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  • AAP Chaires de recherche et d’enseignement en intelligence artificielle (ANR) – deadline : 01/07/19

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) est à l’origine d’un appel à projets « Chaires de recherche et d’enseignement en intelligence artificielle », ouvert jusqu’au 1er juillet 2019 à tous les chercheurs français ou étrangers, quelle que soit leur nationalité, accueillis ou susceptibles de l’être par un laboratoire d’organisme de recherche et de diffusion de connaissance français. Cet appel porte sur toutes les thématiques de recherche en IA, dont la santé, et peut inclure des activités allant jusqu’au développement expérimental. 

    Il est lancé dans le cadre du programme national IA, initié à la suite de la journée de débats « AI for Humanity » qui s’est tenue à Paris le 29 mars 2018. Ce programme vise à ce que les meilleurs talents choisissent de s’établir durablement en France et puissent, à leur tour, former les futures générations de chercheurs et professionnels en intelligence artificielle, dans des métiers qui restent à imaginer. 

    Les projets doivent être déposés sur le site internet de soumission de l’ANR (lien disponible sur le site de l’ANR dans la page dédiée à l’appel dont l’adresse est indiquée page 1) avant la clôture de l’appel, soit le 1er juillet 2019 à 13 heures, heure de Paris.

    La santé, domaine applicatif de l’IA identifié comme stratégique 

    L’appel « Chaires IA » est ouvert à toutes les thématiques de recherche en IA, dont la santé, domaine applicatif de l’IA identifié comme stratégique par la France.

    Les chaires mises en place auront pour mission de développer la recherche, la formation et l’innovation en IA. 

    Moyens attribués

    L’établissement d’accueil de la chaire doit être un laboratoire d’organisme de recherche et de diffusion de connaissance en mesure de recevoir le financement de l’Agence nationale de la recherche (ANR) au titre de l’appel à projets. Le laboratoire d’accueil de la chaire ne peut pas appartenir à un institut 3IA.

    La durée de la chaire est de 4 ans. Le financement de chaque chaire sera construit sur la base suivante :

    • au moins 50 % des moyens venant de l’établissement d’accueil ou d’un co-financeur en apport en numéraire, salaire des personnels titulaires, mises à disposition de plateforme ou équipement ou co-financements acquis ;
    • au maximum 50 % en soutien apporté par le programme national IA (financement ANR via cet appel à projets).

    Les postulants sont invités à présenter des projets qui justifient une subvention de l’ANR pour des montants compris entre 400 000 et 600 000 euros en fonction de l’ambition du projet, du profil du candidat ou de la candidate et de son pourcentage d’implication (échelonné sur 4 années).

    Dossier de soumission et évaluation des propositions 

    Une proposition est soumise par un coordinateur scientifique (futur titulaire de la chaire).

    Le dossier de candidature est composé  des éléments suivants :

    • un formulaire à compléter en ligne ;
    • un document descriptif à déposer sur le site de soumission ;
    • le curriculum vitae du futur titulaire de la Chaire saisi en ligne ;
    • une annexe réunissant les lettres d’engagement des co-financeurs.

    L’Agence nationale de la recherche organise le processus de sélection en impliquant un comité d’évaluation scientifique qui a pour mission d’évaluer les propositions et de les classer les unes par rapport aux autres. Il est composé de membres français ou étrangers des communautés concernées, issus de la sphère publique ou privée.

    Les critères d’évaluation sont les suivants : 

    • qualité du candidat ou de la candidate (réalisations au-delà de l’état de l’art,capacité à proposer et à mener des recherches novatrices, pensée critique, créatrice et autonome, sens des responsabilités, contribution à des activités d’enseignement) ;
    • excellence scientifique, originalité et perspectives du projet ;
    • méthodologie et qualité de la construction du projet ;
    • adéquation projet – moyens / Faisabilité du projet ;
    • intérêt du projet pour la stratégie de recherche de la structure d’accueil (laboratoire,organisme de recherche et de diffusion des connaissances et/ou établissement) ;
    • pertinence de la proposition au regard du Programme national de recherche en IA ;
    • impact global du projet, opportunités socio-économiques fournies par la proposition de projet (potentiel de valorisation, renforcement de la compétitivité,etc.).

    Contacts

    • Chargé de projet scientifique :
      • Vincent Rapp vincent.rapp(at)anr.fr ;
      • +33 1 73 54 81 59
    • Responsable scientifique :
      • Frédéric Precioso frederic.precioso(at)anr.fr ;
      • +33 1 73 54 82 01
  • Le CHRU de Nancy s’équipe d’une solution de surveillance basée sur l’IA en partenariat avec Philips

    Le CHRU de Nancy va s’équiper d’Intellivue Guardian, une solution de surveillance basée sur l’intelligence artificielle (IA) développée par Philips, pour permettre la détection précoce des signes de détérioration chez les patients hospitalisés en unités de soins conventionnels. 

    Ce dispositif est le premier projet du partenariat en IA conclut en novembre 2018 entre le centre hospitalier et l’entreprise néerlandaise. Cette alliance « s’inscrit dans la durée avec de nombreux projets d’innovation à venir », indique David Corcos, président de Philips France, dans un communiqué diffusé le 14 juin 2019 par le CHRU. Un premier déploiement est prévu au mois de juillet 2019 au sein de l’unité de post-urgences polyvalente (39 lits) de l’établissement.

    Identifier au bon moment les patients à risques

    Avec IntelliVue Guardian, Philips propose un système permettant aux professionnels de santé d’identifier au bon moment les patients à risques pour leurs garantir une intervention rapide.

