« La régionalisation des décisions numériques en santé est une aberration, estime Cédric O : Agnès Buzyn ne peut pas le formuler comme cela mais Dominique Pon l’a clairement pris en compte dans la feuille de route, même si il faut déconstruire certaines choses. »
Le secrétaire d’État chargé du Numérique, intervenu après la ministre de la Santé en ouverture du colloque « Données de santé et intelligence collective », insiste par ces propos sur l’importance de l’interopérabilité des systèmes, problématique centrale du sujet : le Health Data Hub (HDH), dont la création est prévue le 1er décembre 2019, vise justement à mettre à disposition une base de données de santé nationale unique.
À noter : le colloque du ministère est organisé ce 18 novembre par le ministère des Solidarités et de la Santé en lien avec la Health Data Week, une semaine d’événements dédiés aux données de santé.
Olivier Clatz, directeur du Grand Défi « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle (IA) ? », annonce par ailleurs le lancement d’un nouvel appel à projets (AAP) porté par le Grand Défi IA en lien avec le HDH :
• ouverture le 16/12/2019 – clôture le 31/O3/2020 ;
• projets portant sur la médecine 4P ;
• 300 000 euros de subventions accordés aux projets retenus ainsi que l’appui du Health Data Hub et de son équipe. Un prototype de solution devra être livré en 24 mois.
De manière plus générale, le numérique est présenté par le ministère comme un moyen d’améliorer le système de santé au niveau individuel mais aussi collectif afin de mieux soigner et de proposer une meilleure organisation. Faciliter les usages est le rôle de l’État, souligne-t-il.
Cédric O insiste sur le fait que le numérique en santé est un « sujet transformant ». Il ajoute par ailleurs que des champions de l’intelligence artificielle (IA) sont en train d’émerger, États-Unis et Chine en tête, et qu’il n’y a donc pas de temps à perdre pour innover dans ce domaine. Il rappelle à ce propos l’importance des Grands Défis sur l’IA lancés par le gouvernement, précisant que l’État ne peut pas agir seul et qu’une mobilisation de l’ensemble des acteurs est nécessaire. Selon le secrétaire d’État, le refus du risque et le principe de précaution est une « approche mortifère » : il faut se lancer et agir dès maintenant.
Colloque du ministère : autres informations clés communiquées pendant la matinée :
Feuille du route du numérique en santé :
À propos des 5 orientations de la feuille de route, la gouvernance se précise avec :
- la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) : en cours de création ;
- l’Asip Santé qui devient l’Agence du numérique en santé (ANS) ;
- les concertations du Conseil du numérique en santé : la doctrine technique est en cours de concertation publication. Sa version finale est prévue pour janvier 2019.
Sécurité et interopérabilité :
- le décret relatif à l’identifiant national de santé (INS) a été publié : le déploiement du dispositif est prévu pour 2020 ;
- cybersécurite : une campagne d information sur la cyber-vigilance sera annoncée le 28 novembre 2019 lors de l’étape Ile de France du Tour de France du Numérique en Santé.
Déploiement de plateformes numériques : l’espace numérique de santé comme clé de voute(ENS)
- 2ième trimestre 2020 : adresse messagerie sécurisée pour les patients
- d’ici 2022 : Mise à disposition d’applications pour les patients, référencées avec l’implication d’usagers
Une démonstration a été faite des développements en cours sur le DMP à la fois pour le patient et pour le professionnel de santé, comme outil de stockage accessible par tous.
Plateforme Health Data Hub (HDH) : enrichir le patrimoine des données et affirmer le principe du bien commun « Personne n’est propriétaire des données »
- Rappel clé du ministère : les données exploitées seront anonymisées ;
- Objectifs du hub : constituer un catalogue de données administratives ; enrichir les sources et standardiser les données ;
- Mise en place d’une charte des producteurs de données
- L’information et le dialogue avec la société civile est soulignée comme préoccupation clé : informer et répondre par des garanties sur l’usage des données exploitées ;
- Existence d’une « pression internationale » : le but est de devenir un « leader international » :
- afin de mettre à disposition des données de qualité, des partenariats scientifiques sont prévus à échelle européenne :
- exemples de partenariats : collaboration et partage des données sur les urgences avec Santé Publique France, mise à disposition d’un premier registre par l’agence de la biomédecine, un travail en cours avec les rafiologues sur les données de dosimétrie et mise à disposition de 500 000 angioplasties par les cardiologues ; Mise à dispotision de registre de l’Inca – et de TEP par le CEA; les données sociales seront apportées par la Drees et l’Irdes ;
- afin de mettre à disposition des données de qualité, des partenariats scientifiques sont prévus à échelle européenne :
- 19 projets sont en cours d’expérimentation dans le Hub.
- audit de sécurité de la plateforme en construction : en cours
- un deuxième appel à projets centré sur la médecine 4P est organisé : ouverture le 16/12/2019 / clôture le 31/O3/2020.