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  • « Ma Santé 2022 » : le Cnom, FHF, SMPS, infirmiers et autres professionnels et usagers réagissent

    Si le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) se dit « globalement satisfait » du projet de réforme du système sanitaire français « Ma Santé 2022 », certaines organisations sont plus mitigées, comme l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniops), qui regrette que les évolutions proposées soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital », et France Assos Santé, dans l’attente d’une meilleure prise en considération des attentes des usagers.

    Health & Tech synthétise dans cet article l’essentiel des réactions des différents acteurs de la santé – professionnels hospitaliers, médecins, professionnels du secteur médico-social, usagers, économistes – relatives à l’annonce du plan santé, présenté le 18 septembre 2018 par le Président de la République.

    Réactions des professionnels hospitaliers et des CLCC

    La FHF salue certaines propositions mais regrette que les « enjeux majeurs » de l’hôpital soient occultés

    la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré dans un communiqué (voir article en lien ci-contre) qu’elle regrettait la mise à l’écart d’« au moins deux enjeux majeurs » : le financement de l’hôpital, « notamment en matière de tarifs et d’investissement » et « le choc de simplification pour l’hôpital, les structures médico-sociales et leurs personnels ».

    L’organisation nuance cependant son propos en indiquant que les mesures annoncées « sont une reconnaissance du bien-fondé de plusieurs propositions de la FHF ». Ainsi, elle se réjouit : qu’une réforme globale du système de santé soit proposée « pour redonner de l’oxygène à l’hôpital » ; que la pertinence et la qualité des soins soient remises au cœur du système ; qu’une gradation des soins soit envisagée tout en renforçant les soins de proximité et qu’un plan numérique centré sur le patient soit déployé.

    Le SMPS sceptique « quant à la réalité du projet »

    Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) reconnaît l’intérêt de certaines propositions (proximité, territoire, notion d’équipe de soins, importance du numérique, exigences de formation, etc.) mais indique que « tout cela doit se traduire dans les textes, et surtout dans les faits », exprimant « son scepticisme quant à la réalité du projet ».

    Le syndicat admet cependant que « les expérimentations sont fortement engagées » et salue la mise en place d’un « comité stratégique ». Il espère que cet engagement sera tenu :  » Le SMPS y tiendra toute sa place et sera particulièrement exigeant », insiste-t-il.

    Unicancer « partage les ambitions portées par le plan »

    Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), « partage les ambitions portées par le plan « ma santé 2022″ et prend note que des moyens nouveaux seront apportés pour accompagner la transformation du système de santé », a déclaré l’organisation.

    Elle se réjouit ainsi que le projet vise à construire le système de santé autour du patient, « qui est au cœur du modèle de prise en charge porté par les CLCC », le tout « en améliorant la qualité et la pertinence des prises en charge ». Unicancer valide aussi « la nouvelle vision de l’offre de soins annoncée, avec une offre graduée sur les territoires afin de fluidifier et [de] coordonner les parcours en impliquant davantage les acteurs de la ville ».

    Le Cnom « globalement satisfait »

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins se dit « globalement satisfait » des annonces du Président de la République, estimant que les médecins ont été « largement entendus ».

    L’Ordre se réjouit en particulier de la mise en place d’une « réforme d’ampleur » et « de voir que les idées [qu’il porte] depuis 2015, sur l’importance de libérer les énergies [des] territoires et de décloisonner la ville et l’hôpital [et] sur l’absolue nécessité de rendre du temps médical aux médecins, se sont imposés au gouvernement ». Il ajoute cependant qu’il « faudra faire preuve de vigilance, collectivement, pour que ces intentions soient réellement mises en œuvre, pour les médecins, les professionnels de santé et leurs patients ».

    Le Cnom attend par ailleurs « une approche globale de la formation », qui permettrait de former les futurs médecins à tous les modes d’exercice, estimant que « la seule réforme du numerus clausus ne sera pas suffisante pour répondre à cet enjeu majeur pour l’accès aux soins ». Reste, par ailleurs, quelques questions en suspens selon l’Ordre : « Quelle gouvernance nous propose-t-on ? Notre système de santé sera-t-il moins centralisé demain ? Le rôle des ARS sera-t-il revu pour laisser place à une véritable démocratie sanitaire ? Refonder notre système de santé en partant des territoires l’exige », avance-t-il.

    L’Ordre national des infirmiers regrette des annonces « très médicocentrées »

    L’Ordre national des infirmiers est satisfait par différentes mesures, comme « l’élan en faveur de la télémédecine et de l’innovation », l’augmentation de l’Ondam et la prise en compte de la souffrance des soignants à l’hôpital.

    Néanmoins, il regrette que les annonces soient « très médicocentrées ». « La réforme de la santé ne peut se résumer à celle de la médecine, a-t-il déclaré.  Les infirmiers attendent une approche globale centrée sur le patient et la coordination entre professionnels de santé. »

    Réactions du secteur médico-social

    La Fehap salue le caractère « très opérationnel » de la stratégie annoncée

    La Fédération des établissements hospitaliers d’aide à la personne (Fehap) salue l’annonce de la stratégie « Ma Santé 2022 » qui, selon elle, « apporte une réponse structurelle aux problématiques de la santé en France », ainsi que son caractère « très opérationnel ».

    La Fehap veillera, cependant, « à ce que le premiers recours des patients ne soit pas uniquement centré sur la médecine libérale de ville et à ce que le second recours ne passe pas systématiquement par l’hôpital public, garantissant ainsi un maillage territorial réellement complet ». Pour ce faire, elle propose  :

    • de transformer les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) en Groupements hospitaliers publics (GHP) « pour lever toute ambigüité » ;
    • d’améliorer « la coordination des différents acteurs au sein d’une communauté de santé de proximité proposant une offre services de proximité nécessaires pour répondre aux besoins des patients sur les territoires ».

