International

  • 1er hackathon niçois sur la e-santé du jeudi 6 au samedi 8 octobre 2016

    Développer des solutions mobiles et des services innovants destinés au secteur de la santé c’est l’objet du 1er hackathon organisé par les pôles innovation et prospectives santé de la ville de Nice du jeudi 6 au samedi 8 octobre 2016.

    La compétition aura lieu au centre d’innovation « 27 Delvalle » en marge du salon Neuroplanet, pendant près de 48h sous la conduite de l’association Telecom Valley. Les participants sont pour la majeure partie des élèves d’écoles d’ingénieurs, de médecine, des designers et des codeurs.

    S’appuyant sur les témoignages de professionnels du secteur de la santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes et étudiants en médecins) les participants devront développer des solutions numériques et mobiles pour la santé basées sur des projets innovants répondant aux besoins et problématiques exposés.

    Afin de nourrir leur réflexion et réaliser les projets, des plate-formes d’Open Data seront mises à disposition, dont celles de la métropole de Nice Côte d’Azur.

    5 000 dollars de dotation et un drone Parrot seront attribués aux lauréats par la ville de Nice.

  • L’Anap publie les « actes » de ses universités d’été 2016

    « Comment faire les bons choix pour améliorer ensemble la santé de nos territoires », telle était la thématique des universités d’été de l’Anap qui se sont tenues à Lyon les 2 et 3 septembre 2016. L’agence propose depuis le 5 septembre 2016 un document qui en reprend les principales contributions, conférences et ateliers.

    H&TI vous résume les principaux points abordés au cours de ces deux journées :

    Contributions

    Prendre en compte la parole des usagers et encourager l’élaboration de contributions citoyennes en santé

    • Connaître et comprendre les différents parcours de soins
      • « Quelle est la définition de cette notion ? De quels parcours parle-t-on ? Parcours de soins ? Parcours en santé ? Quand et comment intégrer ce parcours ? Autant de questions que se posent les usagers de santé et qui ont émergé lors des échanges ».
    • S’impliquer dans les décisions de santé
      • « La question de l’implication des usagers et citoyens dans les décisions de santé soulève différentes questions telles que les choix en santé, l’information nécessaire pour opérer des choix éclairés, l’implication dans des décisions individuelles mais aussi à l’échelle de la société ».

    Conférences et débats

    Pourquoi améliorer la santé de nos territoires ? Une vision d’hier… à aujourd’hui

    • Loi de santé, création des GHT : comment faire coopérer les acteurs au bénéfice d’une offre de santé de qualité sur un territoire ?
      • La création des Groupements hospitaliers de territoire (GHT) résulte de la reconnaissance d’une grande inégalité d’accès aux soins sur le territoire. « L’objectif est de sortir des parcours initiés et de mettre en place une égalité d’accès à des soins de qualité sur un territoire », précise J. Hubert.
    • Nouvelles molécules, révolution thérapeutique,maîtrises des dépenses : comment concilier innovation et accessibilité ?
      • La récente polémique sur la molécule Sofosbuvir qui traite l’hépatite C mais qui, compte-tenu de son caractère onéreux, n’est pas accessible à tous les malades concernés relance le débat sur la manière de concilier innovation et accessibilité. Autrement dit, la question est posée :« Comment faire mieux pour maintenir que tout soit accessible à tous ? »
    • 2017, la santé sera-t-elle un enjeu du débat politique ?
      • Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, a donné sa vision de la place de la santé dans les débats politiques pour 2017. La sécurité et l’emploi sont au cœur des préoccupations actuelles. C’est pourquoi la santé semble moins présente. Pour autant, elle n’a été que très rarement omniprésente dans les débats politiques pour les présidentielles ; alors que pour les Français,les questions de santé sont une priorité.

