Pilotage

  • Novartis Biome : un laboratoire d’innovation numérique pour collaborer avec les start-ups innovantes

    Novartis a présenté son nouveau réseau de laboratoires d’innovation numériques, Novartis Biome, dont la première entité se situe à San Francisco, aux États-Unis, dans un communiqué publié le 8 octobre 2018. Le but de ce projet est de mettre en place une série d’initiatives pour fournir aux jeunes entreprises de la santé numérique une opportunité de travailler avec le groupe, notamment par le biais d’un concours international de start-ups, les HealthX World Series.

    L’idée provient d’un double constat fait par l’entreprise : « Les inventions numériques prometteuses n’ont souvent aucun impact sur la santé humaine en raison d’une lacune dans l’écosystème [et] les technologies naissantes ne sont généralement pas soutenues par les entreprises qui peuvent les exploiter » (communiqué). L’objectif est donc de « donner un nouvel élan » à cet écosystème et de permettre à ces acteurs de collaborer avec Norvatis pour développer plus efficacement leurs solutions.

    HealthX World Series (HWS) : un challenge start-ups international

    « Il est clair pour quiconque travaille dans le secteur de la santé numérique que la grande majorité des technologies perturbatrices ne proviendra pas des grandes sociétés pharmaceutiques. Mais nous pouvons nous engager et travailler avec des start-ups et des innovateurs [afin de] créer ensemble quelque chose d’audacieux, de durable et d’évolutif », explique Robin Roberts, responsable de l’innovation et de la stratégie à Novartis Biome et cofondateur du projet avec Mohanad Fors, global brand manager au sein du groupe et directeur de Novartis Biome (communiqué).

    Le Novartis Biome vise à se connecter aux innovateurs externes au groupe suisse « de nombreuses manières », notamment en lançant des challenges start-ups via une initiative baptisée « HealthX World Series », dont le but est de rechercher « de manière proactive » les technologies prometteuses du secteur.

    Un programme de 12 mois

    Un programme de 12 mois, adapté aux besoins de croissance de la start-up, est proposé aux entreprises sélectionnées pour les aider à faire progresser le développement de leurs solutions.

    Le Novartis Biome offre un espace de travail, un mentorat et des ressources à la pointe de la technologie. De leur côté, les start-ups peuvent utiliser les big data générées par Novartis pour réaliser des études de validation qu’ils peuvent exploiter dans des environnements cliniques afin de tester leur concept.

    Novartis a la possibilité d’investir dans la technologie après l’évaluation des résultats mais ne demande pas aux entrepreneurs de lui donner une participation dans leur entreprise pour pouvoir participer.

    Veta Health (États-Unis) et Wavy (Pays-Bas) : les 2 premiers gagnants des HWS

    Le premier concours HealthX World Series s’est tenu en septembre 2018 lors du TechCrunch Disrupt SF, à San Francisco, aux États-Unis. Cinq finalistes sur trente participants ont été retenus pour présenter  leurs solutions numériques centrées sur la résolution de problèmes liés à l’insuffisance cardiaque.

    Le jury a désigné les gagnants dans deux catégories :

    « Extended Innovation Challenge » : Veta Health

    La start-up Veta Health, créée à New York en 2016, propose une solution intégrée au dossier de santé électronique (DSE) rassemblant des données de patients en temps réel dans un environnement clinique :

    • pour les organisations de santé : Veta Health offre les outils nécessaires pour rationaliser les flux de travail et la coordination des soins ;
    • pour les cliniciens : une plateforme intelligente facilitant la gestion des soins et rendant possible un suivi à distance, permettant des interventions précoces et de meilleurs résultats pour les patients ;
    • pour les patients : un accès à leurs données de santé ainsi qu’à des outils d’interprétation et d’analyse permettant de comprendre et de participer activement à la gestion de leur santé.

    « Hackathon virtuel » : Wavy

    La société, créée à Utrecht (Pays-Bas) en 2018, développe un outil reliant des objets connectés suivant l’état de santé de l’utilisateur à des haut-parleurs domestiques intelligents, qui indiquent au patient comment lui et ses proches connectés se portent, comment ils progressent au fil des jours, etc. En cas de situation préoccupante, le dispositif peut alerter un proche et les services d’urgence.

    Le groupe prévoit d’organiser plusieurs compétitions internationales de ce type chaque année.

    Montant des prix remis aux 5 finalistes :

    • 1ère place (Novartis Hackathon Challenge) : 12 000 USD (10 453 €) ;
    • 1ère place (Novartis Extended Innovation Challenge) : 12 000 USD (10 453 €) ;
    • 2ième place : 8 000 USD (6 968 €) ;
    • 3ième place : 3 500 USD (3 048 €) ;
    • 4ième place : 2 500 USD (2 177 €) ;
    • 5ième place : 1 000 USD (871 €).
  • Ivbar intègre Logex, un groupe européen spécialisé en analyse des coûts et de la qualité en santé

    Ivbar, société fournissant des outils d’analyse et de mesure de la qualité dans le système de soins, a annoncé le 15 octobre 2018 faire partie du groupe Logex nouvellement constitué avec la société néerlandaise Logex et le finlandais Prodacapo afin d’unir leur force sur le marché des fournisseurs d’outils de mesure de l’efficience en santé, tenant compte à la fois des résultats cliniques et des coûts.

    Les outils mutualisés des trois acteurs visent à proposer une offre au plus près des besoins aux parties prenantes du systèmes de santé, à savoir les opérateurs, les organismes financeurs et les pouvoirs publics en priorité.

