Medtech

  • Sécurité des données patients : le NHS adopte la technologie de désidentification de Privitar (UK)

    À la suite d’un appel d’offres, le National Health Service (Royaume-Uni) a signé fin juin 2018 un contrat avec la société de logiciels britannique Privitar afin d’utiliser sa technologie de désidentification connue sous le nom « De-ID ».

    Le dispositif permettra d’éviter que l’identité d’une personne soit reliée à ses informations de santé répertoriées dans le NHS et les services sociaux du Royaume-Uni.

    « Bien que nous utilisions déjà divers moyens de désidentification des données à travers le NHS, De-ID est intéressant dans la mesure où il constitue une manière cohérente de réaliser ces processus », a déclaré Tom Denwood, directeur exécutif « données, perspectives et statistiques » à NHS Digital (communiqué).

    La confidentialité des données privées traitées par le NHS a posé question après l’association du système de santé britannique et de la filiale Google DeepMind d’Alphabet Inc en 2016. Le duo a été critiqué après la parution d’une enquête de l’hebdomadaire scientifique international New Scientist : celle-ci affirmait que Google aurait eu accès à de nombreuses informations de patients sans que ceux-ci aient explicitement consenti à partager leurs données avec l’entreprise.

    « Un moyen automatisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier »

    « Au lieu de laisser chaque équipe du NHS gérer ses propres processus de désidentification, De-ID offre un moyen automatisé et normalisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier patient [lors des] collectes de données », explique Tom Denwood.

    Le nouveau logiciel « est non seulement plus efficace, permettant de produire en toute sécurité des [informations] utiles pour des recherches et des analyses, mais il est également plus transparent, ce qui [facilite l’amélioration du] suivi et de l’audit de l’utilisation des données au sein du système », précise-t-il.

    Privitar n’exploite aucune donnée personnelle à des fins commerciales

    Privitar accorde des licences de produits logiciels qui utilisent des techniques d’amélioration de la confidentialité. Il ne gère ni ne traite aucune donnée personnelle à des fins commerciales.

  • Etude : des outils de santé mobile mesurent précisément les facteurs de risque cardiovasculaire

    Des chercheurs américains du Scripps Research Institute et des spécialistes des data de chez Withings basés en France ont publié le 2 juillet 2018, dans la revue Hypertension, les résultats d’une étude* démontrant la pertinence des outils de santé mobile pour mesurer la vitesse de l’onde de pouls et tous les facteurs de risque cardiovasculaires au domicile des patients. Les données étaient cohérentes avec celles d’études antérieures réalisées dans des établissements de soins. 99% des patients étaient prêts à retenter l’expérience d’un suivi via la santé mobile.

    La santé cardiovasculaire suivie en vie réelle

    Près d’un tiers des décès dans le monde sont dus à une maladie cardiovasculaire. Par conséquent, l’un des principaux défis en terme de prévention et de traitement de ces pathologies consiste à surveiller les patients à distance, lorsqu’ils ne sont pas au cabinet du médecin. Le développement des technologies mobiles, tels que les traqueurs d’activité, les moniteurs de sommeil, les appareils d’automesure de pression artérielle, rend ce monitoring à distante, en condition de vie réelle, tout à fait possible.

    Des chercheurs américains du Scripps Research Institute ont donc travaillé avec la firme Withings pour mettre au point une étude. Alors que les études de santé cardiovasculaire traditionnelles se sont concentrées sur des signes vitaux tels que la tension artérielle, le poids et la fréquence cardiaque, le développement de technologies de santé mobiles a permis aux chercheurs d’élargir leur boîte à outils. Ils ont recueilli des données sur la durée du sommeil, les niveaux d’activité physique, la vitesse de l’onde de pouls et d’autres facteurs de risque liés au style de vie qui influencent ou prédisent les résultats cardiovasculaires.

    Des incitations financières pour adopter la santé mobile

    Quelque 295 personnes qui possédaient trois dispositifs de suivi de la santé Withings ont été incluses dans l’étude. Un quart d’entre eux prenaient des anti-hypertenseurs, plus de 80% étaient des hommes et la moyenne d’âge se situait autour de 47 ans. Ils devaient prendre régulièrement leur tension, mesurer leur onde de pouls, et utiliser aussi souvent que possible les traqueurs pour mesurer leurs sommeil, leur activité physique… et ce pendant 4 mois. Une incitation financière était prévue : 100$ s’ils se conformaient au protocole pendant 8 semaines, et 180$ s’ils tenaient 17 semaines. Toutes les mesures ont été transmises sans fil via une application pour smartphone à une base de données sécurisée.