    Ateliers de prospective

    • Les nouveaux modes d’information vont-ils modifier les comportements des usagers ?
      • Le numérique change la manière dont les patients sont informés sur leur santé. Les professionnels de santé peuvent en tirer parti pour améliorer les prises en charge, les fournisseurs d’information en santé doivent utiliser des critères de qualité de l’information pour la publier.
    • En quoi les enjeux de santé vont-ils façonner l’aménagement des territoires ?
      • L’enjeu de la santé de demain sera de combattre les inégalités d’accès à la santé en adaptant les offres aux besoins de chaque territoire. Une multiplicité de leviers sont envisageables.
    • Le traitement du cancer en hôpital de jour, en chirurgie ambulatoire et à domicile
      • Grâce aux progrès médicaux, le traitement d’un nombre croissant de cancers peut se faire sans devoir rester la nuit à l’hôpital : en « chirurgie ambulatoire », en « hôpital de jour » (HDJ) ou à domicile pour la chimiothérapie orale en médecine.
    • Comment le virage ambulatoire va révolutionner les pratiques ?
      • Le virage ambulatoire constitue une triple révolution : progrès thérapeutique (microchirurgie…), évolution des pratiques professionnelles (Récupération rapide après chirurgie-RRAC…) et transformation organisationnelle (chirurgie ambulatoire…). Cet atelier proposait de se projeter dans l’avenir en débattant sur ses conséquences sanitaires, sociales, architecturales et économiques.
    • Quelles solutions pour faire face à la prise en charge et à l’accompagnement du handicap en France ?
    • Que peuvent attendre les aînés de leur vie en santé au cours des 20 prochaines années ?
      • À travers une enquête européenne et une expérience de terrain, l’atelier a permis d’identifier les nouveaux besoins et les attentes des plus de 65 ans comparés au ressenti des plus jeunes vis-à-vis de leurs aînées. Il en ressort la nécessité d’adapter les offres de soins proposées et les structures d’accueil pour répondre à des besoins très personnalisés.
    • Territoires de soins, territoires et soins : qualité rime-t-elle toujours avec proximité ?
      • Cet atelier a mis en exergue la difficulté de définir et d’organiser l’équité spatiale en matière de soins tout en garantissant une qualité de prise en charge. Quels soins gardés en proximité ? Quel est le juste équilibre entre territoire de pouvoir et de savoir ? Quel rôle doivent jouer les nouvelles technologies dans la constitution des territoires ?
    • Le développement de la e-santé va-t-il à l’encontre de la logique des territoires ?
      • 80 milliards d’objets connectés en 2020, sans frontières ni territoires. La e-santé remet-elle en cause la Nouvelle Politique de Santé, qui inscrit l’organisation et le fonctionnement du système de santé dans un cadre territorial ?

    Ateliers de retour d’expériences

    • Impliquer les acteurs du territoire de santé dans une démarche parcours :l’expérience du grand Besançon pour les personnes âgées est-elle reproductible,et à quelles conditions ?
      • Le Pr Régis Aubry du CHU de Besançon et Hélène Dhuicq de l’ARS Bourgogne-Franche Comté ont fait part d’une expérience de terrain, menée par le biais d’une recherche-action autour d’une population de personnes âgées. Leur démarche fut initiée sur le constat de rupture de parcours et de la méconnaissance des acteurs entre eux.
    • Pari : un dispositif personnalisé de repérage et d’accompagnement des travailleurs indépendants âgés les plus fragiles
      • Le programme d’action pour une retraite indépendante (PARI), cible les retraités en matière de prévention (individu/entreprise) au travers d’actions personnalisées répondant à une logique de parcours au travers de la synergie entre différents partenaires. Le programme PARI vise à répondre à l’enjeu d’anticipation de la perte d’autonomie en détectant la fragilité des individus.
    • Organisations territoriales innovantes pour les soins dentaires des personnes en situation de handicap, tout âge et toutes déficiences confondues
      • Il existe de réelles difficultés d’accès aux soins bucco-dentaires des personnes en situation de handicap, pouvant être liées à l’accessibilité physique ou à des troubles du comportement ou relationnelles. Des chirurgiens-dentistes, des professionnels du médico-social et des personnes en situation de handicap se sont mobilisés au sein de leurs territoires pour construire des réponses adaptées aux besoins des personnes en situation de handicap.
    • La Cité de l’autonomie et de l’insertion :quand le parcours transcende les établissements
      • Quatre établissements et services d’enseignement, de formation, d’insertion professionnelle et rééducative mettent en commun sur un même site les compétences et les expertises des professionnels pour repenser l’approche « parcours » afin de mieux répondre aux besoins des enfants,des adolescents, et des jeunes adultes ainsi que de leur famille et des professionnels. C’est ainsi qu’a été pensée, par l’ASEI (Agir, soigner, éduquer, insérer), la Cité de l’Autonomie et de l’Insertion (CAI).
    • Odyssée : Améliorer ensemble la santé de nos concitoyens sur nos territoires
      • Le projet a débuté en 2006 par une initiative des professionnels libéraux. Le réseau était à l’origine orienté vers les soins palliatifs, la cancérologie. Il est désormais polyvalent. Odyssée est à l’origine un réseau de professionnels constitués entre « pairs » avec un fort ancrage territorial.
    • Une coopération public privé mutualité réussie et pérenne : le GCS Territorial Ardenne-Nord
      • Comment trois opérateurs que tout opposait sur un territoire sinistré ont pu, sous le pilotage serré mais réaliste de l’ARS, restructurer profondément l’offre MCO, SSR, EHPAD et HAD sans casse sociale et au bénéfice des patients et des usagers.

