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  • DATA : dispositifs innovants pour les personnes atteintes d’un handicap visuel

    Smart glasses et smart watches, applications mobiles, logiciels et autres aides techniques innovantes permettent actuellement d’améliorer le quotidien des personnes souffrant de déficience visuelle voire de cécité totale d’être : lecture synthétisée de textes, descriptions d’images, traduction immédiate en braille, etc.

    De grandes entreprises comme Samsung et Microsoft, tout comme des start-ups telles que OrCam, se penchent sur le développement de solutions pratiques pour accompagner les 253 millions de personnes atteintes d’un handicap visuel dans le monde (36 millions d’entre elles sont aveugles et 217 millions présentent une déficience visuelle modérée à sévère). Selon une étude publiée par la revue The Lancet Global Health (2017), le nombre de personnes aveugles devrait tripler d’ici à 2050, passant ainsi à 115 millions, et celui de personnes atteintes d’une déficience visuelle devrait atteindre les 588 millions. Les principales raisons invoquées par les auteurs de ces travaux sont la croissance démographique et le vieillissement de la population.

    À l’occasion de la Journée nationale des aveugles et malvoyants, le 4 octobre, et de la Journée mondiale du handicap, le 9 octobre, Health & Tech Intelligence fait le point sur les dispositifs innovants mis récemment sur le marché et vous propose la synthèse des caractéristiques de dispositifs parmi les plus porteurs.

    À noter notamment que Pixium Vision, qui développe des systèmes de vision bionique, a annoncé en juillet 2019 les résultats positifs à 12 mois de la première étude de faisabilité de son système Prima chez des patients atteints de forme sèche de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

    La présentation détaillée des dispositifs est disponible dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.

  • Étude : un algorithme prédit le risque d’échec d’une greffe de rein (BMJ)

    Des spécialistes français de la transplantation rénale de l’AP-HP ont coordonné des recherches sur un algorithme universel capable de prédire les risques d’échec d’une allogreffe de rein. Ce score de prédiction de risque, nommé « iBox », est précis et facilement applicable. Grâce à cet algorithme, la surveillance des patients greffés peut être amélioré et des nouveaux traitements immunosuppresseurs pourraient être développés. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 17 septembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).

    Transplantation rénale : un rejet trop fréquent

    L’insuffisance rénale au stade terminal touche environ 7,4 millions de personnes dans le monde. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, plus de 1 500 000 personnes vivent avec des reins greffés et 80 000 nouveaux reins sont transplantés chaque année. Et le taux de rejet tardif de greffons suite à une transplantation rénale est encore aussi élevé qu’en 1999.

    Bien que l’échec d’une allogreffe de rein représente une cause importante d’insuffisance rénale au stade terminal, des systèmes de pronostic robustes et largement validés de risque d’échec fait toujours défaut. Les tentatives d’élaboration de scores de risque d’échec reposant sur plusieurs paramètres se sont heurtés à plusieurs obstacles : des échantillons de taille réduite, des détails phénotypiques limités dans les registres, l’absence de suivi systématique de la réponse immunitaire et l’absence d’inclusion de facteurs pronostiques clés.

    Une recherche de haut niveau pilotée par des Français

    Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par deux centres majeurs de transplantation rénale de l’AP-HP (l’hôpital Necker-Enfants malades et l’hôpital Saint-Louis) et de l’Université de Paris, a développé, au sein du Centre d’expertise de la transplantation d’organe de l’unité Inserm U970, un score de stratification du risque dans une cohorte prospective multicentrique de transplantés rénaux pour :

    • identifier les patients à haut risque de perte future d’allogreffe ;
    • valider le score à grande échelle au sein de cohortes indépendantes géographiquement distinctes ayant différentes politiques d’allocation et différents types de gestion de la transplantation ;
    • tester la performance du score de risque pour la prédiction de l’échec de la greffe dans des essais contrôlés randomisés couvrant différents scénarios cliniques de greffe.

    Ces travaux ont été menés en collaboration avec 8 centres de transplantation en France (Suresnes, hôpital Foch, Toulouse, Nantes et Lyon), en Belgique (Louvain) et aux États-Unis (John Hopkins Medical Institute, Mayo Clinic & University of Virginia).

    Un algorithme reposant sur 8 paramètres

    Une cohorte de plus de 7 500 patients, issus d’Europe et d’Amérique du Nord, a été constituée, avec tous leurs paramètres cliniques, histologiques, immunologiques et fonctionnels. 32 facteurs pronostiques candidats à la survie des allogreffes rénales ont été évalués. Et les auteurs de ces travaux ont retenu 8 d’entre eux associés au risque de perte de greffon dans les 10 ans suivant la greffe.

    À partir de là, ils ont développé un algorithme de prédiction du risque du greffon, nommé « iBox », pour chaque patient, et construit une interface en ligne prête à l’utilisation permettant au clinicien de fournir des estimations de survie d’allogreffes à ses patients. Cet algorithme a été testé et validé sur 3 557 patients recrutés en France, en Belgique et aux États-Unis.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 17 septembre 2019 dans le British Medical Journal (BMJ).

    Résultats : une prédiction très précise du risque d’échec

    • Les 8 paramètres pronostiques identifiés lors de l’analyse primaire restaient associés de manière indépendante à la survie de l’allogreffe.
    • Parmi les 7557 transplantés rénaux inclus, 1 067 allogreffes (14,1 %) ont échoué après une période médiane de suivi post-greffe de 7 ans.
    • iBox a été plus performant que les scores de risque antérieur.
    • La précision du score de risque iBox dans la prévision de la perte d’allogreffe à long terme a été confirmée dans trois essais contrôlés randomisés.

    Cette toute première étude internationale sur la prévision du risque chez les greffés de rein est remarquable parce qu’elle a été menée au sein de plusieurs grandes populations indépendantes et dans le cadre d’essais cliniques contrôlés randomisés.

