Medtech

  • Renaloo recueille l’avis des patients pour produire de nouveaux savoirs sur MoiPatient.fr

    En prévision de l’ouverture de sa plateforme MoiPatient.fr, dans les prochaines semaines, l’association Renaloo a interrogé un millier de patients pour savoir quelles étaient leurs priorités pour la recherche sur les maladies rénales et leur volonté d’engagement. L’objectif de cette enquête de préfiguration est de cibler les études qui seront mises en place sur MoiPatient.fr, portail ayant pour objectif de produire et de rendre accessible de nouveaux savoirs par le biais de témoignages afin d’encourager l’engagement des patients.

    Il en ressort que deux tiers des personnes concernées souhaitent que la recherche aide à réduire les impacts de leur maladie sur leur qualité de vie, leur quotidien, leur activité professionnelle ou encore sur leur niveau de vie. Par ailleurs, la moitié des sondés ont indiqué qu’ils apprécieraient que ces travaux soient consacrés aux médicaments et 42 % à leur implication dans les décisions qui concernent leur santé. Il est à noter que moins de 30 % des sondés ont invoqué comme priorité l’amélioration des soins.

    Vers une recherche participative… avec les patients

    L’association Renaloo agit sur et hors internet pour porter de la manière la plus efficace possible ses valeurs de soutien et d’empowerment des personnes qui vivent avec une maladie rénale, une dialyse ou une greffe, en défendant leurs droits et leurs intérêts mais aussi en améliorant leur prise en charge et leur qualité de vie.

    Dans cet objectif et pour répondre aux besoins des patients, la recherche médicale doit les impliquer et devenir participative, estime Renaloo, qui a été l’un des moteurs de la démocratie en santé, dans le sens où l’organisation estime que la prise en compte des savoirs et des expériences des patients sera une des prochaines grandes révolutions de la médecine.

    En combinant les 10 thématiques proposées dans le cadre du sondage et les propositions des sondés, 6 pôles prioritaires ont émergés :

    • les avancées de la recherche ;
    • la greffe et l’après-greffe ;
    • l’alimentation ;
    • la communication auprès du grand public sur la maladie ;
    • la procréation ;
    • la grossesse.

    Mais surtout, c’est une volonté d’engagement collectif qui a été exprimée pour améliorer collectivement les conditions d’existence et de traitement.

    Une plateforme pour produire de nouveaux savoirs

    Ces résultats vont dans le sens de la création de la plateforme MoiPatient.fr par Renaloo. Son objectif est d’engager les personnes concernées pour une meilleure compréhension et prise en compte de leurs expériences et de leurs préférences afin de produire des connaissances nouvelles. Le portail proposera ainsi de contribuer à la production de nouveaux savoirs et de participer à l’évaluation et à l’évolution du système de santé par le biais de témoignage et de plaidoyer.

    Les utilisateurs pourront apporter leurs propres données (santé, traitements, relation au système de soins, accès aux droits, impact de la pathologie sur le quotidien…), participer à la définition des priorités de recherche et proposer des thématiques d’étude, en fonction de leurs préoccupations ou encore participer aux études (épidémiologiques, cliniques, organisationnelles, sociologiques, économiques, etc.), réalisées par des acteurs publics, privés ou institutionnels, après validation des projets par un comité « d’intérêt des patients ».

    MoiPatient s’inscrit ainsi dans la dynamique du développement de la technologie blockchain et apporte toutes les garanties éthiques, de sécurité et de confidentialité sur les usages et la protection des données des patients, indique Renaloo.

    La plateforme devrait rapidement être étendue à d’autres pathologies, en partenariat avec France Assos Santé.

  • Effic’Asthme : un simulateur virtuel pour apprendre aux parents à gérer les crises d’asthme

    Des médecins-chercheurs de l’Hôpital Necker-Enfants malades et du laboratoire de simulation en santé Ilumens de l’université Paris Descartes ont conçu Effic’Asthme, une application mobile permettant aux parents d’enfants de moins de 6 ans souffrant d’asthme de s’entraîner pour maîtriser les bons gestes en cas de crise d’asthme à domicile. Ce simulateur virtuel fait l’objet de plusieurs projets de recherche.

    L’asthme touche 1 enfant sur 10 en France et les crises d’asthme sont responsables de 35 000 hospitalisations d’enfants par an au sein du pays. Il s’agit de la première maladie chronique de l’enfant. Les concepteurs de Effic’Asthme ont constaté que 80 % des parents d’enfants asthmatiques ne savaient pas prendre les bonnes initiatives face à une crise débutant à domicile. Le simulateur virtuel simule des crises pour qu’ils puissent s’entraîner de manière virtuelle à gérer la situation.

    « L’éducation thérapeutique des parents d’enfants avec asthme permet de réduire les recours aux soins mais ne touche actuellement que 2 patients sur 1000 », est-il indiqué sur la plateforme Educ’Asthma, qui vise à démocratiser l’éducation thérapeutique. Effic’Asthme est le premier module de cette plateforme.

    L’application est disponible gratuitement sur Apple Store. Une version pour les terminaux fonctionnant sur Android est prévue.

    Un projet mené par Ilumens, Necker, Dowino et une centaine de familles

    Effic’Asthme a été mis au point par une équipe d’Ilumens (université Paris Descartes) et une centaine de familles rassemblées par le Dr David Drummond, porteur principal du projet, chef de clinique assistant à l’hôpital Necker Enfant malade (Paris). Des pneumologues provenant de cet établissements ont par ailleurs fourni le contenu médical et scientifique.

