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  • Expérimentations Parcours santé des aînés : l’Irdes publie les 1ers résultats d’une étude d’impact

    L’ Institut de recherche et de documentation sur l’économie de la santé (Irdes) a mis en ligne à la mi-juillet 2018 les premiers résultats d’une évaluation d’impact des expérimentations Parcours santé des aînés (Paerpa).

    Pour rappel, ces expérimentations Paerpa avaient été lancées en 2014 dans neuf territoires pilotes. Elles visent à améliorer la prise en charge et la qualité de vie des personnes âgées de plus de 75 ans en renforçant la coordination à l’échelle locale des différents acteurs des secteurs sanitaire, social et médico-social.

    D’après le rapport de l’Irdes, les premiers résultats observés à partir des données 2015 et 2016 montrent des évolutions contrastées selon les territoires et les indicateurs de résultats. Aussi, il est difficile d’attribuer un effet moyen significatif au dispositif Paerpa pour l’ensemble des territoires. Toutefois, à l’échelle des territoires et pour certains d’entre eux, il est possible de mettre en évidence des effets significatifs, notamment pour les indicateurs de résultats les plus sensibles aux soins primaires.

    Résultats

    Évolutions contrastées selon les territoires et intérêt de l’étude

    Des évolutions moyennes cachent des tendances distinctes.

    En effet, sur l’ensemble des territoires Paerpa et au cours de la période 2014-2016 :

    • les hospitalisations à 30 jours, non programmées ou potentiellement évitables, ainsi que le recours aux urgences non suivi d’hospitalisation ont augmenté régulièrement ;
    • la durée cumulée des hospitalisation est restée stable ;
    • la polymédication et les prescriptions inappropriée semblent de moins en moins fréquentes : ce phénomène serait lié au déremboursement de certains médicaments à amélioration du service médical rendu (ASMR) faible ainsi qu’à des actions de prévention.

    Toutefois, ces évolutions ont eu lieu à des ampleurs très différentes en fonction des territoires : globalement, à ce jour, compte tenu des délais et des modalités de mise en place hétérogènes des dispositifs, les résultats ne permettent pas de conclure à un impact moyen de Paerpa sur l’ensemble des territoires.

    Cependant, si cette première description des tendances ne permet pas de déterminer l’effet global des expérimentations, elle est utile pour comprendre les différences de situation entre les territoires.

    Des effets significatifs dans certains territoires et pour certains indicateurs

    • Concernant la polymédication

    Dès 2015, la polymédication baisse de façon significative dans les territoires Paerpa d’Aquitaine et du Nord-Pas-de-Calais. Ce phénomène s’explique notamment par la mise en place d’actions spécifiques autour de la iatrogénie médicamenteuse, par un effort d’articulation ville-hôpital ou par un renouvellement des systèmes d’information hospitaliers.

    • Concernant le recours aux urgences non suivi d’hospitalisation

    La Lorraine est le seul territoire où le taux de recours aux urgences non suivies d’hospitalisations connaît une évolution favorable en comparaison des témoins.

    • Concernant le taux d’hospitalisations non programmées et le taux d’hospitalisations évitables

    Dans deux territoires, Midi-Pyrénées et Bourgogne, l’impact de Paerpa est significatif, relativement à la réduction des hospitalisations non programmées. De même, en Bourgogne, le dispositif Paerpa a eu un impact positif sur les hospitalisations évitables.

    • Concernant le recours à l’hôpital, la durée cumulée de séjour et le nombre de réhospitalisations à 30 jours

    Il n’y a pas d’impact perceptible de Paerpa sur ces indicateurs.

    Conclusion du rapport

    Les résultats de l’évaluation montrent :

    • que le changement inter-organisationnel et professionnel dans le système de santé prend du temps : la période écoulée entre le lancement de l’expérimentation et la mise en place opérationnelle des dispositifs a duré en moyenne dix-huit mois ;
    • que les organisations nouvelles ne peuvent être efficaces que si les professionnels impliqués sont prêts à changer leurs pratiques ;
    • que la différence dans la structure de l’offre de soins entre les territoires peut être un facteur déterminant du succès ou au contraire de l’échec de la mise en place de nouveaux dispositifs organisationnels.

    Pour plus de détails, le rapport de l’Irdes est consultable dans son intégralité via le lien ci-contre.

