Medtech

  • CES 2019 : Interaction Healthcare présente les grandes tendances de la e-santé le 29/01/19 à Paris

    Interaction Healthcare présentera le 29 janvier 2019 les grandes tendances de la e-santé repérées lors de la dernière édition du CES, qui se tient du 8 au 11 janvier 2019 à Las Vegas, et leurs impacts possibles pour les acteurs de la santé, soit aussi bien les patients que les laboratoires pharmaceutiques ou encore les acteurs du dispositif médical. Un retour de certaines start-ups ayant participé à l’événement sera également proposé.

    La session aura lieu de 9 heures à midi dans les locaux de Bpifrance à Paris.

    Les inscriptions doivent être réalisées en remplissant le formulaire en ligne, accessible sur Interaction-healthcare.com.

    Programme

    8h45 – Accueil petit déjeuner

    9h15 – Introduction à la conférence

    • Rosalie Maurisse, responsable du secteur « santé », Bpifrance
    • Chahra Louaf, directrice du fonds d’investissement « Patient Autonome », Bpifrance
    • Olivier Ezratty, consultant et auteur, notamment du rapport du CES de Las Vegas

    9h40 – Les grandes tendances de la e-santé au CES de Las Vegas

    Une conférence co-animée par :

    • Ronan Le Quéré, directeur général, Interaction Healthcare
    • Jérôme Leleu, président de Interaction Healthcare, en charge du développement stratégique de SimforHealth

    Avec les retours d’expériences :

    • du Dr Annick Valentin-Smith, co-fondatrice, Vet IN Tech
    • de Raphaël Moreaux, journaliste TIC Santé & TIC Pharma

    10h10 – 2 tables rondes avec le témoignage de plusieurs sociétés françaises dans le domaine de la e-santé présentes au CES de Las Vegas :

    • Diabeloop
    • Home HR
    • Numii de AIO
    • Urgotech
    • Visible Patient

    11h15 – Questions & réponses avec les participants

    11h30 – Networking et démonstration des produits innovants des 6 start-ups

  • Rétro 2018 : top 10 des études révélant les limites de certaines technologies de santé

    En cette semaine de rentrée 2019, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Après être revenu sur les études les plus probantes ayant démontré l’efficacité de certaines technologies dans le domaine de la santé, retour aujourd’hui sur celles qui ont mis en avant les limites voire l’inefficacité de certaines solutions.

    • Suivi à distance et numérique
    – Moniteurs d’activité et coaching à distance n’améliorent pas les capacités de marche ;
    – Les effets positifs de la télésurveillance de l’hypertension s’estompent à long terme ;
    – L’intérêt économique des e-thérapies dans la dépression reste à démontrer ;
    – Effet modeste d’une appli sur l’adhérence au traitement contre l’hypertension ;
    – Les capteurs portables n’améliorent pas la santé des patients suivis à distance.

    • IA et big data
    – Pourquoi le partage de données n’est pas à la hauteur des enjeux de la médecine personnalisée ;
    – L’IA montre des failles dans le dépistage de la rétinopathie diabétique.

    • Applications mobiles et chatbots
    – Les chatbots apportent des réponses médicales qui peuvent être dangereuses ;
    – La majorité des applis de santé ne sont pas conformes aux règles de sécurité des données.

    • Vidéo et traitement
    – Résultats décevants d’un jeu vidéo dans le traitement de l’amblyopie.

    Suivi à distance et numérique

    Moniteurs d’activité et coaching à distance n’améliorent pas les capacités de marche (Jama)

    Des exercices à domicile avec un moniteur portable et un coaching téléphonique n’ont pas eu l’effet escompté chez des patients souffrant d’artérite des membres inférieurs. Leurs résultats au test de marche de 6 minutes ne s’étaient pas améliorés après 9 mois d’entraînement. Les résultats de ces travaux, publiés le 24 avril 2018 dans le Jama, mettent en évidence les limites d’une intervention à distance pour modifier des comportements.

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    Les effets positifs de la télésurveillance de l’hypertension s’estompent à long terme

    Selon une étude parue dans le Jama le 7 septembre 2018, si le télésuivi de la pression artérielle par un pharmacien donne de meilleurs résultats cliniques qu’une prise en charge traditionnelle, ceci ne serait valable qu’à court terme : les bénéfices du télémonitoring de la pression artérielle s’estomperaient avec le temps.

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    L’intérêt économique des e-thérapies dans la dépression reste à démontrer (JMIR)

    Le recours à des e-thérapies ne semble pas diminuer le poids économique de la prise en charge de la dépression, montre une étude randomisée et contrôlée menée par des chercheurs néerlandais, concluant que le fait de compléter la thérapie classique par une thérapie mobile n’est pas rentable. La recherche a par ailleurs révélé que les résultats positifs de la e-thérapie expérimentée ne se maintenaient pas après 24 mois. Ces travaux, publiés le 26 novembre 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR), suggèrent que le rapport coût-efficacité est meilleur quand les interventions sont davantage guidées par un thérapeute.

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    Effet modeste d’une appli sur l’adhérence au traitement contre l’hypertension (Jama)

    Une étude randomisée publiée dans le Jama Internal Medicine a démontré qu’une application mobile pouvait améliorer l’observance médicamenteuse chez des patients présentant une hypertension mal contrôlée. Cependant, l’amélioration est modeste et elle ne se traduit par un bénéfice clinique. Le recours à l’application ne modifiait pas la tension artérielle systolique.

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    Les capteurs portables n’améliorent pas la santé des patients suivis à distance (Nature).

    Une méta-analyse publiée dans la nouvelle revue Nature’s Digital Medicine montre que le suivi à distance des patients grâce à des biocapteurs portables n’a pas d’impact significatif sur leur santé. Néanmoins, dans certaines pathologies, telles que le Parkinson ou l’hypertension, ces dispositifs donnent des résultats prometteurs.

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    IA et big data

    Pourquoi le partage de données n’est pas à la hauteur des enjeux de la médecine personnalisée (Health Affairs)

    Le partage de données est une des conditions préalables au développement de la médecine de précision. Mais, à ce jour, elles ne le sont pas suffisamment pour accompagner cette révolution. Selon une étude parue en mai 2018 dans la revue Health Affairs menée par des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich, plusieurs raisons peuvent expliquer cette lacune : des obstacles techniques dues à la fragmentation des données mais aussi des récompenses insuffisantes pour les chercheurs qui jouent le jeu.

