Mutuelles

  • Blockchain : son potentiel pour transformer la santé (livre blanc, IBM)

    Résoudre les problèmes fondamentaux de sécurité, d’interopérabilité, de protection de la vie privée et d’échelle, c’est ce que permettrait la technologie blockchain selon un livre blanc d’IBM, « Blockchain: The Chain of Trust and its Potential to Transform Healthcare. Our Point of View », rendu public le 31 août 2016 dans le cadre du défi lancé par l’ONC et le département de la santé américain en juillet 2016 pour explorer le potentiel de la technologie Blockchain dans la santé et la recherche médicale aux États-Unis.

    Le constat d’IBM :

    • Le système de santé est complexe, comptant de nombreux acteurs et des interactions sensibles et imbriquées,
    • Cela conduit à des problèmes de sécurité et de protection des données personnelles et à des dysfonctionnements,
    • La propriété et l’accès sécurisé aux informations médicales et administratives sont essentiels,
    • Le procédé doit être simplifié et à moindre coût.

    La blockchain comme solution :

    La blockchain permet aux membres d’un réseau d’échanger des objets et ou des informations de valeur via une base de données dont chaque membre possède une copie et dont le contenu est toujours synchronisé.
    Ses coûts réduits et sa fiabilité reposent sur plusieurs concepts-clés :
    • Un cryptographie qui assure l’intégrité de la base en accord avec les exigences de l’HIPAA
    • Le consensus grâce auquel la majorité des nœuds de la chaine confirme la validité de la transaction.
    • Les smart-contrats qui autorisent et certifient les transactions.

    Blocages et solutions

    Limites de la Blockchain

    • La blockchain n’est pas adaptée aux transactions très rapides (qui se traitent en millisecondes) en dehors d’un réseau ou pour remplacer des copies de base de données. Elle est inutile comme remplacement d’un simple processus transactionnel et inadéquate pour de gros volumes de transactions à faible valeur.
    • La modularité et les questions d’échelle représente un défi important. Il existe des différences entre les blockchains publiques et les blockchains privées:
      • Dans les blockchains publiques comme Bitcoin, des milliers de nœuds stockent les copies du contenus, fixant une limite sur les transactions afin de préserver la décentralisation.
      • Dans les blockchains privées, seuls les nœuds qui ont un intérêt direct dans le succès des transactions fonctionnent.
    • Les blockchains ne sont pas idéales pour les échanges trop fréquents à cause du facteur asynchrone de la relation pair-à-pair.
    • Il existe des problèmes de débit et de capacité de stockage liés aux permissions, ainsi que des problèmes d’intégration avec des systèmes existants.

    Possibles cas d’usage

    • Certification/ authentification: enregistrement de dossiers médicaux électroniques, assurances et autres dossiers médicaux.
    • Economie collaborative: forums de services, transparence des prix, échanges de propriété.
    • Prévention et détection de la contrefaçon : solutions pour améliorer la logistique pharmaceutique.
    • Recherche génétique: accès à des données génétiques sécurisées.
    • Approche populationnelle de la santé: Un système de dossier médical partagé mesurant les informations des patients et déclenchant les actions correspondantes (cas de grippes et campagnes de vaccinations).
    • IoT: les données de santé des patients peuvent être mixées avec celles issues des wearables grâce à l’accessibilité des données et les interconnexions avec les dossiers médicaux.
    • Validation et paiements : réduction du temps de traitement.
    • Paiements basés sur les résultats : assigner au patient une identité numérique unique correspondant aux données de la blockchain.
    • Essais cliniques : Améliorer la transparence dans le process de reporting.
    • Dossiers médicaux électroniques: administration du stockage et de l’accès de dossiers médicaux personnels, à l’aide de clés d’identification pour les médecins et autres parties prenantes autorisées.
    • Certification de documents : certificats d’assurance, résultats de tests, ordonnances, etc.
  • Directeur d’innovation, une nouvelle mission dans la santé

    Manager l’innovation en e-santé, anticiper les changements, en maîtriser les processus, c’est le profil de dirigeants d’entreprises innovantes ou des directeurs d’innovation.

    Dans un contexte de forte compétitivité, la pérennité des entreprises et l’adaptation des établissements de santé passe par la montée en puissance de ces missions.

    Des professionnels issus d’horizons divers présentent pour H&TI leur parcours, leur vision et leur méthode pour faire naître l’innovation.

    L’e-santé stimule le recrutement de ces professionnels

    Si les objets connectés, le Big Data, l’ingénierie logicielle sont au cœur du nouvel écosystème qui se développe dans tous les secteurs de la santé, les experts de l’innovation liée au digital ont souvent été formés pour d’autres industries. Leur intégration au sein des entreprise et des structures de la santé repose sur leur capacité à transférer leur savoir-faire vers les cultures et les référentiels de la santé.

