Pilotage

  • Lancement de l’accélérateur Digital Pharma Lab : 7 industriels et 9 start-ups pharmatech embarqués

    Provoquer la rencontre entre start-ups et industries de santé afin d’accélérer l’intégration des innovations des jeunes entreprises dans les métiers et les business modèles des laboratoires pharmaceutiques, entreprises de biotechnologies et fabricants de dispositifs médicaux. Tel est l’objectif du Digital Pharma Lab, présenté comme le « premier accélérateur pharmatech indépendant en Europe ». Inauguré le 9 décembre 2019 à l’occasion d’une conférence spéciale, ce nouvel organisme est soutenu par Bpifrance et l’EIT Health : son lancement marque le démarrage de la première promotion du programme d’accélération, axée pour cette première saison sur la thématique « révolution pharmatech ».

    Ce programme de 4 à 6 mois a pour but de permettre aux industriels de la santé partenaires d’accélérer, voire d’intégrer dans leurs modèles, les innovations des start-ups pharmatech sélectionnées :
    • les partenaires industriels : Biogen, Ipsen, Servier, Otsuka, Sanofi, Takeda et Chugai ;
    • start-ups sélectionnées : Apodis Pharma, Diam Park, Epigene Labs, Inato, Invenis, Lucine, MyBrain Technologies, MyScienceWork et Yuni.

    Le Digital Pharma Lab s’engage également aux côtés des start-ups pour leur permettre de consolider leurs opportunités de développement en attirant l’attention des investisseurs publics et privés.

    L’accélérateur a été co-fondé par Pascal Bécache, ancien d’IBM et d’Iqvia, et Didier Tranchier, investisseur dans plus de 40 start-ups depuis 20 ans.

    Faire de Paris la place des investissements pharmatech en Europe et dans le monde

    Pascal Bécache, co-fondateur du Digital Pharma Lab, souligne que l’ambition de cet accélérateur « est de contribuer à faire de Paris le cœur des investissements pharmatech en Europe et dans le monde en se fondant sur son environnement scientifique, technologique et économique unique ».

    ​“L’annonce il y a quelques jours par la région Île-de-France de la création d’un programme d’investissement européen de deux milliards d’euros pour le développement d’entreprises innovantes du secteur santé et des sciences de la vie, vient corroborer notre vision et conforte notre volonté », complète-t-il.

    « Le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma »

    En introduction de cette matinée, Vincent Galand, le directeur de l’innovation du Digital Pharma Lab, précise cependant qu’« il manque un rouage entre industriels et start-ups » actuellement. Martin Dubuc, P.-D.G. de Biogen, rappelle de son côté que « le challenge est de faire rentrer le digital dans l’industrie pharma ». Le temps de développement « est trop long », observe-t-il. « Dans le secteur du dispositif médical, ce temps est plus court, ajoute-t-il. Il n’y a pas encore de burning plateforme côté pharma. Les acteur n’ont pas encore le sentiment qu’ils vont se faire « disrupter ». Quels choix opérer ? Comment faire rentrer le digital dans le secteur ? Par l’intrapeunariat ou l’intégration ? »

    « Outre le fait de favoriser des débouchés commerciaux, le programme de Digital Pharma Lab représente une formidable opportunité pour les start-ups sélectionnées de démontrer aux investisseurs publics et privés l’intérêt des industriels pour leurs solutions et la solidité de leur potentiel de développement », estime Didier Tranchier, co-fondateur de l’accélérateur. Selon Thierry Picard, associé, ​le nouveal accélérateur « apporte aux industriels de la santé tous les avantages d’un partenaire indépendant, bien inséré dans l’écosystème pharmatech, expert de l’accompagnement de projets digitaux transverses ».

    « Les enjeux d’un laboratoire de demain » : la vision des partenaires industriels

    Ipsen : le choix de l’intégration

    • Intervenenu lors de la conférence du 9 décembre : Dominique Bery, executive vice president strategy & transformation à Ipsen

    Chez Ipsen, c’est le choix de l’intégration. Il manque le coté « disruptif » et peut-être l’intrapreunariat, note Dominique Bery. On explique en interne que le digital va apporter une valeur médicale au patient. Le premier enjeu est de mettre le médicament plus vite possible sur le marché et s’assurer que le patient tire le plus de bénéfices de ce traitement. Le second enjeu selon Ipsen c’est celui de la donnée : l’utilisation de ces datas à disposition mais finalement peu utilisées.

    L’idée en résumé est :

    • de rassembler ses propres données ;
    • d’accéder aux données en vie réelle et accepter leur manque de qualité, et apprendre à travailler avec ces données imparfaites en les agrégeant ;
    • de générer de nouvelles données pendant que le patient prend son traitement.

    Exemple d’une appli pour le cancer du pancréas. Très peu d’innovation thérapeutique. Difficile de mettre en place des protocoles, savoir où sont les patients. Impact majeur si on y arrive.

