IOT

  • E-sante.gouv.fr : le nouveau site web de l’Asip Santé présente une info hiérachisée et thématisée

    L’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip Santé) modernise E-sante.gouv.fr., avec une navigation simplifiée, un accès facilité aux offres et aux services de l’opérateur public ainsi qu’une lecture pour smartphones et tablettes optimisée. Plus précisément, les niveaux de lectures ont été améliorés, l’information disponible a été hiérarchisée et thématisée, l’ergonomie fluidifiée et le design modernisé afin de permettre une navigation plus intuitive.

    La plateforme, qui s’adresse aussi bien aux patients qu’aux établissements de santé, aux professionnels de santé en milieu libéral, aux laboratoires de biologie médicale, aux professionnels du médico-social mais aussi aux éditeurs, compte plus de 60 000 visites par mois, indique l’Asip Santé dans un communiqué publié le 30 janvier 2019.

    • information accessible depuis la page d’accueil du site avec une entrée directe aux offres de l’agence ;
    • un espace par profil (patients, établissement de santé, professionnel de santé, éditeur, etc.) ;
    • une navigation autour de 4 thèmes principaux est suggérée :
      • sécurité ;
      • interopérabilité ;
      • labels et certifications ;
      • projets nationaux.

    Par ailleurs, la rubrique « point de vue » propose un éclairage sur les grands enjeux numériques en santé.

  • Un consortium public-privé mené par Sanofi pour mieux comprendre l’insuffisance cardiaque via l’IA

    Un consortium public-privé, baptisé « Pacific », vient d’être créé pour mieux comprendre l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICFEP). Il regroupe 2 industriels, Sanofi, leader du projet, et Servier, 2 partenaires publics, l’AP-HP et l’Inserm, et 4 start-ups, BioSerenity, Casis, Fealinx et Firalis. Ces dernières développeront des technologies et logiciels innovants de mesure et d’analyse de données biologiques, hémodynamiques, d’imagerie et d’aide au diagnostic.

    Le partenariat vise à mieux comprendre l’hétérogénéité des profils de patients, de les stratifier dans des sous-groupes plus homogènes, le tout par l’intermédiaire de technologies basées sur l’intelligence artificielle (IA) afin de permettre une analyse approfondie des données, ont précisé les membres du projet fin janvier 2019.

    Le but de ce consortium est de mettre au point un algorithme de diagnostique spécifique de l’ICFEP, de développer de nouveaux médicaments et de réorienter des médicaments déjà existants vers des sous-populations susceptibles d’en bénéficier, a indiqué le Dr Benoît Tyl, directeur de la recherche translationnelle et clinique cardiovasculaire à Servier, lors d’une conférence de presse

    Ce projet de 14 millions d’euros est financé à 50 % par le programme d’investissements d’avenir (PIA), qui est piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et opéré par Bpifrance. Le reste des fonds est apporté par les start-ups et les laboratoires.

    Après deux ans de discussions pour constituer le consortium, un accord a été récemment signé. Les porteur de l’initiative estiment qu’il faut compter encore six mois pour organiser, structurer les procédures et former les équipes, avant de recruter des patients pour mener une étude clinique prospective.

    ICFEP : une maladie mal connue pendant des années

    L’initiative est née d’un constat : aucun traitement n’est vraiment efficace contre l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICFEP) et entre 8 milliards et 10 milliards d’euros ont été investis par l’industrie pharmaceutique dans des essais cliniques non concluants.

    « Notre R&D est bloquée. Nous avons besoin de mieux comprendre la maladie pour mieux la traiter », a expliqué le Dr Benoît Tyl.

    Des patients aux profils variés

    Cela s’explique notamment par le fait que, pendant plusieurs années, les experts pensaient que l’insuffisance cardiaque était une seule et même maladie, alors qu’elle est en réalité plurielle et touche des patients avec des profils phénotypiques et des comorbidités divers (âge, diabète et obésité, troubles rénaux, etc.).

    Le consortium va mettre en place une étude clinique prospective

    Les travaux présentés seront menés dans un premier temps à partir des registres de l’AP-HP pour identifier des patients qui seront ensuite inclus dans une étude clinique prospective permettant de collecter des données physiopathologiques lors d’une journée d’hospitalisation.

