Incubateurs

  • Sécurité des données patients : le NHS adopte la technologie de désidentification de Privitar (UK)

    À la suite d’un appel d’offres, le National Health Service (Royaume-Uni) a signé fin juin 2018 un contrat avec la société de logiciels britannique Privitar afin d’utiliser sa technologie de désidentification connue sous le nom « De-ID ».

    Le dispositif permettra d’éviter que l’identité d’une personne soit reliée à ses informations de santé répertoriées dans le NHS et les services sociaux du Royaume-Uni.

    « Bien que nous utilisions déjà divers moyens de désidentification des données à travers le NHS, De-ID est intéressant dans la mesure où il constitue une manière cohérente de réaliser ces processus », a déclaré Tom Denwood, directeur exécutif « données, perspectives et statistiques » à NHS Digital (communiqué).

    La confidentialité des données privées traitées par le NHS a posé question après l’association du système de santé britannique et de la filiale Google DeepMind d’Alphabet Inc en 2016. Le duo a été critiqué après la parution d’une enquête de l’hebdomadaire scientifique international New Scientist : celle-ci affirmait que Google aurait eu accès à de nombreuses informations de patients sans que ceux-ci aient explicitement consenti à partager leurs données avec l’entreprise.

    « Un moyen automatisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier »

    « Au lieu de laisser chaque équipe du NHS gérer ses propres processus de désidentification, De-ID offre un moyen automatisé et normalisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier patient [lors des] collectes de données », explique Tom Denwood.

    Le nouveau logiciel « est non seulement plus efficace, permettant de produire en toute sécurité des [informations] utiles pour des recherches et des analyses, mais il est également plus transparent, ce qui [facilite l’amélioration du] suivi et de l’audit de l’utilisation des données au sein du système », précise-t-il.

    Privitar n’exploite aucune donnée personnelle à des fins commerciales

    Privitar accorde des licences de produits logiciels qui utilisent des techniques d’amélioration de la confidentialité. Il ne gère ni ne traite aucune donnée personnelle à des fins commerciales.

  • Point de vue : l’analyse prédictive du big data pourrait conduire à des décisions erronées (Jama)

    Le big data suscite beaucoup d’espoir en matière de prédiction de risque sanitaire. Des chercheurs américains et néerlandais attirent cependant l’attention sur ces capacités prédictives qui sont sans doute sur-estimées. La qualité des données et les intérêts commerciaux peuvent nuire à la capacité de prédiction du big data et pousser les médecins à prendre de mauvaises décisions. Les chercheurs ont publié leur point de vue* le 3 juillet dans la Jama.

    Big data : 4 obstacles à la prédiction du risque

    Les données de santé sont innombrables. L’utilisation massive des dossiers électroniques dans les hôpitaux mais aussi les techniques de traitement automatique du langage naturel pour décrypter les comptes-rendus de consultation ont conduit à une croissance exponentielle des données ces dix dernières années. Par ailleurs, de nouvelles approches d’apprentissage automatique par ordinateur promettent une prédiction de plus en plus précise.

    Données massives et amélioration des puissances de calcul « suggèrent que dans un avenir proche la médecine se transformera en une science de l’information », écrivent trois chercheurs dans le Jama du 3 juillet 2018. Nilay D. Shah, de la Mayo Clinic (USA), Ewout W. Steyerberg de l’Université de Leyde (Pays-Bas) et David M. Kent de l’Institute for Clinical Research and Health Policy Studies de Boston (USA) tiennent à attirer l’attention sur les risques des prises de décision médicale reposant sur le big data.

    Certes, plusieurs études ont déjà démontré que des systèmes statistiques surpassent l’être humain en matière de précision pronostique. Pourtant, soulignent les auteurs de ce point de vue, ces outils sont encore rarement utilisés dans la pratique clinique. Et, selon eux, « il semble peu probable que des améliorations progressives de la performance discriminative de l’apprentissage automatique entraînera un changement majeur dans les soins cliniques. » Pour soutenir leur affirmation, ces chercheurs mettent en avant 4 obstacles majeurs qui ne devraient pas être facilement surmontés à l’ère du big data.

