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  • La FHF lance une mission sur l’IA en santé pour soutenir son développement et anticiper son impact

    Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la Fédération hospitalière de France (FHF), a annoncé le lancement « imminent » d’une mission sur l’intelligence artificielle (IA) dans les domaines sanitaire et médico-social, « tout en garantissant la protection des données personnelles des patients et en veillant à l’égalité d’accès aux innovations technologiques ». L’objectif est de « susciter » et de « soutenir » les projets sollicitant l’utilisation de l’IA mais aussi d’anticiper leurs impacts sur les métiers de la santé, a-t-il expliqué à l’occasion des universités d’été de la fédération qui ont eu lieu le 5 septembre 2018 à Paris.

    L’idée est de partager les expériences d’utilisation de l’IA en santé et de repérer les difficultés rencontrées afin de « pouvoir vulgariser ces questions d’IA auprès de l’ensemble des établissements qui souhaiteraient se lancer ».

    La mission soutiendra l’émergence de projets, notamment en aidant les établissements à établir des partenariats avec des industriels et des acteurs du secteur de la recherche mais aussi en apportant une expertise et un soutien opérationnel aux structures entreprenant des expérimentations.

    Elle sera composée d’un membre de chaque commission permanente de la FHF, d’un représentant du Fonds « recherche et innovation » de la fédération, et d’un représentant de chaque projet ayant recours à l’intelligence artificielle déjà identifié dans des établissements.

    La FHF présentera l’avancement de la mission à l’occasion du salon HIT (Health-IT), qui aura lieu lors de la Paris Healthcare Week en mai 2019, a indiqué Cyrille Politi.

    Exemples de projets déjà identifiés dans des établissements de soins

    • Les établissements du service de santé des armées (SSA) utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser le codage des actes.
    • Le groupe hospitalier Bretagne Sud a recours à des algorithmes pour prédire le parcours du patient lors de son arrivée aux urgences.
    • Le centre hospitalier spécialisé (CHS) de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales, exploite l’IA au service de l’imagerie dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale.
    • Le CHU de Dijon se sert d’une technologie basée sur l’IA pour améliorer la prise en charge de soins de suite et de réadaptation (SSR).

    Les travaux de la mission seront également ouverts :

    • au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ;
    • aux opérateurs de l’État impliqués dans la transformation des secteurs sanitaire et médico-social ;
    • au comité mixte des systèmes d’information de la FHF qui travaille avec les industriels du numérique en santé ;
    • au comité des délégués à la protection des données personnelles (DPO) de la fédération.

    Une enquête sur l’impact de l’IA sur les métiers de la santé

    En parallèle de cette mission, la FHF et son fonds « recherche et innovation » vont ouvrir dans les prochaines semaines une enquête en ligne sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers de la santé.

    Elle portera sur toutes les tâches qui composent environ 250 métiers de la santé identifiés par la fédération. Pour chaque métier, les participants devront choisir une tâche précise et répondre à une vingtaine de questions permettant de caractériser cette tâche et d’évaluer dans quelle mesure elle peut être réalisée par une intelligence artificielle. La question de « l’acceptabilité » du remplacement de l’Homme par la machine sera posée pour chacune des tâches.

    « Détecter les usages les plus pertinents » de l’IA dans les différents métiers de la santé

    L’objectif de cette étude, qui sera diffusée dans les établissements de soins, est de « détecter les usages les plus pertinents de cette technologie dans les différents métiers de la santé afin de créer des formations, identifier de nouveaux métiers et évaluer le degré de complétion ou de substitution entre l’humain et l’IA », a expliqué Enguerrand Habran, directeur du fonds (source : APM International).

    L’enquête sera menée sur deux ans afin de couvrir l’ensemble des tâches et des métiers de la santé. Des résultats seront présentés au fur et à mesure, lorsque les réponses recueillies permettront de parvenir à une conclusion sur l’impact de l’intelligence artificielle.

  • 3 jours de formation des jeunes talents de l’innovation en santé (26-28/09/2018, Paris)

    Le mouvement yeti.h (young entrepreneurs talented of innovation in healthcare), réseau d’acteurs de formation, d’entreprises innovantes et d’associations animé par Medicen Paris Région, organisera à Paris du 26 au 28 septembre 2018 la yeti.h school, « 3 jours de formation des jeunes talents de l’innovation en santé ».

    Cet événement s’adresse aux étudiants, aux chercheurs, aux entrepreneurs, etc., porteurs d’un projet innovant en santé : la mission que se fixe le mouvement yeti.h consiste en la valorisation des talents de l’innovation en santé, de l’entrepreneuriat et des approches multi-disciplinaires.

    L’inscription à cette formation peut être réalisée via le lien ci-contre.

