 700 M € sur 10 ans lancé par l’ARS d’Île-de-France

    L’ARS d’Île-de-France a annoncé le 5 juillet 2018 le lancement d’un plan d’investissement de plus de 700 millions d’euros sur les 10 prochaines années.

    Ce plan peut-être considéré comme innovant à au moins trois points de vue :
    • Il est fondé sur de nouvelles méthodes de désignation des projets et modalités d’accompagnement.• En concevant ce programme avec divers acteurs du territoire relevant à la fois du champ hospitalier, des soins de ville et du secteur médico-social, l’ARS veut répondre transversalement aux besoins de santé spécifiques à chaque territoire et participer à la réduction des inégalités tant sociales que territoriales.

    • L’hôpital dessiné au sein de cette feuille de route consiste davantage en un promoteur de santé qu’en un simple lieu de soins. Par exemple, les hôpitaux sont invités à accueillir des incubateurs en leur sein dans le cadre de leurs projets d’investissement.

    Un plan sous-tendu par une pensée globale et transversale

    Le plan régional d’investissement en santé Île-de-France repose sur une approche décloisonnée de la santé. La ville, l’hôpital et le secteur médico-social ne sont plus pensés comme des unités élémentaires de l’action en santé : les notions de « territoire » et de « territorialisation » deviennent au contraire centrales pour élargir le périmètre des réflexions de l’amont à l’aval des hospitalisations et renforcer le recours à l’hospitalisation à domicile.

    Aussi, si l’ARS entend promouvoir les investissements en santé nécessaires à la structuration de l’offre de soins hospitalière francilienne, notamment par la mise en place des Groupements hospitaliers de territoires (GHT), elle espère également permettre :

    • la transformation stratégique de l’hôpital vers une prise en charge de plus en plus ambulatoire, davantage en lien avec la ville. Le plan prévoit en particulier de renforcer l’offre de soins ambulatoires dans les territoires les plus en difficulté au regard de la démographie médicale ;
    • la structuration d’un parcours de santé connectant l’ensemble des professionnels de la santé entre eux et avec les patients.

    Nouvelles méthodes de désignation des projets et modalités d’accompagnement

    Les 700 millions d’euros prévus par le plan seront réservés aux investissements les plus impactant pour les territoires.

    • Le volet hospitalier prévoit de mobiliser 500 M€ sur 10 ans pour permettre aux établissements de santé de préserver leurs capacités à financer leurs investissements. L’ARS souhaite par ailleurs accompagner les établissements dans l’élaboration de leurs projets d’investissements immobiliers pour qu’ils relèvent d’une logique territoriale, décloisonnée et en cohérence avec les besoins ciblés par le Projet régional de santé (PRS).
    • Concernant le volet soins de ville, environ 50 M€ seront consacrés sur les 5 années du PRS au développement de l’exercice coordonné en ville. Une attention particulière sera portée aux projets de santé :
      • qui intégreront les organisations chargées de la continuité des soins, de l’accueil et de la formation des professionnels, des système d’information partagés, etc. ;
      • qui concerneront des zones d’implantation rencontrant des difficultés particulières ou un risque de dégradation.
    • Le volet médico-social mobilisera 200 M€ au travers d’appels à candidatures durant les 5 années du PRS pour accompagner la restructuration et le développement de l’offre médico-sociale. Ces aides à l’investissement cibleront préférentiellement les opérations :
      • témoignant d’une logique de coopération et de rapprochement (intégration dans les GHT, GCSMS, fusion, etc.) ;
      • développant des alternatives à l’hébergement en établissement ;
      • améliorant la traçabilité et la coordination des soins au moyen de nouvelles technologies.

    L’hôpital comme promoteur de santé acteur de l’innovation

    Faire de l’hôpital un promoteur de la santé

    Dans une approche visant à augmenter le bien-être de la collectivité, l’ARS a prévu de mener une expérimentation « hôpital et territoire, promoteurs de santé » au « Petit Nanterre », qui intègre le Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre : ce territoire accueillera en particulier un projet d’immobilier hospitalier et un projet d’aménagement urbain. 

    Il s’agit d’abord de penser de façon intégrée ces deux projets en promouvant une architecture et un urbanisme favorables à la santé des usagers (interfaces urbaines entre l’hôpital et les quartiers alentours, accessibilité, mobilité, qualité sanitaire des espaces, gestion durable des ressources).

    Puis, l’ARS, l’hôpital et la collectivité s’impliqueront dans une stratégie coordonnée entre l’hôpital et le territoire combinant soin, prévention et promotion de la santé.

    Favoriser l’innovation

    L’ARS organise un appel à manifestation d’intérêt innovation à destination des porteurs de projets immobiliers hospitaliers et visant à favoriser un accès égal et précoce à l’innovation en santé. Pour créer un écosystème autour de l’établissement et renforcer l »attractivité de celui-ci auprès des patients, des professionnels et des industriels, l’hôpital pourra devenir au moyen de ce plan un incubateur d’innovations en santé.