    En France, le nouveau groupe souhaite se mettre au service des professionnels de santé afin de les accompagner dans le renouvellement des pratiques médicales, des parcours de santé et des modes de financement du système de santé (value-based healthcare) qui s’inscrit dans la stratégie de transformation du système sanitaire du gouvernement français, Ma Santé 2022. Il s’agit d’une façon de répondre au défi de pression financière que subissent tous les systèmes de santé.

    Une union au service de la qualité et de l’efficience en santé

    Chacun des trois acteurs a déjà déployé sa solutions de mesure de la qualité et de l’efficacité des systèmes de soin dans divers pays tels que les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, la Finlande, le Royaume-Uni, la France ou encore la République tchèque.

    Logex propose un service d’accompagnement aux organisations de santé et collabore déjà avec 85 % des établissements hospitaliers aux Pays-Bas. La société procède à l’analyse de données massives à disposition des organisations et procède au développement de modèles mathématiques et analytiques propres qui contribuent à l’optimisation des processus de soin. L’objectif à terme est d’améliorer la rentabilité des soins et l’accès aux soins.

    Ivbar propose une plateforme, ERA, qui permet de mesurer la qualité et de mettre en œuvre des modèles de financement innovants. ERA sert d’outil de base pour la mesure et le pilotage de la performance des établissements. Avec les données qui sont rentrées dans la plateforme, Ivbar fournit des indicateurs de performance objectifs qui permettent ensuite de comparer de manière juste et efficace la performance des établissements ou des organisations.

    Prodacapo est une société finlandaise très implantée dans les pays nordiques et également sur le marché britannique de l’analyse des coûts en santé.

    Le nouveau groupe souhaite offrir une gamme de produits plus large et accroître la capacité à répondre aux défis rencontrés par les acteurs de santé.

    « Alors que nous créons un plus grand groupe international, les clients bénéficieront d’un portefeuille de produits plus varié qui répond à des besoins plus larges à mesure qu’ils améliorent leurs performances. L’utilisation de nos outils pour améliorer la transparence et la compréhension des résultats, l’usage des ressources et des coûts en santé aideront nos clients à se développer et bénéficieront, par conséquent, aux patients et à la société », a déclaré Philipp Jan Flach, P.-D.G. du groupe Logex.

    Soutien dans la réalisation d’objectifs Ma Santé 2022 et appui opérationnel

    En France, Ivbar souhaite accompagner les organisations de santé à relever les défis que rencontre le système de santé français, identifiés par la stratégie de transformation de santé, en contribuant à :

    • donner aux professionnels de santé les outils utiles à leur pratique médical ;
    • définir des parcours de santé pertinents ;
    • repenser le financement de notre système de santé pour prendre en compte réellement la qualité des soins ;
    • faciliter les coopérations entre professionnels ;
    • développer des services numériques adaptés aux usages, etc.

    Ainsi, Ivar pense pouvoir appuyer les acteurs français dans les domaines suivants :

    • actions en faveur de la mesure de la qualité ;
    • mise en œuvre des PRS ;
    • déploiement et extension des expérimentations au titre de l’article 51 de la LFSS 2018 ;
    • déploiement des GHT ;
    • émergence de nouvelles organisations autour des CPTS ;
    • développement croissant des approches par parcours des professionnels de santé, etc.

    Exploiter les données et amplifier leur utilisation

    Filippo Monteleone, président d’Ivbar France, et Patrick Olivier, directeur général de l’entreprise, affirmaient à l’occasion de cette annonce leur ambition « de donner du sens aux données pour donner du sens à l’action ».

    La richesse du SNDS

    Le groupe souligne l’avantage que représente le vivier de données réunies au sein du système national des données de santé (SNDS), qui s’ouvre progressivement et dont le plein potentiel reste à exploiter.

    Ainsi, le groupe ambitionne d’accompagner les acteurs bénéficiant d’autorisations de traitement des données en leur fournissant des outils pour simplifier l’exploitation de ces données complexes en vue de généraliser leur utilisation par les acteurs du secteur.

    Health Data Hub

    Ivbar pense pouvoir contribuer au développement du Health Data Hub, en fournissant un environnement sécurisé pour l’exploitation des données.

    Analyses médico-économiques

    Les établissements de santé étant aujourd’hui les principaux producteurs de données de santé permettant des analyses médico-économiques sur les parcours de soins et l’analyse des coûts de production de soins, le nouveau groupe souhaite les accompagner dans leurs projets médicaux individuels ou s’inscrivant au sein d’un territoire en leur fournissant ses outils de pilotage pertinents des coûts et de la performance.

    Mettre en place de nouveaux modes de financement

    Dans le cadre de Ma Santé 2022, le gouvernement souhaite la mise en place de nouveaux types d’indicateurs nécessaires à la mesure de l’amélioration de l’état de santé telle que perçue par le patient à la suite d’un épisode de soins ou tout au long d’un parcours (PROMs et PREMs), un autre domaine d’expertise du groupe Logex.

    En outre, l’entreprise a déjà joué le rôle d’opérateur central dans la mise en œuvre des premiers financements à l’épisode de soins et au parcours en Suède et estime être en mesure d’appuyer la mise en œuvre des expérimentations en France.

  • Ping An Good Doctor intègre son système de consultation assisté par IA dans 100 hôpitaux chinois

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé chinoise, a annoncé le 15 octobre 2018 sa coopération avec plus de 100 hôpitaux de première classe en Chine (Grade III) pour construire des « hôpitaux intelligents » complets en tirant parti de son système de consultation médicale assistée par intelligence artificielle (IA), appelé « AI Doctor« .