    La solution est composée :

    • d’une suite de logiciels avec un algorithme prédictif anticipant les éléments à risques chez le patients ;
    • d’objets connectés pour simplifier la surveillance des signes vitaux ;
    • de scores d’alertes ;
    • d’un système de notification permettant d’avertir les médecins le plus rapidement possible.
  • Étude : le numérique et l’IA sont une opportunité pour seulement 50 % des patients français (Nature)

    Des chercheurs français du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu (AP-HP) ont mené l’enquête afin de savoir comment les patients percevaient l’utilisation du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans la santé. Les résultats de leur étude*, publiée le 14 juin 2019, dans Nature Digital Medicine mettent en évidence des avis mitigés. Seulement 50 % des patients ont estimé que le développement d’outils numériques et de l’IA dans les soins constituait une opportunité importante et 11 % l’ont considéré comme un danger.

    Face au « battage médiatique » sur l’IA

    Les dispositifs de surveillance biométrique portables et l’intelligence artificielle (IA) permettent de mesurer et d’analyser à distance les données des patients en temps réel. Ces technologies ont le potentiel d’améliorer le diagnostic, de prévoir l’efficacité d’un traitement, d’anticiper des rechutes, d’identifier des profils à risques… Les applications sont multiples. Et la pertinence et l’efficacité de ces dispositifs sont en phase d’évaluation.

    De nombreuses études sont menées dans ce sens. Par ailleurs, « ces nouvelles technologies ont généré beaucoup de battage médiatique mais leur efficacité dans le monde réel dépendra de l’assimilation des patients », estiment des chercheurs français du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu (AP-HP). Or, les études sur les opinions des patients sur le numérique et l’IA dans la santé sont rares et souvent réalisées dans des contextes spécifiques, empêchant la généralisation des résultats.

    Une étude française sur la perception des patients

    Les auteurs de l’étude ont inclus 1 183 patients atteints de maladies chroniques (diabète, maladies rhumatologiques, neurologiques, cancer…), issus de la cohorte Compare (Communauté de patients pour la recherche), un projet de science citoyenne.

    Premièrement, les patients ont évalué leur perception de l’utilisation de ces nouvelles technologies en répondant à 2 questions structurées : « Pensez-vous que l’utilisation croissante des technologies numériques et de l’IA dans les soins est une opportunité / un danger ? ». Ils étaient invités à donner une note de 0 (aucune opportunité) à 10 (grande opportunité). Ensuite, les patients ont complété leurs évaluations numériques par des commentaires ouverts.

    Dans un deuxième temps, les patients ont évalué l’intérêt d’utiliser les nouvelles technologies dans des situations concrètes. Pour chacune des situations, les participants devaient dire « s’il y avait la preuve scientifique » que la nouvelle intervention serait équivalente ou meilleure que le traitement standard actuel et s’ils accepteraient d’y avoir recours pour leurs propres soins.

    Les 4 situations évaluées étaient :

    • l’utilisation de photographies de la peau des patients et de l’IA pour dépister le cancer de la peau plutôt que les traitements avec un dermatologue ;
    • des capteurs portables pour un suivi et une analyse en continu et en temps réel des données collectées par AI pour prédire les poussées de ses affections chroniques plutôt que le suivi habituel ;
    • une chemise intelligente et une IA pour guider la thérapie physique plutôt que les visites à un physiothérapeute ;
    • un chatbot d’IA pour aider les patients à déterminer l’urgence de leurs problèmes plutôt que d’appeler un numéro de téléphone d’urgence.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 14 juin 2019 dans Nature Digital Medicine.

    Résultats : la crainte de la déshumanisation

    • 50 % ont déclaré utiliser des outils de santé en ligne ou de santé mobile.
    • 47 % des participants considéraient les dispositifs de surveillance biométrique et l’IA comme une excellente opportunité.
    • 47 avantages potentiels ont été identifiés : améliorer leur suivi et la réactivité des soins (55%), réduire le poids du traitement (23 %) ou faciliter le travail des médecins (par exemple, en automatisant des tâches répétitives) (21 %).
    • 11 % considéraient les dispositifs numériques et l’IA comme un grand danger.
    • 31 risques potentiels ont été identifiés : remplacer de manière inadéquate l’intelligence humaine dans les soins (28 %), représenter des risques sérieux de piratage informatique (13%) ou conduire à une utilisation abusive des données personnelles des patients par des soignants, des compagnies d’assurance, etc.
    • 20 % des participants ont estimé que les avantages potentiels de la technologie l’emportaient largement sur ses dangers potentiels alors que seulement 3% estimaient que les aspects négatifs l’emportaient sur les avantages potentiels.
    • 35 % des patients refuseraient d’intégrer au moins une intervention existante ou prochainement disponible.

    Non aux soins automatisés

    Ces résultats très détaillés montrent que les patients pensent intuitivement que l’IA devrait aider les cliniciens à « prévoir » les résultats mais que les décisions, les actions et les recommandations doivent rester une tâche humaine. La crainte de la déshumanisation des soins est donc très présente.

    Il apparaît ainsi, dans le cadre de cette étude, que les patients ne sont pas prêts pour des soins entièrement automatisés.  » Pour tirer pleinement parti de ces interventions, les fabricants d’appareils, les cliniciens prescripteurs, les organismes de soins et les autorités de réglementation devront prendre en compte les avantages, ainsi que les risques perçus, déclarés par les patients », concluent les auteurs.

  • La Smart Buildings Alliance élabore une « matrice servicielle » pour concevoir l’hôpital numérique

    « Le principe est de mettre au centre les acteurs de l’écosystème hospitalier, d’identifier l’ensemble de leurs besoins spécifiques et d’y faire correspondre les solutions ou famille de solutions technologiques les plus adaptées à leurs usages. » C’est ainsi que la SBA (Smart Buildings Alliance for Smart Cities) présente le projet de « matrice servicielle » pour l’hôpital numérique qu’elle a lancé via le groupe de travail « Smart Hospital ». Emmanuel François, président de l’association, en a livré les lignes directrices lors des 59es Journées d’études et de formation des IHF (Ingénieurs hospitaliers de France) organisées du 5 au 7 juin 2019 à Villejuif (Val-de-Marne).

