Mutuelles

  • Dispositifs médicaux : « la e-santé est émergente mais irrigue tout le secteur » (S. Regnault, Snitem)

    28 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 8 milliards à l’export, tel est le poids des 1 350 entreprises du dispositif médical en France, selon l’étude présentée par le Snitem le 20 avril 2017. La e-santé y est encore émergente en l’absence de remboursement, mais irrigue l’ensemble du secteur.

    Actualisant une étude réalisée en 2011 par le Pipame, l’étude du Snitem identifie trois nouvelles caractéristiques du secteur du dispositif médical :
    • un modèle de développement des entreprises spécifique au secteur ;
    • une importance de la croissance externe dans le développement des entreprises ;
    • l’émergence de nouvelles solutions de santé.

    Le DM en France aujourd’hui

    Petites PME et marchés de niche

    Le secteur du dispositif médical est presque uniquement composé de PME, ces dernières représentant 92 % des entreprises présentes en France.

    Employant 85 000 personnes, ces entreprises sont situées à différentes étapes de la chaîne de valeur :

    • un tiers ont une activité de R&D, de production et de commercialisation ;
    • 60 % ont une activité de production ;
    • 50 % ont une activité de R&D, dont 13 % dont c’est l’unique activité ;
    • 16 % ont uniquement une activité de commercialisation.

    Si 80 % des entreprises du dispositif médical sont françaises ou européennes, les entreprises étrangères implantées en France représentent deux tiers du chiffre d’affaires et emploient 40 000 personnes : elles sont donc en moyenne de taille plus importante que les entreprises françaises.

    Le taux de croissance annuel moyen des entreprises du dispositif médical (sur un échantillon de 600 entreprises) est de 4 %, tiré par l’export.

    Enfin, les entreprises du dispositif médical sont majoritairement implantées en Île-de-France (50 %), Rhône-Alpes, PACA et Alsace, avec une présence importante de sous-traitants dans le Grand Est.

    Un modèle de développement fondé sur un triptyque : innovation, internationalisation et rachats

    Une étude de cas effectuée sur 10 ETI permet au Snitem d’identifier un modèle de développement propre au secteur et reposant sur :

    • une innovation « raisonnée », avec environ 5% à 10 % du CA consacrés à la R&D ;
    • une forte ouverture à l’international, avec un CA moyen à l’international de 65 % ;
    • une croissance externe, via des rachats ciblés qui permettent à ces entreprises d’élargir leur portefeuille ou d’accéder à des marchés étrangers.

    Des solutions innovantes, une absence de financement

    Une place importante de l’innovation incrémentale

    Selon Eric Le Roy, directeur général du Snitem, l’innovation incrémentale est importante dans le secteur du dispositif médical, avec des améliorations de produits en moyenne tous les deux à quatre ans. Mais cette innovation n’est pas prise en compte dans le remboursement des dispositifs médicaux, avec des tarifs orientés à la baisse.

    Un champ d’innovations potentielles dans la e-santé

    Pompes à insuline, aérosols, cathéters… sont des sources de solutions innovantes dans la e-santé, tout comme les pansements connectés ou les vêtements intelligents.

    Mais le Snitem voit une « distorsion » entre l’innovation et le business, en l’absence de financement pérenne de la e-santé, alors qu’il faudrait « accélérer le processus, mesurer les économies permises par la e-santé et en partager les fruits entre le système de santé et les industriels ».

    « Un choc de culture nécessaire » pour intégrer l’innovation

    Estimant que les prises de décision des pouvoirs publics sont « tétanisées » par la peur, Stéphane Regnault appelle à un « choc de culture », et à cesser d’appliquer au secteur du dispositif médical le standard du double aveugle, auquel il n’est pas adapté.

    Le défi de la nouvelle réglementation européenne

    Interrogé sur la nouvelle réglementation européenne sur le dispositif médical, votée par le Parlement européen en avril 2017, Stéphane Regnault estime qu’elle représente « un pas très important pour les entreprises ».

    En effet, les dossiers de l’ensemble des produits déjà présents sur le marché vont devoir être révisés, ce qui pose plusieurs difficultés :

    • le nombre important de références sur le marché, estimé entre 800 000 et 2 millions ;
    • la diminution du nombre d’organismes notifiés [NLDR : habilités à délivrer le marquage CE], et leur recertification, qui va compliquer pour les entreprises la réévaluation de l’ensemble de leurs produits ;
    • le coût de la recertification, estimé à plusieurs milliards d’euros au total au niveau européen par MedTech Europe ;
    • la taille des entreprises françaises du dispositif médical, avec beaucoup de petites PME qui n’ont pas les ressources nécessaires en interne.

    Stéphane Regnault attire également l’attention sur l’interprétation du règlement qui sera faite par les autorités nationales, par exemple en matière de réutilisation des dispositifs médicaux à usage unique, introduite par le nouveau règlement européen.

    Dans ce contexte, le Snitem a prévu de mettre en place un accompagnement renforcé de ses adhérents.

  • Japon : une peau électronique pour surveiller la santé des patients

    Des chercheurs de l’Université de Tokyo (The University of Tokyo) viennent de mettre au point une peau électronique composée de matériaux flexibles pouvait être portée sur le corps humain. L’outil est dix fois plus mince qu’une cellule de peau et ultra léger.

    Équipée de diodes électroluminescentes rouges, vertes et bleues et de micro appareils électroniques, l’E-skin offre de multiples fonctionnalités, dont un suivi précis de l’état de santé de l’utilisateur.

    Une seconde peau capable de mesurer le pouls et le niveau d’oxygène en temps réel

      

    Le film adhésif et flexible mis au point par les chercheurs du Someya Group Organic Transistor Lab de l’Université de Tokyo peut être utilisé comme un tatouage amovible pour afficher une image sur la main de l’utilisateur.