    A défaut de recruter, les groupes pharmaceutiques optent pour des partenariats avec les géants du numérique (alliances Sanofi et Verily, filiale santé de Google – ex. Google Life Science, au bénéfice de la prévention contre le diabète, ou encore Roche et Qualcomm pour le traitement connecté de la BPCO) ou les start-up innovantes en e-santé (adhésion de Sanofi à France e-Health Tech, association de start-up de l’e-santé).

    D’autres entreprises ont commencé à introduire ces profils convoités encore rares, à l’instar de Mercer France, qui s’est dotée il y a quelques mois d’un directeur de l’innovation chargé de développer la digitalisation dans son offre santé et prévoyance.

    La dynamique globale de l’e-santé va stimuler le recrutement de ces professionnels.

    Au carrefour d’enjeux stratégiques, marketing, techniques et commerciaux

    Interface entre les décideurs et les équipes opérationnelles, le directeur innovation oriente et pilote la politique recherche et développement dont il contrôle les paramètres : coût, investissement, stratégie, priorités.

    Sa vision est prospective : il doit savoir analyser les tendances issues du digital, repérer les usages émergents dans son environnement, identifier les signaux faibles, connaître l’état de l’art pour définir une stratégie interne porteuse d’innovation, en lien avec les services marketing et commercial. Il doit également savoir instiller une culture de l’innovation, pour accompagner les changements qu’elle induit.

     Un profil polycompétent

    Expert technique de son domaine d’activité et de son marché, le directeur innovation maîtrise aussi les méthodologies projet et les processus de gestion du changement, dans un climat contributif étendu. Il endosse le rôle de médiateur entre contraintes opérationnelles et enjeux politiques, et fait preuve d’une grande capacité de dialogue avec des interlocuteurs issus de disciplines professionnelles diverses.

    Titulaires de masters techniques doublé éventuellement d’un 3ème cycle marketing/ commercial, ou de diplômes d’ingénieurs, les cadres de l’innovation en santé sont présents dans les grandes entreprises et PME, mais également dans les organismes publics et les jeunes entreprises innovantes. Le plus souvent rattachés hiérarchiquement à la direction générale, ils ont une expérience significative de l’encadrement d’équipes de recherche notamment, et un positionnement fonctionnel dans l’organigramme. Leur salaire annuel moyen se situe autour de 75000 Euros bruts.

     

     

     

     

  • Partenariat Watson Health et Best Doctors pour aider les employés d’IBM souffrant d’un cancer

    Venir en aide à ses employés américains souffrant d’un cancer en leur offrant un accès à Watson Health via un partenariat avec Best Doctors, c’est ce qu’annonce IBM le 11 octobre 2016.

    Les employés d’IBM -couverts par l’assurance santé de la société- et les membres de leur famille, vont pouvoir accéder aux services de Watson Health à compter du 1er janvier 2017.

    Partenariat avec Best Doctors

    • Les équipes de Best Doctors recueilleront les dossiers médicaux des patients, avec leur consentement, et intégreront les informations pertinentes dans Watson.
    • Watson produira un rapport qui sera analysé par les experts du réseau de Best Doctors.
    • L’avis final sera ensuite partagé avec le patient et son médecin traitant.

    Les services inclus dans cette offre

    • Watson for oncology fournit aux médecins des recommandations de traitement pour les cancers du sein, des poumons, de l’estomac et colorectaux.
    • Watson for Genomics analyse les profils génétiques des tumeurs et informe les médecins sur les possibles mutations et leur fournit des conseils sur des thérapies ciblées.
    • Watson for clinical trial matching aide les médecins à mettre à relation les patients avec des essais cliniques correspondants à leur pathologie.
  • Santé populationnelle : collaboration de 3M et Verily pour développer une technologie de SP

    Un accord stratégique pour développer une technologie d’approche populationnelle en santé pour la gestion de la performance clinique et financière des professionnels de santé et des financeurs, c’est ce qu’annoncent Verily Life Sciences et 3M Health Information System le 11 octobre 2016.

    Une plateforme technologique commune

    • La plateforme analysera des données relatives à la qualité et à la performance au sein de systèmes de soins et de populations de patients. Ces informations plus précises pourront être utilisées pour améliorer la qualité et le coût des soins.
    • Elle s’appuiera sur l’expertise de 3M dans le codage et la classification des données de santé, et sur sa méthodologie de stratification du risque. Verily apportera ses compétences en analyse de données, développement de logiciels et d’algorithmes afin de rendre ces données utiles et utilisables.
    • La plateforme incluera des outils mesurant les complications, les réadmissions, la mortalité ainsi que les coûts (durée de séjour, services spécifiques, etc.).
    • Elle mesurera plusieurs indicateurs de performance.

