Une meilleure adhésion au traitement et davantage d’exercice physique, tels sont les résultats positifs de l’utilisation d’un robot chez des patients souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). D’après l’étude* pilote publiée le 13 février 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR), ces bénéfices dans la prise en charge n’auraient en revanche pas d’impact sur le taux d’hospitalisation de ces patients.
Des preuves d’efficacité des robots d’assistance
Les robots d’assistance pourraient aider à lutter contre l’isolement de certains malades et améliorer leur qualité de vie. Des preuves scientifiques commencent aussi à démontrer que cette forme de soins à distance réduirait le coût de la prise en charge médicale des patients chroniques dans les zones rurales. Grâce à leur présence, les robots d’assistance seraient plus efficaces que tout autre dispositif technologique pour améliorer la compliance au traitement.
Des chercheurs néozélandais ont donc décidé de conduire une étude pilote pour évaluer la faisabilité, l’efficacité clinique mais aussi économique de la mise en place d’un robot d’assistance chez des patients souffrant de BPCO. Ces derniers ont effet tendance à faire trois exacerbations par an, qui entraînent bien souvent des hospitalisations. Et le taux d’adhésion au traitement n’est que de 50% chez ces patients chroniques. Les auteurs de l’étude ont inclus des patients âgés, issus de zones rurales, et notamment des peuples Maoris.
Les multiples missions d’iRobot
Quelque 60 patients ont été randomisés en 2 groupes : les uns recevaient un robot d’assistance à leur domicile pendant 4 mois, les autres appartenaient au groupe contrôle et bénéficiaient donc d’une prise en charge traditionnelle.
Le iRobot robot devait remplir un grand nombre de fonctions :
- mesurer la quantité d’oxygène dans le sang mais aussi le volume d’expiration forcée, la fréquence cardiaque mais aussi l’état mental grâce à un questionnaire ;
- rappeler aux patients de prendre leurs médicaments et d’utiliser leurs inhalateurs ;
- rappeler aux patients la nécessité de faire des exercices physiques ;
- délivrer de l’information sur la BPCO au travers de vidéos ou de fenêtres pop-up ;
- donner la possibilité aux patients d’utiliser la fonction « Je ne me sens pas bien » qui pouvait déclencher des examens cliniques par le robot et l’envoi de SMS à un soignant ;
- faire un retour sur la situation du patient et sa prise de médicaments sur l’écran du robot.
Le robot était relié à un système en wifi permettant de surveiller l’utilisation des inhalateurs. Des alertes se déclenchaient en cas de non-adhérence ou si l’enregistrement des constantes biologiques mettaient en évidence un problème. Et deux kinésithérapeutes étaient chargés de répondre à ces alertes.
Résultats en demi-teinte
Les patients ont réellement bénéficié de la présence d’un robot d’assistance pendant 4 mois :
- le taux d’observance du traitement était de 48,5% contre 29,5% dans le groupe contrôle ;
- les exercices de réhabilitation respiratoire étaient pratiqués plus fréquemment dans le groupe « robot » que dans le groupe contrôle ;
- le coût total des soins d’hospitalisation étaient réduits de moitié grâce à l’intervention du robot d’assistance ;
- le nombre de jours d’hospitalisation était sensiblement identique dans les deux groupes ;
- la qualité de vie n’a pas été améliorée significativement.
Une technologie efficace contre l’isolement
Par ailleurs, l’avis des patients sur la présence d’un robot a été recueilli : 19 patients sur 25 ont jugé l’expérimentation positive. Ils appréciaient le robot surtout parce qu’il leur rappelait de prendre leur traitement, parce qu’ils pouvaient faire des exercices avec le robot, mais aussi pour sa présence. Plusieurs patients ont apprécié sa « personnalité » et sa « compagnie ». Ils lui avaient d’ailleurs souvent donné un nom. Les patients qui ont le moins apprécié la présence du robot étaient aussi ceux qui, spontanément, suivaient le mieux leur traitement.
Les chercheurs néozélandais estiment que l’étude a montré qu’un robot pouvait être utile chez des patients atteints de BPCO et ayant des difficultés d’observance. Même si – ils le reconnaissent eux-mêmes-, l’échantillon est trop peu important pour apporter une preuve irréfutable. En fait, l’idéal serait que les malades puissent bénéficier de la présence d’un robot dès l’hôpital afin qu’ils puissent s’adapter à sa présence. Enfin, bien que le principal résultat de l’étude soit négatif (le nombre de jours d’hospitalisation), le robot d’assistance rompt l’isolement pour nombre de malades.