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    L’IA montre des failles dans le dépistage de la rétinopathie diabétique (Jama)

    Un système d’intelligence artificielle (IA) testé pour détecter la rétinopathie diabétique a donné des résultats mitigés lors de son utilisation en vie réelle dans le cadre de soins primaires. Ce constat a été apporté par une étude menée par des chercheurs australiens et américains de la Harvard Medical School, qui met en évidence un taux de faux positifs élevé. Ces travaux ont été publiés le 28 septembre 2018 dans le Jama Network Open.

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    Applications mobiles et chatbots

    Les chatbots apportent des réponses médicales qui peuvent être dangereuses (JMIR)

    Les agents conversationnels, ou chatbots, tels que Siri, Alexa et Google Assistant, représentent un risque s’ils sont utilisés pour répondre à des questions de santé, indique une étude menée par des chercheurs américains démontrant qu’ils échouaient dans plus de la moitié des cas et que leurs conseils pouvaient même causer des dommages graves. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 4 septembre 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

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    La majorité des applis de santé ne sont pas conformes aux règles de sécurité des données (IEEE Access)

    Les 20 applications mobiles de santé les plus populaires compromettent la vie privée de millions d’utilisateurs. C’est le constat qui ressort d’une étude menée par des chercheurs grecs de l’université du Pirée. Les résultats de leurs travaux publiés le 29 janvier 2018 dans le journal IEEE Access (Institute for Electrical and Electronics Engineers) révèlent que les exigences légales en matière de protection des données sensibles ne sont pas respectées. Quant aux futures clauses du règlement européen sur la protection des données (RGPD), elles sont aussi rarement appliquées.

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    Vidéo et traitement

    Résultats décevants d’un jeu vidéo dans le traitement de l’amblyopie (Jama Ophthalmology)

    Un jeu vidéo de type Tetris ne s’est pas révélé pertinent dans le traitement de l’amblyopie, un trouble qui se caractérise par une différence d’acuité visuelle entre les deux yeux. Les résultats de l’étude publiés le 4 janvier 2018 dans le Jama Ophthalmology ne montrent aucune différence entre ce jeu vidéo et un jeu placebo.

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    Et aussi : points de vue critiques

    • Les ophtalmologistes estiment que les EHR ont fait baisser leur productivité (Jama) ;
    • L’analyse prédictive du big data pourrait conduire à des décisions erronées (Jama) ;
  • Rétro 2018 : les études les plus probantes sur l’impact positif des technologies en santé

    En cette semaine de rentrée 2019, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Aujourd’hui, retour sur les études les plus probantes ayant démontré l’efficacité de certaines technologies dans le domaine de la santé.

    • IA et aide à la détection
    – les risques cardiovasculaires détectés dans la rétine grâce à de l’intelligence artificielle (IA) ;
    – l’IA fait moins d’erreurs de diagnostic que les dermatologues ;
    – l’intelligence artificielle pourrait dépister la rétinopathie diabétique.

    • Analyse des données et prédiction
    – le big data lève le voile sur les facteurs de propagation de la grippe ;
    – les données issues des dossiers électroniques affinent la prédiction du risque suicidaire.

    • Objets connectés et télémédecine
    – gagner 8 mois de survie grâce à une appli dédiée au cancer du poumon ;
    – une appli mobile se révèle aussi efficace qu’un ECG standard pour détecter un infarctus ;
    – les rappels téléphoniques automatisés améliorent le taux de vaccination ;
    – un inhalateur connecté diminue les symptômes de l’asthme ;
    – la télémédecine augmente l’espérance de vie des insuffisants cardiaques.

    • Les nouvelles technologies au service de la chirurgie
    – le pancréas artificiel progresse grâce à des algorithmes plus performants ;
    – un cœur en 3D identifie précisément les tissus cardiaques responsables d’arythmies.

    IA et aide à la détection

    Les risques cardiovasculaires détectés dans la rétine grâce à l’intelligence artificielle (Nature)

    Des chercheurs de Verily Life Sciences, la filiale santé de Google, ont réussi à prédire le risque cardiovasculaire en analysant la rétine de milliers de patients, grâce à un système d’intelligence artificielle. Cette étude dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Biomedical Engineering, le 19 février 2018, montre que les technologies de deep learning sont parvenues à extraire d’autres informations dans le fond d’œil, telle que l’âge et le sexe du patient.

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    Autres études démontrant l’efficacité de l’IA en termes d’aide à la détection :

    • un algorithme détecte avec précision la rétinopathie chez les prématurés (Jama Ophtalmology) ;
    • le machine learning aide à classifier les tumeurs cérébrales (Nature) ;
    • le machine learning détecte avec précision l’une des complications du cancer du sein ;
    • IA et smartphone peuvent prévoir la survenue d’une maladie cardiaque.

    L’IA fait moins d’erreurs de diagnostic que les dermatologues (Annals of Oncology)

    Un système d’intelligence artificielle est parvenu à repérer davantage de mélanomes que des dermatologues expérimentés. Ces algorithmes, mis au point par une équipe de chercheurs allemands, américains et français, en ont détecté 95 % contre 89 % pour les médecins. Ces résultats ont été publiés le 28 mai 2018 dans les Annals of Oncology.

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    IA et rétinopathie diabétique

    • Plusieurs travaux ont mis en avant le fait que l’intelligence artificielle pourrait aider les professionnels de santé à dépister la rétinopathie. Une étude publiée dans le Jama montre ainsi, parmi d’autres, que des systèmes d’IA pourraient combler les manques de professionnels formés à cet acte technique : ses auteurs démontrent qu’un système basé sur du deep learning a permis de dépister des cas de rétinopathie diabétique avec des taux de spécificité et de sensibilité de l’ordre de 90 % (l’article complet ici).

    Autre étude portant sur l’impact positif de l’IA sur la détection de la rétinopathie : Un algorithme détecte avec précision la rétinopathie chez les prématurés (Jama Ophtalmology).

    • Cependant, différents chercheurs émettent des réserves quant à l’efficacité de l’intelligence artificielle dans le dépistage de la rétinopathie. Parmi les études publiées sur le sujet, deux ont retenu l’attention de H&TI :
      • Les résultats du 1er outil de dépistage de la rétinopathie par IA questionnés par des experts ;
      • L’IA montre des failles dans le dépistage de la rétinopathie diabétique (Jama).

    Analyse des données et prédiction

    Le big data lève le voile sur les facteurs de propagation de la grippe (eLife)

    Les données anonymisées de 150 millions d’Américains pendant neuf ans portant sur leurs déplacements, les consultations médicales, les interactions sociales et les taux de vaccination ont permis d’identifier les facteurs de propagation de la grippe aux États-Unis. Grâce aux résultats de l’étude publiée le 27 février 2018 dans le journal eLife, les chercheurs de l’université de Chicago sont parvenus à mettre au point une photographie de l’épidémie de grippe en haute résolution.