    Programme de l’événement

    Jour 1 (26/09/2018) : « Idéation : qu’est-ce qu’innover dans le secteur de la santé ? »

    • Matin

    Table ronde : « Qu’est-ce qu’une innovation en santé ? »

    Intervention inspirante : « L’innovation multidisciplinaire »

    Atelier : « Qu’est ce que le Design Thinking ? » ; exercices sur l’observation

    • Après-midi

    Atelier pratique de design thinking, en petits groupes 

    Keynote et échanges, animés par l’Institut Roche

    Témoignage : « Start up ou PME : la naissance de l’idée »

    Jour 2 (27/09/2018) : « Création : comment créer ou gérer un projet innovant ? »

    • Matin

    Intervention inspirante : « Pourquoi j’ai choisi de monter ma start-up ? »

    Table ronde : « Création de projets innovants: quoi/quand/comment ? »

    Tutoriel : « Créer sa start-up, les grandes étapes »

    Atelier : « Outils de gestion de projets »

    • Après-midi

    Atelier/Formation de montage de projet (session coachée) 

    Témoignage  : « Start up : incubation/accélération, retour d’expérience »

    Intervention et échanges, animés par Servier

    Jour 3 (28/09/2018) : « Interaction : comment faire vivre un projet innovant ? »

    • Matin

    Table ronde : « Entrepreneurs, intrapreneurs ou collaborateurs ? »

    Intervention inspirante : « Les industriels vous cherchent ! »

    Atelier : « Pitcher comme une start-up ou comme un candidat »

    • Après-midi

    Atelier pratique : « Préparer un pitch »

    Keynote et échanges, animés par InterSystems

    Présentation de programmes/formation des partenaires 

    Mot de la fin ; avis des participants par sondage

  • Diabète et BPCO : la FHF mène des études sur la santé populationnelle dans 5 territoires

    La Fédération hospitalière de France (FHF) place au centre de ses actions à venir ce qu’on appelle « la responsabilité populationnelle », une approche qui « s’appuie sur ce qui relie tous les professionnels de santé : une responsabilité partagée face à leurs patients et [à] leurs populations », explique Antoine Malone, directeur de projet « prospective, relations avec les milieux académiques et les think tanks » à la FHF.

    À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 4 septembre 2018, le responsable a présenté les prémisses d’une étude intitulée « La responsabilité populationnelle en pratique : l’intégration clinique – Cinq territoires s’engagent dans une prise en charge partagée ».

    Cette dernière vient récemment d’être mise en place dans les 5 territoires suivants : la Cornouaille (Bretagne), l’Aube et le Sézannais (Grand Est), la communauté d’agglomération du Douaisis (Hauts-de-France), les Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine) et la Haute Saône (Bourgogne-Franche-Comté).

    À travers ce projet, la FHF tente de faire avancer la réflexion sur l’une de ses propositions émises en 2017, qui est d’ »engager une révolution dans l’organisation de notre système de santé en le fondant sur un principe de responsabilité populationnelle pour l’ensemble des acteurs d’un territoire ».
    Le but de l’approche exposée par Antoine Malone est de tester une approche dite « populationnelle » dans les 5 territoires identifiés afin de créer « autour de patients et de populations des micro-systèmes cliniques intégrés« , regroupant hospitaliers, professionnels libéraux, services publics, associations, etc., afin d’améliorer la santé de la population et de proposer une meilleure expérience aux patients, le tout en réduisant le coût global pour la société.

    La « responsabilité populationnelle » pour des micro-systèmes cliniques intégrés

    « Le triple objectif d’un système ou d’une organisation de santé est de veiller à la bonne santé de la population, de proposer la meilleure expérience possible aux patients, tout en limitant le coût global pour la société », résume Antoine Malone (FHF).

    Pour atteindre cet objectif, la Fédération hospitalière de France estime qu’il faut entre autres développer ce qu’on appelle « la responsabilité populationnelle », qui « s’appuie sur ce qui relie tous les professionnels de santé : une responsabilité partagée face à leurs patients et [à] leurs populations », explique Antoine Malone.

    L’idée est de parvenir à créer autour de patients et de populations des micro-systèmes cliniques intégrés (« l’intégration clinique »). « [Ces micro-systèmes] fonctionnent comme un système unique, indépendamment de leur affiliation (professionnels libéraux, hospitaliers, services publics, associations, etc.). »

    Les étapes d’une approche « populationnelle »

    1. Identifier une population

    • Population socio-économique : population précaire, personnes âgées, mères isolées, professions (ex. : les agriculteurs qui développent le même type de cancer), etc.
    • Population « clinique » : diabète dans le département, maternité et nouveaux-nés, BPCO, , etc.
    • Population « économique » : bénéficiaires de la CMU/CMU-C/AAH, patients « coûteux et complexes », etc.

    2. Stratifier la population

    Chaque « membre » de la population retenue, par exemple les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, est assigné à l’une des strates suivantes :

    • prévention : patient à haut risque d’insuffisance cardiaque mais sans maladie cardiaque structurelle ni symptômes d’insuffisance cardiaque ;
    • insuffisant cardiaque stable : patient avec une maladie cardiaque structurelle mais pas de symptômes d’insuffisance cardiaque ;
    • insuffisant cardiaque instable : patient avec une maladie cardiaque structurelle et présentant des symptômes antérieurs ou actuels d’insuffisance cardiaque ;
    • patient complexe : patient avec une maladie cardiaque structurelle présentant des symptômes marqués d’insuffisance cardiaque et ne suivant pas de traitement médical.

    3. Élaborer un programme clinique partagé pour cette population

    Le programme clinique est mis en place par les cliniciens pour une population donnée. Pour chaque strate de la population, il associe :

    • des protocoles de prise en charge basées sur les meilleures pratiques cliniques ;
    • des ressources réelles correspondant aux besoins cliniques (sanitaires, sociaux et médico-sociaux) ;
    • des indicateurs et des cibles de résultats finaux (ex. : vacciner 75 % des + de 65 ans contre la grippe, au lieu de 50 % actuellement) ;
    • une assignation de personnes réelles à chaque strate, à laquelle correspond une offre de services déterminée par le programme ;
    • des registres de suivi des patients.