    « De l’idée stratégique d’un hôpital numérique ou digital ne reste souvent que des modèles de conception qui sont répétés faute d’accompagnement, de compréhension ou d’outils pour libérer les transversalités », regrette la SBA. Elle y voit la nécessité d’un document exhaustif permettant aux décideurs de « se positionner très en amont des projets sur les axes de déploiement du numérique au sein de leur établissement [et sur] les usages souhaités en relation avec les éventuels manquements existants ou cibles visées ».

    Selon l’organisation, les patients, leurs accompagnants, les équipes médicales, les gestionnaires, les fonctions supports et les directions « sont ainsi plus facilement impliqués dans les critères de choix de conception ». De cette matrice se dégagent 3 enjeux majeurs auxquels le numérique est à même de répondre :
    • améliorer l’expérience des patients ;
    • améliorer la performance globale de l’hôpital ;
    • améliorer et augmenter l’expérience des personnels de l’hôpital.

  • Analyse génétique : l’IA Diagen réduit les délais d’1 an à quelques semaines (F. Artiguenave-Traaser)

    « Diagen reproduit le raisonnement qu’aurait un généticien s’il disposait d’énormément de temps. » C’est ce qu’affirme François Artiguenave, directeur général de Traaser, jeune société membre du Génopôle d’Evry, spécialiste de l’analyse génétique par intelligence artificielle (IA), au sujet de son produit phare. La société a annoncé le 4 juin 2019 le lancement d’une validation clinique du logiciel expert Diagen, réalisée avec l’hôpital parisien Tenon (AP-HP), qui expérimentera cette solution d’analyse génétique dans le domaine des maladies rénales.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, François Artiguenave détaille l’apport de l’aide au diagnostic par l’IA en matière d’analyse génétique, précisant que Diagen contribue à réduire les délais d’attente de résultats d’un an à quelques semaines. Il revient par ailleurs sur les raisons qui ont poussé son équipe à faire le choix de la néphrologie et donc de l’hôpital Tenon, dont le service de néphrologie est l’un des plus réputés en France, pour la validation clinique du système. Il annonce par ailleurs que Traaser participera à partir de la fin de l’année à un essai clinique avec Transgene, une société d’immunothérapie qui produit des vaccins contre le cancer.

    En quoi consiste précisément le logiciel Diagen ?

    Diagen est un système expert qui assiste le médecin pour formuler des hypothèses de diagnostic. En s’appuyant sur des signes cliniques du patient relevés par le médecin, il facilite le travail du laboratoire d’analyse génétique en filtrant et en interprétant les résultats provenant du séquençage d’ADN par rapport aux informations et interrogations qu’a procurées le médecin. Le principe consiste à lire la molécule ADN composant le génome, à y repérer des gènes et à y trouver des variations génétiques.

    La difficulté de l’interprétation du génome, c’est qu’il y a énormément d’informations, il faut traiter des millions de bases, voire des milliards, et des dizaines de milliers de gènes. Il faut pouvoir se demander pour chacun s’il peut être corrélé à la maladie, si une altération de ce gène-là peut entraîner la maladie, et, si oui, dans quelle mesure. 

    Quel est le but recherché ?

    Avec Diagen, non seulement on améliore la qualité du diagnostic, mais surtout on accélère le processus, le réduisant à quelques semaines, alors que quand les cliniciens font des demandes d’analyse, le temps d’attente des résultats peut aller jusqu’à un an. L’étape d’interprétation est très complexe et très longue, les demandes d’analyse sont en nette augmentation et les généticiens, peu nombreux, sont surchargés, c’est pourquoi il y a un engorgement des demandes. Diagen contribue à réduire significativement les délais.

    Votre solution pourrait-elle, à terme, remplacer l’expert humain ?

    L’objectif n’est pas de se passer de l’expert mais de lui donner un moyen d’avoir des résultats plus précis, plus justes et plus rapidement. Diagen reproduit le raisonnement qu’aurait un généticien si ce dernier disposait d’énormément de temps, grâce à des règles logiques de décision qu’on a automatisées, qui reposent sur des logiques métier. L’outil présente les résultats qu’il juge les plus pertinents, et c’est l’expert qui décide à la fin si c’est pertinent ou pas, et qui engage sa responsabilité sur le diagnostic.   

    Pourquoi avez-vous décidé de collaborer avec l’hôpital Tenon pour votre validation clinique ?

    Nous avons d’abord fait le choix de la néphrologie. La génétique s’intéresse traditionnellement aux maladies rares, au cancer, à certaines pathologies neurodégénératives, aux maladies métaboliques… Ce n’est que récemment qu’on s’est rendu compte de l’importance de la génétique en néphrologie : 30 à 40 % des problèmes d’insuffisance rénale peuvent être expliqués par les gènes, de sorte qu’aujourd’hui le monde de la néphrologie est très demandeur de profilage génétique. D’autre part c’était un domaine où l’offre était insuffisante.

    C’est pour cela qu’on a fait le choix de l’hôpital Tenon, car son service de néphrologie, l’un des plus réputés en France, nous a semblé un partenaire idéal pour ces travaux. Nous travaillons également avec cet établissement sur des systèmes de mesure de compatibilité génétique des greffes, car les facteurs de rejet sont avant tout génétiques. Avoir accès au génome d’un donneur permet de mesurer les risques de rejet, et l’hôpital Tenon est assez fort dans ce domaine. 

    Avez-vous prévu d’établir d’autres partenariats dans les mois ou années à venir ?

    Nous participerons également à partir de fin 2019 a un essai clinique avec Transgene, une société d’immunothérapie qui produit des vaccins contre le cancer. Nos solutions d’intelligence artificielle fournissent un profilage moléculaire de la tumeur qui permet d’avoir une analyse prédictive.