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    Autre étude portant sur l’analyse des données et la prédiction des épidémies : Twitter permet de suivre l’épidémie de grippe à l’échelle régionale (BEH).

    Les données issues des dossiers électroniques affinent la prédiction du risque suicidaire (American Journal of Psychiatry)

    Combiner l’analyse des données issues des dossiers électroniques et les résultats des questionnaires standardisés de dépression améliore la prédiction du risque suicidaire. Pour établir leur score, des chercheurs américains ont compilé les données de 20 millions de consultations médicales chez 3 millions de personnes. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 24 mai 2018 dans l’American Journal of Psychiatry.

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    Objets connectés et télémédecine

    Gagner 8 mois de survie grâce à une application dédiée au cancer du poumon (ASCO)

    Un oncologue français s’est distingué au congrès mondial sur le cancer, l’ASCO, qui s’est tenu à Chicago (États-Unis) du 1er au 5 juin 2018. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard du Mans, a présenté les résultats d’une étude portant sur une application mobile dédiée au suivi des malades atteints de cancer du poumon. L’algorithme a permis de mieux repérer les récidives et donc d’améliorer la survie de 8 mois.

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    Une appli mobile se révèle aussi efficace qu’un ECG standard pour détecter un infarctus (congrès de l’American Heart Association)

    Une étude internationale présentée au congrès de l’American Heart Association, qui se tenait à Chicago du 10 au 12 novembre 2018, révèle que l’application mobile d’AliveCor fait pratiquement jeu égal avec un ECG standard. Ces résultats préliminaires montrent une bonne sensibilité et une bonne spécificité de l’appli dans le dépistage des infarctus du myocarde (IDM) avec élévation du segment ST (STEMI).

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    Les rappels téléphoniques automatisés améliorent le taux de vaccination (Cochrane)

    Rappeler aux personnes qu’elles doivent se faire vacciner a prouvé son efficacité. Une revue Cochrane résumant les résultats de 75 études, publiée le 18 janvier 2018, a permis d’établir le fait que des rappels par téléphone, SMS ou même par cartes postales augmente le taux d’immunisation. Les auteurs de ces travaux estiment que nous disposons aujourd’hui des outils technologiques pour intégrer des rappels automatisés dans les soins primaires.

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    Un inhalateur connecté diminue les symptômes de l’asthme (Health Affairs)

    L’une des plus grandes études sur l’asthme, nommée AIR Louisville, qui consistait à équiper des malades d’inhalateurs connectés, vient de révéler ses résultats. Publiés le 2 avril 2018 dans la revue Health Affairs, ils mettent en évidence une réduction de l’utilisation des inhalateurs et une amélioration des symptômes de l’asthme.

    Les données recueillies ont aussi permis à la commune de Louisville (Kentucky, États-Unis) de prendre des mesures d’aménagement urbain favorables à la santé publique.

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    La télémédecine augmente l’espérance de vie des insuffisants cardiaques (The Lancet)

    Moins d’hospitalisations en urgence, un taux de mortalité plus faible, etc. Les patients souffrant d’insuffisance cardiaque équipés d’appareils de mesure ont vu leur santé s’améliorer, révèle une étude visant à évaluer les effets de la télémédecine sur l’insuffisance cardiaque menée dans toute l’Allemagne et publiée le 25 août 2018 dans The Lancet.

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    Les nouvelles technologies au service de la chirurgie

    Le pancréas artificiel progresse grâce à des algorithmes plus performants (Congrès SFD)

    Une étude française et une étude américaine présentées au congrès de la Société francophone du diabète (SFD), qui s’est tenu à Nantes du 20 au 23 mars 2018, ont mis en évidence les avancées du pancréas artificiel. Dans des situations compliquées, telles que les repas et l’activité physique, le dispositif a montré sa capacité à limiter les risques d’hypoglycémies grâce notamment à des algorithmes qui se sont affinés.

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    Un cœur en 3D identifie précisément les tissus cardiaques responsables d’arythmies (Nature)

    Des chercheurs américains de l’université Johns Hopkins ont réussi à reproduire en 3D les simulations virtuelles d’un cœur. Cette prouesse permet de repérer les tissus cardiaques qui provoquent des arythmies et qui, par conséquent, doivent être détruits. Cette preuve de concept a été publiée le 3 septembre 2018 dans la revue Nature Biomedical Engineering.

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  • CES 2019 : Withings lance BPM Core, un tensiomètre connecté trois-en-un pour un suivi à domicile

    Withings, vendu à Nokia en 2016 et finalement racheté en 2018 par son co-fonddateur Eric Carreel, présente à l’occasion du CES 2019 (6-11 janvier, Las Vegas) le BPM Core, un tensiomètre connecté réunissant trois dispositifs en un, soit une version améliorée du BPM, qui a connu deux versions (2011 et 2014).

    • coût : 249,95 euros ;
    • mise sur le marché prévue : 2ième trimestre 2019 ;
    • en cours d’autorisation par la FDA et démarches en cours pour obtenir le marquage CE en tant que dispositif médical.

    L’entreprise française, basée à Issy-les-Moulineaux, a décroché un CES 2019 Innovation Award pour ce produit, qui regroupe :
    • un tensiomètre doté de deux électrodes et d’un microphone pour mesurer la tension artérielle et réaliser un électrocardiogramme (ECG) afin de détecter les fibrillations auriculaires (aussi appelées « atriales ») ;
    • un tube en acier inoxydable avec une électrode pour mesurer la pression artérielle ;
    • un stéthoscope numérique placé sous une membrane en silicone pour surveiller le rythme cardiaque et écouter le cœur afin notamment de détecter les valvulopathies.

    L’appareil peut recueillir les données issues des trois mesures en 90 secondes environ lorsque l’utilisateur appuie sur le bouton placé sur le brassard, explique Withings.

    Ce tensiomètre connecté est équipé d’une batterie, qui peut être chargée par un câble micro USB. Selon son fabricant, il peut réaliser des centaines de mesures sur une seule charge.
    Afin de rassembler toutes les informations récoltées sur un même espace, il peut être connecté à une application mobile dédiée, Health Mate, mais cette dernière n’est pas indispensable pour effectuer les mesures. Via l’application, l’utilisateur peut accéder quand il le souhaite aux données recueillies par le BPM Core, enregistrements audio du cœur inclus, et les partager avec son médecin s’il le souhaite.

