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  • Chine : le secteur privé leader sur le marché de l’e-santé

    Trois géants du secteur privé dominent le secteur de l’e-santé chinois : Alibaba, Baidu et Tencent (WeChat).

    Alors que les institutions publiques commencent elles aussi à investir le marché, le gouvernement réfléchit à la mise en place d’un cadre législatif précis, primordial au bon développement du secteur.

    Alibaba, Baidu et Tencent : les leaders du marché de l’e-santé

    Les géants de l’internet sont les pionniers de l’innovation en e-santé sur le marché chinois. Parmi eux arrivent en tête le trio BAT, Baidu-Alibaba-Tencent (WeChat).

    Alibaba promeut son « Future Hospital »

    Alibaba est actuellement le moteur du secteur et, jusqu’ici, le groupe le plus complet dans le secteur, aussi bien en termes d’investissement que de création de services. Ils proposent ainsi des outils connectés, des services en ligne (prise de rendez-vous, consultation en direct…) et des sites de ventes de médicaments.

    En mai 2014, le groupe d’e-commerce lance le « Future Hospital ». Il met alors Alipay, son outil de paiement en ligne, et une plateforme mobile à la disposition des fournisseurs de soins de santé pour les aider à créer une plateforme numérique pour hôpitaux.

    Les patients peuvent ainsi utiliser le site pour accéder à distance à tous les services de l’hôpital, dont la prise de rendez-vous et le règlement de leur assurance médicale.

    Problème : Alipay éprouve certaines difficulté à relier chaque patient à son compte d’assuré. Ce bug nuit à l’automatisation du processus de remboursement via ce nouvel outil.

    Pas de quoi décourager Alibaba, qui a encore de multiples projets en tête. L’année dernière, Ma Li, vice-président de la stratégie à Alibaba Health Information Ltd, a déclaré que la société prévoyait de lancer une application de clic & collect permettant aux patients de commander en ligne des produits de santé pour ensuite les récupérer dans une pharmacie située à proximité.

    Tencent : sur les traces d’Alibaba

    Tencent mise lui aussi sur la télémédecine et la m-santé. Il a profité de la notoriété de sa plateforme WeChat et WeChat Pay, son dispositif numérique de paiement, pour lancer une plateforme dédiée à l’e-santé et former des partenariats avec des fournisseurs de soins. Le but : prendre des rendez-vous en ligne, consulter un médecin via son ordinateur ou son smartphone, etc.

    Tencent finance aussi des start-up prometteuses du secteur. En 2014, il a par exemple investi 100 millions de dollars (89 M €) dans Guahao.com, une plateforme depuis laquelle les utilisateurs peuvent s’inscrire en ligne dans 1 100 hôpitaux répartis dans une vingtaine de provinces chinoises. À la fin de l’année, 160 millions de patients avaient déjà utilisé le dispositif.

    En 2015, Guahao donne accès à son service via WeChat (Tencent), la plateforme sociale la plus populaire en Chine, afin de faciliter encore un peu plus la démarche et attirer davantage d’utilisateurs.

    Baidu parie sur le cloud

    Baidu se concentre de son côté sur la mise en place d’un cloud géant dédié aux données de santé. Parmi ses produits : Dulige, un service de cloud computing capable d’analyser l’état physiologique de l’usager.

    Avec le Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies, il cherche par ailleurs à mettre en place un système de prévention des épidémies en temps réel, comme son concurrent américain Google. Grâce à des algorithmes élaborés pour détecter des mots-clés comme « froid » ou « fièvre » tapés dans son moteur de recherche, Baidu va ensuite être en mesure d’identifier les zones où une épidémie de telle ou telle maladie est en train de se former. Cette sorte de détecteur permettrait d’anticiper les épidémies en agissant en amont.