    L’idée serait, à terme, de remplacer le téléphone mobile par cette peau intelligente. Mais l’E-skin intéresse surtout les acteurs de l’industrie de santé pour ses capacités pointues de suivi : composée de capteurs ultra précis, elle peut notamment mesurer le pouls et le niveau d’oxygène dans le sang de la personne qui la porte.

    Un capteur relié à l’E-skin

    Pour cela, les scientifiques à l’origine du produit ont élaboré un capteur pouvant être attaché au bout d’un doigt afin de mesurer les pulsations cardiaques et le niveau d’oxygène dans le sang de l’usager. L’outil est relié à un écran souple sur lequel les résultats peuvent être affichés (voir photo ci-dessus).

    En mesurant les changements de couleur de la lumière passant par la peau, l’appareil est à même de déterminer le niveau d’oxygène dans le sang. Selon les concepteurs, ce type de technologie pourrait également être utilisé pour mesurer le pouls et d’autres activités physiques.

    Un outil facilitant le suivi des patients pendant et après une opération

    Non invasive, cette technologie pourrait s’avérer utile aussi bien pour les athlètes, qui seraient capables de contrôler en temps réel leur rythme cardiaque, leur taux d’insuline ou encore leur vitesse moyenne, que pour les équipes médicales, qui pourraient suivre sans intervention l’état de santé des patients pendant et après une opération chirurgicale.

    E-skin : une technologie plus flexible et plus résistante

    « Comment serait le monde si nous disposions d’appareils d’affichages capables d’adhérer à notre corps et même de montrer nos émotions, notre niveau de stress ou de malaise ? Non seulement nous n’aurions pas à transporter un périphérique avec nous à chaque instant mais en plus ils pourraient améliorer la façon dont nous interagissons avec ceux qui nous entourent ou ajouter une toute nouvelle dimension à la façon dont nous communiquons », commente le Pr. Takao Someya, responsable du groupe de recherche travaillant sur ce projet à l’École supérieur d’ingénierie (Graduate School of Engineering) de l’Université de Tokyo.

    Un système très souple pour suivre les mouvements du corps

    Pour concevoir l’E-skin, l’équipe du Pr. Someya a mis au point un film protecteur de moins de deux micromètres d’épaisseurs, soit un matériel cinquante fois plus fin qu’un cheveu humain.

    Elle y a intégré des électrodes transparentes d’oxyde d’indium-étain afin de concevoir des diodes électroluminescentes (LEDs) assez puissantes ainsi que des photodétecteurs organiques suffisamment fins pour se plier sans être altérés par les mouvements du corps.

    Électronique portative : vers une nouvelle génération d’appareils ?

    L’électronique portative n’est pas une nouveauté. Parmi les produits les plus célèbres dans ce secteur : les Google Glass, proposées dès 2013 par le géant américain.

    L’E-skin se démarque sur le marché en raison de sa résistance. La plupart des dispositifs électroniques flexibles ne sont pas aussi souples, ils ont donc tendance à être plus fragiles, et ils ne fonctionnent pas aussi longtemps lorsqu’ils sont exposés à l’air libre ou à l’humidité. Les premiers tests ont montré que la peau électronique conçue par les chercheurs de l’Université de Tokyo pouvait fonctionner pendant plusieurs jours lorsqu’elle était posée sur la peau alors que les appareils actuellement disponibles ont en général une espérance de vie de seulement quelques heures.

    Reste à savoir si l’adhésion du public sera suffisamment importante pour envisager un développement à échelle internationale.

  • Japan: an electronic skin to track patients’ health

    Researchers from the University of Tokyo have developed an electronic skin composed of flexible electronics that can be worn on the human body. The tool is ten times thinner than a skin cell and lightweight.

    Equipped with red, green and blue polymer LEDs and micro-electronics devices, the E-skin offers many features, including accurate tracking of the user’s health.

    A second skin which can measure pulse rate and blood oxygen levels in real time

    The adhesive and flexible film developed by researchers of the Someya Group Organic Transistor Lab at the University of Tokyo can be used as a removable tattoo to display information on a screen on the back of the user’s hand.

    The idea is to eventually replace mobile phones by detailed LED screens. But the E-skin especially attracts health sector stakeholders because of its sophisticated tracking capabilities: composed of highly accurate sensors, it can measure pulse rate and blood oxygen levels of the user.

    A sensor connected to the E-skin

    To develop this functionality, the scientists behind the product have created a sensor that can be attached to a finger tip in order to measure pulse rate and blood oxygen levels of the user. The tool is connected to a flexible display on which the results can be shown (see picture above).

    By measuring the changes in the color of light passing through the skin, the device could determine the blood oxygen levels. According to the designers, this technology could also be used to measure pulse rate and other physical activities.

    A tool to facilitate monitoring of patients during and after surgery

    This noninvasive technology could be useful for both athletes, who would be able to monitor in real time their heart rate, insulin level or work rate, and also medical teams, who could monitor the patients’ health during and after surgery without intervention.

    E-skin: a more flexible and resistant technology

    « What would the world be like if we had displays that could adhere to our bodies and even show our emotions or level of stress or unease? In addition to not having to carry a device with us at all times, they might enhance the way we interact with those around us or add a whole new dimension to how we communicate, » said Prof. Takao Someya, head of the research group working on this project at the University of Tokyo’s Graduate School of Engineering.

    A very flexible system to follow the movements of the body

    To design the E-skin, the Pr. Someya’s team has developed a protective film that is less than two micrometers thick, a material about fifty times thinner than a human hair.

    The researchers embedded indium tin oxide electrodes into it in order to create highly flexible polymer light-emitting diodes (LEDs) and organic photo-detectors which are thin enough to distort in response to body movement.

    Wearable electronics: towards a new generation of devices?

    Wearable electronics aren’t a new area. Among the most famous products in this sector, there is Google Glasses, launched in 2013 by the US giant.