    Les ateliers débat

    • Faut-il avoir peur de la santé numérique ?
    • Le Territoire : nouvel échelon de la démocratie en santé ?
    • Professionnels de santé : quelle démographie pour quels métiers ?
    • Atelier débat : faut-il limiter le recours aux urgences ?
  • Maintien à domicile : un projet européen en phase pilote avec Viveris Technologies

    Le projet européen PhysioDom pour le maintien à domicile des personnes dépendantes entre dans sa phase pilote, précise le 22 septembre 2016 un communiqué de Viveris Technologies, partenaire du projet et spécialiste des problématiques médicales. Viveris a été choisi pour assurer la coordination technique de PhysioDom et travaille aujourd’hui sur le business model.

    525 patients et 200 professionnels de santé répartis en Espagne, Angleterre et aux Pays-Bas participent à la phase pilote du projet PhysioDom, plateforme mutualisable consacrée à la gestion du dossier de suivi à domicile.

    L’objectif est de faciliter l’organisation d’un réseau de services de proximité, sociaux et de santé tout en correspondant à tous les types de réseaux de services impliquant le domicile. Cette plate-forme a été élaborée pour prendre en charge jusqu’à 600 000 habitants, ce qui correspond à 12 000 domiciles équipés.

    PhysioDom, comment ça fonctionne ?

    Le dossier médical et social de chaque patient est rendu accessible aux professionnels sociaux et de santé grâce à cette plate-forme, opérant ainsi la simplification du suivi médical et social de ces derniers. Il est constitué de :

    • Capteurs communicants
    • Un raccordement au réseau domotique
    • Une box équipée du système PhysioDom, raccordée à la télévision du patient
    • Un accès au Dossier Suivi Domicile pour les professionnels agréés

    La télécommande de la télévision permet aux professionnels de naviguer à travers des menus déroulants, directement au domicile du patient, ainsi que d’avoir accès au dossier depuis leur cabinet, et pouvant le compléter depuis leurs ordinateurs. Les patients peuvent de leur côté en consulter les modifications à tout moment.

    PhysioDom offre ainsi la possibilité de

    • Superviser les besoins du patient à domicile
    • Superviser une population en lui offrant un coaching nutritionnel personnalisé
    • Gérer les échanges entre le domicile et les services de proximité
    • Assurer la sécurité et la confidentialité des échanges

  • Diabète : la HAS favorable au remboursement de l’appli Diabéo et du lecteur Freestyle Libre

    La Haute Autorité de Santé annonce le 20 septembre 2016 que sa Commission d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDIMTS) est favorable au remboursement de deux dispositifs médicaux innovants pour la mesure de la glycémie et l’accompagnement des diabétiques : Freestyle Libre, du laboratoire Abbott, et Diabéo de Sanofi.

    Si cet avis est suivi par l’Assurance Maladie, Diabéo sera la première appli médicale remboursée par la Sécurité sociale. Quant au remboursement des appareils permettant la mesure du glucose en continu, il est demandé depuis longtemps par les associations de patients diabétiques.

    Le diabète représente en outre un enjeu commercial majeur pour les laboratoires pharmaceutiques : si les ventes du traitement blockbuster de Sanofi contre le diabète, Lantus, ont engendré un chiffre d’affaires mondial de 6,390 milliards d’€ en 2015, son brevet européen est venu à expiration la même année.

