Roche a ouvert le 19 septembre 2018, en partenariat avec le programme d’innovation Matrice de l’école de développement informatique 42, une « Matrice santé et numérique », sorte de hackathon de long terme regroupant des équipes pluridisciplinaires d’étudiants dans l’optique de concevoir des outils technologiques sur le thème « l’entreprise de santé du futur ».
Pendant dix mois, une trentaine d’étudiants en informatique, en biologie, en pharmacie mais aussi en droit et en commerce – dont la moitié est en formation à l’école 42 – vont se rassembler pour développer des dispositifs tels que des logiciels, des applications mobiles ou des objets connectés visant à résoudre certains des problèmes rencontrés par les acteurs de la santé.
Le programme se divise en quatre phases :
• immersion (1 mois) : rencontres et visites thématiques pour découvrir les problématiques rencontrées par les acteurs de la santé et les patients dans l’utilisation d’un produit de santé ;
• transformation (2 mois) : répartition des étudiants dans 5 à 6 équipes, chacune centrée sur une problématique, maturation des idées pour aboutir à des projets viables, puis évaluation de la pertinence et de la faisabilité des projets ;
• production (3 mois) : prototypage technique, construction du modèle économique, passage du concept au produit ;
• action (4 mois) : expérimentation des outils développés sur le terrain, possibilité de création d’une structure juridique.
La Matrice, une version plus approfondie du traditionnel hackathon
La « dimension temporelle » du programme Matrice de l’école 42 a plu à Anne Philippot, directrice « expérience client, digital et innovation » du laboratoire. Le dispositif s’étend en effet sur une année scolaire, alors que les hackathons classiques se déroulent généralement sur 48 heures. « J’ai trop souvent vu des hackathons qui étaient très centrés sur la phase d’idéation, et qui avaient ensuite du mal à rendre robustes les solutions développées », a-t-elle justifié (source : Ticpharma).
« L’entreprise de santé du futur » : la thématique du programme
Le thème du programme, « l’entreprise de santé du futur », est large afin de ne pas cloisonner les étudiants dans leurs réflexions. Cependant, Roche a identifié des « routes de besoins » pour les guider, a expliqué Anne Philippot, citant notamment :
- de manière générale, la mise à disposition d’informations en temps réel ;
- la transmission de données patients entre professionnels ;
- la fluidification des démarches pour les médecins investigateurs d’essais cliniques ;
- la transformation des métiers à l’hôpital ;
- les outils pédagogiques autour des pathologies.
Un programme en 4 phases
Après le premier mois dédié à la découverte du secteur, les étudiants se répartiront dans cinq à six équipes, chacune d’entre elles visant à être concentrée sur une problématique issue de la phase d’immersion.
Viendra ensuite la phase de transformation, deux mois au cours desquels les équipes testeront la pertinence et la faisabilité de leur projet, puis la phase de production (3 mois), rythmée par le prototypage technique, la construction du modèle économique et le passage du concept au produit concret.
Les étudiants expérimenteront ensuite leur dispositif sur le terrain auprès des acteurs concernés et auront la possibilité de créer leur structure juridique pour commercialiser leur solution (phase d’action, 4 mois).
Roche laissera le maximum de liberté possible aux étudiants mais gardera un œil sur les différents projets : « [Nous pourrons nous] assurer tout au long du processus que si la solution technologique est particulièrement juste par rapport à un élément de notre métier, ce ne soit pas notre concurrent direct qui puisse en bénéficier immédiatement », a détaillé la directrice de l’innovation du laboratoire à Ticpharma. « En revanche, la volonté est bien que la solution puisse être interopérable et opérée au sein de l’écosystème de santé », a-t-elle souligné.
Des « escales » pour permettre aux différentes équipes d’échanger
Entre chacune de ces phases, des « escales » seront intégrées au programme pour que les étudiants puissent faire le point face à une communauté d’experts sur l’état d’avancement de leurs projets mais aussi identifier leurs besoins et les difficultés rencontrées jusqu’alors, a signalé Anne Philippot.
Les équipes auront par ailleurs l’opportunité d’échanger entre elles par le biais de rendez-vous hebdomadaires obligatoires.
Mentorat : une trentaine de collaborateurs de Roche mobilisés
« Au fil du temps, un mentorat [pourra] se mettre en place avec le laboratoire Roche ou avec des associations de patients, a indiqué Isabelle Ampart, la responsable de la communication du programme Matrice (source : Ticpharma). Il s’agit de créer un maillage et un grand réseau de connaissances et de transmission que les étudiants pourront solliciter à tout moment ».
Des « ambassadeurs de la transformation en interne »
Une trentaine de collaborateurs du laboratoire ont été mobilisés pour apporter aux étudiants leur expertise et accompagner leurs projets. Ils pourront « témoigner de nouvelles façons de faire, de s’organiser et d’inclure le professionnel de santé dans cette dynamique, afin d’irriguer l’ensemble du groupe », a précisé Anne Philippot.
« Nous aimerions faire de ces collaborateurs des ambassadeurs de la transformation en interne », a-t-elle ajouté.
Par ce biais, les étudiants pourront ainsi ouvrir un réseau, bénéficier d’opportunités commerciales et sortir du programme « avec une vraie expérience de maîtrise d’ouvrage et d’entreprenariat global sur un secteur en particulier », a commenté de son côté Isabelle Ampart.