    La solution a été développée par l’entreprise Dowino, retenue à l’issue d’un appel d’offres marché public.

    Un profil sur mesure

    • L’application permet de créer le profil d’un enfant asthmatique fictif ayant le même âge, le même poids et la même taille que l’enfant de l’utilisateur, qui indique aussi quel est le traitement de fond et le traitement d’urgence à sa disposition.
    • Ensuite, le simulateur propose plusieurs scénarios, comme celui d’une crise modérée : l’enfant siffle, tousse et respire vite.
    • Le parent doit reconnaître pour chaque scénario les symptômes de la crise, choisir une attitude à adopter et administrer les médicaments appropriés avec la bonne technique.
    • L’application lui propose plusieurs solutions, comme attraper le téléphone pour appeler les urgences pneumologiques, administrer le médicament de fond ou le médicament d’urgence, ou attendre.
    • En cas d’échec de le prise en charge, un module de correction dynamique prend le relais et guide l’utilisateur pas à pas.

    Un carnet de suivi pour adapter les conseils d’éducation thérapeutique

    Un carnet permet de suivre l’évolution de la pathologie. Par le biais d’un algorithme, le médecin traitant ou le pneumologue peut voir en un coup d’œil quels sont les gestes précis qui ont été effectués par le parent lors de la crise et pour lesquels des conseils d’éducation thérapeutique doivent être livrés.

    De nouveaux scénarios sont débloqués lorsque l’utilisateur progresse dans le programme.

    « Des erreurs dans 50 % des scénarios »

    « En faisant faire des tests à des familles très éduquées et très impliquées dans la prise en charge de l’asthme de leur enfant, on constate qu’ils font des erreurs dans 50 % des scénarios, commente le Dr David Drummond (source : Lequotidiendumedecin.fr). Il y a donc de la marge d’amélioration, alors que dans le même temps, seulement 2 familles de patients sur 1 000 en moyenne ont recours à l’éducation thérapeutique du patient via les écoles de l’asthme, notamment pour des questions de disponibilité et d’éloignement. »

    Une évaluation de l’intérêt de l’application en cours

    « On se pose la question de l’utilisation des scénarios pendant les études de médecine », indique le Dr David Drummond.

    Il ajoute être en train de préparer un travail d’évaluation de l’intérêt de Effic’Asthme en comparant le taux de recours aux services d’urgence de familles utilisant l’application et de familles à qui il a été interdit de le faire. « Le projet est prêt, il ne nous manque plus que le financement », précise-t-il.

  • 97 % des patients chroniques utilisent le numérique, 10 % sont hyperconnectés (étude collectif ICA)

    Plus de 97 % des patients chroniques utilisent des technologies numériques dans le cadre d’une recherche d’information, de la gestion ou du suivi de leur maladie chronique. C’est le premier apprentissage de l’étude du collectif d’associations de patients [im]Patients, chroniques & associés (ICA), réalisé en partenariat avec la Chaire Réseaux sociaux et objets connectés de l’Institut Mines Telecom et dont les résultats ont été publiés en février 2019.

    L’originalité de cette enquête est d’avoir divisé les patients en 3 catégories :
    • les hyperconnectés : utilisateurs réguliers d’internet, d’applications mobiles et d’objets connectés, connectés de manière multimodale et intensive ;
    • les biconnectés : utilisateurs fréquents d’applications mobiles et d’internet mais pas d’objets connectés ;
    • les hypoconnectés : utilisateurs très occasionnels d’internet mais pas d’applications ni d’objets connectés.

    L’étude révèle que moins de 10 % des malades chroniques sont hyperconnectés et moins de 20 % sont biconnectés malgré le développement croissant de ces technologies. Pourtant, selon Frédéric Lert, président d’ICA, « internet est un vrai enjeu, les informations qu’on y trouve peuvent impacter voire modifier les décisions des personnes malades chroniques et leurs proches ».

    Avec cette étude, le collectif [im]Patients, chroniques & associés (ICA) veut mieux comprendre comment les personnes atteintes de maladies chroniques utilisent les nouvelles technologies et comment elles influencent leur qualité de vie et leurs comportements de santé.

    Impact des nouvelles technologies sur la qualité de vie

    Selon l’enquête, internet contribuerait le plus à améliorer la vie des personnes avec une maladie chronique notamment grâce à une meilleure compréhension du traitement pour 65 % des sondés, et du parcours de soins pour 63 % mais aussi à une sortie de l’isolement et à un meilleur vécu de la maladie pour 60 % ainsi qu’un renforcement du dialogue avec le médecin pour 53,1 %.

    L’étude montre également une sous-utilisation des applications mobiles et objets connectés et une moindre perception des bénéfices espérés. Elle fait apparaître que les personnes les plus connectées sont celles chez qui l’empowerment est le plus développé et sont les plus engagés dans la relation avec leur médecin.

    Les sondés s’accordent sur le fait de se sentir en meilleure santé ou de moins ressentir leur maladie au quotidien tout en ayant conscience des limites : difficultés à choisir les informations fiables pour 75,8 % d’entre eux, risques d’erreurs d’auto-diagnostic…

    Enjeux pour les technologies numériques en santé

    La vision d’ICA est que les technologies numériques peuvent incarner un allié, plutôt qu’une menace, pour le suivi et la prise en charge de ces patients. Internet est alors une des ressources essentielles dont les malades chroniques se sont déjà saisis pour s’adapter à leur maladie et améliorer leur qualité de vie liée à la santé et la qualité de leur suivi.