  • Une capsule connectée via Bluetooth pour administrer la bonne dose de médicament au bon moment (MIT)

    Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), de Draper et du Brigham and Women’s Hospital ont conçu par impression 3D une capsule à ingérer pouvant être contrôlée à distance via Bluetooth afin de suivre et d’adapter avec davantage de précision un traitement médicamenteux sur une personne donnée ou encore de surveiller certains signes vitaux. Les résultats de leurs travaux* ont été publiés le 13 décembre 2018 dans le magazine Advanced Materials Technologies.

    La capsule est à même de rester dans l’estomac pendant au moins un mois, précise le MIT dans un communiqué. Elle a été mise au point pour transmettre des informations sur le smartphone de l’utilisateur et répondre à des instructions.

    Le dispositif peut être personnalisé pour ajuster la dose du traitement, en particulier dans les cas où le médicament doit être pris sur une longue période (VIH, paludisme…). Il peut aussi servir à détecter des infections, des réactions allergiques ou autres pour ensuite libérer dans l’organisme un médicament en réponse.
    Ses concepteurs indiquent que la capsule pourrait aussi être capable de communiquer avec d’autres dispositifs médicaux portables et implantables afin de regrouper des données et de les envoyer sur le smartphone du patient ou du médecin.

    L’idée est de « fournir une surveillance et un traitement en boucle fermée », synthétise Giovanni Traverso, chercheur invité au département de génie mécanique du MIT et l’un des principaux auteurs de l’étude.

    Une capsule dotée de bras contenant divers médicaments

    Une capsule en forme de Y qui se loge dans l’estomac

    L’équipe de chercheurs a élaboré en 2016 un dispositif en forme d’étoile à six bras qui se replient pour ensuite s’enfermer dans une capsule lisse. Après avoir été avalée, la capsule se dissout et les bras s’étendent, permettant à l’appareil de se loger dans l’estomac. Basé sur le même fonctionnement, le nouveau dispositif se déploie en forme de Y après avoir été ingéré, un procédé lui permettant de se loger dans l’estomac pendant environ un mois, avant de se diviser en petits morceaux et de passer dans le tube digestif.

    Des compartiments qui pourraient être ouverts à distance

    L’un des bras en question est doté de quatre compartiments pouvant contenir divers médicaments, qui peuvent être emballés dans des polymères pour ensuite être libérés progressivement sur plusieurs jours. Les chercheurs prévoient également de concevoir des compartiments pouvant être ouverts à distance via Bluetooth.

    Des capteurs pour détecter des signes vitaux

    L’appareil peut également être équipé de capteurs afin de surveiller l’environnement gastrique de la personne et de transmettre les données recueillies par le biais d’un signal sans fil.

    Dans des travaux passés, l’équipe de Yong Lin Kong, professeur assistant à l’université de l’Utah et auteur principal de l’étude, a élaboré des capteurs capables de détecter des signes vitaux tels que la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire. Dans ce nouvel article, elle a démontré qu’un capteur pouvait indiquer quelle était la température de l’utilisateur en envoyant l’information sur un smartphone à portée de main.

    Protection de la vie privée : l’importance d’une puissance de connexion limitée

    Le fait de limiter la portée de la connexion « est une amélioration de sécurité souhaitable », note Yong Lin Kong, qui précise que « l’isolement automatique de la puissance du signal sans fil dans l’espace physique de l’utilisateur pourrait protéger l’appareil des connexions non désirées, offrant ainsi un isolement physique pour une sécurité et une protection de la vie privée accrues. »

    Un outil pour obtenir un diagnostic précoce

    Les chercheurs envisagent d’utiliser ce type de capteurs afin de diagnostiquer les signes précoces d’une maladie donnée pour ensuite réagir en conséquence en administrant le médicament approprié.

    • L’appareil pourrait par exemple permettre de surveiller les conditions de santé de certaines personnes présentant un haut risque d’infection, comme les patients recevant une chimiothérapie ou des médicaments immunosuppresseurs. Si une infection est détectée, la capsule commencerait à libérer des antibiotiques.
    • Il pourrait aussi être conçu pour libérer des antihistaminiques lorsqu’il détecte une réaction allergique.

    La version actuelle de l’appareil est alimentée par une petite pile en oxyde d’argent. L’équipe de Yong Lin Kong étudie la possibilité de remplacer la batterie par d’autres sources d’alimentation, telles qu’une antenne externe ou un acide stomacal.

    D’autres capteurs en train d’être testés

    Les chercheurs travaillent au développement d’autres types de capteurs pouvant être intégrés aux capsules.

    Dans ces travaux, ils ont testé le capteur de température sur des porcs et estimé qu’ils pourraient peut-être commencer les expérimentations sur des patients humains dans environ deux ans. Ils ont d’ailleurs lancé une entreprise qui travaille au développement de la technologie à usage humain.

    La recherche a été financée par la Fondation Bill et Melinda Gates et les National Institutes of Health par l’intermédiaire de Draper.

  • Étude : les interventions en ligne efficaces pour les consommations problématiques d’alcool (Plos)

    Une méta-analyse reposant sur les données de près de 15 000 adultes démontre que les prises en charge des consommations problématiques d’alcool sur internet peuvent être efficaces. Ces dernières permettent de réduire la quantité d’alcool ingérée et de s’en tenir à des niveaux de consommation à faible risque, notent les auteurs de ces travaux* publiés le 18 décembre 2018 dans Plos Medicine, qui soulignent que de tels programmes pourraient avoir un impact majeur dans la mesure où ils ont la capacité de toucher un grand nombre de personnes.

    Alcool : des interventions brèves via internet

    La consommation d’alcool augmente au niveau mondial. La mortalité, la morbidité et les dommages sociaux liés à cette habitude sont donc, eux aussi, en progression. Des moyens de lutter contre cette consommation problématique – à ne pas confondre avec la dépendance – sont connus. Les preuves de l’efficacité d’interventions brèves n’ont cessé de s’accumuler.

    Ces outils, plus élaborés que le simple conseil, peuvent se limiter à une seule session (6 maximum). Ces séances consistent à ouvrir le dialogue sur le sujet, à faire le point sur la consommation et à construire un projet d’accompagnement si le patient est prêt à changer ses habitudes.

    Pourtant, l’impact réel de ces interventions brèves sur la réduction de la prévalence de la consommation problématique d’alcool dans la population générale s’est avéré été décevant. Cet échec est dû au faible nombre de soignants formés à cette prise en charge et ainsi à la faible proportion de patients susceptibles d’en bénéficier.

    Les données de près de 15 000 patients analysées

    Des chercheurs de l’université libre d’Amsterdam (VU University) ont mené une méta-analyse pour mesurer l’efficacité de ces interventions brèves dans les consommations problématiques d’alcool.

