International

  • Europe : un appel à propositions pour l’analyse d’images par IA en cancérologie (Commission)

    La Commission européenne organise un appel à propositions doté de 35 millions d’euros pour soutenir le développement de systèmes d’analyse d’image par IA pour le diagnostic du cancer, ainsi que d’autres outils axés sur la prévention, la prédiction et le traitement des formes les plus courantes de cancer. Les candidats devront « contribuer à constituer un vaste référentiel d’images de santé interopérables », permettant de développer, de tester et de valider de telles solutions.

    Lancé le 9 juillet 2019, cet appel est ouvert jusqu’au 13 novembre 2019. Les candidatures doivent être réalisées sur le site de la commission via ce lien.

    Cet appel à propositions s’inscrit dans le programme Horizon 2020, qui a vu la Commission européenne investir 177 millions d’euros dans les domaines « transformation numérique de la santé et des soins » et « solutions numériques fiables et cybersécurité dans les systèmes de santé et de soins ».

    « mettre en place un cadre qui équilibre les contraintes du système de santé avec les libertés individuelles »

    « Travailler ensemble de manière décloisonnée renforcera notre capacité à aider les patients en partageant et en interprétant les avancées technologiques en matière de prévention, de diagnostic et de prévision du traitement du cancer dans l’Union européenne », résume Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen sortant chargé de la Santé.

    « Cet investissement confirme notre soutien résolu aux technologies de pointe qui façonneront l’avenir du secteur de la santé dans l’Union européenne », ajoute Mariya Gabriel, son homologue chargée de la Société numérique, soulignant la nécessité de « mettre en place un cadre qui équilibre les contraintes du système de santé avec les libertés individuelles, tout en libérant l’innovation en matière de santé au profit de tous les Européens ».

    « L’analyse d’images en santé est l’un des domaines d’application les plus prometteurs de l’IA[. Elle] contribue à améliorer les prévisions, le diagnostic et le traitement des maladies », commente la Commission. 

    Une exigence de sécurité et de lisibilité

    Dans le cadre de cet appel à proposition, les candidats doivent préciser les mesures à prendre pour valider les solutions d’imagerie en santé basées sur l’IA. Sont exigées « des preuves scientifiques rigoureuses, corroborées par des pairs, établissant leur innocuité, leur validité, leur reproductibilité, leur utilisabilité, leur fiabilité et leur utilité », afin d’améliorer les résultats pour la santé.

    Il est jugé « essentiel » dans le texte de montrer comment les solutions basées sur l’IA vont traiter « les défaillances, les inexactitudes et les erreurs possibles ». « Des mesures de performance, des critères et des procédures de suivi et d’évaluation adéquats » sont demandées.

    Selon la Commission européenne, « le raisonnement qui sous-tend les conclusions et les recommandations » basées sur l’IA devrait être expliqué pour que les utilisateurs puissent « donner leur consentement ou contester toute ligne de conduite proposée ».

    Des indicateurs d’impact précis

    La proposition doit s’accompagner d’indicateurs capables de mesurer son impact spécifique dans les domaines suivants :

    • la création d’un référentiel européen d’images de la santé dédiées aux formes de cancer les plus courantes, permettant l’expérimentation de solutions basées sur l’IA pour améliorer le diagnostic, le traitement et le suivi, et contribuer à une gestion plus précise et personnalisée du cancer ;
    • l’élaboration de normes techniques, organisationnelles et éthiques pour l’IA en imagerie médicale ;
    • la promotion de l’accès à des ensembles de données d’images de santé anonymisées afin de les rendre plus librement réutilisables dans l’UE pour la formation aux applications d’IA ;
    • l’augmentation de la confiance dans les solutions d’IA chez les utilisateurs (professionnels de santé et patients), les investisseurs et les parties prenantes de l’industrie et du monde universitaire.
  • L’ARS Île-de-France lance avec l’URPS Médecins libéraux une mission sur les soins non programmés

    L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France et l’URPS Médecins libéraux Île-de-France lancent une mission visant à « identifier, [à] favoriser et [à] promouvoir les initiatives qui permettent de répondre aux demandes de soins non programmés des patients ». Confiée au Dr Georges Siavellis et au Dr Patrick Pelloux, elle avait été annoncée le 26 juin 2019 parmi les initiatives lancées par l’ARS pour améliorer « la qualité des prises en charge et la qualité de vie au travail des professionnels des urgences ».

    Georges Siavellis est médecin généraliste, élu CSMF et trésorier de l’URPS médecins libéraux Île-de-France). Patrick Pelloux (ARS/AP-HP) est président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

    La demande de prise en charge en soins non programmés (SNP), définie comme « une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville », est « un enjeu majeur organisationnel du système de santé[,] dans un contexte d’augmentation rapide de la demande de SNP, de saturation des urgences hospitalières et de diminution du nombre de médecins libéraux dans la région », indique l’ARS dans un communiqué.