    The E-skin stands out in the market because of its resistance. Most flexible electronic devices are not as flexible as the E-skin, so they tend to be more fragile and they don’t retain their characteristics for long in the open air or in damp conditions. Initial tests showed the electronic skin developed by the Someya’s team could last for several days when attached to skin while the currently available devices generally have a life expectancy of only a few hours.

    The next question is whether the product will be sufficiently attractive to consider international development.

  • Pour un système de soins basé sur la valeur – Laurence Comte-Arassus, Medtronic France

    La corrélation entre la valeur et le prix des produits et des services de santé, tel était le sujet de la carte blanche donnée à Laurence Comte-Arassus, présidente de Medtronic France lors du Café Nile organisé le 19 avril 2017 à Paris.

    Replacer le critère de la valeur au cœur du système des soins pour le voir se refléter sur le prix des soins et des produits de santé fournis passe par l’abolissement des clivages entre les différents acteurs de la santé et les parties prenantes, mais surtout par un recentrage sur le patient et ses bénéfices en terme de confort sanitaire. Pour y arriver, les besoins et les attentes des patients doivent être mieux évalués et les soins prodigués mieux coordonnés dans des parcours de soins adaptés. La définition du rôle du patient est aussi primordiale, car il peut être un acteur actif et mis à contribution, notamment dans la phase de prévention ou, à défaut, de suivi.

    Medtronic prend des initiatives dans ce sens avec ses technologies nouvelles dans le cadre de la chirurgie mini-invasive afin de permettre une meilleure récupération post-opératoire, bénéfique à tous les acteurs.

    Créer de nouvelles synergies

    Travailler en mode collaboratif transversal en réunissant l’ensemble des acteurs de la santé — médecins, établissement de santé avec leur direction et les directions des achats, représentants de pouvoirs publics tout comme payeurs — mais aussi de façon verticale, au sein d’une organisation en impliquant tous les intervenants de la chaîne, notamment en formant correctement et en responsabilisant chaque acteur. Briser les clivages qui caractérisent le secteur est impératif pour générer de la valeur à tous les niveaux. Les investissements dans la recherche et l’innovation doivent également être faits dans l’optique de créer de la valeur pour le patient, ce qui à terme débouchera sur une meilleure articulation entre la valeur et le prix final.

    Replacer le patient au cœur de la révolution qualitative

    Alors que l’industriel se structure autour du coût, les acteurs publics, tels le régulateur et le payeur, autour du prix, la valeur d’un service médical ou d’un produit de santé est le référentiel du patient.

    En santé, la valeur est finalement le rapport entre les bénéfices qualitatifs engendrés pour le patient et le coût pour générer ces mêmes bénéfices.

    Des retours d’expériences internationaux :

    • Diagnostiquer les besoins et les attentes du patient avant d’aller plus loin. Un problème de santé peut avoir plusieurs solutions en fonction des attentes personnelles du patient. Par exemple, l’acte chirurgical et notamment la chirurgie bariatrique, avec toutes ses implications et le coût engendré pesant sur le système de santé, n’est pas la réponse unique à l’obésité avancée. Aux Pays-Bas, on mise sur la prise en charge du patient en amont de l’acte chirurgical en proposant un accompagnement avec notamment des consultations auprès de psychologues et diététiciens.
    • Le parcours de soins est un levier sur lequel on peut agir facilement en sortant du modèle unique pour coller au mieux aux besoins de chaque patient. Le programme Orthochoice, mis en œuvre en Suède en est un exemple probant. Il implique un paiement forfaitaire, avec un certain nombre de critères de performance, pour la pose de prothèse de hanche ou de genou pour un groupe de patients et couvre des soins pré-hospitaliers, le séjour hospitalier et les soins afférents, la rééducation ainsi que le suivi et soins de ville jusqu’à rétablissement complet.

    Ces approches permettent de sortir de la relation « produit-prix » et de réfléchir en termes de service rendu. En France, la fongibilité des enveloppes de financement des soins de ville et de l’hôpital est un moyen pour laisser de la place à ce type d’initiatives.

    Au-delà de cela, il ne faut pas négliger la méthode pédagogique comme meilleur moyen de prévention et a fortiori d’économies, le patient pouvant être un acteur actif de sa santé. Dans un second temps, une fois le traitement défini, l’éducation thérapeutique est une façon de responsabiliser le patient et d’accroître les chances de pérenniser les bénéfices du traitement.

    Les initiatives de Medtronic

    • Medtronic a mis en place un partenariat avec l’hôpital Marie-Lannelongue du Plessis-Robinson générant 17 millions d’euros d’économie sur une période de 5 ans. Dans le centre chirurgical, on procède à l’implantation des valves percutanées, technique moins traumatisante se substituant à la chirurgie à cœur ouvert, permettant une récupération rapide et le retour du patient à son domicile deux jours après l’intervention.
    • L’animation de groupes à caractère associatif, réunis autour de la valeur dans la santé, mais en premier lieu de la valeur pour le patient visant à remettre le patient au cœur du système de santé fait aussi partie des initiatives de Medtronic.
    • Enfin pour être efficace et promouvoir la valeur au sein du système de santé, l’association avec des start-up est indispensable. Il est impératif de leurs laisser de la place sur le marché de la santé traditionnel.

    Ainsi, selon Laurence Comte-Arassus, la valeur est le gage d’un système de santé solidaire et pérenne durable, mais qui doit être promue comme telle.

    Cette prise de position intervient dans un contexte de cession de l’entité de production de matériel médical de Medtronic à Cardinal Health pour une somme de 6,1 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros). Les activités cédées concernent :

    – les soins du patient

    – la thrombose veineuse profonde et

    – l’insuffisance alimentaire,

    regroupant 23 catégories de produits, parmi lesquelles on trouve les marques telles Curity, Kendal, Dover, Argyle ou Kangaroo. Cette vente s’inscrit dans une stratégie de « dégraissage » de ses actifs pour mieux se concentrer sur des niches du marché du dispositif médical, terrain actuellement occupé par de plus petites sociétés.