    « Nous avons confirmé la généralisabilité du score de prédiction du risque iBox en montrant sa validité externe dans six cohortes géographiquement distinctes recrutées en Europe et aux États-Unis avec des systèmes d’allocation, des caractéristiques de patients et des pratiques de gestion distincts, écrivent les auteurs de l’étude. Le score de prédiction du risque iBox a également montré son exactitude lorsqu’il a été mesuré à différents moments après la transplantation. »

    Un outil testé dans la transplantation cardiaque

    « En optimisant la prise de décision médicale, l’utilisation d’iBox pourrait avoir un impact important non seulement sur la qualité de vie de chaque patient, mais aussi sur la survie à long terme des greffons, », explique le Pr Alexandre Loupy, néphrologue à l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et directeur du Centre d’expertise de la transplantation d’organe au sein de l’unité Inserm 970. Cet algorithme, utilisé en routine pourrait avoir une autre vertu : prédire le devenir à long terme d’un greffon de manière fiable pourrait aussi réduire la durée des études et ainsi relancer les essais cliniques en transplantation en réduisant significativement leur coût.

    Le Pr Alexandre Loupy indique également que « cet outil, qui sera déployé fin 2019 dans deux centres pilotes de l’AP-HP, illustre parfaitement le potentiel de l’utilisation d’algorithmes et de l’intelligence artificielle dans le domaine des transplantations d’organes ». Et pas seulement du rein. iBox est en cours de validation dans la cadre de la greffe de cœur.

     

  • Rencontres de la cancéro 2019 : mieux intégrer les nouvelles technos en limitant le nombre d’outils

    « Le principal facteur limitant des nouvelles technologies est la multiplicité des outils et le manque d’interopérabilité, obligeant les utilisateurs à se connecter à différentes plateformes ou à télécharger plusieurs applications, explique Maya Gutierrez, oncologue à l’Institut Curie, intervenue fin septembre lors d’une conférence présentant les 12ème Rencontres de la cancérologie française (RCFr), qui se dérouleront à Paris les 26 et 27 novembre 2019. Pour mieux intégrer [ces technologies], il est essentiel de pouvoir concentrer le maximum de fonctionnalités dans un minimum d’outils, tant pour les professionnels de santé que pour les patients. »

    La thématique de cette nouvelle édition des RCFr sera « l’intégration en cancérologie dans un monde en mouvement », abordée à travers plusieurs angles (économique, sociétal, organisationnel, technologique et international).

    Dans le domaine du numérique en santé, le Village CancerTech, initié en 2018, sera renouvelé avec notamment une présentation de projets innovants aux futurs utilisateurs. Le 4ème Prix de la cancérologie connectée sera également remis lors des RCFr.

    Améliorer l’organisation du parcours grâce aux technologies

    Les bénéfices des nouvelles technologies dans le parcours de soins sont liés à différentes étapes de la prise en charge :

    • outils de coordination ville-hôpital pour améliorer la communication entre les soignants et fluidifier le parcours ;
    • portails patients hospitaliers pour consulter les comptes rendus ou les rendez-vous et échanger avec leurs professionnels de santé ;
    • réseaux sociaux de patients et chatbots pour améliorer l’empowerment des patients et rompre l’isolement ;
    • développement de la télémédecine et des nouveaux usages au service du patient ;
    • partage d’information qui permet de gagner du temps aux professionnels et d’éviter les répétitions.

    « Il ne faut pas négliger le temps nécessaire pour utiliser les outils »

    « Il ne faut pas négliger le temps nécessaire pour utiliser les outils et, aujourd’hui, certaines opérations sont redondantes ou non-automatiques, indique Maya Gutierrez. Un professionnel de santé peut être amené à créer un dossier patient pour chaque outil, à chaque fois en renseignant les mêmes items, ou alors, il doit transférer manuellement des documents, tels que des comptes rendus, d’une plateforme à une autre ».

    L’objectif est donc de simplifier et d’automatiser les processus de création et de transfert des dossiers et documents tout en gardant la même sécurité. « Les outils intégrant ces nouvelles technologies sont issus de domaines variés qui n’ont pas forcément une ergonomie adaptée au domaine de la santé. Pour favoriser les usages, il faudrait davantage travailler l’ergonomie pour une meilleure intégration, par exemple, par la mise en place d’une démarche d’expérience et d’interface utilisateur (UX/UI design) », ajoute-t-elle.

    Lutter contre les fake news pour rétablir la confiance

    Dans le cadre de l’intégration des nouvelles technologies, la lutte contre les mauvaises informations devient un enjeu de santé publique. En entrant dans une expérience de cancer, avec toutes les propositions thérapeutiques, les difficultés auxquelles sont confrontés les patients et les incertitudes face au parcours, « c’est très compliqué de faire la part des choses (…) notamment face aux propositions de  traitements substitutifs non-conventionnels, non-validés », explique Giovanna Marsico, déléguée au Service public d’information en santé.

    L’explosion du numérique donne aux informations biaisées une importe visibilité. « Sur les réseaux sociaux, la parole d’une personne vaut des recommandations de la HAS », ajoute-t-elle. Face à ces impacts en santé publique, pour rétablir un climat de confiance envers la science, les pouvoirs publics et le système de santé sont en train de déployer plusieurs dispositif. C’est notamment l’enjeu du site Sante.fr lancé par la ministère des Solidarités et de la Santé.

  • Lutte contre la fraude (bilan 2018) : l’Assurance maladie exploite big data et data mining

    « La fraude est diverse et mouvante[. Elle] exige donc une adaptation constante des moyens d’action. » C’est ce qu’affirme la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) dans son Bilan 2018 des actions de lutte contre la fraude et actions de contrôles diffusé le 1er octobre 2019, soulignant que « les techniques et les dispositifs » anti-fraude qu’elle met en œuvre « évoluent sans cesse ».