    Résultats

    Sur les 293 participants inclus dans l’étude, 255 ont pris au moins une fois leur tension et mesuré leur onde de pouls. Parmi eux :

    • 73% ont régulièrement vérifié leur tension artérielle et leur vitesse d’onde de pouls pendant 17 semaines ;
    • Les données enregistrées à domicile se sont révélées cohérentes avec celles émanant d’études réalisées dans des environnements de soins très contrôlés ;
    • 99% d’entre eux ont indiqué qu’ils seraient prêts à participer à une autre enquête similaire ;
    • En terme de satisfaction, les patients ont attribué la note moyenne de 9/10 à l’expérimentation de la santé mobile.

    Le coût du suivi à distance 

    Les auteurs de l’étude soulignent que c’est la première étude à évaluer avec succès la vitesse de l’onde de pouls en dehors d’un cadre clinique. Or, « c’est un indicateur important du risque cardiovasculaire qui est utilisé dans la pratique clinique », précisent-ils. Selon Steven Steinhubl, directeur de la médecine numérique à la Scripps Translational Sciences Institut et auteur principal de l’étude, ce suivi à distance par des outils de santé mobile ne nécessitant pas de personnel supplémentaire, ni de formation, pourrait être étendu à de larges populations.

    Les intérêts divergents de la science et du commerce

    Cependant, la bonne adhésion au dispositif est en partie liée à la contre-partie financière. Ce coût représente incontestablement un frein au développement d’un tel protocole. Les chercheurs entrevoient un autre obstacle au déploiement d’un tel suivi à distance : « les sociétés peuvent modifier les algorithmes, mettre à niveau les versions de logiciels ou d’appareils, intégrer les appareils ou même déconnecter complètement les lignes de produits. N’importe lequel de ces changements peut perturber ou arrêter définitivement les études de santé mobile. »

     

  • MonDocteur Hospi : une appli pour simplifier les démarches administratives dans les centres de soins

    La start-up de e-santé française MonDocteur a lancé en mai 2018 MonDocteur Hospi, une solution mobile de gestion de la relation patient visant à décongestionner les services d’accueil des hôpitaux et des cliniques.

    L’application prend en charge les données relatives au parcours des patients avant leur arrivée au sein du centre de soins, et ce, jusqu’à leur sortie de l’établissement.

    MonDocteur Hospi propose 3 services :
    • une présentation de l’offre de soins ;
    • une gestion en ligne des admissions permettant l’envoi dématérialisé de tous les documents administratifs des patients (photo des carte d’identité, de sécurité sociale et de mutuelle, etc.), le choix de son mode d’hospitalisation (chambre simple ou double ? avec télévision et/ou wifi ? etc.) et des services additionnels proposés par l’établissement ainsi qu’un suivi en temps réel des admissions par le personnel administratif ;
    • une évaluation de la satisfaction des patients à l’issue de leur hospitalisation par le biais d’un formulaire automatique et d’un outil de reporting en ligne.

    Objectifs de MonDocteur Hospi :

    • désengorger les services d’accueil des centres de santé ;
    • dématérialiser les informations patients pour gagner en efficacité ;
    • simplifier le quotidien du personnel de soins et des professionnels de la santé et ainsi mieux satisfaire les patients.

    « L’utilisation de notre solution de prise de rendez-vous dans des centaines d’établissements de santé nous a permis de prendre la mesure des difficultés qu’ils rencontrent, commente Thibault Lanthier, co-fondateur et directeur général de MonDocteur (communiqué). Difficulté à récupérer des informations avant et après l’hospitalisation, congestion des services d’accueil, patients insatisfaits, etc. ; la liste est longue ! L’admission en ligne via MonDocteur Hospi permettra de fluidifier le parcours du patient ».

    Vers un suivi ambulatoire en ligne post-hospitalisation

    MonDocteur a déclaré souhaiter simplifier un peu plus le parcours du patient à l’hôpital en proposant à terme un suivi ambulatoire post-hospitalisation complet en ligne.