    5 hôpitaux de l’AP-HP participent, 500 patients seront recrutés

    L’étude, dont le promoteur sera l’AP-HP, sera réalisée dans cinq établissements parisiens du CHU francilien, soit au sein de l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP, Paris), de Henri Mondor (Créteil), de Bichat, de Lariboisière et de la Pitié Salpêtrière (Paris). Ils recruteront « 500 patients qui seront inclus dans l’étude clinique et bénéficieront chacun d’une journée de bilan complet à l’hôpital et d’un suivi », précise dans le communiqué de présentation du projet le Pr Jean-Sébastien Hulot, cardiologue pharmacologue et professeur à l’AP-HP (Hôpital Européen Georges Pompidou), qui coordonne le projet.

    Au cours de l’étude seront effectués :

    • une analyse d’imagerie cardiovasculaire, avec la technologie de Casis : développement de logiciels de scanner et d’IRM spécifiques de l’ICFEP, basés sur le deep learning (apprentissage profond) ;
    • une mesure des marqueurs sanguins et urinaires des patients, avec la technologie de Firalis : développement d’un test de diagnostic innovant, CardioPanel, basé sur des marqueurs circulants ;
    • pour la première fois, une mesure de la rigidité du muscle cardiaque, grâce à un appareil encore en cours de développement au sein de l’Inserm.
    • Les patients seront ensuite suivis à domicile via un t-shirt connecté conçu par Bioserenity, intégrant des capteurs de mesure continue de paramètres physiologiques spécifiques à l’ICFEP pour permettre un suivi en vie réelle.
    • L’algorithme de diagnostic par machine learning (apprentissage automatique) sera, lui, élaboré par Fealinx à partir de données collectées.

    Selon le directeur général de Bioserenity, environ 1 pétaoctect (1 million de milliards d’octets) de données « ultra-qualifiées » sur l’ICFEP seront générées.

    Une start-up sera créée pour accompagner le développement de l’appareil de mesure

    Par le biais de ce projet, d’une durée estimé de 5 ans, les 4 start-ups vont avoir la possibilité de développer de nouveaux produits et de les commercialiser.

    En ce qui concerne l’algorithme, il sera breveté pour être internationalisé, avec un accès payant par l’intermédiaire des licences.

    De plus, une start-up sera créée pour accompagner le développement et la commercialisation de l’appareil de mesure de la rigidité du muscle cardiaque de l’Inserm.

  • H&T SUMMIT 2018: building a value-based health system on a national scale (roundtable)

    « In ancient times, medicine was a very simple thing. It was used to promote health, prevent disease, restore health when compromised and minimize suffering. In the 20th century, the idea that production would get better results was imported in the world of health, » said Ricardo Baptista Leite, Member of the Portuguese National Parliament, speaking at « Building a value-based health system on a national scale » roundtable, held during the « value-based health care « (VBHC) Health & tech for people day, organized on December 18, 2018 in Paris by Care Insight.

    Also, “NHS has failed in a certain way because people who have money go to the private sector. More and more, the population is divided.” So, strong reforms are required to avoid cost-driven behaviours and a schism between the private and public sectors.

    « The rise in costs led to a lack of sustainability, » he added, « so, the solution is to get rid of what has no added value and invest strongly at the base of the pyramid. »

    He also said NHS has in his view « failed in a certain way because people who have money go to the private sector. More and more, the population is divided, so, strong reforms are required to avoid cost-driven behaviors and a schism between the private and public sectors. »

    Healthcare expenditures: shifting from a cost-driven mindset to investment-driven mindset

    « Money is not necessarily the major driver and we should drive patients, » said Peter Pitts, President, Center for Medicine in the Public Interest, Former Associate Commissioner, FDA. Besides, David Bates, Professor of Health Policy & Management, Harvard T.H. Chan School of Public Health, added that “in the US, payment is unbelievable and complex: there are thousands of different payers in our institution.”

    Payment should be related to quality to generate better outcomes and not just process and should be done and measured through the electronic health record for a minimum burden to the providers.

    « Tomorrow, we will focus on outcomes instead of reimbursement » (Peter Juhn, Amgen)

    Peter Juhn, Global Head of Value-based Partnerships, Amgen, USA, added that we should « consider the health less as a cost and more as an investment. We have a system where we minimize costs without regards of what those costs could bring us. And if you think about the question of value, you replace the notion of cost by an investment, it takes a different flavor.  » 

    And investments are linked to future outcomes, he said. According to him, another reason to have an investment orientation rather than a cost orientation is because of medicine innovation. « Tomorrow, we will focus on outcomes instead of reimbursement. »

    Peter Juhn illustrates this with an example: 3 or 4 years ago, Sovaldi which is a curative therapy for hepatitis C challenged HC payers by changing the paradigm: “you pay once, and you actually cure the disease. Most payers are used to paying a little bit every year for many years”.