    Simplification de la mesure du glucose avec Freestyle Libre

    Freestyle Libre est un dispositif médical composé d’un capteur transcutané que l’on fixe sur son bras, à remplacer tous les 14 jours, et d’un lecteur qui, au passage au-dessus du capteur, affiche le taux de glucose.

    La CNEDIMTS a « reconnu le progrès apporté par ce dispositif chez les patients nécessitant plus de trois autosurveillances glycémiques par jour et son intérêt de santé publique. Elle a précisé qu’il devait être réservé aux patients ayant reçu une éducation thérapeutique et une formation spécifique à son utilisation, avec un période d’essai d’au moins un mois afin de sélectionner les patients capables d’utiliser le système et de tolérer le capteur ».

    Diabéo, une appli pour améliorer l’accompagnement et le suivi du traitement

    Diabéo est une appli qui se compose d’un carnet de surveillance électronique permettant au patient de saisir ses mesures de glycémie, doses d’insuline injectées, alimentation, données d’activité physique… et de recevoir automatiquement des conseils adaptés. Elle permet également une surveillance et un accompagnement à distance par des médecins.

    La CNEDiMTS « a reconnu l’intérêt de cette solution de télésurveillance médicale pour les patients adultes diabétiques de type 1 qui ont des difficultés à équilibrer leur traitement en insuline, en précisant qu’une formation spécifique à l’utilisation de Diabéo était nécessaire. »

    En ce qui concerne le diabète de type 2, la CNEDIMTS attend les résultats d’une étude pour confirmer l’intérêt de Diabéo. Il en est de même pour les cas où la surveillance et le suivi sont assurés par des infirmiers.

  • Aide à domicile : 50M€ seront inscrits dans le PLFSS

    Le doublement du montant du fonds d’appui aux bonnes pratiques et d’aide à la restructuration des Services d’Aide et d’Accompagnement à domicile (SAAD) qui se montera ainsi à 50M€ a été annoncé par Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie auprès de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Cette annoncé relayée le 19 septembre 2016 par un communiqué du ministère, a été faite à l’occasion des Assises nationales de l’Aide à domicile. Cette disposition sera inscrite dans projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2017.

    Ce fonds est destiné aux conseils départementaux et aux SAAD qui s’engagent à respecter le Guide des utilisateurs. Un guide co-construit avec l’ensemble des acteurs du secteur, fédérations et départements. Il repose sur 3 piliers :
    – Le libre choix : la personne âgée doit être libre de choisir son intervenant à domicile; tout le monde n’est pas en capacité de devenir employeur ;
    – Le juste tarif : des services dont le coût de revient des interventions est pris en compte, dans le cadre de la tarification.
    – Les conditions de travail des professionnels de l’aide à domicile.

  • Sommet de la CE pour l’innovation numérique pour le vieillissement actif et en bonne santé

    La conférence aura pour objectif de faire le point sur les réalisations dans le domaine du vieillissement à travers une série d’initiatives européennes, en particulier le Partenariat européen d’innovation sur le vieillissement actif et en bonne santé (EIP AHA), le programme Horizon 2020, le programme AAL (Active and Assisted Living programme) et l’EIT Health soutenu par l’Institut européen de technologie et d’innovation.

  • Première conférence du 2ème cycle Centrale Santé Essec le 11 octobre 2016 à Paris

    La première conférence du 2ème cycle Centrale Santé Essec Santé sur le thème « La France peut prendre l’initiative de la construction de filières de soins, services et produits innovants en Europe » aura lieu le 11 octobre 2016 à Paris.

    Les trois questions qui se posent sont : Avec qui ? Comment ? Dans quels cadres ?
    Plusieurs conférences se tiendront :
    – Quelle genèse des projets d’innovation en santé ? De l’intrapreneuriat à l’entrepreneuriat
    – Quelles chaînes de valeurs entre soins, services et produits en santé ?
    – Quelles libertés à conquérir entre marchandisation du vivant et étatisation de la santé ?