    Les deux sociétés ambitionnent de transformer les données de population en informations utiles pour que les hôpitaux, systèmes de santé, financeurs et institutions puissent évaluer leurs performances et identifier des marges de progression en terme de qualité et de coûts.

  • MyHR : « Le gouvernement australien prend très au sérieux la sécurité des données » (porte-parole)

    En août 2016, le dossier numérique de santé australien My Health Record (MyHR) a été pointé du doigt par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF), une ONG visant à protéger le droit à la vie privée des Australiens.

    Parmi les principales critiques émises par l’expert : l’inutilité du système et la mise en danger des informations personnelles des patients.

    Un porte-parole du ministère de la Santé australien a accepté de répondre à H&TI pour tenter de mieux comprendre le fonctionnement de MyHR. Il nous en dit plus sur l’état actuel du dispositif, les moyens mis en place pour assurer la sécurité des données collectées, les coûts réels de l’outil et les aspects à améliorer.

    My Health Record : retour sur les fondamentaux

    À quoi sert My Health Record ?

    My Health Record est le dossier de santé numérique national australien (il a été lancé en juillet 2012). Il permet à un individu et à ses médecins de partager en ligne de manière sécurisée des informations importantes sur la santé du patient, comme ses antécédents médicaux, les médicaments qu’il prend actuellement, ses allergies, etc. Ce système est surtout bénéfique pour les personnes prises en charge par différents professionnels de la santé ou qui suivent un traitement continu dans le cas de maladies chroniques ou complexes.

    Avec un dossier MyHR, les patients n’ont également pas à répéter sans cesse leurs antécédents médicaux face à un nouveau médecin. Cela peut aussi faciliter les démarches en cas d’urgence médicale : les fournisseurs de soins, comme les hôpitaux connectés au système MyRH, ont un accès direct aux informations du patient.

    Qui peut avoir accès aux données accessibles via MyHR ?

    Les organismes de santé tels que les hôpitaux publics et privés, les médecins généralistes et spécialistes, les pharmacies et les prestataires de santé connexes peuvent tous visualiser et télécharger des documents cliniques stockés sur un dossier personnel MyHR. Les particuliers peuvent eux aussi consulter et télécharger des données relatives à leur santé sur leur dossier.

    En vertu de la Loi 2012 relative à My Health Record, les données de santé de chaque MyHR peuvent être recueillies, utilisées et divulguées « à n’importe quelle fin » à condition d’obtenir le consentement du bénéficiaire des soins. L’une des fonctions du système est « de préparer et de fournir des données anonymisées à des fins de recherche et de santé publique ». Avant que cette loi puisse être mise en œuvre, un cadre législatif pour l’utilisation secondaire du dispositif doit être établie.

    Réponses aux critiques du Dr. Robertson-Dunn

    Selon le Dr. Bernard Robertson-Dunn, MyHR « met en danger les données personnelles de patients ».

    Le gouvernement prend très au sérieux la confidentialité et la sécurité des données personnelles des individus. Le système My Health Record dispose d’outils similaires à ceux utilisés pour la sécurisation des données bancaires, y compris de puissants logiciels de cryptage, des pare-feux et des connexions sécurisées.

    L’outil fonctionne en conformité avec les normes australiennes de sécurité et subit des contrôles indépendants réguliers permettant d’assurer la conformité du système à ces différentes règles et d’évaluer son niveau de vulnérabilité. Ces normes de sécurité sont régulièrement mises à jour pour tenter de contrer au mieux les nouveaux types de cyber-menaces.

    Outre les contrôles techniques du système actuellement en place, il existe toute une série de sanctions pénales et civiles prévues par la Loi 2012 relative à My Health Record, applicables envers ceux qui utilisent délibérément à des fins malveillantes les données de santé d’un individu.

    Le ministère de la Santé australien a révélé l’existence d’une faille de sécurité lors de la publication d’informations de santé anonymisées, a indiqué le 8 octobre 2016 The Saturday Paper. Les données de médecins et de millions de leurs patients seraient concernées.

    Le président du comité de santé de l’APF assure aussi que très peu d’Australiens utilisent MyHR et que, parmi les personnes enregistrées, une minorité se servirait de l’outil. Combien de citoyens utilisent réellement My Health Record ?

    Il y a actuellement plus de 4,2 millions d’Australiens, soit environ 18 % de la population du pays, qui possède un dossier MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces personnes avaient téléchargé plus de 111 000 documents sur leurs comptes, dont 70 000 bilans de santé, plus de 30 000 notes de santé personnelles et près de 12 000 directives préalables à certains soins.