    Des décisions indépendantes des statistiques

    L’objectif du big data n’est pas l’accumulation de données en soi mai l’amélioration de la prise de décision… et donc l’amélioration des soins. « Cependant, toutes les décisions ne sont pas sensibles aux prédictions issues de l’information pronostique », alertent les auteurs de la tribune. « Le simple fait de fournir la probabilité d’un résultat particulier, tel qu’un risque de réadmission ou un risque de mortalité à un an, est peu susceptible de modifier le comportement du médecin ou du patient dans la plupart des contextes », ajoutent-ils. En fait, les décisions médicales ne changent que lorsqu’un seuil de risque est franchi, que lorsque la balance bénéfice/risques d’un traitement bascule. Or, les concepteurs de modèles statistiques intègrent rarement ces éléments clés de la prise de décision. Ils s’attachent davantage à la précision statistique.

    Un manque d’étalonnage des données affaiblit la prédiction

    Les chercheurs pointent du doigt un deuxième obstacle : le manque d’étalonnage des données. Pour établir et valider un score de risque, deux étapes sont en effet essentielles, la discrimination et la calibration. La discrimination d’un score est sa capacité à séparer les sujets qui présentent ou non la maladie pour un score diagnostique, les sujets à risque d’événement pour un score de risque. Cette étape est bien maîtrisée. En revanche, la calibration, qui permet de chiffrer dans quelle mesure le risque prédit par le score correspond au risque réel, suscite « une préoccupation sérieuse », écrivent les chercheurs. C’est même « le talon d’Achille de la prédiction ». « Or, un mauvais étalonnage peut mener à des décisions nuisibles », préviennent-ils.

    Une pression commerciale

    Troisième obstacle qui pourrait bien limiter l’intérêt des mégadonnées dans la prise de décision médicale : les intérêts commerciaux. « Lorsque les décideurs dans les systèmes de prestation de soins de santé investissent dans des données, des outils et du personnel liés aux mégadonnées, il y a une pression énorme pour obtenir des résultats rapides », soulignent les trois auteurs de la prise de position. En outre, pour vendre leurs produits, les fournisseurs de technologies de l’information sont incités à surestimer leur valeur d’analyse prédictive. Et comme les algorithmes d’apprentissage automatique sont généralement plus opaques que les modèles statistiques classiques, toutes les conditions ne sont manifestement pas réunies pour que les médecins prennent une décision rigoureuse en fonction du risque.

    Des données hétérogènes

    Enfin, les chercheurs américains et néerlandais s’inquiètent de la qualité des données. Faire un pronostic sur des données inexactes et/ou manquantes s’avère hasardeux. « Comme les patients peuvent voir plusieurs cliniciens qui utilisent différentes plateformes ou qui pratiquent dans différents systèmes de distribution dans lesquels les données ne sont pas partagées, ces données sont souvent incomplètes, ce qui crée potentiellement un biais dans l’estimation des effets et finalement la prédiction », estiment ces derniers.

    Surveiller le big data comme les médicaments

    En conclusion, les chercheurs estiment que ces modèles basés sur le big data sont à l’heure actuelle insuffisamment validés et nécessitent une plus grande surveillance, afin d’éviter de mauvaises décisions. Ils ajoutent que « le public exige une telle surveillance pour les nouvelles technologies médicales telles que les produits pharmaceutiques et les appareils. Les médecins sont également assujettis aux exigences de permis et à la certification du conseil. » L’apprentissage automatique ne doit pas échapper à un tel encadrement.

    « Bien qu’un médecin mal préparé puisse faire des erreurs sur un patient, un algorithme défectueux pourrait, lui, affecter un plus grand nombre de patients. »

  • Prix HIMSS-Elsevier Asia Pacific Digital Healthcare : appel à candidatures pour la 6e édition

    HIMSS Asia Pacific et Elsevier a lancé en juin 2018 l’appel à candidatures pour le sixième Prix HIMSS-Elsevier Digital Healthcare 2018 en Asie-Pacifique.

    Depuis la création du prix en 2013, le concours a attiré des participants issus de 119 organisations provenant de 30 pays différents avec des projets impactant environ 41 millions de patients dans le monde.