    La Cnam souligne notamment qu’elle :     
          
    • dispose de plusieurs outils, comme Profileur, un logiciel d’aide à la détection des activités atypiques des professionnels de santé généralisé en 2014 ;
    • a étendu en 2019 à l’ensemble du territoire un modèle de data mining (exploration de données), développé en 2017 « afin de mieux identifier la fraude à l’obtention des droits », et ce après une expérimentation en 2018 dans 16 caisses du réseau ;
     • lance la construction en 2019-2020 d’un nouveau modèle de data mining par « apprentissage supervisé », qui portera sur la thématique des dispositifs médicaux : cette approche repose sur la création de modèles à partir de cas de fraudes identifiés et de cas de non fraudes , ce qui « permet de mesurer a priori (avant investigation) la probabilité de fraude d’un acteur » ;
    • a engagé (en février 2018) un partenariat de 3 ans avec l’École polytechnique et l’équipe data science d’Emmanuel Bacry sur « un big data concernant les médicaments », qui ambitionne de « croiser les données en recherchant les cas de fraudes sans critère prédéfini initialement, la base [du Sniiram] étant analysée dans son intégralité ».

    « La lutte contre la fraude en 2018 a permis de détecter et de stopper 261,2 millions d’euros de préjudices », indique l’Assurance Maladie, qui constate une augmentation de plus de 50 % depuis 2009 de ces montants. L’amélioration des techniques de détection de la fraude par big data et data mining était prévue par la Convention d’objectifs et de gestion (COG) 2018-2022 signée avec l’État. 

    2 barrages contre la fraude

    La Cnam affirme dans son bilan que les demandes de prises en charge des frais de santé font l’objet de vérifications systématiques, développées pour filtrer les anomalies de facturation en fonction de leur niveau de risque et de la nécessité d’une intervention humaine.

    • Le premier barrage permettant de prévenir les risques d’erreurs, mais également les risques de fraude, est composé de contrôles « largement automatisés » au sein de systèmes d’informations qui traitent « des flux de données colossaux », indique l’Assurance maladie. « L’intégralité des factures des frais de santé – près d’1,4 milliard par an – est passée au crible » d’une série de vérifications portant notamment sur les droits des assurés, l’activité du professionnel de santé, la correcte tarification des actes, ajoute-t-elle. « Environ 13 millions de factures, jugées non conformes, sont ainsi rejetées chaque année par les systèmes de contrôle intégrés au sein des applications informatiques de l’Assurance maladie », déclare la Caisse.
    • Un second barrage porte sur des contrôles spécifiques, « déclenchés à partir d’analyses des risques financiers » intégrant des paramètres comme la cohérence de la domiciliation bancaire ou l’absence de double paiement, note la Cnam. Le résultat de ces deux niveaux de contrôles de conformité est évalué à 230 millions d’euros (indus, c’est-à-dire des versements erronés ou dépenses évitées).

  • FASN Hôpital du futur : comment le numérique transforme la chirurgie cardio-vasculaire (Pr Fabiani)

    Amélioration du diagnostic médical par le biais de l’intelligence artificielle (IA), évolution du métier de chirurgien avec notamment le déploiement de la robotique (interposition d’un ordinateur entre l’opérateur et le patient), multiplication des organes artificiels implantables (exemple : le cœur artificiel Carmat), modification de l’enseignement à envisager en attribuant une place plus importante à l’utilisation du robot informatisé dans la formation, développement de la prévention par l’intermédiaire des capteurs implantables pour mieux suivre l’état de santé des patients…

    Telles sont les manières par lesquelles les outils numériques contribuent à la transformation de la médecin et de la chirurgie cardio-vasculaire, décrites par le Pr Jean-Noël Fabiani, chirurgien, ancien chef du département de chirurgie cardio-vasculaire et de transplantation d’organes de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

    Le professionnel est intervenu à l’occasion de la journée « Hôpital du futur« , organisée le 3 octobre 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique).

    Au cours de la discussion, il a partagé sa vision de l’hôpital de demain, exposée par ailleurs dans un article intégré au livre blanc Contribution des outils numériques à la transformation des organisations de santé, publié en juin 2019, à la demande de la présidence de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, coordonnée par le Dr Jean-Pierre Blum, conseiller du groupe Numérique et Santé à l’Assemblée.

    Health & Tech Intelligence revient sur les éléments clés de son discours, illustré par des exemples concrets d’applications du numérique au sein de l’hôpital.

    La révolution numérique dans l’hôpital « reste encore discrète »

    « La révolution numérique a déjà fait son entrée à l’hôpital, dans les cabinets de cardiologues et dans la pratique des soignants. Elle reste cependant encore discrète, se cantonnant pour certains à une meilleure gestion des ses malades et de ses dossiers, commente le Pr Jean-Noël Fabiani (livre blanc). C’est ainsi qu’on n’a peut être pas encore mesuré la portée exacte et évalué les changements qu’elle va entraîner dans l’exercice de la médecine en général et de la cardiologie en particulier. Pourtant une réflexion simple des faits actuellement observés, peut permettre d’en cerner déjà quelques contours. »

    L’IA et le big data au service du diagnostic médical

    Selon le Pr Jean-Noël Fabiani, le diagnostic médical va être « considérablement modifié par la convergence inéluctable de l’intelligence artificielle (IA) et du « big data », qui permettra la consultation immédiate d’un réseau de référence, l’établissement d’un diagnostic extrêmement fiable et bientôt une prise de décision quand les logiciels customisés seront au point ».

    « L’intelligence artificielle doit être utilisée pour extraire du sens »

    Il observe que la plupart des médecins ne sont pas suffisamment préparés « pour l’extraction de connaissances et la demande de prises de décisions rapides qu’exige la médecine moderne ».