    Il y a par ailleurs plus de 9 000 organisations de fournisseurs de soins enregistrées via le système MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces prestataires ont téléchargé plus d’1 million de documents cliniques via le dispositif, dont près de 314 000 bilans de santé partagés, plus de 533 000 bilans de sortie d’hôpital, 108 000 bilans de rendez-vous médicaux et plus de 25 000 lettres de spécialistes.

    Le Dr. Bernard Robertson-Dunn reproche notamment au gouvernement « de n’avoir jamais dit [aux Australiens] comment [MyHR] améliorait le système de soin, ni de quel manière il permettait de réduire les coûts de santé ». Que lui répondez-vous ?

    L’outil a le potentiel pour améliorer l’efficacité du système de santé australien et réduire les coûts dans le domaine de santé :

    • en améliorant l’accès aux informations de santé ainsi que leur qualité (meilleure prise de décision clinique) ;
    • en réduisant le risque de prise de traitement indésirable ;
    • en diminuant le nombre d’hospitalisations évitables ;
    • en réduisant la duplication inutile des examens médicaux ;
    • en améliorant la coordination et la qualité des soins de santé.

    Il peut aussi aider les praticiens à être plus efficaces en réduisant la paperasse (moins d’utilisation de papier, moins de télécopie de dossiers entre collègues, etc.).

    [Aucun chiffre n’a été communiqué par le ministère sur ce point.]

    Combien coûte le dispositif ? Le Dr Robertson-Dunn évoque une dépense annuelle de 400 M AU$ (271 M €). Ce chiffre est-il correct ?

    Non. Dans le cadre du budget 2015-2016 « My Health Record : une nouvelle orientation pour les dossiers électroniques de santé en Australie », le gouvernement australien a annoncé un financement de l’ordre de 455,1 millions de AU$ (308,5 M €) pour poursuivre l’utilisation de MyHR, améliorer le système, renforcer les dispositifs nationaux relatifs à la santé numérique et soutenir les phases d’essais entreprises dans certaines régions. Ce programme de financement doit s’étaler sur trois ans.

    Il point également du doigt le manque de praticité de My Health Record. « Les données sont pour la plupart présentées dans des fichiers PDF (…) [et le dossier doit être complété.] Cela signifie que les notes et les données de chaque visite chez le médecin devraient être répertoriées, ainsi que les résultats de tous les tests effectués (…) »

    La majorité des documents accessible sur MyHR ne sont pas en format PDF, cela vaut notamment pour les bilans de santé partagés, les bilans de rendez-vous médicaux, les prescriptions et les dispenses de médicaments. Nous continuons à travailler avec les fournisseurs de soins et les professionnels de l’industrie pour faciliter encore davantage l’utilisation du système.

    My Health Record est un résumé électronique des données de santé de chaque patient enregistré mis à la disposition de l’individu en question et des fournisseurs de soins concernés. Il ne s’agit pas d’un dossier médical complet : il ne remplace pas les dossiers médicaux détenus par les praticiens et ne modifie pas les obligations actuelles des prestataires de soins, qui doivent continuer à maintenir leurs propres dossiers cliniques détaillés pour chacun de leurs patients.

    MyHR fournit des informations de santé supplémentaires sur le patient dont le praticien peut ne pas avoir accès autrement, par exemple si l’individu a été reçu dans un autre hôpital qu’habituellement ou s’il a consulté un autre médecin.

    Chaque semaine en Australie, entre un à trois médecins prennent en charge un patient pour lequel ils n’ont que peu ou pas de renseignement du tout. Plus d’un cinquième des médecins généralistes font face à cette situation tous les jours. Avec My Health Record, un praticien se trouvant dans cette situation aura accès à au moins une partie des informations sur son patient.

    Avez-vous prévu certains changements pour améliorer l’efficacité du dispositif ?

    Il y a eu, et il y a aura encore, toute une série d’améliorations du système. Au cours de l’année 2015-16, des changements importants ont été apportés. Voici quelques exemples :

    • L’outil a changé de nom : le « Personally Controlled Electronic Health Record » est ainsi devenu « My Health Record ».
    • Son utilisation a été simplifiée pour le rendre plus accessible et permettre aux usagers de créer facilement un dossier mais aussi de mieux gérer le contrôle d’accès à leurs données.
    • Les patients peuvent désormais télécharger une copie de leurs documents de planification préalables aux soins via leur dossier MyHR.
    • Il y a eu aussi quelques changements pour encourager la participation aux essais en cours dans le nord du Queensland et dans la région de Nepean Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud. Cela comprend notamment l’introduction d’un canal hébergé séparément pour les participants de la zone d’essai pour qu’ils puissent avoir le choix de refuser la création automatique d’un dossier à leur nom s’ils le souhaitent.
    • L’interface de l’outil a été améliorée et modernisée : elle s’adapte désormais automatiquement au type de terminal utilisé (ordinateur, téléphone portable ou tablette).
  • Australie : des millions de données de santé menacées par une faille de sécurité

    Le ministère de la Santé australien vient de révéler avoir commis par inadvertance une infraction potentiellement grave à la loi sur la protection des informations personnelles en publiant de manière insuffisamment sécurisée des données liées au programme national d’assurance sociale (Medicare). Le fuite concerne des médecins généralistes et trois millions de leurs patients.

