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  • L’AP-HP et Doctolib récompensent 5 projets à l’occasion de leur hackathon Medidays

    5 projets de santé numérique ont remporté le hackathon Medidays. Organisé par Doctolib et l’AP-HP du 24 au 26 mai 2019, l’événement a rassemblé plus de 200 professionnels de santé, patients, développeurs et designers au sein du campus Picpus de l’AP-HP, dans le 12ème arrondissement de Paris. En l’espace de 48 heures, les participants, divisés en 22 groupes, ont présenté 35 projets contribuant à la transformation de l’organisation du système de santé à un jury composé d’experts, d’investisseurs et d’acteurs du monde de la santé. 

    Les projets lauréats :

    • 1er prix : « Docteur Simone » d’Anne-Charlotte Dimmy. Application destinée aux jeunes mamans afin de prévenir la dépression post-partum. Récompense : accompagnement du fonds d’investissement Kerala Ventures.

    • 2ème prix : « Supply-med » de Rubin Soudry. Marketplace digital pour les fournitures médicales dentaires. Récompense : accompagnement des équipes « produit » de Doctolib.

    • 3ème prix : « Chat marche » de Flavien Quijoux. Application basée sur la reconnaissance d’image pour la prévention des chutes de personnes âgées. Récompense : accompagnement tech dédié.

    • Prix coup de cœur de l’AP-HP : « Post-hop » de Romain Laurent. Application pour la Raac (rééducation améliorée après chirurgie) permettant un meilleur suivi des patients post-opération. Récompense : possibilité de tester le proof of concept du projet en condition réelle dans un hôpital de l’AP-HP.

    • Prix du meilleur design : « Coach My Nurse » de Martin Louvel. Application de coaching pour les infirmières en milieu hospitalier. Récompense : stage en design à Doctolib et matériel spécifique au métier de designer.

  • PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

    « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du Snitem, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

    Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

    Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOM élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de Resmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

    « Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTS, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de « rendre l’interopérabilité attrayante ».

    Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

    « [Si on veut ] remettre le patient au centre du système de santé, on n’a rien dit [tant qu’on s’en tient à ce mot d’ordre], affirme Alain-Michel Ceretti. Il faut le prendre en compte non en tant qu’organe malade mais en tant que personne au centre de l’intérêt à agir des producteurs de soins ». Le président de France Assos santé relève que le rapport remis en janvier 2019 par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, pour la préparation du projet de loi santé « a intégré ce concept-là [avec son idée d’un paiement] à la qualité et à la pertinence ».

    « Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

    L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

    Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMP et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

    Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

    « Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

    L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

    Administratrice du Syntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle Zablit présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

    Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

    « On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

  • France Assos Santé participe au déploiement du DMP en proposant aux patients des outils pédagogiques

    France Assos Santé a créé, en collaboration avec ses associations membres, une brochure intitulée « Pourquoi créer son Dossier Médical Partagé ? » ayant pour objectif d’accompagner le déploiement du DMP.

    Ce guide, lancé courant mai 2019, a été conçue par SantéBD pour France Assos Santé selon les normes du « Facile à lire et à comprendre » (FALC) afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre.

    Dans ce document, on retrouve comment créer son DMP (à l’aide d’un professionnel de santé ou seul sur son ordinateur), comment y accéder et comment l’utiliser.

  • Le numérique à l’agenda de l’ANSM pour la période 2019-2023

    L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce la signature du deuxième contrat d’objectifs et de performance (COP) et du schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID), entre Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Dominique Martin, directeur général de l’ANSM. Le document, adopté par le conseil d’administration du 14 mars 2019, « fixe les grandes orientations stratégiques [de l’agence] pour les cinq prochaines années », précise l’ANSM dans un communiqué daté du 27 mai 2019.