  • IA : en difficulté, Baidu recentre ses initiatives en santé pour devenir leader

    Le géant de l’internet chinois Baidu place l’intelligence artificielle (IA) au centre de son développement futur, notamment dans le secteur de la santé.
    L’entreprise fait face depuis quelques mois à plusieurs problèmes, avec en tête le départ inattendu d’Andrew Ng, chercheur star recruté en 2014 par le P.-D.G. Robin Li pour représenter le groupe dans le domaine de l’IA.

    Baidu abandonne la santé mobile au profit d’un centre de santé basé sur l’intelligence artificielle

    Début février 2017, le géant du web a fermé son centre dédié aux soins de santé mobile pour se recentrer sur une recherche et une innovation plus « intelligente » dans le secteur de la santé, basée sur l’intelligence artificielle.

    Kirk Boodry, un analyste du cabinet de recherche anglais New Street Research, estime que la fermeture du centre focalisé sur la santé mobile serait davantage liée à une volonté d’économie, l’unité étant apparemment sous-performante par rapport aux autres pôles de l’entreprise. Les équipes du centre de santé mobile de Baidu se concentraient sur le développement de produits et de services liés à la télémédecine,tels que la prise de rendez-vous en ligne ou les téléconseils médicaux sur le web. Des technologies jugées « faibles » par Robin Li, le P.-D.G. du groupe.

    L’homme d’affaires a récemment déclaré lors d’un forum que l’intelligence artificielle pouvait « redéfinir » l’industrie des soins de santé. Il estime que ce secteur et les technologies dédiées à la gestion des big data pourraient permettre de développer des modèles plus performants de tests génétiques mais aussi de faciliter le développement de nouveaux médicaments.

    À la recherche d’un modèle économique durable

    L’embauche début 2017 de Lu Qi au poste de président et de directeur opérationnel du groupe fait également partie de cette stratégie de restructuration. L’ancien cadre de Microsoft a été recruté après que l’activité publicitaire en ligne du groupe a été entachée par un scandale survenu sur sa plateforme de santé : un jeune patient atteint d’un cancer est décédé après avoir cherché un traitement alternatif sur une liste payante proposée sur le site de Baidu. L’image de l’entreprise a été ternie et le gouvernement chinois a alors décidé de contrôler de manière plus stricte la publicité en ligne.

    Depuis cette affaire, le groupe chinois a décidé de se concentrer davantage sur l’intelligence artificielle. En matière de santé, il a lancé en octobre 2016 Melody, un robot de conversation basé sur l’IA capable de fournir des informations pertinentes aux médecins afin de les aider à établir des diagnostics et des options de traitements plus précis.

    Cependant, Baidu va devoir surmonter de sérieux défis en termes de positionnement stratégique, estime Kirk Boodry. « La croissance de son activité principale de publicité sur internet ralentit et la concurrence des médias sociaux augmente, a-t-il avancé. L’entreprise possède de bonnes qualifications technologiques mais il est difficile de monétiser la recherche en IA. Au fil du temps, les efforts [de l’entreprise], notamment dans le domaine de la conduite autonome, pourraient être un moyen de le faire mais le modèle de l’entreprise n’a pas encore été développé. »

    Sur le déclin, Baidu innove en IA pour remonter la pente

    Fondé en 2000 par Robin Li, 7e fortune de Chine selon Forbes, le leader de l’internet chinois envisage de devenir le chef de file du déploiement de l’intelligence artificielle au sein du pays. En 2015, il détenait 80,80 % de part de marché, contre 9,20 % pour Google, révèlent des estimations du blog de marketing China Internet Watch. La société a par ailleurs créé en 2016 un fonds de 200 millions de dollars (189 M €) consacré à l’IA, à la réalité augmentée et au deep learning, ainsi qu’un fonds de 3 milliards de dollars pour investir dans des start-up high tech, souligne Reuters.

    Mais ce projet ambitieux dédié à l’intelligence artificielle est contrecarré par la survenue de plusieurs coups durs pour l’entreprise.

    Le 21 mars, Andrew Ng annonce son départ de la société. Britannique d’origine hongkongaise, le génie de l’intelligence artificielle était le point fort de Baidu dans le secteur de l’IA. Ex-employé de Google, il a été recruté dans l’optique d’internationaliser la société et d’en faire une référence sur le marché mondial de l’intelligence artificielle.

    Après l’annonce de sa démission, l’action de Baidu a décroché de 4 % dès le 22 mars par rapport au pic enregistré deux jours auparavant et les journaux chinois ont commencé à spéculer sur les capacités du groupe pékinois à percer dans le domaine de l’IA.

    Une claque pour le groupe, accompagnée par d’autres déboires.

    • le bénéfice de Baidu a chuté de 14 % en 2016 ;
    • ses recettes publicitaires diminuent, notamment parce que la société est concurrencée par la plateforme d’e-commerce Alibaba et par Tencent, entraînant une baisse de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2016 et un recul annoncé au quatrième trimestre, compris entre 1,7 % et 4,6 % ;
    • la société a réalisé un mauvais investissement en rachetant en février Raven Tech, une start-up chinoise spécialisée dans l’IA

    Création d’un deuxième laboratoire dédié à l’IA

    En pleine crise, le géant chinois ne lâche rien pour autant. Le 31 mars, il a annoncé l’ouverture d’un deuxième laboratoire dédié à l’IA au sein de la Silicon Valley, en complément de celui qu’il gère depuis 2014 à Sunnyvale (Californie).

    Le nouvel établissement sera composé de 150 chercheurs, détaille le groupe média chinois Caixin.