    La Fehap se réjouit par ailleurs du relèvement de l’Ondam à 2,5 % « mais restera extrêmement vigilante quant à l’évolution des tarifs hospitaliers, en baisse constante depuis cinq ans ».

    L’Uniops regrette que les évolutions proposées soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital »

    L’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniops) juge les évolutions proposées positives mais regrette qu’elles soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital », oubliant les établissement et services médico-sociaux (ESMS), en particulier le domicile, « secteur pourtant en grande tension ».

    L’Uniops indique que les associations sont prêtes à s’engager avec les autres acteurs dans la mise en œuvre de cette réforme et estime qu’il est primordial que le travail en réseau et la structuration des soins de proximité, à travers des CPTS notamment, intègrent le champ non lucratif.

    France Assos Santé dans l’attente de propositions ciblant précisément les usagers

    Selon France Assos Santé, l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé, la réforme « présente l’avantage de s’appuyer sur une volonté politique forte affirmée par des engagements portés au haut plus niveau de l’État ».

    « Les associations représentant les patients et les usagers du système de santé, bien que peu mentionnées en tant que telles dans le dossier de presse gouvernemental, se tiennent prêtes à prendre part aux concertations lorsqu’elles traiteront de sujets concernant au premier chef les usagers », déclare l’association.

    Ses 5 attentes prioritaires sont les suivantes :

    • reconnaître l’usager comme acteur de sa santé ;
    • garantir à tous une offre de soins de qualité accessible, répondant aux besoins de chacun ;
    • promouvoir la prévention et promotion de la santé ;
    • mettre la e-santé au service de l’usager ;
    • adapter la formation initiale et continue des professionnels de santé aux besoins des usagers.

    Réactions des économistes

    L’économiste Frédéric Bizard très critique

    L’économiste Frédéric Bizard, expert en protection sociale et en santé, a publié sur son site (en lien ici) une tribune très critique à l’égard de la réforme : « Si ce plan ne contient aucun des éléments clés de transformation, d’adaptation de notre système de santé au nouvel environnement démographique, épidémiologique et technologique, c’est un formidable exemple d’autisme étatique et d’incapacité à tirer les leçons des échecs des dernières lois de santé », résume-t-il.

    Une interne de l’AP-HP s’oppose à l’éditorialiste Nicolas Bouzou

    L’éditorialiste Nicolas Bouzou a déclaré sur CNews que, selon lui, les Français et les personnels de soins n’auraient « rien compris » à « l’excellent discours – techniquement – du président de la république », expliquant qu’il fallait « absolument « désoviétisé » l’hôpital ».

    Sabrina Ali Benali, interne à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et également présente sur le plateau, lui a reproché de comparer l’hôpital à une entreprise. « L’hôpital n’est pas là pour faire de l’argent mais pour soigner les gens. Vous parlez de « désoviétiser » mais il y a de nombreuses études qui montrent que c’est dans le libéral qu’on a le plus de bureaucratie » : selon elle, l’idéologie mise en avant par Nicolas Bouzou « n’a pas de sens ». « Les Français n’y comprennent rien, les soignants n’y comprennent rien ? Non, nous comprenons très bien », répond-elle, rappelant notamment les difficultés auxquelles se retrouvent confrontées au quotidien les travailleurs et les usagers du milieu hospitalier et des Ehpad, pas assez prises en compte selon elle par les autorités.

  • #FASN2018 : pour 94 % des acteurs de la santé, le numérique peut améliorer le parcours patient

    À l’occasion de l’étape du 20 septembre 2018 centrée sur l’hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), Care Insight a mené une enquête auprès des acteurs de la santé afin mettre en évidence leurs attentes pour l’hôpital, leur perception des innovations organisationnelles ou technologiques hospitalières.

    Ainsi, les réponses d’environ 300 personnes à un questionnaire diffusé entre juillet et septembre 2018 sur le site de la campagne FASN et sur les réseaux sociaux ont permis de constater que les acteurs de la santé attendent une optimisation des échanges entre professionnels à l’hôpital ainsi que de nouvelles mesures réglementaires à mêmes de favoriser l’innovation hospitalière, l’émergence de solutions numériques qui pourraient contribuer à fluidifier le parcours patient à l’hôpital.

    En effet, seuls 8% des répondants trouvent le partage d’informations au sein des hôpitaux publics « complètement efficient », et pour 44% d’entre eux, la priorité que devrait traiter le grand plan hôpital annoncé par le gouvernement en septembre 2018 est la coordination des professionnels, devant l’augmentation des effectifs salariés (22%), la modernisation de la tarification hospitalière (21%) et la réduction des déficits publics (7%). 

    De plus, 70% des participants au sondage estiment que les réglementations en vigueur ne favorisent pas l’innovation hospitalière alors que pour 94% d’entre eux, les solutions numériques peuvent contribuer à améliorer le parcours patient à l’hôpital. 59% des répondants leur trouverait même un « énorme potentiel » d’amélioration du parcours patient.

    En outre, Care Insight a interrogé les acteurs sur leur perception des regroupements hospitaliers sur les territoires, et 59% des répondants ont affirmé cette logique « compatible avec les hôpitaux de proximité préconisés par le récent rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie » .

  • Télémédecine : organisation de télé-staffs sur les épilepsies rares dans le Grand Est et vers les DOM

    À l’occasion de la généralisation de la télémédecine, le 15 septembre 2018, Health & Tech Intelligence revient sur un axe particulier de la télé-expertise : le télé-staff, ou réunion de professionnels de santé dématérialisée, permise à distance par un système de télémédecine tel que celui mis en place à la fin de l’année 2017 par le CHRU de Nancy, qui permet aux professionnels du Grand Est, de Bourgogne-France-Comté et des DOM de communiquer entre eux de façon sécurisée à propos de cas d’épilepsies rares.