    Seront présents pour les animer :
    – Olivier Delabroy, vice-président transformation digitale, fondateur de l’incubateur i-lab
    – Jean Bernard Gouyon, PU-PH de pédiatrie
    – Béatrice Gouyon, présidente de la jeune entreprise Logiprem-F
    – David PIney, Pharmacien hospitalier, secrétaire général de la conférence des présidents des CME des centres hospitaliers, membre du CA de la FHF

    Rendez-vous à partir de 18h30 à l’espace Clery, 17, rue Clery, 75002 Paris

  • Chine : un système de santé en mutation attiré par le digital

    Marqué par une profonde évolution dans les années 80, le secteur de la santé chinois doit aujourd’hui faire face à de multiples problèmes : difficulté d’accès aux soins dans les zones reculées, engorgement des hôpitaux d’excellence, vieillissement de la population…

    Des solutions apportées par les nouvelles technologies – télé-médecine en tête – sont envisagées, autant par l’État que par les professionnels du secteur, pour améliorer le système au niveau national et faire de la Chine un pays de référence dans l’industrie.

    Le marché de l’e-santé en Chine pourrait ainsi atteindre les 20 milliards de yuans (13,3 Md €) en 2020, contre 3 milliards (2,7 Md €) en 2014, anticipe une étude publiée en septembre 2015 par le Boston Consulting Group.

    Un système de santé en pleine transition

    1. AVANT 1980. L’économie chinoise repose sur les valeurs d’un système communiste. les soins sont quasiment 100 % gratuits mais la qualité de l’offre plutôt moyenne. Les patients sont dirigés vers tel ou tel hôpital public en fonction de la gravité de leur état.

    2. APRÈS 1980. Le système mue en raison de diverses réformes économiques engagées dès 1978, après la mort de Mao Zedong (1976), et la dé-collectivisation. « On entre alors dans une logique « pro-market », explique à H&TI Carine Milcent, chercheur au CNRS, professeur (affilié) au PSE et au CEFC. Il y a à la fois une amélioration très nette du système de santé (meilleure qualité des soins, des équipements et du niveau de formation des professionnels du secteur) et une forte augmentation des inégalités. »

    En effet, le passage d’une logique de production collective à une économie privée a bouleversé l’organisation de l’industrie :

    • L’État réduit de manière significative son implication dans le financement des hôpitaux publics. Il finance aujourd’hui moins de 8 % des dépenses.
      Résultats : les professionnels du secteur commencent à privilégier la recherche de profit au détriment de la qualité des soins ; les patients doivent payer plus cher.
    • Les habitants des zones rurales n’ont plus l’obligation de cotiser au système médical communautaire.
      Résultats : comme ils ne sont pas satisfaits par la qualité de l’offre de soins proposée, ils sont de moins en moins nombreux à cotiser donc de moins en moins bien couverts. L’accès aux soins dans les zones reculées décline.

    Les principaux problèmes découlant de cette évolution :

    • Les files d’attente s’allongent.
      « Comme ils doivent de toute façon payer le prix fort, les patients solvables cherchent à obtenir les meilleurs soins possibles : ils se dirigent logiquement vers les hôpitaux de niveau 3A, même s’ils sont éloignés de leur domicile, entraînant un engorgement de ces établissements, analyse Carine Milcent. Il y a donc une capacité d’accueil beaucoup plus importante dans les autres structures ».
      Conséquences : les praticiens sont surchargés, les patients bénéficient d’une prise en charge précipitée.
    • le coût des soins augmente : en raison notamment des surdiagnostics et de la survente de médicaments liés au désengagement du gouvernement dans les dépenses des hôpitaux publics, qui doivent désormais se financer par leurs propres moyens.
      Conséquences : l’accès à des soins de qualité est complexe pour les personnes à faible revenu.
    • la relation patient-client se détériore : conséquence résultant des deux problèmes précédemment cités, accentués par l’existence de nombreux dessous de table (hong bao).

    Autre défi à relever : le vieillissement de la population

    Les plus de 65 ans étaient 222 millions en Chine fin 2015 (16,1 % de la population), précise le ministère des Affaires civiles dans sa dernière étude parue en juillet 2016. Ils seraient 331 millions en 2050, soit près de 40 % de la population totale, prédit l’Onu.

    Conséquence : le nombre de cancers et de maladies chroniques est en augmentation. En 2015, 4,3 millions de nouveaux cas de cancer et plus de 2,8 millions de décès liés à cette maladie ont été recensés en Chine par les autorités.