  • Le futur du système de santé aux Universités d’été de la performance en santé (Bordeaux, 7-8/9/2018)

    Les Universités d’été de la performance en santé auront lieu les 7 et 8 septembre 2018, à Bordeaux. L’événement est organisé par l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP), en partenariat avec France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine, l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et avec le soutien de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

    « Nouvelles missions, nouvelles compétences : quelles évolutions pour demain ? », telle est la problématique autour de laquelle s’articuleront les ateliers et conférences du rendez-vous national. Les principaux sujets abordés concerneront, entre autres, les compétences partagées, l’évolution des métiers, le poids restauré du patient dans l’organisation des soins et les nouvelles modalités de coordination du parcours patient au sein des territoires.

    Les animateurs et orateurs invités à présenter ces thématiques de discussion sont des experts du domaine de la santé issus de diverses professions (professionnels de santé, gestionnaires, paramédicaux, ingénieurs, personnels administratifs, etc.) mais aussi des usagers et des citoyens impliqués dans les évolutions du système de santé français.

    Les intéressés peuvent s’inscrire gratuitement sur le site Performance-en-sante.fr (lien ci-contre).

    Programme du vendredi 7 septembre 2018

    • 9h30-10h30 : Accueil au Palais des congrès de Bordeaux
    • 10h30-11h00 : Allocutions d’ouverture

    Ces allocutions seront prononcées par : Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux ; Michel Laforcade, directeur général de l’ARS Nouvelle Aquitaine; Sophie Martinon, directrice générale de l’ANAP et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé (sous réserve).

    • 11h00-11h20 : Conférence usager
    • 11h20-11h50 : Conférence introductive
    • 11h50-13h05 : Conférences prospectives
    • 13h05-14h05 : Buffet déjeunatoire
    • 14h15-15h30 : Ateliers de retours d’expériences
    • 15h30-16h30 : Café-Poster
    • 16h30-18h30 : Plateaux-débats

    Quatre débats seront animés par Thierry Guerrier, journaliste :

    Plateau 1 : « Évolution des missions et pratiques : le numérique est-il votre allié ? », avec Isabelle Adenot, membre du Collège de la HAS ; Michel Laforcade, directeur général de l’ARS Nouvelle Aquitaine ; Alain Livartowski, médecin oncologue, directeur des data et responsable des projets de e-santé à l’Institut Curie.

    Plateau 2 : « Start-up et entreprises de services : quelle valeur ajoutée pour notre système de santé ? », avec Jacques Léglise, directeur général de l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) ; Delphine Mallet, directrice des services de la silver économie à La Poste ; Stanislas Niox-Chateau, co-founder & CEO de Doctolib.

    • 19h00-21h00 : Cocktail dînatoire

    Programme du samedi 8 septembre 2018

    • 08h15-08h45 : Café d’accueil
    • 08h45-10h00 : Ateliers de retours d’expériences
    • 10h00-10h30 : Pause
    • 10h30-11h45 : Conférences prospectives
    • 12h00-12h45 : Discours de clôture

    Ce discours sera prononcé par Philippe Vigouroux, directeur général du CHU de Bordeaux, et Dominique Maigne, président du Conseil d’Administration de l’ANAP.

    Pour connaître le contenu détaillé des conférences prospectives ainsi que des ateliers de retours d’expériences, suivez le lien ci-contre.

  • Journée d’étude « E-santé : quelles opportunités pour les établissements de SSR », à Paris le 12/09/18

    La FHP-SSR, syndicat des professionnels des soins de suite et de réadaptation, organisera à Paris le 12 septembre 2018 une journée d’étude et de sensibilisation au sujet de la e-santé. 

    À l’occasion de cet événement, intitulé « E-santé : quelles opportunités pour les établissements de SSR ? », le syndicat invitera notamment des officiels ministériels et des start-ups à prendre la parole pour proposer des retours d’expériences parfois étrangères ou des points sur l’actualité de la santé numérique à l’hôpital.

    09h30-12h45 : Matinée

    09h30 : Ouverture de la journée par le Dr Frédéric Sanguignol, président de la FHP-SSR 

    09h40 : La e-santé en SSR : perspectives et pièges à éviter

    Conférence animée par :

    • le Pr Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé ;
    • Catherine Miffre et le Dr Bernard Bordet, co-présidents de la commission Recherche et Innovation de la FHP-SSR ;
    • le Dr Guillaume Marchand, président de France eHealth Tech.

    10h30 : Affections de l’appareil locomoteur et du système nerveux : des exemples d’innovation

    • Conférence autour de l’appareil connecté Ema®, de l’amélioration de la pratique en établissement et de l’ouverture de nouveaux champs de recherche qu’il peut engendrer, par Thibault Faÿ, d’Ezygain.
    • Présentation de la technologie de rééducation neuromotrice post-AVC IVS3®, par Nicolas Fournier, président et cofondateur de l’entreprise Dessintey.