    Cette mission, lancée le 11 juillet 2019, s’articulera en 3 étapes:
    1. réaliser un état des lieux des SNP : « volume des demandes, types de réponses proposées aux patients côté ville et côté hôpital en termes d’organisation, territoires en carence » ;
    2. « accompagner les expérimentations visant à une meilleure prise en charge des SNP [et] à une meilleure articulation entre la ville et l’hôpital [et] définir les modalités pour améliorer l’accès aux SNP spécialisés » notamment en cardiologie et en ophtalmologie;
    3. « proposer des modèles de valorisation de la participation des médecins libéraux aux SNP [et] concevoir les modalités d’accès régulé téléphonique ou autre » des patients à leur prise en charge.

    État des lieux des SNP auprès des médecins libéraux

    L’URPS Médecins libéraux Île-de-France rappelle dans le communiqué les résultats de son enquête menée en 2015 sur l’état des lieux des soins non programmés auprès des médecins libéraux :

    • 97 % d’entre eux font face à une demande de SNP « concentrée entre 18h00 et 20h00 » ;
    • 75 % d’entre eux reçoivent « entre 0 et 5 demandes de SNP par jour » et « 25 %, principalement des généralistes et des pédiatres, en reçoivent entre 6 et 10 par jour » ;
    • 68 % d’entre eux « prévoient un temps réservé dans la journée » pour répondre aux demandes de SNP.

  • La mission de l’Asip Santé « renforcée » par la stratégie Ma Santé 2022 (rapport d’activités 2018)

    L’Asip Santé est « plus que jamais au cœur de la transformation numérique du système de santé » : c’est ce qu’affirme l’agence dans son rapport d’activités 2018, mis en ligne le 12 juillet 2019. Elle souligne que sa mission est « renforcée par la mise en œuvre opérationnelle » de la stratégie Ma Santé 2022, qui fera d’elle l’Agence du numérique en santé (ANS). Selon l’organisation, « cette impulsion des pouvoirs publics ouvre de nouvelles opportunités pour continuer à déployer le numérique en santé en France ».

    L’Asip Santé s’assigne dans ce rapport de « 3 grandes missions systémiques et complémentaires »:
    • « réguler la e-santé en posant les cadres et les bonnes pratiques, notamment en termes de sécurité et d’interopérabilité, pour faciliter le partage et les échanges de données de santé en toute confiance » ;
    • « conduire les projets d’intérêt national sous l’égide des pouvoirs publics » ;
    • « accompagner le déploiement national et territorial [des outils et des projets numériques en santé] afin de développer les usages et de favoriser l’innovation ».  

    L’agence affirme que c’est « dans cet élan numérique » qu’elle a mis en ligne son nouveau site internet Esante.gouv.fr, qui propose une déclinaison des grandes orientations du volet numérique de Ma Santé 2022 dans « un espace de partage et de concertation ».

  • L’IA au centre Léon Bérard, une réalité en recherche (Dr Pierre-Étienne Heudel, cancéro)

    Le centre Léon Bérard s’est impliqué très tôt dans le numérique, avec la mise en place d’un système d’information hospitalier (dossier patient) dès 1993, indique le Dr. Pierre-Étienne Heudel, médecin en sénologie–gynécologie-cancérologie médicale au sein du CLCC et vice-président de la commission médicale d’établissement (CME). Le site a de fait actuellement 25 ans d’historique sur le cancer, avec une base de 300 000 dossiers patients, de 400 000 scanners et de millions de tumeurs. Ainsi, par exemple, le site dispose de 50 000 mammographies et d’une grande variété de données d’anapath (lames virtuelles).

    Se pose alors pour l’établissement de santé la question de la valorisation de ces données, sachant que le dossier médical est constitué de données hétérogènes et de qualité variable, explique le médecin, porteur de la coordination des projets de recherche sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) en santé et responsable de la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse ainsi du centre de coordination de cancérologie. Le PMSI existant depuis 2007 a permis d’améliorer la qualité de ces données structurées.

    Actuellement, les données les plus exploitables et les plus utilisées sont celles issues de l’imagerie et les données moléculaires. Le travail d’analyse effectué sur ces dernières dans le cadre de l’essai clinique PROFILER* se fait sur des panels de gènes (environ 70), rarement sur le génome total, précise le Dr. Pierre-Étienne Heudel. Cette analyse permet en oncologie la mise en place de thérapies ciblées.

    Conscient de l’importance des volumes de données et des approches collaboratives pour y arriver, le centre Léon Bérard est membre actif du projet Consore (moteur de recherche pour le big data en cancérologie) et s’est emparé de la question de l’information des patients sur la réutilisation des données de santé à des fins de recherche.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, le Dr. Pierre-Étienne Heudel revient en détail sur Consore mais aussi sur les différents projets de l’établissement portés par les données et l’IA, soit Di-a-gnose, visant à établir de nouveaux outils diagnostiques issus de l’IA, et Deepsarc, lauréat de l’appel à projets du Health data hub, qui repose sur le partage de la base Netsarc, composée des données médicales et administratives anonymisées de plus de 50 000 patients atteints de sarcomes.

    Les données : une richesse de l’établissement

    Consore : un moteur de recherche capable de retrouver des informations disséminées dans le texte de centaines de milliers de dossiers de patients

    Le centre Leon Berard s’est rapidement impliqué dans le projet Consore porté par Unicancer, avec en particulier l’Institut Curie et l’Institut Paoli-Calmettes.