    De profondes réformes engagées depuis 2009

    En 2009, un plan de 850 milliards de yuans (113 Md €) d’investissement est instauré par le gouvernement chinois pour mettre en place une réforme du système de santé sur trois ans (280 milliards de yuans par an, soit 37 Md € annuels).

    Les principaux objectifs de ce programme sont :

    • couvrir 100 % de la population d’ici 2020. La couverture assurance maladie a été petit à petit rétablie depuis le début des années 2000. Fin septembre 2011, 95 % des Chinois étaient couverts, indiquent les chiffres officiels ;le développement des soins de proximité ;
    • l’amélioration de l’offre de soin de qualité ;
    • l’encadrement de l’accès et de la sécurité des médicaments de base en créant une liste de produits dits « essentiels » ;
    • la modernisation des hôpitaux publics.

    Santé : la Banque mondiale incite la Chine à évoluer plus vite

    Ces évolutions sont encouragées au niveau international. En août 2016, la Banque mondiale a demandé au gouvernement chinois de faire davantage d’efforts pour réformer son système de santé. Selon l’analyse de l’organisation, l’État pourrait réduire de manière importante ses dépenses dans le secteur si des mesures stratégiques sont mises en place dès à présent.

    Objectif premier : passer d’un modèle actuellement centré sur les hôpitaux à un modèle focalisé sur les soins primaires, en améliorant la qualité des services de base et des soins de haute qualité mais aussi en proposant des services rentables.
    L’utilisation d’outils électroniques et un meilleur partage des données de santé est fortement encouragés.

    « Les recommandations du rapport (…) contribueront utilement à la formulation du 13e plan quinquennal sur la réforme de la santé (2016-2020). Nous étudierons soigneusement les conclusions du rapport et nous les appliquerons afin de faire progresser la réforme du système de santé », a déclare Liu Yandong, vice-premier ministre du Conseil des affaires de l’État chinois.

    Les solutions offertes par l’e-santé

    Pour résoudre les problèmes actuels du secteur et anticiper les évolutions futures, plusieurs solutions émanant de l’e-santé sont aujourd’hui en train d’être développées.

    • 1. Le secteur le plus exploité est pour l’instant celui de la télé-médecine.

      Objectifs premiers :

      • faciliter l’accès au soin de qualité dans les zones reculées.
        La commission de santé et de planning familial de chaque province (PHFPC) encourage la création de sites web simplifiant le lien entre patient et praticien.
        Exemple : 72 millions d’utilisateurs chinois consultaient un médecin en ligne en 2014, signale la revue Perspective chinoises.
      • réduire les files d’attentes physiques.
        Exemple : Lancé en 2011, le online booking system (OBS) sera obligatoire à Pékin d’ici janvier 2017 pour les hôpitaux de niveaux 3A. Via ce système de réservation, les patients reçoivent par SMS un code de rendez-vous après avoir entré leurs informations personnelles.
    • 2. Le secteur IT pourrait aussi permettre aux hôpitaux et praticiens d’être plus efficaces au niveau de leur organisation et de l’offre de soins proposée.

    Exemple : 21 hôpitaux chinois envisage d’adopter la plateforme d’IBM, Watson for Oncology, pour aider les médecins à personnaliser le traitement du cancer.

    Un récent rapport du cabinet d’études International Data Corporation (IDC) indique que le marché des solutions IT en Chine pourrait doubler d’ici 2020.

    • 3. « Le marché des objets connectés est aussi à observer , signale Carine Milcent. Ces produits mobiles peuvent être une manière d’accompagner à domicile les seniors, de leur rappeler leur rendez-vous médicaux, leur prise de médicaments, etc. »
      Samsung et Huawei font partie des groupes à suivre.

    Exemple : en mai 2016, le géant chinois Huawei a signé un partenariat avec Visiomed Group, spécialiste français de l’électronique médicale. Parmi les premiers produits retenus par l’entreprise : une valise de télémédecine connectée et un chariot médicalisé connecté.

    Les enjeux sous-jacents au développement de l’e-santé

    Plusieurs problématiques liées au développement du secteur de l’e-santé sur le marché chinois se dessinent :

    • La mainmise du secteur privé sur le secteur public.