    Also based on this example, Ricardo Leite explained that Portugal was the first country in the world to establish the “pay per cure” system. “Governments will only pay the pharmaceutical company after the clinical cure of hepatitis C is proven.

    That was the first value-based medicine approach in Portugal. « Sadly, it is a single example, » he said. « Doing that when there is a cure is easier than when we have a chronic condition. »

    Collect data at a government stage

    A cornerstone shared by the panellists is that data should be collected by the government, by an agency for example. According to them, there is a huge need to shift to a bigger model, beyond the walls of hospitals and share all these data with collaborative partners.

    And Ricardo Leite goes beyond: « If it is used for research or clinical trials, why not create a citizen refund which would involve patients using their data? » This data collection would give access to

    This data collection would give access to innovation at a local community level.

    « We need to geography data, go micro to make a real change, and if we do it properly, this would create sustainability with the cooperation of the public health, the cornerstone of the health system, » Ricardo Leite said.

    He stressed the importance of collaboration between healthcare providers, hospitals, city halls and the education system “to put that public health prevention at the core of the system.”.

    In addition, David Bates admitted that creating a large data set will be valuable to have large access to patients and at a minimum cost.

    Partnership and transparency between stakeholders

    Peter Juhn alludes to the subject of partnership by declaring that “This is inclusive for all the stakeholders including manufacturers. And manufacturers can bring some interesting expertise, interesting experience and interesting data that can be valuable.”

    According to David Bates, we should consider data exchange as a public good. He pointed out that to reach this goal, we need to make more standards at a national level. And about past experience in the United States, he said that the use of Electronic Medical Record and data exchange promote collaboration and improve care.

    Peter Juhn concluded by assuring that these collaborations will create a system which reduces costs but not the value.

    Educate and engage the patient

    Regarding the US system, Peter Pitts explained that there are some programs to educate the patient supported by the Center for Medicare and Medicaids Service (CMMS) which is a federal agency. He put forward an American concept called “Human by design” which allows the programs to keep a patient’s perspective in mind. And beyond education, some programs will involve the patient to give his inputs, for a drug development by doing trials in real life.

    Predict and prevent the system

    According to Peter Juhn, value-based healthcare is not enough. He took for granted that we have already moved from the fee for service system to an outcome based – value-based healthcare system. He went further by saying that “this is an intermediate level. Where we really need to go, we need to get to a predict and prevent healthcare system. This is the ultimate value.”

    Coming back to the traditional model, he added that “what we have today is a “fix-it” system. We wait for people to get into trouble and we always try to fix them.” In his view, progress in medicine, science and technologies, including data sciences, data analytics offer an unprecedented ability to predict which patient would have risks, which patient will come into trouble.

    Singapore and France as examples

    « What is the best healthcare system? », asked to the speakers Detlev Ganten, Chairman, President et Founder, World Health Summit.

    • Ricardo Leite’s opinion: Portugal was a leader at a European level for electronic prescription. « In collaboration with mayors, at a local level, it allowed to understand the state of health of citizens. » But he warned that collecting data from so many different providers costs a lot. He concluded by recommending to take what is done abroad and adapt it locally.
    • Peter Pitts’ opinion: Singapore is an example but “if we consider Singapore as a country/company, you have to compare the geography, population size, political systems”.
    • Peter Juhn’ opinion: “As for Singapore, they have solved a problem: not having a healthcare budget on an annual circle but a 5-year plan, 10-year plan, 20-year plan.” He pointed out the benefit of having a long-term view.

    • David Bates’ opinion: « France has the best outcomes and is followed by digitalized countries such as Danemark, Sweden, Estonia. These are the leaders in Europe. » He also admitted that France needs to experiment the NHS like in England.

    As a conclusion Dentlev Ganten said that “we want federal management, quality; we want reconsidered costs.”

    Interview with Dentlev Ganten

    What impact does the concept of health value have on the organization of the healthcare in Germany?

    Is value-based health care applicable to all health systems in the world?

    Find all H&T SUMMIT 2018 video on Numérique & Santé by Care Insight YouTube channel.

  • H&T SUMMIT 2018 : construire un système de santé fondé sur la valeur à l’échelle nationale

    Health&Tech Intelligence et le Cercle Numérique et santé ont organisé leur 2eme conférence internationale le 18 décembre 2018 à l’Institut Imagine (Paris). H&TI vous propose une synthèse des principales tables rondes et des entretiens avec les intervenants.