    En effet, ce dispositif de télémédecine, appelé Odys et porté par le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Télésanté Lorraine et le GCS e-santé Champagne-Ardenne, permet de partager « de façon sécurisée et interactive des électroencéphalogrammes (EEG) et des EEG-vidéos avec d’autres structures hospitalières du Grand-Est, de Bourgogne-Franche-Comté et d’Outre-Mer, pour étudier à distance des cas d’épilepsies rares et complexes », précise un communiqué du CHRU de Nancy.

    Fin avril 2018, le CHU de Reims s’est également associé à ce projet afin de participer à ces télé-staffs, et d’après le site web Reseau CHU, d’autres demandes d’établissements seraient, le 20 septembre 2018, « en cours d’étude » – par exemple, un service Fort-de-France et le CHR de Metz-Thionville devraient prochainement rejoindre le dispositif.

    Finalement, « en développant des points de compétence sur tout le territoire, en lien avec les sites experts », ce dispositif pourrait soutenir la mise en place d’une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares, difficiles à diagnostiquer mais surtout à traiter du fait de la rareté des professionnels spécialistes de ces pathologies.

    Un télé-staff pour optimiser la réponse à un besoin médical particulier

    « Les maladies épileptiques ont de nombreuses causes et beaucoup sont liées à des maladies rares (malformations corticales, vasculaires, causes génétiques et métaboliques, etc.) », explique dans un communiqué le CHRU de Nancy, où 33% des patients pris en charge pour épilepsie seraient concernés par ces causes rares.

    Or, alors que ces cas rares ont besoin de compétences multidisciplinaires, seuls deux CHU sont en mesure, dans les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, de fournir une expertise appropriée – le CHRU de Nancy, qui est officiellement centre constitutif du centre de référence épilepsies rares, et le CHU de Strasbourg – et il n’existait pas jusqu’à présent de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) régulières permettant de discuter à l’échelle interrégionale de ces dossiers d’épilepsies rares ou complexes.

    « C’est pourquoi un système de télé-staff multi-sites avec échange audio et vidéo entre les médecins neurologues des différentes structures de santé a été mis en place », explique le CHRU de Nancy.

    Une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares

    La solution Odys, un exemple de dispositif de télémédecine permettant la conduite de staffs dématérialisés

    De manière général, Odys permet :

    • la prise en charge des AVC en phase aiguë et des insuffisants rénaux à distance ;
    • des téléconsultations de dermatologie et de gériatrie ;
    • des téléconsultations dans des établissements particuliers tels que des centres pénitentiaires ou des EHPAD.

    Mais c’est parce qu’elle permet également de tenir des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire à distance (e-RCP) en visioconférence, et dans ce cadre d’échanger des documents et des données de santé de façon sécurisée, qu’elle a été retenue par le CHRU de Nancy. En effet, ce service permet « une visualisation synchrone de tracés EEG, couplée à une vidéo du patient filmé lors de l’examen », précise le CHRU.

    Les premières expériences de télé-staffs d’épilepsie rare

    Trois télé-staffs ont déjà été organisés entre le CHRU de Nancy, le CHU de Besançon, le CHU de Reims et le CH de Cayenne.

    Ces télé-staffs ont notamment permis d’impliquer davantage de spécialistes en neurologie dans des réunions régulières, « sans contraintes de déplacement et avec un gain de temps dans l’organisation de ces RCP », ajoute le CHRU de Nancy. Aussi, ces staffs rendent possible l’étude de plus de cas d’épilepsies rares recensés dans des territoires différents, et la haute qualité audiovisuelle des visioconférences et des documents transmis favorise le diagnostic.

  • Ma Santé 2022 : la FHF regrette que le financement de l’hôpital soit occulté

    Quelques heures après la présentation du plan « Ma Santé 2022 » par le Président de la République le 18 septembre 2018, la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré dans un communiqué qu’elle regrettait que la réforme mette de côté « au moins deux enjeux majeurs » :
    •  le financement de l’hôpital, « notamment en matière de tarifs et d’investissement »
    • et « le choc de simplification pour l’hôpital, les structures médico-sociales et leurs personnels ».

    L’organisation nuance cependant son propos en indiquant que les mesures annoncées « sont une reconnaissance du bien-fondé de plusieurs propositions de la FHF ». Ainsi, elle se réjouit :
    • qu’une réforme globale du système de santé soit proposée « pour redonner de l’oxygène à l’hôpital » ;
    • que la pertinence et la qualité des soins soient remises au cœur du système ;
    • qu’une gradation des soins soit envisagée tout en renforçant les soins de proximité ;
    • qu’un plan numérique centré sur le patient soit déployé.

    « Les bases de la réforme étant posées, il faut désormais que les pouvoirs publics soient cohérents et donnent aux acteurs les outils pour la mettre en œuvre afin d’offrir à l’horizon des prochaines décennies une offre de soins d’excellence aux Français », conclut la fédération, qui propose une « conférence de consensus » avec tous les acteurs des domaines sanitaire et médico-social avant l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

    Selon la FHF, « 3 préoccupations majeures demeurent »

    1. « Les tensions financières que vivent aujourd’hui les hôpitaux, alors même que la réforme portera ses premiers fruits dans quelques années »

    Dans son communiqué, la Fédération hospitalière de France (FHF) rappelle qu’en 2018, « les hôpitaux sont appelés à faire 960 millions d’euros d’économie, dans un contexte où les déficits s’aggravent et dans une perspective où le gouvernement demande une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale d’ici 2022 ».

    Un fait qui « relativise fortement » la portée du 0,2 point d’augmentation de l’Ondam (passage de 2,3 à 2,5 %), estime la FHF, qui réclame ainsi « à nouveau un moratoire sur la baisse des tarifs en 2019 ».