    Cette annonce a été faite par la ministre de la Santé, Sussan Ley, lors de la conférence annuelle du Royal Australian College of General Practitioners (29 septembre-1er octobre 2016), la plus importante organisation professionnelle de médecins généralistes du pays.

    Cette nouvelle survient alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les médecins à propos de la réduction des dépenses dans le secteur.

    Une faille au niveau de l’anonymisation des données privées

    Pour aider les chercheurs à fournir de meilleures analyses et à contribuer à l’élaboration de nouvelles politiques de santé, le ministère de la Santé australien avait rendu public des dossiers de réclamations « dépersonnalisés » concernant des indemnités d’assurance-maladie et certains avantages pharmaceutiques du régime social. Ce procédé concernait un échantillon aléatoire représentant 10 % de la population australienne.

    Problème : sans le vouloir, le ministère a laissé paraître suffisamment d’informations au sein de ses algorithmes pour permettre à un logiciel malveillant adapté de décrypter les numéros brouillés censés remplacer les numéros officiels des médecins, qui sont alors devenus potentiellement identifiables.

    Des analystes du département informatique et des systèmes d’information de l’Université de Melbourne ont mis seulement quelques jours à contourner le dispositif de cryptage. La ministre a révélé que les chercheurs en question avait signalé début septembre à son département l’existence d’une « vulnérabilité » à propos de ces données chiffrées et « que les fournisseurs de soins [logiquement anonymisés] pourraient éventuellement être ré-identifiés ».

    Aucune information sur les patients n’aurait été compromise

    Le département de la gestion des risques du ministère de la Santé fait actuellement l’objet d’importantes discussions au sein du gouvernement afin de savoir comment la divulgation d’informations précieuses a pu être si mal gérée.

    Madame Ley assure aux médecins qu’il n’y avait « aucun nom de fournisseurs de soins dans l’ensemble des données » et qu’aucune information sur les patients n’avait été compromise. Les analystes qui ont signalé le problème indiquent cependant que la ré-identification était possible ; ils ont simplement décidé de ne pas la faire.

    « Nous prenons bien évidemment tout ceci au sérieux et nous présentons nos excuses aux praticiens pour les problèmes que cela pourrait leur causer », a déclaré la ministre aux médecins.

    Une loi pour condamner l’utilisation de données ré-identifiées

    Elle a ajouté que le procureur général, George Brandis, était en train de mettre en place une loi visant à considérer comme une infraction pénale toute publication de données ré-identifiées ou toute action visant à conseiller, faciliter ou encourager leur publication ou communication.

    En réaction à l’annonce de la faille signalée par l’Université de Melbourne, M. Brandis a annoncé que la loi allait être votée au plus vite et que son effet serait rétroactif.

    Dans un article paru le 8 octobre dans The Saturday Paper, la journaliste Karen Middleton se demande pourquoi le gouvernement a attendu plusieurs jours avant d’alerter les médecins et les autres personnes concernées par la faille, alors qu’il est légalement tenu d’avertir immédiatement les individus touchés par une violation de leur vie privée. Le ministère n’a pas encore réagi.

    Pour l’heure, l’ensemble de données concernées n’est plus en ligne. La ministre a indiqué que les informations « ne seront de nouveau accessibles que lorsque tous les problèmes liés à leur potentielle vulnérabilité seront résolus ».

    La protection des données de santé préoccupe l’Australian Privacy Foundation

    > Cette annonce de la ministre de la Santé survient quelques semaines après les critiques émises par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF) : l’expert pointe du doigt le dossier numérique de la santé australien, My Health Record (MyHR), qui, selon lui, serait « inutile » et mettrait « en danger les données privées des utilisateurs ».

  • Cancer, diabète, hôpital, télémédecine, IBM Watson Health multiplie partenariats et investissements

    Depuis sa création en avril 2015 IBM et sa filiale Watson Health multiplient les partenariats et les initiatives dans la santé:

    • Institutions publiques (Tekes en Finlande),
    • hôpitaux (aux Etats-Unis et en Chine),
    • industriels (Medtronic, Siemens).

    Les secteurs visés sont multiples :

    • Cancer,
    • Diabète,
    • Logistique hospitalière,
    • Big Data
    • Télémédecine.