    > Le domaine de l’e-santé attire en Chine des investissements à grande échelle. Quelque 80 offres dans le secteur privé ont été comptabilisées en 2014, soit une injection de liquidités d’environ 1,7 milliard de dollars (1,5 M €). Récemment, on a observé certaines compagnies d’assurance investir le marché. Dernière en date : La holding Ping An Insurance (assurance et conglomérat financier), qui a lancé début juin 2016 son propre dossier médical mobile.

    « Des initiatives complémentaires au service public »

    « Il ne faut pas voir ces initiatives [des entreprises privées] comme des ennemies mais plutôt comme complémentaires au service public », analyse Denise Silber, présidente de Basil Strategies et spécialiste de l’e-santé (Figaro, 2014).

    De son côté, Carine Milcent, chercheure spécialiste du système de santé chinois, est plus nuancée. « Cette mainmise du secteur privé pose question d’un point de vue éthique. Comment ces entreprises vont-elles exploiter les données personnelles des patients ? Vont-elles privilégier la qualité de l’offre de soins ou la recherche de profit ? ». On imagine en effet qu’elles pourraient, par exemple, s’associer avec des publicitaires pour leur permettre d’élaborer des publicités ciblées en fonction de l’état de santé des individus ou « vendre » des informations privées à des sociétés d’assurance.

    Les institutions publiques chinoises commencent à s’intéresser à l’e-santé

    Les établissements publics chinois commencent doucement à pénétrer le marché de l’e-santé. Basé à Shangai, l’hôpital Zhongshan a par exemple lancé un service permettant aux patients de régler leurs factures avec des cartes de crédit ou de débit UnionPay par le biais d’application mobile. L’outil calcule automatiquement ce que doit le patient après avoir déduit la contribution aux cotisations de l’assurance-maladie.

    E-santé et législation : le gouvernement chinois tâtonne encore

    En 2013, le secteur de l’industrie pharmaceutique était détenu à 25 % ou 30 % par des entreprises étrangères. Mais le marché devient de plus en plus dur à intégrer. Le 12e plan quinquennal prévoyait notamment la mise en place de solutions de haute qualité émises par des experts chinois dans le domaine biomédical. Le 13e plan quinquennal suit la même logique.

    Des règles qui freinent le développement de l’e-santé

    Afin de contrôler au mieux son système de santé, le gouvernement applique des règles strictes. Des lois qui ne sont pas forcément très bien adaptées au développement de l’e-santé au sein du pays, fait remarquer dans un article (LinkedIn) paru en août 2016 Cecilia Wu, directrice de la stratégie d’investissement à Sanpei Ventures, une jeune société de capital-risque (Shanghai).

    Bien qu’elles aient manifesté ces dernières années un certain intérêt pour le secteur de l’e-santé, les autorités chinoises restent encore aujourd’hui assez floues sur leur position. Pour l’instant, aucun dispositif de surveillance du marché efficace n’a été mis en place par l’État.

    Exemple : « En Chine, les ventes en ligne de médicaments en libre accès représentent seulement 1 % des ventes totales de médicaments au sein du pays, contre 30 % aux États-Unis », souligne Mme Wu. Par ailleurs, outre-Atlantique, la vente de médicaments sur ordonnance en ligne occupe 50 % du marché des ventes en ligne de médicaments. En Chine, elle est interdite.

    Comme le pays a récemment assoupli le règlement des médicaments sans ordonnance, Alibaba a anticipé, en estimant que la loi concernant la vente de médicaments sur ordonnance devrait à son tour être moins rigide. Une erreur. Il y a quelques mois, l’autorité de sécurité du médicament chinoise a interdit la vente au détail de médicaments sur Yao.tmall.com, une plateforme d’Alibaba qui regroupe divers sites de pharmacies numériques. Un coup dur pour le groupe d’e-commerce.

    Dans l’attente d’un cadre légal précis

    Le gouvernement observe cette convergence des services médicaux et du secteur numérique mais n’est pas encore très actif. La santé digitale et la m-santé font tout de même partie des domaines clés cités dans le plan quinquennal du gouvernement relatif au développement des services de soins en Chine.