    Vers un expérimentation à grande échelle

    Pour tester cette approche populationnelle, l’équipe d’Antoine Malone a sélectionné 5 territoires représentant une population totale d’environ 1,5 million de personnes :

    • la Cornouaille (Bretagne) ;
    • l’Aube et le Sézannais (Grand Est) ;
    • la communauté d’agglomération du Douaisis (Hauts-de-France) ;
    • Les Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine) ;
    • La Haute Saône (Bourgogne-Franche-Comté).

    2 populations communes aux 5 territoires

    L’équipe de la FHF a choisi de travailler en commun sur deux pathologies, le diabète et la BPCO, au sein des cinq territoires retenus. Cette architecture reposant sur une méthodologie commune, des bases de programmes cliniques communes et des indicateurs communs, permet de créer « un environnement d’apprentissage collaboratif » et de mettre en place « un test de concept très robuste », argumente Antoine Malone.

    Quelques chiffres sur les deux pathologies dans les cinq territoires :

    • Près de 60 000 personnes ont été hospitalisées pour cause d’un diabète ou d’une complication au cours des cinq dernières années.
      • Les coûts d’hospitalisation liés au diabète sont estimés à environ 265 millions d’euros.
    • Près de 40 000 personnes ont été hospitalisées pour cause de BPCO ou de complications de BPCO au cours des cinq dernières années.
      • Les coûts d’hospitalisation liés à la BPCO sont estimés à environ 165 millions d’euros.

    Quelques actions ont déjà été mises en place

    • Cornouaille : formation d’un groupement de coopération sanitaire (GCS) entre la CPTS Union pour la santé du pays de Quimper et le GHT.
    • Deux-Sèvres : création de 4 groupes de travail communs ville/hôpital sur le diabète de type 2, la BPCO, l’insuffisance rénale et l’insuffisance cardiaque.
    • Douaisis : actions  de dépistage et de prévention communes ville/hôpital auprès des populations défavorisées.
    • Aube : mise en place du portail MyGHT, accessible à l’ensemble des professionnels sanitaires, sociaux et médicaux sociaux.
    • Haute-Saône : mise en place d’un programme pour aider le médecin traitant et l’équipe de soins primaires à trouver des solutions concrètes pour répondre aux besoins des patients et des familles dans un délai rapide.

    Financer l’intégration clinique

    L’intégration clinique ne signifie pas « fusion » : chaque partenaire de l’écosystème conserve son statut. « Les modes de rémunération principaux ne bougent pas, sauf à la marge », précise Antoine Malone. En pratique, le modèle est « très proche » d’un modèle ACO, un modèle de financement intégré expérimenté aux États-Unis (voir lien ci-contre). « Grâce au programme Incitation à une prise en charge partagée (IPEP) de l’Article 51 (de la LFSS), les partenaires peuvent conserver les sommes économisées. »

    Prochaine étape : le 15 septembre 2018, le choix définitif des populations (personnes à suivre pour ensuite élaborer un programme adapté) sera établi dans les cinq territoires.

  • Coordination des parcours : création de la Société française des sciences pharmaceutiques officinales

    La Société française des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO) a été créée officiellement le 28 août 2018. Il s’agit d’une société savante pharmaceutique qui vise à émettre des recommandations de bonnes pratiques, à « promouvoir l’ensemble des dimensions de la pharmacie d’officine à la croisée de nombreux domaines de compétences et l’exercice coordonné entre différents professionnels de santé, afin d’améliorer les connaissances, la prise en charge et les soins de premiers recours, la prévention à l’officine et l’information » (dossier de presse).

    Outre deux commissions « exercice officinal » et « communication », la SFSPO a rapidement constitué, pour atteindre ses objectifs, une commission « exercice coordonné », qui devra s’attacher au développement de l’interdisciplinarité et de la pluriprofessionnalité et promouvoir un « savoir ensemble » avec les partenaires officinaux.

    En effet, la loi HPST a contribué à faire du pharmacien d’officine un acteur majeur de la coordination du parcours de soins. Dans ce cadre et pour que le virage ambulatoire que tend à prendre le système de santé réussisse, il doit continuer à travailler au développement de la complémentarité et de la collaboration entre les professions de santé.

    Aussi, la SFSPO souhaite s’engager dans « l’organisation des soins de premier recours, notamment les soins non-programmés non-urgents et dans toute élaboration de projet conjoint pour un parcours de soin sécurisé des patients« .
    C’est pourquoi cette nouvelle société savante a déjà choisi d’ouvrir trois chantiers, intitulés : 
    – « le premier recours et la place coordonnée du pharmacien d’officine », en collaboration avec les médecins généralistes et les urgentistes ;
    – « l’ambulatoire, le défi est aussi en ville », en association avec les anesthésistes réanimateurs ;
    – « participer à la création du parcours de soin coordonné dans les douleurs chroniques », en association avec les médecins de la douleur.