    Ils ont analysé les données de 14 198 patients adultes ayant participé à 19 essais contrôlés randomisés et présentant divers profils de problèmes d’alcool. Ils ont également obtenu des données post-traitement pour 8 095 participants.

    Les résultats de cette méta-analyse ont été publiés le 18 décembre 2018 dans la revue Plos Medicine.

    Résultats

    • Les interventions basées sur internet permettent de réduire la consommation d’alcool hebdomadaire de 381 à 329 grammes d’éthanol.
    • Les résultats étaient meilleurs dans le groupe de patients que dans le groupe contrôle : 5 unités d’alcool consommées chaque semaine en moins et une meilleure réponse au traitement ont été observés.
    • Les patients étaient plus susceptibles que les témoins de se conformer à une consommation à faible risque.
    • Les résultats du traitement ne diffèrent pas de manière significative entre les consommateurs réguliers, les gros buveurs et les « binge drinkers » (consommateurs d’alcool de manière importante sur un temps réduit).
    • Les personnes de plus de 55 ans présentaient une probabilité plus élevée d’observer les recommandations de consommation d’alcool à faible risque que les personnes plus jeunes.
    • La consommation hebdomadaire moyenne a diminué d’environ 20 grammes d’éthanol de plus pour les hommes que pour les femmes et pour les participants moins instruits que pour les plus instruits.
    • Les interventions guidées par un soignant ont eu un impact plus fort sur les résultats du traitement que celles entièrement automatisées.

    Toucher le plus grand nombre de personnes par le biais de sessions en ligne

    Cette méta-analyse montre que les interventions en matière d’alcool basées sur internet réduisent efficacement la consommation moyenne hebdomadaire d’alcool et permettent de respecter les limites de consommation à faible risque.

    Les auteurs estiment que « les avantages pour la santé de ce type d’intervention pourraient être substantiels car de tels programmes peuvent atteindre un grand nombre de buveurs à problèmes en raison de leurs procédures d’entrée rapides et de leur évolutivité facile. »

    Avec ou sans intervention humaine ?

    À l’avenir, des recherches devront être menées pour identifier les catégories de personnes pour lesquelles de telles interventions fonctionnent le mieux, analyser le fonctionnement des interventions et déterminer les contextes dans lesquels la prestation est la plus favorable.

    Il faudra notamment déterminer quelles populations de patients pourraient bénéficier le plus de l’orientation vers des formes non guidées et lesquelles seraient plus susceptibles d’être guidées par des médecins généralistes ou d’autres professionnels.

     

  • Les outils pour personnaliser l’alimentation ont besoin d’une validation scientifique (conférence)

    Comme la médecine, l’alimentation tend à se personnaliser. Pour répondre à des besoins de santé mais aussi aux exigences des consommateurs, la foodtech et le monde de la recherche académique tentent d’élaborer des outils : applis mobiles, tests nutrigénétiques, imprimante 3D… Le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) a organisé une conférence le 12 décembre 2018 à Paris pour évaluer le potentiel et les limites des ces outils, qui n’ont pas encore apporté la preuve de leur efficacité.

    La santé passe par une alimentation sur-mesure 

    Comme la médecine, la nutrition est à l’heure de la personnalisation. Cette tendance peut s’avérer intéressante pour les raisons suivantes :

    • l’incidence de l’obésité et du diabète monte en flèche ;
    • la population vieillit et le nombre de séniors dénutris augmente ;
    • chaque personne possède son propre microbiote, qui est associé à de nombreuses maladies ;
    • les consommateurs exigent des produits respectueux de leur santé ;
    • l’alimentation est de plus en plus perçue comme un facteur de risque.

    « Il faut réconcilier les besoins spécifiques de chacun et les normes qui, comme le disait le Pr Jean Trémolières, l’un des pères de la nutrition moderne, sont faites pour un Apollon et une Vénus théoriques », a déclaré le Pr Bernard Guy-Grand, président du Conseil d’administration du fond français pour l’alimentation et la santé (FFAS), qui a organisé une conférence sur ce sujet à Paris le 12 décembre 2018.

    Cependant, est-on capable de fournir des recommandations nutritionnelles appropriées en fonction des situations de chaque individu ? C’est pour répondre à cette question que le FFAS a convié quatre experts : Grégory Dubourg, ingénieur spécialisé en agroalimentaire et nutrition et fondateur de l’agence Nutrikéo, le Pr Karine Clément, de l’hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris), Céline Laisney, du cabinet AlimAvenir, spécialisée dans la veille sur l’alimentation, et le sociologue Jean-Pierre Poulain, de l’Université de Toulouse. 

    Applis, tests nutrigénétiques, imprimantes 3D…

    La boîte à outils est vaste. Elle contient aussi bien « des objets connectés que des outils basés sur l’analyse du microbiote, des tests nutrigénétiques, voire nutri-épigénétiques, visant à adapter le régime alimentaire au profil génétique et métabolique de chacun ou encore des imprimantes 3D permettant d’assembler des nutriments à la demande », a déclaré Grégory Dubourg.

    Le monde de la foodtech et celui de la recherche sont en ébullition mais « l’explosion des outils numériques mesurant des paramètres environnementaux permettront-ils de modifier les prises en charge et d’élaborer des recommandations nutritionnelles spécifiques personnalisées à des sujets sains ou à des patients présentant des maladies liées à la nutrition ? », s’interroge le Pr Karine Clément.

    Les obstacles à franchir pour « customiser » la nutrition

    « Aujourd’hui, l’ultra-simplification proposée par les outils numériques ne répond pas à la complexité et à l’hétérogénéité de l’alimentation personnalisée », estime le Pr Guy-Grand.

    • La première difficulté est technique. Savoir comment les gènes et les nutriments interagissent ne suffit pas car la réaction de chacun aux aliments dépend aussi des interactions gènes-environnement. « Les études génétiques ont porté sur de très larges populations et ont fait ressortir des risques faibles. À partir de là, revenir au niveau individuel semble encore aléatoire, » a déclaré le Pr Clément. Par ailleurs, il reste à définir les données essentielles à collecter. Ce n’est qu’une fois cette étape franchie que la nutrition personnalisée pourra se nourrir d’algorithmes.
    • Le deuxième obstacle est d’ordre social. Des tests très élaborés de nutrigénomique par exemple pourraient n’être accessibles qu’aux plus riches. « Un risque de renforcement des inégalités de santé » pourrait bien se profiler à l’horizon, estime Céline Laisney, du cabinet AlimAvenir.
    • Le troisième enjeu sera éthique et sociologique.
      Au delà de la problématique de l’utilisation des données privées, la pertinence d’une alimentation personnalisée ne va pas de soi. Le programme européen Food4me consacrée à la nutrigénomique a montré que les recommandations basées sur des tests génétiques ne suscitaient pas plus d’adhésion que les recommandations traditionnelles.
      La tâche risque d’être particulièrement complexe en France, « pays très attaché à la commensalité du repas, souligne le sociologue Jean-Pierre Poulain, de l’Université de Toulouse. Nous mangeons certes pour être en bonne santé mais pour toute une série d’autres raisons ». Ces outils qui prétendent jouer les coachs nutritionnels suscitent même parfois un sentiment de culpabilité. Nier les dimensions de plaisir et de convivialité de l’alimentation tuerait dans l’œuf toutes les vertus d’une nutrition 100 % personnalisée.