    La technologie Diagen est employée pour prédire la réactivité à l’immunothérapie, proposer des thérapies alternatives s’il y en a, en quelque sorte faire un triage des patients. Ces analyses servent à orienter la fabrication des vaccins : ces derniers sont fabriqués à façon en fonction du génome de la tumeur. La question est de savoir quels sont les bons épitopes (déterminants antigéniques) à cibler pour fabriquer le vaccin.

  • Asie : la Chine, leader sur l’usage des technos numériques de santé (Future Health Index, Philips)

    La Chine et les autres marchés émergents sont les leaders mondiaux en termes d’utilisation de technologies numériques de santé. C’est ce qui ressort de l’étude Future Health Index 2019* commandée par Philips, qui relève également que les professionnels de santé en Chine sont plus enclins que leurs homologues occidentaux à recommander à leurs patients l’usage de solutions permettant d’assurer à domicile le suivi de leur pression artérielle et d’autres constantes de santé.

    Autre informations clés de ce rapport, publié en juin 2019, l’adoption générale de l’autosurveillance par les patients chinois a contribué à ce que le pays devienne le plus grand marché d’appareils portables. Des tendances similaires, observées dans d’autres pays qualifiés par Philips de « précurseurs numériques », comme l’Inde et l’Arabie saoudite, soutiennent une croissance sur ce marché supérieure à la moyenne, constate le groupe néerlandais.

    De manière générale, Philips pense que ces pays précurseurs peuvent servir d’exemple à d’autres pays et aider à mettre en avant les avantages perçus de ces technologies, l’enquête mettant notamment en avant le fait que les patients qui partagent leurs données de santé estiment recevoir des soins de meilleure qualité. Néanmoins, l’adoption généralisée des technologies numériques de santé crée de nouveaux obstacles à leur utilisation. En Asie, les professionnels de santé sont beaucoup plus susceptibles d’avoir accès à des systèmes de partage de données que leurs homologues européens, la législation à ce sujet étant plus souple, mais ils semblent tout autant préoccupés par les sujets relatifs à la confidentialité des données.

    Santé numérique : les marchés émergents mènent la cadence selon Philips

    Depuis la publication de son premier Future Health Index, en 2016, Philips a identifié les moyens par lesquels les économies émergentes influencent l’Occident en matière d’adoption et d’utilisation des technologies numériques de la santé.

    Le rapport de 2016 indiquait que les marchés émergents étaient les leaders mondiaux en matière de partage de données. En Chine et aux Émirats arabes unis, respectivement 58 % et 46 % des patients, avaient partagé des données issues d’appareils connectés avec des professionnels de santé. Tandis qu’au Royaume-Uni, en Suède et en Allemagne, les proportions étaient respectivement de 26 %, 17 % et 12 %.

    Les tendances observées en 2016 se confirment en 2019

    Ce constat et d’autres résultats soutenant la même tendance ont conduit Philips à estimer que les pays émergents avaient le potentiel de devancer les économies établies et de devenir précurseurs dans le domaine des technologies numériques de santé. Dans son étude 2019, le groupe suggère que cette prédiction est désormais devenue une réalité.

    « En 2019, nous constatons que certains [pays] ont déjà fait un bond en avant et que ces technologies font de plus en plus partie de l’expérience de soins quotidienne des professionnels de santé et des patients », analyse l’entreprise néerlandaise dans son dernier rapport.

    Technos numériques : une implication à la fois des professionnels de santé et des patients

    Plusieurs signes indiquent que cet attrait pour les technologies numériques est en train de remodeler l’offre de soins dans les économies émergentes.

    • En Chine, 60 % des professionnels de santé conseillent toujours ou souvent à leurs patients d’utiliser des solutions numériques pour surveiller à domicile leur pression artérielle, alors que la moyenne des 15 pays observés s’établit à 44 % ;
    • 80 % des citoyens chinois qui utilisent des technologies numériques ou des applications mobiles de santé contactent des professionnels de santé sur la base des données qu’ils ont recueillies par eux-mêmes, tandis que la moyenne des 15 pays étudiés est de 47 % : à noter que les citoyens d’Arabie saoudite et de l’Inde arrivent en deuxième et troisième position, avec respectivement 74 % et 70 % d’entre eux qui agissent en réaction aux données qu’ils ont récoltées.

    Pourcentage de professionnels de santé utilisant une technologie numérique ou une application mobile de santé :

    Une plus grande appétence pour l’IA et la télémédecine

    L’ensemble des résultats se fondent sur les prévisions de croissance du marché des appareils portables. Ainsi, les ventes des technologies en Inde et en Arabie saoudite devraient progresser respectivement de 5,8 % et 5,6 %, contre une moyenne de 4,5% dans les 15 pays.

    39 % des citoyens de Chine ont une vision positive de l’IA

    Autre information clé, les citoyens de Russie (42 %), de Chine (39 %) et d’Arabie saoudite (36 %) sont davantage susceptibles d’avoir une perception positive de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine des soins (association d’un diagnostic plus précis à l’utilisation de l’IA) que leurs homologues étrangers (moyenne à 30 % pour les 15 pays observés).

    La télémédecine plus adoptée en Chine qu’en Occident

    Par ailleurs, le rapport note que l’Inde, l’Arabie saoudite et en particulier la Chine ont davantage adopté la télémédecine que les autres pays, en raison peut-être de la faible densité de médecins, qui rend les consultations à distance plus attractives.

  • « Apodis diminue les ruptures d’approvisionnement des pharmacies » (Baudouin Petitpré, DG)

    « Apodis diminue les ruptures d’approvisionnement [des pharmacies] liées à des problèmes dans le réseau de distribution ce qui représente près de 60 % des cas », explique Baudouin Petitpré, directeur général d’Apodis Pharma. La société, fondée en 2016 par deux pharmaciens d’officine, a développé un logiciel qui synchronise en temps réel les données recueillies dans les officines françaises pour fluidifier et améliorer la distribution de médicaments afin de mieux comprendre l’état des stocks en officine. La plateforme permet aux pharmaciens de mettre à la disposition des laboratoires concernées leurs informations de stock, de vente et de commandes de leurs produits pour qu’ils puissent améliorer l’approvisionnement jusqu’au bout de la chaîne.