    Les TIC au cœur du concours

    Les deux catégories ouvertes aux candidatures sont :

    • Application exceptionnelle des TIC (Outstanding ICT Achievement) : cette catégorie se concentre sur les entrepreneurs ayant exploité les technologies de l’information dans l’optique de faire progresser la qualité des soins et la sécurité des patients.
    • Innovation exceptionnelle des TIC (Outstanding ICT Innovation) : cette division met quant à elle l’accent sur celles et ceux qui ont utilisé de manière créative les technologies existantes ou développé de nouvelles solutions afin d’améliorer significativement les soins et les résultats pour les patients mais aussi de favoriser une plus grande adoption des TIC au sein de l’industrie de santé.

    Des projets d’une envergure plus importante

    « Depuis la création du prix, les candidatures ont évolué avec des projets de plus grande envergure, a déclaré Simon Lin, directeur exécutif de HIMSS Asie-Pacifique (source : Elsevier.com). L’année dernière, nous avons également reçu un plus grand nombre de candidatures provenant des ministères, d’entreprises privées, d’organisations nationales, etc. Nous espérons que cette tendance se poursuivra et nous attendons avec impatience une plus grande participation de l’APAC et de notre pays hôte, l’Australie. »

    En 2017, le concours a connu une forte participation (18 organisations de soins de l’APAC étaient représentées), récompensant ainsi cinq nouveaux participants :

    • Le Royal Children’s Hospital de Melbourne (Australie) et le Fudan University Huashan Hospital (Chine) ont décroché le prix Outstanding ICT Achievement ;
    • Le Aravind Eye Hospital (Pondichéry, Inde), le Mackay Memorial Hospital (Taïwan) et le Princess Alexandra Hospital (Australie) ont remporté le prix Outstanding ICT Innovation.

    Date limite de dépôt des candidatures : le 31 août

    Les juges qui délibèreront pour décerner le prix 2018 sont :

    • Bill Le Blanc, directeur exécutif et chef de l’information à SA Health (Australie) ;
    • John Sutherland, responsable principal de l’information à Ramsay Health Care (Australie) ;
    • John Daniels, vice-président mondial à HIMSS Analytics (États-Unis) ;
    • Dr. Korpong Rookkapan, directeur du Paknampo Hospital (Thaïlande) ;
    • Robert Nieves, vice-président de l’informatique de la santé (solutions cliniques) à Elsevier (États-Unis) ;
    • Dr. Aamir Ali, consultant en informatique de la santé au ministère de la Santé et de la Prévention (Émirats arabes unis).

    La liste des gagnants sera dévoilée en novembre

    Les candidatures peuvent être envoyées via le site de l’événement ou par email à pheung@himss.org.

    La date limite pour la soumission des dossiers est le vendredi 31 août 2018.

    Les lauréats seront récompensés le lundi 5 novembre 2018 lors du dîner de remise des prix HIMSS-Elsevier, organisé à l’occasion du salon HIMSS AsiaPac18 à Brisbane (Australie).

  • Trophées de l’hospitalisation privée : 3 cliniques récompensées pour leurs projets en e-santé

    La 10ème édition des Trophées de l’hospitalisation privée s’est tenue le 19 juin au Medef (Paris) où 9 cliniques privées ont été nommées dans les catégories « santé connectée », « relations patients », « excellence médicale »  et « clinique socialement responsable », a annoncé dans un communiqué la Fédération de l’hospitalisation privée, organisatrice de l’événement.

    Parmi les 5 lauréats, les 3 cliniques suivantes ont été récompensées dans le secteur de la e-santé :
    • la clinique Lille Sud du groupe Ramsay Générale de santé à Lesquin (Nord) pour son projet de « patient géolocalisé » (relations patients) ;
    • la clinique du Val d’Ouest à Ecully (Métropole de Lyon) pour le projet « les P’tits doudous du Val d’Ouest, l’enfant héros de son parcours de soin grâce au serious game » (santé connectée);
    • la clinique Clinalliance à Villiers-sur-Orge (Essonne) pour le projet « rééducation de la marche et objets connectés » (coup de cœur du jury).