    11h10 : Un exemple d’innovation pensée, développée et évaluée avec les patients : le Diabète LAB, par la Fédération française des diabétiques

    11h30 : Pause

    11h45 : Un exemple de solution innovante en télémédecine pour les maladies chroniques, par le Dr Paul Bonnabel, Directeur médical de P2link

    12h05 : Un exemple de carnet de santé numérique : l’outil Aviitam®

    12h25 : Un exemple de réseau social digital pour les patients et d’outil connecté, présenté par Julien Artu, cofondateur de My Hospi Friends

    14h00-16h45 : Après-midi

    14h00 : L’APA connectée, un exemple présenté par Benoit Fagnou, responsable des programmes APA connectés Kiplin®

    14h20 : Un exemple de médecine prédictive en cardiologie : le dispositif CardioNexion®, par @Health

    14h50 : Et ailleurs ? Retour d’expériences étrangères, proposé par Karim Hatem et Benjamin Gilles, du cabinet Ylios

    15h25 : Conférence organisée par Sébastien Letelié, de la Health Factory

    15h50 : Hôpital numérique vers HOP’EN : point d’actualité présenté par Michel Ballereau, délégué général de la FHP

    16h30 : Clôture de la journée, par le Dr Frédéric Sanguignol, président de la FHP-SSR 

    L’inscription, nécessaire, peut-être réalisée par envoi d’un mail à l’adresse suivante :  fhpssr@fhp-ssr.fr

  • Le PRS 2018-2022 de Normandie centré sur la télémédecine et la transformation des Ehpad

    Christine Gardel, directrice générale de l’Agence régionale de santé de Normandie, a présenté le 13 juillet 2018 les grandes lignes du projet régional de santé (PRS) 2018-2022 aux élus du département.

    Les trois principes fondateurs du PRS sont :
    – l’accompagnement de la transformation du système de santé : dans ce cadre, un crédit de 10 M € sera versé aux Ehpad ;
    – la lutte contre les inégalités sociales et territoriales ;
    – le renforcement de la prévention afin d’améliorer la qualité du parcours de santé et de vie des patients.

    Le développement de la télémédecine fait par ailleurs partie des préoccupations centrales de l’ARS, qui envisage notamment la signature d’une charte partenariale sur cette pratique.

    À l’unanimité, les élus ont pris acte de cette présentation du PRS, émettant cependant quelques réserves dans l’attente des prévisions budgétaires et de l’agenda à convenir pour la mise en place des diverses solutions proposées.

    Un focus sur la télémédecine

    « Le PRS fait de la télémédecine et de l’innovation technologique des leviers majeurs pour améliorer notre système de santé », insiste le communiqué.

    Objectif : « renforcer l’accès territorial aux soins et abolir les distances ».

    En 2017, 4,8 millions d’euros ont été versés par l’ARS de Normandie pour soutenir les actions de télémédecine et pour l’équipement de 39 Ehpad, soit 5 200 résidents concernés.

    Solutions envisagées :

    • La généralisation des usages de la télémédecine (téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance), en particulier pour les résidents des Ehpad.
    • La signature d’une charte partenariale sur la télémédecine afin de mettre en synergie les différents acteurs du secteur.

    Les 3 principes fondateurs du PRS

    La lutte contre les inégalités sociales et territoriales

    Les diagnostics réalisés dans le cadre de ce PRS ont confirmé « une situation régionale marquée par de fortes inégalités sociales et territoriales, entre les départements, mais aussi et surtout à l’échelle infra-départementale », indique l’ARS dans un communiqué.

    Ces réalités étant différentes d’un territoire à l’autre, le projet ne prendra pas la forme d’un plan d’actions régional mais servira avant tout de cadre afin de mettre en place des actions « sur-mesure » pour chaque territoire.

    Ces initiatives seront entreprises au sein des conseils territoriaux de santé et les CLS seront les outils utilisés pour agir et rendre compte.

    L’objectif premier du projet est de pallier « le creux démographique des professions de santé » : médecins proches de la retraite, modes d’organisation à revoir, revendication d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée de la part des professionnels de santé. « Il faut rendre l’exercice attractif », estime Christine Gardel (source : Ouest-france.fr).

    Première solution envisagée : la multiplication des pôles de santé. La Normandie en compte 16 actuellement, 11 sont en construction et 7 en projet.

    L’Agence régionale de santé espère également réduire les inégalités d’accès aux soins en développant la télémédecine (cf. 1er paragraphe).