    Lors d’une interview accordée à Health & Tech Intelligence, Baudouin Petitpré explique les particularités de la plateforme et application mobile, précisant qu’Apodis espère réduire de 20 à 30 % les ruptures d’approvisionnement. Totalement gratuit pour les pharmaciens, le logiciel est actuellement utilisé par environ 1 200 officines, indique-t-il. L’entreprise est en discussion avec des laboratoires pour lui vendre son service.

    Questions à Baudoin Petitpré, directeur général d’Apodis

    Comment est née la plateforme Apodis Pharma ?

    Baudoin Petitpré : La solution digitale Apodis Pharma a été créée par plusieurs pharmaciens titulaires d’officine. Le principe est simple : les pharmaciens disposent de données qui permettent d’améliorer et d’accélérer l’information. L’idée est d’exploiter ces données sécurisées et anonymisées avec l’objectif principal d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients et l’observance des traitements.

    Quand il est question de rupture de médicaments, il y a 2 options : soit il s’agit d’une rupture de stock (problème de production), soit d’une rupture d’approvisionnement. Quel type de rupture aidez-vous à gérer ?

    Le premier sujet traité par notre plateforme concerne les ruptures d’approvisionnement et la pénurie de médicaments, enjeux majeur qui soucie actuellement tous les acteurs de santé jusqu’au ministère de la Santé.

    Apodis Pharma diminue les ruptures d’approvisionnement liées à des problèmes dans le réseau de distribution ce qui représente près de 60 % des cas. Le défi est colossal : les 22 000 pharmacies du territoire doivent commander quotidiennement parmi 200 000 références de plus de 150 laboratoires.

    Pour cela, il existe 200 grossistes répartiteurs répartis dans toute la France qui livrent plusieurs fois par jour les pharmacies. Il arrive parfois que la chaîne de distribution soit rompue sur une région pour quelques médicaments. Apodis Pharma permet de détecter et d’anticiper ces problèmes afin de diminuer leurs fréquences.

    Comment fonctionne précisément votre logiciel ?

    Notre logiciel analyse simultanément et en temps réel les commandes des pharmacies auprès des grossistes répartiteurs, les stocks présents en officine ainsi que les rotations journalières des médicaments.

    Les algorithmes développés par Apodis Pharma permettent de détecter instantanément les pharmacies et les patients qui rencontrent une rupture d’approvisionnement. Les laboratoires et les grossistes répartiteurs disposent d’une plateforme d’interaction qui permet de proposer au pharmacien une solution d’urgence qu’il reçoit directement sur son smartphone via l’application mobile dédiée.

    Pour bénéficier du service, le pharmacien s’inscrit gratuitement en quelques clics sur le site Apodispharma.com.

    Quel est votre business modèle ?

    Apodis Pharma est une solution SaaS accessible pour les industriels par abonnement.

    La plateforme dispose-t-elle d’autres fonctionnalités que la gestion de rupture d’approvisionnement ?

    Nous aidons les officines à gérer les ruptures mais le pharmacien peut aussi, par exemple, analyser ses statistiques, comme son panier moyen ou ses tops laboratoires, sur la plateforme. Nous leur faisons aussi des offres de réassort et d’achat.

    Parmi tous ces services, le pharmacien dispose d’un espace pour gérer ses ruptures. Pour l’instant, ce dernier n’est disponible que sur la version web mais nous sommes en train de le mettre en place sur l’application mobile.

    En résumé, nous nous attaquons à 3 volets. Notre solution contient une partie logistique, une partie réglementaire (création par exemple d’un plan de gestion pénurie pour les MITM, demandé par l’ANSM) et une partie commerciale (formation par exemple du pharmacien à la prescription de médicaments).

    Comment se fait-il que le type de plateforme développé par Apodis n’existe pas encore sur le marché ?

    Il s’agit d’une innovation technologique forte qui a nécessité des investissements très importants. Apodis Pharma est la seule solution qui collecte et traite les données en temps réel, elle est compatible et interopérable avec toutes les pharmacies françaises.

    Fonctionnement d’Apodis

    Déontologie

    • Données sécurisées à partir des derniers standards de cybersécurité ;
    • conformité avec le RGPD ;
    • respect de la propriété intellectuelle et du droit d’interopérabilité.

    Rupture d’approvisionnement : contexte

    Médicaments : une distribution encadrée à affiner

    Les 21 611 officines de pharmacie* achètent les médicaments qu’elles dispensent :

    • soit auprès des 7 grossistes répartiteurs** avec 183 établissements régionaux (au moins 2/3 des référencements) ;
    • soit directement auprès des 260 fabricants du marché français.

    De nombreuses ruptures de stock pourraient être évitables en apportant de la fluidité, de la transparence et de l’information tout au long de la chaîne de distribution. C’est ce que cherche à apporter Apodis par le biais de sa plateforme.

  • La bascule vers le data management, « un changement profond au sein du système de santé » (ouvrage)

    « Si nous bloquons trop dans nos pays l’innovation en pilotage par les données de santé, il est à craindre que les professionnels et patients français se tournent rapidement vers des solutions conçues hors du périmètre du RGPD et dont le caractère éthique ne pourra pas être nécessairement garanti a priori. C’est pourquoi, si la révolution du pilotage pour les données est chargée d’enjeux juridiques, sa diffusion doit aussi s’envisager sur le terrain du management. » Cette analyse est l’une des réflexions développées dans l’ouvrage La révolution du pilotage des données de santé. Enjeux juridiques, éthiques et managériaux*, écrit conjointement par les experts Élodie Chapel, David Gruson, Delphine Jaafar, Pierre Loulergue, Judith Mehl, Florent Parmentier et Anaïs Person (LEH Édition, collection « Décideur santé »).