    E-santé : des cliniques de Lille, Lyon et d’Essonne parmi les vainqueurs

    Une centaine de candidatures avaient été déposées pour cette édition 2018, soit un peu moins qu’en 2017 (150 candidatures).

    Cette année, le jury avait nommé 9 cliniques, sous la conduite de Jean Leonetti, maire d’Antibes et actuel président de la Fondation des usagers du système de santé, qui a parrainé cette édition.

    Les deux autres cliniques faisant partie des lauréats 2018 sont :

    •  l’hôpital privé Jean Mermoz à Lyon (Ramsay Générale de santé), qui s’est démarqué par son projet « l’endomiscroscopie confocale laser pour le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques » (catégorie « excellence médicale »).
      « Le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques est difficile et peut conduire à une chirurgie ou une surveillance inappropriée, précise le communiqué (source : Techopital.com). (…) L’endomicroscopie confocale laser (ECL), nouvelle technologie permettant une visualisation microscopique in vivo et en temps réel des cellules pariétales du kyste lors d’une procédure de ponction sous écho-endoscopie, améliore la prise en charge de ces lésions. »
    • la clinique Clémentville à Montpellier (groupe OC santé), primée pour le projet « maternité de la clinique Clémentville, une éco-maternité » (catégorie « clinique socialement responsable »).
      Elle a développé « une maternité nature, éco-responsable qui prend soin des parturientes, avant, pendant et après la grossesse [afin de] préserver leur santé et celle des générations futures », est-il indiqué.
  • Lancement d’HÔPITAUX86, portail français de partage de données entre GHT et médecine de ville

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers et le GHT Nord-Vienne ont lancé le jeudi 21 juin 2018 le projet HÔPITAUX86, premier portail français d’échange de référentiels et de données médicales entre le groupement hospitalier et les professionnels de santé exerçant en ville. 

    L’objectif de cette plateforme, en créant un lien entre établissements, médecins de ville et patients, est de favoriser la maîtrise du parcours de soins : les initiateurs de ce dispositif sont animés par l’idée que le parcours de soins ne peut être fluide si tous les acteurs ne peuvent disposer d’un accès facile aux données médicales.

    Le développement de ce portail a impliqué entre octobre 2017 et mai 2018 :
    • l’assurance maladie ;
    • le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) ;
    • des représentants de la médecine de ville ;
    • le CHU de Poitiers ;
    • le groupe hospitalier Nord-Vienne.

    Les 4 objectifs de ce projet sont de protéger l’identité du patient dans le GHT, d’échanger les données médicales entre le CHU de Poitiers et le GHT Nord-Vienne ainsi que d’ouvrir l’hôpital à la ville et aux patients.

    D’après le communiqué émis par le CHU de Poitiers le 21 juin 2018, plusieurs hôpitaux ainsi que la région des Hauts-de-France compteraient suivre la mise en œuvre de ce portail afin d’adopter eux aussi prochainement cette solution.

    Fonctionnement du portail

    Pour les professionnels de la ville comme pour les patients, aucune installation particulière n’est nécessaire pour accéder au portail : l’accès, sécurisé (Le patient qui se connecte est-il bien la personne qu’il prétend être ? Le médecin a-t-il bien été autorisé par son patient à accéder aux informations le concernant ?), se fait par internet.

    Les données gérées par la plateforme

    Le portail représente en termes quantitatifs :

    • 420 500 patients inscrits dans la base de données ;
    • 31 380 médecins référencés ;
    • 3 500 documents déposés chaque jour ;
    • 290 000 documents visualisables.

    4 objectifs du développement de la plateforme 

    Protéger l’identité du patient dans le groupement hospitalier de territoire

    La plateforme garantit la sécurité des accès par un système de vérification de l’identité des utilisateurs qui passe par :

    • la « fédération des identités du territoire » : rapprochement, identitovigilance de territoire ;
    • une « centralisation des annuaires référentiels » référençant des structures et professionnels intra et extrahospitaliers ;
    • l’ »organisation de l’unicité de l’authentification et l’administration de l’annuaire de sécurité » concernant les comptes et profils des utilisateurs ainsi que les domaines et applications autorisés.