    Selon les analystes, Baidu souhaiterait se transformer en un groupe exclusivement spécialisé en IA. L’intelligence artificielle est « le cœur de notre stratégie pour la prochaine décennie », affirme d’ailleurs Robin Li. Dernière preuve en date : début 2017, le P.-D.G. du groupe a confié la présidence de la société et le poste de directeur opérationnelle à Lu Qi, un Shanghaïen formé aux États-Unis et réputé pour être un expert très pointu en intelligence artificielle, assure Robin Li. Avec le recrutement de ce spécialiste renommé, qui détient 40 brevets aux États-Unis, l’entreprise se dit confiante dans la capacité de Baidu à devenir « un leader mondial de l’intelligence artificielle ».

    IA : le groupe chinois devra faire face à ses concurrents Alibaba et Tencent

    Baidu souhaite s’imposer sur le marché de l’intelligence artificielle dans différents secteurs, notamment dans la santé, l’automobile et l’électronique. Il a commencé entre autres à travailler sur la création d’une voiture autonome en 2014 et sur une enceinte connectée pour concurrencer la Echo conçue par Amazon. Fin mars, les chercheurs de Baidu ont également prouvé que l’IA pouvait conserver les informations enregistrées par le passé, tout en assimilant de nouvelles connaissances, une étape importante dans l’avenir de cette nouvelle technologie.

    Baidu n’est cependant pas la seule entreprise chinoise à miser sur l’IA. En mars, Didi Chuxing, que l’on surnomme le « Uber chinois », a inauguré son premier centre californien de R&D centré sur l’intelligence artificielle. Tencent et Alibaba investissent eux aussi massivement dans le domaine. Par ailleurs, la Commission nationale de développement et de réforme chinoise (NDRC), une agence centrale d’aménagement en Chine, a révélé la création d’un programme visant à élaborer un marché local de l’IA d’une valeur de plus de 15 milliards de dollars (14 Mds €) d’ici 2018.

  • IA: In crisis, Baidu plans to become the market leader, including in e-health

    The Chinese Internet giant Baidu places artificial intelligence (AI) at the center of its future development, particularly in the healthcare sector.

    However, the company has faced some serious problems in recent months, including the unexpected departure of Andrew Ng, a star researcher recruited in 2014 by the CEO of the Chinese group Robin Li to represent the group in the field of AI.

    Baidu launched a health center based on artificial intelligence

    In early February 2017, the web giant has shut down its business unit dedicated to mobile health care to refocus on research more artificial intelligence-enabled healthcare research and innovation

    Part of the two-year-old unit’s operation team will be merged into the group’s AI business and search business.

    According to Kirk Boodry, an analyst of the British research firm New Street Research, cost efficiency would be behind the decision to close the mobile health care unit, which « was apparently under-performing » relative to the other units of the company.

    The health care business unit set up by Baidu was focused on internet-enabled services, such as helping people make hospital appointments online or consulting doctors for medical advice online. Robin Li, the CEO of the group, describes these technologies as « low-tech ». The businessman said recently in a forum that artificial intelligence could « redefine » the health care industry. He believes that AI and big data technology could be used in genetic testing and facilitate the development and the testing of new medicines.

    Baidu has to find a sustainable economic model

    the January hiring of Lu Qi, an expert in artificial intelligence, as the group president and chief operating officer is also part of Baidu’s strategic restructuring. The former Microsoft executive has been recruited the company’s core online advertising business took a big hit from a paid medical listing scandal in 2016: a young patient suffering from cancer died after seeking out an alternative treatment from a paid listing on Baidu’s site. This accident tarnished the company’s reputation and triggered Chinese government’s tighter control over online advertising.

    The Chinese group has since decided to focus more on artificial intelligence. In the healthcare sector, the firm launched in October 2016 Melody, an AI-powered conversational bot which is able to provide relevant information to doctors to to assist with recommendations and treatment options.

    However, Baidu had to overcome serious challenges in terms of strategic positioning, New Street Research technology analyst Kirk Boodry said. « Growth in its core internet advertising business is slowing and competition from social media is increasing, he said. The company has good technology credentials but it is hard to monetize AI research. Over time, efforts like autonomous driving could be the way to do that but the business model has yet to be developed. »

    In crisis, Baidu innovates in AI to get better

    Founded in 2000 by Robin Li, the 7th richest man in mainland China, the Chinese internet giant plans to become the leader in the development of artificial intelligence in the country. In 2015, it was the major player in Chinese internet with a daunting 80.80% market share – 9.20% for Google -, revealed the marketing blog China Internet Watch. The company also launched a in 2016 a $200 million fund (€ 189 million) focused on AI, augmented reality and deep learning and a  $3 billion fund for tech investment, said Reuters.

    But this ambitious project dedicated to artificial intelligence is countered by the occurrence of setbacks for the company.

    On March 21, Andrew Ng announced his departure from the company. The artificial-intelligence researcher was a valuable asset for the company in the field of AI. The ex-Google employee was recruited to internationalize the company and to embody the company’s values and vision in the global market of artificial intelligence. He remains one of the world’s leading experts on artificial intelligence.

    After the announcement of his resignation, Baidu’s shares fell 4% on March 22 compared to the peak recorded two days before and the Chinese newspapers has begun speculating on the capabilities of the Beijing group.

    This bad news for the group has been preceded or followed by other setbacks.

    • Operating profit for the full-year 2016 decreased 14% from 2015;
    • advertising revenues decline, especially because the company has to compete with the platform of e-commerce Alibaba and Tencent, resulting in a decline in sales in the third quarter of 2016 and a decline announced in the fourth quarter, between 1.7% and 4.6%;
    • the company achieved a bad investment by buying in February Raven Tech, a Chinese start-up specializing in AI whose dysfunction is a challenge, especially because some of its employees, overpaid, would do « absolutely nothing, » said the French newspaper Liberation, quoting one of its sources based in Beijing.

    Baidu has launched a second laboratory focused on AI

    Despite this main challenges, the Chinese tech giant doesn’t give up. On March 31 he announced the opening of a second laboratory dedicated to AI in Silicon Valley, in addition to the one launched in 2014 in Sunnyvale (California).