    Sanofi : « nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient »

    • Intervenant : Isabelle Vitali, head of commercial digital innovation center à Sanofi

    « Nous travaillons avec tout l’écosystème, jusqu’au patient, indique Isabelle Vitali. Le digital permet cela même si l’humain reste indispensable. Le numérique nous aide à avoir des messages plus précis, à développer des outils pour nos interlocuteur, à collecter des données pour être beaucoup plus qualitatif, et, pour le professionnels de santé, à développer des solutions afin de mieux appréhender le suivi des patients (maladie chronique comme le diabète). Notre stratégie est de nouer de nouvelles relations pour créer de la valeur pour le patient. »

    La volonté de Sanofi est d’être « extrêmement concret » en se penchant sur des questions concrètes. « En amont, on se met d’accord sur les axes stratégiques, explique Isabelle Vitali. Le focus sur l’usage étant désormais bien ancré dans les esprits, l’enjeu désormais est économique : qui va payer au final ? Quelle valeur cela va-t-il générer ? Nous mettons au cœur de nos réflexions l’éthique by design. C’est un changement de mentalité complet. »

    Takeda : l’open innovation pour améliorer l’accompagnement tout au long du parcours de soins

    • Intervenant : Laure Monange-Caby, head of customer solutions & innovation Takeda

    « Avec l’open innovation, il est possible de proposer un accompagnement sur tout le parcours de soin, au-delà de la prise de médicaments, note Laure Monange-Caby. C’est un changement d’état d’esprit dans l’entreprise ». Cette approche doit être testée pour voir si elle fonctionne, indique-t-elle, et savoir comment la généraliser et la partager à toutes les aires thérapeutiques».

    Servier : « il faut avoir recours à l’intrapreneuriat »

    • Intervenant : Claude Bertrand, executive vice president R&D à Servier

    Claude Bertrand met en avant la problématique de succès, les laboratoires pouvant investir de manière conséquente (tant en matière de temps, de ressources humaines et de coût) dans des produits dont le succès final n’est pas garanti. « Comment accélérer la mise sur le marché d’un marché ?, interroge Claude Bertrand, qui note par ailleurs qu’il y a un besoin de trouver des data scientists. « Le changement d’état d’esprit est très important. Il faut avoir recours à l’intrapreneuriat et intégrer le concept de « think out of the box » », estime-t-il.

    Otsuka : mettre le client au cœur des réflexions

    • Intervenant : Magali Schembri, Chief Digital Officer Otsuka France

    Concernant la transformation digitale, le changement de culture est plutôt insufflé dans l’entreprise, par l’intrapeunariat, commente Magali Schembri. Étant une filiale d’un groupe japonais, au niveau local l’enjeu est de travailler de façon plus agile, de mettre le client au cœur des réflexions, explique-t-elle. La plupart du temps le digital est la solution mais pas nécessairement non. Voici les étapes qu’elle préconise :

    – 1. transformer le comité de direction ;

    – 2. entretenir l’etat d’esprit start-up ;

    – 3. changer les façons de travailler ;

    – 4. travailler avec des acteurs.

    « De la start-up au scale up »

    • Marion Cassiau, head of startup acceleration à Bpifrance (Healthcare Ventures), estime que « le dialogue n’est pas assez important » entre industriel et start-up.
    • Anne Osdoit, partner Sofinnova, explique que son cabinet va « se pencher sur les barrières à l’entrée du marché et [qu’il mène] pour cela une analyse du chemin réglementaire et et cherche à améliorer l’accès au marché : « Est-ce que le business model est suffisamment travaillé pour l’échelle internationale ? », interroge-t-elle.
    • Bernard Kirsch, président d’Angels Santé : en tant que business angel, son cabinet intervient sur du « seed » en medtech, en santé digitale et en biotech. Il voit environ 140-150 sociétés par an et investit dans 7 % d’entre elles. Il étudie lui aussi les barrières à l’entrée du marché, la part de marché potentielle. Enfin, il analyse la capacité d’exécution, la « scalabilité » et l’internationalisation, les premiers critères à étudier pour un investissement. « Tout n’est pas qu’une question d’argent, estime-t-il, il s’agit d’accompagner dans la durée. La difficulté réside dans les séries B ou C. »
    • Pierre Moustial, président du groupe Urgo, constate des freins dans le remboursement des medtech par la Sécurité sociale alors qu’il y a beaucoup de création. Il modère toutefois en évoquant l’article 51, qui permet une prise en charge par l’Assurance maladie. Ce qui permet le « scale up » selon lui, ce sont des soutiens comme le crédit impôt recherche (CIR) et Bpifrance. Il préconise de ne surtout pas aller en bourse, tel que Euronext, car pour une start-up, « la prédictibilité est trop compliqué ». Il faut au moins 10 à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires pour envisager une introduction, recommande-t-il.
    • Anaïs Délicourt, business creation manager à l’EIT Health France : l’EIT health, qui n’a que 3 ans d’existance en France, accompagne les start-ups dans leur « scale up » en termes de financement au niveau européen. Il existe pour ces jeunes sociétés un réseau d’investisseurs à l’échelle européenne qui propose des programmes de cross investment : business angel et seed pour de la série A et des programmes en France pour les séries B et séries C. Anaïs Délicourt souligne que la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont des marchés attractifs pour l’Europe.
    • Maryne Cotty-Eslous, P.-D.G et co-fondatrice de Lucine, propose de marketer l’éthique « made in France » car la France, avec l’Angleterre et l’Allemagne, est un marché attractif.
  • Doctopsy s’allie à l’appli de méditation Petit Bambou pour déstigmatiser les souffrances psychiques

    Mon Sherpa, une application développée par Doctopsy (ex Doctoconsult) à destination des personnes qui ont besoin d’un soutien psychologique, intègre désormais des sessions de méditations de l’appli de Petit Bambou, une start-up qui propose des innovations digitales et mobiles autour de la santé mentale. L’objectif de ce partenariat, annoncé le 10 décembre 2019 dans un communiqué commun, est de diminuer les symptômes des patients souffrant de troubles dépressifs, d’anxiété, de troubles du sommeil, de manque de confiance en soi, etc. L’idée est de « rendre le traitement des souffrances psychiques accessible à tous et moins stigmatisant[, de] lever les tabous liés au traitement de ces maladies », indiquent les deux sociétés.