    Ainsi, l’un des enjeux actuels autour des technologies numériques est la capacité des institutions et des professionnels de santé à s’adapter à cette transformation des malades chroniques et à intégrer les technologies numériques aux pratiques de soins. Pour cela, les personnes concernées et les associations de patients devraient intégrer le processus global de conception de ces outils numériques.

    « Il est aussi essentiel que ceux-ci soient encadrés et coconstruits avec l’industrie du numérique par une charte encadrant les processus d’élaboration, d’évaluation, de qualité par l’ensemble des acteurs concernés : les personnes, les soignants, les institutionnels et industriels », plaide Frédéric Lert (communiqué). Le collectif appelle à une garantie de la sécurité de ces données, à un contrôle de leur circulation pour protéger les personnes et leurs proches mais aussi à une réflexion sur les bénéfices engendrés par le traitement de ces données.

    États généraux permanents

    Avec cette étude, [im]Patients, chroniques & associés veut enrichir sa réflexion, menée dans le cadre d’états généraux permanents, sur l’impact des technologies digitales dans l’empowerment. Elle sera mise en discussion le mercredi 20 février 2019, à la Cité des sciences et de l’industrie, lors de la conférence « Homo Connectus & Dr Data », sur les usages et impacts des technologies digitales.

  • Étude : la réalité virtuelle pourrait aider au traitement des phobies chez les personnes autistes

    La réalité virtuelle (RV) semble un outil prometteur pour aider les personnes autistes à surmonter leurs phobies sociales. Des chercheurs de l’université de Newcastle, en Angleterre, ont utilisé une chambre d’immersion à 360° pour plonger des personnes atteintes d’autisme dans un environnement virtuel et les confronter à des situations de la vie courante qui déclenchent des phobies. L’étude*, publiée le 15 février 2019 dans le Journal of Autism and Developmental Disorders, montre que près de la moitié des personnes autistes parvenaient à maîtriser leurs peurs 6 mois après le traitement.

    Une chambre d’immersion virtuelle pour traiter les phobies

    Environ un quart des enfants atteints d’autisme souffriraient de phobies. Ces peurs violentes bouleversent leur quotidien et celui de leur famille, qui tente d’éviter les situations déclenchant ces crises d’angoisse. Or, les options thérapeutiques pour traiter ces phobies sont rares.

    Des chercheurs de l’université de Newcastle ont voulu tester la réalité virtuelle (RV) pour la prise en charge de ce type de phobies. Ils ont donc mis au point avec la société Third Eye Neuro Tech la « Blue Room », une chambre d’immersion à 360 degrés. Grâce à ces quatre grands écrans bleus, la Blue Room permet de projeter des scènes et de proposer des activités interactives. Dans cet environnement virtuel, qui ne nécessite pas de lunettes de RV, l’enfant peut facilement explorer et naviguer dans différents scénarios avec un thérapeute, à l’aide de commandes iPad, tout en gardant le contrôle total de la situation.

    Des scénarios pour traiter progressivement la phobie

    Afin d’évaluer l’efficacité d’une telle stratégie thérapeutique, les chercheurs ont mené une étude randomisée et contrôlée incluant 32 enfants souffrant de troubles autistiques, âgés de 8 à 14 ans. La moitié d’entre eux a immédiatement été pris en charge dans la « Blue room » et l’autre moitié a constitué le groupe témoin, recevant un traitement 6 mois plus tard.

    Accompagnés d’un psychologue, ils ont suivi 4 séances par semaine sur un scénario personnel dans la Blue room. Il s’attaquait à des phobies très diverses, notamment celles des guêpes, des ascenseurs, de l’obscurité, des poupées, des ballons, des transports en commun, de l’école…

    La réalité virtuelle permettait de procéder par paliers : pour la phobie du chien, par exemple, il était possible de jouer sur la taille de l’animal, sur la laisse, sur la proximité avec l’enfant, sur le fait d’aboyer… Cette gradation permet au participant d’expérimenter des niveaux de maîtrise dans la gestion de son anxiété et de pratiquer de manière répétée un niveau de défi avant de passer au niveau suivant. À tout moment, des psychologues pouvaient intervenir pour proposer des techniques de relaxation et de gestion de l’anxiété.

    Après avoir reçu le traitement et avec le soutien de leurs parents, les enfants ont ensuite été initiés au scénario dans le monde réel.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 février 2019 dans le Journal of Autism and Developmental Disorders.

    Résultats

    • 2 semaines après le traitement, 25 % des patients étaient capables de faire face à une phobie spécifique.
    • 6 mois après l’expérience de réalité virtuelle, 45,8 % des enfants étaient classés comme répondeurs au traitement.
    • 1 enfant a vu ses symptômes s’aggraver.

    La réalité virtuelle efficace chez les adultes atteints d’autisme

    Pour la première fois, le traitement Blue room a aussi été proposé à des adultes atteints d’autisme.

    Dans une publication distincte publiée par la même équipe dans Autism in Adulthood, il a été démontré que la RV était efficace chez 5 adultes autistes sur 8.