    En effet, face au défi du big data en cancérologie, Unicancer a construit Consore, un moteur de recherche puissant capable de retrouver des informations disséminées dans le texte de centaines de milliers de dossiers des patients des centres de lutte contre le cancer (CLCC).

    Les sources de données présentes dans le moteur de recherche sont diverses (dossiers patients, PMSI, fiches de description standardisées de tumeurs, dossier pharmaceutique des chimiothérapies, biologie). Au-delà des données, les centres partagent des ressources (informaticiens, médecins …) pour travailler sur différents aspects comme l’analyse de texte par rapport au contexte, ou la restructuration des données.

    Un des objectifs est la modélisation de l’histoire du cancer, son traitement, les éléments tumoraux : d’où l’extraction de la donnée et sa structuration. Ainsi, des travaux sont menés sur le cancer du sein, utilisant les IRM mammaires, les listes de patientes, et les données des dossiers.

    Actuellement, Consore est installé dans 8 CLCC.

    Les projets portés par les données et l’IA

    La culture scientifique du centre Léon Bérard est « très forte » et sa dynamique de recherche se traduit en particulier par l’importance de sa présence au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), indique le Dr Pierre-Étienne Heudel. Une vingtaine de médecins chercheurs du Centre Léon Bérard étaient présents lors de la 55e édition du congrès mondial pour présenter les résultats de leurs recherches cliniques et translationnelles. La richesse des données du site permet par exemple de montrer les plus grosses cohortes cancer métastatique.

    Différents projets portés par le site repose sur l’IA :

    • Di-a-gnose, porté conjointement par les équipes du Centre Léon Bérard et Owkin, est un projet de recherche faisant intervenir l’intelligence artificielle et visant à établir de nouveaux outils diagnostiques issus de l’IA :
      • pour améliorer l’exactitude des diagnostics dans les histologies rares et complexes des cancers pour remplacer, améliorer et compléter les outils histologiques, moléculaires et immunologiques existants ;
      • pour prédire la réponse au traitement dans 2 modèles de cancers rares pour lesquels le Centre Leon Berard a une grande expertise : les mésothéliomes et les sarcomes.

    Le projet porte plus particulièrement sur l’étude des mésothéliomes en utilisant des méthodes de deep learning (apprentissage profond) sur des données de lames virtuelles. À ce jour, plus de 35 500 lames et 5 920 dossiers anonymisés comportant les données d’imagerie, de biologie moléculaire et de traitements ont été scannés et traités.

    • Le projet Deepsarc, lauréat de l’appel à projets du Health data hub, repose sur le partage de la base NetSarc, composée des données médicales et administratives anonymisées de plus de 50 000 patients atteints de sarcomes.
      Porté par Jean Yves Blay, à l’origine du réseau Netsarc et directeur du centre Léon Bérard, le projet associe aussi les équipes et les experts de l’Institut Bergonié, CLCC de Bordeaux et de l’université de Rennes. Il permettra de mesurer l’impact des différents traitements (chimiothérapies, thérapies ciblées, chirurgie…) sur les données de vie réelle des patients.

    Données et IA : les défis et les enjeux pour le centre Léon Bérard :

    Enjeu humain :

    Plusieurs challenges sont à adresser :

    • embarquer l’ensemble des professionnels de santé : l’implication du site dans la constitution de bases de données de qualité repose sur la volonté des professionnels à participer à la structuration des données, action qui doit s’inscrire dans les pratiques.
      Pour y arriver, il faut :
      • une volonté de la direction de l’établissement, avec des actions de sensibilisation et le partage de l’importance de la démarche majeure pour l’évolution du site ;
      • un accompagnement des personnes.

    Au sein des professionnels de santé, on retrouve les proportions habituelles face aux innovations, avec 20 % de porteurs et 20 % de récalcitrants. Le Dr Pierre-Étienne Heudel, en tant que vice-président de la commission médicale d’établissement (CME) et porteur de la coordination des projets de recherche sur l’usage de l’intelligence artificielle en santé, porte les messages au sein de la communauté médicale.

    Par exemple : connaître le statut tabagique du patient est fondamental pour la recherche comme pour la pratique. Les discussions ont été assez simples dans la communauté médicale.

    Concernant les comptes rendus et les demandes d’examens, leur structuration doit être utile pour tout le circuit de prise en charge, et pouvoir répondre à des questions comme « Peut-on exploiter la demande ? » ; « Quelle est l’évolution ? » ; « Pour quel cancer ? » ; « Par rapport à quelle localisation ? ».

    • Faire travailler ensemble mathématiciens et professionnels de santé : il faut « apprivoiser » les mathématiciens et trouver un langage commun.

    Challenge : gestion des biais, reproductibilité des données

    L’identification et la compréhension des biais passe par l’humain.

    • Pour connaitre le biais, il faut connaitre les données des bases ;
    • le machine learning (apprentissage automatique) est une éducation de l’algorithme par l’humain. Par exemple, sur une question comme « Comment différentier une récidive loco régionale d’une métastase ? », c’est l’humain qui qualifie la réponse.