    Le COP prévoit de « renforcer et [de] stabiliser le positionnement de l’agence pour l’accès à l’innovation dans l’environnement européen » : c’est le troisième de ses quatre axes stratégiques. Dans cette optique, l’ANSM « renforce ses capacités d’expertise et son organisation interne pour mieux faire face à la complexité croissante des enjeux liés à la sécurité des dispositifs médicaux (DM) et des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro », dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur de deux règlements européens dans ce domaine. Il s’agit :
    • d’« assurer la pérennité d’une représentation forte de la France au groupe de coordination des DM »;
    • de « contribuer à susciter au niveau européen une réflexion sur l’impact du calendrier d’entrée en vigueur du règlement [relatif aux] DM sur les délais d’accès au marché (risque d’embolisation des organismes notifiés) » ;
    • de « mettre en place une organisation interne de pilotage pour coordonner les représentations françaises » ;
    • de « mettre en place une évaluation des demandes d’essais cliniques DM au plus proche des modalités du règlement européen 2017/745 ».

    « De plus en plus d’innovations dans le domaine de la santé tel que [la] e-santé, l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes nécessitent un accompagnement sur les plans scientifique, réglementaire et institutionnel », est-il indiqué dans le COP.  Pour y contribuer, l’agence prévoit de participer à la création d’un « guichet innovation » interinstitutionnel impliquant « ANSM, régimes obligatoires d’assurance maladie, HAS, Inca, ABM [et] ministère », et permettant de soutenir « les promoteurs industriels et académiques dans le développement de leurs projets innovants ».

    « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique »

    Le schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID) annexé au COP se fixe pour premier objectif d’ « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique en la mettant au profit des utilisateurs, des métiers et de l’écosystème ».

    Objectif : inscrire l’ANSM comme « producteur de référence de données à enjeux de santé publique »

    « Autorisation, vigilances, épidémiologie, contrôles, inspections… Chacun de ces domaines est créateur de données, parfois en très grand volume », est-il indiqué dans le document. Il est précisé dans le SDSID que l’ANSM, via le SI, doit « garantir la maîtrise de ces données, définir leur stratégie d’utilisation et développer leur ouverture [dans l’optique d’] inscrire l’Agence comme producteur de référence de données à enjeux de santé publique ».

    Inscrire le SI et les données dans une dynamique d’innovation

    Le schéma directeur prévoit également d’inscrire le SI et les données dans une « dynamique d’innovation » (Objectif stratégique n° 4). L’idée est notamment de « renforcer le recours au numérique et à la dématérialisation dans la performance opérationnelle de l’agence et dans la réponse aux enjeux sanitaires et de santé publique ».

    De plus, le SDSID prévoit dans le cadre de l’objectif stratégique n° 5 d’« être moteur vis-à-vis de l’écosystème et dans le cadre de la mutualisation ». Il lui faudra en conséquence « tenir compte, lors des prochaines orientations stratégiques SI, des récentes initiatives de l’État comme la mise en place du « Health Data Hub » et la mise à disposition des outils gouvernementaux comme API.gouv.fr, France Connect, opendata.gouv.fr, etc ». 

  • PHW 2019 : retour d’expérience sur le déploiement de Gwalenn, solution e-parcours en Bretagne

    Un an après son lancement, en mars 2018, l’usage de la solution numérique de coordination des soins et de e-parcours en Bretagne, baptisée « Gwalenn », a évolué de façon exponentielle (chiffres au 21 mai 2019) :
    • en moyenne, 168 utilisateurs actifs par mois ;
    • 38 dispositifs d’appui et de coordination (Maia, PTA, réseaux, Clic) ;
    • 10 017 dossiers ;
    • 170 043 fiches de suivi.

    Initialement déployé sur 5 territoires pilotes, Gwalenn s’est ensuite étendu à la totalité des Maia et sur 9 des 10 PTA de la région. La co-construction se poursuit avec le Club d’utilisateurs (12 représentants), qui remonte les demandes d’évolution.

    À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, qui se tient du 21 au 23 mai 2019, le GCS e-santé Bretagne (avec Renaud Lefevre, directeur, et Gwenaëlle Le Garrec, cheffe de projet) et son fournisseur Médialis (Erwann Gravot, directeur associé), partenaire Gfi Informatique, présente un retour d’expérience sur le déploiement de l’outil régional. Ils insistent notamment sur la forte implication des acteurs du terrain pour répondre aux besoins métiers et expliquent que l’un des objectifs est de déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre 2019. Ils indiquent par ailleurs qu’un appel à manifestation d’intérêt a été diffusé en mars pour intégrer les Clic, réseaux spécifiques et PCPE à Gwalenn.