    Dans le cadre de cette coopération, le système AI Doctor a été entièrement intégré au système d’information de l’hôpital (HIS), aux applications mobiles et aux comptes publics WeChat, le principal réseau social chinois des hôpitaux. Les patients peuvent par ailleurs numériser un QR code pour accéder au dispositif.

    Parmi les établissements de soins partenaires figurent le 303ème hôpital de l’Armée populaire de libération du peuple chinois, le Qingdao Eye Hospital, le premier hôpital affilié de l’université Jinan et le troisième hôpital affilié de la Southern Medical University.

    Fin juin 2018, Ping An Good Doctor comptabilisait 228 millions d’utilisateurs et 48,6 millions d’utilisateurs actifs mensuels.

    AI Doctor fait gagner du temps aux médecins

    En se basant sur des interactions homme-ordinateur simples et rapides, AI Doctor recueille les informations du patient, telles que ses antécédents médicaux, l’historique de ses prescriptions et ses allergies, puis les introduit dans son dossier de santé électronique (DSE).

    Avant la consultation, le médecin peut donc accéder aux données médicales ainsi structurées du patient, lui permettant d’éviter de poser à la personne des questions qui lui ont déjà été posées par le passé et de ne pas passer à côté d’informations vitales. Par ce procédé, il ne perd également plus de temps à saisir certaines données dans le DSE du patient, ce qui réduit sa charge de travail et améliore l’efficacité ainsi que la précision de ses consultations.

    Des données sur plus de 2 000 maladies courantes

    Comptabilisant plus de 300 millions de consultations en ligne, AI Doctor dispose de données sur plus de 2 000 maladies courantes et répond instantanément à des dizaines de milliers de demandes de renseignements d’ordre médical.

    Selon Ping An Good Doctor, les hôpitaux connectés à AI Doctor ont renforcé l’efficacité et la précision de leurs consultations, réduisant les coûts de fonctionnement tout au long du processus de diagnostic.

    Par ailleurs, la plateforme permet également une gestion numérique structurée des dossiers médicaux. Ainsi, les hôpitaux bénéficient d’un système de registres complet, leurs médecins peuvent établir des diagnostics plus cohérents et ils disposent d’une méthode plus intelligente de collecte des dossiers.

    Le gouvernement chinois mise sur l’IA pour résoudre les défis de santé du pays

    La pénurie des ressources médicales et le déséquilibre de la distribution des médicaments font partie des principaux problèmes du système de santé chinois.

    Les solutions basées sur internet et l’intelligence artificielle (IA), qui peuvent aider à résoudre ces problèmes, sont soutenues par tous les acteurs du secteur et l’ensemble des ministères du gouvernement. En avril 2018, la Commission nationale de la santé de Chine (National Health Commission of China) a publié « Les normes et réglementations de construction en matière d’informatisation hospitalière (essai) » (« National Hospital Informatization Construction Standards and Regulations (Trial)« ), proposant que l’ensemble des principaux hôpitaux du pays utilisent pleinement les applications et les technologies émergentes telles que le services internet, les systèmes d’analyse des big data et l’IA.

    Développer les services numériques pour les patients

    La commission a également déclaré que les hôpitaux devraient fournir des services en ligne aux patients, tels que la prise de rendez-vous à distance, la télé-consultation à l’hôpital et des dispositifs de communication médecin-patient.

    Le nouveau règlement vise également à faire en sorte que les hôpitaux mettent en place des dossiers de santé électroniques complets pour les patients afin d’accélérer la numérisation des hôpitaux et le développement de soins intelligents.

    Les hôpitaux chinois rencontrent des problèmes techniques

    Cependant, de nombreux hôpitaux en Chine rencontrent actuellement des problèmes techniques lors du déploiement de systèmes de santé intelligents, tels que le coût élevé qu’implique une transformation numérique et l’incapacité à bien gérer les DSE et le nombre important de données hospitalières. Ils sont également confrontés à des problèmes d’interopérabilité et d’optimisation du processus de service de santé.

    Ping An Good Doctor élabore une solution complète pour la transformation numérique des hôpitaux

    Pour surmonter ces obstacles, Ping An Good Doctor et les hôpitaux partenaires de l’entreprise sont en train d’élaborer conjointement une solution complète pour la transformation numérique des établissements hospitaliers.

    La solution associe la technologie médicale de pointe et la technologie internet mobile de Ping An Good Doctor aux capacités de service des hôpitaux afin de créer une meilleure connexion entre les hôpitaux, les médecins et les patients.

    Cela contribuera à améliorer l’efficacité des services hospitaliers, à alléger les ressources en services médicaux et à réduire les charges qui en résulteront pour les hôpitaux, les médecins, les patients et le gouvernement, le tout en accélérant le déploiement de la stratégie nationale de « Chine en bonne santé » (« Healthy China »).

  • Les acteurs de la e-santé s’engagent à collaborer pour accélérer la transformation numérique en UE

    Le 15 octobre 2018 s’est tenue à Bruxelles une table ronde avec industriels des technologie de santé autour du programme d’action défini dans la communication récemment adoptée par la Commission européenne (CE) pour « permettre la transformation numérique de la santé et des soins dans le marché unique numérique (Digital Single Market)« .

    Mariya Gabriel, la commissaire européenne en charge de l’économie et de la société numériques, et Roberto Viola, directeur général de la CE en charge des réseaux de communication, du contenu et des technologies de santé, ont accueilli à cette occasion des représentants du secteur européens pour débattre de la transformation numérique des soins au sein de l’Union européenne (UE), à laquelle les acteurs de l’industrie peuvent contribuer, et échanger leurs points de vue sur la vision d’avenir à adopter en la matière.