    De 18 à 57 ans, les adultes ayant participé à ces travaux ont suivi 4 séances de 20 minutes avec une scène personnalisée générée par ordinateur. 6 mois après les sessions, 5 des 8 participants bénéficiaient encore d’améliorations quotidiennes en ce qui concerne leur phobie.

    « Incroyablement encourageant »

    « Les personnes souffrant de troubles autistiques peuvent avoir des difficultés à imaginer une scène. C’est la raison pour laquelle la Blue room a été si bien acceptée », ont déclaré les auteurs de cette étude.

    « Nous fournissons la situation de manière contrôlée à travers la réalité virtuelle et nous sommes assis à leurs côtés pour les aider à apprendre à gérer leurs peurs », précise le Dr Morag Maskey, chercheur à l’Institute of Neuroscience de l’Université de Newcastle et l’un des auteurs des travaux. C’est incroyablement encourageant de voir l’effet que cela a eu chez certains d’entre eux, qui ont été capables de surmonter une situation qui aurait été si pénible il y a une semaine à peine. »

    Cette recherche soutenue par le NHS ne portait que sur un petit nombre d’enfants mais l’université de Newcastle a annoncé son intention de poursuivre l’évaluation de la réalité virtuelle dans le traitement des phobies chez les autistes.

  • Cancer pédiatrique : un programme pour accompagner malades et familles avec un portail pédagogique

    La fondation La Roche-Posay et l’association internationale de parents d’enfants malades Childhood Cancer International (CCI) présentent un programme d’accompagnement pour les enfants atteints de cancer et leur entourage afin de faciliter la communication et renouer les liens fragilisés par la maladie.

    La France est pilote du projet. Ce dernier sera déployé dans 4 autres pays en 2019 : la Chine, les États-Unis, la Russie et le Brésil. Le comité scientifique a notamment intégré des associations de parents d’enfants malades, dont l’Unapecle pour la France. L’activité de l’organisation repose sur 3 actions :
    • des massages parents/enfants adaptés à la maladie et à l’enfant ;
    • un portail digital international d’informations ;
    • une échelle des émotions.

    Ce programme est présenté à l’occasion de la journée internationale du cancer de l’enfant, le 15 février 2019. En France, environ 2 550 cas de cancer sont diagnostiqués chez les enfants et adolescents chaque année selon les chiffres officiels. Dans le monde, un enfant est diagnostiqué d’un cancer toutes les 4 minutes.

    Rompre l’isolement physique et psychique

    Il est essentiel de rompre l’isolement physique et psychique pour que les enfants vivent mieux leur traitement, qui entraîne nausées, fatigue, anxiété, incertitude, irritabilité, etc.

    « Pendant les traitements, quand l’enfant est immunodéprimé, il devient quasiment impossible pour les parents de l’embrasser ou de le prendre dans ses bras. Avec la fondation La Roche-Posay, nous avons identifié les thèmes prioritaires pour les enfants et leur famille et ainsi centré le programme sur la qualité de vie. Très à l’écoute, les équipes ont accordé une grande place à la voix des familles pour concevoir les différents projets », explique Ruth Hoffman, présidente de CCI (communiqué).

    Des massages pour rétablir le lien

    Les massages des enfants par les parents ou les frères et sœurs permettent d’amener de la douceur à l’hôpital. « Dans les services, nous le savons bien, le toucher est un besoin vital pour l’enfant dès sa naissance. De nombreuses études ont démontré les bienfaits des massages et leur impact sur l’amélioration de la qualité de vie et l’état physique et émotionnel des enfants en traitements », explique le Dr Dominique Valteau-Couanet, onco-pédiatre à l’Institut Gustave Roussy.

    Les massages ont été conçus de façon simple et ludique pour être réalisés en toute autonomie par les parents, à l’hôpital et à la maison. Ils sont adaptés au contexte de la maladie.

    Ils ont été déclinés à l’international. Les jeux seront donc pensés de façon universelle pour s’adapter à toutes les cultures.

    Ce programme est en test à Gustave Roussy et sera diffusé notamment dans les centres de luttes contre le cancer français en 2019. Des tutoriels vidéo complèteront la formation et faciliteront la diffusion de ce programme.

    Une plateforme internationale d’information

    Le second outil est une plateforme d’information et de conseils. Ses concepteurs sont partis du principe que les parents ont le réflexe de se tourner vers internet mais ont du mal à trouver une information juste et compréhensible. La solution a été conçue comme une sorte de Google du cancer pédiatrique.

    Co-construite avec les familles et les associations de parents, elle couvre 3 grandes domaines du quotidien :

    • la communication avec son enfant, son partenaire, son médecin, l’école et le travail ;
    • les sentiments éprouvés lors des différentes étapes de l’évolution de la maladie et des phases de traitement ;
    • la vie au jour le jour, abordant des sujets essentiels comme le stress, la fatigue, l’alimentation, les aides utiles et disponibles, la notion du temps…

    Cette plateforme vise à répondre aux problématiques logistiques, aux questionnements sur l’annonce du diagnostic, aux besoins d’accompagnement face à l’impact de la maladie sur l’enfant et la famille. Elle propose des entrées par profil et adapte le ton et le contenu du contenu autour d’informations scientifiques vérifiées et sourcées ainsi que de témoignages d’experts et de familles.

    Grâce à une timeline, l’utilisateur se situe par rapport aux phases de la maladie (symptômes, diagnostic, phase de traitements, suivi, soins palliatifs, rémission) pour bénéficier d’informations spécifiquement adaptées.