    La reproductibilité des résultats n’est pas encore assez robuste : par exemple, une analyse automatique de l’image, excellente sur un site, connait une dégradation quand on change de centre, explique le Dr Pierre-Étienne Heudel.

    Une certitude reste : les médecins vont rester 100 % responsables des actes et décisions prises avec une IA.

  • AP-HP : une nouvelle organisation en 6 GHU pour se rapprocher des universités et des territoires

    « L’AP-HP poursuit sa reconfiguration pour que les décisions soient plus proches des équipes et des services. » C’est ce que déclare l’établissement dans un communiqué publié le 8 juillet 2019, annonçant avoir mis en place une nouvelle organisation fédérative le 3 juillet. L’objectif de ce projet est notamment de permettre aux 6 groupes hospitalo-universitaires (GHU) nouvellement créés « de renforcer leurs liens avec les universités, leurs territoires et leurs partenaires et ainsi de renforcer la qualité des soins et de la recherche pour tous les patients », est-il indiqué.

    • 4 GHU sont le résultat de regroupements avec, pour chacun, une direction, une commission médicale d’établissement, un comité technique d’établissement et de nouvelles appellations, « marquant leur ancrage universitaire », commente l’AP-HP. « Ils disposeront de plus d’autonomie, pour mieux adapter les organisations de soins, de recherche et d’enseignement aux besoins de leur territoire », ajoute l’établissement. Ces 4 GHU sont :
    – « AP-HP. Centre – université de Paris » ;
    – « AP-HP. Sorbonne Université » ;
    – « AP-HP. Nord – université de Paris » ;
    – « AP-HP. Université Paris Saclay ».

    • 2 GHU conservent pour l’instant leur périmètre actuel mais sont déjà associés à 2 des nouveaux GHU :
    – « AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri Mondor » (Henri-Mondor, Albert-Chenevier, Emile-Roux, Dupuytren, Georges-Clemenceau) est associé à « AP-HP. Université Paris Saclay ». Ce GHU est dirigé par Edith Benmansour ;
    – « AP-HP. Hôpitaux universitaires » Paris Seine-Saint-Denis (Avicenne, Jean-Verdier, René-Muret) est associé à « AP-HP. Nord – université de Paris ». Ce GHU est dirigé par Pascal De Wilde.

    Par ailleurs, les hôpitaux Marin de Hendaye, San Salvadour à Hyères, Paul-Doumer à Liancourt et l’hospitalisation à domicile « demeurent tels qu’ils sont aujourd’hui », note l’AP-HP.

    Transformer les pôles en départements médico-universitaires

    En juillet 2018, l’AP-HP se donnait un an pour constituer les nouveaux groupes hospitaliers dans l’optique de transformer les pôles en départements médico-universitaires (DMU) afin de « se doter des outils pour mieux soutenir les équipes et les projets », explique l’établissement.

    « Les échéances ont été respectées et cette période a permis de consulter les instances locales et centrales qui devaient l’être ; d’organiser de nombreuses réunions de travail, séances d’information, au niveau des groupes hospitaliers ; de faire participer de nombreux acteurs à cette nouvelle organisation ; de modifier nos règles internes avec de nouvelles dispositions dans le règlement intérieur », ajoute-t-il.

    Faire converger les stratégies hospitalière et universitaire

    Les périmètres des DMU ont été définis par des arrêtés du 5 juillet 2019. « La définition [de ces] périmètres et de leur équipe de direction a fait l’objet d’un processus de plusieurs mois qui a veillé à associer au maximum l’ensemble des personnels concernés », note l’AP-HP.

    L’objectif de la création des départements médico-universitaires est de proposer aux patients des parcours de prise en charge mieux coordonnés sur les territoires. Les départements regroupent plusieurs services et unités fonctionnelles dans une logique de filières de soins mais aussi dans une logique de coordination de la recherche, de l’innovation en santé et de l’enseignement.

    Ils ont aussi pour but de redonner une place importante aux hôpitaux et aux services dans l’animation de proximité des équipes et les relations avec les patients, l’amélioration de la qualité de vie étant l’une des priorités de ce projet de création de DMU.

    Les 4 nouveaux GHU en détail :

    • « AP-HP. Centre – université de Paris » : rassemble les groupes hospitaliers Paris Centre (Cochin, Hôtel-Dieu, Broca, La Collégiale), Necker-Enfants malades et Paris Ouest (HEGP – Hôpital Européen Georges-Pompidou, Vaugirard – Gabriel-Pallez, Corentin-Celton).
      • Ce GHU est dirigé par Serge Morel ;
    • « AP-HP. Sorbonne Université » : rassemble les groupes hospitaliers La Pitié-Salpêtrière-Charles-Foix et Hôpitaux Universitaires Est Parisien (Tenon, Trousseau, Rothschild, Saint-Antoine, La Roche Guyon).
      • Ce GHU est dirigé par Christine Welty ;
    • « AP-HP. Nord – université de Paris » : est formé par les groupes hospitaliers Paris Nord Val de Seine (Bichat, Beaujon, Bretonneau, Louis-Mourier, Adélaïde-Hautval), Saint-Louis-Lariboisière-Fernand-Widal et Robert-Debré.
      • Ce GHU est dirigé par Vincent-Nicolas Delpech ;
    • « AP-HP. Université Paris Saclay » : réunit les groupes hospitaliers Paris Sud (Bicêtre, Antoine-Béclère, Paul-Brousse) et Paris Ile-de-France Ouest (Raymond-Poincaré, Ambroise-Paré, Sainte-Périne, Berck).
      • Ce GHU est dirigé Christophe Kassel.