    Les participants ont notamment abordé les défis et les opportunités que représentait l’interopérabilité des systèmes d’informations hospitaliers ainsi que les projets de la Commission pour sa prochaine recommandation visant à établir un format standard pour l’échange de dossiers de santé électroniques (DSE). Ils ont également discuté du potentiel de « technologies clés » telles que l’intelligence artificielle et l’informatique haute performance (HPC), qui peuvent aider à concevoir de nouveaux produits de santé ainsi qu’à établir un diagnostic plus rapide et de meilleurs traitements.

    Au cours de la table ronde, les entreprises et les organisations présentes se sont engagées à collaborer pour faire en sorte que l’Europe restent dans la course sur le marché de la e-santé.

    De « formidables opportunités » mais des obstacles restent à surmonter

    Le numérique pour remettre le patient au centre du système de soins

    Les participants à la table ronde se sont accordés sur le fait que les solutions numériques en santé offraient de « formidables opportunités pour améliorer le bien-être des citoyens et changer radicalement la manière dont les services de soins sont délivrés aux patients », l’idée étant de replacer ces derniers « au centre des préoccupations » du secteur.

    Ces transformations numériques profiteraient non seulement aux personnes mais aussi à la durabilité des systèmes de santé, ont-ils ajouté.

    Un marché fragmenté, un manque d’interopérabilité et une adoption trop lente des solutions de e-santé

    Les différents représentant de l’industrie et de la Commission européenne (CE) présents à cette réunion ont néanmoins souligné le fait que les citoyens ne pouvaient pas encore tirer pleinement parti du marché unique numérique (Digital Single Market) dans ce domaine, la fragmentation du marché et le manque d’interopérabilité entre les systèmes de santé freinant cette transformation digitale. De plus, l’adoption de solutions numériques dans le secteur de la santé reste trop lente et varie considérablement entre les États membres et les régions, ont-ils noté.

    Les entreprises et les organisations s’engagent à collaborer

    « Cette transformation [numérique] est complexe et ambitieuse et n’est possible que si les différents principaux acteurs s’engagent dans un effort commun, explique la CE dans un communiqué. À cet égard, la communauté européenne des technologies de santé joue un rôle essentiel dans la réussite de ce programme. C’est leur innovation qui contribuera à façonner l’avenir du secteur et, grâce à leur innovation, cette transformation sera possible. Encourager l’innovation dans ce domaine et créer un environnement propice aux investissements pour les entreprises de technologies de santé nouvelles et existantes constituent également une priorité pour la Commission. »

    Au cours de l’événement, les entreprises et les organisations se sont engagées à collaborer pour faire en sorte que l’Europe ne soit pas à la traîne en matière de connectivité, d’infrastructures numériques, de recherche et, donc, de e-santé au bénéfice des citoyens.

    La Commission européenne en soutien pour la durabilité des systèmes de santé

    La Commission européenne continuera à travailler avec toutes les parties prenantes sur diverses questions, allant de l’interopérabilité et des normes à mettre en place, de la confidentialité et de la sécurité des données à l’infrastructure informatique, au HPC et à l’intelligence artificielle, a-t-elle précisé, dans l’optique de mener à bien la transformation numérique des systèmes de santé.

    L’objectif, à terme, est d’améliorer les résultats en matière de santé pour les citoyens et la durabilité des systèmes de santé ainsi que de stimuler la croissance et de promouvoir l’industrie européenne dans ce domaine.

  • World Health Summit 2018 : Sanofi mise sur la plateforme du géant Palantir pour analyser ses données

    Les enjeux liés au numérique ont fait partie des thématiques centrales du World Health Summit (WHS), un sommet international qui a réuni plus de 2 000 décideurs et représentants de l’industrie de santé du 14 au 16 octobre 2018 à Berlin et auquel Health & Tech Intelligence a assisté. De nombreuses opportunités ont été identifiées par les participants telles que l’amélioration des résultats pour le patient et des systèmes de sécurité par le biais de dispositifs permettant de limiter les erreurs médicales et du développement de la médecine de précision.

    Les professionnels de la santé présents se sont accordés cependant sur le fait qu’il existait des freins au déploiement du digital en santé, avec en tête l’absence d’infrastructures adaptés, l’hétérogénéité des organismes de régulation en Europe, le manque de standards mais aussi de transparence des algorithmes basés sur l’intelligence artificielle.

    Parmi les intervenants figurait Sanofi, qui – pour faire face à ces enjeux – a récemment signé un partenariat avec le groupe américain Palantir, leader dans le domaine du traitement des big data, en vue du développement d’une plateforme collectant des données en phase 2 et en phase 3 d’essais cliniques aux États-Unis. Cet outil vise à faciliter la collaboration avec les chercheurs et connecte les différentes sources de données afin de mieux les analyser. Par sa mise en place, une interaction continue avec les organismes régulateurs comme la FDA est par ailleurs permise.

    Santé et numérique : 7 changements majeurs à venir d’ici 2025 selon Sanofi

    Dans le cadre d’une conférence du World Health Summit (WHS) portant sur les défis liés au développement du numérique dans la santé, Bernard Hamelin, responsable de la division « génération de preuves » (global head evidence generation) chez Sanofi, a mis en évidence 7 changements auxquels, selon lui, l’industrie devra faire face d’ici 2025 :

    • des populations de patients parfaitement connectés et numériquement avertis ;
    • une complexité scientifique croissante dans la pratique clinique ;
    • une adoption généralisée de technologies perturbatrices ;
    • un accès au marché encore plus complexe ;
    • un obstacle croissant au respect de la transparence ;
    • un besoin continu de faire plus avec moins ;
    • le passage à un monde constitué de multiples spécificités locales comme en Chine.