    Avec cette collaboration, Doctopsy et Petit Bambou cherchent à rendre accessible au plus grand nombre la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (TCPC), une méthode alliant la médiation aux thérapies comportementales et cognitives, dont l’intérêt a été validé scientifiquement dans plusieurs indications.

    « Petit BamBou fait ainsi bénéficier à l’application Mon Sherpa de son expertise historique sur la méditation sur des thèmes variés et Mon Sherpa apporte une approche médicale avec des activités de thérapie comportementale et cognitive », expliquent les partenaires.

     • Les utilisateurs de Petit BamBou peuvent télécharger Mon Sherpa s’ils souhaitent aller plus loin sur le traitement de certains symptômes comme la dépression, l’anxiété, les troubles de sommeil, les problèmes d’affirmation de soi, etc.
    • Les utilisateurs de Mon Sherpa bénéficient de 4 séances d’apprentissage de la méditation par Petit Bambou offertes. « Ils peuvent ensuite rejoindre la communauté Petit BamBou s’ils souhaitent ancrer la pratique de la méditation dans leur quotidien », est-il précisé.  

    L’application Mon Sherpa est disponible sur l’Apple Store. Elle sera lancée sur le Google Play Store d’ici le début de l’année 2020.

    Objectif : déstigmatiser les troubles mentaux

    Dans le cadre de leur partenariat, Doctopsy et Petit Bambou ont pour objectif, in fine, de lutter contre la stigmatisation des troubles mentaux, « premier obstacle à leurs prises en charge », notent les deux sociétés.

    « La méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne »

    « Tout comme Petit BamBou a démocratisé la méditation grâce à son application intuitive et ludique, nous espérons faciliter l’accès à un traitement d’un trouble psychique, explique le Dr Fanny Jacq, fondatrice de Doctopsy. Le message est simple, la méditation associée à des thérapies comportementales et cognitives soigne. Grâce à Mon Sherpa et Petit BamBou, ce traitement est maintenant accessible à tous (…) ».   

    Une démarche scientifique

    Le développement de l’application Mon Sherpa est supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM).

    Avant sa mise sur le marché, la solution a été expérimentée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient des pathologies psychiques ciblées.

    Des études médico-économiques sont en cours d’élaboration pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique, indique Doctopsy.

  • La Fondation Adréa lance un appel à projets pour une expérience patient améliorée (deadline : 2020)

    La Fondation d’entreprise Adréa, qui soutient et accompagne des initiatives humaines et innovantes dans le domaine de la santé en France, a pour objectif en 2020 de soutenir des projets permettant « un accompagnement plus humain des usagers du système de santé, pour une expérience améliorée ». Elle lance dans ce cadre un appel (AAP), dont la dotation s’élève au total à 130 000 euros.

    Les projets soutenus devront avoir pour finalité :
    • de faciliter les interactions et de renforcer le lien humain au sein de structures ou de services sanitaires ou médico-sociaux ; 
    • de faciliter l’expression des usagers du système de santé ;
    • de rassurer, d’apaiser et de détendre les usagers du système de santé.

    Ils devront être totalement ou partiellement à l’initiative d’usagers du système de santé, prévoir leur participation à toutes les étapes de mise en œuvre des projets et présenter un caractère innovant : dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage, dans le caractère social.

    2 sessions de réponse sont prévues en 2020 (avant le 3 février 2020 pour la première session et avant le 3 avril 2020 pour la seconde session) pour offrir au maximum de porteurs de projets l’opportunité de déposer leur dossier de demande de subvention, à télécharger via ce lien.

    Entre 1 et 3 projets seront soutenus suite à chaque session de réponse.

    Contexte de l’appel à projets

    La Fondation Adréa met en avant é enquêtes qui ont permis de mettre en avant que la dimension relationnelle dans les processus de soins et d’accompagnement des usagers nécessite d’être approfondie et valorisée :

    • le Baromètre de l’expérience patient 2019-2020 réalisé par l’Institut français de l’expérience patient et BVA, avec le soutien de la Fondation d’entreprise Adréa : un des éléments prioritaires constituant l’expérience patient, du point de vue des usagers du système de santé, est la relaton avec les professionnels de santé devant le soutien des proches et l’organisation du parcours de santé/de la prise en charge ;
    • une autre enquête réalisée par la Fondation Adréa en 2018 avec Opinionway, qui portait sur la place et le rôle des patients dans le système de santé français. À la question « Selon vous, que manque-t-il aux patients pour leur permettre d’être davantage acteurs de leur parcours de soins ? », près d’1 Français sur 2 a répondu « une meilleure écoute des professionnels de santé ».

    « A l’heure où le manque de temps des professionnels de santé ou les contraintes organisationnelles des structures et services sanitaires et médico-sociaux limitent les temps d’écoute et d’échanges entre les patients, leurs proches, et les professionnels de santé, il apparaît nécessaire de soutenir des projets qui soient de nature à mettre l’humain au coeur de l’accompagnement des usagers du système de santé », commente la fondation d’entreprise.