    Le risque de surchauffe et la formation de bulles au sein du marché de l’e-santé préoccupent les experts du secteur, expliquait il y a quelques mois à Shanghai Daily Norman Chen, partenaire à Fidelity Growth Partners Asia. Son conseil : les sociétés de capital-risque doivent aller vite et s’en tenir à leur stratégie initiale.

    Les acteurs du marché sont un peu dans l’attente d’une prise de position claire du gouvernement chinois. Les lois relatives aux droits et obligations des services de télémédecine, par exemple, sont en phase d’élaboration mais n’ont pas encore été mises en œuvre. Autre interrogation : quelles sont les règles à suivre en cas de partenariat entre une institution publique et une entreprise commerciale ?

    Des réponses devraient être apportées par le gouvernement d’ici 2026. La Chine a en effet été sommée par la Banque mondiale d’accélérer la réforme de son système de santé d’ici dix ans. Parmi les recommandations émises par l’organisation internationale : favoriser le développement d’outils électroniques et le partage des données de santé afin d’améliorer la qualité de l’offre de soins et les relations entre patients et praticiens.

  • The private sector leads the Chinese eHealth market

    Three internet giants dominate the market of the Chinese e-health: Alibaba, Baidu and Tencent (WeChat).

    While public institutions are also beginning to enter the market, the government is considering the establishment of a clear legislative framework, essential for the development of the sector.

    Alibaba, Baidu and Tencent: the leaders of the Chinese eHealth market

    The internet giants are the pioneers of e-health innovation in the Chinese market. Among them, there is on the top the BAT trio: Baidu, Alibaba and Tencent (WeChat).

    Alibaba promotes its « Future Hospital »

    Alibaba is currently the industry motor and so far the most complete group in the market, both in terms of investment in creation of health services. They thus offer online tools, a variety of online service (appointment making, direct consultation …) and online drug stores.

    In May 2014, the e-commerce company started to promote its « Future Hospital ». The group launched Alipay, an online payment tool, and a mobile platform available to healthcare providers to help them to create an online hospitals platform.

    The patients can use the site to remotely access all hospital services, including booking appointments and settlement of medical insurance.
    But Alipay is having some difficulty to link to each patient’s account of basic health coverage. This bug impedes the automation of reimbursement process via Alipay.

    However, the group remains positive and continues to develop eHealth projects. Last year, Ma Li, vice president of strategy at Alibaba Health Information Ltd, said the company plans to launch a click and collect application which allows patients to order health products online and then pick up them from a nearby pharmacy.

    Tencent closely follows Alibaba

    Such as Alibaba, Tencent is interested on telemedicine and mHealth. He took advantage of the reputation of its famous plateform WeChat and WeChat Pay, its digital payment device, to create an open platform and form partnership with healthcare providers. The goal: to book appointments online, consult a doctor via their computer or smartphone, etc.

    Tencent also invests in promising eHealth start-ups. In 2014, he invested $ 100 million in Guahao.com, a service provider headquartered in Hangzhou which provides users with online access to medical registration systems in more than 1,100 hospitals in 23 provinces. By the end of the year, 160 million patients had already used the device. In 2015, Guahao provides easier access to its services via WeChat (Tencent), the most popular social platform in China.

    Baidu invests in cloud devices

    On its side, Baidu focuses on the establishment of a big health data cloud. Among its products: Dulige, a service which provides cloud computing to analyse user’s physiological index.

    With the Chinese Center for Prevention and Disease Control, the firm also wants to set up an epidemics prevention system in real time, such as its US rival Google. Thanks to algorithms which can detect keywords typed into its search engine, as « cold » or « fever », Baidu will then be able to identify areas where an outbreak of a particular disease is emerging.

    The Chinse eHealth market attracts large-scale investments. Some 80 deals in the private sector were recorded in 2014, these deals involved US$1.7 billion in cash injections.