    Co-construction et démarche agile

    Gwalenn est né de la volonté et des besoins du terrain. La stratégie de déploiement s’est inscrite dans cette lignée, afin de multiplier les usages et de consolider l’adhésion au projet. Le GCS et Médialis révèle des facteurs clés de succès :

    • une forte implication des acteurs du terrain pour répondre aux besoins métiers (des groupes de travail pluridisciplinaires, notamment pour la définition des besoins dans le cahier des charges et la co-construction des process, l’approche agile Scrum, itérative et collaborative, des territoires pilotes et un cahier de tests, la gestion du backlog) ;
    • une démarche de « Quick Win » pour répondre aux demandes prioritaires ;
    • une solution intuitive et attractive pour un outil au service des professionnels et une prise en main facile (aujourd’hui, de nouveaux utilisateurs sont formés en interne, sans faire appel au GCS) ;
    • la présence sur le terrain des équipes du GCS e-santé Bretagne et de Médialis, pour être au plus près des professionnels et faciliter leur engagement ;
    • une évolution dynamique de l’outil (une nouvelle version tous les mois) ;
    • le transfert de compétences (les premières formations étaient gérées par Médialis mais 90 % d’entre elles sont désormais gérées par le GCS e-santé Bretagne).

    Initialement déployé sur 5 territoires pilotes, Gwalenn s’est ensuite étendu à la totalité des Maia et sur 9 des 10 PTA de la région. La co-construction se poursuit avec le Club d’utilisateurs (12 représentants), qui remonte les demandes d’évolution.

    1 des objectifs : déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre

    Un des objectifs est de déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre 2019. De nouvelles fonctionnalités seront prochainement intégrées à Gwalenn, telles que le guichet d’orientation (un outil de signalement, repérage et orientation), InterRai (l’outil d’évaluation multidimensionnelle des Maia) et le portail des partenaires (un outil dédié aux libéraux). La volonté est en effet d’ouvrir les usages à de nouveaux acteurs du cercle de soins au sens large.

    En mars 2019, un appel à manifestation d’intérêt a été diffusé pour intégrer les Clic, réseaux spécifiques et PCPE à Gwalenn.

  • CPTS : l’accord conventionnel interprofessionnel critiqué par les médecins mais validé par l’USPO

    La Fédération des médecins de France (FMF) a mis en ligne le 17 mai 2019 le projet d’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur les CPTS, proposé à la signature par l’Assurance-maladie.

    Créées par la loi de modernisation du système de santé du  26 janvier 2016, les CPTS sont l’association de professionnels de santé libéraux autour d’une population donnée. L’accord négocié vise à définir les missions et le financement de ces communautés.

    Le Dr Richard Talbot, médecin généraliste, annonce dans un texte publié sur le site de la FMF qu’il votera contre ce texte qu’il juge « hypertrophié, compliqué au possible, [même] incompréhensible », qui « dévoie la « magnifique idée de constitution par les soignants eux-mêmes de communautés de partage et de coordination, pour porter des projets ». Selon lui, d’après l’accord, « c’est à la CPTS de mettre en place la quadrature du cercle, normalement du ressort des pouvoirs publics ».  

    Les principaux griefs du Dr Talbot sont les suivants :
    • il dénonce la volonté des autorités d’« imposer à marche forcée » cette « révolution » à la profession, alors que « moins de 10 % des médecins exercent réellement en MSP » et que « 50 % des généralistes sont les seuls médecins de leur lieu d’exercice » ;
    • le texte impose à la CPTS de mettre en place « la prise en charge le jour-même ou dans les 24 heures de la demande d’un patient du territoire en situation d’urgence non vitale (…) sans s’occuper de la justification médicale réelle de la demande » ;
    • le montant du budget de fonctionnement prévu « de 50 000 à 90 000 € » est selon lui « ridicule », parce que, indique-t-il, « pour fonctionner, les CPTS auront besoin de personnel (très) qualifié, à commencer par des coordinateurs ». Le budget alloué « ne couvrira pas les frais de personnel » pour une zone regroupant « de 40 000 à plus de 175 000 habitants, et de 1 000 à 4 000 soignants », commente-t-il ;
    • le texte demande de « favoriser les parcours pluriprofessionnels et les actions territoriales de prévention » alors qu’il n’y a déjà « pas assez de temps pour le soin », estime-t-il.