    Trois géants du secteur privé dominent le marché :

      • 1. Alibaba et son projet d’hôpital du futur en ligne, le leader du marché.
      • 2. Baidu et son site dédié à la santé, un répertoire de professionnels de la santé et d’hôpitaux permettant de prendre des rendez-vous en ligne.
      • 3. Tencent avec son application We Chat, qui propose notamment une plateforme pour faciliter les échanges entre professionnels et patients.

    Cette oligarchie pose question d’un point de vue éthique : ces entités privées pourraient être tentées de valoriser la recherche de profit aux dépens d’une offre de qualité. Fin 2015, Baidu a par exemple été pointé du doigt pour avoir mis en avant des services d’hôpitaux hors licence sur des forums dédiés à la santé.

    • La gestion complexe des big data.

    En Chine, le recueil des données de santé est décentralisé. Chaque province dispose de son propre système. L’un des objectifs du gouvernement est de créer une base nationale unique mais « ce projet va être extrêmement complexe à mettre en place », observe Carine Milcent.

    Se pose également la question de la sécurité et de la confidentialité de ces données, d’autant plus si elles sont en partie confiées à des sociétés privés telles que Alibaba.

    Autant de thématiques sur lesquelles la Chine doit s’interroger dès à présent pour poursuivre le plus sereinement possible la grande révolution de son système de santé. Et, peut-être, espérer devenir l’un des leaders mondiaux du marché.

  • China: a changing health system attracted to digital

    Since the deep change started in the 80s, the Chines healthcare system is facing different issues nowadays: there is a lack of access to care in remote areas, 3A hospitals are overloaded, China’s population is aging rapidly…

    The government and the industry have a keen interest in hi-technology solutions, especially telemedicine.

    China’s digital health sector generated 20 billion RMB (€ 13,3 billion) in 2014. A number expected to grow to about 3 billion (€ 2,7 billion) in 2014, according to a study published in September 2015 by the Boston Consulting Group.

    An evolving healthcare system

    1. Before 1980. Health care was free but the quality of the offer remained quite poor. Patients were referred to a public hospital depending on the severity of their problems.

    2. After 1980. The system changed because of various economic reforms launched in 1978, after the death of Mao Zedong (1976), and de-collectivization. “It was a pro -market position, Carine Milcent, research Professor CNRS – PSE and CEFC, said to H&TI. There was both a significant improvement in the health system (better quality of care, equipment and level of doctors) and a sharp increase in inequality.”

    Indeed, the transition from a collective production to a private economy had fundamentally changed the market organization:

    • Public hospitals were no longer exclusively funded by the State. The Chinese government now funds fewer than 8% of their expenditures.
      Consequences: industry professionals began to favor the pursuit of profit at the expense of quality of care; patients had to pay more.
    • People living in rural areas did not have to contribute to the community medical system anymore.
      Consequences: as they were not satisfied with the quality of care, most of them stop contributing to the system and therefore to be covered. Thus, access to care in remote areas declined.

    Current problems arising from this change:

    • Queues are getting longer in the waiting room. « As they must pay dearly anyway, creditworthy patients look for the best care practitioners: so, they go to 3A hospitals, even if they are away from their home, causing an overload of patients in these facilities, Carine Milcent said. Therefore, there is more vacant rooms in other hospitals. »
      Impact: practitioners are overloaded, patients feel they receive a sloppy consultation.
    • The cost of care increases: mainly because of overdiagnosis and oversold drugs (related to the fact that public hospitals must now finance themselves).
      Impact: access to quality healthcare is reduced for low-income people.
    • Customers patient relationship sours. Compounded by the existence of numerous bribes (hong bao), this situation results from the two aforementioned problems.

    Another big challenge: the aging population

    There were 222 million people aged 65 or above in China at the end of 2015 (16.1 % of the total population), the Ministry of Civil Affairs said on July 2016. There will be 331 million in 2050 (nearly 40% of the total population), the United Nations said.

    Consequently, the number of cancers and chronic diseases is increasing. In 2015, there were 4.3 million new cancer cases and more than 2.8 million cancer deaths in China, according to national authorities.

    The government has introduced major reforms since 2009

    The Health Care System Reform was launched full scale in 2009. An investment plan of 850 billion Yuan (€ 113 billion) is planed by Chinese government between 2009 and 2011 to set up the reform (280 billion Yuan per year, about € 37 billion).