    2 GHU associés à 2 des nouveaux groupes : l’AP-HP comprendra à terme 4 GHU

    Les 2 groupes hospitalo-universitaires associés à deux des nouveaux GHU (« AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri Mondor » avec « AP-HP. Université Paris Saclay » et « AP-HP. Hôpitaux universitaires » avec « AP-HP. Nord – université de Paris »).

    « Le but est de poursuivre cette reconfiguration en intégrant ces deux (GHU) dans les nouveaux groupes hospitalo-universitaires, explique l’AP-HP. Les discussions avec les équipes et les universités se poursuivront pour franchir cette deuxième étape, sans que le calendrier précis n’ait été arrêté pour l’instant. Ainsi, l’AP-HP comprendra à terme quatre GHU. »

    Un nouveau siège en 2021 pour faciliter les collaborations

    Le nouveau siège de l’AP-HP sera établi au sein de l’hôpital Saint-Antoine. Le projet a été retenu le 26 juin 2019 par un jury présidé par le directeur général de l’AP-HP. Ce siège sera livré à la fin de l’année 2021 pour un déménagement prévu début 2022. « Sa conception sera plus moderne et facilitera le travail transversal et en équipe », commente l’AP-HP.

    Les principes d’organisation du nouveau siège seront précisés dans les prochains mois. L’objectif est de « porter une vision stratégique et médicalisée mise au service des professionnels de l’ensemble de l’AP-HP et in fine de la qualité des soins et de la recherche pour tous les patients », indique l’établissement.

    Fonds de transformation : 30 millions d’euros

    Afin de soutenir les projets lancés par les soignants sur le terrain, le projet « Hôtel Dieu » permet de doter de 30 millions d’euros un fonds de transformation dédié à l’amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions de prise en charge des patients dans la nouvelle AP-HP.

    Ce fonds sera opérationnel avant la fin de l’année 2019.

    La « nouvelle AP-HP »

  • Asie : l’université NTU Singapore, 1er centre collaborateur de l’OMS pour la e-formation en santé

    Le Centre pour les sciences de la santé des populations (CePHaS) de l’université de technologie de Nanyang (Singapour), hébergé par l’École de médecine Lee Kong Chian (LKCMedicine), a été désigné premier centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’éducation en santé numérique.

    Le contrat entre les 2 partenaires a été signé pour une durée de 4 ans. Il existe actuellement plus de 800 centres collaborateurs de l’OMS dans plus de 80 pays à travers le monde, travaillant dans divers domaines, tels que l’éthique biomédicale, les soins infirmiers, la santé au travail, les maladies chroniques et les technologies de la santé.

    Dirigé par le Pr associé Josip Car (LKCMedicine), directeur du CePHaS de la NTU, le centre singapourien collaborera avec l’organisation mondiale pour déterminer comment les outils numériques dédiés à la formation en santé et les solutions mobiles peuvent être utilisés pour renforcer la capacité d’apprentissage et les compétences des agents de santé du monde entier.

    « [Les] technologies disruptives (IA, impression 3D, etc.) transforment les soins conventionnels tels que nous les connaissons aujourd’hui, avec la télémédecine, les dispositifs médicaux portables et d’autres innovations, commente le Pr Ling San, vice-président de l’université NTU, qui a rencontré fin juin 2019 le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, à l’occasion du lancement de ce partenariat. La NTU se réjouit de cette occasion de travailler avec l’OMS pour faire en sorte que le personnel médical mondial soit prêt à faire face aux défis qui nous attendent. »

    Une formation numérique pour un apprentissage personnalisé

    Contrairement à l’apprentissage classique, la formation numérique en santé offre plusieurs avantages, tels que la possibilité de répondre à la demande croissante de formation et de proposer un apprentissage personnalisé ainsi qu’une commodité et une flexibilité pour les apprenants.

    Le centre examinera également comment la formation numérique en santé peut améliorer les connaissances, les compétences, les attitudes et la satisfaction des agents de santé par rapport à l’apprentissage conventionnel.

    60 % de la population mondiale aura accès à l’internet mobile d’ici 2025

    Selon la GSM Association, l’organisme mondial représentant les opérateurs de téléphonie mobile, 60 % de la population mondiale, soit environ 5 milliards de personnes, aura accès à l’internet mobile d’ici 2025.

  • Journées e-santé 360 : accélérer l’usage du numérique en santé sur les territoires, 5-6/11/19, Paris

    Maincare Solutions organise les Journées e-santé 360 les 5 et 6 novembre 2019 à Paris. Centrée sur la thématique « objectif parcours 360 », ces 2 journées porteront sur l’accélération de l’usage du numérique en santé sur les territoires. 400 décideurs, pionniers et acteurs de la transformation numérique dans le secteur sont attendus.