    Accompagner la transformation du système de santé

    L’ARS vise une évolution progressive de l’hospitalisation à temps complet vers des prises en charge ambulatoires, hors les murs de l’hôpital, afin de « répondre à des enjeux d’efficience du système de santé tout en répondant aux attentes des usagers ».

    Exemple : proposer un accompagnement adapté aux spécificités et besoins des publics (personnes âgées en perte d’autonomie ou en situation de handicap) pour permettre un maintien à domicile dans l’optique de « poursuivre un développement ambitieux des services par transformation de l’offre existante d’hébergement ».

    Parmi les solutions envisagées : « Un crédit de 10 millions d’euros sera attribué aux Ehpad », a annoncé la directrice de l’ARS de Normandie (source : Ouest-france.fr).

    Faire de la prévention le premier levier de la qualité du parcours de santé et de vie

    L’idée est d’agir sur « les déterminants de santé », soit, par exemple, la promotion de comportements individuels favorables à la santé par la prévention des pratiques addictives, les campagnes sur la santé environnementale et la santé au travail.

    Plusieurs solutions sont en cours d’étude à ce sujet, dont :

    • le développement de l’intervention précoce auprès des personnes ayant un comportement addictif ;
    • l’ouverture en 2019 d’un centre régional de coordination des dépistages des cancers ;
    • l’optimisation des centres de vaccination.

    « Il va falloir faire du sur-mesure en tenant compte de la réalité de chaque territoire, a déclaré la directrice à propos de l’ensemble du projet quinquennal. [Nous n’avons] pas les mêmes problématiques à Vire qu’à Deauville ou à Caen  », ajoutant que le contexte avait « énormément évolué, tant au niveau du vieillissement de la population que de l’évolution des technologies » (source : Ouest-france.fr).

    Les élus « dans l’attente d’un (…) positionnement plus détaillé »

    Seules les lignes directrices du projet ont été présentées pour le moment.

    Les élus départementaux ont exprimé quelques réserves à la suite de la présentation réalisée par la directrice de l’ARS de Normandie. « Non pas sur vos analyses, que nous partageons, mais sur les moyens de les mettre en œuvre. Quand  ? Comment ? Combien ? », a résumé Jean-Léonce Dupont, président du conseil départemental du Calvados.

    Christine Gardel n’a pas été en mesure d’apporter des précisions à ce stade.

    À l’unanimité des élus, le département a pris acte de cette présentation du plan régional de santé, « avec des réserves et dans l’attente d’un prochain document précisant un positionnement plus détaillé ».

  • Les CLCC de Paris, Nice et Caen s’allient pour intégrer la protonthérapie dans le parcours de soins

    Le réseau Unicancer, fédération hospitalière nationale dédiée à la cancérologie, a annoncé par communiqué le 10 juillet 2018 le regroupement des trois seuls Centres de lutte contre le cancer (CLCC) français proposant des traitements par des techniques innovantes de radiothérapie.

    En effet, l’Institut Curie de Paris, le Centre de lutte contre le cancer François Baclesse de Caen et le Centre Antoine Lacassagne de Nice ont signé un accord-cadre visant à garantir sur tout le territoire français l’égalité d’accès à la protonthérapie, technique ultra précise de radiothérapie externe : la source d’énergie utilisée pour irradier la tumeur, placée à l’extérieur du corps du patient (à l’inverse de la curiethérapie, aucun élément radioactif n’est introduit à proximité de la zone à traiter), est un faisceau de protons qui permet d’augmenter la dose de rayons reçus par la tumeur tout en abaissant l’irradiation subie par les tissus sains alentours.
    Ainsi, cette technique est particulièrement adaptée aux tumeurs situées à proximité d’organes sensibles (œil, encéphale, rachis), aux enfants et aux jeunes adultes.

    L’accord signé par ces trois centres, tous membres d’Unicancer, est articulé selon trois volets :
    • « organiser les parcours patients« , notamment en structurant des filières de prise en charge afin d’optimiser les parcours de soins et d’assurer la continuité des traitements en cas d’arrêt prolongé de l’un des centres ;
    • « structurer un programme d’enseignement et de formation » favorisant l’échange des bonnes pratiques, la mutualisation de compétences, etc. ;
    • « structurer une coopération nationale dans les domaines de la recherche et de l’innovation médicale, technique et technologique » visant à amener rapidement les nouvelles découvertes au lit du patient.

  • La présidence autrichienne de l’UE encouragera les investissements « forts » dans la santé numérique

    La présidence autrichienne du Conseil de l’Union Européenne (UE) se concentrera sur les investissements « forts » dans la santé numérique ainsi que sur les questions de réglementation en matière d’accès aux médicaments, a déclaré dans une interview publiée le 10 juillet 2018 le Dr Clemens Martin Auer, président du Forum européen de la santé de Gastein et directeur général du ministère fédéral autrichien de la Santé (source : Euractiv.com).