    Des outils, pas encore des innovations

    En conclusion, ces outils technologiques plein de promesses ne sont pas encore de vraies innovations. Ils ne pourront le devenir qu’après avoir prouvé scientifiquement leur efficacité, démontré leur rentabilité économique et suscité le désir des consommateurs. Cependant, chercheurs et acteurs de la foodtech n’ont aucun doute : ces outils vont arriver dans la cuisine de M. Tout-le-monde ainsi que dans les cabinets médicaux.

     

  • Techno en santé : entre espoirs et inquiétudes (Observatoire de la santé du futur – Viavoice/Vyv)

    70 % des Français et 69 % des médecins interrogés pensent que le progrès scientifique et technologique dans le domaine de la santé devrait s’accélérer dans les années à venir, cependant 52 % des médecins estiment que la proximité et la confiance entre praticiens et patients pourraient se détériorer en raison notamment d’un risque de « distanciation » voire de « déshumanisation » de la médecine et d’une augmentation de l’automédication avec le développement des outils numériques permettant de s’informer ou de se soigner soi-même. Tels sont les principaux enseignements de l’Observatoire de la santé du futur, une étude d’opinion Viavoice réalisée pour le groupe Vyv* entre octobre et novembre 2018 et publiée le 13 décembre 2018.

    « Certains sondés craignent un désert médical numérique, commente Aurélien Preud’homme, directeur d’études Viavoice, interrogé par Health & Tech Intelligence. Globalement, il y a beaucoup d’espoirs de la part des personnes interrogées, grand public comme médecins, mais des inquiétudes existent sur la préservation du lien humain. L’enquête révèle que l’un des enjeux de la santé du futur est de parvenir à préserver la relation de confiance entre le patient et le médecin, de faire en sorte que les nouvelles technologies parviennent à régler le problème d’accès aux soins et non à l’accentuer. »

    Il précise par ailleurs que cet observatoire sera réalisé tous les ans, notant que les opinions devraient évoluer dans les prochaines années au fil de la démocratisation des nouvelles technologies dans la santé, et en particulier de la télémédecine, entrée dans le droit commun en septembre.

    Principaux enseignements

    Les progrès scientifiques (recherche médicale) davantage cités que les progrès techniques

    • 70 % des Français et 69 % des médecins sondés ont le sentiment que le progrès scientifique et technologique va s’accélérer en matière de santé.
      • Les progrès attendus sont d’abord scientifiques pour 51 % du grand public et 62 % des médecins ;
      • 37 % du grand public et 28 % des médecins citent les nouvelles technologies (IA, robotique, nanotechnologies, impression 3D, etc.) ;
      • 7 % du grand public et 15 % des médecins la télémédecine, jugée par les premiers particulièrement bénéfique pour les soins à distance.

    La médecine prédictive plébiscitée

    • 59 % du grand public et 53 % des médecins voient en la médecine prédictive une avancée positive, contre respectivement 19 % et 18 % déclarant ne pas vouloir savoir à l’avance les maladies qu’ils pourraient avoir dans les années à venir.

    Les principaux espoirs en matière de santé

    Les nouvelles technologies, une source d’inquiétudes, en particulier pour les médecins

    Malgré un optimisme global, « des sources d’inquiétudes émergent toutefois et c’est sur ces points que l’on mesure le plus de disparités entre grand public et médecins », notent en introduction du rapport Aurélien Preud’homme, directeur d’études et Sarah Pinard, directrice études et prospective (Viavoice).

    • 47 % des médecins déclarent que la numérisation de certaines données personnelles en matière de santé est une source d’inquiétudes, contre 34 % du grand public :
      • 66 % des premiers, contre 58 % des seconds, pensent que « le secret médical sera plus difficile à faire respecter qu’avant » avec le développement des nouvelles technologies.
    • De manière plus générale, 58 % des Français interrogés sont inquiets de ce que deviennent leurs données personnelles en matière de santé.
    • 50 % des médecins pensent que la proximité et la confiance entre médecins et patients risquent de se détériorer dans les années à venir, citant un risque de « distanciation » voire de « déshumanisation » de la médecine ainsi que le développement de l’automédication avec le développement d’outils numériques permettant au patient de s’informer seul sur son état de santé, voire de se soigner lui-même, « ce qui en retour peut amoindrir la confiance envers les avis du médecin ».
    • 42 % des Français interrogés sont inquiets pour l’avenir des relations patients-médecins car elles pensent que le digital risque de « déshumaniser » leur relation avec le(s) médecin(s) :
      • « Certains Français mettent également en garde contre le risque d’un nouveau désert médical, cette fois-ci numérique, pour tous ceux qui n’ont pas accès – ou mal accès – à ces outils, que ce soit en raison de leurs coûts ou de leur complexité », ajoutent Aurélien Preud’homme et Sarah Pinard.

    « Il y a des incertitudes, certes, mais nous ne mesurons pas un rejet de la télémédecine, précise à Health & Tech Intelligence Aurélien Preud’homme. Il est notamment surprenant de constater que la médecine prédictive est porteuse d’espoir pour une large majorité. Par ailleurs, il y a une appétence pour les nouvelles technologies, à condition que la relation humaine soit préservée. »

    Une utilisation encore limitée de la télémédecine

    3 questions au Dr Agnès Gepner (MesDocteurs – Vyv)

    De manière générale, l’étude montre que les médecins sont relativement plus sceptiques que le grand public face au développement des nouvelles technologies dans le monde de la santé, notamment de la télémédecine. Pour quelles raisons selon vous ?

    Agnès Gepner, directeur médical de MesDocteurs (groupe Vyv) : Les médecins ont étudié de longues années et ont été habitués au contact avec le patient et au colloque singulier. Ils craignent que cette nouvelle modalité d’exercice ne fasse progressivement disparaître le climat de confiance qu’ils ont su instaurer avec leurs patients.