    « Les grands plans nationaux de modernisation de notre système de santé, le volet numérique du plan Ma Santé 2022 en tête, font la part belle à l’ouverture et au décloisonnement des pratiques, commente l’entreprise organisatrice, précisant que l’édition 2019 de l’événement sera « l’occasion de donner la parole à tous les acteurs (Régions, groupements et établissements hospitaliers, professionnels de santé…) qui chaque jour œuvrent pour mettre le numérique au service d’une vision décloisonnée et globale des parcours patients« .

    La journée du 5 novembre sera consacrée à l’échange « avec celles et ceux qui sont mobilisés pour faire avancer l’usage du numérique en santé sur les territoires », indique Maincare, avec une matinée « GHT, région, prévention » au cours de laquelle seront présentés des retours d’expérience et un après-midi qui donnera « carte blanche au patient numérique ».

    La journée « solutions » du 6 novembre s’adresse plus particulièrement aux clients de Maincare.

    Les inscriptions sont à réaliser en remplissant un formulaire en ligne, accessible via ce lien pour la journée du 5 novembre, et via ce lien pour la journée du 6 novembre.

    Pré-programme du 5 novembre 2019

    Objectif : échanger avec celles et ceux qui sont mobilisés pour faire avancer l’usage du numérique en santé sur les territoires.

    • 09h00 : café d’accueil

    Les Jardins de Majorelle

    Matinée GHT, région, prévention : retours d’expérience

    Programme détaillé à venir.

    • 12h30 : cocktail déjeunatoire

    Les Jardins de Majorelle

    Après-midi « Carte blanche au patient numérique »

    Programme détaillé à venir.

    • 17h00 : cocktail de clôture

    Les Jardins de Majorelle

  • Le numérique au bilan 2018 de l’Inserm (rapport d’activités)

    « Réussir la révolution technologique de la recherche biomédicale ». C’est l’un des principaux objectifs que s’assigne l’Inserm dans son rapport d’activités 2018. « Les outils de production de la connaissance sont en pleine métamorphose », déclare l’institut, évoquant l’intelligence artificielle, une technologie employée à « gérer les données massives des cohortes et de la génomique, la production d’organoïdes pour des recherches cliniques et les capteurs ultrasons scrutant les organismes ». L’organisme affirme qu’il s’agit pour lui « d’identifier les ruptures décisives et d’y asseoir un leadership ».

    « L’Inserm est engagé dans une stratégie nationale visant à asseoir le leadership français dans le domaine de l’intelligence artificielle », indique-t-il dans son rapport, publié le 4 juillet 2019, soulignant que « l’une des clés de voûte en sera le Health Data Hub ». L’institut relève que « près de 300 » de ses équipes de recherche « sont déjà utilisatrices de technologies de gestion de big data, de machine learning et d’intelligence artificielle dans la production et l’exploitation de données ou le suivi de cohortes ».

    L’Inserm précise dans son rapport avoir cofinancé en 2018 des thèses avec l’Inria, préparé un appel d’offres sur la santé numérique avec le CNRS et signé un partenariat avec la start-up Owkin pour le lancement de la plateforme Socrates, destinée aux chercheurs « pour aider à la découverte et au développement de nouveaux médicaments ». L’Inserm a également fait avancer le plan France médecine génomique 2025, « autre dispositif clé de cette révolution des données massives appliquées à la santé[, qui permet d’]intégrer les analyses génomiques personnalisées dans la pratique clinique », commente-t-il. En 2018, les 4 projets pilotes de ce programme  (cancer, déficience intellectuelle, diabète et population générale) « sont constitués et opérationnels », est-il annoncé. 

    « Nous avons l’ambition de concilier une politique de science ouverte ambitieuse avec le respect des données de santé des personnes », explique Gilles Bloch, P.-D.G. de l’Inserm, qui souligne dans un entretien publié en ouverture du rapport que l’institut « travaille en conformité avec les règles de protection des données en Europe (RGPD) [et] accueille désormais une déléguée à la protection des données ».

    Le big data, un enjeu majeur

    « Mutualiser les moyens de calcul pour la recherche à l’ère des big data » est l’un des objectifs de l’Inserm. « Le recueil, le croisement et l’analyse des données massives sont, depuis quelques années, décrits comme des enjeux majeurs en sciences de la santé [et n’ont] rien de nouveau pour les épidémiologistes responsables de cohortes », indique l’institut. Ces investigateurs, « habitués à travailler sur des grands volumes d’information, s’ouvrent à de nouvelles pratiques de partage de données et testent des méthodes innovantes en machine learning », ajoute-t-il.

    Les ART, un outil de prédilection

    Franck Lethimonnier, directeur de l’institut thématique « Technologies pour la santé » de l’Inserm, souligne l’engagement de l’organisme pour la réussite des accélérateurs de recherche technologique (ART) qui « visent aussi bien à produire des technologies qu’à les diffuser dans la pratique des laboratoires » : un troisième ART dédié à la thérapie génomique a été créé en janvier 2018, est-il indiqué.