    Pour rester leader, le groupe français investit dans l’IA

    Afin de préserver sa bonne position dans le secteur de la santé, le groupe pharmaceutique français investit dans le numérique, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et de l’analyse de données. Parmi ses dernières grandes opérations en la matière se démarque son partenariat avec le géant Palantir, n°1 mondial du traitement des big data, pour le déploiement d’une plateforme aux États-Unis connectant les différentes sources de données afin de mieux les analyser.

    Plateformes d’intégration : la France largement devancée par les États-Unis

    Ce genre d’outil est plus difficile à instaurer dans l’Union européenne en raison des différences de gouvernance existants dans les pays membres. Bernard Hamelin estime d’ailleurs que l’un des points faibles de la France sur le marché réside dans la production de plateformes d’intégration telles que celles proposées par Palantir.

     « La qualité de ces plateformes est essentielle pour une analyse réussie des données, expliquait-il le 11 octobre 2018 à Paris à l’occasion d’une table ronde sur la santé et l’IA organisée dans le cadre de l’événement Inno Generation de Bpifrance (article en lien ci-contre). Or, sur ce point, ce sont les États-Unis les leaders – Palantir en tête – donc les boîtes françaises travaillant sur l’IA se tournent vers des solutions étrangères. C’est un problème ! Les industriels français devraient se pencher sur ce sujet. »

    Sanofi : lauréat des Trophées eCAC40

    La « politique numérique ciblée » de Sanofi a été saluée par le jury de la cinquième édition des Trophées eCAC40, organisés par Les Échos dans l’optique de récompenser la maturité numérique des grandes entreprises françaises. Le groupe a reçu le prix de l’audace du concours lors d’une cérémonie spéciale organisée le 9 octobre 2018 à Paris.

    WHS : une sommet international rassemblant 2 000 acteurs clés du secteur

    Créé en 2009 à Berlin à l’occasion du 300e anniversaire de la Charité (Universitätsmedizin), le World Health Summit vise à améliorer la santé pour tous dans le monde entier et à trouver des moyens rapides et efficaces de faire progresser la médecine dans les zones qui en ont le plus besoin.

    Ce sommet international réunit environ 2 000 décideurs et représentants de tous les secteurs liés à la santé. En provenance de plus de 80 pays, ses participants abordent les problèmes les plus pressants auxquels seront confrontés les systèmes de santé au cours de la prochaine décennie et au-delà. L’événement réunit ainsi :

    • des chercheurs de haut niveau et des membres de la communauté scientifique ;
    • des décideurs politiques de haut niveau ;
    • des dirigeants et des représentants des systèmes de santé ;
    • des leaders des industries liées à la santé et au secteur de la technologie ;
    • des représentants de fondations et de la société civile ;
    • des étudiants et de jeunes professionnels provenant d’un large éventail de domaines liés à la santé.

    Environ 70 % des participants viennent de l’Union européenne, les 30 % restants provenant d’Amérique du Nord, D’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Australie.

  • CardioRenal s’associe avec le CEA pour perfectionner son DM de télémédecine de surveillance

    Un accord de co-développement pluriannuel a été signé entre la start-up CardioRenal, à l’origine d’un dispositif de télémédecine pour les patients insuffisants cardiaques, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) afin de perfectionner le dispositif existant de cette première, selon un communiqué rendu public le 8 octobre 2018.

    Le partenariat en question donne la possibilité à CardioRenal de bénéficier de l’expérience et des infrastructures du CEA pour poursuivre le développement de capteurs incorporant les technologies d’électrochimie et de microfluidique de dernière génération dans son boîtier, capable de détecter à partir d’une goutte de sang les signes d’un problème cardiaque.

    L’objectif de l’alliance consiste à accélérer la commercialisation de son laboratoire d’analyse de sang utilisable à domicile par les patients insuffisants cardiaques.

    Analyse de sang, lecture et transfert de données

    CardioRenal a mis au point un dispositif reposant sur une mini boîtier équipé d’une micro puce qui permet l’auto-suivi de paramètres biologiques des patients insuffisants cardiaques dans le but de leur éviter des hospitalisations et le poids que ces dernières entraînent sur le système de santé. 

    Une goutte de sang apposée sur le boîtier déclenche la mesure de l’hémoglobine et du niveau de potassium et de créatinine pour s’assurer de la bonne fonction rénale. Ce boîtier s’insère dans un lecteur électronique qui lit les résultats de la micro puce intégrée et transfère les données dans des centres de data où elles sont stockées et peuvent être consultées par un professionnel de santé. L’examen des données peut donner lieu à une modification du traitement prescrit.

    L’objectif est de réduire les hospitalisations inutiles et évitables mais aussi d’améliorer la qualité de vie et le taux de survie des patients insuffisants cardiaques.

    La collaboration avec le CEA au service du perfectionnement des capteurs électrochimiques

    L’expertise du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives sera exploitée pour faire évoluer les capteurs électrochimiques inclus dans la puce microfluidique qui permet les mesures des paramètres biologiques du patient.

    CardioRenal s’était déjà associé avec Servier pour obtenir un soutien au cours de la phase de développement réglementaire et de la preuve clinique du dispositif.

    « La solidité scientifique du CEA-Leti ainsi que la richesse de ses équipes scientifiques sont pour nous le gage que nous allons continuer de bénéficier d’un savoir-faire de niveau mondial », a déclaré Maurice Bérenger, P.-D.G. de CardioRenal.