    Concernant cette partie relative à l’identité des utilisateurs, l’ARS Nouvelle Aquitaine a désigné le GHT Nord-Vienne comme site pilote en vue d’un élargissement du dispositif à l’ensemble de la région.

    Échanger les données médicales entre le CHU de Poitiers et le GHT Nord-Vienne

    Il s’agit de créer, au service d’un projet médical de territoire, un espace inter-hospitalier dédié aux professionnels du CHU de Poitiers et du Groupe hospitalier Nord-Vienne qui soit à même de favoriser le partage des informations médicales issues des dossiers patients de chaque structure.

    Ouvrir l’hôpital à la ville

    Cet espace interhospitalier et interprofessionnel est également ouvert aux professionnel libéraux au moyen de fonctionnalités conçues pour renforcer la collaboration entre les professionnels de la santé de la ville et de l’hôpital.

    L’objectif est de proposer aux médecins libéraux, depuis leur cabinet, un accès direct au dossier de leurs patients (comprenant des compte-rendus de consultations et opératoires, des clichées et compte-rendus d’imagerie, des résultats de laboratoires, la lettre de sortie, etc.), à condition que ceux-ci aient donné leur accord à une telle ouverture de leur dossier médical.

    D’abord accessible aux médecins libéraux, les concepteurs de la plateforme prévoient de la proposer prochainement aux pharmaciens et aux infirmiers libéraux.

    Ouvrir l’hôpital aux patients

    Il est prévu qu’en septembre 2018, le portail soit ouvert aux patients afin de leur permettre :

    • d’accéder à leurs données médicales ;
    • de contacter facilement les établissements de santé.

  • Etude : des robots dotés d’IA personnalisent la prise en charge de l’autisme

    Le machine learning pourrait faire son apparition dans le traitement de l’autisme. Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) Media Lab ont équipé des robots d’un système d’apprentissage profond leur permettant d’interpréter le comportement de l’enfant lors des interactions. Ainsi, les robots captent l’attention de l’enfant et facilite les échanges, qui sont particulièrement complexes pour les autistes. Une étude* publiée le 27 juin dans Science Robotics a mis en évidence la bonne capacité de perception émotionnelle des robots.

    Le deep learning rend les robots plus intelligents

    Les enfants atteints de troubles du spectre autistique ont souvent du mal à reconnaître les états émotionnels des personnes qui les entourent. Ils ont par exemple du mal à distinguer un visage heureux d’un visage craintif. Pour remédier à cela, certains thérapeutes utilisent un robot adapté aux enfants pour montrer ces émotions et pour inciter les enfants à les imiter et à y répondre de manière appropriée. Le robot Nao, déjà utilisée dans des hôpitaux français, s’est avéré un outil intéressant pour travailler les compétences relationnelles et communicationnelles des jeunes autistes. Cependant, ce type de thérapie fonctionne encore mieux si le robot peut interpréter en finesse le comportement de l’enfant – savoir s’il est intéressé, excité ou attentif – pendant la thérapie.

    Des chercheurs du MIT Media Lab ont donc développé un type d’apprentissage automatique personnalisé qui aide les robots à estimer l’intérêt de chaque enfant au cours de ces interactions, en utilisant des données qui sont uniques à cet enfant. Les chercheurs ont utilisé des robots humanoïdes SoftBank Robotics NAO dans cette étude. Ressemblant à un super-héros blindé ou à un androïde, NAO transmet différentes émotions en changeant la couleur de ses yeux, le mouvement de ses membres et le ton de sa voix.

    Le MIT mène l’étude sur des enfants autistes

    Les 35 enfants atteints d’autisme qui ont participé à cette étude, 17 du Japon et 18 de Serbie, avaient entre 3 et 13 ans. Ils ont réagi de diverses manières aux robots pendant leurs sessions de 35 minutes, de l’air ennuyé et endormi dans certains cas sautant dans la pièce avec excitation, battant des mains en riant ou en touchant le robot. La plupart des enfants de l’étude ont réagi au robot ne le considérant pas comme un simple jouet, mais avec le respect que l’on doit à une personne réelle.