    « Agnès Buzyn s’est toujours engagée à ce que la réforme soit accompagnée financièrement. Inscrire des perspectives de long terme est nécessaire mais ne doit pas faire oublier que c’est aujourd’hui que les hôpitaux et structures médico-sociales vivent d’extrêmes tensions », commente Frédéric Valletoux, président de la fédération.

    2. « Les enjeux de la psychiatrie en matière de santé publique, qui appellent des actions rapides tant en matière d’organisation des soins que de parcours au quotidien des patients »

    3. « Le choc de simplification attendu de tous n’est pas au rendez-vous »

    Le fait de réformer le système tout en maintenant les contraintes bureaucratiques « ne permettra pas de libérer les énergies », estime la FHF, qui souhaite qu’une réflexion soit menée sur « le rôle des ARS » et « la fin du mille-feuille bureaucratique ».

    La FHF se réjouit cependant de la reprise de certaines de ses recommandations

    « Une réforme globale, structurelle et systémique »

    La fédération hospitalière de France reconnaît qu’il ne s’agit pas d’une « énième réforme de l’hôpital » mais bien « l’ensemble du système de santé qui devra évoluer en intégrant notamment des mesures sur l’organisation de la médecine de ville et sur ses missions d’urgence ».

    « Une réforme qui met l’accent sur l’approche par les territoires »

    L’ensemble des acteurs du système de santé doivent « organiser une offre de santé mieux adaptée et coordonnée, en insistant particulièrement sur des parcours de prévention et de soins spécifiques en fonction des populations », commente l’organisation.

    « Une réforme qui clarifie le rôle des acteurs de santé et qui amorce la mise en œuvre d’outils nécessaires à leur coopération »

    La FHF salue :

    • la fin de l’exercice isolé de la médecine, à travers le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), « qui seront des interlocuteurs privilégiés pour les coopérations futures » ;
    • la promotion de l’exercice partagé ville/hôpital, à travers , entre autres, le financement de médecins généralistes salariés employés par les hôpitaux.
      « Cependant, les 400 postes annoncés, s’ils sont cohérents avec les ressources humaines disponibles à l’heure actuelle, ne sauraient suffire, précise la FHF. L’objectif fixé à la médecine de ville de prendre sa part dans les urgences de jour jusqu’à 20 heures, puis dans la permanence des soins, est un premier pas mais ne répondra pas complétement aux attentes des patients et n’est pas de nature à remédier à la saturation des services d’urgence : la FHF sera attentive à l’approfondissement de cette mesure. »

    « Une réforme qui met la pertinence des actes et des soins au centre du système »

    La fédération se dit « précurseur sur ce sujet ». Elle rappelle qu’elle promeut depuis plusieurs années « une stratégie basée sur la pertinence et la qualité des soins nécessitant la mise en place d’un système de régulation par la pertinence permettant de mieux dépenser et de prodiguer le juste soin », précisant que « cette vision ambitieuse ne masque cependant pas les faiblesses des premières orientations annoncées ».

  • 73 % des médecins pensent que la télémédecine fera partie de leur quotidien en 2030 (étude MACSF)

    La MACSF, mutuelle d’assurance pour professionnels de santé, a publié, au cours du mois de septembre 2018, une étude visant à préciser la perception qu’ont les médecins de la « médecine du future ».

    Ce travail, réalisé sur la base des résultats à un questionnaire envoyé au cours du mois de mai 2018 à environ 8000 médecins sociétaires âgés de 18 à 65 ans, qu’ils soient hospitaliers, salariés, libéraux ou internes et quelle que soit leur spécialité, visait en effet à interroger les médecins à propos de l’intégration à leur pratique future d’avancées technologiques telles que l’intelligence artificielle, la robotisation, la télémédecine, les applications de e-santé et autres objets connectés : comment imaginent-ils la médecine qu’ils exerceront demain ? Quels espoirs et quelles craintes génèrent un virage technologique de la santé ?

    Si la plupart des médecins ont reconnu que l’innovation fera prochainement partie de leur quotidien, beaucoup d’autres résultats se sont révélés très hétérogènes : seule la moitié des médecins interrogés ont affirmé croire que les start-ups de la e-santé pourront révolutionner la médecine, moins d’un quart des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes interrogés se disent enthousiasmés par la médecine du futur, seulement 12% des médecins généralistes ont affirmé percevoir la médecine du futur comme un rêve, et deux tiers des médecins considèrent que les patients ne sont pas prêts pour l’avènement d’une telle médecine.

    En effet, la médecine du futur, assistée par des innovations telles que l’IA et de nombreux objets connectés, suscite chez les médecins un engouement lié à une potentielle disparition des taches répétitives et génératrices d’erreurs comme de nombreuses craintes : émergence de nouvelles inégalités de santé, de motivations mercantiles éloignées des principes déontologiques de la profession, de risques liés à une insuffisante protection des données des patients, d’une dérive éthique – de maîtrise absolue, d’homme augmenté, etc.

    Pour les médecins, l’innovation fera prochainement partie du quotidien

    D’après la plupart des médecins interrogés, l’innovation fera rapidement partie de l’exercice quotidien de la médecine. 

    En effet, 73% des médecins pensent que la télémédecine et la consultation à distance feront partie de leur quotidien professionnel en 2030. De même la moitié des médecins croit que les robots et l’intelligence artificielle feront partie de la pratique quotidienne à cet horizon 2030, et 91% des interrogés considèrent comme probable l’utilisation au moins occasionnelle des robots dans leurs pratiques futures.