    Le site a été conçu pour être diffusé à l’international. Il propose donc un contenu global générique et une personnalisation par pays.

    Une échelle des émotions

    Enfin, une échelle des émotions est en réflexion, dans la même logique que les échelles de douleur.

    L’objectif est de prendre en compte l’état émotionnel des plus petits, notamment des moins de 5 ans, qui peinent à exprimer leurs états affectifs, quel que soit leur état de santé.

    Cette échelle devrait aider les enfants dans la reconnaissance et la prise en compte de leurs sentiments pendant le traitement et faciliter la communication avec les parents et l’équipe soignante.

  • WheezHope : un robot et une appli pour accompagner les enfants atteints de cardiopathies congénitales

    L’hôpital Marie Lannelongue, en Île-de-France, lance le projet WheezHope, une plateforme web développée par la start-up Wheezlab (parcours patient digitalisé) associée au robot humanoïde Hope de Event Bots (marque Hope Robotics), conçus pour améliorer la prise en charge des enfants atteints de cardiopathies congénitales en les accompagnant et en les divertissant pendant leur séjour hospitalier.

    L’intégration de la solution au sein de l’établissement francilien a été annoncée à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à cette maladie, le 14 février.

    De manière générale, WheezHope permet :
    • de soutenir le travail d’éducation thérapeutique de l’équipe soignante pendant l’hospitalisation et de le prolonger après le séjour à domicile ;
    • de soutenir les jeunes patients et leur famille pour améliorer leur bien-être tout au long du parcours de soins ;
    • de rendre les enfants et leur famille plus autonomes dans la prise en charge de la maladie et dans le suivi des traitements.

    Mieux accompagner les jeunes patients pendant et après leur hospitalisation

    1 enfant sur 100 naît chaque année dans le monde avec une malformation cardiaque, indiquent l’hôpital Marie Lannelon et les deux start-ups françaises dans un communiqué publié le 13 février 2019, précisant que les cardiopathies congénitales représentent la malformation la plus fréquente chez les nouveau-nés.

    Le traitement de cette maladie comprend généralement une chirurgie lourde, suivie d’une rééducation. « Le parcours de soin est difficile, le temps passé à l’hôpital peut être long et stressant pour les enfants et leur famille », commentent les porteurs du projet. C’est dans ce cadre qu’a été développé WheezHope, une solution robotique et digitale qui permet de mieux accompagner les jeunes patients et leur famille pendant le séjour à l’hôpital mais aussi au retour à domicile.

    Un compagnon pour distraire pendant les soins

    Le robot a été élaboré par Hope Robotics comme un compagnon pour les patients.  Il est interactif et coloré, s’illumine, bouge, parle et répond aux enfants. Il propose aussi des jeux. L’objectif est de rassurer les jeunes patients, de les déstresser et de détourner leur attention de la maladie en les distrayant, « en particulier pendant les soins ».

    « Jacqueline n’a rien senti quand je lui ai retiré son drain ; elle a juste jeté un petit coup d’œil et a continué son coloriage de Mario », témoigne le Dr Sarah Cohen, médecin à l’hôpital Marie Lannelon.

    Un outil pédagogique

    La solution comprend également une plateforme développée par WheezLab, qui accompagne l’enfant et sa famille à l’hôpital et au domicile. Sur le robot, équipé d’une tablette, ils peuvent accéder à des parcours animés qui expliquent comment va se dérouler le séjour à l’hôpital (radio, scanner, intervention…) et qui donnent des informations sur la maladie mais aussi sur la surveillance à prévoir après l’hospitalisation.

    À domicile, la famille retrouve l’univers WheezHope par le biais d’une application web à partir de laquelle elle a accès à des outils de suivi et d’aide à le reprise d’activité physique. Elle peut aussi partager des informations avec l’équipe soignante.

    Un robot qui parle et traduit 119 langues

    Hope, qui peut interagir oralement avec ses utilisateurs, parle et traduit 119 langues. Une fonctionnalité intéressante pour l’hôpital Marie Lannelongue, qui accueille « de nombreuses familles étrangères qui ne parlent pas ou peu le français », est-il indiqué dans le communiqué.

    « Il est parfois difficile pour le personnel soignant de comprendre les questions ou de s’assurer que leurs explications ont bien été comprises par l’enfant et sa famille. Le robot Hope est capable de traduire dans les deux sens et va faciliter l’échange entre les soignants et la famille. »

    Présentation de WheezHope à l’hôpital Marie Lannelongue :

    © WheezLab

  • WeHealth by Servier et le MIT s’associent pour développer des objets de santé connectés à domicile

    La direction e-santé du groupe Servier, WeHealth by Servier, et le laboratoire de recherche multidisciplinaire AgeLab, rattaché au Massachusetts Institute of Technology (MIT), ont signé un accord de partenariat dans l’optique de définir les nouvelles opportunités du marché des objets connectés à domicile.