    Dans ce livre, publié en mai 2019, un chapitre est entièrement consacré aux impacts du data management pour la couverture du risque en santé. La bascule vers un mode de pilotage par les données de santé, vers le data management, « constitue un changement profond et durable au sein de notre système de santé », notent les auteurs, ajoutant que cette transformation se déploie dans un cadre juridique nouveau, après la transposition du RGPD et l’identification de nouveau principes juridiques. « Le contexte de la préparation de la révision de la loi bioéthique fait, en outre, émerger le besoin d’une régulation positive des enjeux éthiques associés à ces évolutions« , expliquent-ils.
    L’ouvrage explore les nombreuses dimensions du management en santé, décrit comme un « continent nouveau » en train d’émerger : sécurité sanitaire et régulation du système, gestion prévisionnelle des ressources humaines et des compétences, adaptations des modes de financement vers une reconnaissance des parcours des patients, modalités de valorisation du pilotage par les données, etc. « L’objectif est de donner aux décideurs, professionnels de santé mais aussi à chacun de nos concitoyens, les clés de compréhension de ce mouvement majeur et irréversible« , synthétisent les auteurs de l’ouvrage.

    Ces derniers reviennent par ailleurs au sein de ce livre sur les enjeux internationaux et présentent des illustrations d’outils pratiques et de programmes de pilotage par les données déjà engagés.

    Health & Tech Intelligence, qui a pu consulter l’ouvrage, présente la synthèse des éléments clés mis en avant par les 7 experts, chapitre par chapitre.

    Pilotage par les données de santé : contexte

    « La diffusion du pilotage par les données de santé constitue une transformation absolument majeure suscitant des évolutions très sensibles de notre système de santé et faisant déjà l’objet, en France et dans l’Union européenne, d’un niveau élevé d’encadrement juridique, notamment avec l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui a permis l’émergence de nouveaux métiers (comme le Data Protection Officer) », contextualisent les auteurs de l’ouvrage.

    Le risque d’une « compétition mondialisée »

    Ils indiquent que le risque principal de cette révolution est « une compétition mondialisée ». Les États-Unis et la Chine sont actuellement « très engagés dans cette révolution », ce qui risquerait, « si l’Union européenne ne rattrape pas son retard, d’imposer des lois et des manières de gérer les données de santé contraires (ou tout au moins en conflit) avec l’éthique européenne et/ou française », observent-ils.

    L’enjeu est important pour la France et plus largement l’Union européenne afin de protéger au mieux les données de santé.

    « Permettre un futur pilotage de données de santé le plus éthique et adapté possible »

    L’ouvrage propose « des pistes pour éviter ce risque et engager l’Union européenne dans cette révolution, non seulement au niveau juridique, mais aussi au niveau managérial ».

    • L’implication et l’intérêt des établissements et des professionnels de santé est « une valeur indispensable pour accompagner cette révolution, en permettant une régulation positive des données de santé », est-il noté.
      • « Les établissements et les professionnels de santé sont sur le terrain, en contact direct avec les problèmes éthiques posés vis-à-vis des patients et seront les principaux utilisateurs de ces données : ils en sont le facteur-clé ».

    Dans ce livre, les 7 auteurs exposent des solutions dans l’optique de « développer l’accompagnement et l’implication de tous les acteurs de la santé et permettre un futur pilotage de données de santé le plus éthique et adapté possible ».

    Chapitre I – La capacité de pilotage par les données : nouveau déterminant de la valeur d’un système de santé ?

    I. Les données de santé : enjeu géostratégique majeur.

    II. Big data, intelligence artificielle et robotisation : définitions et limites

    III. La bascule vers le pilotage par les données de santé : une diversité des approches au niveau international et en France

    IV. Le pilotage par les données : défi pour la régulation du système de santé et enjeu de santé publique et de sécurité sanitaire

    SYNTHÈSE

    • Le pilotage par les données de santé constitue un « enjeu géostratégique majeur ».
    • La compétition entre les systèmes de santé et la course à l’innovation en médecine algorithmique (IA) dépendent « très largement » de la maîtrise de ce nouveau champ du management en santé.
    • La collecte massive de données de santé, la transition vers une responsabilité populationnelle en santé et le développement d’outils d’intelligence artificielle en médecine constituent des réalités « très palpables ».
    • « La bascule vers cette nouvelle réalité des systèmes de santé s’opère, cependant, selon des modalités diverses selon les systèmes de santé, insistent les auteurs de l’ouvrage. Des points d’équilibre différents sont trouvés entre mécanismes de partage des données de santé et reconnaissance de la nécessité de leur protection. »
    • Le déploiement du pilotage par les données de santé constitue un levier « très précieux » pour les régulateurs. Il ouvre de nouvelles perspectives pour les politiques de santé publique et représente un vecteur de renforcement potentiellement significatif de la sécurité sanitaire.

    Chapitre II – Le cadre juridique du pilotage par les données de santé

    I. Le système national des données de santé et le Sniiram

    II. Le RGPD et ses modalités d’application pratique

    III. Le cadre constitutionnel de la protection des données issu de la décision du Conseil constitutionnel de juin 2018

    IV. Les évolution profondes en 2019 issues du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé

    V. Pilotage par les données de santé et régulation bioéthique positive

    SYNTHÈSE

    « Le cadre juridique du pilotage par les données de santé a connu des évolutions profondes au cours de la période récente, indiquent les auteurs. La France constitue, au sein de l’Union européenne, l’un des territoires dans lesquels cette protection juridique a atteint les niveaux les plus élevés d’intensité et de sophistication. »

    2 mouvements successifs ont été à l’œuvre pour construire ce cadre juridique :

    • un mouvement d’élaboration de normes juridiques générales et opposables. Cette logique a connu son point culminent en 2018 avec la transposition du RGPD ;
    • un mouvement plus récent visant à identifier » des voies de passage pratique » pour le pilotage par les données de santé « en adaptant les modalités juridiques » dans la nouvelle loi de santé ou « en définissant un cadre de régulation positive souple » sous forme de référentiels de « soft law« .
      • Les travaux préparatoires mis en œuvre dans le cadre de la préparation de la future révision de la loi de bioéthique ont représenté, à cet égard, « un point de bascule ».