    Cependant, l’étude révèle que les spécialistes que la MACSF considère comme « les plus concernés » par l’innovation imaginent percée de l’innovation plus rapide que les autres médecins. Par exemple, si 63% des anesthésistes, obstétriciens et chirurgiens pensent que les chambres seront connectés en 2030, ce chiffre s’abaisse à 41% pour les généralistes.

    L’innovation suscite des attentes…

    D’après le sondage, les médecins attendent que l’innovation, non substituable aux médecins, permette d’optimiser la réalisation de certains actes, d’éviter des erreurs et de dégager du temps médical : 73% des interrogés considèrent que l’IA pourra accompagner la réalisation d’actions longues et répétitives, 71% que l’IA permettra moins d’erreurs mais ne pourra se substituer aux médecins pour répondre aux questions des patients, 45% que ces innovations permettront d’avoir plus de temps pour le patient et pour la formation.

    … comme des craintes

    Position de la profession vis-à-vis des patients

    Pour 73% des médecins, dont 82% des généralistes, la principale crainte suscitée par l’intégration des innovations technologiques à la pratique médicale concerne la déshumanisation des soins. Déshumanisation qui pourrait s’accompagner, pour la plupart des sondés, d’une déconsidération des professionnels de santé par les patients (seuls 9% des médecins pensent que ces innovations permettront aux patients d’avoir plus de considération pour les professionnels de santé).

    Peur des dysfonctionnements techniques

    En deuxième position des appréhensions suscitées par l’émergence de l’innovation vient la crainte des bugs informatiques, ressentie par 67% des médecins.

    Angoisses générées par la problématique de la protection des données

    L’absence de protection des données personnelles inquiète 45% des médecins tant pour l’avenir de leurs patients que pour leur propre futur.

    En effet, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), le code de déontologie médicale ainsi que la loi informatique et liberté prévoient que le médecin doit veiller à la protection des dossiers, au secret de ses correspondances, qui constituent une donnée objective du dossier médical, ainsi qu’à l’usage et à l’accessibilité des données du patient : les professionnels de santé semblent redouter une augmentation du poids de leur responsabilité, déjà lourde.

    Appréhension de dérives « mercantiles » et génératrices d’inégalités

    A l’occasion de cette étude, plusieurs médecins ont exprimé une angoisse quant aux inégalités que peuvent générer les objets connectés ; « l’usage de ces objets reste pour l’instant réservé à un certain profil : un patient équipé en réseau efficace, vivant sur une partie du territoire où il est possible d’envisager le maintien à domicile parce que suffisamment riche en structures d’aide à domicile, et qui soit assez formé pour tirer parti de la technologie développée dans ces objets. Un profil qui ne correspond pas, justement, à celui des patients les plus fragiles »,  explique Stéphanie Tamburini, juriste pour le groupe MACSF.

    « Certains médecins craignent une approche mercantile et trop liée aux appétits des GAFA », a ajouté la MACSF.

  • Des start-ups de e-santé françaises aux Journées pratiques respiration-sommeil d’octobre 2018

    À l’occasion des 10 ans des Journées pratiques respiration-sommeil (JPRS), qui se tiendront du 4 au 6 octobre 2018 au Palais des congrès de Bordeaux, la Fédération française de pneumologie (FFP) et l’Observatoire sommeil en pneumologie libérale (OSPL) accueilleront des start-ups dans un « Village Innovation e-Santé – French Tech », soutenu par la French Tech Bordeaux et par le réseau French HealthTech.

    Les sociétés choisies pour leurs solutions innovantes liées, notamment, aux pathologies chroniques respiratoires et du sommeil bénéficieront d’un accompagnement au développement de leurs outils ainsi que d’une visibilité accrue aux côtés d’autres acteurs de la e-santé tels que Philips, Novartis, Bastide Médical, Dom’Air Santé, France Oxygène, etc.

    Parmi les start-ups retenues figurent Meyko, Ludocare, Rythm, Biosency, MacadamTonic, Bliss, RVitality, Chronolife, Anamnese et BforDoc.

  • Le ministère de la Santé belge annonce un site qui référence les applis de santé validées

    Le nouveau site internet www.mhealthbelgium.be présentera des informations précises sur les applications de santé validées par les autorités belges ainsi que les avantages qu’elles présentent pour les patients et les fournisseurs de soins, a annoncé le 13 septembre 2018 la ministre de la Santé publique de Belgique, Maggie de Block. Une mesure soutenue par l’Institut belge d’assurance maladie-invalidité (Inami), le Service public fédéral santé publique, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), la plateforme eHealth (institution publique fédérale) et les fédérations sectorielles Agoria et beMedTech.

    À partir de fin octobre 2018, les concepteurs auront la possibilité de faire enregistrer leurs applications auprès de Mobile Health Belgium afin d’apparaître sur la plateforme. Les différents services mobiles seront évalués sur la base d’une pyramide de validation à 3 niveaux afin d’identifier s’ils répondent aux conditions requises par le ministère sur les plans de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité, a indiqué Maggie de Block dans un communiqué.

    « Les applications mobiles peuvent présenter une plus-value dans les soins, mais pour les patients et les prestataires de soins, il n’est pas toujours facile de savoir dans quelle mesure ces applications sont utiles et fiables. Grâce à notre système de validation, nous amenons du changement, avance la ministre. Sur ce site, les citoyens pourront découvrir toutes les applications qui ont reçu un sceau des pouvoirs publics. »

    Une pyramide de validation à 3 niveaux

    Le niveau 1 fixe les critères de base des applications enregistrées sur la plateforme.

    L’application doit avoir obtenu un marquage CE et respecter la réglementation relative aux dispositifs médicaux. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) veille au respect de ces critères.

    Le dispositif doit également être conforme au règlement européen sur la protection des données (RGPD).

    Le niveau 2 fixe les conditions relatives à l’interopérabilité entre applications mobiles et d’autres applications numériques dans le domaine des soins, tels que les services de base de la plateforme Ehealth.fgov.be.