  • L’AP-HP teste l’application de Team’Doc pour un échange sécurisé des données médicales

    L’hôpital Beaujon, hôpital de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, est en train de tester sur une période de six mois une application mobile développée par la société Team Doc afin de permettre aux équipes du service d’anesthésie-réanimation de partager les informations médicales des patients pris en charge.

    À l’issue de cette expérimentation, l’application sera adoptée par un service de l’hôpital, à savoir le service de chirurgie orthopédique.

    L’objectif ultime de cette phase de test mobilisant 40 médecins et paramédicaux est de tirer des enseignements pratiques afin de les inclure dans la mise en place de la solution définitive que les équipes médicale de l’hôpital Beaujon utiliseront pour le partage des données de santé.

    Une application digitale trouve sa justification dans le besoin du patient

    Échanger les informations via une appli sur smartphone dédié

    Il s’agit d’un outil qui trouve toute son utilité dans le cadre des transmissions médicales, des moments-clefs à l’hôpital, qui sont l’occasion d’échanger les informations entre l’équipe de jour et l’équipe de garde.

    Avec l’application, les informations pertinentes pour la prise en charge des patients sont partagées en temps réel avec l’ensemble des parties prenantes. L’échange se fait sous forme de fiches résumées standardisées qui sont susceptibles d’être complétées par des examens à venir ou des résultats d’examens en attente.

    L’avantage de la solution consiste à faire converger tous les moyens de diffusion des informations médicales pour fluidifier la communication entre praticiens au service d’une meilleure prise en charge.

    L’application a été conçue pour être utilisée sur un « smartphone hospitalier » dédié fourni dans un double objectif : garantir la sécurité des données et favoriser la séparation vie privée-vie professionnelle.

    Fonctionnalités

    Les fonctionnalités disponibles dans la version testée sont les suivantes :

    • un annuaire dynamique des médecins permettant de connaître en temps réel leur disponibilité et leur affectation (de garde, d’astreinte, d’avis…) ;
    • une messagerie sécurisée (chat) avec groupes de conversations ;
    • des fiches de transmissions médicales partagées avec l’ensemble du service et partageables en cas d’avis à demander ainsi qu’une liste de tâches ;
    • des recommandations des sociétés savantes selon la spécialité du médecin, des procédures et protocoles locaux.

  • Myopie infantile : Singapour lance une application de dépistage et de gestion parentale

    Plano, une application de gestion parentale et de dépistage de la myopie, a établi en juin 2018 un partenariat avec le Conseil de promotion de la santé (Health Promotion Board, HPB) de Singapour afin de participer à la réduction de l’apparition et de la progression de la myopie infantile.

    Dans le cadre du contrôle annuel de la vue effectué par le HPB dans les écoles du programme national de prévention de la myopie, les élèves et les parents sont encouragés à utiliser Plano afin de développer de bonnes habitudes à même de prévenir l’apparition ou la progression de ce trouble de la vision.

    Des interventions en direct pour corriger l’utilisation des appareils avec écran

    Singapour a l’un des taux de prévalence de la myopie infantile les plus élevés au monde.

    Ce nouveau partenariat est un exemple de l’intensification de l’utilisation des nouvelles technologies par le HPB pour élargir la portée et l’impact de ses programmes de promotion de la santé.

    Plano a initialement été conçu et développé par le Programme d’incubation des technologies ophtalmiques de l’Institut de recherche ophtalmique et le Centre national ophtalmique de Singapour (SERI-SNEC), avec le soutien du Centre national d’innovation en santé (NHIC).

    Un retour détaillé a été demandé à plus de 2 000 parents et enfants afin de s’assurer que l’outil était adapté à l’objectif recherché. L’application est ainsi devenue le premier dispositif du genre à proposer des interventions en direct afin de corriger l’utilisation d’appareils nuisibles pour la vision. Elles surveillent par exemple la distance séparant les yeux de l’utilisateur et l’écran, la posture de l’usager et délivrent des points pour une bonne utilisation de l’appareil.