    Le SML critique également le texte

    Le Dr Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins libéraux (SML), déclare que ses cadres restent « très mitigés » sur l‘accord, jugeant également le dispositif « complexe » et son financement « insuffisant », notamment sur « la prise en charge des soins non programmés » (source : Le Quotidien du médecin).

    Le chef de file du SML précise que le montant de 70 000 euros proposé par l’Assurance maladie « pour l’organisation d’une régulation des demandes de soins pour une grosse CPTS couvrant plus de 175 000 habitants (…) n’est pas suffisant car, pour cette taille, il faudrait recruter deux secrétaires pour assurer les appels mais qui ne feront pas de la régulation ». « Comment payer alors les régulateurs ?, interroge-t-il. Dans le Grand-Est, le dispositif de régulation mise en place coûte 280 000 euros par an. »

    Les spécialistes CSMF inquiets

    Le Comité directeur des Spé-CSMF « soutient » pour sa part dans un communiqué daté du 29 avril 2019 « la volonté des pouvoirs publics et des syndicats médicaux de développer l’exercice coordonné, (…) gage de qualité et de pertinence au bénéfice du patient sur tout le territoire » mais refusent qu’il soit « gâché par une organisation technocratique tatillonne ».

    Les spécialistes CSMF dénoncent notamment :

    • le modèle porté par la Cnam, seul eux « très technico-administratif », qui « risque d’être chronophage pour les praticiens, avec un cahier des charges de plus en plus lourd, complexe, loin des réalités de terrain ». Telle qu’elle est envisagée, « la CPTS rappelle trop l’épisode des réseaux, dont l’échec fut patent il y a vingt ans », ajoutent-ils ;
    • la place de la médecine spécialisée, « réduite à la portion congrue » en l’absence de  « zonage territorial » dédié aux spécialistes. « Les demandes multiples de participations des hôpitaux de proximité donc des GHT, des structures médicosociales, de l’hôpital à domicile et demain des prestataires de services (…) risquent de marginaliser » [la contribution des médecins libéraux] au pilotage et à l’animation [de ces communautés] », estiment-ils ;
    • les « ambitions personnelles [de ceux qui] en mal de pouvoir espèrent, à travers la fédération des CPTS, contrôler le dispositif [si les CPTS étaient] reconnues par le régulateur comme les uniques représentants de l’ensemble des professionnels sur un territoire donné [intégrant les hôpitaux de proximité, alors que la Fédération hospitalière de France (FHF)] ne cache pas son intention d’inféoder les CPTS aux GHT ».

    Les pharmaciens plus enthousiastes

    S’agissant des pharmaciens, l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (USPO) a annoncé qu’elle serait signataire de cet accord. Dans un communiqué daté du 16 mai 2019, le conseil d’administration de l’organisation juge que cet accord « équilibré » va permettre « d’homogénéiser l’offre de santé, d’améliorer l’accès aux soins pour les patients et de renforcer l’attractivité des métiers de santé, et en particulier pour les médecins ».

    Il souligne que « l’utilisation des nouvelles technologies, comme la messagerie sécurisée de santé, la télémédecine et les télésoins, sera un élément déterminant pour faciliter le parcours de soins des patients et renforcer la coordination des professionnels de santé ». 

    Selon Le Moniteur des pharmacies, le syndicat de pharmaciens FSPF « attend encore un peu » avant d’annoncer sa décision.