    « Durant l’Antiquité, la médecine était une chose très simple. Elle était utilisée pour promouvoir la santé, prévenir les maladies, rétablir la santé lorsqu’elle était compromise et minimiser les souffrances. Au XXième siècle, l’idée qu’une plus importante production permettrait d’obtenir de meilleurs résultats a été importée dans le monde de la santé », observe Ricardo Baptista Leite, membre du Parlement national portugais, intervenu lors de la table ronde « Building a value based health system on a national scale ».

    « La hausse des coûts a entraîné un manque de durabilité, a-t-il ajouté. La solution est donc de se débarrasser de ce qui n’a aucune valeur ajoutée et d’investir fortement à la base de la pyramide ».

    Il note par ailleurs que le modèle mis en place par le NHS a selon lui « échoué d’une certaine manière » car les personnes qui ont davantage d’argent se tournent vers le secteur privé. « La population se retrouve de plus en plus divisée. Des réformes importantes sont donc nécessaires pour éviter les comportements induits par les coûts des soins et un schisme entre les secteurs privé et public ».

    Dépenses de santé : penser investissement plutôt que coût

    « L’argent n’est pas nécessairement le principal moteur, estime Peter Pitts, président du Center for Medicine in the Public Interest et ancien commissaire associé de la FDA (États-Unis), qui a participé à la table ronde. Nous devrions orienter les résultats des patients dès le départ et impulser un comportement fondé sur le remboursement ».

    David Bates, professeur de politique et de gestion de la santé à Harvard T.H. Chan School of Public Health (États-Unis), précise de son côté qu’aux États-Unis le système de paiement est « complexe : il existe des milliers de payeurs différents ».

    Le paiement doit être lié à la qualité pour générer de meilleurs résultats et non pas être uniquement un processus mais il doit être effectué et mesuré à l’aide d’un dossier de santé électronique pour un fardeau minimal pour les fournisseurs.

    « Demain, nous nous concentrerons sur les résultats plutôt que sur le remboursement » (Peter Juhn, Amgen)

    Peter Juhn, vice-président et responsable des partenariats mondiaux basés sur la valeur à Amgen (États-Unis), ajoute que nous devrions « considérer la santé moins comme un coût et plus comme un investissement. Nous avons un système dans lequel nous minimisons les coûts sans nous soucier de ce qu’ils pourraient nous apporter. Et si vous réfléchissez à la question de la valeur, vous remplacez la notion de coût par celle d’investissement, cela prend un aspect différent ».

    Et les investissements sont liés aux résultats futurs, estime-t-il. L’innovation en matière de médecine est selon lui une autre raison de privilégier les investissements. « Demain, nous nous concentrerons sur les résultats plutôt que sur le remboursement. »

    Peter Juhn cite en exemple Sovaldi, un traitement curatif des patients souffrant d’hépatite C qui a changé a changé de paradigme il y a trois-quatre ans. « Vous payez une fois et vous guérissez réellement de la maladie. Or, la plupart des payeurs sont habitués à payer un peu chaque année pendant de nombreuses années. »

    Également basé sur cet exemple, Ricardo Leite explique que le Portugal a été le premier pays au monde à mettre en place le système de « paiement par traitement ». « Les gouvernements ne paieront la société pharmaceutique qu’après que la guérison clinique de l’hépatite C aura été prouvée. »

    Ce fut la première approche de médecine fondée sur la valeur au Portugal. « Malheureusement, c’est un exemple unique, note-t-il. Il est plus facile de faire cela quand il y a une guérison possible que lorsqu’il s’agit d’une maladie chronique. »

    Recueillir des données à un stade gouvernemental

    Un élément fondamental partagé par les intervenants de la table ronde est que les données devraient être collectées par le gouvernement, par exemple par une agence. Il est selon eux nécessaire de passer à un modèle plus vaste, au-delà des murs des hôpitaux, et de partager toutes ces données avec des partenaires.

    Et Ricardo Leite va au-delà : « S’il est utilisé pour la recherche ou les essais cliniques, pourquoi ne pas créer un remboursement au citoyen impliquant les patients utilisant leurs données ? Cela favoriserait davantage de recherches ou d’essais cliniques.

    Cette collecte de données donnerait accès à l’innovation au niveau des communautés locales.

    « Nous avons besoin de données géographiques, de passer au niveau micro pour obtenir un vrai changement. Si nous le faisons correctement, cela créerait une durabilité avec la coopération de la santé publique, la pierre angulaire du système de santé », explique Ricardo Leite.

    Il insiste sur l’importance d’une collaboration entre les prestataires de soins, les hôpitaux, les mairies et le système éducatif « afin de placer la prévention de la santé publique au cœur du système ».