    Des programmes pédagogiques à destination des enfants

    Ces points peuvent être utilisés pour demander une « aventure », soit un programme pédagogique à destination des enfants. Les parents peuvent ensuite se servir des points accumulés pour les échanger contre des remises applicables au programme en question.

    Plano utilise également l’intelligence artificielle pour s’assurer que les enfants effectuent des tests oculaires réguliers mais aussi pour détecter les signes précoces de la myopie. L’outil fournit aussi des recommandations et des astuces de contrôle de la vue pour aider à améliorer l’utilisation de l’appareil.

    Les utilisateurs Premium recevront également un rapport personnalisé afin de partager leurs retours sur les progrès de leur enfant.

    Soins oculaires : Singapour souhaite impliquer davantage les parents

    « Au-delà de notre contrôle de la vue dans les écoles et des efforts d’éducation publique pour promouvoir de bonnes habitudes oculaires, nous pouvons maintenant impliquer les parents plus activement dans la culture des bonnes habitudes oculaires chez leurs enfants, a déclaré le Dr. Veronica Tay, directrice adjointe du programme national de prévention de la myopie et du Conseil de promotion de la santé des étudiants (source : Enterpriseinnovation.net). Les parents auront désormais la possibilité de surveiller intelligemment l’utilisation de leurs appareils électroniques par leurs enfants, à leur convenance. »

  • Childhood myopia: Singapore launches a screening and parental management app

    Plano, a myopia screening tool and parental management app, established a partnership in June 2018 with the Singapore Health Promotion Board (HPB) to reduce the onset and progression of childhood myopia.

    As part of the HPB’s annual screening of vision in schools under the National Myopia Prevention Program, students and parents are encouraged to use Plano to develop good eye care habits that can prevent the onset or progression of myopia.

    Live interventions to correct unhealthy usage of devices with screen

    Singapore has one of the highest prevalence rates for childhood myopia in the world.

    This new partnership is an example of HPB intensifying the use of technology to expand the reach and impact of its health promotion programs.

    Plano was first designed and developed by the Ophthalmic Technologies Incubator Program of the SERI–SNEC, with support from the National Health Innovation Centre (NHIC).

    Extensive feedback was also sought from more than 2,000 parents and children to ensure that plano is fit for purpose. This has resulted in plano being the first of its kind to have live interventions to correct unhealthy device usage, including active monitoring of how close the screen is to the eyes, prompts to adjust the user’s posture and reward-based nudges on device management.

    Educational programs for children

    These points would be awarded for good device-use, and can be used to request for an « adventure », which is an educational program for children. Parents can then use the points to redeem monetary discounts applicable to the program.

    Plano also uses artificial intelligence to ensure that children make regular eye checks and detect early signs of myopia. The tool also provides eye check recommendations and tips to improve the use of the device.

    Premium users would also receive a customized report to provide feedback on their child’s progress.

    Eye care: Singapore wants to involve parents more

    « Beyond our vision screening in schools and public education efforts to promote good eye care habits, we can now involve parents more actively in cultivating good eye care habits in their children, said Dr. Veronica Tay, deputy director of the National Myopia Prevention Program and Student Health Centre of Health Promotion Board (source: Enterpriseinnovation.net). Parents will now have the ability for smart monitoring of their children’s usage of electronic devices, at their convenience. »

  • Prix HIMSS-Elsevier Asia Pacific Digital Healthcare : appel à candidatures pour la 6e édition

    HIMSS Asia Pacific et Elsevier a lancé en juin 2018 l’appel à candidatures pour le sixième Prix HIMSS-Elsevier Digital Healthcare 2018 en Asie-Pacifique.

    Depuis la création du prix en 2013, le concours a attiré des participants issus de 119 organisations provenant de 30 pays différents avec des projets impactant environ 41 millions de patients dans le monde.

    Les TIC au cœur du concours

    Les deux catégories ouvertes aux candidatures sont :

    • Application exceptionnelle des TIC (Outstanding ICT Achievement) : cette catégorie se concentre sur les entrepreneurs ayant exploité les technologies de l’information dans l’optique de faire progresser la qualité des soins et la sécurité des patients.
    • Innovation exceptionnelle des TIC (Outstanding ICT Innovation) : cette division met quant à elle l’accent sur celles et ceux qui ont utilisé de manière créative les technologies existantes ou développé de nouvelles solutions afin d’améliorer significativement les soins et les résultats pour les patients mais aussi de favoriser une plus grande adoption des TIC au sein de l’industrie de santé.