    Outre l’appui en recherche et développement des équipes du CEA, cet accord permettra à CardioRenal de bénéficier de l’appui de Hub4AIM, une alliance de partenaires académiques et industriels dotés des compétences nécessaires à toute la pré-industrialisation des dispositifs médicaux innovants.

    « Le Leti est heureux d’accompagner CardioRenal dans les améliorations de son dispositif de suivi à domicile des patients insuffisants cardiaques. Le laboratoire commun permettra à l’équipe CardioRenal d’accéder à l’intégralité des moyens et compétences du Leti dans l’objectif d’augmenter l’avance technologique de CardioRenal et d’accélérer sa mise sur le marché », a indiqué Emmanuel Sabonnadière, directeur du Leti.

  • Colloque Medicen Choiseul : soutenir les TPE/PME de l’industrie de santé en IDF, Paris le 24/10/2018

    Le pôle de compétitivité Medicen Paris Région et l’Institut Choiseul organisent un colloque le 24 octobre 2018 autour du soutien à apporter aux TPE/PME au service d’une industrie de santé puissante en Ile-de-France et dans la compétition mondiale.

    Cette seconde édition du colloque se déroulera au Conseil régional d’Ile-de-France et rassemblera des parties prenantes du secteur de la santé, un secteur jugé comme stratégique pour la France et la région francilienne par les organisateurs.

    L’événement sera axé autour de deux tables-rondes : la première portera sur l’écosystème d’accompagnement nécessaire pour les TPE et PME de la filière santé et la deuxième sur le rôle des grandes entreprises dans la création d’un écosystème performant et créateur de richesse.

    Les discussions viseront à :
    • interroger la validité de l’éclatement et le portage de l’offre d’accompagnement par de multiples acteurs et la façon dont on peut favoriser les synergies entre les acteurs au service de la réindustrialisation en France et sur le territoire francilien afin de permettre aux entreprises de se développer et de créer de la valeur-ajoutée dans un environnement fortement concurrentiel ;
    • identifier les conditions nécessaires pour favoriser l’émergence d’un écosystème dense et diversifié qui conforte l’Ile-de-France comme pôle mondial dans le domaine de la santé.

    Programme

    14h00-14h05 – Discours d’accueil : Pascal Lorot, Président de l’Institut Choiseul

    14h05-14h15 – Discours d’ouverture : Alexandra Dublanche, Vice-présidente de la Région Ile-de-France en charge du développement économique

    14h15-15h45 –Table-ronde 1: Quel écosystème d’accompagnement pour les TPE et PME de la filière santé?

    Intervenants :

    • Cédric Arcos, Directeur général adjoint des solidarités, de la sécurité et de la modernisation à la Région Ile-de-France

    • Dominique Baruch, Directrice Scientifique de Platod

    • Dominique Baruch, Directeur du programme santé et biotechnologies au Secrétariat général pour l’investissement

    • Philippe Genne, Président-directeur général d’Oncodesign

    • France Hamber, Directrice générale de Fluigent

    • Stéphane Roques, Délégué Général de Medicen Paris Region

    15h45-16h00 – Intervention d’un grand témoin : Jean-Hervé Lorenzi, Président du pôle Finance Innovation, Président du Cercle des économistes

    16h00-16h15 – Pause café

    16h15-17h45 – Table-ronde 2 : Quel rôle pour les grandes entreprises dans la création d’un écosystème performant et créateur de richesse?

    Intervenants :

    • Emmanuel Canet, Président de la R&D chez Servier

    • Carlos Jaime, Directeur d’InterSystems France et Président de la commission « Santé et numérique » de Medicen

    • Yves L’Epine, Directeur général de Guerb et Groupe

    • Karine Lignel, Directrice exécutive de CM-CIC Innovation et Présidente de la commission « Développement des PME » de Medicen

    • Sylvie Ponchaut, Directrice générale du Pôle BioWin

    • Philippe Tcheng, Président du Leem

    17h45-17h55 – Discours de clôture : Christian Lajoux, Président de Medicen

    18h00 – Cocktail, Salle Pierre-Charles Krieg au 33 rue Barbet-de-Jouy, 75007 Paris

    Inscription

    L’inscription est gratuite, amis obligatoire et se fait via ce lien.

  • Les enjeux autour de l’évaluation des IoT et leur impact sur l’offre de soins (univ. Paris Diderot)

    Le 8 octobre 2018 se déroulaient les premières rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé organisées par l’AP-HP, l’université Paris Diderot et l’Inria. Face aux objets connectés (IoT), les attentes et les espoirs sont immenses mais les questions qu’ils soulèvent sont aussi nombreuses et requièrent une réflexion interdisciplinaire que les trois acteurs ont décidé d’entreprendre. 

    Cette assemblée visait entre autres à interroger les enjeux autour de l’évaluation des IoT afin de garantir que le développent intérêt du patient.

    Des différentes interventions, il est ressorti que les IoT en santé bousculeront plusieurs domaines :
    • les données : un cadre réglementaire d’accès aux donnée est nécessaire mais peut avoir moins d’impact sur les acteurs de taille et il faudrait davantage réguler les usages des données ;
    • le modèle assurantiel : la disponibilité des données médicales de divers type ne pourra pas être sans conséquence sur les modèles d’assurance en santé actuels ;
    • les business models : les start-ups doivent être résolument plus proches des professionnels des usages qui seront fait des solutions qu’elle proposent ;
    • intelligence artificielle (IA) : les véritables enjeux autour de l’IA telle qu’elle est en train de se développer sont la traçabilité et « l’explicabilité » des algorithmes sur lesquels les outils reposent.