    Les deux partenaires travailleront ensemble, avec l’aide d’autres acteurs de l’industrie, au sein du consortium AgeLab C3 Connected Home Logistics afin de développer des solutions et des services innovantes de santé à domicile, précisent-ils dans un communiqué publié le 13 février 2019. « Ceux-ci permettront de relever le défi de la connectivité et de l’accès aux soins, tout en améliorant la santé et le bien-être des patients, et plus particulièrement des personnes âgées. »

    La gestion et la sécurisation des données faisant partie des sujets de préoccupations principales lorsqu’il est question de technologies numériques, WeHealth by Servier et l’AgeLab s’engagent à ce que les solutions conçues dans le cadre de leur partenariat répondent aux nouveaux besoins et exigences de santé, « dans un souci de protection et de respect de la confidentialité des patients« .
    Ils ajoutent par ailleurs qu’une interopérabilité de ces innovations sera possible avec d’autres solutions et systèmes disponibles sur le marché (comme le dossier médical patient) afin de minimiser les silos de données et de faciliter l’accès des patients à leurs informations médicales.

    « Une plateforme de services et d’expériences facilités par un réseau de technologies interconnectées »

    Les travaux de recherche menés par l’AgeLab du MIT portent sur la compréhension des impacts des changements démographiques sur les comportements des consommateurs. Ils « ont permis d’imaginer le domicile de demain comme une plateforme de services et d’expériences facilités par un réseau de technologies interconnectées, et non pas uniquement comme un lieu de vie », expliquent les deux partenaires.

    « L’introduction de formes d’intelligence au sein du domicile favorisera l’adoption de comportements sains »

    « Les efforts déployés pour relever les défis posés par le vieillissement de la population ont considéré la technologie comme une solution possible, a déclaré le Dr Joseph Coughlin, chercheur principal du programme de consortium C3 Home Logistics. L’introduction de formes d’intelligence au sein du domicile favorisera l’adoption de comportements sains et permettra de réduire les probabilités d’incidents préjudiciables pour les patients tels que l’oubli de prise de médicament ou les chutes. »

  • Un rapport européen préconise de mieux contrôler les applis d’aide au traitement des addictions

    L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) recommande dans un rapport de renforcer le contrôle des applications mobiles d’aide à la prévention, à la réduction des risques et au traitement pour les personnes souffrant d’addiction, la majorité de ces outils n’étant pas soumise à un contrôle qualité ni fondé sur des données scientifiques.

    Le document, composé de 20 pages, dresse un état des lieux sur la disponibilité de ce type d’applications au niveau européen et mondial, précise l’OEDT dans une lettre d’information publiée en janvier 2019. Il en ressort que les applications pour smartphone en santé se développent rapidement, notamment dans le domaine des addictions, avec une potentielle capacité à améliorer la qualité des soins.

    Néanmoins, leur utilisation n’est pas encore généralisée et s’avère mal documentée en Europe, note l’observatoire européen. Elle liste plusieurs défis à surmonter pour les développeurs, les décideurs et les utilisateurs. L’OEDT suggère notamment de mettre en place un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs et un examen minimum du contenu en vue d’une certification.

    Addiction : 67 applications mobiles identifiées par l’OEDT

    L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a repéré au total 67 applications mobiles pour les addictions dans les 3 principaux espace de vente d’applications. La majorité d’entre elles sont en anglais, proviennent des États-Unis et d’Europe, dont 2 développées en France, et sont principalement développées par des associations ou des chercheurs évoluant dans le domaine des addictions.

    Selon l’OEDT, ces applis sont réparties en 3 principaux groupes :

    • celles qui diffusent de l’information sur les drogues et sur leurs effets sur le santé mais aussi celles qui présentent des conseils de réduction des risques ;
    • celles qui mesurent la consommation et les outils d’auto-support ou communautaires conçus pour réduire cette consommation, encourager l’abstinence ou prévenir la récidive ;
    • celles qui visent à améliorer la compétences des professionnels de santé.

    La majeure partie des applications contiennent des informations sur les comportements à risque associés à l’usage de drogues, en général ou de manière ponctuelle. Certaines d’entre elles sont centrées sur une drogue précise, comme le cannabis.

    Un manque de contrôle et de fondement scientifique observés

    L’observatoire européen fait remarquer que la plupart des applis mobiles ne sont soumises à aucun contrôle en terme de qualité et ne reposent pas forcément sur des données scientifiques. Ce manque de consistance peut présenter un risque pour les utilisateurs.

    L’OEDT suggère de mettre en place pour ce genre d’outils numériques :

    • un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs ;
    • un contrôle qualité minimal ;
    • un examen minimum du contenu en vue d’une certification.

    Une actualisation des normes européennes recommandée

    L’organisme indique que les normes européennes en la matière doivent être actualisées pour intégrer la e-santé et les applications mobiles, ajoutant qu’une procédure réglementaire d’évaluation de l’innocuité, de l’efficacité et du caractère éthique de ces outils serait utile avant un usage clinique ou la mise à disposition de ces solutions au grand public.

    L’OEDT propose des applications dédiées à la formation des professionnels

    De plus, selon l’OEDT, il faudrait développer d’autres applications mobiles pour certaines cibles sous-représentées, comme les consommateurs de drogues injectables. L’agence européenne propose aussi que des applications comportent des informations sur l’usage de la naloxone, administrée en cas de surdose d’opioïdes, et que d’autres soient dédiées à la formation des professionnels de santé dans le domaine des addictions.

    L’organisme a par ailleurs rappelé l’importance d’assurer la protection des données privées relatives à ces applications de santé.