    Le site eHealth fixe ces conditions et des centres de test indépendants vérifieront l’interopérabilité. Tous les critères de base (niveau 1) sont par ailleurs requis.

    La plateforme belge eHealth (https://www.ehealth.fgov.be) est une « institution publique fédérale » qui a pour mission « de promouvoir et de soutenir une prestation de services et des échanges d’informations électroniques mutuels, bien organisés, entre tous les acteurs des soins de santé, avec les garanties nécessaires sur le plan de la sécurité de l’information, de la protection de la vie privée du patient et du prestataire de soins ainsi qu’au niveau du respect du secret médical », est-il expliqué sur le site.

    Le niveau 3 concerne les applications présentant une plus-value démontrée aux niveaux économique et sanitaire.

    Pour ces applications, un modèle de financement adapté sera mis en place, indique la ministre. L’Institut belge d’assurance maladie-invalidité (Inami) vérifiera si les applications concernées pourraient être utilisées dans un cadre thérapeutique plus large.

    Les applications de niveau 3 doivent remplir les critères des niveaux 1 et 2.

    Les applications validées seront listées sur le site Mhealthbelgium.be

    Les applications qui satisferont l’ensemble des critères seront publiées par niveau sur www.mhealthbelgium.be/fr/home-2/. Les applis de niveau 1 seront tout d’abord listées. « Les deux autres niveaux sont en passe d’être finalisés », précise le communiqué.

    Il est actuellement possible de consulter le site www.mhealthbelgium.be pour y découvrir des informations sur la politique appliquée en matière de santé mobile en Belgique. 24 projets pilotes menés en 2017 dans le secteur sont également présentés sur la plateforme (voir article en lien ci-contre).

  • Tout le CHRU de Nancy utilisera un outil « optimisation du parcours du patient » d’ici fin 2018

    Le dispositif « optimisation du parcours du patient » (OPP) mis en place au CHRU de Nancy a été présenté les 7 et 8 septembre 2018 à l’occasion de la 8e université d’été de la performance en santé, organisée par l’Anap. Lancé en 2016, il sera déployé dans l’ensemble des services du centre de soins d’ici fin 2018/début 2019.

    Le système OPP se compose d’un logiciel de gestion des lits, d’une plateforme de coordination qui centralise les disponibilités au sein de l’hôpital et d’un assistant virtuel de régulation aux urgences actif 7j/7 et 24h/24 pour effectuer une recherche continue de lits.

    Au sein des services déjà équipés, le dispositif a permis notamment de faciliter et de personnaliser le parcours du patient à chaque étape, d’anticiper les entrées et les sorties, de programmer en direct le séjour – de l’admission à la sortie en passant par l’hospitalisation et les examens -, de s’assurer du « juste temps d’hospitalisation », de supprimer les déprogrammations d’hospitalisation en raison d’un manque de lits et d’avoir une vision globale du nombre de lits disponibles pour une gestion centralisée, explique le CHRU de Nancy dans un communiqué publié le 7 septembre.

    Grâce à cet outil, les équipes de l’établissement ont de manière plus générale pu se libérer du temps pour recentrer leurs activités sur leur rôle de soignants.

    Présentation du dispositif OPP

    Le dispositif se décline sous différentes fonctionnalités :

    • un logiciel de gestion des lits regroupant les informations de l’ensemble des services pour avoir une mise à jour en temps réel des flux de patients ;
    • une plateforme de coordination qui centralise sur un même espace les disponibilités en lits, effectue la gestion prévisionnelle des lits et propose aux équipes médicales des solutions d’hospitalisation pour l’activité programmée ou non programmée : les assistants de coordination rappellent le patient deux jours avant son hospitalisation pour lui transmettre les informations pratiques relatives à son séjour et faire remonter ses questions à l’infirmière de parcours et au médecin ;
    • un assistant de régulation aux urgences opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour aider les équipes médicales dans la recherche continue de lits d’hospitalisation : par ce procédé, le temps d’attente aux urgences est ainsi réduit.

    Création du métier d’infirmier de coordination du parcours hospitalier

    Le dispositif OPP a aussi entraîné la création d’un nouveau métier, celui d’infirmier de coordination du parcours hospitalier. Il accompagne le patient à partir de sa sortie de consultation en programmant son séjour et ses examens. Il gère sa pré-admission en répondant à ses questions et en le contactant une semaine ou deux jours avant son hospitalisation pour s’assurer de sa venue.

    GHT Sud Lorraine : vers un déploiement généralisé de systèmes de gestion des lits

    « Dans le cadre du GHT Sud Lorraine, une réflexion va s’engager sur le déploiement de la programmation et de la gestion des lits afin de permettre aux services accueillant des médecins du CHRU en consultations avancées de programmer des dates d’hospitalisation cohérentes mais aussi de faciliter les sorties grâce à une meilleure connaissance des lits disponibles dans les SSR, [dans les] Ehpad[, etc.] de l’ensemble des établissements du GHT », indique le CHRU de Nancy dans son communiqué.

  • Korian crée une agence digitale interne et noue des partenariats avec Pharmagest et Patientys

    L’entreprise française de gestion de maisons de retraites médicalisées et de cliniques spécialisées Korian a annoncé par communiqué le 13 septembre 2018 la création en son sein d’une agence digitale interne baptisée « Korian Solutions ».

    Dans l’objectif d’accélérer la digitalisation de ses activités, cette agence aura pour mission :
    • d’élargir l’offre de services à domicile de l’entreprise, qui présente le développement de nouveaux services à domicile à même de fluidifier le parcours de soins comme un de ses axes de travail prioritaires ;
    • d’optimiser l’efficacité opérationnelle et la qualité du service clients de Korian ;
    • d’améliorer la qualité de vie des résidents et notamment la communication ainsi que les échanges avec leurs proches.