    Recently, some insurance companies are also investing in the market. For instance, the holding Ping An Insurance (insurance and financial conglomerate) launched in June 2016 its own mobile medical record.

    « These initiatives of private companies are complementary to public service »

    “We should not consider these initiatives [of private companies] as enemies but rather as complementary to public service,” analyzed Denise Silber, president of Basil Strategies and specialist in e-health (Figaro, 2014).

    For its part, Carine Milcent, a doctor specialized in the Chinese health system, is more critical. “This private sector dominance raises questions on an ethical point of view, she said to H&TI. How will these companies use patients personal data? Will they focus on quality of care provision or will they favor the profit?” Indeed, they could partner with advertisers to help them to develop targeted advertising based on individuals health data or sell private information to insurance companies.

    Chinese public institutions are more and more interested in eHealth

    Public institutions are slowly penetrating the market of e-health. Based in Shanghai, the Zhongshan Hospital has launched a service allowing patients to pay their bills with UnionPay’s credit or debit cards via mobile application. The tool automatically calculates what the patient has to pay after deducting national health insurance contributions.

    eHealth legislation: the Chinese government is still groping

    In 2013, the pharmaceutical industry was held to 25% or 30% by foreign companies. But the market is becoming increasingly difficult to integrate. The 12th five-year plan included the establishment of China’s high-quality solutions in the biomedical field. The 13th five-year plan follows the same logic.

    The current rules are limiting the development of e-health in China

    To maximize control of its health system, the government has strict rules. Current laws are very likely lagging behind the huge development of e-health in the country, noted in an article published in August 2016 on LinkedIn by Cecilia Wu, investment strategy Manager at Sanpei Ventures, a young venture company (Shanghai). Although they have demonstrate in recent years some interest in the e-health sector, the authorities still remain rather vague on their position. For now, the state has implemented any effective market surveillance system.

    Example: “In the US e-commerce channel stands for 30% of total drug sale versus less than 1% in China, Cecilia Wu said. US online prescription drug sale occupies 50% of the drug e-commerce while in China it is a forbidden territory.”

    As the authorities have recently relaxed the regulation of non-prescription drugs (over-the-counter drugs or OTC drugs) online sale, Alibaba anticipated, considering that the law on the online sale of prescription drugs should be soon less strict. “Several months ago, China FDA even halted and prohibited the OTC drug retailing on Alibaba’s Yao.Tmall, the marketplace to aggregate diverse online pharmacy vendors.” A blow to the e-commerce group.

    The expectation of a clear legal framework

    The government observes the convergence of medical services and the digital sector but is not yet very active in it. The digital health and m-health solutions are among the key areas outlined in the government’s five-year plan for the development of healthcare in China.

    “There are concerns about overheating and possible bubbles forming in the digital health care market,” said a few months ago to the Shanghai Daily Norman Chen, a venture partner at Fidelity Growth Partners Asia. His advice: “Venture capital firms need to move fast and to stick to their strategic focus.”

    Market players are awaiting a position from the government. Regulations about the rights of telemedicine devices, for instance, are developing but not yet implemented. Besides, what are the rules to follow in case of partnership between a public institution and a commercial enterprise?

    Answers should be made by the government by 2026. China has indeed been ordered by the World Bank to accelerate the reform of its health system. Among the recommendations issued by the international organization there is the promotion of electronic tools development and health data sharing to improve quality of care and the relationship between patients and practitioners.

  • Visiomed Group et Eovi Mcd Mutuelle s’associent pour concevoir des offres innovantes d’e-santé

    Concevoir des offres innovantes portant sur les objets et les services de santé connectés, tels est l’objet de la collaboration annoncée par Visiomed et Eovi Mcd mutuelle le 23 septembre 2016.