    Dans ce cadre, l’agence accompagnera les initiateurs de projets dans la conception et la réalisation de cet appel pour qu’ils puissent bénéficier d’un soutien financier allant jusqu’à 0.5 % de l’aide régionale à l’investissement.

  • Un « scénario de rupture » pour transformer le système de santé (Contribution du HCAAM à la SNS)

    L’offre de soins et de services du Groupe Vyv organisait un colloque le 6 juillet 2018 pour débattre sur la Contribution du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie à la transformation du système de santé.

    Anne-Marie Brocas, Présidente du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, est intervenue pour présenter le scénario de rupture préconisé par l’institution pour la transformation du système de santé reposant sur trois piliers :
    • structurer une offre d’acteurs en réseau permettant d’apporter, avec des moyens renforcés en proximité, une réponse de qualité aux besoins de la santé globale ;
    • consolider les moyens les plus lourds et spécialisés pour en maintenir l’excellence ;
    • mettre fin au cloisonnement institué au milieu des années 1970 entre prévention, soins et remédiation médicosociale.

    Pour y parvenir, le HCAAM propose de :
    • partir des services à rendre à la population et non de l’offre de soins ;
    • donner aux usagers et aux patients les moyens d’être acteurs de leur santé ;
    • adapter les valeurs des professionnels de santé à notre époque.

    Le HCAAM en appelle à une « transformation systémique » du système de santé

    Anne-Marie Brocas constate que le système de santé français traverse actuellement une double « crise », marquée par :

    • un déficit de confiance de la part des professionnels de santé qui travaillent dans des conditions dégradées ;
    • la persistance, voire l’aggravation des inégalités territoriales de santé, qui contreviennent à l’accès de tous au système de santé.

    « Ces évolutions ne sont pas irréversibles », précise la directrice générale du HCAAM, qui en appelle par ailleurs au maintien des services de santé de proximité dans les territoires.

    La Contribution du HCAAM à la Stratégie Nationale de Santé affiche un double objectif : « aller au-delà des postures et des clivages » traditionnels et formuler des propositions opérationnelles à mettre en œuvre au cours des dix prochaines années.

    Plutôt que de transformer le système de santé par touches homéopathiques, le HCAAM propose d’appliquer un « scénario de rupture » couvrant l’ensemble des composantes du système de santé. Anne-Marie Borcas en appelle également à la mise en place de processus adaptatifs assortis de « boucles de rétroaction » pour tirer des enseignements des expériences menées à échelon territorial.

    Le HCAAM formule plusieurs propositions en ce sens.

    Partir des services à rendre à la population et non de l’offre de soins

    Le HCAAM propose de « définir des services attendus et d’organiser l’accès aux services définis concrètement au niveau des bassins de vie, par exemple :

    • avoir accès à un médecin traitant ;
    • avoir accès à une consultation dans des délais appropriés suivant l’apparition d’un problème de santé ;
    • accéder, en cas de pathologie chronique, à une équipe qui suit le patient et l’oriente ;
    • bénéficier effectivement, en cas de besoin, d’un service d’éducation thérapeutique ;
    • accéder si nécessaire aux technologies les plus rares et les plus coûteuses ;
    • pouvoir vivre ses derniers jours chez soi si tel est son choix.

    Donner aux usagers et aux patients les moyens d’être acteurs de leur santé

    Le HCAAM propose en ce sens de :

    • garantir l’accès de la population aux informations générales sur la santé ;
    • mettre en place des outils d’information interactifs des patients sur leur processus de prise en charge ;
    • mettre en place des outils d’implication des citoyens, des patients et de leur entourage des démarches diagnostiques et thérapeutiques qui les concernent (exemple du choix avisé) ;
    • orienter les usagers dans le système de santé (second avis) ;
    • définir la place des usagers dans les structures nouvellement instituées.

    Adapter les valeurs des professionnels de santé à notre époque

    Selon le HCAAM, l’ensemble des professions de santé doit pouvoir se référer à un socle de valeurs communes telles que :

    • l’égalité et la justice sociale ;
    • le travail collectif, la coopération et la collaboration entre professionnels ;
    • la primauté et le respect du patient (bien être, autonomie) ;
    • la compétence et la médecine fondée sur des preuves ;
    • la gestion raisonnée des ressources limitées du système de santé.

    Le HCAAM préconise à ce titre d’appliquer un scénario de rupture

    Le scénario élaboré par le Haut Conseil repose sur trois piliers :

    • structurer une offre d’acteurs en réseau permettant d’apporter, avec des moyens renforcés en proximité, une réponse de qualité aux besoins de la santé globale ;
    • consolider les moyens les plus lourds et spécialisés pour en maintenir l’excellence ;
    • mettre fin au cloisonnement institué au milieu des années 1970 entre prévention, soins et remédiation médico-sociale.