    Watson Health donne accès via une plateforme cloud à Watson, le super ordinateur d’informatique cognitive d’IBM, pour l’analyse de données de santé à des fins de recherche médicale et thérapeutique.

    Retrouvez ci-dessous la liste des partenariats, initiatives et acquisitions d’IBM et de sa division Watson Health sur les 4 dernières années et les dernières actualités concernant Watson Health dans notre dossier.

    Dossier: L’écosystème IBM Watson Health

  • PTA en Aquitaine et à La Réunion : plusieurs centaines de patients pris en charge

    Saint Pierre, 36 H CHRONO OCEAN INDIEN.

    Marie-Noëlle Billebot en charge du projet TSN ( territoire de soins numériques) pour l’ARS Nouvelle Aquitaine et Pierre Magnin, directeur médical de la plateforme territoriale d’appui OIIS à la Réunion ont présenté un point d’avancement lors de l’étape à la Réunion de la campagne « Faire avancer la santé numérique » le 5 octobre 2016.

    Selon la DGOS, les 5 territoires expérimentateurs de TSN ont maintenant ouvert leurs services et ont tous mis en place leur plateforme territoriale d’appui. Parmi elles, c’est celle de l’Aquitaine qui est la plus avancée et prend en charge à fin septembre plus de 1000 patients sur le département des Landes.

    L’évaluation des programmes TSN aura lieu fin 2017. La DGOS souhaite sans attendre généraliser les PTA à l’ensemble du territoire selon le décret n°2016-919 du 4 juillet 2016 sur les PTA.

    Ces deux plateformes de coordination reposent sur la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire composée de :

    Plateforme Territoriale OIIS (La Réunion)

    •        4 Coordinatrices d’appui territorial, 1 Directeur médical, 1 Assistante
    •        3 Animatrices territoriales e-santé
    •        10 médecins généralistes expérimentateurs
    •        11 patients inclus à fin septembre.

    Principaux usages :

    Plateforme Santé Landes (Nouvelle Aquitaine)

    • 1 infirmière Coordinatrice
    • 3 infirmières
    • 3 travailleuses sociales
    • 1 médecin référent mi-temps
    • 1 Administratrice mi-temps.

    Principaux services :

  • Le GCS Tesis (La Réunion) met en place des méthodologies d’innovation pour ses projets e-santé

    « La Ruche », tel est le nom de l’espace dédié à la e-santé mis en place par Le GCS Tesis Réunion Mayotte à La Réunion.

    Mettre en place des systèmes d’information et outils numériques qui génèrent de l’usage et soient adoptés par les professionnels de santé et les patients nécessite une adaptation des outils aux besoins et pratiques des utilisateurs.

    Pour y parvenir, grâce à l’impulsion donnée par l’attribution de 30 M€ dans le cadre des projets Territoire de soins numériques, Antoine Lerat, directeur de Tesis, a conçu un espace de cocréation intégrant architecture, technologies et methodologie pour inciter à l’intelligence collective.

    Cette démarche de coconstruction est soutenue par l’Agence Régionale de Santé Océan Indien.

    Concrètement la démarche repose sur l’embarquement par des formats ludiques et participatifs et des techniques de management collaboratif de publics qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

    L’espace propose :

    • Un show room des innovations proposées par des start-up du territoire,
    • Un espace de coconstruction dédié aux séances collaboratives doté d’ecrans digitaux et interactifs,
    • Des bureaux partagés en plug and work

    La communication et le management transversal sont des clés du fonctionnement de l’espace.

    Dans le cadre des rencontres Esanté qui se sont tenues du 4 au 7 octobre 2016, plusieurs GCS d’autres régions ont pu expérimenter l’utilité de « la Ruche ».

  • « Galen Growth va devenir le catalyseur du marché de la health-tech en Asie » (J. de Salaberry)

    Familier de la région Asie-Pacifique depuis une quinzaine d’année, Julien de Salaberry est un investisseur et expert international reconnu dans le domaine de l’e-santé. Aujourd’hui basé à Singapour, il est le fondateur et P.-D.G. de The Propell Group, une société à capital risque et de conseils centrée sur les innovations health tech.

    Dans un entretien accordé à H&TI, l’homme d’affaires revient en détail sur son expérience du marché et notamment sur :

    1. le développement de Galen Growth Asia, une entreprise qu’il a fondée avec cinq confrères dans le but de faire mûrir les réflexions sur le secteur de la health-tech en Asie ;

    2. les spécificités de l’investissement en Asie ;

    3. la complexité d’établir un business modèle durable.

    Galen Growth Asia : un concept novateur pour booster les innovations en e-santé

    Fin 2015, vous avez cofondé Galen Growth Asia, une société visant à faire avancer le débat dans le secteur de l’e-santé. Comment vous est venue cette idée ?