    En outre, la stratégie de digitalisation de Korian repose également sur la formation de nouveaux partenariats avec des acteurs de la e-santé tels que Pharmagest et Patientys, sur la poursuite de collaborations plus anciennes comme avec MedGo et Doctolib, ainsi que sur la mise en place d’un établissement expérimental digitalisé.
    En effet, le groupe prévoit d’ouvrir en novembre 2018 en Île-de-France une maison de retraite médicalisée pilote qui sera le premier établissement entièrement connecté de Korian et qui intégrera pour les tester des solutions que l’entreprise compte déployer dans l’ensemble de ses établissements en France puis en Europe.

    Nouveaux partenariats et projets

    Afin de développer des solutions innovantes de maintien à domicile, Korian a récemment noué deux partenariats avec les entreprises Pharmagest et Patientys, explique le communiqué.

    Partenariat avec Pharmagest

    Dans l’objectif d’utiliser la solution de téléassistance Carelib, de Pharmagest, en cliniques de SSR et en maisons de retraites médicalisées, un partenariat a été signé entre les deux entreprises le 11 septembre 2018.

    Cet outil, qui « assure un suivi personnalisé, améliore la coordination des intervenants au domicile [et] permet de maintenir le lien avec la famille et les aidants grâce à [une] connexion à un réseau social dédié [ainsi qu’à] une plateforme de téléassistance », est en effet testé par Korian dans certains établissements du Grand Est et d’Île-de-France en vue d’un déploiement commercial en 2019.

    Collaboration avec Patientys

    Un deuxième partenariat, signé avec Patientys, du groupe Webhelp, vise d’abord à lancer la plateforme collaborative de mise en place de services de maintien à domicile Hénéa, qui permet aux seniors ainsi qu’à leurs proches mais aussi à leur équipe médicale et de soins de dialoguer entre eux.

    En outre, cette collaboration permettra à Korian de tester deux autres projets de Patientys : 

       • Seniors 360, une « infoligne » dédiée aux seniors et aux aidants animée par des infirmières expertes des solutions d’aide à domicile et d’hébergement ainsi que des questions médicales ou administratives ;

       • Mon infirmière, qui consiste en un outil de suivi de santé et de coordination du parcours de soin à destination des seniors en perte d’autonomie. À cette solution devrait prochainement être ajoutées d’autres innovations digitales (IoT, robotique) dans un volet hors soin.

    Des partenariats et projets anciens se poursuivent

    Avec la start-up medGo

    Korian poursuivra son partenariat avec la start-up MedGo, qui vise à déployer une plateforme de gestion des remplacements des collaborateurs soignants et hôteliers (voir l’article ci-contre intitulé « Gestion des remplacements : Korian noue un partenariat avec MedGo »).

    Avec Doctolib

    Un partenariat signé au premier semestre de l’année 2018 avec Doctolib a pour objectif le développement d’une solution adaptée aux services d’hospitalisation de jour.

    Réseau social Korian Générations, en partenariat avec Famileo

    Une collaboration plus ancienne, convenue en 2017, sera maintenue avec Famileo pour continuer d’améliorer le réseau social Korian Générations, censé favoriser les liens entre les résidents et leurs familles.

  • L’Institut Pasteur investit 9M€ dans un centre dédié à l’analyse et au stockage de données « omics »

    L’Institut Pasteur a inauguré le 13 septembre 2018 deux nouveaux bâtiments « Omics » dédiés à la production, au stockage sécurisé et harmonisé ainsi qu’à l’analyse de données massives engendrées par des travaux de génomique (séquençage et analyse de l’ADN de cellules), d’épigénomique (analyse des modifications épigénétiques de l’ADN), de transcriptomique (étude de l’ARN), de protéomique (étude de l’ensemble des protéines d’une entité biologique), de métagénomique (caractérisation des communautés de micro-organismes) et de génotypage (analyse des polymorphismes génétiques).

    Cette nouvelle structure, conçue et bâtie dans un contexte d’amélioration des techniques de séquençage, d’émergence du big data en santé et dans les sciences de la vie, et dans une volonté de favoriser la pluridisciplinarité ainsi que l’ouverture de la science, accueillera notamment :
    • des experts du séquençage dans un pôle « Biomics » ;
    • des mathématiciens, statisticiens et informaticiens capables d’exploiter ces données au sein d’un « hub ».
    En effet, la capacité à générer des données massives dans les sciences de la vie a profondément transformé les approches en recherche et en santé publique, qui doivent, pour pouvoir conserver et exploiter ces données, s’ouvrir à l’interdisciplinarité, aux échanges entre disciplines ainsi qu’entre équipes de professionnels.

    C’est pourquoi l’Institut Pasteur, pour s’adapter à ces changements et à l’apparition de cette nouvelle biologie dite « computationnelle », a transformé une ancienne résidence universitaire en un pôle d’expertise dont la construction aura coûté 9 millions d’euros financés par des dons du public, s’est doté de nouveaux séquenceurs à haut débit, et a recruté environ 40 experts amenés à travailler :
    • avec les équipes de recherche de l’Institut Pasteur et du Réseau international des instituts Pasteur, qui disposeront ainsi d’un accès facilité à des solutions de production, de stockage et d’analyse des données ;
    • avec les partenaires de l’Institut Pasteur, dans le cadre de recherches ou de missions de santé publique.

    À quels types de travaux de recherche et de santé publique serviront ces nouvelles installations ?

    Selon Olivier Schwartz, directeur scientifique de l’Institut Pasteur et responsable de l’unité « virus et immunité », de telles installations permettront à l’institut de réaliser 3 grands types de travaux.