    Objectifs, critères de recevabilité et sélection des AAP

    Dans le cadre de cet appel à projets (AAP), la Fondation d’entreprise Adréa soutiendra des projets qui permettent d’humaniser l’accompagnement des usagers du système de santé. Elle entend par « usagers du système de santé » toutes les personnes prises en charge ou accompagnées du fait d’une maladie ou d’un handicap ainsi que leurs aidants.

    Pour être éligible, le projet devra répondre aux critères suivants :

    • organisations concernées : organisations à but non lucratif mettant en œuvre des projets d’intérêt général. Les projets d’envergure nationale, ou s’inscrivant dans une dynamique d’essaimage, seront privilégiés ;
    • public bénéficiaire : les usagers du système de santé ;
    • durée du partenariat : il est possible de présenter une demande de subvention dans le cadre d’un partenariat d’1, 2 ou 3 ans ;
    • innovation : le projet devra être innovant dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage et dans le caractère social.

    À l’inverse, ne seront pas retenus les projets :

    • portés par une personne physique ;
    • s’adressant à un public trop restreint ;
    • relatifs à des événements ponctuels ;
    • ne répondant pas aux thématiques définies ;
    • ayant trait à des actions de formation pouvant relever des dispositifs de formation professionnelle.

    Les dossiers seront étudiés et sélectionnés en 3 étapes

    Après une étude des conditions de recevabilité des dossiers reçus et une pré-sélection des projets, la sélection finale sera réalisée par le conseil d’administration qui appréciera les éléments suivants :

    • la qualité du projet présenté et la pertinence des conditions et du calendrier proposés pour sa mise en oeuvre ;
    • la pertinence, la clarté et le degré de détail du plan de financement du projet ainsi que sa comptabilité avec les enveloppes financières disponibles ;
    • la conformité du projet au regard des axes thématiques du cahier des charges ;
    • l’inscription du projet dans une dynamique partenariale avec des acteurs locaux, régionaux ou nationaux susceptibles de consolider et compléter les réalisations du projet ;
    • la pertinence du dispositif d’évaluation des réalisations et des bénéfices auprès du ou des public(s) cible(s).

    Informations et contacts

    Le dépôt du dossier de demande de subvention s’effectue uniquement en ligne avant le 3 février 2020 pour la première session de réponse et avant le 6 avril 2020 pour la seconde session de réponse. Les dossiers adressés par courrier ou email seront refusés.

    1ère session de réponse : du 9 décembre 2019 au 3 février 2020 inclus

    • instruction des projets : février 2020 ;
    • sélection des lauréats : mars 2020 ;
    • début du partenariat : fin mars 2020.

    2nde session de réponse : 20 février 2020 au 6 avril 2020 inclus

    • instruction des projets : avril-mai 2020 ;
    • sélection des lauréats : juin 2020 ;
    • début du partenariat : fin Juin 2020.

    Pour toute question, contacter l’équipe opérationnelle de la Fondation Adréa :

    • en envoyant un email à fondation@adreamutuelle.fr ;
    • par téléphone au 01 70 08 87 21 (Apolline Ledain) ou au 01 80 49 80 36 (Chris Grente).
  • Congrès de psychiatrie (FHP) : Sibius décroche le prix « start-up » pour sa plateforme basée sur IA

    La start-up Sibius remporte le prix « start-up » organisé par la FHP-Psychiatrie à l’occasion du Congrès français de psychiatrie, qui s’est tenu à Nice du 4 au 7 décembre 2019. La jeune société développe une plateforme numérique de diagnostic et de suivi des troubles du neurodéveloppement de l’enfant et de l’adulte, en s’appuyant sur un système basée sur intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de ce concours, elle décroche une dotation de 1 000 euros.

    « Alors que la France est au quatrième rang des pays de l’OCDE pour le nombre de psychiatres par habitant mais que de nombreux postes de praticiens restent vacants, le congrès propose une réflexion globale sur les difficultés actuelles du secteur et les décisions à prendre pour y remédier, contextualise la FHP. La branche psychiatrie de la fédération a lancé en 2017 un prix « start-up » pour valoriser l’innovation, en récompensant le projet d’une jeune société innovante en santé mentale.

    Sibius est une spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, incubée par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). Sa solution sera présentée lors d’un conseil d’administration de la FHP-Psychiatrie. Elle fera l’objet d’une communication à destination des 175 établissements psychiatriques adhérents. 

    Les deux autres finalistes était :
    • Expert-i-mental : plateforme conçue pour créer du lien entre les personnes atteintes de troubles bipolaires, leurs proches et les professionnels de santé ;
    • PsyApps : développe des applications facilitant le suivi psychologique des patients.

    Le jury était composé des professionnels de santé suivants :

    • Dr Olivier Drevon, président de la FHP-Psychiatrie ;
    • Pr Michel Benoit, PU-PH, CHU Nice ;
    • Dr David Renaud, Centre mémoire de ressources et de recherche, CHU Nice ;
    • Jérôme Gomes, groupe Korian, administrateur FHP-Psychiatrie ;
    • Radu Iuga, Association fédérative française desétudiants en psychiatrie (AFFEP).

    Objectif de Sibius : « devenir le premier marqueur neurocognitif »

    Spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, Sibius a été créé en 2019 et est incubé par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). La start-up développe une application basée sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la prise en charge des troubles neurocognitifs (autisme, troubles DYS, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…), du dépistage jusqu’au suivi, en passant par l’accompagnement et la rééducation.