    Il a expliqué que, dans le cadre de la présidence autrichienne, le Conseil de l’UE essaiera de réformer le cadre financier pluriannuel (MFF) afin d’engendrer une forte poussée des investissements. Le principal défi, selon lui, est également de savoir comment juger l’innovation. « Qui évalue la véritable valeur ajoutée d’une innovation ? » Le Dr Auer estime par ailleurs que le règlement sur la coopération européenne en matière d ‘évaluation des technologies de santé (HTA) améliorera la qualité des évaluations.

    Forum de Gastein : établir un « agenda politique audacieux sur la santé » dans l’UE

    Le Dr Clemens Martin Auer a indiqué que le Forum européen de la santé de Gastein, qui se tiendra du 3 au 5 octobre 2018 à Bad Hofgastein (Autriche), sera principalement focalisé sur la nécessité d’établir « un agenda politique audacieux sur la santé au niveau de l’UE », ce qui signifie « de faire avancer le programme et non de reculer », commente-t-il (source : Euractiv.com).

    « Il y a des discussions, des peurs et des rumeurs selon lesquelles la santé ne sera pas aussi importante qu’elle l’est actuellement. Nous pensons [qu’elle] devrait [l’]être plus (…). Vous ne pouvez pas [envisager] de faire moins [ni] de vous concentrer sur le marché intérieur, détaille le Dr Auer. Vous ne pouvez pas parler de frontières sûres et maîtriser la migration sans parler de santé car il n’existe pas de marché intérieur sans santé. Je ne parle pas de problèmes de santé publique, comme la vaccination ou les situations de pandémie, je parle de la santé telle qu’elle est mentionnée dans les objectifs de développement durable de l’ONU. Nous devons faire plus. »

    Selon le Dr Auer, la réunion informelle des ministres portera sur deux sujets principaux :

    • discuter avec l’Agence européenne des médicaments (EMA) des questions de réglementation en matière d’accès aux médicaments ;
    • la nécessité d’avoir un « fort investissement » dans la santé. « Au sein de la présidence, nous voulons nous concentrer sur l’investissement dans la santé numérique », précise-t-il.

    « Nous pouvons rêver d’échanger des données et d’avoir des données disponibles pour la science et la recherche mais tant que nous n’investissons pas dans les infrastructures de santé pour les fournisseurs de soins, nous n’y arriverons jamais. (…)

    C’est ce que nous essayons de régler dans le MFF, de sorte que nous puissions vraiment [observer] une forte poussée des investissements dans les infrastructures numériques afin de mettre à jour les produits logiciels pour les patients, les médecins et les hôpitaux. (…) Nous ne résoudrons aucun problème si nous ne rendons pas les données disponibles à de bonnes fins. »

    HTA : « l’un des grands défis du système de santé moderne »

    L’évaluation des technologies de la santé (HTA) « est l’un des grands défis du système de santé moderne du côté des remboursements, des gestionnaires d’hôpitaux, des médecins, des patients », estime le Dr Clemens Martin Auer. « Qui évalue la véritable valeur ajoutée d’une innovation ? », s’interroge-t-il.

    À propos de la proposition de la Commission européenne

    « C’est un défi, surtout lorsqu’il s’agit d’innovations très coûteuses. Je pense qu’il est bon que la Commission ait présenté une proposition d’évaluation des technologies de la santé (HTA) [et] qu’il sera extrêmement utile d’unir nos forces et d’améliorer la qualité des évaluations (…). »

    Il déclare se réjouir de cette initiative mais émet quelques réserves. « La proposition de la Commission comporte quelques lacunes parce qu’elle parle de l’adoption obligatoire de ce type d’évaluations et je pense que ces éléments du texte de réglementation doivent être supprimés ou reformulés. Mais le sujet en soi est important. »

    Autre sujet clé pour l’UE : les dépenses publiques pour la recherche médicale

    Une autre question qui se pose dans le cadre de la présidence autrichienne de l’UE est de savoir comment aligner la recherche publique dans le secteur médical sur les priorités de la santé publique, ajoute le Dr Aueur.

    « C’est aussi un problème. Il y a beaucoup de dépenses publiques pour la recherche… »

    « Et comment les universités et les universités publiques, bénéficiaires des subventions publiques à la recherche, peuvent-elles préserver leur intérêt lorsqu’elles proposent des innovations ?