    Une fillette de 4 ans s’est cachée derrière sa mère tout en participant à la séance mais est devenue beaucoup plus ouverte au robot et a fini par rire à la fin de la thérapie. Un autre a donné un câlin et a dit: « Robot, je t’aime! »

    «Les thérapeutes disent que l’engagement de l’enfant pendant quelques secondes peut représenter un grand défi pour eux, et les robots attirent l’attention de l’enfant», explique Oggi Rudovic, premier auteur de l’étude. « De plus, les humains manifestent leurs expressions de différentes façons, mais les robots le font toujours de la même manière, ce qui est moins frustrant pour l’enfant car il apprend de manière très structurée. »

    Les robots décodent les émotions

    Les résultats publiés le 27 juin dans Science Robotics montrent que la perception des robots a été conforme aux évaluations des experts humains, avec un score de corrélation de 60%. Les auteurs de l’étude estiment que les robots formés sur les observations humaines, comme dans cette étude, pourraient un jour fournir des estimations plus cohérentes que celles des humains.

    L’équipe de recherche du MIT a réalisé que le deep learning pourrait donc être utile pour que le robot puisse percevoir le comportement des enfants. D’autant que l’apprentissage profond a déjà été utilisé dans les programmes automatiques de reconnaissance de la parole et des objets. Il devrait donc être particulièrement adapté à un décryptage plus complexe, tel que l’engagement d’un enfant dans l’interaction humaine au travers des multiples facettes du visage, du corps et de la voix. L’apprentissage en profondeur permet au robot d’extraire directement les informations les plus importantes de ces données sans que les humains aient besoin de créer manuellement ces fonctionnalités.

    Un apprentissage profond ultra-personnalisé

    Pour les robots thérapeutiques, les chercheurs du MIT ont poussé l’idée de l’apprentissage en profondeur un peu plus loin et ont construit un cadre personnalisé qui permet d’apprendre à partir des données recueillies sur chaque enfant individuellement. Les chercheurs ont filmé les expressions faciales de chaque enfant, les mouvements de la tête et du corps, les poses et les gestes, les enregistrements audio et les données sur la fréquence cardiaque, la température corporelle et la transpiration de la peau. Formée sur ces données personnalisées codées par les humains, les robots ont sensiblement amélioré l’estimation automatique du comportement de l’enfant, au-delà des espérances des chercheurs.

     » L’objectif à long terme n’est pas de créer des robots qui remplaceront les thérapeutes humains, a déclaré Oggi Rudovic, mais de les enrichir d’informations clés que les thérapeutes pourront utiliser pour personnaliser le contenu thérapeutique et aussi faire des interactions plus attrayantes et naturelles entre les robots et les enfants autistes. »

  • Monaco : « un cloud souverain » pour faciliter le partage des données de santé

    La principauté de Monaco envisage de créer « un coffre-fort numérique d’État » afin de rendre techniquement possible la circulation de l’ensemble des données liées à la santé au sein des différents établissements de soins de la principauté, selon une déclaration du 9 juin 2018 de Didier Gamerdinger, ministre des Affaires Sociales et de la Santé de la Principauté.

    Le but est d’encourager les patients à devenir acteurs de leur santé et de les placer au centre des réflexions sur le développement de la e-santé.

    Ce « cloud souverain » pourrait être créé dès 2019. Chaque patient ne disposerait que d’un seul dossier de type DME, protégé par un identifiant et un mot de passe, pour avoir accès à ses informations de santé personnelles.

    Actuellement, un frein d’ordre légal empêche le développement du projet : le droit monégasque interdit la transmission ou l’échange d’informations de santé. Le cadre législatif devra donc être modifié pour être conforme aux exigences de la Commission monégasque de contrôle des informations nominatives (CCIN), l’autorité monégasque de protection des données personnelles.

    Un « cloud souverain » pour les données de santé prévu pour 2019

    À l’heure actuelle, il n’existe aucune connexion entre les établissements de soins de Monaco, ni entre les professionnels de santé et les patients. La principauté a confié à Frédéric Genta, son délégué interministériel chargé de la transition numérique depuis mars 2018, de proposer des solutions pour pallier ce manque.