    Mesure indirecte de l’attention visuelle et exploration tactile d’une image

    Pour mieux détecter les troubles, la solution est centrée sur « la mesure indirecte de l’attention visuelle et l’exploration tactile d’une image », explique Sibius dans un communiqué. Pour ce faire, elle fonctionne sous la forme d’un jeu d’exploration d’images, qui analyse les mouvements oculaires du patient en temps réel.

    Le système d’IA permet d’identifier un éventuel trouble neurocognitif et de déterminer son origine (autisme, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…).

    « Aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante »

    Actuellement, il n’existe pas de « marqueur objectif et simple pour mesurer le fonctionnement neurocognitif en pratique médicale courante comme peut le faire un thermomètre pour la fièvre ou le tensiomètre pour l’hypertension », note la start-up. Son objectif est ainsi de « devenir le premier marqueur neurocognitif pour aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante ».

    « Par exemple concernant l’autisme, en Europe, 4 ans d’errance et d’incertitude séparent le moment où les parents se rendent compte du premier signe d’alerte et le diagnostic officiel posé par un centre expert. En cause, le manque de marqueur simple pour accélérer la prise de décision », commente Guillaume Bezie, P.-D.G. de Sibius.

    L’application de Sibius vise à permettre aux professionnels de santé de confirmer leur jugement clinique, d’orienter au plus vite le patient vers une prise en charge adaptée et d’obtenir un diagnostic officiel.

  • Jeunes Médecins s’allie à Synapse pour accompagner les praticiens dans leurs prescriptions via l’IA

    La start-up bordelaise Synapse Medicine, fondée en 2017 par des professionnels de santé, et l’organisation Jeunes Médecins collaborent afin d’aider les médecins dans leur activité de prescription, quels que soient leur spécialité et leur mode d’exercice. Dans le cadre de ce partenariat, annoncé le 3 décembre 2019 dans un communiqué commun, la plateforme Synapse va être proposée aux adhérents de Jeunes médecins « pour les accompagner dans le bon usage du médicament« .

    L’outil Synapse est une plateforme basée sur intelligence artificielle (IA) fonctionnant comme un assistant virtuel, conçue dans le but d’améliorer l’accès à une information médicale fiable et actualisée. La solution, soutenue par l’ANSM, a été élaborée avec le CHU de Bordeaux, l’Inserm et l’Université de Stanford, « indépendamment de l’industrie pharmaceutique », est-il précisé dans le communiqué.

    Des « milliers de médecins et internes » utilisent actuellement Synapse dans leur pratique quotidienne, avancent les 2 partenaires. La solution leur permet :
    • de « gagner du temps » : l’assistant délivre des réponses « concises, fiables et à jour » aux questions posées à l’oral ou à l’écrit par le praticien sur les médicaments (posologies, contre-indications, etc.) dans un contexte clinique donné ;
    • de « sécuriser leurs prescriptions  les plus complexes en temps réel » : par le biais d’une photo de l’ordonnance, Synapse vérifie automatiquement les prescriptions en prenant en considération le terrain clinique du patient et identifie toutes les interactions, les effets indésirables et les contre-indications ;
    • de « simplifier les recherches sur les médicaments » : toutes les informations synthétisées et contextualisées par Synapse « se réfèrent uniquement à des sources officielles toujours citées ».

  • Ping An Good Doctor et Merck collaborent pour développer des solutions de santé intégrées en Chine

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé numérique chinoise, et le groupe pharmaceutique allemand Merck signent un accord pour déployer des solutions de soins intégrées en Chine, en exploitant notamment l’intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de cette collaboration, annoncée le 4 décembre 2019 dans un communiqué conjoint, les deux sociétés vont chercher à briser la barrière entre les soins en ligne et hors ligne au moyen de modèles de vente au détail innovant reliant les pharmacies, les hôpitaux et les centres de soins primaires dans les zones rurales et en établissant un système de vente au détail omnicanal, une stratégie pour permettre aux deux entreprises de mobiliser l’ensemble de leurs contacts de vente.

    Pour ce faire, les partenaires vont tirer parti de l’expérience de Ping An Good Doctor en matière d’IA médicale, d’assurance et de ressources de santé en ligne et hors ligne ainsi que de l’expertise médical de Merck, l’idée étant de développer une solution de soins intégrée à guichet unique.

    Ping An Good Doctor multiplie les partenariats depuis plusieurs mois, aussi bien au niveau local qu’avec des sociétés étrangères, dans le but d’agrandir son réseau d’utilisateurs. De son côté, Merck cherche à marquer son empreinte sur le marché chinois : en début d’année, le groupe a notamment conclut un accord avec Tencent, géant de l’internet chinois, pour la création de services de santé numériques intelligents.

    Merck ambitionne de « transformer la vie de 40M de patients en Chine d’ici 2025 »

    « Nous sommes très heureux de travailler avec Ping An Good Doctor afin d’explorer des approches plus axées sur le patient et des solutions de soins intégrées pour améliorer la gestion de la santé, commente Rogier Janssens, directeur général des activités biopharmaceutiques de Merck en Chine (communiqué). Dans le cadre de notre stratégie de numérisation, nous recherchons des solutions innovantes qui offriront les meilleurs avantages possibles aux patients, avec pour mission de transformer la vie de 40 millions de patients en Chine d’ici 2025. »

    Une collaboration avec Tencent pour améliorer l’information des patients

    En janvier 2019, le groupe allemand a annoncé avoir signé un accord de collaboration stratégique avec le géant chinois Tencent afin de concevoir des services de santé numériques intelligents. L’objectif est d’améliorer la connaissance du public vis-à-vis des maladies et d’améliorer la compréhension des patients sur les symptômes d’une pathologie donnée ainsi que les options de traitements efficaces.