    Des projets d’une envergure plus importante

    « Depuis la création du prix, les candidatures ont évolué avec des projets de plus grande envergure, a déclaré Simon Lin, directeur exécutif de HIMSS Asie-Pacifique (source : Elsevier.com). L’année dernière, nous avons également reçu un plus grand nombre de candidatures provenant des ministères, d’entreprises privées, d’organisations nationales, etc. Nous espérons que cette tendance se poursuivra et nous attendons avec impatience une plus grande participation de l’APAC et de notre pays hôte, l’Australie. »

    En 2017, le concours a connu une forte participation (18 organisations de soins de l’APAC étaient représentées), récompensant ainsi cinq nouveaux participants :

    • Le Royal Children’s Hospital de Melbourne (Australie) et le Fudan University Huashan Hospital (Chine) ont décroché le prix Outstanding ICT Achievement ;
    • Le Aravind Eye Hospital (Pondichéry, Inde), le Mackay Memorial Hospital (Taïwan) et le Princess Alexandra Hospital (Australie) ont remporté le prix Outstanding ICT Innovation.

    Date limite de dépôt des candidatures : le 31 août

    Les juges qui délibèreront pour décerner le prix 2018 sont :

    • Bill Le Blanc, directeur exécutif et chef de l’information à SA Health (Australie) ;
    • John Sutherland, responsable principal de l’information à Ramsay Health Care (Australie) ;
    • John Daniels, vice-président mondial à HIMSS Analytics (États-Unis) ;
    • Dr. Korpong Rookkapan, directeur du Paknampo Hospital (Thaïlande) ;
    • Robert Nieves, vice-président de l’informatique de la santé (solutions cliniques) à Elsevier (États-Unis) ;
    • Dr. Aamir Ali, consultant en informatique de la santé au ministère de la Santé et de la Prévention (Émirats arabes unis).

    La liste des gagnants sera dévoilée en novembre

    Les candidatures peuvent être envoyées via le site de l’événement ou par email à pheung@himss.org.

    La date limite pour la soumission des dossiers est le vendredi 31 août 2018.

    Les lauréats seront récompensés le lundi 5 novembre 2018 lors du dîner de remise des prix HIMSS-Elsevier, organisé à l’occasion du salon HIMSS AsiaPac18 à Brisbane (Australie).

  • Trophées de l’hospitalisation privée : 3 cliniques récompensées pour leurs projets en e-santé

    La 10ème édition des Trophées de l’hospitalisation privée s’est tenue le 19 juin au Medef (Paris) où 9 cliniques privées ont été nommées dans les catégories « santé connectée », « relations patients », « excellence médicale »  et « clinique socialement responsable », a annoncé dans un communiqué la Fédération de l’hospitalisation privée, organisatrice de l’événement.

    Parmi les 5 lauréats, les 3 cliniques suivantes ont été récompensées dans le secteur de la e-santé :
    • la clinique Lille Sud du groupe Ramsay Générale de santé à Lesquin (Nord) pour son projet de « patient géolocalisé » (relations patients) ;
    • la clinique du Val d’Ouest à Ecully (Métropole de Lyon) pour le projet « les P’tits doudous du Val d’Ouest, l’enfant héros de son parcours de soin grâce au serious game » (santé connectée);
    • la clinique Clinalliance à Villiers-sur-Orge (Essonne) pour le projet « rééducation de la marche et objets connectés » (coup de cœur du jury).

    E-santé : des cliniques de Lille, Lyon et d’Essonne parmi les vainqueurs

    Une centaine de candidatures avaient été déposées pour cette édition 2018, soit un peu moins qu’en 2017 (150 candidatures).

    Cette année, le jury avait nommé 9 cliniques, sous la conduite de Jean Leonetti, maire d’Antibes et actuel président de la Fondation des usagers du système de santé, qui a parrainé cette édition.

