Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « acteurs » et « écosystèmes ».
Les géants de la technologie et de l’informatique Google, Microsoft, IBM, Amazon, Oracle et Salesforce vont établir des normes communes pour l’échange d’informations sur la santé, ont-ils annoncé dans un communiqué diffusé le 13 août 2018 (lien ci-contre) à l’occasion de la conférence des développeurs Blue Button 2.0, qui s’est tenue à Washington.
« Nous nous engageons conjointement à éliminer les obstacles à l’adoption de technologies pour l’interopérabilité des soins, en particulier celles qui [reposent sur] le cloud et l’IA, » précisent les six entreprises.
Plus précisément, elles indiquent qu’elles vont développer des outils basés notamment sur les standards FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources) du fournisseur indépendant HL7 (langage standard pour le partage et l’intégration d’informations électroniques sur la santé) afin de faciliter l’accès et le partage des données de santé aux organisations de santé et aux patients, notamment via smartphone et autres appareils connectés grand public.
« (…) Nous pensons qu’un dialogue solide sur les besoins d’interopérabilité en matière de soins permettra de faire avancer cette cause », ont-elles déclaré. Le manque d’interopérabilité est en effet un frein majeur pour le développement de l’informatique dans le domaine de la santé, un problème mis en avant par divers fournisseurs concurrents disposant de normes et de systèmes propres.
Interopérabilité : les entreprises techno proposent des solutions via le cloud
Alors que les initiatives de déploiement de dossiers de soins partagés, tels que le programme LHCRE de NHS England, font avancer le secteur en la matière, certains fournisseurs restent cependant réticents à partager avec leurs concurrents leurs données pouvant mener à une opération lucrative.
Les entreprises technologiques ont cherché à résoudre le problème de l’interopérabilité dans l’industrie des soins en développant diverses solutions basées sur le cloud :
- En février 2018, la société américaine DXC Technology (fusion de Computer Sciences Corporation et de la division « services d’entreprise » de Hewlett-Packard) a dévoilé sa plateforme DXC Open Health Connect, visant à relier des systèmes informatiques de santé disparates pour que les prestataires de soins partagent plus facilement leurs informations ;
- En mars 2018, Google a lancé une interface de programmation applicative (API) basée sur un cloud open source pour que les organisations de soins puissent agréger des données provenant de plusieurs systèmes cliniques ;
- En juin 2018, Apple a ouvert aux développeurs basés aux États-Unis son API Health Records via laquelle les utilisateurs d’iPhone ont la possibilité de partager leurs données avec des applications tierces.
Interopérabilité en santé : « un effort collectif » est nécessaire
Anne O’Hanlon, directrice du conseil en solutions à Orion Health et représentante des fournisseurs informatiques au sein du conseil d’administration du groupe d’action INTEROPen créé pour accélérer le développement d’API, estime que l’annonce des six groupes américains est « très importante pour les consommateurs » car elle va stimuler le désir d’adoption de la norme FHIR. « Nous ne pouvons pas résoudre le problème de l’interopérabilité par nous-mêmes, cela nécessite un effort collectif », a-t-elle déclaré à Digital Health News.
Le cas particulier du Royaume-Uni
Anne O’Hanlon note cependant que Google et les autres signataires du communiqué commun ont dû faire face à des challenges particuliers pour adapter les capacités du FHIR au Royaume-Uni car l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande du Nord utilisent tous des normes différentes. Les géants de la technologie sont donc peu enclins à accepter les normes de chaque pays, a-t-elle expliqué.