    • Une couverture santé personnalisée intégrant des dispositifs médicaux connectés et des services dédiés,
    • Une prise en charge annuelle (jusqu’à 120 €/an) des objets de santé connectée (glucomètres ou auto-tensiomètres achetés en pharmacies ou e-pharmacies),

    tels sont les deux principaux axes du partenariat.

    Dans un second temps, Eovi Mcd mutuelle souhaite concevoir une offre dédiée et personnalisée en intégrant, dès 2017, l’Assistant Personnel de Santé BewellConnect dans ses offres. Le service de BewellCheck-Up, la consultation médicale virtuelle disponible 24/24 et 7j/7 en illimité, sera accessible en inclusion aux 1,5 million de personnes protégées comme aux 21 887 entreprises adhérentes d’Eovi Mcd mutuelle.

    L’action de Visiomed augmentait de 7,06% à 2,88 euros à 9h45 le lundi suivant l’annonce, le 26 septembre 2016.

  • Mark Zuckerberg et Priscilla Chan investissent 3Mds $ pour éradiquer les maladies

    Mark Zuckerberg et son épouse Priscilla Chan annoncent la création d’un programme pour éradiquer les maladies d’ici la fin du siècle, dans la revue Nature le 21 septembre 2016.

    3Mds $ (2,7Mds €) issus de la vente de leurs parts dans Facebook seront investis dans un premier temps pour financer les 10 premières années de recherche médicale et scientifique.

    Le couple a lancé en décembre 2015 la « Chan-Zuckerberg Initiative », une fondation visant à soutenir l’éducation, la santé et l’accès à Internet dans le monde. Ils se sont pour cela engagés à céder 99% de leurs parts dans la société Facebook, estimées à 45Mds $ (40,Mds €).

    L’objectif affiché de Mark Zuckerberg et Priscilla Chan est d’éradiquer, soigner ou prévenir toutes les maladies d’ici 2100. Ils prévoient de rapprocher différentes équipes d’experts et de scientifiques pour développer de nouveaux outils et technologies.

    La neurobiologiste Cornelia Bargmann, principale architecte des contributions des instituts nationaux de santé (NIH) aux projet BRAIN du gouvernement américain, a déjà accepté de prendre la présidence de la division science de la Chan-Zuckerberg Initiative.

    La Chan-Zuckerberg Initiative a également annoncé la création du Chan-Zuckerberg biohub, basé à San Francisco, un partenariat de 600M $ (534,1M €) sur 10 ans avec les universités de Stanford, San Francisco et Berkeley.

  • Innovation Days les 3 & 4 octobre 2016 à la Maison de la Chimie à Paris

    Les Innovation Days se tiendront à Paris les 3 & 4 octobre 2016 à la Maison de la Chimie à Paris.
    L’événement international Life Science Innovation rassemble chaque année les principaux acteurs de la santé dans le domaine des sciences de la vie : laboratoires pharmaceutiques, associations de patients, sociétés scientifiques, start-ups, Venture et Business Angels du secteur de la santé.

    Au programme : rencontre d’équipe les plus innovantes des Sciences de la vie, innovations de pointe développées par des start-ups, groupes de recherche universitaires, institutions de recherche, ainsi qu’un large éventail d’investisseurs cherchant des opportunités d’investissement à un stade précoce et des partenaires industriels à la recherche de co-développements, accords de licence.

    Programme Innovation Days Paris 2016

  • Crowdfunding : My Pharma Company agréée par Bpifrance

    My Pharma Company, plate-forme de financement participatif dédiée au monde de la santé, annonce le 9 septembre 2016 avoir reçu l’agrément de Bpifrance (Banque Publique d’Investissement) sur son modèle d’investissement participatif par royalties. Les fonds collectés sur My Pharma Company sont donc éligibles par Bpifrance pour faciliter ses interventions en prêt ou en aide à l’innovation.

    Lors d’une demande de financement auprès de Bpifrance, cette dernière considère désormais pleinement les sommes qui pourraient être collectées par l’entreprise via un opérateur de crowdfunding agréé comme des financements privés, Il peut indifféremment s’agir de prêts, d’obligations, d’actions ou de Royalties.