    Les deux autres cliniques faisant partie des lauréats 2018 sont :

    •  l’hôpital privé Jean Mermoz à Lyon (Ramsay Générale de santé), qui s’est démarqué par son projet « l’endomiscroscopie confocale laser pour le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques » (catégorie « excellence médicale »).
      « Le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques est difficile et peut conduire à une chirurgie ou une surveillance inappropriée, précise le communiqué (source : Techopital.com). (…) L’endomicroscopie confocale laser (ECL), nouvelle technologie permettant une visualisation microscopique in vivo et en temps réel des cellules pariétales du kyste lors d’une procédure de ponction sous écho-endoscopie, améliore la prise en charge de ces lésions. »
    • la clinique Clémentville à Montpellier (groupe OC santé), primée pour le projet « maternité de la clinique Clémentville, une éco-maternité » (catégorie « clinique socialement responsable »).
      Elle a développé « une maternité nature, éco-responsable qui prend soin des parturientes, avant, pendant et après la grossesse [afin de] préserver leur santé et celle des générations futures », est-il indiqué.
  • Monaco : « un cloud souverain » pour faciliter le partage des données de santé

    La principauté de Monaco envisage de créer « un coffre-fort numérique d’État » afin de rendre techniquement possible la circulation de l’ensemble des données liées à la santé au sein des différents établissements de soins de la principauté, selon une déclaration du 9 juin 2018 de Didier Gamerdinger, ministre des Affaires Sociales et de la Santé de la Principauté.

    Le but est d’encourager les patients à devenir acteurs de leur santé et de les placer au centre des réflexions sur le développement de la e-santé.

    Ce « cloud souverain » pourrait être créé dès 2019. Chaque patient ne disposerait que d’un seul dossier de type DME, protégé par un identifiant et un mot de passe, pour avoir accès à ses informations de santé personnelles.

    Actuellement, un frein d’ordre légal empêche le développement du projet : le droit monégasque interdit la transmission ou l’échange d’informations de santé. Le cadre législatif devra donc être modifié pour être conforme aux exigences de la Commission monégasque de contrôle des informations nominatives (CCIN), l’autorité monégasque de protection des données personnelles.

    Un « cloud souverain » pour les données de santé prévu pour 2019

    À l’heure actuelle, il n’existe aucune connexion entre les établissements de soins de Monaco, ni entre les professionnels de santé et les patients. La principauté a confié à Frédéric Genta, son délégué interministériel chargé de la transition numérique depuis mars 2018, de proposer des solutions pour pallier ce manque.

    « En matière de e-santé, l’idée est qu’on aille vite et fort car on est un peu en retard, a déclaré début juin Didier Gamerdinger, conseiller-ministre des Affaires sociales et de la Santé (source : Nicematin.com). Nous avons missionné une société spécialisée pour faire la restitution des attentes des différents acteurs du secteur : caisses sociales, médecins, pharmaciens, infirmières, etc. »

    Vers une prise des rendez-vous médicaux sur mobile

    L’objectif de la principauté : établir un état des lieux du secteur de la e-santé à Monaco puis définir les attentes des professionnels afin d’établir « un plan d’action à court, moyen et long terme, et lancer, dès que possible, des initiatives très concrètes ».

    Exemple : mettre en place la prise de rendez-vous médicaux sur smartphone.

    Afin de faire circuler facilement les données de santé, il faut tout d’abord rendre l’opération possible au niveau technique, d’où la création prochaine d’« un coffre-fort numérique d’État ».

    Ce « cloud souverain » devrait, à terme, recueillir toutes les données informatiques utiles.

    Le cadre juridique pose problème

    Cette mise en place d’un système de santé numérique unique pose cependant problème d’un point de vue juridique.

    « Nous partons de zéro, explique Didier Gamerdinger. Aujourd’hui, le droit nous impose de ne pas transmettre ou échanger les informations. Il va donc falloir changer le droit et être en accord avec la CCIN. À Monaco, il y a des initiatives et nous allons consacrer les moyens pour répondre aux attentes des professionnels de santé. En matières scientifique et médicale il y a énormément à apprendre. Cela va être le big-bang du numérique dans la e-santé. »

  • #FASN2018 : Arpavie et SOS Seniors innovent en misant sur les outils numériques ou l’organisationnel

    À l’occasion de l’étape dédiée au parcours de vie dans le cadre de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), qui a eu lieu le 26 juin 2018 à Paris, deux intervenants œuvrant dans le secteur de la dépendance des personnes âgées ont présenté leurs projets et les stratégies d’innovation.