    Ping An Good Doctor conclut plusieurs partenariats locaux et à échelle mondiale

    Depuis quelques mois, Ping An Good Doctor multiplie les alliances avec des organisations locales et étrangères afin d’élargir son réseau d’utilisateurs.

    • Septembre 2019 : la société signe un accord de coopération stratégique avec le comité chinois du conseil de la promotion du commerce international, en collaboration avec le gouvernement de Zhuang du Guangxi, afin de créer une plateforme web de santé dans le Guangxi, une région autonome de la République populaire de Chine située dans le sud du pays.
    • Été 2019 : l’entreprise lance officiellement son service Private Doctor pour faciliter l’accès aux médecins libéraux et conclut des partenariats avec une vingtaine d’entreprises.
    • février 2019 : Ping An Good Doctor annonce avoir amélioré la capacité de son supercalculateur. Le système dispose d’un processeur parallèle capable de traiter d’énormes quantités de données en peu de temps, améliorant ainsi l’efficacité de sa R&D en intelligence artificielle (AI) et accélérant la vitesse des applications basées sur IA.
  • Maladies rares : le futur institut GIPTIS disposera d’un système interconnecté de bases de données

    Le futur GIPTIS, dont l’ouverture est prévue à Marseille d’ici 2023, sera doté de « 6 plateformes technologiques de pointe, [d’]un système interconnecté inédit de bases de données et d’outils d’analyses performants« , et reposera sur des méthodes de management et des outils de collaboration « entièrement repensés ». Porté par l’Agence régionale de santé (ARS) PACA et l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), le GIPTS est présenté comme « le plus grand institut euroméditerranéen de lutte contre les maladies génétiques rares » (communiqué de novembre 2019). Son objectif est de relever les 4 défis suivants : accélérer les diagnostics ; accroître les capacités de recherche ; démultiplier le nombre de traitements efficaces et améliorer la prise en charge des malades et des familles.

    Pour cela, le modèle de l’institut s’appuie, en dehors de l’accès à des moyens techniques de pointe, sur 3 autres piliers :
    • une équipe de 500 experts : des médecins spécialistes et reconnus, des personnels paramédicaux engagés, des chercheurs de renommée internationale, 15 start-up issues des projets de recherche les plus prometteurs et une intégration précoce des experts du développement de médicaments ;
    • un lieu imaginé « pour faciliter la coopération entre les acteurs » : 21 000 m² accueillant des laboratoires de pointe, des espaces pensés pour le bien-être des malades et des familles, permettant une prise en charge « totalement personnalisée » des malades ;
    • « un territoire engagé dans un projet emblématique et citoyen » : la communauté scientifique et médicale mobilisée dès l’origine, les acteurs académiques, les associations de malades, les collectivités locales, le monde économique, les entreprises et la société civile.

    Imaginé par le Pr Nicolas Lévy, qui dirige le département de génétique médicale du centre hospitalier de Marseille, le GIPTIS sera une fondation reconnue d’utilité publique à but non lucratif composée d’une gouvernance mixte, « pour une coopération fructueuse des acteurs privés et publics », indique l’AP-HM.

    Modèle économique : un « autofinancement de l’exploitation »

    Le modèle économique du GIPTIS se veut novateur. Il permettra « de financer l’innovation et de garantir l’équité d’accès au soin pour tous les malades, sans surcoût pour les institutions publiques de soins et de recherche, grâce à l’autofinancement de l’exploitation par les revenus générés (propriété intellectuelle, activités de conseil, prestations technologiques, incubateur de start-up, exportation du modèle à l’étranger) et l’implication des donateurs, et au financement du bâtiment, assuré par les acteurs bancaires et investisseurs », note l’AP-HM (communiqué). 

    Maladies rares : 50 millions de personnes touchées autour de la Méditerranée

    Les maladies génétiques dites « rares » touchent actuellement environ 3 millions de personnes en France et 50 millions autour de la Méditerranée, contextualise le centre hospitalier marseillais, ajoutant que 95 % des malades sont sans traitement adapté et que 60 % d’entre eux sont des enfants.

    « Soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle »

    L’objectif de l’institut GIPTIS est de « soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle » en facilitant les collaborations « entre le meilleur des mondes public et privé, académique et industriel », synthétise l’AP-HM.

  • « L’intelligence artificielle : le médicament de demain ? » : débat le 17 décembre 2019 à Paris

    À l’ère de l’intelligence artificielle (IA), l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) propose aux acteurs du secteur de s’interroger sur son utilisation dans le domaine pharmaceutique. Dans ce cadre elle organise une soirée conférence-débat intitulée « l’IA, le médicament de demain ? » le mardi 17 décembre 2019 à partir de 18h30 à Paris.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement (payant) doivent retourner le bulletin d’inscription, téléchargeable via ce lien, par courrier au 183, avenue Charles de Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine ou par email à contact@acip.asso.fr avant le 16 décembre 2019. Le règlement est à envoyer par voie postale à l’ordre de l’Acip.