    « Nous nous félicitons de cette reconnaissance de notre modèle de royalties par Bpifrance. My Pharma Company propose aux investisseurs de soutenir des projets améliorant la santé et de toucher rapidement des revenus sur le chiffre d’affaires généré par ces nouveaux traitements. Cet effet de levier est important pour le développement des projets», explique Fabrice Beauchêne, PDG et fondateur de My Pharma Company.

  • La commande publique au service de l’innovation et de la croissance

    L’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs. La mesure 32 du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi affirme le principe de «l’Etat, acheteur exemplaire» afin de stimuler l’innovation et accompagner le développement des PME innovantes. Le gouvernement s’est en particulier engagé à atteindre en 2020 un volume de 2% de la commande publique de la part de l’État, de ses opérateurs et des hôpitaux.

    Un décret du 26 septembre 2014 a également introduit dans le code des marchés publics le «partenariat d’innovation», un dispositif qui permet de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à mieux utiliser leurs marchés pour stimuler l’innovation.

    Le dynamisme des groupements d’achat

    Cette politique de « l’Etat, acheteur exemplaire » s’appuie sur les groupements d’acheteurs hospitaliers tant publics que privé qui, à travers la mutualisation, jouent un rôle d’accélérateur en facilitant l’identification, l’évaluation et surtout la diffusion des innovations parmi leurs adhérents.

    La centrale d’achat francilienne ResaH a ainsi été le coordonnateur d’HAPPI (Healthy Ageing Public Procurement of Innovations) le premier appel d’offres transfrontalier lancé par sept centrales d’achat hospitalières européennes.

    Ce programme avait pour objectif de repérer au niveau européen les solutions permettant de prévenir et de guérir les chutes des personnes vieillissantes. Une plateforme a été développée pour recenser les solutions existantes ou en cours de finalisation. Ces solutions ont ensuite été évaluées et les marchés attribués à trois PME innovantes dont deux des lauréats étaient françaises.

    Le premier consistait en un système de détection de chute innovant, la solution  « Visualisation et Alerte de Chute » (VAC) de la PME française C2S.  Le parcours de marche DM3 de la PME française Alter Éco Santé, atelier d’équilibre qui permet de recouvrer de l’autonomie et de réduire la peur de la chute, ainsi que le C-Mill, tapis de rééducation à la marche de Forcelink, ont été les deux autres titulaires des marchés HAPPI.

    Le ResaH gère également les programmes d’achats innovants liés au programme TerriSanté l’un des cinq programmes Territoires de Soins Numériques actuellement en expérimentation. La plateforme HAPPI est désormais utilisée sous le nom de www.innovation-sante-autonomie.fr, pour recenser les solutions innovantes dans le domaine de la santé et de l’autonomie.

    Des procédures engagées avant que le produit soit sur le marché

    L’achat d’innovation ne vise concerne pas que les seuls produits commercialisés. Il englobe également des achats pré-commerciaux. Dans ces cas, les procédures d’achat doivent être engagées avant même que le produit ne soit sur le marché. C’est le cas de RELIES lancé également par le ResaH en partenariat avec des acheteurs suédois et espagnol dans le but de susciter des solutions digitales permettant au patient de prendre en charge à domicile le traitement de la douleur dans les maladies chroniques.

    Il faut aussi signaler que le groupement francilien a été le premier opérateur à avoir appliqué dans le domaine de la santé le tout nouveau dispositif de partenariat innovation dans le domaine du numérique pour le compte du GCS Sésame d’Ile de France.