    Par ailleurs, David Bates admet que la création d’un grand ensemble de données sera précieuse pour permettre un large accès aux patients et à un coût minimum.

    Partenariat et transparence entre les parties prenantes

    Peter Juhn a fait allusion à un partenariat en déclarant qu’il devait être « inclusif pour toutes les parties prenantes, y compris les fabricants », des derniers pouvant apporter selon lui « une expertise, une expérience et des données intéressantes qui peuvent être utiles. »

    Selon David Bates, il faudrait considérer l’échange de données comme un bien public. Il souligne que pour atteindre cet objectif, davantage de normes doivent être élaborées au niveau national. En parlant d’expériences passées aux États-Unis, il indique que l’utilisation de système de dossiers de santé numériques et l’échange de données favorise la collaboration et améliore les soins.

    Peter Juhn conclut en assurant que ces collaborations créeront un système qui réduira les coûts mais pas la valeur.

    Éduquer et engager le patient

    En ce qui concerne le système américain, Peter Pitts explique qu’il existe certains programmes d’éducation du patient soutenus par le Centers for Medicare and Medicaid Services (CMMS), une agence fédérale. Il propose un concept américain appelé « Human by design », qui permet aux programmes de garder à l’esprit la perspective du patient. Et au-delà de l’éducation, certains programmes impliqueront le patient dans le développement d’un médicament en faisant des essais dans la vie réelle.

    Prédire et prévenir le système

    Selon Peter Juhn, les soins basés sur la valeur ne suffisent pas. Il prend pour acquis que nous sommes déjà passés du système de paiement à l’acte à un système de santé basé sur les résultats et la valeur. Il va plus loin en disant qu’il s’agit d’un « niveau intermédiaire ». « Nous devons arriver à un système de prévision et de prévention de soins. C’est la valeur ultime. »

    En ce qui concerne le modèle traditionnel, il le décrit comme « un système réparateur. « Nous attendons que les gens rencontrent des problèmes et nous essayons de les résoudre. » Selon lui, les progrès de la médecine, de la science et des technologies, y compris la science des données et l’analyse des données, offrent une capacité sans précédent de prédire quel patient aura tel ou tel risque et quel patient rencontrera des problèmes de santé.

    Singapour et la France cités en exemple

    Les intervenants ont été amenés à s’exprimer sur l’existence d’un éventuel pays à suivre en matière de système santé.

    • Avis de Ricardo Leite : le Portugal fait partie des leaders européens en matière de prescription électronique. « En collaboration avec les maires, au niveau local, il a permis de comprendre l’état de santé des citoyens ». Mais il prévient que la collecte de données auprès de nombreux fournisseurs coûte très cher. Il conclut en recommandant d’adapter localement les bonnes initiatives entreprises à l’étranger.
    •  Avis de Peter Pitts : Singapour est un exemple mais « si nous considérons Singapour comme un pays, vous devez comparer la géographie, la taille de la population et le système politique ».
    • Avis de Peter Juhn : « La cité-État a résolu un problème : ne pas prévoir un budget de santé sur un cycle annuel mais un plan quinquennal et décennal ». Il souligne l’avantage d’avoir une vision à long terme.
    • Avis de David Bates : «La France a les meilleurs résultats et est suivie par les pays numérisés tels que le Danemark, la Suède et l’Estonie. Ce sont les leaders en Europe. » Il admet également que la France doit expérimenter le NHS comme en Angleterre.

    En conclusion, Detlev Ganten, président et fondateur du Word Health Summit et modérateur de la séance, a déclaré : « Nous voulons une gestion fédérale de la qualité ; nous voulons des coûts reconsidérés ».

    Entretien avec Detlev Ganten

    Quel est l’impact du concept de la valeur en santé sur l’organisation du système de santé en Allemagne ?

    Les soins de santé basés sur la valeur sont-ils applicables à tous les systèmes de santé du monde ?

    Retrouvez l’ensemble des vidéos du H&T SUMMIT 2018 sur la chaîne YouTube Numérique & Santé by Care Insight.

  • Exploitation des données de santé : le Health Data Hub lance son premier appel à projets

    Le Health Data Hub (HDH), piloté par Jean-Marc Aubert, lance un appel à projets (AAP) dans l’optique de sélectionner les premières initiatives innovantes dans le domaine de l’exploitation des données de santé qui présentent un intérêt public.

    Les dossiers de candidatures doivent être déposés sur le site Demarches-simplifiees.fr d’ici le 9 mars 2019 à minuit.