    « Trouver cette bonne voie de passage entre nécessité de protection et impératif de soutien à l’innovation en santé, tel est justement l’une des principales finalités du volet managérial de la diffusion du pilotage par les données de santé », relèvent les auteurs.

    Chapitre III – Les enjeux du management territorialisé par les données de santé

    I.  Un nouvel acteur-clé du management par les données : le DPO

    II. Comment intégrer le pilotage par les données dans le nouveau cadre territorialisé du management des établissements de santé

    III. Comment combiner entrepôts territorialisés, projets par spécialités et hub national de données de santé

    IV. Comment conduire des projets de recherche à partir des traitements de données de santé ?

    V. Comment accompagner la transformation des métiers et du champ sanitaire et médico-social liée à l’émergence du management par les données ? Reconnaître une RSE digitale

    VI. Comment valoriser le pilotage par les données de santé ?

    SYNTHÈSE

    La diffusion du pilotage par les données impacte « très profondément » les différents champs du management en santé. « Au-delà des enjeux spécifiques associés au data management lui-même, cette transformation induit une véritable révolution de champs aussi divers que le management RH, la gestion des flux financiers des établissements, la conduite de programmes de recherches et le pilotage des systèmes d’information dans le cadre de la nouvelle territorialité en santé en cours d’émergence », résument les auteurs.

    La soutenabilité de cette transition du système de santé vers le pilotage par les données implique, cependant, de « définir des mécanismes permettant d’en garantir le développement durable » :

    • mise au point de dispositifs éthiquement responsables permettant la constitution d’un « cadrage de référentiels de régulation positive » ;
    • fiabilisation d’une « palette de modalités de valorisation économique du pilotage par les donnés de santé ». Le terrain s’est déjà « largement » saisi de cette question avec des options pratiques d’un grande diversité qui peuvent déjà être relevées. « L’émergence d’un modèle plus global de valorisation d’intérêt général, venant compléter ces initiatives locales, constitue l’un des enjeux majeurs pour l’avenir du système de santé dans un contexte de compétition mondialisée », est-il souligné.

    Chapitre IV – La transformation de la couverture du risque avec le pilotage par les données de santé

    I. Les outils de l’assurance santé, condition de l’évolution de la couverture du risque

    II. Les outils de l’assurance

    III. Le management des données de santé par l’assurance : vers un système de bonus/malus en santé ?

    IV. Les législateurs français et européen, régulateurs de l’utilisation des données de santé par les sociétés d’assurance

    V. Les sociétés d’assurance limitées dans le traitement des données de leurs assurés, au regard des obligations de loyauté et de transparence

    VI. Exigences légales relatives à l’application de l’intelligence artificielle aux données de santé des personnes

    VII. Secret médical et accès aux bases de données

    VIII. Les risques d’atteinte aux droits et libertés des personnes concernées

    IX. Perspectives d’évolution : l’éloignement du principe de mutualisation de l’assurance au bénéfice du profilage

    SYNTHÈSE

    L’émergence du pilotage par les données induit « des transformation tectoniques de la couverture du risque en santé ». Des principes juridiques protecteurs visent, en France, « à préserver les concitoyens de dérives dans l’accès à leurs données et des conséquences pénalisantes qui pourraient en être tirées dans la couverture de leurs risques santé », indiquent les auteurs.

    Cependant, « des évolutions sont déjà en cours », tendant à « une plus grande individualisation de cette couverture » en s’appuyant sur les ressources nouvelles du data management.

    « Notre capacité collective à réguler ces transformations est mise au défi. Si nous pouvons y parvenir, la voie sera alors ouverte à une plus grande efficacité et une meilleure efficience dans la réponse aux défis de santé. Des possibilités seraient également dégagées pour financer l’innovation en médecin algorithmique sur les territoires français et européen. Mais si nous échouons, les risques seraient alors très grands d’une démutualisation massive de la couverture santé ou d’un relégation définitive de notre système de santé. »

    « Un continent du management en santé [se dessine] sous nos yeux »

    « Un nouveau continent du management en santé est en train de se dessiner rapidement sous nos yeux, concluent les auteurs de l’ouvrage. La maîtrise de ses enjeux constitue un défi majeur pour l’avenir des patients et des professionnels. Une juste régulation positive permettra aussi de conforter la qualité de notre système de santé dans un contexte de compétition mondialisée. Un retard dans l’accompagnement de ces changements risquerait, à brève ou moyenne échéance, de nous conduire à la relégation. »

  • États-Unis : Lilly et Atomwise s’associent pour utiliser l’IA dans la découverte de médicaments

    Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly and Company (Lilly) signent un accord pluriannuel avec la start-up Atomwise afin d’accélérer le temps nécessaire pour identifier et développer des traitements viables par le biais de l’intelligence artificielle (IA). Les deux sociétés travailleront sur un maximum de 10 médicaments cibles choisis par Lilly.

    Dans le cadre de cet accord, annoncé début juin 2019, Atomwise pourrait recevoir jusqu’à 1 million de dollars US (884 915 €) par médicament découvert. La société pourrait également percevoir 550 millions de dollars (486,7 M€) si des objectifs spécifiques de développement et de commercialisation sont atteints.

    Les molécules de Lilly sont automatiquement synthétisées au sein de son laboratoire robotique. La technologie d’Atomwise basée sur IA vise à faciliter l’identification des médicaments potentiels parmi ces molécules pour des maladies spécifiques. Atomwise aura la possibilité de développer des composés issus de ce projet commun que Lilly a choisi de ne pas soumettre à des essais cliniques.