    The new facility will employ 150 researchers, said the Chinese media group Caixin.

    Analysts said Baidu would turn into a group focused exclusively on artificial intelligence. The firm sees AI as a « key strategic focus for the next decade, » said Robin Li. At the beginning of 2017, the group CEO has named its chief operating officer Lu Qi to head its newly established intelligent driving group, a Chinese expert trained in the United States and reputed to be an expert in artificial intelligence, ensured Robin Li. With the recruitment of this leading AI expert, who holds 40 patents in the US, the company is confident in the ability of Baidu  to become « a global leader in artificial intelligence. »

    IA: The Chinese group will have to face strong competitors

    Baidu wants to become an AI leader in different sectors, including in healthcare, in automotive and in electronics. The company has started working on the creation of an autonomous car in 2014 and a connected speaker to compete with Echo, designed by Amazon. In March, Baidu Researchers have also proved  that AI could retain information recorded in the past, while assimilating new knowledge, which is an important step in the future of this new technology.

    However, Baidu is not the only Chinese company to invest in AI. In March, Didi Chuxing, the « Chinese Uber », opened its first Californian R&D center focused on artificial intelligence. Tencent and Alibaba are also investing heavily in the sector. The National Development and Reform Commission of the People’s Republic of China (NDRC), a central planning agency in the People’s Republic of China, revealed a program to develop a market worth more than $15.26 billion (€ 14bn) by 2018.

  • Singapour : Zuellig Pharma investit près de 40m€ dans un premier centre d’innovation de santé

    Le fournisseur de services de santé singapourien Zuellig Pharma a inauguré le 5 avril 2017 son premier centre d’innovation au sein de la cité-État, Zuellig Health Solutions (ZHS). Il prévoit d’y investir plus de 50 millions de SGD (36,7 M €) au cours des cinq prochaines années.

    L’établissement a été lancé avec le soutien du Conseil de développement économique de Singapour (EDB). Jusqu’à présent, la société a dépensé près de 15 millions de SGD (10 M €) pour mettre en place son installation.

    Un centre d’innovation pour mieux gérer les données de santé et tester des solutions health tech

    Le ZHS a conclu un mémorandum d’accord avec le Groupe national de la santé de Singapour (National Healthcare Group) afin d’élaborer des modèles prédictifs pour le dépistage précoce des maladies, ainsi que pour l’analyse des coûts et de la qualité des traitements, en utilisant des systèmes d’analyse des données.

    Au cours du deuxième semestre 2017, il prévoit de lancer au sein de la cité-État une application mobile visant à aider les patients à mieux gérer leurs maladies chroniques.

    Dans le cadre de la création de ce nouveau centre, Zuellig Pharma recherche plus de 50 spécialistes en santé, technologie et analyse de données, basés à Singapour.

    Aider les médecins à établir des traitements plus efficaces et à mieux soutenir les patients

    En tant que premier et unique centre d’innovation de l’entreprise, le ZHS sera le pôle de tous les travaux de développement de solutions dans le domaine de la gestion des données et des maladies qui permettront aux médecins d’élaborer des plans de traitement plus efficaces, de soutenir les patients souffrant de maladies chroniques et d’aider les payeurs à gérer leurs dépenses de santé.

    Le ZHS : un banc d’essai pour tester des solutions d’e-santé avant un déploiement régional

    L’établissement fera également office de banc d’essai pour des solutions d’e-santé, telles que des chat bots, des consultations en ligne avec des infirmières et diverses applications mobiles de santé, avant de les déployer dans le reste de l’Asie, précise Maarten Kelder, directeur en charge de la stratégie et des solutions au sein de l’entreprise.

    L’accès aux soins sera l’une des principales préoccupations du ZHS

    Le ZHS se concentrera en premier lieu sur les lacunes existantes dans le secteur de la santé en Asie, y compris au niveau de l’accès aux soins.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 130 millions de personnes en Asie du Sud-Est n’ont pas accès aux services essentiels de soins de santé. Grâce à son centre d’innovation, le ZHS souhaite faciliter l’accès à ces services dans les villes de deuxième et de troisième niveaux dans la région.

    « Prenez le Vietnam par exemple. L’industrie locale a toujours été centrée sur Hô-Chi-Minh-Ville, Hanoï ou Da Nang. Si vous habitez dans les zones rurales, vous n’aurez pas accès aux médicaments haut de gamme venus de l’étranger », explique John Davison, le P.-D.G. de Zuellig Pharma (Channel NewsAsia).

    « Singapour est un choix évident » (J. Davison, P.-D.G. de Zuellig Pharma)

    La création du nouveau centre d’innovation de Zuellig Pharma intervient après le récent transfert du siège de la société de Hong Kong à Singapour.

    M. Davison explique avoir pris cette décision parce qu’un certain nombre de ses clients dans le secteur pharmaceutique et de la santé, comme GlaxoSmithKline et AstraZeneca, sont basés dans la cité-État. « Et si vous regardez l’écosystème dans les domaines des technologies numériques et des big data, Singapour en est le centre principal. Donc, pour moi, [le choix était] évident », a-t-il ajouté dans une interview accordée à Channel NewsAsia.

    De plus, la société existe à Singapour depuis 1939. Fondée en 1922, elle compte aujourd’hui plus de 800 employés au sein de la cité-État et son activité y est évaluée à près d’un milliard de dollars US (939 M €). « Ce n’est pas un lieu étranger pour nous. »

    « Un autre avantage qui est souvent négligé est que, en se situant à Singapour, (…) l’équipe de direction de Zuellig Pharma sera située à proximité des décideurs de nombreux clients clés. Cela offre des opportunités pour des partenariats et des relations avec les fournisseurs qui ne seraient pas si facilement établis lorsque vos clients sont situés à plusieurs heures de vols [de votre siège] », a commenté Beh Swan Gin, président de l’EDB, présent au moment du lancement du nouveau centre.