  • Les anesthésistes-réanimateurs s’impatientent du lent déploiement de la télémédecine à l’hôpital

    Le 2 septembre 2018, treize jours avant l’entrée en vigueur de l’avenant n°6 à la convention médicale encadrant la télémédecine, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs (SNPHARe) a communiqué son regret de ne pas voir la télémédecine se développer aussi rapidement à l’hôpital qu’en ville.

    Pourtant, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait rejoint les idées du SNPHARe à l’égard de ce nouveau mode d’exercice, en déclarant le 29 mai 2018, lors de l’ouverture de la Paris Healthcare Week, que la télémédecine constituait une avancée organisationnelle majeure dans le système de santé français. En effet, selon le syndicat, la télémédecine peut favoriser l’égalité d’accès aux soins dans tout le territoire, permettre la prise en charge précoce des patients, éviter des transports ainsi que des passages aux urgences injustifiés et ainsi « réaliser, à court et long terme, des économies pour la santé, dans l’intérêt des patients ».
    En outre, « la ministre s’est engagée à transposer à l’hôpital les mesures de l’accord conventionnel dans les mêmes délais d’entrée en vigueur« , rappelle le syndicat. Cependant, cet accord n’a été signé qu’avec des syndicats de professionnels exerçant dans le secteur privé.

    Aussi, afin de mieux articuler le réseau ville-hôpital et de garantir la fluidité des parcours de soins au bénéfice des patients, le SNPHARe demande une organisation opérationnelle de la télémédecine […] à l’hôpital public : « À l’heure où le gouvernement veut la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) […] et où l’on raisonne en filière de prise en charge et en parcours patient, […] l’absence des acteurs publics dans les négociations est un non-sens », estime le syndicat.

  • Informatisation des ESMS : la métropole et le champ du handicap en retard

    L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a publié en juillet 2018 les résultats du tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social lancé en 2009 par la DGCS, la CNSA et l’ANAP  qui ont montré un niveau d’informatisation hétérogène entre les établissements et services médico-sociaux (ESMS) français.

    En effet, 16 692 établissements et services ont saisi plus de 70% de leurs données pour participer à l’étude, qui s’est attachée en particulier à examiner :
    • l’informatisation des équipes métiers des ESMS ;
    • la couverture fonctionnelle des établissements ;
    • la mise en œuvre d’une politique de protection des données au sein de ces structures.
    Il en ressort que le taux d’informatisation des ESMS apparaît différent en fonction des activités, du mode d’exercice et de la situation géographie des établissements.

    Ainsi, si les ESMS de métropole, en particulier dans le champ du handicap et à activité ambulatoire, présentent un taux d’informatisation faible, c’est moins le cas pour les structures ultramarines, en particulier en Guyane et à la Réunion. Les établissements de ces régions sont particulièrement avancés dans le domaine de la protection des données puisque 90% d’entre eux ont engagé une démarche en ce sens, et les services accueillant des personnes âgées.

    Systèmes d’information : l’informatisation des ESMS 

    Informatisation des équipes métier des ESMS

    Le tableau de bord révèle que les établissements et services médico-sociaux métropolitains sont encore peu informatisés.

    En effet, 57% des ESMS ont mis à disposition de l’ensemble des professionnels des postes informatiques et seuls 33% des ESMS indiquent disposer de postes informatiques pour la majorité des profils métiers.

    En revanche, une couverture informatique minimale semble assurée dans les établissements : « seuls 2% des ESMS n’ont pas de poste informatique pour les profils métiers », indique le rapport. Ce chiffre s’élève cependant à 6% pour les ESPS intervenant au domicilie des patients.

    « Les régions ultramarines, et en particulier la Guyane, présentent un niveau d’équipement des professionnels métier supérieur à la moyenne« , précise le tableau de bord, alors que plusieurs régions métropolitaines telles que les Hauts-de-France, la Normandie et le Centre-Val de Loire affichent un retard d’équipement des équipes d’accompagnement et de soins.

    La couverture fonctionnelle des SI ESMS

    « Les ESMS ont très majoritairement informatisé leurs fonctions de gestion, tandis que la fonction cœur de métier et pilotage apparaissaient en retrait, explique l’ANAP. Ce constat est renforcé par le caractère professionnel des outils utilisés: alors que près de 80% des SI utilisés par les ESMS ayant intégralement informatisé leurs fonctions de gestion sont des progiciels, ce ratio tombe à un peu moins de 50% pour les admissions et le pilotage, et un peu moins de 60% pour le dossier usager. » En effet, la gestion des admissions, par exemple, est fréquemment réalisée au moyen de suites bureautiques.

    Concernant le dossier usager, l’informatisation paraît plus avancé dans le champ des personnes âgées que dans le champ du handicap, les structures mixtes (accueillant des personnes âgées et des personnes handicapées) présentant un taux d’informatisation proche de celui des établissements du champ des personnes âgées. Dans ce dernier cas, si, d’après l’ANAP, « la culture de l’informatisation du secteur PA a, par capillarité, permis d’engager l’informatisation du volet PH de l’activité », le caractère adapté de l’outil déployé à l’activité PH doit être mis en question.

    Dans les structures à activité de type ambulatoire, c’est-à-dire autres qu’un ESMS avec hébergement ou intervenant à domicile, le tableau de bord montre un retard en matière d’informatisation. En outre, si, par exemple, le taux d’informatisation des ESMS intervenant à domicile est meilleur que celui des structures à activité ambulatoire, les professionnels intervenant au domicile du patient n’ont pas toujours suffisamment accès à un matériel informatique adapté.