    The main goals of this program:

    • 100% of the population insured by 2020. Chinese officials say they have 95% of the population already insured since 2014.
    • development of community care;
    • improvement of healthcare quality;
    • regulation of the access and the security of basic drugs by creating an essential drugs list;
    • modernization of public hospitals.

    World Bank urges China to deepen healthcare reform

    These developments are promoted internationally. In August 2016, World Bank suggest Chinese government to take ten years to fully implement changes. According to the international organization’s report, structural changes to China’s current healthcare system could result in cost savings equivalent to 3 per cent of GDP by 2035.

    Main goal: putting patient-centered care at the center of the system. This means a shift from an hospital-centric model to a primary care-centric model, by improving the quality of basic health services and delivers high quality care but also cost-effective health services.

    The authors of the study strongly encouraged the use of electronic tools and health data sharing.

    « The report’s recommendations (…) will contribute positively to the formation of the 13th Five-Year Plan on health reform (2016-2020). We look forward to carefully studying and applying the report’s findings, so it will help us push ahead on health reform, » Liu Yandong, Vice-Premier of the State Council of China, said in a statement.

    How eHealth can help solving China’s Healthcare challenges

    To solve the current challenges in healthcare, the government and many key players in the industry look at the eHealth sectors.

    • 1. Telemedicine is the sector which is growing most rapidly.

      Main objectives:

      • improving access to quality care in remote areas.
        The Provincial Health and Family Planning Commission (PHFPC) encourages the creation of platforms to simplify the communication between patients and practitioners.
        Example: 72 million Chinese users consulted a doctor online in 2014, said Perspectives chinoises magazine (April 2016).
      • reducing patient wait times.
        Example: All major hospitals under in Beijing will stop issuing registration tickets on site for nonemergency patients by 2017. Patients can make appointments through the Internet or mobile phone.
    • 2. The IT sector could also allow hospitals and practitioners to be more effective

    Example: 21 Chinese hospitals plan to adopt the IBM’s platform (Watson for Oncology) to help physicians deliver personalized, evidence-based cancer treatment options.

    A recent report of International Data Corporation research firm (IDC) shows that China’s healthcare IT solutions market could double by 2020 .

    3. « The connected devices market is also growing, Carine Milcent said. These products could help to monitor the elderly people at home, to remind them of their medical appointments or their medications, etc. »
    Samsung and Huawei are among the most entrepreneurial companies in this sector.

    Example: in May 2016, Huawei has signed a partnership with Visiomed Group, a French society specialized in new generation medical electronics. The first products chosen by the Chinese group for its services are: a telemedicine kit and a medical trolley (both connected).

    The underlying issues to the development of eHealth

    Several issues related to the development of China’s eHealth market are emerging:

    • The predominance of the private sector.

    Three major companies dominate the market:

      • 1. Alibaba and its online Future Hospital plan.
      • 2. Baidu and its eHealth platform to book appointments online.
      • 3. Tencent and WeChat, an application to facilitate communication between practitioners and patients.

    This oligarchic market is problematic from an ethical point of view. These private companies could be tempted to value the pursuit of profit at the expense of quality of care. For instance, in 2015, Baidu has been singled out for having put forward advertisements for unlicensed hospitals in its disease-themed forums.

    • The big data management.

    In China, the health data collection is decentralized. Each province has its own system. One of the government’s goals is to create a national electronic health records system but « this will be extremely complex to set up, » Carine Milcent said.

    There is also security, privacy, and confidentiality issues related to the sharing of health data, especially if they are partly collected by private companies such as Alibaba.

    China must now examine these different themes to continue the important transformation of its health system and, perhaps, to become one of the world leaders in the healthcare market.

  • La Sécurité sociale publie ses chiffres clés pour 2015

    Le rapport sur « Les chiffres clés 2015 de la sécurité sociale (édition 2016) » a été mis en ligne le 15 septembre 2016.

    Cette publication rassemble les principales données chiffrées concernant l’ensemble des branches de la Sécurité sociale (recettes, dépenses, prestations, etc.) de l’année 2015.

    Elle présente également les programmes de qualité et d’efficience et les principaux indicateurs de la performance du service public de la Sécurité sociale.