  • Singapore: Zuellig Pharma investing S$50m in its first health innovation center

    On 5 April 2017, Healthcare services provider Zuellig Pharma inaugurated its first innovation center in the city-state, Zuellig Health Solutions (HSZ). It plans to invest more than S$50 million (US$35,9 M/€36,7 M) over the next five years.

    The establishment was launched with the support of Singapore’s Economic Development Board (EDB). So far, the company has spent nearly S$15 million (US$10,8 M/€10 M) to set up the facility.

    An innovation center to better manage health data and to test health tech solutions

    The ZHS has entered into a MoU with the National Health Group of Singapore to create predictive models for early detection of diseases and for analysis of treatment costs and quality, by using data analysis systems.

    In the second half of 2017, it plans to launch in the city-state a mobile application designed to help patients better manage their chronic diseases.

    As part of the creation of this new center, Zuellig Pharma is looking for over 50 healthcare, technology and data experts based in Singapore.

    Helping doctors to develop more effective treatments and better support patients

    As the first and only company’s innovation center, the ZHS will be the center of all development work in the field of data, digital and diseases management solutions that will allow physicians to develop more efficient treatment plans, better support patients with chronic diseases and help payers to manage their healthcare costs.

    The ZHS: a test bench for eHealth solutions before a regional deployment

    The ZHS will also be a test bench for eHealth solutions, such as chat bots, online consultations with nurses and various mobile health applications before a deployment in the rest of Asia, said Maarten Kelder, Zuellig Pharma’s head of strategy and solutions.

    Access to health care is one of the main concerns of the ZHS

    The ZHS will focus primarily on on addressing existing gaps in the healthcare sector in Asia, including access to care.

    According to the World Health Organization, nearly 130 million people in Southeast Asia do not have access to essential health care services. Thanks to its new center, Zuellig Pharma would like to facilitate access to these services into the second and third-tier cities in the region.

    « Take Vietnam for example, the local industry has always been centred on Ho Chi Minh City, Hanoi or Da Nang. If you live in the rural areas, you will not have access to higher-end medicine from abroad, » said John Davison, the CEO of the company.

    « Singapore is the obvious choice » (J. Davison, CEO of Zuellig Pharma)

    The creation of the new Zuellig Pharma’s innovation center comes after the recent transfer of the headquarters of the firm from Hong Kong to Singapore.

    M. Davison said he made that decision because many of the company’s clients in the pharmaceutical industry and the consumer health sector, such as GlaxoSmithKline and AstraZeneca, are based in the city-state. « And if you look at the ecosystem for digital technologies and big data, Singapore is the leading centre. So for me, Singapore is the obvious choice, » he added in an interview with Channel NewsAsia.

    In addition, the firm has been in Singapore since 1939. Founded in 1922, it now has over 800 employees in the city-state and have an almost billion-dollar business here. « [This] is not a strange place for us. »

    « Another advantage which is often overlooked is that by locating in Singapore, (…) Zuellig Pharma’s management team will be located very close to the decision makers of many of its key clients… This offers opportunities for partnerships and supplier relationships which would not be so easily established if your clients are located (hours-long) flights away, » said Beh Swan Gin, chairman of the EDB, present at launch.

  • Implants : un secteur innovant mais coûteux pour la collectivité

    Une carte de plus dans le portefeuille ! En 2020, les citoyens européens porteurs d’implants vont devoir en porter une sur eux. Cette mesure, qui fait partie des nouveaux règlements européens sur les dispositifs médicaux adoptés par le Parlement européen le 5 avril 2017, vise à renforcer la traçabilité des implants.

    Dans le secteur très hétérogène des dispositifs médicaux, les implants occupent une place à part. Destinés à rester dans le corps et nécessitant parfois un acte chirurgical, ils relèvent de la classe IIb ou III des DM, celles où le potentiel de risque est jugé « élevé » ou « très sérieux ». Dans la classe III se trouvent notamment les implants mammaires et les prothèses de hanche.

    Quels sont les atouts du secteur ?

    Les implants se distinguent aussi des autres DM parce qu’ils sont en plein boom. On estime qu’en 2050, la moitié des Français vivront avec un implant ou une prothèse médicale. L’allongement de l’espérance de vie et l’apparition de maladies liées à l’âge boostent ce secteur. Pour répondre à ces enjeux majeurs, les fabricants français font preuve d’innovation.

    L’innovation

    Le cœur artificiel de l’entreprise Carmat est connu dans le monde entier et c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. L’innovation dans le dispositif médical implantable concerne aussi bien la miniaturisation que l’autonomie des piles ou encore la capacité à communiquer. Et des implants d’un nouveau genre sont en préparation dans les laboratoires de recherche. Une unité de l’Inserm est en train de développer un implant combinant biomatériaux et cellules souches qui seraient capables de réparer les articulations.

    Les implants de demain pourraient aussi prévenir les infections. Des chercheurs de l’Unité 1121 « Biomatériaux et Bioingénierie » de l’Inserm ont réussi à mettre au point un film biologique ayant des vertus antimicrobiennes, antifongiques et anti-inflammatoires. Ce film révolutionnaire ferait barrage aux infections post-opératoires suite à la pose d’une prothèse de hanche ou d’un pacemaker.

    Des économies en perspective

    Cette innovation, d’abord au service du malade, présente aussi un intérêt économique. Les pacemakers ou défibrillateurs cardiaques en ont déjà apporté la démonstration. Une étude médico-économique (ECOST) menée par Biotronik a montré que des dispositifs permettant un suivi à distance font baisser le nombre de consultations en ambulatoire et de transports associés. L’économie moyenne par patient est de 500 euros pas an, soit 10% du coût total.

    Quels sont ses handicaps ?