  • L’Hôtel-Dieu va abriter un incubateur biotech/medtech/IA

    L’AP-HP a retenu l’offre du groupement coordonné par le promoteur Novaxia dans le cadre du projet de rénovation de l’Hôtel-Dieu baptisé « Parvis Notre-Dame ». Le site, « tourné vers la médecine, la recherche et l’enseignement, s’ouvre désormais à des partenariats innovants », souligne l’établissement dans un communiqué daté du 17 mai 2019.

    Selon l’accord de bail à construction, conclu pour une durée de 80 ans, l’Hôtel-Dieu hébergera notamment un pôle santé de 10 000 m2 « animé [par] un incubateur « biotech/medtech » », avec « un espace de coworking dédié à l’intelligence artificielle en santé, géré par Biolabs ». Novaxia souligne dans son communiqué que « c’est la première implantation en Europe [de cette société américaine] après de nombreuses implantations américaines prestigieuses [à] Cambridge, Boston, San Diego [et] Princeton ».

    La création de ce pôle permettra d’accueillir à proximité des équipes de l’AP-HP « une centaine [d’entreprises] parmi les plus innovantes dans le domaine des biotechnologies, des technologies médicales et de l’intelligence artificielle ».

    L’AP-HP annonce qu’un fonds de transformation de 30 millions d’euros sera consacré notamment « aux prises en charges innovantes des patients ». Le groupement hospitalier rappelle avoir défini en 2016 pour l’Hôtel Dieu un projet médical et hospitalier « tourné vers l’innovation, de nouvelles formes de prise en charge [et] un lien entre disciplines médicales, nouvelles technologies [mais aussi] sciences humaines et sociales ». Les travaux de rénovation de l’Hôtel-Dieu devraient commencer dès cette année.

  • Dispositifs innovants de soutien à domicile : 2 outils pour les porteurs de projets (CNSA – DGCS)

    La DGCS et la CNSA mettent à disposition des outils d’aide à la décision dans l’optique d’accompagner les financeurs et porteurs de projets, les gestionnaires d’établissements et les services médico-sociaux dans leurs projets de dispositif renforcé de soutien à domicile des personnes âgées. Ces guides ont pour objectif de leur permettre d’analyser le dispositif  à deux moments du projet : dans sa phase de conception (guide 1) et en fonctionnement (guide 2).
    Ils ont été présentés le 15 mai 2019 à l’occasion d’une journée nationale axée sur ces dispositifs renforcés.

    Ces documents ont été réalisés pour et avec la DGCS et la CNSA par le groupement Proxicare – Care Insight – IMT Atlantique*.

    « Le soutien à domicile des personnes les plus dépendantes nécessite l’intervention d’acteurs multiples et pose la question de l’intensification, de la continuité et de la coordination de l’accompagnement, rappellent les auteurs. Les dispositifs renforcés ont pour objectif de répondre à ces problématiques et par là, d’éviter ou de retarder l’entrée en établissement. »

    Ces outils visent :
    • à décrire la façon dont chaque prestation de service est produite : coordination, contrôle d’effectivité, engagement qualité, etc. ;
    • à caractériser la file active : critères d’entrée et de sortie, âge, GIR, troubles du comportement ;
    • à modéliser le modèle économique du projet : ressources humaines et matérielles, modélisation des coûts des prestations hors droit commun et modes de financements.
    Ils proposent également aux porteurs de projets des questionnements d’auto-analyse des structures : intérêt du dispositif, limites, etc.

    Contexte : comment analyser les dispositifs renforcés pour le soutien à domicile

    « L’accompagnement à domicile des personnes les plus dépendantes nécessite l’intervention de multiples acteurs et intervenants (SAAD, SSIAD, médecin traitant…) et pose la question de l’intensification, de la continuité et de la coordination de l’accompagnement, commentent les auteurs de ces deux guides. Les dispositifs renforcés ont pour objectif de répondre à ces problématiques et par là, de repousser autant que faire se peut, le recours à l’Ehpad ou à l’ESLD. »

    Constat :

    • les quelques dispositifs existants ne constituent pas une offre homogène ;
    • ils s’adressent à des publics différents, proposent des services divers, et procèdent d’organisations et de modèles de financement différents.

