La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) lance Visuchir, une application dédiée aux acteurs de la santé pour les aider à mesurer le potentiel de développement de la chirurgie ambulatoire, ont annoncé les deux organisations le 12 décembre 2018 lors d’une conférence de presse.
Accessible en libre accès sur ordinateur, smartphone ou tablette via le site Scansante.fr de l’ATIH, le dispositif rassemble les données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) des quelque 1 000 établissements de soins et sites hospitaliers pratiquant la chirurgie ambulatoire, avec un seuil minimum de 100 actes par an. Au total, 36 millions d’interventions chirurgicales ont été compilées dans les centres concernés entre 2014 et 2017.
Visuchir va permettre aux établissements d’analyser de manière exhaustive leur activité chirurgicale et de se comparer entre eux au niveau national et régional mais aussi avec des établissements ayant un statut juridique équivalent (CHU, centres hospitaliers, centres de lutte contre le cancer, établissement de santé privés d’intérêt collectif, cliniques privées) ou une activité chirurgicale comparable (case-mix*), le but étant de les aider à tendre vers l’objectif de 70 % de chirurgie ambulatoire annoncé en 2017 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.
L’idée est de proposer « une boîte à outils » par le biais d’une datavisualisation ainsi qu’un « outil de dialogue« , à destination à la fois des établissements et des Agences régionales de santé, a précisé Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins à la Cnam.
Visuchir a été développé par la Cnam et la direction régionale du service médicale de la région Bourgogne-Franche-Comté, la visualisation des donnés par l’éditeur de solutions analytiques SAS.
Visuchir contient :
- environ 1 000 établissements chirurgicaux ;
- 4 années de données ;
- 24 millions de séjours chirurgicaux ;
- 36 millions d’actes CCAM.
L’application permet d’analyser l’activité d’un site à un niveau de granularité allant du taux brut de chirurgie ambulatoire au détail par interventions chirurgicales selon la classification commune des actes médicaux (CCAM).
L’établissement peut ainsi se comparer à d’autres établissement de façon géographique, avec une carte faisant apparaître le volume et le taux de chirurgie ambulatoire des établissements et des sites voisins, mais aussi de façon tendancielle via une base de données 2014-2017.
Deux indicateurs : performance et potentiel
Le dispositif fait notamment apparaître :
- l’indicateur de performance de chirurgie ambulatoire développé par la Cnam et l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), qui prend en compte :
- le volume d’activité (50 %) ;
- le case-mix (30 %) ;
- l’innovation en chirurgie ambulatoire (20 %).
- un indicateur de potentiel ambulatoire pour comparer les pratiques d’un établissement avec celles des 20 % d’établissements les plus avancés en chirurgie ambulatoire.
Ce deuxième indicateur comporte une partie statistique globale et le potentiel ambulatoire par actes selon des « dires d’experts » sur le potentiel de chaque établissement : distinction entre 18 gestes marqueurs, les 55 gestes des procédures de mise sous accord préalables (MSAP), et les actes relevant de la chirurgie orthopédique, colo-proctologique ou générale et digestive.
Il permet également de cibler les marges de progressions par le biais d’une typologie des patients éligibles à la chirurgie ambulatoire.
« En croisant la performance et le potentiel, [nous avons] pu établir une matrice pour identifier les établissements ayant du potentiel et peu de performance, pour pouvoir les accompagner avec les ARS et l’assurance maladie », a commenté Annelore Coury (source : Ticsante.com).
Un développement envisagé vers d’autres domaines que la chirurgie
La Caisse de l’assurance maladie cherche aussi à transposer l’application Visuchir à d’autres domaines que la chirurgie, comme la pertinence des soins, afin d’accompagner la stratégie de transformation du système de santé annoncée par le gouvernement par le biais du plan « Ma santé 2022 ».
Une formation spécifique
- Des formations ont été mises au point au sein de l’École nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S) afin de garantir une bonne maîtrise de l’outil Visuchir. Elles devront notamment accueillir des représentants des Agences régionales de santé (ARS).
- Des discussions sont également en cours avec l’École des hautes études en santé publique (EHESP) pour aider les élèves-directeurs à appréhender l’application.
- Un programme d’e-learning est par ailleurs accessible sur le site Scansante.fr.
La Cnam a indiqué qu’elle allait poursuivre les procédures de MSAP à destination des établissements les plus en recul pour développer en leur sein la chirurgie ambulatoire.