    « L’intelligence artificielle doit donc être utilisée pour extraire du sens, déterminer de meilleurs résultats, et permettre des prises de décisions plus efficaces à partir de sources big data massives en perpétuel renouvellement, commente-t-il. Ces possibilités vont modifier indiscutablement la qualité du diagnostic et entraîner un changement radical du métier de médecin dans de nombreuses spécialités. »

    Quelques exemples

    • les résultats d’imagerie, dont la partie technique peut être réalisée par un technicien (scanner, IRM, scintigraphie, PET scan…), pourront être soumis en temps réel à l’expertise du réseau, « permettant un diagnostic d’une remarquable sureté » : « on considère que le résultat donné équivaut au diagnostic des 10 meilleurs experts mondiaux », indique le chirurgien ;
      • les résultats des échocardiographies guidés par le spécialiste sont déjà effectués par des techniciens dans de nombreux établissements et transférés par la biais d’une solution de télémédecine sur le centre expert : « il est vraisemblable qu’ils seront analysés de la même façon dans un futur proche », avance l’expert ;
      • l’interprétation de l’électrocardiogramme est déjà « totalement numérisée » : « les futurs appareils d’enregistrement vont produire immédiatement, l’interprétation fiable, accompagnant le tracé… », analyse-t-il ;
    • les examens biologiques, « largement robotisés actuellement, pourront se passer dans un futur proche de toute intervention humaine » : l’interprétation des résultats (association des banques de données et de l’intelligence artificielle) identifiera les anomalies et « suggérera les diagnostics les plus probables » ;

    « Ces exemples laissent donc supposer une aide au diagnostic à la fois dans la qualité (fiabilité supérieure à celle d’un expert isolé) et dans la rapidité de réponse permettant l’urgence et de toute façon, une meilleure efficacité », synthétise le professeur.

    Évolution du métier de médecin et donc de la formation

    « Ces évolutions, dont les prémisses sont déjà largement amorcées, vont considérablement impacter le rôle du médecin spécialiste », note le chirurgien, expliquant que le praticien pourra consacrer davantage de temps à d’autres tâches que celle de la gestion des examens.

    Conséquences selon le Pr Jean-Noël Fabiani :

    • une formation différente de celle proposée actuellement aux médecins va devoir être envisagée ;
    • la validation de ces examens et l’intervention du spécialiste en cas de doute seront indispensables, notamment pour assumer la responsabilité du résultat, qui ne peut pas être attribuée à l’IA ;
    • le nombre de spécialistes va diminuer : certains d’entre eux vont ainsi pouvoir se concentrer sur des rôles d’organisateurs de plateaux de soins et de chercheurs dans les différents aspects de leur discipline.

    Par ailleurs, selon le professeur, l’enseignement de la médecine « va poser des problèmes majeurs et nécessiter des choix difficiles ». Son analyse met notamment en avant :

    • le risque de l’éloignement du patient de la prise de décision le concernant en cas de trop grande technicité :
      • il propose de privilégier la formation de médecin « rompus aux contacts humains » mais aussi « suffisamment instruits pour effectuer les synthèses indispensables à la traduction des examens et des décisions prises pour son patient » ;
      • l’introduction des sciences humaines dans le cursus médical, et ce, « dès les premières années » est selon lui « nécessaire » ;
    • le besoin de donner « une place plus importante » au robot informatisé dans la formation du médecin.

    La salle d’opération du futur sera hybride et l’ordinateur s’interposera entre l’opérateur et le patient

    « Les chirurgiens ont déjà bien compris que leur évolution était nécessaire et dans de nombreux centres, ils assurent souvent en collaboration avec les cardiologues et les radiologues, la nouvelle prise en charge de ces patients », observe le Pr Jean-Noël Fabiani, ajoutant que devra cependant être envisagé à l’avenir l’institution d’une nouvelle discipline universitaire de « spécialiste interventionnel », qui regroupera les différentes compétences.

    Il complète en imaginant les évolutions relatives : « l’angiographie chère aux cathétériseurs sera remplacée d’abord par le scanner puis par les échographies à trois dimensions, puis par d’autres techniques d’imagerie encore dans les limbes ».

    La salle d’opération du futur devrait ainsi être hybride, comme c’est déjà le cas dans plusieurs centres, estime le chirurgien : possibilité de réaliser une chirurgie sophistiquée (sous circulation extracorporelle par exemple) et d’utiliser toutes les formes d’imagerie actuelles et à venir.

    La robotique sera de plus en plus présente dans le monde chirurgical

    Dans cette salle d’opération de demain, le robot occupera une place centrale selon le professeur. « Plus que la possibilité d’effectuer une opération sans ouverture classique par des trocarts (ce qui peut être obtenu par une simple vidéo chirurgie), il s’agit en réalité de l’interposition d’un ordinateur entre l’opérateur et le patient, explique-t-il. Si les possibilités qui sont actuellement ouvertes semblent d’ores et déjà intéressantes, elles ne permettent que d’imaginer les progrès envisageables par ce qui ne peut être qu’une révolution dans l’acte chirurgical. »

    Quelques exemples d’application de la robotique en chirurgie :