    Ce secteur innovant, soutenu par le plan « dispositifs médicaux et nouveaux équipements de santé », est l’une des 34 filières d’avenir du programme de la Nouvelle France industrielle. Et ce soutien n’est pas du luxe car la filière souffre malgré tout d’un certain nombre de handicaps. Certes, le marché du DM dans son ensemble pèse 25 milliards d’euros et plus de 85 000 emplois. Près de 1 300 fabricants de dispositifs médicaux sont actifs en France. Le secteur est à l’origine de nouveaux métiers liés aux solutions d’esanté.

    Une majorité de PME

    Près de 95% des acteurs sont des TPE (très petites entreprises) ou des PME. « Cependant, le marché est en train de changer, affirme Valérie Paris, analyste des politiques de santé à l’OCDE. Des gros acteurs qui ne manquent pas de moyens émergent ».

    Dans le dispositif médical implantable, qui nécessite des capacités d’investissement importantes, des regroupements commencent à voir le jour.  L’ETI (entreprise de taille intermédiaire) franco-italienne Sorin, connue pour ses pacemakers, va se marier avec l’américain Cyberonics et ses technologies de stimulation électrique des nerfs, pour donner naissance à NewCo, au chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros). 

    Il n’empêche… Le tissu reste majoritairement composé de PME. Du coup, les dispositifs médicaux innovants ont du mal à franchir toutes les étapes réglementaires et à accéder rapidement au marché français, comme l’a encore démontré une étude réalisée par le cabinet Jalma commandée par le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) et l’association pour la promotion de l’innovation des dispositifs médicaux (Apidim). Comme l’écrivaient les auteurs du rapport « La place des DM dans la stratégie nationale de santé » pour le CESE en 2015,  » les dispositifs médicaux constituent un marché de niches, composé à 94% de PME qui produisent en petites séries, selon des cycles courts d’innovation, avec de faibles économies d’échelles. »

    Une dépense de santé non maîtrisée

    Les implants ont un autre « défaut » : ils coûtent chers à la collectivité. En 2014, la Cour des comptes a pointé du doigt une sorte de dérive. Pour les sages de la rue Cambon, les dispositifs médicaux constituent « une dépense non maîtrisée ». Et l’enveloppe n’est pas négligeable pour les seuls implants.  En 2014, le montant total de dépense d’assurance maladie était de l’ordre de 1,5 Md€. Ils concernaient essentiellement des implants orthopédiques (35 % du montant total de la liste en sus), des implants cardiaques et vasculaires (32 %) et des greffons osseux (14 %). Ces dépenses auraient fait un bond de 76% entre 2000 et 2012. Pour les implants cardio- vasculaires, c’est une véritable flambée de 266 %. « Cette situation n’est pas satisfaisante, notamment lorsqu’il s’agit de produits dits « invasifs » (dispositifs implantables, par exemple) ou complexes », indiquait la Cour des comptes.

    Pour Edouard Couty, co-auteur du rapport du CESE, « il faut mieux distinguer l’innovation de rupture de l’innovation incrémentale. Un implant offrant une simple évolution de gamme ne doit pas pouvoir revendiquer des tarifs très différents ». Les représentants de patients présents au Comité économique des produits de santé (CEPS) vont y veiller. « D’un côté, il y a le mirage de l’innovation, qui a toujours existé, prévient Valérie Paris, et de l’autre la volonté de soutenir cette industrie ». Le juste équilibre ne sera pas facile à trouver.

  • L’Inde va coopérer avec l’Australie et le Sénégal pour développer des solutions health tech

    Le Cabinet de l’Union, présidé par le Premier ministre indien Narendra Modi, a approuvé le 5 avril 2017 le protocole d’accord entre l’Inde et l’Australie sur une coopération entre les deux pays dans le domaine de la santé et de la médecine. En février, une alliance dans le même secteur entre l’Inde et le Sénégal a été également validée par le Cabinet.

    La santé numérique et la lutte contre le tabagisme font partie des domaines centraux sur lesquels l’alliance entre l’Inde et l’Australie reposera. Le partenariat avec le Sénégal se concentrera davantage sur le contrôle du sida et les secours d’urgence.

    Inde/AUS : combattre les maladies transmissibles et développer l’e-santé

    La coopération entre l’Inde et L’Australie sera l’occasion pour les deux pays de travailler conjointement sur différents sujets, dont :

    • les maladies transmissibles, comme le paludisme et la tuberculose ;
    • les maladies non transmissibles ;
    • la résistance antimicrobienne et la réponse aux urgences de santé publique ;
    • la santé mentale ;
    • la réglementation des produits pharmaceutiques, des dispositifs médicaux et des vaccins ;
    • la santé numérique ;
    • la lutte contre le tabagisme.

    L’idée est de mettre en commun les expertises des chercheurs des deux pays pour élaborer des solutions innovantes, en passant notamment par l’utilisation de technologies de pointe.

    Inde/Sénégal : lutter contre le sida et améliorer la recherche médicale

    Depuis quelques mois, le gouvernement indien multiplie les partenariats à l’international sur différents marchés (IT, high tech, sciences, eau, médias…), notamment avec le Vietnam, le Bangladesh, l’Union Européenne, la France, la Russie et le Portugal.

    Dans le secteur de la santé, il s’est associé avec l’Australie mais également avec le Sénégal il y a deux mois. Le 8 février 2017, il a approuvé la signature d’un accord entre le pays d’Afrique de l’Ouest et l’Inde, comprenant une coopération dans le domaine du contrôle du sida, de la surveillance intégrée des maladies et des secours d’urgence.

    Les secteurs sur lesquels la coopération se focalisera incluent également :

    • la recherche médicale ;
    • la gestion hospitalière ;
    • les médicaments, les produits pharmaceutiques et les équipements hospitaliers ;
    • la médecine traditionnelle.

    Un groupe de travail va être mis en place pour approfondir les détails de cette alliance et superviser la mise en œuvre de l’accord.