    Constituer un réseau territorial de proximité fortement intégré

    Le réseau territorial de proximité inclut : les soins ambulatoires (communautés professionnelles territoriales de santé), les soins avec hospitalisation (établissements de santé communautaires), et les projets de santé de territoire pour faciliter le décloisonnement entre les secteurs sanitaire, médico-social et social.

    • Responsabilités des acteurs du réseau de proximité

    La responsabilité, selon le HCAAM, se concrétise par un triple engagement, individuel, d’équipe et territorial, « dont les interactions sont déterminantes » : engagement personnel, engagement de regroupements pluriprofessionnels, engagement conjoint des établissements de santé communautaires (ESC) et des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

    • Services garantis par le réseau de proximité :
      • accès à un médecin traitant pour toute personne du territoire ;
      • permanence des soins et prises en charge non programmées ;
      • continuité des soins organisés ;
      • orientation vers le bon niveau et le bon type de prise en charge en fonction des besoins ;
      • dépistages et vaccination organisés (selon un calendrier à définir).

    Redéfinir les missions des établissements de recours et de référence

    A cette fin, le HCAAM préconise de :

    • mobiliser l’expertise spécialisée ;
    • développer des activités multi-sites et des équipes mobiles ou projetées sur le territoire ;
    • articuler l’intervention des établissements avec celle des structures et des professionnels qui suivent les patients en proximité ;
    • développer des organisations transversales pour la prise en charge gérontologique ;
    • responsabilité particulière dans l’organisation sur le territoire des prises en charge correspondant à leur domaine de compétence.

    Chantiers connexes du HCAAM

    Le HCAAM travaille par ailleurs à la redéfinition du rôle et du positionnement des professionnels de santé et au développement d’une médecine de proximité obéissant à des logiques populationnelles. Le Haut Conseil en appelle également à l’abrogation de l’article 51 sur de la loi HPST (relatif à la délégation de tâche). Anne-Marie Brocas évoque également le rapport du HCAAM sur l’innovation publié en 2016 et les préconisations du HCAAM tendant à l’intégration dans le droit commun du remboursement de la prévention.

    Le rapport du HCAAM est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’institution.

  • Chine : le gouvernement encourage le développement des technologies médicales (R&D)

    La Chine rationalisera les mécanismes d’évaluation des programmes de recherche et des performances académiques réalisés par les chercheurs et les instituts de recherche du pays, indique une nouvelle directive publiée le 3 juillet 2018 par le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil d’État (« State Council »).

    Objectif : réduire le nombre d’évaluations, améliorer les méthodes et l’efficacité de la recherche d’ici 2020 pour que les ressources soient mieux allouées et que les chercheurs soient plus motivés en matière d’innovation.

    En matière de e-santé, le document indique que le gouvernement :
    • assouplira la réglementation concernant les services de santé en ligne ;
    • encouragera le développement des technologies médicales, dont les systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle ;
    • renforcera ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques.

    Selon la directive du Conseil d’État chinois :

    • la Chine a assoupli la réglementation sur les services de santé sur internet, permettant aux hôpitaux de mener des consultations médicales à distance et de laisser les médecins rédiger des ordonnances en ligne pour les maladies chroniques et les plus courantes ;
    • Le pays envisage diverses innovations dans le secteur de la e-santé, soit le développement de systèmes de diagnostic assistés par intelligence artificielle, de plateformes de formation basées sur le cloud et de dispositifs de santé mobiles.
      Les exigences en matière de soins pourraient être parfaitement adaptées aux technologies basées sur l’IA, analyse Fang Cong, vice-président de la start-up spécialisée dans la reconnaissance faciale Yitu Technology, ajoutant que les applications dans le domaine ont bien évolué, passant du « diagnostic d’une maladie unique [au diagnostic de] plusieurs maladies, et du traitement automatique du langage naturel (natural language processing) ou de la vision par ordinateur (computer vision) à une analyse complète » (source : South China Morning Post).
    • Le gouvernement est également en train de renforcer ses efforts pour créer une base de données de dossiers de santé numériques et espère parvenir à l’interconnexion de l’information entre les hôpitaux tertiaires d’ici 2020 (avis d’avril).

    Objectif ultime : augmenter l’espérance de vie à 79 ans d’ici 2030

    Cet effort en R&D s’inscrit dans le cadre de l’objectif ambitieux du gouvernement chinois de faire passer l’espérance de vie moyenne de 76,3 ans (2015) à 79 ans d’ici 2030, et de réduire d’un tiers le taux de mortalité chez les jeunes patients atteints de maladies chroniques, actuellement de 19,1 %, indique la directive.