    1. Séquencer à échelle industrielle des échantillons de micro-organismes (virus, bactéries, parasites, champignons)

    Un séquençage systématique, harmonisé selon un cahier des charges précis de toutes les collections de l’Institut Pasteur ainsi que de tous les échantillons reçus par l’Institut, devrait permettre de prévoir l’émergence d’épidémies, de caractériser ces épidémies et d’analyser la sensibilité des pathogènes aux molécules thérapeutiques afin de guider la conception de vaccins et de traitements adaptés.

    Aussi, l’un des enjeux d’un tel programme de séquençage est de pouvoir répondre plus facilement et plus rapidement à des besoins de santé publique urgents.

    2. Analyser le contenu de cellules afin de les comparer entre elles

    Si l’analyse du contenu de cellules procaryotes (bactéries) ou de virus peut permettre de comparer le génome de milliers de pathogènes entre eux afin, par exemple, de repérer l’apparition d’un gène de résistance aux traitements, l’analyse du contenu de cellules eucaryotes (notamment comme les cellules animales ou humaines) tumorales et leur comparaison à des cellules issues de tissus normaux pourrait par exemple aider à comprendre les processus de tumorisation. L’enjeu serait notamment de pouvoir bloquer ce processus pathogène éventuellement de façon personnalisée, adaptée à une tumeur particulière d’un patient donné.

    3. Stocker, classer, ordonner, analyser les données produites par des techniques d’imagerie macro ou microscopiques

    Les données générées par des techniques d’imagerie médicale ou microscopique s’accumulent et le progrès des techniques accroissant la définition des images rend parfois les clichés de plus en plus complexes à lire et à analyser. Si en enjeu réside dans la capacité à stocker de telles données de façon sécurisée, un autre consiste en le développement de solutions d’aide à la lecture d’images complexes, d’aide à la recherche ou d’assistance aux professionnels de santé (diagnostic, préparation d’interventions chirurgicales, etc.).

    Finalement, il s’agit de développer dans les différents domaines d’expertise de l’institut une démarche intégrée, qui va de l’échantillon vers l’interprétation des résultats.

    Pourquoi centraliser les installations dans un seul pôle d’expertise ?

    La centralisation de tels moyens vise d’abord à optimiser le séquençage et l’analyse des données pour accélérer les recherches et faciliter la réponse de l’Institut Pasteur à des urgences de santé publique : l’accélération du séquençage et de l’analyse augmente l’accessibilité à de tels services pour de nombreuses équipes de recherche ainsi que pour des acteurs de la santé publique en France et dans d’autres pays. La mutualisation des moyens permet en outre la coordination des 33 établissements de l’institut, répartis dans 26 pays du monde.

    De plus, la polarisation des installations garantit un stockage des données sécurisé, des données qui n’ont pas à sortir de l’Institut Pasteur. Ainsi, d’après Olivier Schwartz, une des ambitions de l’Institut Pasteur est d’héberger une base de données cliniques et comportementales sécurisée et européenne sur l’autisme.

    Enfin, il s’agit de réussir à séquencer toutes les collections d’échantillons de l’institut afin de valoriser ces dernières et de pouvoir accéder plus facilement à ces collections, alors que le transport des échantillons demeure problématique en 2018, notamment pour des raisons réglementaires.

    Intérêt de santé publique : l’exemple de la plateforme P2M

    P2M est une plateforme de microbiologie mutualisée à destination de l’ensemble des 14 centres nationaux de référence (CNR) de l’Institut Pasteur accueillie au sein du pôle « Omics » à des fins de santé publique : elle permet de séquencer rapidement – 20 000 à 26 000 séquences d’acides nucléiques peuvent y être déterminées et analysées chaque année – selon un cahier des charges précis et à bas coût des échantillons de pathogènes repérés dans la population et transmis par des hôpitaux, des médecins, des laboratoires de ville, l’Inra, le Cirad, etc., aux CNR.

    Elle a été mise en place récemment après la preuve de concept, en 2015, de l’intérêt du séquençage à haut débit des échantillons transmis par les centres nationaux de référence : un séquençage de qualité et rapide (la séquence du génome de bactéries telles que les Listeria monocytogenes peut être déterminée en 5 jours et analysée 10 jours après réception de l’échantillon), suivi de la comparaison du génome du pathogène étudié à celui d’autres pathogènes enregistré dans une banque de données, permet d’identifier rapidement l’agent d’une épidémie potentielle ou d’infections nosocomiales ainsi que ses sensibilités ou, au contraire, ses résistances aux traitements connus.

    En effet, la technique de séquençage de nouvelle génération (NGS) utilisée par les équipes de P2M permet de réaliser le séquençage du génome de centaines micro-organismes pathogènes en même temps, de visualiser rapidement les séquences d’ADN ou d’ARN décelées et de comparer ces séquences à celles d’autres pathogènes envoyés simultanément à l’institut ou archivées dans une banque issue du séquençage des collections de l’Institut Pasteur, en cours de réalisation.

    Les équipements qui ont permis d’industrialiser un tel procédé de séquençage ont été financé par MSD Avenir. Tout d’abord développés par la société Integragen pour la cristallographie, ils permettent aujourd’hui, en biologie moléculaire, de travailler avec de très faibles volumes d’ADN initiaux pendant 20 à 36 heures consécutives. Ainsi, la plateforme est capable de répondre à des urgences sanitaires telles que l’affaire Lactalis, survenue au cours de l’été 2018.

    Outre la dotation de la plateforme en matériel de pointe, les personnels formés à l’utilisation de tels outils et suffisamment importants pour faire face à des crises de santé publique (épidémies, contamination de produits agro-alimentaires, etc.) constituent une richesse de la plateforme, rappelle Vincent Enouf, responsable de la plateforme de microbiologie mutualisée de l’Institut Pasteur.