    • « le robot va permettre des gestes ancillaires et répétitifs qui seront commandés par la voix, comme effectuer une série de nœuds ce qui va sans doute permettre de gagner du temps ;
    • le robot permet déjà d’économiser un aide opératoire car on lui confie aisément le soin d’écarter et de présenter le champ à l’opérateur principal ;
    • le robot va permettre de guider le chirurgien si l’imagerie réalisée en préopératoire est intégrée virtuellement dans l’optique du système et permet de superposition des lésions réelles et des lésons virtuelles découvertes au scanner. Il va également servir de guide à la montée des cathéters dans le réseau artériel ou veineux pour effectuer les gestes interventionnels ;
    • en chirurgie cardiaque, il est déjà possible de réaliser un pontage sur un cœur battant, après avoir synchronisé les battements cardiaques et les instruments du robot. Ainsi l’ordinateur permet à l’opérateur d’opérer sur un cœur apparemment arrêté (ce qui lui facilite mentalement la tâche) alors que le cœur bat normalement ;
    • le robot apparaît également comme un remarquable outil d’enseignement, puisqu’un chirurgien situé dans un lieu X peut facilement prendre les manettes pour une intervention située elle dans un lieu y. Ainsi un chirurgien expert situé par exemple à Paris peut intervenir pour effectuer une opération dans une ville située à des milliers de kilomètres de distance. »

    De plus en plus d’organes artificiels

    « À côté de la greffe, s’imposent de plus en plus les organes artificiels implantables, c’est à dire, remplaçant l’organe malade par leur implantation définitive dans l’organisme et activés par une source d’énergie portable, note le Pr Jean-Noël Fabiani. Leur réalisation et la nécessité de prévoir le dysfonctionnement de toutes les pièces constituantes font appel à une électronique particulièrement sophistiquée (comparable à celle employée dans l’aviation civile). De plus, le contrôle de cet organe artificiel est dominé par une informatique spécifique qui permet d’appréhender à chaque moment la situation de l’appareil et du patient. »

    Exemple avec le cœur artificiel implantable Carmat :

    Le cœur Carmat d’Alain Carpentier est un « progrès décisif comparé à ses prédécesseurs », indique le chirurgien.

    Au cours du mois de septembre 2019, la société a levé 60 millions d’euros. Cette somme servira à :

    • finaliser l’étude pivot actuellement en cours en vue d’obtenir le marquage CE en 2020 ;
    • lancer une étude clinique de faisabilité aux États-Unis, rendue possible par le récent feu vert conditionnel de la FDA ;
    • préparer la commercialisation des produits Carmat : amélioration des processus de production dans l’usine de Bois d’Arcy (Yvelines), augmentation de la cadence de production, adaptation de l’organisation.

    Un développement de la prévention par le biais des outils de suivi à distance

    Au centre de la médecine de demain figurera la prévention, analyse le Pr Jean-Noël Fabiani. Il cite notamment les nouvelles stratégies informatiques utilisant les capteurs implantables, qui « pourront dans un avenir proche rationaliser cette prévention ».

    Exemple avec la prévention de l’hypertension artérielle (HTA) :

    Le chirurgien estime que la solution pour la prise en charge de la HTA est « certainement » l’introduction de puces sous-cutanées capables de transmettre en ligne les chiffres tensionnels (et bientôt le débit cardiaque, avance-t-il), « puisque les données seront transférées directement sur un site de surveillance et l’on pourra contrôler la qualité du traitement ou dépister d’éventuelles complications ».

    Vers des prothèses intelligentes

    Le professeur indique par ailleurs qu’il serait « souhaitable d’utiliser les différentes prothèses qui sont introduites actuellement dans le corps humain pour toutes sortes de pathologies et de les transformer en prothèses « intelligentes » bardées de capteurs ».

    Il donne en guise d’exemple le cas d’un patient opéré pour un anévrysme de l’aorte abdominales à l’aide d’une endoprothèse et dont le pronostic ultérieur dépendra de la prise en charge de sa pathologie cardiovasculaire : il indique qu’il serait « facile » de doter la prothèse de capteurs qui, au contact de la circulation sanguine, pourront mesurer la pression, le début, la glycémie et la cholestérolémie.

    « L’organisation des soins doit être revue »

    En conclusion, le Pr Jean-Noël Fabiani estime que, dans ces conditions, « l’organisation des soins doit être revue » :

    • l’hôpital de demain doit se recentrer sur ses missions : « prendre en charge le temps nécessaire les malades les plus lourds (chirurgie et réanimation) mais assurer au maximum des soins ambulatoires pour les examens complexes » :
      • frein à cette évolution : il ne sera, selon lui, pas possible « médicalement et économiquement » d’assurer partout des hôpitaux de proximité de qualité. Il propose donc de revoir les conditions d’accès à l’hôpital universitaire « pour que l’ensemble de la population puisse en bénéficier dans des délais raisonnables » ;
    • cela suppose de « raviver le réseau de soins de ville » pour éviter les hospitalisations non nécessaires et l’afflux d’urgences qui pourraient être traitées « en ville voire à domicile » :
      • cela nécessite en parallèle la prise ne charge du grand âge et de la dépendance, qui justifie, selon lui en France, « des investissements majeurs ».

    « Ces changements prévisibles liés à l’introduction des outils numériques vont modifier profondément le visage d’une médecine qui reste encore souvent dans le schéma du siècle précédent. Les médecins et les pouvoirs publics en ont-il véritablement conscience ? Il ne faudrait pourtant pas que la réalité qui s’imposera de toute façon, ne produise trop de bouleversements avec leur cortège de drames économiques et humains », indique le professionnel.

  • Étude : les preuves du pouvoir diagnostic de l’IA restent fragiles (Lancet Digital Health)

    De plus en plus d’études indiquent que la précision diagnostique des algorithmes est équivalente ou supérieure à celle des humains. Cependant, elles comportent des biais, leurs résultats sont donc difficilement généralisables. Selon une étude* publiée le 25 septembre 2019 dans la revue The Lancet Digital Health, sur 20 000 publications passées en revue, moins de 1 % reposaient sur une méthodologie solide.