  • Investissements d’avenir : lancement du 1er appel à projets « PSPC-Régions » (deadline : 11/09/2019)

    Dans le cadre du lancement d’une nouvelle phase de la politique des pôles de compétitivité (2019 – 2022), l’État souhaite poursuivre une politique active de cofinancement des projets de recherche et développement collaboratifs, en association étroite avec les Régions, qui cofinancent les projets retenus.

    Après 25 appels à projets déjà menés conjointement par l’État et les Régions, le lancement de la phase IV des pôles de compétitivité est l’occasion d’impulser une nouvelle dynamique via la création du PSPC-Régions au sein du programme d’investissements d’avenir (PIA).

    Les projets PSPC-Régions attendus sont conduits par un consortium qui rassemble des entreprises et des partenaires académiques. Ils correspondent à des assiettes de travaux d’un montant compris entre 1 et 4 millions d’euros.

    Les objectifs de cet appel à projets conduit dans le cadre d’une association étroite avec les Régions sont :
    • de soutenir des projets collaboratifs de recherche et développement (R&D) structurants devant conduire à une mise sur le marché et visant des retombées économiques et technologiques directes sous forme de nouveaux produits, services et technologies, et des retombées indirectes en termes de structuration durable de filières ;
    • de favoriser la collaboration entre différents types d’acteurs (économiques et académiques), et en particulier entre grandes entreprises et PME.

    L’instruction des dossiers est conduite par les ministères concernés ainsi que par Bpifrance, sous la coordination du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et en concertation avec les Régions.

    Opéré par Bpifrance, l’appel à projets PSPC-Régions N°1 est ouvert jusqu’au 11 septembre 2019.
    Les projets sont à adresser uniquement sous format électronique via la plateforme de dépôt Bpifrance :
    Extranet.bpifrance.fr/projets-innovants-collaboratifs.

    Nature des projets attendus

    Les projets attendus sont des projets de R&D conduits par un consortium qui rassemble au minimum 2 partenaires industriels ou de services dont une PME ou une ETI et un partenaire de recherche.

    Ils doivent présenter des budgets totaux compris entre 1 et 4 millions d’euros et seules les entreprises peuvent être chefs de file des projets. Il est recommandé que les consortiums candidats n’excèdent pas 5 partenaires formulant une demande d’aide.

    Critères de sélection des projets

    Pour être sélectionnés, les projets éligibles sont instruits notamment sur la base des critères suivants :

    • caractère innovant et valeur ajoutée du projet ;
    • caractère stratégique à l’échelle nationale et régionale, existence d’une collaboration structurée et d’un effet diffusant au sein d’une filière, en particulier pour les entreprises impliquées ;
    • impact économique du projet ; capacité du consortium à porter le projet ;
    • éco-conditionnalité.

    La labellisation d’un projet par un ou plusieurs pôles de compétitivité :

    • permet d’apporter une plus-value au porteur de projet, en apportant notamment la vision d’experts ;
    • doit garantir une qualité technique du projet pour les financeurs publics.

    Financement

    La labellisation d’un projet par un pôle de compétitivité conduit à une bonification du taux d’aide pour les entreprises :

    • de 35 à 50 % pour une PME ;
    • de 25 à 35 % pour un ETI ;
    • de 20 à 25 % pour une grande entreprise.

    Dans le cadre du processus de sélection, les projets PSPC-Régions sont proposés aux collectivités territoriales pour faire l’objet d’un cofinancement avec l’État, dans un objectif de parité.

    Le soutien apporté par l’État aux bénéficiaires se fait sous forme d’aides constituées de subventions et/ou d’avances récupérables.

    Les collectivités territoriales mettent en œuvre leurs propres modalités d’aide.

    Calendrier prévisionnel

    L’appel à projets PSPC-Régions est ouvert jusqu’au 11 septembre 2019 à midi. Le cahier des charges est téléchargeable via ce lien.

    Le calendrier prévisionnel de sélection est le suivant : 

    Contacts et informations :

    Pour toute question concernant cet AAP, les points de contact sont :

    • PSPC-Regions@bpifrance.fr :
      • Julien Simon : julien.simon@bpifrance.fr ; 01 53 89 87 25 ;
      • Julie Baudet : julie.baudet@bpifrance.fr ; 01 53.89.78.83.
  • Rapport « Charges et produits » : la Cnam propose de mettre en place un baromètre de l’observance

    Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81% des patients chroniques sondés estiment « être observants entre 80 % et 100 % » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. C’est, pour l’essentiel, ce qui ressort d’une enquête en ligne réalisée en mai 2019 par la société A+A pour la Cnam auprès de 1 198 patients chroniques*, dont les résultats ont été dévoilés dans le rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). Le document va être présenté dans les jours à venir au ministère des Solidarités et de la Santé ainsi qu’au Parlement.

    À noter côté numérique que les outils de type alertes à la prise de médicament ou applications mobiles sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants (moins de 10 %).