    Après avoir investi le champ du bien-être et du quantified-self*, des IoT se sont invités dans le champs de la santé dans lequel les domaines d’application sont nombreux, notamment dans le cadre du suivi à distance. Les acteurs académiques ont considéré qu’il fallait donc s’intéresser aux questions d’ordre éthique, économique, clinique, psychologique, sociétal, technologique et numérique.

    Changements de paradigmes et besoin d’interdisciplinarité

    Au cours de l’introduction, Martin Hirsch soulignait l’avènement des IoT et la nécessité d’être capable des les évaluer. Cette évaluation implique, selon lui, une analyse du service médical rendu ainsi que des effets indésirables, au même titre que se fait l’évaluation des effets indésirables liés aux médicaments.

    Il avance par ailleurs que les IoT changent les paradigmes qui régissaient le système des soins, soit :

    • le rapport entre le médecin et le malade ;
    • le rapport du malade au système de santé ;
    • les conditions économiques dans lesquelles s’exerce le soin.

    Selon Martin Hirsch, forger des outils et des doctrines constitue un enjeu stratégique à échelle mondiale pour les soins de demain pour ne pas se faire dépasser par l’avalanche des IoT.

    Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, soulignait dans son discours introductif la nécessité de l’interdisciplinarité dans le cadre de cette analyse qui ne peut que se placer à l’intersection des sciences fondamentales, naturelles et humaines.

    Elle soulignait également que la question sous-jacente aux IoT concernait les données. Elle préconisait une attention particulière au moment d’exploiter les données recueillies à l’aide d’outils technologiques par le patient car ce dernier n’est pas un professionnel de santé.

    Ainsi, selon Christine Clerici, la dimension clé dans la question du recueil, de l’évaluation et de l’exploitation des donnés réside dans leur fiabilité.

    Le modèle assurantiel sera chamboulé par la disponibilité des données générées par les IoT

    Durant son intervention, le Pr Étienne Minvielle, titulaire de la Chaire de Management, directeur de l’équipe d’accueil management des Organisations de Santé (EA 7348 MOS) et en charge de la mission « parcours innovant » à l’institut de cancérologie Gustave Roussy, s’est attaché à soulever les questions autour de la pénétration des IoT dans le secteur des soins.

    Parmi les principaux points qu’il a soulevés, on peut noter sa vision de l’impact des IoT sur le secteur de l’assurance en santé. 

    Il fait remarquer qu’à la suite de la disponibilité des données médicales générées par les IoT, les assureurs :

    • auront une meilleure connaissance du risque encouru par chaque individu et des comportements adoptés face au risque ;
    • des actions de prévention des facteurs de risques personnalisées en complément de la gestion de la réparation médicale et qui soient d’application directe par le biais des employeurs.

    L’autre versant de cette disponibilité des données massive comporte les risques et les questions qui y sont associés :

    • l’intrusion d’autres acteurs dans les informations confidentielles tels que les GAFA ;
    • la justification du maintien de la solidarité collective face au risque personnalisé ;
    • le risque d’accroissement d’inégalités fondées sur les IoT ou les connaissances provenant de données massives qu’ils permettent de générer : la fracture numérique, la cybersécurité, la discrimination génétique, la couverture assurantielle, etc.

    Au final, selon lui la meilleure contribution des IoT à la santé des personnes réside dans la personnalisation des soins qu’ils permettent.

    Réglementer l’usage des données ?

    Interrogé par un auditeur sur la politique réglementaire et le cadre juridique à construire autour des données de santé, le Pr Étienne Minvielle se montre réaliste. Il juge qu’un cadre juridique strict ne suffirait pas pour empêcher les GAFA d’obtenir et d’utiliser les données personnelles des patients. Aux États-Unis, par exemple, où la réglementation est moins stricte ou insuffisante, ils les utilisent déjà.

    Une solution serait de réguler les usages qu’ont les acteurs des données. Ainsi, les ceux qui souhaiteraient exploiter les données de santé devraient passer par une accréditation émise par un organisme indépendant qui entérinerait l’usage qu’ils comptent en faire pour qu’une relation de confiance puisse s’établir.

    Les écueils à éviter par les start-ups, principaux acteurs de l’écosystème des IoT

    Le Pr Etienne Minvielle soulignait que dans le cadre des IoT touchant à la santé des citoyens, nous sommes dans des temps longs et des cycles de recherche et d’autorisation des dispositifs fidèles aux cycles d’évaluation dans le domaine de la santé. Il s’agit là du premier constat que les start-ups doivent intégrer dans leur business model pour éviter de s’essouffler à mi-chemin.

    Autres considérations à prendre en compte :

    • associer les professionnels de santé à leur projet le plutôt possible afin de répondre correctement à la question de l’usage qui est cruciale – la solution proposée doit répondre à un besoin précis d’une communauté de professionnels de santé ;
    • ne pas attendre et oublier de procéder à l’évaluation de la valeur ajoutée d’une solution dès le « temps zéro », car si une analyse est basée sur les données, les données de départ sont tout aussi importantes que les données postérieures ;
    • ne pas écarter les considérations économiques dès l’éclosion des projets car actuellement les IoT de bien-être et de santé ne font pas généralement l’objet d’un remboursement ;
    • bien définir le marché de lancement qui doit être favorable aux solutions technologiques, donc ne pas écarter la possibilité de s’exporter avant de revenir à la conquête du marché français.