    30 000 € pour aider les start-up innovantes

    Intervenir le plus en amont possible, c’est aussi le souci d’UniHA, le groupement d’achat qui rassemble les CHU et les grands centres hospitaliers. Une somme de 30 000 € est ainsi consacrée chaque année afin d’aider les start-up innovantes à documenter leur dossier, une pratique  inaugurée avec succès récemment avec la start-up lilloise ATH Medical sur une solution de traçabilité permettant de recomposer de manière automatisée les boîtes d’ancillaires. Une sorte d’avance sur chiffre d’affaires qui a permis d’amorcer la pompe. « Un système gagnant/gagnant », se félicite ses promoteurs.     

    Des appels d’offres dédiés à l’innovation

    Du côté de l’UGAP où le volume des achats concernant la santé et le médico-social représente le quart des commandes, on s’est doté récemment  d’un pôle innovation avec  des ressources dédiées. Depuis 2015, l’UGAP lance également deux appels d’offres par an dédiés à l’innovation dans lesquels le caractère innovant compte pour 30% dans la note du candidat. Cela a permis d’identifier des solutions innovantes sur des sujets tels que la personne âgée, l’e-santé ou la télémédecine.

    En complément de la promotion de l’innovation technologique, la centrale d’achat publique a également mis en place des formules de financement qui facilitent l’accès des établissements à l’innovation. C’est le cas du dispositif de « facturage collaboratif » qui permet à une start-up d’être payée dans un délai d’1 jour, la centrale d’achat publique jouant ainsi un rôle de banquier. Signalons aussi des formules de location ou de crédit-bail intéressantes pour des établissements aux capacités d’investissements limitées. Enfin depuis la fin janvier 2016, l’UGAP a ajouté à son catalogue une offre de conseil en organisation immédiatement actionnable qui permet à une innovation nécessitant un environnement organisationnel d’entrer rapidement dans l’établissement.

  • Les experts : « l’acheteur est légitime sur le sujet de l’innovation » (ResaH)

    Assurer la qualité du service rendu au patient et faciliter l’accès de l’innovation au marché sont les deux priorités des acheteurs hospitaliers.

    Dominique Legouge (GIP ResaH):

    « La réglementation  nous donne les outils nécessaires »

    « Le rôle de l’acheteur est de gérer l’interface entre les industriels et les établissements de santé, explique Dominique Legouge. Ce rôle doit commencer dès l’émergence d’un produit ou d’un service innovant. L’acheteur est pleinement légitime sur le sujet de l’innovation. Il n’intervient pas seulement lorsque le produit ou le service est sur le marché, il peut intervenir avant. Plus tôt il intervient dans la chaine de développement d’une innovation, plus il sera efficace. Il doit être capable sur un sujet donné de faire du sourcing c’est à dire d’identifier les solutions disponibles ou en cours de mise au point. Au ResaH on a fait une part importante à l’innovation dans les politiques et stratégies d’achat. La règlementation nous donne à cet égard tous les outils nécessaires».

    Philippe Marchand (UGAP):

    « Faciliter l’accès au marché des solutions innovantes »

    « L’UGAP n’intervient pas au niveau de la maturation de l’innovation. Son rôle est  plutôt de faciliter l’accès aux marchés publics des solutions innovantes. Son positionnement est de détecter des solutions innovantes et de les promouvoir à travers son réseau commercial. A titre d’exemple nous étions présents lors de la dernière Paris Healthcare Week à travers un village d’Innovation avec plusieurs start-up. Nous leur permettons d’accéder au marché hospitalier».

    Nicolas Roux (UniHA):

    « Qualité du service rendu au patient et attractivité de l’hôpital »

    « Nos axes pour juger une innovation, c’est la qualité du service rendu au patient, l’amélioration de l’attractivité de l’hôpital et de sa marge. C’est la combinaison de ces trois critères qui nous permettra de sélectionner une innovation ».