    L’appel s’adresse en particulier aux porteurs de projets « dont la phase de conception est avancée mais dont la réalisation requiert expressément l’aide du Hub pour accéder aux données de santé ou procéder à leur traitement », indiquent le ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que la Dress dans un communiqué publié le 31 janvier 2019. Les projets qui contribueront à la constitution du catalogue de données et dont les acteurs accepteront de partager les outils et connaissances développés avec la communauté « seront privilégiés ».

    Les lauréats pourront bénéficier d’un accompagnement pendant un an à compter du second semestre 2019.

    Le Health Data Hub mettra à la disposition des porteurs de projets retenus des ressources humaines et technologiques mutualisées afin de les aider à élaborer et déployer leurs solutions. La construction et le fonctionnement du HDB « reposeront sur le partage et la capitalisation des travaux entrepris, est-il notifié. Il sera un outil de promotion de l’innovation pour faire de la France un leader des données de santé. »

    Les 3 objectifs de l’appel à projets Health Data Hub :

    • soutenir les usages innovants de la donnée de santé : « l’objectif est d’accompagner des projets innovants au service de la recherche, des patients, des professionnels de santé et du système de santé », est-il indiqué dans le document présentant l’appel à projets (AAP) ;
    • participer à la construction et au développement du Health Data Hub : « ces projets permettront au Health Data Hub d’éprouver et d’industrialiser son offre de service ainsi que d’enrichir son catalogue de données et d’algorithmes partagés » ;
    • démontrer par des résultats rapides la valeur de la donnée : « les projets doivent permettre l’obtention de résultats rapides, à même de démontrer la valeur de la donnée et l’intérêt de son partage. »

    Les thématiques ciblées

    Les projets ciblés

    Maturité du projet

    Le cas d’usage doit être précis, concret et réaliste. L’équipe projet doit déjà être constituée et engagée.

    Usage innovant de la donnée de santé

    Le projet doit proposer une approche innovante de collecte ou du traitement de la donnée (notamment en utilisant l’intelligence artificielle).

    Contribution à la constitution du catalogue de données Hub

    Le projet doit contribuer à l’identification de sources de données à fort potentiel de ré-utilisation ou à la collecte, la documentation, la standardisation et la mise en qualité de nouvelles sources de données majeures. L’utilisation de standards internationaux serait un plus.

    Bénéfices potentiels significatifs et disponibles rapidement

    Le projet doit être réalisable dans les conditions actuelles de l’état de l’art et pouvoir témoigner rapidement (6 mois à 1 an) de bénéfices sur l’amélioration des soins ou du système de santé.

    Contribution au partage des données, des outils et des connaissances

    Le projet doit prévoir, dans le respect de la propriété intellectuelle et industrielle, la mise à disposition de documentation, outils, algorithmes créés grâce au concours du Hub et pouvant servir à l’ensemble de sa communauté d’utilisateurs.

    Les obstacles que le Health Data Hub peut aider à franchir

    L’accompagnement proposé pour franchir ces obstacles

    Modalités de sélection et calendrier de l’appel à projets

    • Dépôt des candidatures : les porteurs de projets sont invités à déposer leur candidature sur la plateforme d’ici le 9 mars 2019 à minuit.
    • Pré-sélection : les candidatures seront analysées pour établir une pré-sélection sur la base de la qualité et la pertinence de la candidature, ainsi que des critères présentés en page 5 du dossier de présentation de l’AAP.
    • Auditions et sélection : Les candidats présélectionnés seront invités à être auditionnés par un jury composé de représentants des ministères concernés, de personnalités qualifiées et de Bpifrance.
    • Lancement de l’accompagnement : les projets retenus seront annoncés début avril et feront l’objet d’un premier accompagnement pour lancer au plus vite les démarches d’accès aux données.
    • Réalisation des projets : la réalisation des projets sélectionnés pourra démarrer dès l’obtention des autorisations et habilitations requises dans le courant du 2e semestre 2019.

    Informations et contacts

    Pour toute information portant sur l’appel à projet lancé par le Health Data Hub, une foire aux questions est accessible en ligne sur Qa.health-data-hub.fr.

    Il est possible de contacter le HDH par email dans le cadre de l’AAP à hdh-aap@sante.gouv.fr.

  • Le CHU de Bordeaux s’allie avec la start-up Synapse Medicine pour développer l’IA

    Le CHU de Bordeaux va collaborer avec la start-up bordelaise Synapse Medicine, issue du CHU et spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) en santé. Les deux organisations ont signé le 16 janvier 2019 un accord-cadre pour que les équipes de recherche du centre de soins puissent exploiter la solution développée par Synapse.

