Pour les deux tiers des Français et les trois-quarts des médecins, la santé connectée est une opportunité pour l’aide au maintien à domicile des personnes âgés : les Français (79 %), aidants (85%) et professionnels de santé (83 %), sont favorables à un financement spécifique des nouvelles technologies visant à aider au maintien à domicile des personnes âgées ou dépendantes. Il s’agit de l’une des informations clés du Baromètre Santé 360 « La prise en charge du vieillissement en France »*, réalisé par Odoxa avec le concours scientifique de la Chaire santé de Sciences Po pour le compte de Nehs et de la Fehap. Les résultats de cette enquête ont été présentés le 18 novembre 2019.
2 technologies en particulier sont jugées utiles par les aidants interrogés pour accompagner les personnes âgées dépendantes : les alertes automatiques en cas de problème de santé et la télésurveillance médicale.
De manière générale, il ressort de ce sondage que la prise en charge du grand âge et de la dépendance constitue un malaise partout en Europe : 75 % des Européens se sentent concernés à titre personnel par la prise en charge du grand âge et de la dépendance mais les deux-tiers des Européens comme des Français se disent mécontents de la prise en charge de cette question dans leur pays. Près de 9 Français sur 10 jugent ainsi les politiques publiques inadaptées aux défis du secteur.
Autres enseignements principaux de baromètre :
• les Ehpad sont globalement mal perçus par les sondés (68 % de mauvaise image) en France mais les personnels de santé/soignants s’occupant de personnes âgées « jouissent d’une très bonne image », observent les auteurs de l’enquête, que ce soit en établissements (60 %) ou lorsqu’ils interviennent à domicile (79 %) : ce constat est inversé dans la plupart des autres pays européens, l’image des établissements y étant un peu moins mauvaise et celle des personnels y travaillant nettement moins bonne ;
• le coût des Ehpad est largement sous-estimé par les personnes interrogées et les sondés ont peu de connaissance sur les dispositifs d’aides existants pour prise en charge de la perte d’autonomie ;
• en cas de perte d’autonomie, les Français souhaitent majoritairement rester à leur domicile ;
• le financement des actions en faveur du grand âge et de la perte d’autonomie doit relever de la solidarité nationale pour une majorité de Français ;
• les aidants représentent plus de 7,5 millions de Français mais les professionnels de santé sous-estiment largement leur nombre : par ailleurs, 83 % des aidants ne bénéficient d’aucun dédommagement ni rémunération au titre de leur activité d’aidants ;
• 79 % des Français sont favorables aux pratiques avancées.
Les nouvelles technologies comme moyen d’améliorer la santé des personnes âgées et leur accès au soin
- Pour 6 Français sur 10 les nouvelles technologies sont un moyen d’améliorer la santé des personnes âgées et leur accès au soin.
Aidants et professionnels de santé favorable à un financement spécifique des nouvelles technologies
Pour les deux tiers des Français et les trois-quarts des médecins, la santé connectée en particulier est une opportunité pour l’aide au maintien à domicile des personnes âgés. Les Français (79 %), aidants (85%) et professionnels de santé (83 %), sont favorables à ce que soit prévu un financement spécifique des nouvelles technologies visant à aider au maintien à domicile des personnes âgées ou dépendantes.
2 technologies en particulier sont jugées utiles par les aidants pour accompagner les personnes âgées dépendantes : les alertes automatiques en cas de problème de santé et la télésurveillance médicale.
La prise en charge du grand âge et de la dépendance, une problématique dans tous les pays européens
- 75 % des Européens sondés se sentent concernés à titre personnel par la prise en charge du grand âge et de la dépendance ;
- cependant, cette préoccupation, jugée majeure par 9 Français sur 10 et autant de soignants (médecins et infirmières), est largement insatisfaite : les deux-tiers des Européens comme des Français se disent mécontents de la prise en charge de cette question dans leur pays.
Grand âge et perte d’autonomie : les politiques publiques jugées inadaptées
- Près de 9 Français sur 10 jugent les politiques publiques inadaptées aux défis du grand âge et de la perte d’autonomie.
- Plus de 8 Français sur 10 se disent inquiets des difficultés budgétaires de nombreux départements liées au financement de l’APA et pensent qu’elles vont accentuer la fracture territoriale.
- 7 aidants sur 10 s’estiment mal aidés par les pouvoirs publics.