    Une profusion d’études scientifiques sur l’IA

    Le tout premier article avec le terme « intelligence artificielle », indexé dans la base Medline, remonte à 1951. Actuellement, plus de 16 000 articles paraissent chaque année sur l’IA, rien que dans les revues scientifiques. Certaines d’entre elles suggèrent que les capacités diagnostiques du deep learning (apprentissage automatique) seraient supérieures à celles des humains, suscitant de fait un grand enthousiasme. Ces travaux prédisent même la disparition de disciplines entières ou la création de nouveaux rôles pour les médecins, tels que des « spécialistes de l’information ».

    Comme l’imagerie médicale est l’une des sources les plus précieuses d’informations pour établir un diagnostic, et que les ressources humaines manquent pour interpréter ces images, le diagnostic automatisé par le biais de l’IA apparaît comme une solution.

    Les capacités de diagnostic de l’IA sur imagerie passées au crible

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a aujourd’hui approuvé plus de 30 algorithmes d’IA. En prévision de la mise en place de tels outils de diagnostic dans la pratique clinique, une équipe internationale de chercheurs a souhaité examiner systématiquement l’ensemble des preuves étayant le diagnostic fondé sur l’IA.

    Les auteurs de l’étude ont donc identifié près de 32 000 études portant sur le diagnostic à partir d’images médicales via l’intelligence artificielle. Seulement 82 d’entre elles ont été incluses.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 25 septembre 2019 dans The Lancet Digital Health.

    Résultats : une faiblesse méthodologique

    • 1 % des études reposaient sur une méthodologie solide avec des résultats confirmés par des experts indépendants.
    • 25 études seulement avaient validé leur modèle sur un autre échantillon.
    • 14 études seulement avaient comparé les résultats obtenus par les modèles d’apprentissage en profondeur et les professionnels de santé sur le même échantillon.
    • la performance diagnostique des modèles d’apprentissage en profondeur était globalement équivalente à celle des professionnels de la santé.

    Cette revue est la première, publiée à ce jour, à comparer systématiquement l’exactitude diagnostique de tous les modèles d’apprentissage en profondeur par rapport aux professionnels de la santé utilisant l’imagerie médicale.

    « Bien que cette estimation semble corroborer l’affirmation selon laquelle les algorithmes d’apprentissage profond sont équivalents en termes de précision au niveau du clinicien, il convient de prendre en compte plusieurs déficiences méthodologiques communes à la plupart des études incluses », écrivent les auteurs de cette revue systématique. Le fait que très peu de travaux faisaient état de comparaisons avec des professionnels de la santé utilisant le même ensemble de données de test, il est prématuré de généraliser ces résultats.

    De plus, « très peu d’études prospectives ont été réalisées dans des environnements cliniques réels, précisent les chercheurs, ajoutent-ils. La plupart des études étaient rétrospectives, in silico et basées sur des ensembles de données précédemment assemblés ».

    Comparer homme et IA est « hasardeux »

    « On peut peut-être conclure que, d’après le maigre corpus disponible de travaux comparant l’IA aux médecins, l’IA ne fait pas moins bien que les humains. Mais les données sont limitées et il est encore trop tôt pour le dire », juge Tessa Cook, professeure assistante de radiologie à l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), dans un commentaire indépendant sur l’étude. « Comparer les deux est hasardeux », ajoute-t-elle, rappelant que les médecins travaillent dans le vrai monde, où les données médicales sont « brouillonnes, difficiles à cerner et imparfaites ».

    Les chercheurs en concluent qu’il existe « une grande incertitude quant aux estimations de la performance diagnostique fournies dans notre méta-analyse exploratoire et nous devons souligner que des estimations fiables du niveau de performance ne peuvent être obtenues que par des études bien conçues et bien exécutées qui minimisent les biais et transparentes ». Et « parmi ces quelques études, nous avons tout de même constaté que l’apprentissage en profondeur pouvait en effet détecter des maladies allant du cancer aux maladies des yeux aussi précisément que les professionnels de la santé. Mais il est important de noter que l’IA n’a pas largement surpassé les diagnostics humains ».

  • Étude : le machine learning permet de distinguer des tumeurs primitives et des métastases

    Des chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin et du consortium allemand contre le cancer (DKTK) ont mis au point un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) capable de distinguer les métastases pulmonaires d’un cancer de la tête et du cou d’un cancer primitif du poumon. Cette méthode d’intelligence artificielle (IA) repose sur l’étude des modifications de l’ADN. Cette découverte, présentée dans une étude* publiée le 11 septembre 2019 dans Science Translational Medicine, est très importante dans la mesure où le traitement de ces deux types de tumeurs n’est pas du tout le même.

    Tumeurs primitives ou métastases : une différence cruciale

    Les cancers de la tête et du cou représentent environ 4 % de tous les cancers dans le monde. Ces tumeurs peu connues peuvent affecter le larynx, le pharynx, la bouche, les lèvres, la langue, les amygdales, les sinus ou les glandes salivaires. Et ce cancer a tendance à métastaser au poumon.

    Cependant, dans la grande majorité des cas, il est impossible de déterminer s’il s’agit de métastases pulmonaires du cancer de la tête et du cou ou d’un second cancer primitif, c’est-à-dire d’un cancer primaire du poumon. Or, cette distinction est extrêmement importante dans le choix du traitement. En effet, si la chirurgie peut être indiquée dans les cancers du poumon localisés, elle risque de diminuer les chances de survie en cas de cancers métastatiques de la tête et du cou. Le protocole de soins repose alors sur de la chimiothérapie associée à de la radiothérapie.

    Quand l’IA repère des altérations chimiques de l’ADN

    Actuellement, les techniques utilisées pour distinguer ces deux types de tumeurs cancéreuses reposent sur l’analyse de la microstructure du cancer et la détection de protéines caractéristiques dans les tissus.