    « En matière de e-santé, l’idée est qu’on aille vite et fort car on est un peu en retard, a déclaré début juin Didier Gamerdinger, conseiller-ministre des Affaires sociales et de la Santé (source : Nicematin.com). Nous avons missionné une société spécialisée pour faire la restitution des attentes des différents acteurs du secteur : caisses sociales, médecins, pharmaciens, infirmières, etc. »

    Vers une prise des rendez-vous médicaux sur mobile

    L’objectif de la principauté : établir un état des lieux du secteur de la e-santé à Monaco puis définir les attentes des professionnels afin d’établir « un plan d’action à court, moyen et long terme, et lancer, dès que possible, des initiatives très concrètes ».

    Exemple : mettre en place la prise de rendez-vous médicaux sur smartphone.

    Afin de faire circuler facilement les données de santé, il faut tout d’abord rendre l’opération possible au niveau technique, d’où la création prochaine d’« un coffre-fort numérique d’État ».

    Ce « cloud souverain » devrait, à terme, recueillir toutes les données informatiques utiles.

    Le cadre juridique pose problème

    Cette mise en place d’un système de santé numérique unique pose cependant problème d’un point de vue juridique.

    « Nous partons de zéro, explique Didier Gamerdinger. Aujourd’hui, le droit nous impose de ne pas transmettre ou échanger les informations. Il va donc falloir changer le droit et être en accord avec la CCIN. À Monaco, il y a des initiatives et nous allons consacrer les moyens pour répondre aux attentes des professionnels de santé. En matières scientifique et médicale il y a énormément à apprendre. Cela va être le big-bang du numérique dans la e-santé. »

  • De Big Data à Big Pharma aux 13e Rencontres Convergences Santé Hôpital, 18-21/09/18, à Rennes

    Les 13èmes Rencontres Convergences Santé Hôpital se dérouleront du 18 au 21 Septembre 2018 à Rennes.

    Le thème scientifique est la neurologie de la prise en charge de la douleur dans les maladies neurodégénératives, aux neurosciences du futur jusqu’à l’intelligence artificielle.

    Extrait du programme

    Mardi 18 Septembre

    18h30: Conférence grand public – Maladies neuro-dégénératives, soigner et accompagner. 

    Intervenants : Pr Marc VERIN et Dr Anne SALMON 

    Mercredi 19 Septembre

    15h-19h:

    • Parcours 1:  Conférence technologies du futur en Santé. Intervenants : Pr Marc VERIN, Dr Jean Yves ROBIN, Dr Hervé MAISONNEUVE.
    • Parcours 2: Ateliers (Développement Professionnel Continu). Intervenants : Dr Foudil LAMARI, Dr Stéphane EPELBAUM, Dr Marie-Odile HABERT, Dr Claire BOLOT, Myriam QUERMONE, Dr Vincent CAHAGNE, Dr Astrid BACLE.

    Jeudi 20 Septembre

    9h20-10h: Conférence de prestige Big Data de l’algorithme à l’éthique. Intervenants : Thomas DAUTIEU, Directeur adjoint au CNIL

    14h30-16h:

    • Showtime pharmacie 3.0. Mon pharmacien, ce héros ! Utopie ou Dystopie ?
    • Table ronde interactive, transformation numérique de l’hôpital. 

    Intervenants : Maitre Frédéric LAURIE, Pr Pierrick BEDOUCH, Pr Yannick MALLEDANT, Geoffroy MAQUIN, Dr Majid TALLA.

    16h30 – 18h : Swot numérique, de Big Data à Big Pharma, jusqu’où digitaliser l’exercice du pharmacien?

    Intervenants : Maitre Frédéric LAURIE, Pr Pierrick BEDOUCH, Pr Yannick MALLEDANT, Geoffroy MAQUIN, Dr Majid TALLA.

    Vendredi 21 Septembre

    9h-10h : La révolution de l’impression 3D en Santé 

    Intervenants : Pr Philippe ARNAUD, Dr Carole METZ

    10h30 – 12h : Sessions parallèles : E-Santé et Radiopharmacie. 