  • Des capteurs couplés à l’IA pour un suivi à domicile précis des seniors (Dr Varichon, Soins & Santé)

    Bien vieillir chez soi, s’y sentir sécurisé, bien accompagné et suivi de manière optimale sur le plan médical répond aux attentes de la plupart des seniors vivant à leur domicile, seuls ou accompagnés. C’est à ce souhait légitime que veut répondre le dispositif proposé par l’association Soins et Santé, un système composé de capteurs intelligents couplés à une intelligence artificielle capable d’analyser de manière précise le mode de vie de l’utilisateur. Il permet, en détectant des signaux faibles, de retarder l’institutionnalisation et de répondre ainsi aux attentes des personnes, tout en générant des économies pour les collectivités, explique à Health & Tech Intelligence le Dr Jean-Paul Varichon, président de Soins et Santé.

    L’association, fondée en 1971, assure la prise en charge à domicile de patients chroniques ou de personnes fragiles, en mobilisant l’ensemble de ses savoir-faire (HAD, SSIAD, équipe mobile de soins de support, garde itinérante de nuit, aide à domicile, prestataire de soins à domicile). C’est sa connaissance des situations rencontrées et vécues, tant par les personnes prises en charge que par les aidants, qui a permis à Soins et Santé de proposer une solution qui accompagne et sécurise les personnes âgées.

    Par le biais de cet équipement, il est possible :
    • de détecter des signaux précoces, annonciateurs de fragilités et de pertes d’autonomie ;
    • d’organiser l’analyse et l’intervention des professionnels de la plateforme Soins et Santé ;
    • d’intervenir au domicile si besoin est ;
    • de mettre en place des actions préventives.

    La démarche

    Des capteurs intelligents et interconnectés pour analyser le mode de vie de la personne

    Soins et Santé équipe le domicile de la personne avec des capteurs intelligents et interconnectés qui analysent son mode de vie. L’installation est clé en mains, mais des capteurs peuvent être ajoutés en fonction des besoins et des pathologies de la personne.

    Un recueil de signaux au jour le jour pour détecter en amont des difficultés encore peu développées

    Après une phase d’apprentissage de 15 jours, durant laquelle les capteurs construisent une base de données personnalisée, les équipes fixent avec la personne accompagnée des seuils d’alerte dans le suivi de ces données, seuils qui pourront déclencher l’intervention des personnels de la plateforme. Ainsi, c’est un ensemble de signaux faibles, souvent invisibles à l’instant, qui seront recensés au quotidien et permettront un diagnostic très en amont de difficultés qui n’ont pas encore revêtu un caractère aigu.

    En effet, ces capteurs, couplés à l’intelligence artificielle du logiciel, permettent de recueillir une information fine et personnalisée. Le machine learning (apprentissage automatique) du système analyse jour après jour un plus grand nombre d’événements et permet d’améliorer la prédictibilité.

    Une adaptation du domicile ou un réévaluation de la prise en charge proposées en cas d’alerte

    En cas d’alerte, les professionnels de soins et santé, paramédicaux, médicaux et socio-éducatifs (ergothérapeutes, diététiciens, psychologues, infirmières coordinatrices, assistantes sociales etc.) analysent les données reçues, ce qui aboutit soit à un contact téléphonique, soit à une visite sur place pour mieux anticiper une perte d’autonomie. Une adaptation du domicile et/ou une réévaluation de la prise en charge pourront être proposées.

    Pour la personne suivie, cette évaluation et cette adaptation précoce de son cadre de vie en cas de détérioration de son état permettent avant tout d’éviter toute rupture de parcours. Le projet aide également les aidants.

    Pour une sécurité maximale, ce système est toujours couplé avec l’appel d’urgence en cas de chute, d’errance, de non-lever, de réveil tardif, de sortie sans retour ou de sollicitation directe.

    Un pilote/une réussite

    Un test de 18 mois dans une résidence à Lyon

    Pendant 18 mois, les 14 appartements senior de la résidence Les Gentianes à Lyon ont été équipés de cette solution.

    Le maître de maison a été formé à l’analyse et au traitement des alertes de prévention. Cela a permis une meilleure prise en charge des résidents en évitant plusieurs hospitalisations (infections urinaires, perte de mobilité, troubles du sommeil, isolement…), ce qui a amélioré le colloque singulier entre le maître de maison et les résidents, sa prise en charge multidisciplinaire. Enfin, cela a permis d’ouvrir un champ d’informations et de discussion avec les familles et les aidants.

    Une validation du projet par 3 comités d’éthique

    Ce mode de détection d‘alerte respecte la vie privée des personnes puisqu’il ne s’exprime que lorsqu’une alerte est déclenchée. Non intrusif, les proches et aidants ne seront prévenus qu’en cas d’alerte et s’ils sont autorisés par la personne. 3 comités d’éthique ont validé le projet.

    Le succès est au rendez-vous : les personnes suivies, les aidants, les familles ont totalement adopté la solution.

    Les perspectives

    L’objectif est d’élargir la base de personnes bénéficiant de ce service, soit en adressant directement les personnes à leur domicile, soit en équipant des réseaux de maisons de seniors ou Ehpad. Plusieurs pistes sont en cours d’étude ou de discussion.