  • Les chiffres clés

    • 25 millions € : c’est le montant total des achats innovants de l’UGAP dans le secteur de la santé en 2015
    • 2% : c’est la pourcentage cible des achats innovants dans la commande publique en 2020
    • 30000€ : c’est le montant annuel du fonds de dotation d’UniHA pour aider les start up innovantes

  • Asie : un accord entre Philips et Singapour pour soutenir les entreprises spécialisées en e-santé

    Aider les entreprises spécialisées dans l’e-santé à se développer au sein du pays et plus largement dans l’Asie du Sud-Est, c’est l’objet de l’accord signé en janvier 2016 entre la filiale dédiée à la santé du géant Philips (Royal Philips ou Philips healthcare) et l’EDB, l’organisme gouvernemental dédié au développement économique de Singapour.

    Six mois après la signature du protocole d’entente, le groupe néerlandais revient pour H&TI sur ce vaste projet en trois temps :

    1. les objectifs de l’accord entre Royal Philips et l’EDBI ;
    2. l’avancée du programme ;
    3. le choix stratégique d’une implantation à Singapour.

    Les objectifs du partenariat entre Philips et l’EDBI

    1. L’objectif premier du partenariat est de « construire un solide écosystème autour de la santé numérique qui répondra aux besoins d’une population croissante et vieillissante à Singapour mais aussi en Asie », explique à H&TI un porte-parole de la branche Asie-Pacifique du groupe Philips.

    Comment ? En investissant dans des entreprises spécialisées en santé numérique ayant un fort potentiel, en particulier au niveau de la gestion de la santé de la population. Il s’agit de sociétés provenant du monde entier et souhaitant percer sur le marché asiatique via Singapour.

    2. « Un autre objectif clé de cette union est d’alimenter la croissance des entreprises les plus prometteuses en santé numérique en leur permettant de bénéficier de nos services d’experts, de consulter nos solutions en termes de soins et d’accéder à notre vaste réseau mondial », ajoute Philips.

    Ce plan d’action a deux avantages :

    • développer la main-d’œuvre de Singapour afin de conforter la position de leader du pays en tant que principal centre médical d’Asie ;
    • se rapprocher du but de Philips à moyen terme : améliorer les conditions de vie de trois milliards de personnes par an d’ici 2025.

    Philips croit au potentiel du marché de l’e-santé

    « Philips participe activement à l’innovation du secteur de la santé en établissant des relations étroites avec des partenaires académiques et industriels, insiste le porte-parole du groupe. Nous pensons qu’il existe de grandes possibilités dans le domaine de la santé numérique. La hausse du coûts des soins, le vieillissement rapide de la population et le nombre croissant de maladies chroniques ont poussé l’industrie de la santé à s’orienter vers des systèmes intégrés et des business modèles centrés sur les besoins des consommateurs. »

    Les entreprises retenues pour le programme encore inconnues

    Les deux partenaires n’ont pas encore communiqué sur leurs projets actuels. « Le délai prévu par notre accord est de trois ans. Les entreprises d’e-santé les plus intéressantes sont actuellement évaluées au cas par cas », précise Philips.

    Le groupe néerlandais et l’EDBI ont « conjointement décidé d’investir sur les capacités qu’ont les entreprises en e-santé à innover dans le secteur de la télésanté et de la télésurveillance, mais aussi dans la santé informatique et l’ensemble des technologies répondant aux défis identifiés en Asie dans le domaine de la santé ».

    Les big data au cœur du programme

    Les entreprises retenues utiliseront la plateforme numérique HealthSuite de Philips, un site sécurisé basé sur le cloud qui recueille et analyse les données de santé à partir de plusieurs appareils. Ces derniers seront en mesure de développer des applications permettant d’améliorer et d’alimenter la plateforme.

    Singapour : un site de référence dans le domaine de la santé

    L’accord avec l’EDBI va permettre aux entreprises en e-santé, locales et étrangères, de s’implanter à Singapour et de tirer parti de l’infrastructure de pointe du pays ainsi que de sa politique pro-business pour s’étendre au-delà de la cité-État, notamment sur des marchés émergents comme l’Indonésie ou la Thaïlande.