    La start-up a mis au point une plateforme basée sur IA permettant à un médecin d’accéder aux dernières informations relatives à l’usage des médicaments dans un contexte donné pour les aider à prescrire les bons médicaments, à la bonne dose et en tenant compte de tous les facteurs. Ils peuvent ainsi analyser instantanément l’ordonnance d’un patient, simplement en la prenant en photo, soit des dizaines de minutes gagnées, indiquent le CHU dans un communiqué publié le 24 janvier sur Reseau-chu.org.

    Les services de médecine gériatrique seront les premiers à utiliser le système, « dans le cadre d’un ambitieux projet de recherche clinique », précise le centre de soins.

    Il s’agit de la « première mise à disposition » de cet outil à travers « un protocole de recherche, pour aider quotidiennement des médecins dans leur travail », indique par ailleurs l’établissement.

    « C’est un évènement très important. Il s’agit d’un des tout premiers accords de ce type en Europe : entre un hôpital de la taille d’un CHU et une start-up spécialisée en intelligence artificielle médicale, commente le Dr Clément Goehrs, co-fondateur et P.-D.G. de Synapse Medicine (communiqué). La force de Synapse aujourd’hui, c’est d’avoir su implémenter ces technologies dans un produit concret, directement utile pour les médecins, et donc pour les patients. Les possibilités futures sont immenses. »

  • L’Anap lance un nouveau module de e-learning sur l’auto-diagnostic des services d’urgence

    L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) a mis en place un nouveau module de formation en ligne (e-learning) pour aider les professionnels de santé à « mener l’auto-diagnostic qualitatif de leur service d’urgence« .

    Le programme se divise en 2 parties, accessibles sur le site de l’Anap dédié aux formations :
    • « les fondamentaux des urgences » :
    – les urgences et leur environnement ;
    – les enjeux de performance d’un service d’urgence.
    • « parcours guidé pour améliorer l’organisation d’un service d’urgence » :
    – préparer l’analyse ;
    – diagnostic guidé de mon service d’urgence ;
    – mise en œuvre du plan d’action.

    Les inscriptions aux premières sessions déployées sont ouvertes jusqu’au jeudi 28 février 2019. Elles doivent être réalisées sur le site Campus.anap.fr.

    La formation permet d’ »analyser les temps de passage aux urgences et l’adéquation des ressources à l’activité afin de mettre en œuvre un plan de transformation », indique l’Anap, précisant qu’elle « facilite la réflexion sur les pratiques organisationnelles et les interfaces prioritaires ».

    Le programme peut être suivi de manière autonome ou en complément d’autres ressources mise à disposition par l’agence nationale dans l’optique d’améliorer l’efficacité des services d’urgence.

    L’Anap propose également un « appui thématique » pour accompagner les équipes hospitalières dans la réorganisation des urgences. Il se déploie sur un an sous la forme de 6 sessions d’ateliers en visioconférence ou en présentiel avec présentation des méthodologies de l’Anap ainsi qu’ »une démarche outillée et personnalisée s’appuyant sur les données propres des établissements ».

  • Le moteur de recherche Santé.fr lancé en PACA, 4e région à disposer du service

    Le moteur de recherche Santé.fr, disponible sous forme de site web et d’application mobile, est désormais déployé en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), annonce l’Agence régionale de santé PACA dans un communiqué publié le 21 janvier 2019. La plateforme, proposée par le ministère des Solidarités et de la Santé, les agences et les autorités publiques, a pour but de guider les usagers vers de bonnes décisions en matière de santé, que ce soit pour eux ou pour leurs proches.

    Elle regroupe des informations de santé « utiles et pertinentes », « fiables, accessibles et personnalisées », compréhensibles sans disposer d’une connaissance technique du vocabulaire particulière, indique l’ARS PACA.

    Actuellement, le site réunit plus de 5 000 articles et donne accès à un annuaire de plus de 200 000 professionnels, établissements et services de santé basés en Île-de-France, dans le Grand Est et dans les Pays de la Loire.

    En dehors de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, il sera déployé dans un premier temps en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Centre-Val de Loire, en Guadeloupe et en Nouvelle-Aquitaine, puis progressivement sur l’ensemble du territoire national d’ici la fin du 1er semestre 2019.