    « Lilly a clairement indiqué qu’[il] se concentrait sur le développement de médicaments pour de nouvelles protéines cibles, souvent difficiles à identifier et moins bien étudiées, commente Abraham Heifets, P.-D.G. d’Atomwise (communiqué). Notre expertise et nos outils se sont avérés efficaces pour atteindre ce type de cibles (…) »

    Atomwise soutient des projets de découverte de médicaments dans 19 pays

    Atomwise développe des systèmes d’IA qui exploitent des algorithmes de deep learning (apprentissage profond) et des super-ordinateurs pour la découverte de médicaments. La technologie vise à réduire le temps, les coûts et les risques associés aux essais cliniques mais aussi à fournir de meilleures informations sur la toxicité, les effets secondaires, le mécanisme d’action et l’efficacité d’un médicament.

    En mars 2019, la start-up a collecté 45 millions de dollars US (39,8 M€) pour développer sa technologie. Elle soutient des projets de découverte de médicaments dans plusieurs domaines thérapeutiques dans 19 pays.

  • Etude : un réseau de neurones pourrait faciliter le diagnostic des maladies rares (Nature)

    Des chercheurs de l’Université de Bonn viennent de montrer que l’utilisation de photos associée à des données génétiques et aux données de patients pouvait établir des diagnostics de maladies rares relativement rapides et fiables en analyse faciale. Le logiciel d’intelligence artificielle PEDIA est un exemple unique de technologies de phénotypage de nouvelle génération. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 5 juin dans Genetics in Medicine, une revue du groupe Nature.

    Maladies rares : une longue errance médicale

    Chaque année, environ un demi-million d’enfants naissent avec une maladie héréditaire rare. Obtenir un diagnostic définitif peut être difficile et prendre beaucoup de temps. Le séquençage haut débit d’exome représente aujourd’hui le meilleur outil diagnostique pour les syndromes avec anomalies du développement mais il requiert beaucoup de temps. Rendre l’information phénotypique lisible par ordinateur est la clé pour résoudre ce problème et c’est aussi important pour fournir aux cliniciens un outil indispensable pour le diagnostic des syndromes génétiques.

    À ce jour, les algorithmes de hiérarchisation des exomes les plus avancés combinent des scores de nocivité pour les variants génétiques avec des recherches de similarité sémantique de la description clinique d’un patient. Mais, ce qui est simplement décrit comme « caractéristique » d’une certaine maladie ne convient pas à ces approches informatiques. Et c’est notamment le cas pour les formes de visage. Or, de nombreuses maladies rares ont en commun des anomalies faciales. Ceci est particulièrement caractéristique, par exemple, du syndrome de Kabuki, qui rappelle la composition d’un théâtre japonais traditionnel. Les sourcils sont cambrés, la distance entre les yeux est large et les espaces entre les paupières sont longs.

    Un réseau de neurones combinant photos et données génétiques

    Des scientifiques de l’Université de Bonn et de la Charité ont donc émis l’hypothèse que les réseaux de neurones artificiels pouvaient améliorer le diagnostic des maladies rares, en mesurant les similitudes entre les photos prises par les patients et des centaines d’entités pathogènes. La lenteur du diagnostic actuel « se traduit par une perte de temps précieux, qui est réellement nécessaire pour un traitement précoce afin d’éviter des dommages progressifs », explique le Pr Peter Krawitz, professeur à l’Institut de statistique génomique et de bioinformatique de l’Hôpital universitaire de Bonn (UKB) et principal auteur de l’étude.

    L’équipe de chercheurs a donc utilisé les données de 679 patients atteints de 105 maladies différentes causées par un seul gène. On trouve notamment la mucopolysaccharidose (MPS), qui entraîne une déformation osseuse, des difficultés d’apprentissage et un retard de croissance. Le syndrome de Mabry entraîne également une déficience intellectuelle. Toutes ces maladies ont en commun que les caractéristiques faciales des personnes touchées présentent des anomalies. Le logiciel PEDIA utilisé peut détecter automatiquement ces caractéristiques à partir d’une photo. Les scientifiques ont formé ce programme informatique avec environ 30 000 portraits de personnes atteintes de maladies syndromiques rares. « En combinaison avec l’analyse faciale, il est possible de filtrer les facteurs génétiques décisifs et de hiérarchiser les gènes », a déclaré le Pr Krawitz. Les images faciales ont aussi été analysées avec DeepGestalt, un réseau de neurones à convolution profonde formé sur plus de 17 000 images de patients. Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 juin dans Genetics in Medicine.

    Résultats : l’IA, un outil d’aide au phénotypage

    La performance d’un outil de priorisation peut être évaluée de 3 manières :

    • la proportion de cas avec un diagnostic
    • la maladie est placée en première position
    • ou parmi les dix premières suggestions (précision 1 et 10).

    Grâce à la combinaison d’informations (génétiques + photos), les taux de diagnostic corrects ont augmenté :

    • la maladie rare est placée dans les 10 premières suggestions dans 99% des cas
    • En ce qui concerne le classement de la maladie rare en 1ère position, le gain de performance est augmenté de 89%
    • Sur la base des seules analyses moléculaires, la maladie rare est placée dans le top 10 dans seulement 45% des cas

    Une meilleure qualité de vie pour les patients

    En conclusion, les auteurs de cette étude estiment que l’interprétation des variantes de l’exome bénéficie de l’analyse d’images assistée par ordinateur de photographies faciales. « La reconnaissance de formes faciales basée sur l’intelligence artificielle à partir des photographies de patients est donc un exemple de technologie de phénotypage de nouvelle génération qui a fait la preuve de sa valeur clinique pour l’interprétation des données de séquençage de nouvelle génération. » De son côté, le Dr Christine Mundlos, directrice générale adjointe de l’alliance des patients atteints de maladies rares chroniques, a souligné que les patients voulant « un diagnostic rapide et précis », le système d’IA  » améliore aussi dans une certaine mesure la qualité de vie des personnes touchées. »