    • E-Santé : Parcours et territoires. La politique et sa déclinaison – Dr Anne BRIAC BILI
    • E-Santé : Les outils pour le pharmacien – DMP, PEM2D, Messageries sécurisées. Intervenante : Dr Marie-Hélène BERTOCCHIO
    • Radiopharmacie : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les qualifications des équipements sans jamais avoir osé le demander. Modératrice : Dr Sandy BLONDEEL.

    Inscriptions via ce lien

  • HIMSS-Elsevier Asia Pacific Digital Healthcare Awards: Call for submissions for the 6th edition

    HIMSS Asia Pacific and Elsevier announced in June 2018 the call for submissions for the sixth Asia Pacific HIMSS-Elsevier Digital Healthcare Award 2018.

    Since the creation of the award in 2013, the contest has attracted participants from 119 organizations across 30 countries with projects impacting more than 41 million patients worldwide.

    The ICT at the heart of the contest

    The two categories opened for submissions are:

    • Outstanding ICT Achievement: this category focuses on those who have harnessed information and technology to successfully advance patient care and safety.
    • Outstanding innovation ICT: this category focuses on those who have creatively exploited existing technology or developed ground-breaking new solutions, to significantly improve patient care and outcomes, and drive greater ICT adoption.

    Submissions have evolved with more large-scale projects

    « Since the inception of the Award, submissions have evolved with more large-scale projects, » said Simon Lin, executive director of HIMSS Asia-Pacific (source: Elsevier.com). « Last year, we also received a wider range of submissions from department-wide to enterprise and national-level. We hope this trend continues and look forward to greater participation from APAC and our host country Australia. »

    In 2017, the program witnessed strong participation (18 health care organizations across APAC represented), rewarding first-time recipients:

    • The Royal Children’s Hospital Melbourne (Australia) and Fudan University Huashan Hospital (China) won the Outstanding ICT Achievement Award ;
    • Aravind Eye Hospital – Pondicherry (India), Mackay Memorial Hospital (Taiwan) and Princess Alexandra Hospital (Australia) won the Outstanding ICT Innovation Award.

    Deadline for applications: August 31 2018

    Judges for this year’s award are:

    • Bill Le Blanc, executive director and chief information officer at SA Health (Australia);
    • John Sutherland, chief information officer at Ramsay Health Care (Australia);
    • John Daniels, global vice president at HIMSS Analytics (USA);
    • Dr. Korpong Rookkapan, director of Paknampo Hospital (Thailand);
    • Robert Nieves, vice president of health informatics (Clinical Solutions) at Elsevier (USA);
    • Dr. Aamir Ali, health informatics consultant for the Ministry of Health and Prevention (United Arab Emirates).

    The list of winners will be announced in November

    Applications can be submitted via the event website or by email to pheung@himss.org.

    Deadline for submissions is Friday, August 31, 2018.

    Winners will be honored on Monday, November 5, 2018 at the HIMSS-Elsevier Awards Dinner Reception at HIMSS AsiaPac18 in Brisbane, Australia.

  • Data : 15 applications numériques pour la prévention, le suivi du cycle ou de la contraception

    De nombreux outils numériques sont proposés dans le domaine de la gynécologie, avec des applications offrant un service d’information et de prévention, un service de suivi du cycle menstruel ou de rappel de prise de la contraception avec émission de notifications.

    Health&Tech Intelligence a dénombré les solutions actuellement disponibles sur le marché et les a classées selon la catégorisation suivante :
    • 4 outils pour accéder à l’information avec l’objectif associé de prévenir ;
    • 6 applications de suivi de cycle menstruel ;
    • 5 applications de rappel de prise de moyen contraceptif.

    Parmi les éditeurs de ces applications, on trouve le Planning familial, des entreprises du médicament comme le laboratoire pharmaceutique Pierre Fabre ou des industriels.

    Parfois les solutions proposées sont le fruit d’une coopération entre un acteur associatif engagé dans la prévention et un industriel, comme dans le cas du Syndicat National des Dermatologues et Vénérologues français et de Corp&Co, associés dans l’édition de MSTRisk, un outil visant à sensibiliser aux maladies sexuellement transmissible (MST) depuis les symptômes jusqu’aux traitements existants.

    Pour accéder à l’article complet, cliquez ici.