    Santé.fr propose :

    • divers contenus indexés, agrégés des sites web des acteurs public de santé, comme l’Assurance maladie, l’Institut national du cancer et l’Inserm (prévention, informations sur les maladies et les traitements, etc.), mais aussi par des partenaires à but non-lucratif labellisés (associations, sociétés savantes, universités, etc…) ;
    • un accès à un compte personnel sur lequel il est possible de paramétrer les informations ;
    • un assistant personnel : envoi de notifications et d’alertes territorialisées (informations géolocalisées sur la pollution, les événements sanitaires, les pharmacies de garde à proximité, etc.) ;
    • un annuaire des professionnels de santé, des établissements sanitaires et médico-sociaux, des laboratoires d’analyses médicales, des pharmacies, etc.
    • un espace Lab accueillant les idées, les propositions et les évaluations des usagers. Le moteur de recherche est évolutif, c’est-à-dire qu’il gagne en pertinence au fil des usages et des propositions émises au sein du Lab Santé.fr. « Chaque personne peut contribuer à sa construction », note l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur dans son communiqué.

    Dans sa version régionale, Santé.fr « représente un véritable outil de réduction des inégalités car il offre une meilleure orientation dans le système de santé », commente-t-elle par ailleurs.

  • L’Agence nationale pour la recherche et Bpifrance s’allient pour soutenir les deeptech santé

    Bpifrance et l’Agence nationale de la recherche (ANR) ont signé un partenariat stratégique visant à renforcer l’articulation entre leurs différents outils de financement et à simplifier l’offre à destination des entreprises.

    Dans ce contexte, ce nouveau partenariat aura pour objectif de favoriser la création et la croissance de start-ups deep tech. En octobre dernier, Bpifrance avait annoncé le lancement de son Fonds national d’amorçage II.

    Frédéric Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a présidé la signature lors d’une séance qui s’est tenue le 21 janvier 2019.

  • Création du GCS SARA Auvergne-Rhône-Alpes : Bertrand Pellet nommé directeur et Thierry Durand DSI

    Le Groupement régional d’appui au développement de la e-santé en Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), ou GCS SARA, a été créé le 1er janvier 2019, fusion des services des anciens groupements de coopération sanitaires SIMPA et SISRA née « d’un travail collaboratif étroit », indique la nouvelle entité dans un communiqué publié le 21 janvier 2019. Il poursuivra les missions de ses prédécesseurs en lien avec l’Agence régional de santé (ARS) ARA.

    Ce nouveau groupement devient l’interlocuteur unique au service de l’ensemble des acteurs de santé de la région » et contribue à la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie définie par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes en matière de e-santé« .
    Il est réparti sur quatre sites, soit Lyon, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Grenoble, dans l’optique de maintenir et de renforcer l’ancrage territorial ainsi que « le maillage indispensable au déploiement des outils numériques », note le GCS.

    Il a précisément vu le jour en décembre 2018, à l’issue d’un arrêté de l’agence régionale de santé et de l’approbation de la convention constitutive par ses 8 membres fondateurs*. Thierry Durand, directeur des systèmes d’information (DSI) du Centre Léon Bérard, a été élu administrateur de la nouvelle entité et Guilhem Allègre, directeur des affaires médicales du CHU de Clermont-Ferrand, administrateur suppléant. Par ailleurs, Bertrand Pellet a été nommé directeur du GCS et Danielle Rouzeau secrétaire générale.

    Dans la continuité de ses prédécesseur, le GCS SARA est chargé :

    • de développer des projets innovants ;
    • d’accompagner et de promouvoir les usages des services numériques pour les intégrer aux pratiques médicales ;
    • de fédérer les acteurs de santé régionaux ;
    • d’apporter son expertise projet et de mutualiser les moyens au service des ses membres ;
    • de contribuer à l’urbanisation, à la sécurité et à l’interopérabilité des systèmes d’information de santé à l’échelle régionale ;
    • d’accompagner les initiatives locales.

    Les outils développés par le GCS SARA et mis à disposition des acteurs de santé et du médico-social de la région :

    • MonSisra : système utilisé par près de 20 000 professionnels de santé sur la région permettant d’échanger par messagerie sécurisée en santé, de réaliser des actes de télé-expertise ou de téléconsultation mais aussi d’accéder facilement aux autres applications régionales ;
    • MyHop : portail web régional accessible au patient à domicile, lui permettant d’accéder à ses informations personnelles, à son agenda de rendez-vous, aux comptes rendus de ses consultations, etc., et d’interagir avec les professionnels de santé qui assurent sa prise en charge ;
    • MesPatients : dispositif d’échange et de partage visant à décloisonner les parcours de soins et à améliorer la prise en charge globale ;
    • ViaTrajectoire : outil de suivi des orientations en soins de suite et de réadaptation, en hospitalisation à domicile, en soins de longue durée et en structure d’hébergement pour personnes âgées ou pour personnes en situation de handicap.