    Galen Growth Asia est le résultat d’un constat établi par plusieurs investisseurs et entrepreneurs – dont je fais partie – qui se retrouvaient régulièrement lors de conférences dédiées à la health-tech :

    • 1. On s’est aperçu que l’on avait tous la même vision du secteur et que l’on évoquait les mêmes sujets dans notre petit coin ;
    • 2. On a rapidement réalisé que le niveau de qualité des conférences auxquelles on participait était limité.

    Nous avons donc décidé à six – trois entrepreneurs, deux investisseurs et un consultant – de fonder Galen Growth Asia. Notre but : devenir le catalyseur de l’écosystème de la health-tech en Asie. Nous souhaitons pour cela créer davantage de dialogue entre les six groupes de stakeholders du marché, qui sont les entrepreneurs et leurs start-up, les investisseurs, les grosses boîtes de santé comme Medtech & Pharma (qui vont attirer les clients), le gouvernement, les médias mais aussi les experts médicaux, généralement oubliés, qui sont souvent les utilisateurs de ces nouvelles technologies.

    Nous favorisons la discussion entre ces six groupes clés en organisant des événements. On en a mis en place déjà deux-trois depuis notre création, il nous en reste deux avant la fin de l’année, dont le Asia’s HealthTech CEO Summit (le 9 décembre). On compte y réunir tous les P.-D.G des sociétés health-tech les plus importantes de la zone Asie-Pacifique. Ce genre de sommets existe déjà aux États-Unis mais c’est une première en Asie.

    Avez-vous d’autres projets en tête pour faire progresser le secteur ?

    En parallèle de cette partie événementielle, nous avons pour objectif de monter une base de données unique pour tout le secteur de la health-tech en Asie. C’est assez difficile parce que les bases disponibles en Chine ou en Corée par exemple sont uniquement accessibles dans les dialectes locaux. On avance donc doucement afin de parvenir à un service de qualité. Le dispositif devrait être lancée en septembre 2017.

    Nous passons aussi du temps à élaborer des rapports de qualité, centrés sur des sujets très spécifiques de l’e-santé. En ce moment, nous nous concentrons sur le pré-diabète, un phénomène qui va toucher Singapour de plein fouet d’ici cinq-dix ans, le taux de pré-diabétiques (12 % de la population adulte selon les chiffres officiels) étant actuellement quasiment aussi grand que celui de diabétiques (12,8 % selon l’International Diabetes Federation).

    Nous essayons de démontrer que la health-tech peut jouer un rôle important. Elle peut par exemple encourager les pré-diabétiques à modifier leur mode de vie pour éviter qu’ils ne deviennent diabétiques. La technologie existe déjà (applications mobiles, capteurs…) mais tout l’enjeu est de savoir comment il serait possible de s’en servir de manière optimale et comment créer une meilleure adoption de ces outils parmi les consommateurs.

    Le rapport consiste au final en la réalisation d’une propale. Ce sera ensuite aux acteurs de l’écosystème de décider si, oui ou non, ils souhaitent l’adopter. Par le biais de cette étude, nous essayons de mettre en relation les six stakeholders ciblés par Galen Growth pour les faire travailler ensemble et ainsi établir une sorte de consensus.

    « Le patient sera le driver du marché de l’e-santé en Asie »

    Comment percevez-vous le marché de l’e-santé d’ici dix, vingt ans ?

    Je reste optimiste, même s’il y a des obstacles à surmonter.

    Le coût important de la santé fait notamment ralentir la croissance dans certains pays asiatiques. Si on s’intéresse à la pyramide des salaires, dès qu’on passe en dessous des 5 % les mieux payés, le niveau de rémunération baisse rapidement. La moyenne se situe alors entre 3 000 et 15 000 dollars par an, soit un salaire minime. Aux États-Unis, si tu proposes à cette tranche de la population un code de remboursement au moment du lancement d’un produit, tu es quasi certain d’avoir de la demande derrière. Ici, c’est plus complexe car le patient doit payer par ses propres moyens, excepté dans certains États comme l’Australie, le Japon ou Singapour.

    Malgré ce système très privatisé, il y a quand même une demande de santé équivalente à celle de l’Europe et des États-Unis. Elle croît même tous les ans en raison de l’augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, etc.

    Je suis donc globalement confiant parce que la croissance démographique est élevée et parce que les patients recherchent du choix comme ils paient eux-mêmes pour leurs frais de santé. Un autre atout est l’importance du taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’achat sur mobile. L’Asie est le leader mondiale dans ce domaine. La m-santé fait ainsi partie des secteurs les plus encourageants.

    Je pense que ce sera le patient, l’individu, qui sera le driver de ce marché de l’e-santé en Asie.