  • China: The government is encouraging medical technology development (R&D)

    China will streamline the mechanisms of evaluating research programs and academic performance of researchers and research institutes in the country, announced a new guideline issued on July 3, 2018 by the Communist Party of China Central Committee and the State Council.

    Goal: reducing the number of assessments, improve Chinese research methods and effectiveness by 2020 so that resources will be better allocated and researchers will be more motivated with enhanced innovation ability.

    Concerning eHealth, the document states that the government:
    • further loosened regulations on internet health care services ;
    • is encouraging the development of medical technologies, including artificial intelligence-based diagnostic systems;
    • is strengthening efforts to create a database of digital health records.

    According to the State Council:

    • China further loosened regulations on internet health care services, allowing hospitals to conduct remote medical consultations online and letting doctors write online prescriptions for chronic and common diseases;
    • The country is considering various innovations in the e-health sector, including artificial intelligence-based diagnostic systems, cloud-based training platforms and wearable health devices.
      Health care requirements may well be the perfect fit for AI, said Fang Cong, vice president of Yitu Technology, a startup specializing in facial recognition, adding that applications have grown from “diagnosis of a single disease to multiple ones, and from natural language processing or computer vision to comprehensive analysis” (source: South China Morning Post).
    • The government is also strengthening its efforts to create a database of digital health records and hopes to achieve inter-connectivity of information among tertiary hospitals by 2020 (April notice).

    Ultimate goal: increasing the life expectancy to 79 year old by 2030

    This R&D effort is part of the Chinese government’s ambitious goal of increasing the average life expectancy from 76.3 years (2015) to 79 year old by 2030, and reducing mortality rates among young patients with chronic diseases by a third, from 19.1%, said the guideline.

  • Appel à manifestation d’intérêt dans le champ du handicap de l’ARS Ile-de-France

    L’Agence Régionale de Santé Île-de-France lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour des projets d’extension visant la mise en œuvre accélérée de solutions nouvelles permettant de développer l’autonomie des personnes en situation de handicap dans la région.

    « Cette méthode, qui remplacera à chaque fois que possible les appels à projets, trouve son ancrage dans la démarche Réponse accompagnée par tous », précise Christophe Devys, directeur général de l’ARS Île-de-France dans dans l’AMI diffusé le 2 juillet 2018. L’idée sous-jacente de cette démarche est d’amplifier le mouvement de transformation de l’offre « en partant des besoins et des attentes des personnes handicapées et de leurs aidants ».

    Les modalités de réponse à l’AMI sont explicitées ci-dessous.

    L’ARS Île-de-France mobilise 200 millions d’euros au service de la transformation de l’offre pour les personnes en situation de handicap, indique Christophe Devys.

    L’ARS et les gestionnaires concernés sont engagés dans une « co-construction de solutions innovantes qui doit permettre la mise en œuvre de solutions nouvelles » en matière de prise en charge du handicap.

    Composition du dossier

    Les gestionnaires adresseront un dossier de candidature qui exposera le projet proposé et son adéquation avec les objectifs de l’AMI. Il sera composé :

    • du cadre dans lequel s’inscrit la réponse proposée (identification des besoins, en lien avec les acteurs du territoire) ;
    • d’une présentation des réponses proposées et des interventions déployées dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques professionnelles ;
    • des éléments de file active prévisionnelle et d’activité ;
    • de l’organisation humaine et financière prévue pour l’instauration des solutions proposées (tableau des effectifs prévisionnels par catégorie de personnels, plan de formation, budgets présentés en année pleine selon le cadre normalisé…) ;
    • d’une note architecturale et des besoins d’investissement ;
    • de la mobilisation partenariale, du lien avec les institutions (ARS, CD, MDPH) concernant les pratiques d’admission et la réponse aux besoins les plus complexes ;
    • du rétroplanning proposé pour le développement des solutions visées.

    Le financement de solutions nouvelles en termes de places pourra être proposé. Hors exception dûment documentée concernant l’accompagnement des situations complexes, leur financement sera plafonné au coût médian régional constaté pour une solution du même ordre, pour une déficience équivalente.

    Par ailleurs, et sauf disposition innovante impliquant un suivi de l’activité spécifique qu’il reviendra au gestionnaire de préciser, la solution proposée devra, dans sa mise en œuvre, respecter les objectifs d’activité fixés aux gestionnaires franciliens.

    Les opérateurs sont invités à joindre également tout document leur paraissant utile à la compréhension de leur projet.

    Modalités de candidature

    Une première fenêtre de dépôt de dossiers de candidature est ouverte entre le 3 juillet 2018 et le 15 octobre 2018.

    Une nouvelle fenêtre sera ouverte dans le courant du premier trimestre 2019.

    Pour toute information concernant l’appel à manifestation d’intérêt :

    ARS-IDF-AMI-PH@ars.sante.fr

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.