    Programme et intervenants

    • « My Cite, 1er médicament connecté : innovation de rupture ou innovation incrémentale ? »

      • Avec Véronique Narboni, directrice médicale à Otsuka Pharmaceutical France
    • « Une lecture de l’avenir »

      • Avec Bertrand Rondepierre, research program manager, machine intelligence à Google AI
    • « Jumeaux numériques et produits pharmaceutiques »

      • Avec Pierre Tchoreloff, chercheur à l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux
    • « Renaissance des industries de santé par la 3DExperience Platform et l’intelligence artificielle »

      • Avec Alban Van Landeghem, senior business consultant life sciences industry à Dassault Systèmes.

    Débat animé par Michel Hannouin, président de l’Acip, et Agnès Devois, head of global medical information, global medical affairs, à Servier.

  • USA : Walmart ouvre son 1er centre de santé, axé sur les technos pour améliorer l’expérience patients

    À Dallas, en Géorgie, Walmart a récemment dévoilé une « expérience de magasin améliorée », incluant notamment l’ouverture du premier centre de santé du groupe américain, spécialiste de la grande distribution. Un espace intégré au nouveau centre commercial de Walmart, inauguré en septembre 2019.

    En partenariat avec des prestataires locaux, le centre de santé Walmart fournira des services dans divers champs : soins primaires, conseils médicaux, soins dentaires, optique, audition et santé communautaire (services nutritionnels, forme physique…), laboratoires, rayons X et électrocardiogrammes mais aussi offres pour des assurances maladie. L’espace se situe à l’extérieur du magasin, avec une entrée séparée pour les patients. La clinique fournira aux famille de la région « des prix bas et transparents » pour les services de santé de base, quel que soit leur niveau d’assurance, indique Walmart dans un communiqué présentant l’ensemble du projet.

    Dans le cadre de ce nouveau centre, le groupe lance de nouveaux concepts « Vision Center » (optique) et « Pharmacy », qui reposent sur l’utilisation de technologies pour améliorer l’expérience des patients :
    • la pharmacie est conçue pour le patient, basée sur les commentaires en ligne de milliers de clients afin de proposer un service « de qualité supérieur », praticité et simplicité étant au centre des priorités, « pour une expérience repensée visant à limiter les éventuelles tensions et temps d’attente », explique le groupe ;
    • Walmart a également créé une expérience « Vision Center » conçue autour du patient, qui se veut pratique, confortable et abordable en matière de prix. « Nous avons créé une expérience patient transparente, comprenant plusieurs zones de services, pour que les clients puissent choisir comment et où ils souhaitent recevoir le service », précise l’entreprise.

    Walmart investit depuis quelque temps dans le secteur de la santé. À titre d’exemple, le groupe a été sélectionnée en juin par la FDA avec IBM, Merck et KPMG pour participer à un programme pilote dans le cadre de la mise en œuvre de la loi DSCSA (Drug Supply Chain Security Act) de 2013 : l’objectif est d’impliquer les parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement des médicaments dans le développement d’un système électronique interopérable capable d’identifier et de localiser une série de médicaments distribués sur ordonnance aux États-Unis (blockchain). Ce projet pilote devrait se terminer au quatrième trimestre 2019.

  • Health Data Hub : des craintes sur l’implication de groupes US et la centralisation des données

    « Le stockage [des] données personnelles dans des clouds détenus par des sociétés extra-européennes serait un risque de nature à compromettre la confiance des patients » et le Health Data Hub (HDH) pourrait fragiliser « l’expertise des centres hospitaliers sur leurs données ». Telles sont les craintes émises par Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, qui pointe du doigt la nouvelle plateforme de données de santé dans une note adressée au ministère des Solidarités et de la Santé, citée par Mediapart (article publié le 22 novembre 2019). Il défend dans ce document « l’expertise des CHU sur leurs données » ainsi qu’un « partage équitable et gagnant-gagnant des données ».

    Officiellement lancé fin novembre 2019, le HDH vient remplacer l’ancien Institut national des donnés de santé (INDS), avec pour objet « de veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire » (arrêté du 29 novembre 2019).

    Malgré les arguments du gouvernement pour tenter de rassurer acteurs de santé et citoyens, le projet éveillent des inquiétudes, en particulier du côté des établissements hospitaliers :
    • sur la protection de ces données (cybersécurité) : la centralisation de ces dernières et la taille de la database sont préoccupantes pour certains, estimant que le fait d’avoir un point d’accès unique augmente les dommages en cas de cyberattaque ;
    • ainsi qu’en matière de souveraineté, les géants de l’internet, GAFAM en tête, étant de plus en plus présents dans le secteur de la santé : certains acteurs notent qu’il existe un conflit juridique entre le RGPD et le Cloud Act américain, une loi fédérale américaine promulguée le 23 mars 2018 qui permet aux autorités de récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Au centre des tensions figure l’implication de Microsoft, qui doit assurer par le biais de son cloud le service d’hébergement de données. L’équipe du hub explique ce choix en mettant en avant des raisons de praticité au niveau juridique et donc de rapidité. En novembre 2018, le groupe américain a en effet été certifiée « hébergeur de données de santé » ; ses concurrents français comme OVH ne l’étaient pas.

    À noter que la Cnil doit rendre prochainement un avis sur le Health Data Hub.