    Mise en œuvre d’une politique en matière de confidentialité des données

    Sans être alarmant, le nombre d’établissements et services médico-sociaux ayant mis en place une politique de confidentialité des données est relativement faible :

    • seuls deux tiers des ESMS interrogés ont indiqué avoir mis en place une politique de confidentialité des données ;
    • un tiers a indiqué l’avoir fait partiellement.

    Il semble par ailleurs que ce chiffre varie en fonction des activités de l’établissement : les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) et d’action médico-sociale précoce (CAMSP) à activités ambulatoires sont les plus impliqués dans une politique de confidentialité. Par ailleurs les structures dédiées à l’accompagnement et à la prise en charge des personnes âgées déclarent un peu plus que les structures relevant du champ des personnes handicapées s’être dotés d’une telle politique (70% contre 65%).

    Enfin, d’un point de vue géographique, les établissements métropolitaine présentent un taux de mise en œuvre d’une politique de confidentialité des données plus faible que les établissements ultra-marins. Par exemple, La Réunion, où 90% des structures déclarent s’être engagées dans une politique de protection des données, est la région française la plus avancée dans la protection des données.

  • Expérience patient et qualité : 121 unités des hôpitaux de l’AP-HP ont reçu le label « Hospitalité »

    121 labels « Hospitalité » ont été délivrés au sein de différentes unités des hôpitaux de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) fin juillet 2018. Il s’agit d’une démarche de labellisation lancée à la mi-février 2017 en vue d’améliorer l’expérience patient au sein de ses services.

    L’objectif visé est de garantir aux usagers une prise en charge de qualité en répondant mieux à leurs attentes en matière d’accueil et d’hospitalité, et en mettant en place des actions concrètes d’amélioration.

    Engagement de l’AP-HP pour le patient

    Cette initiative traduit l’engagement collectif des personnels de l’AP-HP au service des patients et de leurs proches et s’inscrit dans la démarche globale de « Qualité Hospitalité » initiée par l’AP-HP en 2016.

    Un label valable 4 ans délivré sur 7 types de critères

    Le label « Hospitailté est attribué pour une durée de quatre ans aux services volontaires. Ces derniers sont évalués sur des critères définis dans sept champs complémentaires tels que l’accueil ou la qualité de la relation :

    • accueil ;
    • environnement/propreté ;
    • linge ;
    • alimentation ;
    • prestations de service ;
    • culture/mieux-être ;
    • qualité de la relation.

    Afin de se voir octroyer le label, le service qui candidate doit dépasser 80% des objectifs fixés au sein du référentiel basé sur les critères ci-dessus.

    Sandrine Jannez, cadre de santé consultation médecine physique et réadaptation, hôpital Corentin-Celton, AP-HP, témoigne :« Le label « Hospitalité » engage toute la communauté, c’est fondamental. C’est également une reconnaissance immédiate pour les équipes qui ne se sentent pas toujours reconnues. Le processus de labellisation m’a permis de mieux connaitre le tissu essentiel des cadres de santé tout en leur apportant une lecture parfois différenciée des attentes et du vécu de nos patients. »

    Selon l’AP-HP, la dynamique est bien ancrée dans les établissement et s’accélère. Actuellement, plus d’une vingtaine de candidatures de labellisation sont soumises tous les mois.

    La liste des services labellisés, actualisée le 2 juillet 2018, est disponible ci-contre.

  • Matinée « Faire de la France la nation leader de l’innovation » à Paris, le 25 septembre 2018

    M&M Conseil, cabinet de conseil en affaires publiques parisien, organisera en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) les 6èmes rencontres de l’innovation, qui se tiendront à Paris le 25 septembre 2018. 

    Centré sur l’objectif « Faire de la France la nation leader de l’innovation », cet événement sera présidé par Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin et vice président de l’Offre parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et Danièle Hérin, députée de l’Aude et vice-présidente du groupe d’études « économie numérique de la donnée, de la connaissance et de l’intelligence artificielle ».
    Seront également présents Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Numérique, ainsi que Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

    L’inscription est possible avant le lundi 24 septembre 2018 via le lien ci-contre ou par mail à l’adresse électronique suivante : sec@mmconseil.com

    Programme

    08h45-09h00 : Ouverture des rencontres

    Par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

    09h00-10h40 : Session n°1 : « La France innovante et compétitive »

    Problématiques abordées :

    • Quelles politiques publiques pour favoriser l’innovation ?
    • L’intelligence artificielle, nouvelle priorité du quinquennat en matière d’innovation ?
    • Quelle dynamique des partenariats entre tous les acteurs pour l’IA en France ?
    • L’innovation au service de la croissance économique : mythe ou réalité ?
    • L’éco-innovation : faire de la France un paradis vert mondial ?
    • L’innovation, une priorité de l’enseignement supérieur et de la recherche ?
    • Les enjeux de la R&D : quels financements de l’innovation ?
    • L’innovation, une nécessité vitale pour les PME ? La propriété intellectuelle face au défi de l’innovation.

    Session présidée par Danièle Hérin, députée de l’Aude, vice-présidente du groupe d’études « économie numérique de la donnée, de la connaissance et de l’intelligence artificielle ».