    La CNSA et la DGCS ont souhaité mettre à disposition des financeurs et porteurs de projets des outils pour analyser un dispositif de soutien renforcé au domicile à 2 moments du projet :

    • dans sa phase de conception : guide 1
    • et en fonctionnement : guide 2

    1. Guide pour l’analyse d’un dispositif en projet

    Outils d’analyse multidimensionnelle d’un dispositif renforcé pour le soutien à domicile de personnes âgées en perte d’autonomie

    L’outil a pour objectif d’outiller les décideurs afin de les aider à analyser et à évaluer les projets de dispositifs innovants de soutien à domicile qui leur seront soumis.

    1. Onglet « carte d’identité du dispositif »

    Concentre les éléments de description générale du dispositif : le porteur du dispositif, les acteurs mobilisés, le territoire d’intervention, les objectifs du dispositif, les critères d’admission ou encore le modèle de tarification.

    • Dispositif renforcé pour le soutien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie Guide d’utilisation n°1 : Outil d’analyse d’un dispositif EN PROJET 141.1 Le portage du dispositif
    • La file active du dispositif
    • Les acteurs du dispositif
    • Les objectifs du dispositif
    • Le territoire du dispositif
    • La population cible du dispositif
    • Le modèle de tarification du dispositif

    2. Onglet « services rendus par le dispositif »

    Cette partie traitant des « Services et organisation » du dispositif constitue la modélisation fonctionnelle du dispositif. Il s’agit d’une représentation structurée des dispositifs. Son objectif est de décrire, dans un langage commun et harmonisé, les services rendus pour répondre à l’ensemble des besoins adressables par un dispositif innovant de soutien à domicile.

    Dans sa déclinaison opérationnelle, elle vise à permettre une double description :
    – les services rendus par le dispositif regroupés par blocs fonctionnels ;
    – la manière dont chacun des services est délivré

    • Les services rendus par le dispositif
    • La représentation des responsabilités portées par les dispositifs
    • Si le service est inclus dans le contrat conclu entre le dispositif et le bénéficiaire ?

    3. Onglet « organisation du dispositif »

    Vise à décrire les moyens mis en place pour organiser une prise en charge maîtrisée de la perte d’autonomie. Il questionne le porteur sur la formalisation de protocoles d’organisation sur des situations spécifiques, ainsi que sur son éventuelle organisation en guichet unique et le contenu des prestations gérées dans ce cadre.

    • La présence d’un « guichet unique »
    • Les protocoles de prise en charge formalisés
    • Les protocoles de transmissions d’informations formalisés
    • La mise en place d’une politique de formation du personnel

    4. Onglet « satisfaction et la qualité de vie »

    Dans cette partie, le porteur est questionné sur ses intentions / actions en matière d’évaluation de la satisfaction et de la qualité de vie des parties prenantes :
    – les bénéficiaires ;
    – les aidants ;
    – les intervenants professionnels du dispositif.

    • La satisfaction;
    • la satisfaction au travail ;
    • la qualité de vie ;
    • la qualité de vie au travail ;
    • l’acceptabilité.

    5. Onglet « coûts du dispositif »

    Vise à collecter l’ensemble les coûts des services non financés par le droit commun ainsi que ses sources de financement.

    • Les coûts fixes du dispositif non financés par le droit commun
    • Les tarifs des prestations du dispositif non financées par le droit commun
    • Les sources de financement hors droit commun du dispositif

    Le remplissage de l’outil nécessite d’avoir à disposition les éléments suivants :

    • la liste de l’ensemble des acteurs du dispositif ;
    • la liste de l’ensemble des partenariats et coopérations mis en place par le dispositif ;
    • la / les grille(s) tarifaire(s) du dispositif ;
    • la projection de la composition de la file active du dispositif ;
    • les coûts du dispositif ;
    • le montant projetés des financements ;
    • les effectifs.

    2. Guide pour l’analyse d’un dispositif en fonctionnement

    Outils d’analyse multidimensionnelle d’un dispositif renforcé pour le soutien à domicile de personnes âgées en perte d’autonomie

    Ce outil a pour objectif de doter les décideurs de moyens afin de les aider à analyser et à évaluer les dispositifs innovants de soutien à domicile en place sur le territoire.