    D’autre part, notre profession a vécu d’importants bouleversements ces 10-20 dernières années, et le premier d’entre eux est la modification profonde de « l’usage » de la médecine par les patients. L’accès à des informations non vérifiées et non maîtrisées sur internet laissent penser aux patients qu’ils pouvaient eux aussi détenir le savoir médical.

    D’une certaine manière, les médecins ont perdu de leur prestige, la médecine et le soin tendent à devenir de la consommation courante et les médecins à devenir des prestataires de service.

    Quant à la notion de médecin traitant (ou mieux encore de médecin de famille), c’est là pour beaucoup de nos concitoyens un concept obsolète : la complexité croissante de notre métier, le recours de plus en plus fréquents aux spécialistes et la multiplicité d’autres professionnels de santé ont fait qu’une seule personne, fût-elle médecin, n’est plus en mesure de garantir le même service que par le passé. C’est pour ces raisons que notre corporation craint que la télémédecine ne vienne parachever cette dévaluation progressive.

    Pour autant, chaque médecin comprend que certains de ses patients pourront bénéficier grandement de cet aménagement et vivront cette nouvelle offre comme un allègement de leur peine. 

    Leur objectivité n’est-elle pas biaisée par une crainte de voir un nouveau marché dominé par des sociétés privées émerger ainsi qu’une peur d’être peu à peu « remplacés » par le numérique ou les machines ? 

    Ce n’est pas un sujet réellement problématique. Je rappelle que dans “télémédecine” il y a surtout “médecine”. Il n’est pas question que le médecin soit détrôné dès lors qu’il est correctement et directement mis en relation avec le patient.

    La modalité d’usage et l’écran interposé ne sont qu’une facilité offerte pour simplifier l’accès aux soins. Il y a en revanche de nombreuses questions à se poser sur la médecine 3.0 telle qu’on la verra émerger d’ici peu d’années : les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle et de la notion de blockchain en santé seront des évolutions bien plus étonnantes et bien plus révolutionnaires que l’interposition d’un écran entre un médecin et un patient.

    Et là, en effet, il faudra être bien plus vigilant qu’aujourd’hui. Quant au vieux clivage public/privé, il a vécu. Tout le monde parle de la faillite de l’AP-HP et des difficultés rencontrées par les usagers du service public. On sait que le privé aussi peut être vertueux et qu’il est souvent plus rapide et plus efficient. 

    Ces craintes (au niveau de la confidentialité des données, d’une éventuelle déshumanisation du lien patient-médecin, etc.) ne sont-elles pas en partie dues à un manque de sensibilisation et de connaissance à l’égard de ces nouvelles technologies ? 

    Comme toujours, il faut le temps que tout le monde s’habitue à de nouveaux usages. Il y a toujours une phase “d’incroyance” initiale et peu à peu, les précurseurs ouvrent la voie à ceux qui vont suivre.

    Chaque nouveauté en médecine a suivi la même courbe d’acquisition, l’informatique et les nouvelles technologies en premier lieu, à laquelle les médecins ont longtemps essayé de résister. Des nouvelles technologies qui s’imposent finalement et font aujourd’hui partie intégrante de tout exercice médical.

    Gageons que l’usage de la télémédecine – incluant la téléconsultation, la télésurveillance et plus généralement la e-santé – sera rapidement approuvé et maîtrisé par la profession, et deviendra la norme ; surtout dans la mesure où les patients la plébiscitent.  

  • Suivre sa tension artérielle avec l’assistant vocal Alexa (Amazon) est désormais possible

    Omron Healthcare, filiale santé du spécialiste de l’électronique Omron, s’est rapproché d’Amazon pour permettre aux patients de suivre leur tension à l’aide d’un assistant vocal. Alexa propose depuis le 12 décembre 2018 de rappeler à son utilisateur de mesurer sa tension artérielle, de consulter les derniers relevés, de les comparer et de mettre en place un coaching afin de faire baisser sa tension artérielle si elle est trop élevée.

    Alexa en passe de devenir aussi un assistant médical

    Amazon s’est rapproché d’Omron Healthcare, la filiale santé du spécialiste japonais de l’électronique Omron. Une nouvelle compétence est ainsi disponible depuis le 12 décembre 2018 sur l’assistant vocal d’Amazon et les propriétaires d’un tensiomètre connecté Omron Healthcare peuvent interagir avec Alexa pour suivre leur tension artérielle.

    L’entreprise japonaise, basée à Kyoto, est connu dans la santé pour ses dispositifs médicaux connectés. Les propriétaires de ces objets peuvent déjà partager leurs résultats avec leur médecin, qui peut ainsi optimiser leur traitement et avoir un retour plus précis sur la santé de leur patient. Avec ce premier pas réalisé en direction des assistants vocaux, Omron souhaite améliorer encore plus son dispositif de monitoring des données de santé.

    Concrètement, le tensiomètre d’Omron Healthcare est relié à une application mobile à laquelle Alexa peut se connecter. Les propriétaires de l’appareil peuvent demander à l’assistant vocal d’Amazon de lire les derniers relevés réalisés et de calculer des moyennes ou de les comparer en fonction des jours, semaines ou mois. Alexa peut aussi comparer les relevés en fonction des heures de la journée où ils ont été réalisés. L’assistant virtuel peut aussi prévenir l’utilisateur lorsque le relevé est plus élevé que la normale et suggérer des idées (coaching) afin de la faire baisser. Il peut aussi simplement rappeler à la personne de réaliser son relevé de tension artérielle.

    Amazon confirme son intérêt pour la santé

    En juin 2018, Amazon a racheté la start-up PillPack à Walmart pour un montant qui avoisinerait le milliard de dollars.

    Plus récemment, le groupe américain a annoncé la sortie d’Amazon Comprehend Medical. Ce nouveau service dédié aux professionnels de santé utilise le machine learning pour analyser les dossiers médicaux des patients et ainsi leur faire gagner du temps dans la prise de décision.

    Amazon a également créé en avril une équipe « health & wellness » au sein de sa division travaillant sur son assistant vocal Alexa.

  • Colloque TIC Santé : « Le numérique en santé : quelle valeur ajoutée ? », les 6 et 7/02/2019 à Paris

    « Le numérique en santé : quelle valeur ajoutée ? », tel sera le thème du Colloque TIC Santé 2019, organisé par l’association FORMATICSanté et qui se déroulera les 6 et 7 février 2019 à la Cité internationale universitaire de Paris.

    Les intéressés doivent s’inscrire à l’événement en téléchargeant la fiche à cet effet juste ici.