    Avec la participation :

    • de Marko Erman, directeur « recherche » et « technologies » du groupe Thales ;
    • de Michel Ginestet, président de Pfizer France ;
    • de Christine Hennion, députée des Hauts-de-Seine, en charge du rapport sur la politique européenne en matière d’innovation de rupture ;
    • de Célia de Lavergne, députée de la Drôme, co-présidente du groupe d’études « Start-ups et PME » ;
    • de Ludovic Peran, Public Policy & Gov’t Relations, Google France ;
    • de Marie-Noëlle Semeria, directrice de la R&D à Total.

    10h40-10h50 : Keynote : « Fabriquer l’innovation »

    Par Gilles Garel, professeur titulaire de la chaire de gestion de l’innovation du Conservatoire national des arts et métiers.

    10h50-11h00 : Keynote : « Quelle labellisation pour l’innovation française ? »

    Par Kat Borlongan, directrice de la French Tech.

    11h00-12h30 : Session n°2 : « Territoires et filières innovants »

    Problématiques abordées :

    • L’innovation dans nos territoires : un instrument au service de la réduction des inégalités ?
    • La défense, locomotive française en matière d’innovation ?
    • Les transports du futur : un secteur porté par l’intensification de la concurrence ?
    • L’innovation au service de la transformation énergétique :vers une ubérisation du domaine de l’énergie ?
    • RGPD et blockchain : l’innovation numérique face à l’enjeu de la protection des données.
    • La santé et l’innovation : un levier pour offrir un meilleur parcours de soins ?
    • L’innovation française peut-elle conquérir le monde?

    Session présidée par Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

    Avec la participation :

    • du Pr Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé ;
    • d’Anne Genetet, députée des Français établis hors de France ;
    • de Michel Joly, président de Gilead France ;
    • de Marie Lebec, députée des Yvelines, présidente du groupe d’études « Attractivité de la France, export, investissement, compétitivité » ;
    • de Didier Patry, directeur général de France Brevets ;
    • de Jean Perrot, directeur des relations institutionnelles pour la R&T d’Airbus

    12h30-12h45 : Clôture des rencontres

    Par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique.

    12h45 : Déjeuner-débat (sur invitation)

    Déjeuner autour de Johanna Michielin, directrice générale du CNRS Innovation.

  • Réforme de santé : « Nous devons sortir de l’approche centralisée », F. Valletoux (conférence FHF)

    « Rien ne serait pire qu’une réforme [de santé] qui ne serait pas globale. Nous avons besoin d’une vision politique et non d’un colmatage technique. La réforme doit s’adresser à tout le système de santé. Elle doit être volontariste et ambitieuse pour remettre sur pied un système à bout de souffle », a déclaré le 4 septembre 2018 Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), à l’occasion d’une conférence de presse (Paris) à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    Évoquant la future réforme du système de santé, qui devrait être présentée dans les prochaines semaines, il s’est dit « optimiste », espérant que les mesures envisagées par le gouvernement permettront de « sortir de l’approche centralisée et bureaucratique [dans laquelle nous sommes actuellement] pour permettre aux acteurs des territoires d’agir selon leurs besoins spécifiques et [ainsi] de les responsabiliser ».

    La conférence a par ailleurs été l’occasion pour la fédération de présenter une étude menée par la société Heva sur les disparités de pratiques, les inégalités dans l’accès aux soins et dans l’accès aux acteurs de santé, afin de « poursuivre le travail de sensibilisation mené depuis de nombreuses années par la FHF sur les dangers et limites que présente notre système de santé français » et d’ »inciter les pouvoirs publics à enfin ouvrir le chapitre des solutions ».

    La FHF publie une étude sur les inégalités dans l’accès aux soins

    À l’occasion du point presse de rentrée, la Fédération hospitalière de France a présenté de nouvelles cartographies sur :

    • la dispersion des taux de recours en matière :
      • de chirurgie du canal carpien ;
      • de coronarographie ;
      • d’arthroscopie du genou ;
    • l’évolution du nombre de passage aux urgences par départements, « mise en regard de l’évolution du nombre de médecins généralistes ».

    L’objectif de ces travaux réalisés en juillet 2018* par la société Heva pour la FHF est de sensibiliser sur les dangers et les limites du système de santé français, mais aussi d’encourager les pouvoirs publics à mettre en œuvre des solutions concrètes pour lutter contre les disparités de pratiques ainsi que les inégalités dans l’accès aux soins et aux acteurs de santé.

    Ces cartes « révèlent des écarts majeurs entre régions et confirment l’ampleur du recours aux actes inutiles », commente Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.

    Exemple avec la coronarographie

    Le taux de recours standardisé de la coronarographie montre des disparités importantes en France, allant de 3,6 à 9,9 pour 1 000 habitants.

    • Les taux de recours le plus faibles ont notamment été observés en Bretagne, dans les Hautes-Alpes et en Ardèche.
    • Les taux les plus élevés ont été enregistrés dans l’est de la France, dans les Alpes-Maritimes, le Var, la Haute-Garonne ou encore dans le Loiret.