    1. Onglet « Carte d’identité du dispositif »

    Concentre les éléments de description générale du dispositif : le porteur du dispositif, les acteurs mobilisés, le territoire d’intervention, les objectifs du dispositif, les critères d’admission ou encore le modèle de tarification.

    2. Onglet « File active du dispositif »

    Vise à permettre une description « normée » de la file active du dispositif au moment où il remplit l’outil, selon des critères tels que l’âge, le niveau de dépendance, la présence d’un aidant, la présence de troubles cognitifs, etc.

    3. Onglet « Services rendus »

    Vise à décrire les services proposés pour organiser une prise en charge adaptée de la perte d’autonomie. Il reprend la modélisation fonctionnelle d’un dispositif, ventilée au travers de plusieurs questions permettant de s’assurer que le dispositif ne sera évalué que sur les engagements de services qu’il porte auprès des bénéficiaires. 

    4. Onglet « Organisation du dispositif »

    Vise à décrire les moyens mis en place pour organiser une prise en charge maîtrisée de la perte d’autonomie. Il questionne le porteur sur la formalisation de protocoles d’organisation sur des situations spécifiques, ainsi que sur son éventuelle organisation en guichet unique et le contenu des prestations gérées dans ce cadre.

    5. Onglet « Satisfaction »

    Interroge le dispositif sur ses intentions d’évaluation de la qualité de vie et de la satisfaction des parties prenantes au dispositif que sont les bénéficiaires, les aidants, mais également les professionnels.

    6. Onglet « Coûts »

    Concentre les éléments de description générale du dispositif : le porteur du dispositif, les acteurs mobilisés, le territoire d’intervention, les objectifs du dispositif, les critères d’admission ou encore le modèle de tarification.

    7. Onglet « Rapport d’activité global »

     Synthétise un ensemble d’indicateurs calculés à partir des données renseignées par le porteur.

    8. Onglet « Rapport d’activité des services »

    Collecte les données d’activité de prestations. 

    9. Onglet « Appréciation du projet par le porteur »

    Vise à recueillir le retour a posteriori du porteur sur la performance et les limites de son dispositif, ainsi que les motifs de refus d’admission et de sortie du dispositif constaté.

    Le remplissage de l’outil nécessite d’avoir à disposition les éléments suivants :

    • la liste de l’ensemble des acteurs du dispositif ;
    • la liste de l’ensemble des partenariats et coopérations mis en place par le dispositif ;
    • la / les grille(s) tarifaire(s) du dispositif ;
    • la composition de la file active du dispositif ;
    • les coûts du dispositif ;
    • le montant des financements perçus ;
    • les effectifs ;
    • les données d’activité.
  • VivaTech 2019 : Novartis annonce le lancement de Biome Paris, son 1er centre d’innovation européen

    Le laboratoire pharmaceutique Novartis va ouvrir son centre d’innovation digitale européen Biome Paris. Il a annoncé la nouvelle à l’occasion du salon VivaTech, qui s’est tenu du 16 au 18 mai 2019.

    Le Biome de Paris, créé dans le but d’orienter et d’optimiser l’intégration du digital dans le parcours de soins, rassemblera à Rueil-Malmaison de nombreux acteurs tels que des start-ups, des partenaires ainsi que le réseau d’expert de Novartis.

    Une polarisation des technologies 

    Avec ce nouveau laboratoire, Novartis souhaite polariser des technologies qui fonctionnent dans un domaine vers d’autres champs. Son objectif est d’améliorer l’efficacité et l’efficience des soins grâce au digital.

    Pour ce faire, le laboratoire favorise une approche par projet comme « savoir quand consulter un médecin ou améliorer le suivi d’un traitement pour une maladie chronique ou pour une addiction », détaille Bertrand Bodson (communiqué).

    Les partenaires de Novartis 

    Dans l’optique d’une stratégie d’open innovation, Novartis souhaite s’orienter vers les patients via les start-ups du projet qui sont elles mêmes clientes du laboratoire pharmaceutique. Avec ce partenariat, Novartis pourra développer une grande connaissance de ses clients et l’inclure sur le marché.