    Cependant, ces tests ne sont généralement pas concluants en raison de trop grandes similitudes entre les cancers de la tête et du cou et les cancers du poumon à cet égard. « Afin de résoudre ce problème, nous avons testé des échantillons de tissus pour rechercher une altération chimique spécifique appelée méthylation de l’ADN, déclare le Pr Capper, membre scientifique du consortium allemand contre le cancer (DKTK) à Berlin. Selon des études antérieures, les schémas de méthylation de l’ADN dans les cellules cancéreuses sont fortement dépendants de l’organe à l’origine du cancer. »

    Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin et du consortium allemand contre le cancer se sont associés à des experts en intelligence artificielle (IA) de la Technische Universität (TU) de Berlin. Ils ont utilisé des données de méthylation de l’ADN de plusieurs centaines de cancers de la tête, du cou et du poumon afin de former un réseau neuronal profond permettant de distinguer les deux types de cancer.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 11 septembre 2019 dans la revue Science Translational Medicine.

    Résultats : précis à 99 %

    • Le réseau de neurones est capable de faire la distinction entre les cancers du poumon et les métastases des cancers de la tête et du cou avec une précision de plus de 99 %.

    Les auteurs de l’étude estiment que leur approche peut faciliter « une différenciation fiable » du diagnostic des métastases pulmonaires d’un cancer de la tête et du cou d’un cancer pulmonaire primitif et ainsi guider les décisions thérapeutiques.

    Pour que les patients bénéficient au plus vite de cette avancée, les chercheurs sont en train de tester la mise en œuvre de cet outil d’IA en routine. Une étude de validation est en cours.

    « Le rôle de plus en plus important de l’IA »

    Après avoir travaillé aux côtés des chercheurs de la Charité, le Pr Klaus-Robert Müller, directeur du Centre d’apprentissage automatique de Berlin (BZML), s’est réjoui de ces résultats : « L’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus important, non seulement dans notre vie quotidienne, l’utilisation de l’intelligence artificielle est particulièrement complexe dans le domaine médical, c’est pourquoi, jusqu’à présent, les résultats de la recherche n’ont que rarement procuré des avantages directs aux patients, commente-t-il. Cela pourrait bien être sur le point de changer. »

  • FitBit déploie sur le marché européen FibriCheck, une appli de détection des troubles cardiaques

    La société américaine Fitbit s’associe à FibriCheck, une société basée en Belgique qui développe une application smartphone de contrôle et de dépistage des troubles cardiaques ayant reçu le marquage CE. Ce partenariat vise à fournir aux utilisateurs européens de la montre intelligente Fitbit l’appli en question, indique l’entreprise dans un communiqué publié le 26 septembre 2019. La solution permet plus précisément de surveiller le rythme cardiaque afin de détecter d’éventuelles irrégularités, telles que la fibrillation auriculaire (FA). Les premiers pays dans lesquels sera disponible le produit sont la Belgique, les Pays-Bas, l’Irlande et le Royaume-Uni.

    Le logiciel FibriCheck répond aux exigences en matière de performance des dispositifs médicaux de l’Union européenne.

    L’application fonctionne avec le système d’exploitation Fitbit et utilise les capteurs PPG (photopléthysmographiques) de qualité commerciale, une technologie basée sur la lumière qui mesure le débit sanguin afin d’évaluer le rythme cardiaque à partir du poignet de l’utilisateur. L’analyse est effectuée en 1 minute. Les résultats s’affichent automatiquement sur l’écran de la montre avec un code couleur : vert signifie qu’aucune irrégularité n’a été repérée, rouge indique qu’une anomalie a été dépistée, invitant l’utilisateur à consulter un médecin.

    Un rapport détaillé de l’analyse est disponible sur le smartphone de l’utilisateur par le biais de l’appli mobile FibriCheck et peut être transmis aux professionnels de santé concernés via une interface web permettant de diagnostiquer les troubles comme la FA.

    FA : une cause majeur d’AVC

    La fibrillation auriculaire (FA), qui se traduit par un rythme cardiaque irrégulier, est difficile à détecter en raison de ses irrégularités. Elle représente une cause majeure d’AVC, dont le nombre en Europe pourrait atteindre plus de 800 000 d’ici 2035 selon le rapport « The Burden of stroke in Europe » du King’s College London for the Stroke Alliance for Europe.

    L’appli FibriCheck, plus performante que l’ECG pour dépister la FA

    L’application mobile FibriCheck permettant de mesurer le rythme cardiaque via la caméra d’un smartphone est disponible depuis 2016.

    Un essai clinique a été mené pour valider et soutenir le marquage CE de la solution sur les montres Fitbit. L’essai a comparé l’appli intégrée aux montres intelligentes de l’entreprise américaine avec les technologies ECG à dérivation unique portables de pointe et les ECG à 12 dérivations de référence.

    Les résultats ont montré que l’algorithme FibriCheck sur les objets Fitbit était d’une précision extrême pour dépister la présence de FA, comparé à l’ECG.

    Une appli utilisée par plus de 130 000 personnes dans le monde et prescrite par plus de 1 500 médecins

    Actuellement, FibriCheck est utilisée par plus de 130 000 personnes réparties dans 43 pays et est prescrit par plus de 1 500 médecins. Elle a jusqu’ici permis de détecter plus de 14 000 troubles du rythme cardiaque.

    « FibriCheck est la première appli avec marquage CE à être intégrée aux montres intelligentes Fitbit de l’UE et son entrée sur la plateforme élargit notre gamme de solutions technologiques en pleine évolution permettant d’obtenir des résultats thérapeutiques positifs », commente Nicola Maxwell, directrice des services et solutions sanitaires en région EMEA pour Fitbit (communiqué).