    « La maladie coronarienne (cardiopathies ischémiques : CPI) est répartie de façon inéquitable en France, note la FHF. Dans certains départements, des taux de prévalence supérieurs à la moyenne nationale expliquent des taux de recours élevés. Néanmoins, le recours élevé à la coronarographie concerne aussi des départements pour lesquels l’épidémiologie des maladies coronariennes ne semble pas pouvoir objectiver un tel taux de recours. »

    Une augmentation des passages aux urgences et une baisse du nombre de médecins généralistes

    L’étude a dans un deuxième temps mis en avant l’activité des urgences en France globalement en hausse dans les territoires où le nombre de médecins généralistes était en baisse. Ainsi, 64,6 % des départements voient simultanément leur nombre de passages aux urgences augmenter et leur nombre de médecins généralistes diminuer.

    Zaynab Riet insiste sur l’importance de la mise en place d’une « stratégie ouverte sur l’ensemble du territoire. » « Il faut que chaque acteur puisse jouer son rôle afin de garantir l’accès aux soins pour éviter le recours aux urgences [inutiles]« .

    Frédéric Valletoux insiste : « L’explosion des urgences est l’un des dysfonctionnements majeurs du système de santé », indiquant que les actes aux urgences non suivis d’hospitalisations (les recours « inutiles » aux urgences) avaient augmenté de 7 % au premier semestre 2018. « C’est énorme ! Il faut absolument casser [cette logique]. »

    Rappel : les propositions en e-santé de la FHF « pour transformer le système de santé »

    Frédéric Valletoux a dans un premier temps exprimé le regret que la FHF, à l’instar d’autres acteurs de l’industrie, n’ait pas été concertée dans le cadre de la réforme du système de santé, avant d’annoncer  au cours de la conférence que le ministère des Solidarités et de la Santé venait d’adresser un message à la FHF proposant une rencontre le 12 septembre 2018.

    Dans le cadre de cette stratégie de transformation du système de santé, la Fédération hospitalière de France a présenté en mai 2018 22 propositions pour chacun des 5 chantiers identifiés (territorialisation, ressources humaines, qualité-pertinence, numérique, financement).

    Dans le domaine de la e-santé, 2 propositions centrales ont été émises par la FHF « pour une logique territoriale réaffirmée dans le cadre de la responsabilité populationnelle » :

    • Mettre en œuvre le plan « intelligence artificielle en santé » en « permettant d’anticiper les métiers de demain et les nouvelles utilisations des données dans le but d’améliorer la qualité des soins au bénéfice des patients et des professionnels de santé et en garantissant protection, confidentialité et égal accès aux innovations technologiques ».
      • Le secteur de l’imagerie est déjà très concernées, note-t-elle.
      • Créer une banque de données au service des travaux de recherche et de la pertinences des actes et des prises en charge.
    • Lancer un plan numérique pour le secteur social et médico-social : « favoriser l’accès à la télémédecine et s’appuyer sur un système d’information permettant la fluidité des parcours de soins les plus fragilisés ».

    La FHF encourage la généralisation du DMP

    Lors de la conférence du 4 septembre, Frédéric Valletoux a par ailleurs indiqué que la FHF se réjouissait de la généralisation du dossier médical partagé (DMP), prévue en octobre (annonce récente de la ministre de la Santé Agnès Buzyn). « Nous sommes pour toute innovation qui permette de fluidifier le système et d’éviter les actes redondants », a-t-il commenté.

  • Été 2018 : un modèle de gestion décentralisée des hôpitaux européens, une réponse aux défis actuels ?

    L’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé a publié le 30 juillet 2018 une étude comparative des gouvernances hospitalières décentralisées mises en place au cours de ces dernières années dans 10 pays d’Europe : Le Danemark, l’Angleterre, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Écosse, l’Espagne et la Suède.

    En effet, dans un contexte d’apparition de nouvelles technologies, de pressions économiques croissantes, d’augmentation de l’incidence des maladies chroniques et de l’exigence des patients, etc., les pouvoirs publiques tendent à restructurer le système de santé, à revoir les modèles de la gouvernance hospitalière de façon à donner aux hôpitaux, via la décentralisation, l’autonomie suffisante pour s’adapter localement à leur environnement changeant : théoriquement, plus un hôpital est autonome, plus il est considéré comme flexible et ainsi à même de répondre efficacement aux besoins de la population d’une région donnée.

    Cependant, il existe une tension entre l’augmentation de l’adaptabilité permise par la décentralisation et la garantie d’équité géographique associée aux modèles centralisés : cette étude, plus que de présenter simplement les différents modes de décentralisation existants – conditionnés par le caractère publique ou privé des hôpitaux, la planification stratégique des investissements et le degré de décentralisation visé – expose comment les systèmes de santé étudiés ont répondu à ce type de problématiques.

    Enfin, alors que ces 10 exemples de succès semblent encourager la décentralisation, l’étude souligne l’importance du contexte dans lequel a été mise en place cette décentralisation : le tissu institutionnel de chaque pays influence inévitablement les nouvelles organisations résultant de ce type de processus.

    La propriété et la forme légale des hôpitaux

    Deux points cruciaux dans la décentralisation de la gouvernance hospitalière concernent le rapport nombre d’hôpitaux publics / nombres d’hôpitaux privés ainsi que le degré d’autonomie dont disposent les hôpitaux publics d’un pays donné. En effet, la forme légale des hôpitaux et le degré d’autonomie dont ceux-ci disposent a priori déterminent quels processus de décentralisation sont possibles ou non.