  • Pierre Maggioni, DG du Mipih, mis en examen pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence

    Le directeur général du Mipih (Midi Picardie informatique hospitalière), structure publique basée à Toulouse et spécialiste notamment de l’hébergement de données santé, est mis en examen. La justice soupçonne Pierre Maggioni, à la tête du groupement d’intérêt public depuis 1997, de prise illégale d’intérêt et trafic d’influence. Elle l’a placé sous le régime de témoin assisté sur des soupçons de favoritisme. 

    Selon France 3, qui a signalé l’affaire le 17 mai 2019, Pierre Maggioni a annoncé le même jour à ses salariés, réunis en assemblée générale extraordinaire, sa mise en examen par la juge d’instruction Florence Bru, à la suite d’une plainte du Lesiss (Les entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux), qui rassemble les éditeurs privés de SIH concurrents du Mipih.

    Le Lesiss a annoncé en février 2017 avoir déposé plainte avec constitution de partie civile contre le Mipih  auprès du tribunal de grande instance de Toulouse pour trafic d’influence, corruption active et prise illégale d’intérêts, estimant que le statut du Mipih constitue une distorsion de concurrence entre acteurs industriels, notamment dans le domaine des systèmes d’information de santé, en particulier dans la sphère hospitalière.

    Pierre Maggioni se dit « sidéré » de cette mise en examen et dénonce une « nouvelle tentative à visée médiatique [du Lesiss de] s’attaquer au secteur des éditeurs publics ». Le président d’honneur et ex-délégué général du Lesiss, Yannick Motel, répond que la plainte a pour but de « ralentir un système de distorsion de la concurrence, parfaitement connu par la puissance publique, qui perdure depuis des années ».

    Le Mipih, fournisseur public de logiciels et de prestations informatiques aux établissements sanitaires et médico-sociaux, créé en 1994, revendique plus de 520 établissements de santé adhérents, plus de 550 collaborateurs et la place de premier producteur de paie hospitalière. Il est certifié HDS.

    Le détail de l’affaire

    Selon les explications de Pierre Maggioni à, il a été convoqué le 30 mars par la juge d’instruction « pour une première comparution en vue de sa mise en examen, à titre personnel et en tant que représentant légal du Mipih » (source : Tic Santé). La justice lui reproche notamment « le versement, par le GIP Mipih, entre 2013 et 2016, d’un loyer à une société civile immobilière (SCI) dont il détenait la moitié des parts, pour son logement de fonction, une maison située dans la région toulousaine ».

    Pierre Maggioni se justifie en déclarant que cette solution a été préférée au versement de « l’indemnité à laquelle le directeur général du Mipih, détaché de la fonction publique hospitalière, a droit pour son logement de fonction, dont le montant était supérieur au loyer ». Il affirme avoir « pris des renseignements [auprès de fiscalistes] pour s’assurer que ce montage était légal ».

    Les accusations de trafic d’influence visent l’emploi de commercial occupé par le fils de Pierre Maggioni entre novembre 2016 et juin 2017 chez l’éditeur privé Evolucare, dont le Mipih est client. « On m’accuse d’avoir joué de mon influence pour lui obtenir un poste qui n’a duré que 7 mois, alors que nous avons démontré que ni le chiffre d’affaires d’Evolucare, ni celui du Mipih, ni la paye de mon fils n’avait augmenté à cette période », se défend le directeur.

    Un GIP sous haute surveillance

    Un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) de Midi-Pyrénées daté de 2013 a mis en évidence « une série de dysfonctionnements qui montrent que le groupement s’est souvent affranchi des règles de la gestion publique[, notamment] des « règles de transparence et de mise en concurrence relatives aux achats ».

    Tic Santé affirme qu’une autre plainte pour « prise illégale d’intérêt, abus de biens sociaux et trafic d’influence » à l’encontre du directeur général du Mipih, déposée en décembre 2018 par le syndicat Force ouvrière (FO), « est en cours d’instruction », de même qu’un nouvel audit du Mipih par la CRC Occitanie, « portant sur les exercices 2012 et suivants».