    Le patient peut être un driver ou un frein… En Europe et aux États-Unis, les risques liés à l’utilisation par un tiers de données personnelles reviennent régulièrement au centre du débat sur l’e-santé. Les patients asiatiques vous semblent-ils plus enclins à accepter toutes ces nouvelles technologie ?

    L’Europe se cache toujours derrière la question de la privatisation des données. Ici, notamment parce que l’âge moyen est plus faible, les gens sont moins frileux sur ce sujet. Cela signifie que les acteurs de l’industrie ont davantage accès aux données des patients.

    On se rend compte qu’il y aussi une vraie demande à exploiter dans le domaine des data. En Inde par exemple, environ 8,6 % de la population adulte était touchée par le diabète en 2015 et plus de 52 % de ces malades étaient non-diagnostiqués, estime l’International Diabetes Federation. Cela signifie que plus de la moitié des bientôt 120 millions de diabétiques en Inde (d’ici 2020 selon les chiffres officiels) n’ont pas accès aux informations nécessaires à la compréhension de leur maladie et ne bénéficient donc d’aucun traitement. Cela représente un marché énorme pour ceux qui s’intéressent au marché du diabète.

    Avec des outils health-tech adaptés, on a les moyens d’éduquer de manière plus efficace les malades.

    Comment s’y prendre concrètement ?

    Le plus grand frein, c’est le business modèle. On a besoin de trouver un modèle permettant d’offrir de manière durable ces solutions technologiques aux patients sans avoir recours aux fonds philanthropiques, une option qui fonctionne très bien mais uniquement sur le court terme.

    Les gros groupes doivent notamment revoir leur façon de fonctionner. Leur base de coûts est tellement élevée qu’ils ont l’habitude de vendre leurs produits très chers. L’ennui est que lorsqu’on leur présente une solution low cost pour, par exemple, permettre un meilleur diagnostic d’une maladie donnée dans une petite ville, ils ne peuvent pas se permettre de la vendre parce qu’ils ne feraient aucun profit. Il faut donc trouver une solution, un business modèle viable via lequel chaque acteur impliqué puisse gagner un minimum d’argent dans le processus de vente.

    3 conseils aux start-up européennes qui envisagent de s’étendre en Asie :

    Pourriez-vous nous donner un exemple de start-up prometteuse sur le marché asiatique ?

    Avec The Propell Group, on a entre autres investi dans ConnexionsAsia, une boîte aujourd’hui bien connue à Singapour. Ils ont levé leur Série A au mois de janvier 2015, environ 8 millions d’US dollars, soit une Série A assez importante pour la cité-État et cet écosystème.

    ConnexionsAsia, c’est tout d’abord un dispositif permettant aux employeurs de fournir une assurance santé à leurs employés via une plateforme électronique. Les trois acteurs sont ainsi reliés via un seul et même outil.

    Ce dispositif est nécessaire au fonctionnement du deuxième service lancé par Connexions Asia : un market place proposant aux employés différents produits dans le domaine de la health-tech.

    La plateforme en question inclut notamment MyDoc, un service de télé-médecine, et GlobeTrekker, un programme encourageant le bien-être en entreprise. Dans ce cadre, les employés peuvent par exemple choisir d’être équipés d’un bracelet Fitbit (podomètre) et essayer de réaliser chaque jour en équipe un certain nombre de pas tout en suivant un régime alimentaire équilibré. Le but est d’améliorer la santé des employés de façon fun mais aussi maîtrisée.

    Il y a toute une série de services de ce type disponibles en ligne. L’employé peut ainsi acheter sur ce market place des produits de santé en passant directement par l’assurance. Ce fonctionnement réduit la paperasse : chacun gagne en temps et en simplicité.

    Les start-up sont-elles nombreuses à échouer dans le domaine de l’e-santé en Asie ?

    Il n’y a pas un taux d’échec plus important qu’ailleurs dans le monde mais oui, il y a eu des échecs. Des boîtes qui ont mal fait leur devoir, qui sont arrivées en Asie mal préparées aux réalités du pays ; d’autres qui sont arrivées trop tôt. Certaines sociétés spécialisées dans l’e-santé présentent des idées trop précoces, le marché n’est pas encore prêt pour leur solutions. Mais c’est la même logique dans toutes les régions du monde.

    Le théoricien suisse Alex Osterwalder, inventeur du Business Model Canvas, synthétise bien le concept. Il explique que ce n’est pas simplement un bon produit qui vous permettra d’avoir une bonne place sur le marché mais la combinaison d’un bon produit et d’un bon business modèle. C’est exactement ça. Il ne suffit pas d’avoir le meilleur produit health-tech pour que son entreprise perce dans le secteur, il faut savoir la vendre de la bonne manière et au bon moment. C’est le b.a.-ba, une base qu’il est bon de se remémorer régulièrement.