    Michel Chatot, président du Groupe Arpavie a exposé les expérimentations en cours et les réalisations dans le cadre de la mise en œuvre des technologies de pointe dans les Ehpad du groupe – robotique pour le lien social, IoT pour assurer la traçabilité au sein des établissements et l’installation de cabines de télémédecine sont les priorités.

    Le groupe SOS Senior représenté par Maryse Duval, sa directrice générale, a développé un projet nommé Seniors Connect en vue de créer une porte d’entrée privilégiée pour les seniors à domicile et leur entourage vers une offre de services diversifiée et adaptée, fournie par les Ehpad et des partenaires locaux. Ce projet véhicule une vision de l’Ehpad en tant que plateforme de ressources pour les collectivités pour accompagner les personnes âgées à domicile depuis l’Ehpad.

    Arpavie intègre des outils numériques au sein de ses établissements pour une meilleure prise en charge

    Michel Chatot a affirmé que le numérique va innerver de plus en plus les établissements ancrés dans les territoires au service de leur décloisonnement. L’Ehpad du futur va devoir rayonner sur le territoire en se dirigeant vers le domicile.

    Faciliter le parcours de vie reviendra à s’orienter vers des plateformes gérontologiques qui proposeront des services nouveaux à destination des personnes âgées dépendantes et des aidants, d’une part, et des services au domicile et au sein d’établissements classiques d’accueil, d’autre part.

    Le président d’Arpavie souligne que pour le développent de ces services, les acteurs du médico-social ont besoin de financements sous forme de crédits expérimentaux et de partenaires industriels pour le déploiement.

    Stratégie d’innovation déclinée en quatre axes

    Les quatre axes stratégiques d’innovation du groupe Arpavie sont les suivants : le lien social, la e-santé, la sécurité, le bien-être et la prévention. Ils sont portés par une Direction de l’innovation créée en octobre 2017.

    Plusieurs expérimentations sont en cours dans différents établissements du groupe autour des thématiques suivantes.

    Intelligence artificielle sous la forme d’un petit robot humanoïde pour favoriser le lien social

    Nao, un petit robot humanoïde est utilisé actuellement dans l’Ehpad d’Issy-les-Moulineaux auprès de patients atteints d’Alzheimer. Il est utilisé dans le cadre d’ateliers mémoire et de gymnastique douce. Ne visant pas à remplacer le personnel soignant, il permet d’améliorer le rôle et l’activité que celui-ci peut avoir auprès des résidents, selon Michel Chatot.

    Selon le président d’Arpavie, le robot a un rôle de médiateur avec le soignant avec un caractère ludique et rassurant.

    Il a déclaré que cette expérimentation, qui doit faire l’objet d’une publication scientifique au début de 2019, a déjà permis des résultats tangibles en luttant contre l’apathie et l’isolement.

    Partenariat tripartite pour répondre aux enjeux éthiques et techniques

    Ce projet implique deux autres partenaires. Le groupe Altran est l’industriel qui a fourni le robot, alors que les équipes spécialisées en médecine cognitives de l’hôpital Broca de Paris offre son expertise médicale dans le cadre de la mise en œuvre auprès des résidents.

    Télémédecine

    Arpavie prévoit d’installer des cabines de télémédecine au sein de ses Ehpad en province ancrés dans des territoires-déserts médicaux, car l’apport des téléconsultations n’est plus à prouver pour certains actes et types de suivi : le domaine de la psychologie, pour effectuer des mesures de paramètres des résidents, etc.

    Des expérimentations sont en cours à Loudan (Vienne) et à Villiers-le-Bel en partenariat des ARS.

    Traçabilité assurée au sein de l’établissement grâce au tout connecté

    Le numérique est aussi mis à contribution pour la traçabilité qu’un directeur d’Ehpad nécessite de mettre en place. Ainsi, dans certains établissements le linge connecté grâce à des puces a été testé. Le résultat ayant été positif en matière de réduction de pertes, le projet va être généralisé aux autres établissements du groupe.

    Un revêtement de sol intelligent a également été testé ayant la capacité de détecter des chutes et suivre les mouvements des résidents. Il permet de lancer une alerte en absence de mouvement.