  • Étude : les IRM cardiaques analysées plus rapidement grâce au machine learning (American Heart Asso)

    Lire des images issues d’IRM cardiaques prend en moyenne 13 minutes à un expert. Ce temps d’analyse pourrait être considérablement réduit, sans perte de fiabilité, grâce à l’intelligence artificielle (IA) sous forme d’apprentissage automatique (machine learning). Il pourrait passer à seulement 4 secondes, soit une analyse 186 fois plus rapide, comme le montre une étude* menée par des chercheurs britanniques et dont les résultats ont été publiés le 24 septembre 2019 dans Circulation : Cardiovascular Imaging, une revue de l’American Heart Association.

    L’apprentissage automatique pour repérer les anomalies cardiaques 

    L’IRM cardiaque est un examen fréquemment utilisé pour mesurer la structure et les fonctions cardiaques. De nombreuses décisions cliniques importantes, notamment le choix du moment d’une chirurgie cardiaque, l’implantation de défibrillateurs et la poursuite ou l’arrêt de la chimiothérapie cardiotoxique reposent sur des mesures précises.

    Or, alors que l’imagerie par résonance magnétique cardiovasculaire pour mesurer la fraction d’éjection ventriculaire gauche est réalisée à haute résolution, l’analyse du clinicien est remarquablement variable.

    Les techniques automatisées utilisant l’apprentissage automatique (machine learning – intelligence artificielle) pourraient permettre de gagner du temps et d’améliorer la confiance mais elles doivent avoir démontré qu’elles sont précises et reproductibles avant d’être adoptées en clinique.

    Un réseau de neurones formé à l’analyse d’IRM

    Des chercheurs britanniques ont mené une étude pour évaluer la fiabilité et la rapidité d’analyse de l’intelligence artificielle (IA) pour des IRM cardiaques. Ils ont formé un réseau de neurones à la lecture des résultats de l’IRM cardiaque et des résultats de près de 600 patients. 110 patients (de 5 établissements différents) ont ensuite été soumis à un examen d’IRM. Les volumes, la masse et la fraction d’éjection de la chambre ventriculaire gauche ont été mesurés par un expert, un jeune clinicien formé et le réseau de neurones convolutifs entièrement automatisés.

    Au Royaume-Uni, où l’étude a été menée, on estime que plus de 150 000 IRM cardiaques sont effectuées chaque année. Sur la base du nombre d’analyses par an, les chercheurs pensent que l’utilisation de l’IA pourrait potentiellement permettre d’économiser 54 jours-cliniciens par an dans chaque centre de santé britannique.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 24 septembre 2019 dans Circulation : Cardiovascular Imaging, une revue de l’American Heart Association.

    Résultats : 186 fois plus rapide

    • L’expert, le jeune clinicien et le système automatisé d’IA parvenait à la même précision d’analyse.
    • L’analyse de la fonction cardiaque sur les examens d’IRM prenait environ 13 minutes aux humains contre environ 4 secondes au système de machine learning.
    • La formation des jeunes cliniciens à l’analyse d’image dure environ 1 mois contre seulement 9 heures pour le réseau de neurones.

    L’IA au secours de l’erreur humaine

    Cette étude a démontré pour la première fois qu’une technique d’analyse automatisée faisant appel à l’apprentissage automatique avait une précision équivalente à celle d’un expert et qu’elle permettait de gagner un temps supplémentaire de 13 minutes environ.

    Bien que l’étude n’ait pas démontré la supériorité de l’IA par rapport aux experts humains, l’auteur principale de l’étude, Charlotte Manisty, estime que « l’IRM cardiovasculaire offre une qualité d’image inégalée pour évaluer la structure et la fonction cardiaques ; toutefois, l’analyse manuelle actuelle reste basique et obsolète ». Les techniques d’apprentissage automatique automatisées « peuvent changer la donne et améliorer radicalement l’efficacité, complète-t-elle. Nous attendons avec intérêt de nouvelles recherches susceptibles de valider sa supériorité par rapport à l’analyse humaine. »

    Un potentiel « sur-humain »

    « Notre ensemble de données de patients atteints de diverses maladies cardiaques et qui ont été soumis à des analyses nous a permis de démontrer que les principales sources d’erreur de mesure provenaient de facteurs humains », ajoute Charlotte Manisty. Cela indique que les techniques automatisées sont au moins aussi efficaces que celles utilisées par l’homme, avec le potentiel d’être bientôt « surhumain ».

  • Mutualité française : Hospitalink, Lumio Medical et Lifeina (coup de cœur), prix de l’innovation 2019

    Hospitalink décroche le prix de l’innovation organisationnelle en santé pour son bip intelligent permettant de « distinguer une demande de verre d’eau / d’une urgence » en hôpital et Lumio Medical le prix de l’innovation technologique en santé pour sa solution optimisant le travail d’analyse pharmaceutique en détectant de manière automatique les erreurs de prescriptions. Le prix « coup de cœur » a quant à lui été décerné à Lifeina, une société qui développe un mini réfrigérateur connecté permettant aux utilisateurs de médicaments fragiles, tels que l’insuline ou les hormones de croissance, de voyager avec leurs médicaments à la bonne température et de prendre leur traitement en temps voulu. Le vainqueur a été désigné le 25 septembre 2019 par un vote du public, réalisé en direct à l’occasion des Journées de rentrée de la Mutualité française, qui se tiennent jusqu’au 26 septembre 2019 à Nancy.

    Cette 4ème édition du prix « innovation mutuelle » est organisée par La Mutualité française en partenariat avec la société Care Insight. Plus de 200 candidatures ont été reçues.

    Avec la remise de ce prix, les lauréats bénéficient d’une dotation financière et peuvent ainsi gagner en notoriété auprès des acteurs du monde mutualiste, des professionnels et décideurs de la santé mais aussi du grand public. Ils disposent également d’un accès gratuit à la plateforme de veille Health & Tech Intelligence.

    Prix « innovation mutuelle » : les 3 vainqueurs et les finalistes « coup de cœur »