    RGPD (UE) vs Cloud Act (USA) : des lois jugées contradictoires par certains

    « Le concept du Health Data Hub est bon (…) mais tant qu’on n’a pas de réponse sur le Cloud Act, je conseille de confier le stockage de ces données à des entreprises françaises ou européennes », commente le député LRM Pierre-Alain Raphan (source : Le Monde).

    Selon l’élu, il existe un conflit entre le RGPD et le Cloud Act, cette loi américaine qui autorise la justice des États-Unis à récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Une vision partagée par Martin Hirsch (AP-HP). « On ne saura jamais comment le Cloud Act s’applique et on va filer toutes les recherches en santé à cette plateforme (le  Health Data Hub) », s’inquiète-t-il (Le Monde).

    Stéphanie Combes (HDH) rappelle que les données seront « pseudonymisées » et chiffrées

    Stéphanie Combes, cheffe de projet HDH (Drees), répond :

    • en soulignant que « le critère opérant est l’intérêt public : il faudra que Google ou Amazon aient un projet qui vise l’intérêt public pour légitimer leur demande d’accès aux données », ajoutant que, quel que soit le cas, les chercheurs ne pourront pas extraire les données de la plateforme.

    • en indiquant que les demandes émanant du Cloud Act ne pourront pas s’appliquer dans le cadre du hub français puisque les données seront « pseudonymisées » (le nom des patients n’est pas mentionné) et chiffrées (Le Monde). Or, le processus de déchiffrement n’est pas connu par Microsoft, retenu pour assurer le service d’hébergement de données, complète la responsable.

    Une explication qui ne suffit pas à tous les contradicteurs, certains arguant qu’une anonymisation totale des informations est impossible et qu’un chiffrement peut être contourné.

    Gérard Raymond, président de France Assos Santé et futur vice-président du hub, a conscience qu’il faudra faire preuve de vigilance. « Nous pensons que l’État va devoir aller plus loin dans les règles et les sanctions envers ceux qui ne respecteraient pas l’éthique, note-t-il (La Tribune). Notre engagement associatif consistera à ce qu’on ait ces moyens pour faire respecter la loi. »

    Microsoft se défend

    À propos du Cloud Act, Microsoft affirme au Monde n’avoir reçu, au cours du dernier semestre, « qu’une seule demande de données liées à une entreprise – et pas en France », complétant que la « certification hébergeur de données de santé – qui impose notamment des serveurs en France – répond à la problématique de souveraineté ».

    Un hébergement potentiellement transférable à un autre acteur, comme OVH (français)

    De son côté, le gouvernement explique que l’hébergement des données ne sera pas forcément indéfiniment confié à Microsoft puisqu’il peut être transféré à une autre société spécialiste du cloud. OVH, par exemple, indique être actuellement en discussion avec le hub pour participer à la phase 2 du projet, pour laquelle un appel d’offres (AO) sur le cloud souverain sera lancé. Le calendrier de cet AO n’est cependant pas encore connu.

    Cybersécurité : la centralisation d’un nombre conséquent sensibles inquiète

    Pas de « failles majeures » relevées par l’Anssi, qui émet néanmoins des « conseils d’amélioration »

    À noter que des « conseils d’amélioration » ont été suggérés au Health Data Hub à l’issue d’un audit mené par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) mais qu’il n’y a pas eu de « failles majeures » révélées, rapporte Stéphanie Combes.

    Cette dernière note par ailleurs, en réponse aux critiques relatives aux questions de cybersécurité, que le niveau de sécurité n’est pas toujours suffisant dans les hôpitaux et les structures locales.

    L’Asip Santé (future Agence du numérique en santé) a, à ce propos, recensé 693 incidents déclarés par les structures sanitaires depuis la mise en place du signalement obligatoire des incidents de cybersécurité dans le domaine de la santé en octobre 2017 (annonce du 2 décembre 2019). Lors de la réalisation d’audits de sécurité, l’Anssi indique retrouver des « traces » d’attaque dans tous les établissements de santé. Il ressort d’ailleurs d’une étude menée par Symantec (2016) que les établissements consacrent 6 % de leur budget informatique à la sécurité, contre 16 % dans l’industrie.

    Des données avec un point d’accès unique

    Les acteurs critiquant le hub rétorquent que les intrusions proviennent parfois d’employés et que le fait d’avoir un point d’accès unique aux données augmente les risques en la matière. « L’idée de centralisation et de facilitation d’accès de l’ensemble des données de santé à des acteurs privés, réalisée sur l’autel de l’intelligence artificielle, ne peut qu’alerter », complète La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, citée par Le Monde.

    Un droit d’opposition prévue dans le cadre du RGPD

    Stéphanie Combes rappelle que, dans le cadre du RGPD, le citoyen pour exercer un « droit d’opposition », lui permettant de demander le retrait de ses données d’une base.

    « En France, on a des données de très bonne « qualité ». Il faut les regrouper, les exploiter et les mettre à la disposition des chercheurs, tout en les protégeant soigneusement », commente le Pr Serge Uzan, vice-président de l’Ordre des médecins (source : La Tribune).

    Des revenus qui pourraient être partagés avec les producteurs de données

    L’un des autres sujets de tension autour du Health Data Hub est que les structures de santé, notamment les hôpitaux, vont devoir accepter de mettre à disposition leurs bases de données, pour lesquelles ils ont dû investir.

    Comme compromis, Stéphanie Combes suggère de partager avec les producteurs de données (c’est-à-dire les structures de santé) les revenus générés par le HDH de par la facturation de services, dans le cadre de recherches menées par des sociétés privées.