    Programme (susceptible de subir des modifications)

    LE 6 FÉVRIER 2019 : « Le numérique en santé : quelle valeur ajoutée ? »

    À partir de 8h15 – Accueil des participants

    9h15 – Ouverture du colloque – Lydie Canipel, Présidente et Christophe Biondini, Vice-président de l’association FORMATICSanté

    9h30-10h30 – Conférence inaugurale – Pr Pierre Giorgini – Président-Recteur de l’Université Catholique de Lille

    Échanges avec les participants

    10h30-11h – Pause et visite des stands

    11h-12h15 – Table ronde – Le numérique – quelle valeur ajoutée pour les institutions de santé ? Chance ou menace ?

    Modérateurs :

    • Pr Nathalie Salles – PU-PH au CHU de Bordeaux, Présidente de la Société française de télémédecine
    • Jean Yves Mailfert – Ingénieur informatique hospitalier
    • Dominique Pon, Directeur Clinique Pasteur à Toulouse, Co-auteur du rapport « Accélérer le virage numérique »
    • Grégory Katz, Chair of Innovation Management & Value in Health, Faculté de médecine Université Paris-Descartes
    • Yann-Mael Le Douarin, Conseiller médical Télémédecine à la DGOS
    • Thomas Dautieu, Directeur adjoint de la conformité à la Cnil

    Échanges avec les participants

    12h15-13h15 – Pause déjeuner – Symposium partenaires et/ou visite des stands

    13h15-14h – Session présentation des solutions e-santé par les partenaires du Colloque

    14h-15h15 – Table ronde : Le numérique en santé – quelle valeur ajoutée pour les patients ? 

    Modérateurs :

    • Dominique Lehalle – Journaliste e-santé
    • et Jean-Pierre Grangier – Cadre de santé Calydial

    Avec la participation de :

    • Alain-Michel Ceretti, Président de France Assos Santé
    • Anne Buisson, Directrice adjointe de l’Association François Aupetit (AFA), association nationale de malades et proches pour vaincre la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique
    • Benoît Brouard, CEO et co-fondateur de WeFight, partenaire de l’association Patients en réseau pour le développement du compagnon virtuel Viksein
    • Maryne Cotty Eslous, fondatrice de l’application Lucine, membre du Conseil national du numérique

    Échanges avec les participants

    15h15-15h45 – Pause et visite des stands

    15h45-17h – Table ronde : Le numérique – quelle valeur ajoutée pour les professionnels de santé ?

    Modérateurs :

    • Lydie Canipel – Présidente de FORMATICSanté
    • et Géraldine Goulinet Fitté – Chargée d’études en Sciences de l’information et de la communication – Université de Bordeaux

    Avec la participation de :

    • Jérôme Béranger, Expert en éthique du numérique
    • Jean Philippe Cobbaut, Juriste, philosophe, Doctorant en Santé publique
    • Lina Williatte, Avocate, Professeur de Droit à l’Université Catholique de Lille
    • Loick Menvielle, Professeur de Marketing EDHEC, Spécialisé en e-santé
    • Dr Périne Marec Bérard, Pédiatre au Centre Léon Bérard à Lyon

    Échanges avec les participants

    17h-17h15 : Communications orales

    Remise du prix poster par le jury et Lydie Canipel, Présidente de l’association FORMATICSanté

    Clôture de la journée

    17h15-18h45 – Assemblée générale de l’Association FORMATICSanté

    LE 7 FÉVRIER 2019 : « Le numérique – Quelle valeur ajoutée pour la formation des usagers, étudiants, professionnels de santé et les structures de formation ? »

    9h – Ouverture de la journée – Evelyne Fossé, Consultante Digital learning

    9h10 – Le numérique au service des formations santé. Quelles transformations ? Quelle valeur ajoutée ?

    • Pr Isabelle Richard – Conseillère Santé au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
    • Pr Laurent Chambaud – Directeur de l’École des Hautes Etudes en Santé Publique – EHESP de Rennes

    10h-11h15 – Table ronde – Quels apports et limites du numérique pour la formation des usagers : patients, étudiants en santé ?

    Modérateurs :

    • Jérôme Clément – Chef de projet digital national – Délégation nationale formation CRF
    • et Sandra Eclancher – Infirmière Coordinatrice en Education thérapeutique et projet ChimiOrale Groupe Vivalto Santé

    Avec la participation de :

    • Gérard Raymond – Vice-Président de France Assos Santé et Président de la Fédération Française des diabétiques
    • Jean Michel Decret, Membre du CA de France AVC PACA NORD, et Administrateur, responsable du comité e-santé French Road
    • Bilal Latrèche – Président de la FNESI – Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers
    • Anatole Le Guillou – Vice-Président de l’ANEMF chargé des études médicales – Association Nationale des Étudiants en Médecine Français Échanges avec les participants

    11h15-11h45 – Pause café et visite des stands

    11h45-13h – Session 1 – Usages du numérique en formation initiale et continue : quelle valeur ajoutée pour les professionnels de santé et les formateurs ?

    Modérateurs :

    • Lisette Cazellet – Responsable formation FORMATICSanté
    • et Loïc Martin – Cadre supérieur de santé formateur à l’IFCS du CHU de Rouen

    Avec la participation de :

    • Pr Boris Hansel – Responsable du DU Santé connectée organisé par l’Université Paris Diderot et l’AP-HP
    • Catherine Cunat et Sophie Nicod-Franc, Cadres supérieurs de santé au CHU de Lyon, responsables des formations métiers au DPI
    • Marcel Affergan – Directeur Orion Santé
    • Marie-Luce Rouxel – Déléguée nationale formation à la Croix-Rouge Française
    • Michèle Lenoir-Salfati – Directrice générale à l’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu

    Échanges avec les participants

    13h-14h – Pause déjeuner – Symposium partenaires et/ou visite des stands

    14h-14h45 – Présentation des solutions pour la formation par les partenaires du Colloque

    14h45 à 16h – Session 2 – La transformation digitale des structures de formation en santé : enjeux pour enrichir les compétences métiers et accélérer le virage numérique

    Modérateurs :

    • Lilian Hugues – Ingénieur e-formation, Directeur associé Eticéo,
    • et Evelyne Fossé – Consultante Digital Learning

    Avec la participation de :

    • Florence Girard – Présidente de l’ANDEP – Association nationale des Directeurs des Ecoles Paramédicales, Directrice IFSI-IFAS CH Ussel
    • Pr Jean Sibilia – Président de la Conférence des doyens de médecine – et Pr. Olivier Palombi – Directeur des Opérations de l’UNESS
    • Gilles Desserprit – Directeur du pôle numérique de la CFDC et directeur de l’IFCS à l’AP-HP
    • Marc Dumont – Délégué général ANFH en région PACA

    Échanges avec les participants

    16h – Clôture du Colloque – Lydie Canipel – Présidente de l’Association FORMATICSanté