    Parce que pour être honnête, le premier endroit où les innovations apparaissent est le monde universitaire. Ensuite, l’industrie les achète et les apporte sur le marché. C’est la fonction de l’industrie, ce n’est pas une critique, mais nous savons qu’il y a des besoins (…) médicaux insatisfaits, [pour lesquels] la recherche publique et [la recherche] privée ne suffisent pas. C’est un autre sujet pour Gastein mais aussi pour la présidence. » (Dr Clemens Martin Auer)

  • Le CNNum organise les États généraux des nouvelles régulations numériques impulsées par M. Mahjoubi

    Réuni en assemblée plénière le 4 juillet 2018, le Conseil national du numérique (CNNum) a arrêté ces axes de travail.

    Sa première mission consistera à formuler des recommandations pour une régulation tenant compte des nouvelles réalités numériques, comme l’affirme Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique auprès du Premier ministre. Pour cela, le CNNuM organisera des États généraux des nouvelles régulations numériques en préambule à l’Internet Governance Forum, que la France accueillera en novembre 2018.

    Par ailleurs, une dizaine de sujets d’actualité et de société sont à l’ordre du jour pour la nouvelle équipe du CNNum, parmi lesquels la transformation numérique de l’action publique.

    Enfin, Salwa Toko, présidente du CNNum, a annoncé le lancement d’un forum du numérique, un lieu de convergence des besoins des acteurs publics et des citoyens.

    États généraux des nouvelles régulations numériques

    À l’occasion du salon Vivatech en mai 2018, le Président de la République, Emmanuel Macron, a lancé un appel pour établir un nouveau cadre de régulation du numérique international. À l’occasion de sa visite officielle de trois jours en Chine fin juin 2018, le Premier ministre, Édouard Philippe, s’en est fait écho en appelant à une régulation du numérique internationale, expliquant qu’elle n’a de sens que si elle est internationale. Il a annoncé que la France lancerait une consultation internationale afin de réfléchir à une régulation intelligente.

    Ainsi, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique auprès du Premier ministre, souhaite lancer des États généraux des nouvelles régulations numériques correspondant à la contribution française à cette réflexion internationale et plaçant la France dans la position de pays pilote.

    «​Le CNNum participera à l’organisation des États généraux des nouvelles régulations numériques​ avec des premiers résultats avant l’Internet Governance Forum, accueilli par la France en novembre prochain, et des recommandations définitives en début d’année 2019 », annonce Gilles Babinet, vice-président du Conseil national du numérique.

    CNNum, une interface entre les pouvoirs publics et les écosystèmes numériques

    Les autres sujets de travail qui vont occuper les membres du CNNum pendant les deux ans à venir concernent la transformation numérique de l’action publique, la mixité et l’inclusion, l’éducation, la transition écologique et la ruralité.

    Afin de porter la voix des citoyens et de toutes les catégories socio-économiques dans le domaine du numérique aux autorités, le Conseil lancera un forum du numérique, selon les déclarations de Salwa Toko, présidente du CNNum.

  • Trophées de l’hospitalisation privée 2018 – FHP : ouverture de l’appel à projets

    La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a lancé le 25 juin 2018 son appel à projets pour la 11ème édition des Trophées de l’hospitalisation privée, qui récompense chaque année les initiatives les plus innovantes instaurées par les 1 030 hôpitaux et cliniques privés de France qui soignent environ 9 millions de patients par an.

    Les établissements peuvent déposer leur dossier de candidature jusqu’au 14 septembre 2018 à 12h00 sur la plateforme en ligne officielle de l’événement (lien ci-contre).

    Une catégorie inédite est mise en avant pour cette nouvelle édition. Intitulée « organisations innovantes du parcours de santé », elle vise à récompenser toutes les initiatives novatrices améliorant et fluidifiant le parcours du patient.

    3 autres catégories sont à l’honneur :
    • « relations patients » ;
    • « excellence médicale » ;
    • « clinique socialement responsable ».

    « Organisations innovantes du parcours de santé » : modalités

    La FHP précise que « les projets ou réalisations qui peuvent être proposés dans la catégorie (…) organisations innovantes du parcours de santé » concernent :

    • des prises en charge innovantes et efficientes autour du parcours de soins du patient, portant sur la prévention, les soins, le suivi médico-social voire social ;
    • des organisations améliorant l’articulation ou l’intégration des soins ambulatoires, des soins hospitaliers et des prises en charge dans le secteur médico-social voire social ;
    • des coopérations interprofessionnelles au service du parcours de santé, entre établissement de santé, professionnels de santé et sociaux, aussi bien en ville qu’au sein des établissements de santé, médico-sociaux et sociaux, des maisons de santé, etc. ;
    • des zones rurales et sous-dotées, des publics particuliers (personnes souffrant de maladies chroniques, en fin de vie, etc.) ou des modalités de prise en charge spécifiques (prévention, rémunération forfaitisée d’un épisode de soins, etc.) ;
    • l’utilisation d’outils ou de services numériques favorisant des organisations novatrices du parcours de santé.