    Le modèle financier

    Un modèle par abonnement

    • Pour une personne suivie à son domicile : 120 euros par mois, dont 30 euros à la charge de la personne (sachant que la Carsat peut selon le niveau des ressources prendre jusqu’à 30 euros à sa charge, et que cette prestation est éligible au crédit d’impôt à hauteur de 60 euros)
    • Une offre existe pour les maisons de seniors, qui sont actuellement en demande de cette solution.
    • L’équilibre financier est atteint avec 350 abonnés.
  • Étude : mesurer les pas avec Fitbit après une chirurgie prédit la durée du séjour hospitalier (Jama)

    Après une intervention chirurgicale, le port d’un traqueur d’activité type Fitbit incite les patients à marcher. Des chercheurs du Cedars-Sinaï Hospital, situé à Los Angeles, ont montré que chaque 100 pas supplémentaires étaient associés à une réduction de près de 4 % de la durée de séjour. Au regard des résultats de leur étude*, publiés le 1er février 2019 dans le Jama Network Open, le suivi du nombre de pas pourrait devenir un signe vital à suivre pour les équipes chirurgicales, et ce malgré le fait que les effets positifs mis en avant dans ces travaux peuvent être nuancés.

    Calculer précisément les pas, un besoin crucial

    La nécessité de remarcher rapidement après une intervention chirurgicale a été démontrée à maintes reprises. Le statut ambulatoire d’un patient est associé à de nombreux signes cliniques, notamment le risque de thrombo-embolie veineuse profonde.

    Pourtant, malgré son rôle central dans le rétablissement et le traitement, l’évaluation quotidienne du nombre de pas est imprécise, négligée, voire totalement ignorée plus de trois fois sur quatre.

    En outre, cette évaluation repose la plupart du temps sur les dires des patients, qui ne sont pas toujours très fiables. Compte tenu des enjeux élevés liés à la déambulation postopératoire, les équipes chirurgicales ont besoin d’informations plus précises, y compris d’une méthode simple permettant de quantifier un objectif de pas lié à un résultat clinique spécifique.

    Des traqueurs d’activité dès la salle de réveil

    Une équipe du département de chirurgie du Cedars Sinaï Hospital a mené une étude de cohorte prospective à l’aide d’un moniteur d’activité portable, disponible dans le commerce, afin de mesurer numériquement le nombre de pas après 8 interventions chirurgicales majeures.

    Elle a développé des méthodes pour inciter les patients à sortir de leur lit : au lieu de marches aléatoires, les patients ont reçu une application proposant des visites de la collection d’art du Cedars-Sinai. Il y a quatre tours pour chaque unité chirurgicale, offrant des marches plus ou moins longues incluant le nombre exact de pas pour chaque tour. Lorsque les patients atteignent un tableau, ils peuvent écouter une brève explication de l’œuvre et de l’artiste, un peu comme lors d’une visite guidée dans un musée.

    Une centaines de patients ont été inclus dans ces travaux. Ils avaient subi une pose de prothèse de hanche, des ablations du poumon ou encore des chirurgies bariatriques.

    Chacun d’entre eux a été équipé d’un bracelet Fitbit à son réveil. De leur côté, les chirurgiens ont été invités à renseigner leurs estimations de la marche du patient en indiquant « pas de déambulation », « hors du lit à la chaise », « hors du lit pour ambuler une fois par jour », « deux fois par jour », « trois fois par jour » ou « marche ad libitum ».

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er février 2019 dans le Jama Network Open.

    Résultats : marcher réduit la durée d’hospitalisation

    • Le port de Fitbit a été corrélé avec une augmentation significative du nombre de pas effectués.
    • Les estimations faites par les chirurgiens étaient très variables. Par exemple, ceux qu’ils avaient classés dans la catégorie « du lit à la chaise » effectuaient entre 0 et 1 803 pas.
    • Chaque 100 pas supplémentaires étaient associés à une réduction de 3,7 % de la durée de séjour.
    • Au-delà de 1 000 pas, aucune réduction significative n’a été enregistrée. 

    Un objectif de 1 000 pas quotidiens après une opération

    Les auteurs de cette étude estiment que ces résultats suggèrent qu’un objectif quotidien de 1 000 pas dans la période postopératoire serait pertinent, de la même manière qu’un objectif de 10 000 pas par jour a été fixé pour les personnes en bonne santé.

    Par ailleurs, cette étude révèle que les moniteurs d’activité améliorent la précision de l’évaluation de la déambulation par rapport au traitement standard actuel. Étant donné que de petites différences dans le nombre de pas quotidiens allant jusqu’à 1 000 pas sont associées à des différences substantielles dans la durée de séjour, ce degré d’inexactitude peut en effet être cliniquement pertinent.

    « Nous mesurons tout ce qui concerne nos patients – que ce soit la fréquence cardiaque, la pression artérielle, etc. – mais nulle part nous ne mesurons les pas, même si nous savons [qu’ils] sont si importants pour le bien-être du patient « , a déclaré l’auteur principal de l’étude. Maintenant, nous avons la capacité de le faire. »

    Pour que l’opération soit la plus simple possible, des interfaces permettent de mesurer le nombre de pas en temps réel, de stocker les informations recueillies sur une base de données et de les traduire en une information visuelle et conviviale.

    Des Fitbit dans tous les services de chirurgie ?

    Les chercheurs soulignent que leurs travaux ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre le nombre de pas et la durée de séjour. En d’autres termes, d’autres facteurs que le port du Fitbit pourrait avoir une influence. Le peu de patients inclus dans l’étude, la non prise en compte de la différence de longueur de marche sont aussi quelques-unes des limitations.

    Cependant, ils plaident pour l’intégration des moniteurs d’activité dans la surveillance de la déambulation postopératoire après une intervention chirurgicale majeure. Selon eux, compter le nombre de pas pourrait devenir « un signe vital pour les équipes chirurgicales ».