    L’IA n’est pas porteuse d’un changement de paradigme ni de révolution mais va continuer à faciliter le travail des professionnels

    Le défi majeur lié à l’IA réside dans la traçabilité

    Selon Eric Fleury, directeur de l’Inria, l’intelligence artificielle (IA) a depuis longtemps été un facilitateur dans le domaine de la santé. Par ailleurs, la « e-santé » et la « e-médecine » sont selon lui deux concepts différents. le premier est lié au bien-être et le second à la médecine. Ainsi, les IoT n’évoluent pas de la même façon dans ces deux domaines.

    Ainsi, lorsque l’on parle de la médecine, le défi majeur associé aux solutions reposant sur l’IA est celui de « la traçabilité et de l’explicabilité », à savoir une démarche qui consiste à rendre toute décision apportée par une solution d’intelligence artificielle transparente en mettant à nu tous les éléments de la chaîne du processus qui a abouti à la proposition d’une solution.

    Les données nourrissant l’IA doivent être fiables

    Selon lui, la rupture peut se situer dans le domaine économique et plus précisément dans l’économie de l’assurance qui pourra être bouleversée.

    Il faut aussi calmer certaines ardeurs quant aux aspirations qui existent autour des données car pour arriver à de bonnes conclusions permettant de vérifier une hypothèse scientifique, il faut se fonder sur des données fiables, soit celles produites dans le cadre d’une expérience scientifique. Ainsi, la gratuité ou la disponibilité de données multiples provenant de sources multiples n’est pas forcément la méthode scientifique la plus adaptée.

  • Soutien à la French Tech : création d’un fonds dédié, captage de talents et développements locaux

    Les axes de développement de l’écosystème French Tech annoncés par Mounir Mahjoubi, alors encore secrétaire d’État en charge du Numérique, sont :
    • l’accompagnement des scale-ups et la promotion de la « tech for good » ;
    • l’attractivité des talents et le développement de la French Tech dans les territoires ; 
    • un fonds de soutien à la communauté French Tech – le French Tech Community Fund.

    Ces priorités pour le développement de la French Tech ont été annoncées à l’issue de la réunion entre le secrétaire d’État et plus de 90 personnes de l’écosystème French Tech – entrepreneurs, représentants des métropoles et des hubs French Tech, représentants institutionnels des régions et métropoles – qui s’est tenue le 10 octobre 2018, au lendemain de la visite à la Station F du Président de la République, Emmanuel Macron.

    Le French Tech Community Fund, un fonds de soutien

    Ce fonds sera mis en place début 2019 afin d’appuyer les initiatives des entrepreneurs, des communautés et des capitales French tech.

    Il sera alimenté par l’État, qui fournira un financement d’amorçage, et par les partenaires de la French Tech parmi lesquels on trouve les grands groupes, les fonds d’investissement et les start-ups bien établies.

    Les fonds réunis ont vocation à financer des événements, l’ouverture de nouveaux lieux de la French Tech, de nouveaux outils, etc.

    Accompagnement au cours de la phase de croissance et constitution d’un vivier de talents

    Parmi les priorités annoncées pour la French Tech :

    • l’accompagnement des start-ups en hyper-croissance, les scale-ups ;
    • la promotion de la Tech for Good : l’écosystème French Tech doit s’inspirer et inspirer des valeurs au service de la résolution des grands défis de la planète et des humains.

    Une autre priorité concerne également l’attractivité des talents au service de laquelle une politique de délivrance de visas assouplie et accélérée pour le recrutement de talents étrangers sera mise en place dès le 1er mars 2019.

    Installer la French Tech dans les territoires

    La French Tech reposait jusqu’à présent sur 13 métropoles French Tech et 22 hubs de la French Tech installés à l’étranger. Pour favoriser la pénétration de la French Tech au sein des territoires, un dispositif à deux niveaux est proposé :

    • installation de communautés French Tech en France et à l’international dès qu’une trentaine d’entrepreneurs sont présents sur un territoire géographique et/ou autour d’un thème donné dans l’objectif de promouvoir leur écosystème. Une trentaine de communautés devraient d’ores et déjà pouvoir se constituer ;
    • labellisation de capitales French Tech qui sont au centre d’un écosystème particulièrement dynamique composé de start-ups en hyper-croissance et au sein duquel un fort soutien des collectivités locales est avéré.

    La mission French Tech va constituer une liste de critères de reconnaissance des communautés et des capitales dans une approche collaborative avec les entrepreneurs et les équipes actuelles des hubs et métropoles.

  • La Cnil et l’Asip élaborent un référentiel régissant l’échange de données de santé par MSSanté

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a annoncé le 10 octobre 2018 qu’elle était en train d’élaborer avec l’Agence des systèmes d’information partagés de Santé (Asip) un référentiel relatif à l’échange de données de santé par messagerie sécurisée à destination des professionnels et établissements de santé ainsi que les professionnels du secteur médico-social.

    Avec l’entrée en application du RGPD, les professionnels et établissements de santé ainsi que les professionnels du secteur médico-social ne sont plus tenus de procéder à un engagement de conformité à l’autorisation unique AU-037 préalablement à l’utilisation d’un service de messagerie sécurisée.

    Cependant, la Cnil annonce avoir pris la décision de maintenir accessible l’AU-037 afin d’orienter ces premiers dans les actions de mise en conformité.

    L’objectif du nouveau référentiel est de permettre de documenter la conformité des traitements de données réalisés à l’aide de la messagerie sécurisée dans le registre des activités de traitement, et notamment de mettre en œuvre les actions nécessaires pour garantir les droits des patients (information, droit d’accès, etc.).