    Un concours réservé aux adhérents de la FHP

    Seuls les adhérents de la Fédération de l’hospitalisation privée peuvent soumettre leurs candidatures.

    L’année dernière, la FHP avait reçu 86 candidatures et récompensé 9 hôpitaux et cliniques privés lors de la cérémonie de remise des Trophées, qui avait été reportée au 19 juin 2018, dans les catégories :

    • « santé connectée » ;
    • « relations patients » ;
    • « excellence médicale » ;
    • « clinique socialement responsable ».

    Les projets 2018 seront départagés par un jury composé d’experts indépendants reconnus du secteur de la santé. La Cérémonie de remise des Trophées se déroulera au Carrousel du Louvre, à Paris, le soir du mercredi 12 décembre 2018, à la veille des Rencontres FHP, un événement qui réunit chaque année plus de 500 directeurs de cliniques et acteurs du secteur de la santé.

  • Le cabinet Ylios chargé de développer les services numériques de santé à Monaco

    Le département des Affaires sociales et de la Santé monégasque ainsi que Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique de la principauté, ont organisé un séminaire le 26 juin 2018 devant une cinquantaine de médecins locaux pour expliquer la mise en œuvre à venir des premiers systèmes de santé numériques à Monaco, dont le développement a été confié à la société parisienne Ylios.

    Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’engagement du département des Affaires sociales et de la Santé, qui a mis en place en décembre 2017 une démarche destinée à définir les grandes lignes de la politique de santé numérique monégasque.

    Ylios doit établir une stratégie pour le déploiement de la e-santé à Monaco

    Dans le cadre du contrat signé avec la principauté, une mission d’accompagnement à la mise en œuvre d’une stratégie pour le développement de la santé numérique à Monaco a été confiée à Ylios, cabinet de conseil indépendant intervenant auprès de grands groupes internationaux, d’entreprises et d’institutions en France et en Europe.

    Concrètement, la société parisienne doit établir une feuille de route de la stratégie de e-santé à Monaco et cibler les premières actions à mener à court et à moyen termes.

    Faciliter l’échange de données patients entre professionnels de la santé

    L’objectif est de faire en sorte que les caisses de sécurité sociale, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les autres professionnels du secteur puissent échanger facilement les données de leurs patients et ainsi améliorer le suivi des soins.

    1ère solution à venir : la prise de rendez-vous médicaux en ligne

    À l’occasion du séminaire qui s’est tenu en juin 2018, l’ensemble des parties-prenantes de l’écosystème de santé monégasque ont pu apporter leur contribution à la construction de la feuille de route et s’accorder sur les premières solutions à mettre en place.

    Parmi elles : la prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de ville ou du Centre hospitalier Princesse Grace depuis un ordinateur ou une application smartphone. Cette application, qui devrait être opérationnelle dans six à huit mois, permettra à terme d’accéder à une trentaine de services, précise Ylios.

  • Simplifier le paiement à l’hôpital par 3 modalités de règlement de la part patient (rapport Anap)

    L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) a publié le 3 juillet 2018 une synthèse d’expériences de nouvelles modalités de paiement de la part patient mises en œuvre par 64 établissements de santé entre 2015 et 2017 dans le cadre du programme Simphonie.

    L’objectif de ces expérimentations est de pouvoir, à terme, proposer au patient plusieurs procédés de règlement de sa facture dans une double visée de simplification des démarches administratives en établissement de santé et d’amélioration du niveau d’encaissement des recettes afférentes : chaque année, seuls 60 % des montants dus par les patients aux établissements publics dans lesquels ils sont pris en charge sont effectivement réglés.

    Aussi, trois modalités de paiement ont été testées :
    • le paiement à l’entrée dans l’établissement ;
    • le paiement à la sortie de l’établissement ;
    • l’encaissement automatique par débit carte.

    Les facteur clé de succès de la mise en place de ces mesures dans les établissements pilotes ainsi que quelques éléments de bilan ont été dégagés par les auteurs de la synthèse, disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    Modalités du paiement de la part patient expérimentées

    Le paiement à l’entrée (PE)

    Dans le cadre du PE, un encaissement est proposé au patient dès son entrée dans l’établissement. Le montant de la facture correspond alors aux coût des soins prévisionnels : le paiement n’est donc pas exhaustif mais limité aux domaines où les actes peuvent être identifiés a priori.