    Outiller les patients, aidants et soignants

    Michel Chatot soulignait l’importance de répondre aux exigences que pouvaient avoir les usagers des établissements du groupe et leurs familles. Ainsi, les gestionnaires ont une forte responsabilité pour faciliter leur accueil et à cet effet des outils numériques doivent être déployées, notamment sous forme de tablettes. Le groupe est à le recherche d’un partenaire industriel fournisseur de tablettes.

    Le personnel soignant dispose déjà de tablettes numériques pour la gestion et l’alimentation des dossiers médicaux et pour assurer un suivi.

    Seniors Connect : agir comme une plateforme gérontologique offrant des services intégrés

    Maryse Duval, directrice générale du groupe SOS Seniors a présenté le projet Seniors Connect développé  par le groupe.

    Le groupe SOS Seniors, c’est 85 établissements et services ; à la fois des Ehpad, des services à domicile, des résidences autonomie et des associations qui font de la colocation intergénérationnelle, un dispositif innovant récemment développé.

    Seniors Connect est né pour répondre au souhait de plus en exprimé par les seniors de rester chez eux le plus longtemps possible. L’équipe est partie du constat qu’aujourd’hui l’âge d’entrée en établissement recule et du fait qu’un Ehpad coûte très cher à la collectivité : un budget de création à hauteur d’environ 10 millions d’euros et un budget de fonctionnement d’environ 4 millions d’euros.

    Ceci a amené le groupe à adopter une stratégie d’ouverture de l’Ehpad vers l’extérieur afin de faire bénéficier les populations environnantes des services proposés par l’établissement. Dans cette vision, l’Ehpad sert de plateforme de ressources aux collectivités afin d’accompagner les personnes âgées à domicile depuis l’Ehpad.

    Des services à destination d’un public « hors radar »

    Maryse Duval soulignait que 74% des seniors à domicile auxquels le groupe propose des services n’étaient pas bénéficiaires de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) et que 70% d’entre eux ne disposaient pas du GIR (groupe iso-ressources qui correspond au niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée).

    Maryse Duval souligne que l’âge moyen des personnes âgées auxquelles un service est rendu est de 80 ans, alors que l’âge moyen d’entrée en Ehpad est de 85 ans, donc toute la question est de savoir comment accompagner ces personnes qui sont fragiles et qui demeurent à leur domicile en minimisant les risques avant leur entrée en établissement.

    Utiliser au mieux ce qui existe déjà au niveau local

    L’offre de service dans le cadre de Seniors Connect, via la personne occupant le rôle de coordonnateur du programme, à savoir l’intermédiaire entre l’Ehpad, l’équipe de l’Ehpad et des partenaires locaux, comprend la coordination et l’orientation vers des services existants.

    Le principe consiste à dresser tout ce qui existe localement pour en faire bénéficier l’usager final. Le coordonnateur peut proposer des services quotidiens disponibles au sein de l’Ehpad (coiffure, aide-soignante, kiné, etc.) ou des services à domicile (artisans de confiance, aide à domicile, ergothérapeute pour l’aménagement du domicile, etc.). On peut proposer aussi des services en faveur du lien social dont les seniors à domicile ont grandement besoin pour continuer à avoir une vie sociale.

    Une organisation servicielle à trois niveaux

    Senior Connecte est une pyramide de services, connectant l’Ehpad au domicile, qui vise à :

    • au premier niveau : utiliser les moyens constants de l’Ehpad (repas, animation, transport en car, etc.) ;
    • un second niveau, mettre en place des services à construire avec les autorités de contrôle et de tarification qui nécessitent une autorisation préalable (service de soins à domicile qui rayonne, nuitée d’hospitalisation à domicile, système de portage de repas, bureau d’accueil familial) ;
    • au troisième niveau : introduire des services innovants émanant de l’article 51 tels des salles de télémédecine des Ehpad complètement ouvertes pour des consultations aux personnes des communes en vue de pallier le manque de praticiens.

    L’objectif est de passer des services de prévention délivrés de l’Ehpad vers le domicile à un véritable Ehpad hors les mûrs.

    Le numérique doit permettre de commander des services à l’Ehpad de l’extérieur, depuis le domicile. Mais, pour le permettre, on doit au préalable réduire la fracture numérique.