    Dans 8 des 10 pays étudiés, les hôpitaux étaient majoritairement publics :

    • seuls les Pays-Bas (où tous les hôpitaux sont des entités privées à but non lucratif) et l’Allemagne présentent plus d’hôpitaux privés que d’hôpitaux publics ;
    • en France, la majorité des hôpitaux son publics même si une part non négligeable (28 % des lits disponibles) des hôpitaux ne le sont pas.

    Dans ces pays où la plupart des hôpitaux sont publics, le degré d’autonomie accordé aux établissements varie : 

    • en Angleterre, la majorité des établissements sont très autonomes, grâce à l’adoption de la forme of-self-governing foundation trusts ;
    • en Italie et en Espagne, les hôpitaux, entreprises ou fondations publiques, sont un peu moins autonomes ;
    • au Danemark, en Finlande, en France, en Écosse et en Suède, c’est une autorité locale, régionale ou nationale qui possède l’hôpital publique et contrôle la politique de l’hôpital.

    La planification stratégique des infrastructures hospitalières et des investissements

    Dans la plupart des pays européens disposant d’un réseau hospitalier quantitativement adapté (nombre d’hôpitaux suffisant, capacité des hôpitaux également suffisante), la planification stratégique des infrastructures et des investissements constitue, d’après l’étude, un levier crucial.

    La plupart de ces pays ont en effet mis en place des accords entre hôpitaux et différentes entités administratives afin de planifier le nombre et le type de nouvelles infrastructures hospitalières fournisseuses de soins financés par l’état à mettre à disposition de la population. Cependant, ces accords diffèrent entre les pays : en fonction de l’organisation administrative du système de santé, la planification des infrastructures hospitalières se fait à l‘échelle nationale, régionale ou locale :

    • au Danemark, en Allemagne et en Espagne, la responsabilité de la planification des infrastructures hospitalières et des investissements en capital incombe aux régions ;
    • en Italie, certaines régions ont commencé à s’organiser par zone subrégionale ;
    • en France, les 15 ARS sont indépendantes des régions et collaborent avec le pouvoir central pour planifier les projets et investissements majeurs dans le champ de l’hôpital ;
    • dans les pays du Nord, forts d’une grande tradition de démocratie locale, c’est généralement une autorité politique élue, plus ou moins secondée par une entité administrative de niveau national, qui est chargée de telles responsabilités.

    En Angleterre et aux Pays-Bas, le modèle est encore différent : la responsabilité de la densité du réseau hospitalier et des investissements en capitaux a été déléguée, à l’échelle individuelle, aux hôpitaux eux-mêmes. Dans ces pays, le gouvernement n’intervient donc en théorie qu’en cas de difficulté majeure. Cependant, en décidant des budgets et des cadres réglementaires pour les investissements, le gouvernement anglais organise en fait les investissements globaux ; aux Pays-Bas, le développement d’un nouvel hôpital demande encore l’approbation du gouvernement ; et dans les deux pays, les hôpitaux doivent répondre à des exigences de qualité définies à l’échelle nationale.

    Le degré de décentralisation de la gouvernance hospitalière visé

    Dans la plupart des pays européens, en décidant des activités et du volume des hôpitaux, les autorités publiques jouent un rôle dans le management global des établissements hospitaliers. Dans quelques systèmes de santé où les hôpitaux sont possédés par l’État, un contrôle managérial direct peut être applique par ces mêmes autorités, dont le rôle varie en fait selon le degré de décentralisation administrative existant : lorsque les établissements hôspitaliers appartiennent à une administration régionale (Danemark), subrégionale (quelques initiatives en Italie) ou locale (Italie), ceux-ci sont organisés directement par l’autorité régionale ou locale chargée de la santé.

    Deux dimensions clés de la gouvernance hospitalière décentralisée peuvent en fait être distinguées : 

    • le niveau d’administration impliqué ;
    • le degré d’autonomie (autonomie restreinte, modérée ou maximale) de prise de décision dont dispose l’hôpital à l’échelle institutionnelle.

    Cette distinction faite, différents degrés de décentralisation dans la gouvernance hospitalière peuvent en fait être observées non seulement entre mais également au sein des pays étudiés. Ainsi, en Espagne, 4 différents types d’hôpitaux peuvent être distingués.

    Autres paramètres de la décentralisation

    La taille des gouvernements et des agences gouvernementales ainsi que la densité et l’homogénéité de la population contribuent à donner sa forme à la décentralisation.

    En outre, la gouvernance d’un hôpital peut être considérée comme centralisée par un pays, voire par une région d’un pays, et décentralisée par un autre : la perception même d’un phénomène de décentralisation n’est pas superposable d’un système à un autre et la décentralisation est une notion plus relative qu’absolue.

    Conclusion : la décentralisation, un phénomène à considérer au cas par cas

    Dans certains pays, on peut observer un désir de décentraliser la gouvernance hospitalière dans l’objectif de s’adapter à des besoins locaux comme à des pressions démographiques, économiques, politiques, etc. Cependant, cette solution n’est pas toujours adaptée et n’est en aucun cas une « recette » applicable d’une seule façon ni utilisable dans tout système de santé : chaque processus de décentralisation est à considérer au cas par cas, pays par pays, système de santé par système de santé.