Le financement des actions doit relever de la solidarité nationale, estiment les Français
Le financement des actions en faveur du grand âge et de la perte d’autonomie doit relever de la solidarité nationale pour une majorité de Français.
Les trois quarts des Français approuvent la création d’un « 5ème risque » dédié au financement public de la prise en charge de la perte d’autonomie et du grand âge. Cependant, plus de 8 Français sur 10 se disent inquiets des difficultés budgétaires de nombreux départements liées au financement de l’APA et pensent qu’elles vont accentuer la fracture territoriale.
Ehpad : une mauvaise image générale mais un personnel bien perçu (France)
- Les Ehpad sont plutôt mal perçus : 68 % de mauvaise image.
- Cependant, les personnels de santé/soignants s’occupant de personnes âgées « jouissent d’une très bonne image », notent les auteurs de l’enquête, que ce soit en établissements (60 %) ou lorsqu’ils interviennent à domicile (79 %).
Un constat inversé à échelle européenne
Cette forte dichotomie entre perception du personnel et perception de l’établissement est très française, observent les auteurs du baromètre : dans la plupart des autres pays européens, l’image des établissements est un peu moins mauvaise qu’en France (+6 points) et, inversement, celle des personnels y travaillant est nettement moins bonne (- 11 points).
En cas de perte d’autonomie, les Français veulent rester à leur domicile
La notion de « chez soi » est à préserver, notent les auteurs de l’enquête, en évitant le nombre trop important d’intervenants extérieurs. Il ressort que la solution privilégiée par les Français en cas de perte de capacités physiques consisterait à adapter son domicile pour y rester.
En revanche, cette demande de rester à domicile ne serait plus majoritaire en cas de troubles cognitifs : dans ce cas, plutôt que de rester à domicile (29 %), les Français préféreraient intégrer un établissement spécialisé. Les aidants, eux, sont plus partagés à ce sujet (39 % vs 39 %). Le seul élément de rupture est la survenue de troubles cognitifs.
Le coût des Ehpad largement sous-estimé par les patients
À noter que les personnes interrogées sous-estiment largement le coût des Ehpad (écart de 1 à 3 entre ce qu’ils seraient prêts à payer et le coût réel moyen de ceux-ci).
Le prix constitue aussi un important facteur explicatif incitant les Français et les Européens à préférer rester chez eux. Ainsi, la somme moyenne mensuelle que les Français seraient prêts à consentir pour aller en Ehpad est 3 fois inférieure (648 €) au tarif médian actuel (plus de 1 900 €). D’ailleurs les Français ont rarement prévu les moyens pour faire face à ces difficultés : seulement 29 % ont prévu une épargne spécifique et 10 % ont souscrit à une assurance dépendance. Même les aidants, plus concernés, ne sont guère plus prévoyants (36 % et 22 %).
À noter par ailleurs que 7 Français sur 10 – et plus d’1 aidant sur 2 – n’a pas connaissance des dispositifs existants concernant la prise en charge de la perte d’autonomie.
Les acteurs de la dépendance : le nombre d’aidants sous-estimé, les médecins généralistes plébiscités
Les aidants représentent plus de 7,5 millions de Français mais les professionnels de santé sous-estiment toujours largement le nombre d’aidants familiaux. Les médecins notamment sont 3 à 4 fois en dessous de la réalité (moins de 2 millions contre 7,8 en réalité).
7 aidants sur 10 s’estiment mal aidés par les pouvoirs publics
Par ailleurs, 83 % des aidants ne bénéficient d’aucun dédommagement ni rémunération au titre de leur activité d’aidants.
À l’inverse, les soignants en général et les médecins généralistes en particulier jouissent d’une certaine reconnaissance. Le fait que le « médecin traitant » soit au cœur du système de santé français est en effet perçu comme une force par les trois quarts des citoyens français sondés, que ce soit pour les patients (âgés ou non) et l’ensemble du système de soins.
Les Français approuvent les pratiques avancées
Leur confiance dans le médecin généraliste n’empêche pas les Français d’approuver largement les pratiques avancées : 79 % y sont favorables. D’ailleurs, ils sont « pour » l’accentuation de la pratique avancée des infirmier(e)s, des pharmaciens et des autres professions paramédicales.
83 % pensent que développer les pratiques avancées sera utile pour aider au soin et au maintien à domicile des personnes âgées et dépendantes.