    Le paiement à la sortie (PS)

    Dans le cadre du PS, un encaissement est demandé au patient à sa sortie de l’hôpital. Le montant de la note de frais correspond aux coût des soins dont a effectivement bénéficié le patient : le paiement n’est toujours pas exhaustif car il exclut les actes nécessaires au suivi du patient tels que des analyses biologiques réalisées après l’épisode de soins.

    L’encaissement automatique par débit carte (EADC)

    Dans le cadre de l’EADC, la venue du patient et la facturation sont dissociées : l’empreinte de carte bancaire du patient qui s’engage à payer est enregistrée lors de l’admission, puis le reste à charge est encaissé automatiquement par débit de carte après la sortie du patient, lorsque la facture est intégralement disponible.

    Impacts attendus

    5 bénéfices étaient en particulier attendus de ces expérimentations.

    Attente n°1 : simplification du parcours patient, au moyen par exemple :

    • de la disparition des démarches administratives a posteriori ;
    • d’un contact non plus multiple mais unique entre l’administration de l’établissement et le patient à sa sortie ;
    • d’une information anticipée du patient sur le montant de sa facture ;
    • d’une facturation sur la base de l’activité réelle, émise lors de la présence du patient : le temps de présence du patient doit être mis à profit.

    Attente n°2 : gains en coûts de gestion, soit :

    • une diminution significative du temps de traitement des dossiers, notamment au regard des montants recouvrés sur les factures de faible montant ;
    • l’automatisation du traitement de la facturation et l’optimisation du temps de traitement par les équipes ;
    • une baisse des coûts de gestion liés au traitement des chèques, premier moyen de paiement à l’hôpital.

    Attente n°3 : gains financiers permis par :

    • une amélioration de la trésorerie notamment grâce à une réduction des délais de recouvrement ;
    • une maximisation des montants encaissables grâce à l’automatisation des encaissements ;
    • une augmentaton des montants encaissés en présence du patient.

    Attente n°4 : amélioration de la qualité comptable et financière par :

    • une meilleure maîtrise du recouvrement et plus globalement de la chaîne AFR ;
    • la traçabilité des données dans les systèmes d’information sous-tendant l’automatisation des moyens de paiement.

    Attente n°5 : développement des compétences des agents telles que :

    • les compétence des agents sur l’accueil, le pré-codage, le codage, la facturation et le recouvrement ;

    Une diminution des tâches à faible valeur ajoutée liées à la facturation et à l’encaissement est par ailleurs attendue.

    Facteurs clé de succès prérequis 

    Recueillir des droits afin d’identifier les patients payants

    Le recueil des droits peut intervenir à plusieurs moments dans le circuit du patient (pendant la prise de rendez-vous, lors de la pré-admission, à la venue du patient à l’accueil, à sa sortie). Pour s’assurer au mieux de recevoir un paiement, cette étape doit avoir lieu le plus tôt possible.

    Inciter les patients à se doter d’un moyen de paiement adapté

    Ce facteur de réussite des modalités mises en place relève d’une stratégie de communication de l’établissement à destination de ses usagers. 

    Comptabiliser la totalité des actes dans la facturation

    Pour une facturation exhaustive, l’information recueillie pour chaque patient doit également être exhaustive et de qualité.

    Accessibilité des caisses

    Le paiement à la sortie suppose que les établissements disposent :

    • de personnes habilitées à encaisser ;
    • de moyens d’encaissement variés ;
    • d’horaires d’ouverture des caisses appropriés ;
    • de caisses facilement repérables dans l’établissement.

    Paiement a posteriori en dehors des trois modalités de paiement expérimentées

    S’il s’avère que la modalité de paiement testée dans un secteur ne peut être utilisée pour certains patients et en dehors des services pilotes, d’autres solutions peuvent être adoptées pour améliorer le délai de paiement et le taux de recouvrement après la sortie du patient.

    Bilan sur les expérimentations de 2015 

    Tout d’abord, la faisabilité tant technique que réglementaire de ces techniques a rapidement été confirmée.

    Puis, l’acceptation des solutions de paiement tant par les patients que par les agents s’est avérée satisfaisante. Concernant plus particulièrement lesdits agents, l’encadrement des employés réfractaires à l’introduction de ces nouveaux processus, la sensibilisation des équipes au recouvrement ainsi que la simplification des procédures administratives ont constitué des facteurs de succès majeurs à la mise en œuvre des trois méthodes.

    Ces trois solutions ont finalement permis d’améliorer le taux de recouvrement dans la plupart des établissements participant à Simphonie.