    Sur le sujet de l’observance, la Cnam formule ainsi 2 propositions dans son rapport pour favoriser l’adhésion des patients au traitement et renforcer l’observance :
    • proposition 17 : mettre en place un baromètre de l’observance afin de favoriser une plus large diffusion des connaissances sur l’observance auprès d’un large public, l’Assurance maladie se propose de publier à un rythme bisannuel un baromètre dédié à l’observance, constituant un rappel régulier sur cette problématique majeure et visant à faire partager les données sur les évolutions constatées ;
    • proposition 18 : élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance et de l’adhésion au traitement.

    Une enquête pour identifier les facteurs influençant le point de vue des patients sur leur observance

    Une groupe d’experts dédié au sujet de l’observance

    Dans son rapport « charges et produits » pour l’année 2018, « l’Assurance maladie avait consacré un chapitre à l’observance afin d’aborder les questions méthodologiques qu’elle soulève, notamment dans la complexité de sa mesure ou encore concernant l’estimation des impacts de la non observance », indique la Cnam. Dans ce cadre, un travail a été confié à un groupe d’experts, piloté par Dominique Polton et la Fédération française des diabétiques pour identifier les leviers et les actions à mettre en place par l’Assurance maladie afin de favoriser la bonne observance des patient.

    « Dans la suite de ce travail, il a également semblé intéressant dans une démarche prospective d’interroger les patients sur le sujet de l’observance, que ce soit sur la perception de leur propre observance que sur ses déterminants », explique la Caisse à propos de cette enquête réalisée auprès de personnes atteintes d’une maladie chronique.

    Comprendre la perception qu’ont les patients de leur observance

    L’étude A+A pour la Cnam a été menée en ligne par le biais d’un questionnaire d’une vingtaine de minutes. Les répondants ont été questionnés sur leur état de santé perçu et leur comportement en matière de santé de façon générale, l’histoire et l’impact de leur maladie, puis sur le traitement de leur maladie avec un focus sur l’adhésion à leur traitement.

    « Cette étude ne prétend en aucun cas analyser de manière fine le taux d’observance de patients concernés par des pathologies fréquentes, mais plutôt d’identifier de manière globale chez des patients chroniques la perception qu’ils ont de leur propre observance, ainsi que les facteurs l’influençant de leur point de vue », précise la Cnam.

    Les répondants sont répartis ainsi :

    • 212 présentant une maladie respiratoire chronique ;
    • 210 présentant une maladie cardio neuro-vasculaire (dont l’hypertension artérielle) ;
    • 210 présentant un diabète ;
    • 210 suivant un traitement psychotrope ;
    • 210 présentant une maladie psychiatrique ;
    • 146 atteints d’un cancer.

    Enseignements principaux de l’enquête

    • Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81 % des sondés estiment « être observants entre 80% et 100% » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. « Pour autant, au regard de ce niveau très élevé d’observance déclarée, une analyse plus nuancée des réponses permet de distinguer 2 grands groupes de personnes », indique la Cnam :
      • un premier « que l’on pourrait qualifier par une pleine adhésion à leur traitement et représentant 34 % de la population interrogée », dont les réponses aux différentes questions sont systématiquement dans le sens d’une bonne observance ;
      • un second groupe, représentant environ 2/3 des répondants, « faisant état d’écarts de différentes natures dans l’adhésion à leurs traitements et déclarant certains facteurs de non observance dans leurs réponses à certaines questions »

    « C’est selon cette distinction en deux groupes qu’il est proposé d’analyser les résultats de la présente enquête », explique l’Assurance maladie.

    Le niveau d’observance déclaré et la répartition entre les 2 groupes varie selon la pathologie considérée :

    L’appartenance au groupe des personnes en écart d’adhésion est déterminée par des réponses attestant de défauts d’observance qui s’expriment sur des plans variés, « depuis la prise de médicament en retard jusqu’à la non prise volontaire », explique la Cnam.

    La Caisse note que les personnes en écart d’adhésion sont des malades plus jeunes (âge moyen de 54 ans versus 63 ans), plus fréquemment dans la vie active (44 % contre 23 %) et plus fortement représentés dans les maladies respiratoires et les problématiques de santé mentale.

    Les facteurs influant l’observance :

    • la relation avec son médecin ;

    • le rapport à sa maladie et à la santé au sens large ;

    • Le rôle majeur de l’information ;

    • la confiance dans son traitement ;

    • des attentes pour améliorer l’adhésion au traitement

    Parmi les répondants en écart d’adhésion, 21 % d’entre eux plébiscitent notamment la possibilité de faire un bilan régulièrement avec un professionnel sur la prise de leurs traitements, contre 10 % chez les pleinement adhérents.

    À noter que les outils de type alertes à la prise de médicaments ou applications mobiles, « s’ils représentent un soutien complémentaire utile, sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants des deux groupes (de 9 à 2 %) », indique la Cnam.

    Leviers pour favoriser l’adhésion des patients à leur traitement :

    éviter une approche simpliste ;

    développer une culture commune sur l’observance ;

    mobiliser les professionnels et renforcer l’accompagnement des patients :

    • élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance ;
    • renforcer l’accompagnement pluri-professionnel.