Incubateurs

  • La santé plus réactive à résoudre les failles de sécurité que les autres secteurs (rapport Veracode)

    Les organismes sanitaires sont les entreprises les plus promptes à corriger les vulnérabilités de leurs applications informatiques. C’est ce qui ressort du rapport sur l’état de la sécurité des logiciels de Veracode, entreprise américaine spécialisée dans la sécurité informatique et des réseaux. Selon cette étude, les organismes traitent 25 % des vulnérabilités de code en 6 jours et 75 % des failles identifiées, soit 8 mois de moins qu’une entreprise moyenne.

    Une grande maîtrise de la sécurité

    Cette étude de Veracode montre une maîtrise de la sécurité des applications de la par des organisations sanitaires. La santé se classe ainsi au premier rang du taux de réussite du dernier scan OWASP (Open Web Application Security Project).

    De plus, les organismes de santé sont les plus rapides à évaluer les risques comparés aux autres secteurs analysés : de la vente au détail, de la technologie, du secteur public, des infrastructures, des finances et de la manufacture.

    64 % des applications en risque d’attaque

    Les données sensibles détenues par les organismes sanitaires en font une cible privilégiée des cyberattaques. Pour Veracode, la qualité du code source est un atout pour développer une approche proactive en matière de cybersécurité.

    Près de 64 % des applications actuellement utilisées par les organisations de santé courraient un sérieux risque d’attaque, en particulier celles contenant des données sensibles. Deux autres vulnérabilités déterminantes ont été identifiées : les problèmes de cryptographie (62%) et de qualité du code (60%).

  • Étude : les assistants vocaux capables de détecter les arrêts cardiaques (Nature Digital Medicine)

    Des chercheurs de l’université de Washington ont développé un algorithme qui étudie les sons ambiants dans une pièce. Cette fonctionnalité développée sur des enceintes connectées s’est révélée capable de reconnaître la respiration agonale, typique des personnes faisant un arrêt cardiaque. Selon les résultats de leurs travaux* publiés le 19 juin 2019 dans Nature Digital Medicine, les assistants vocaux repéraient ce type de respiration dans 97 % des cas.

    Diminuer la mortalité liée aux arrêts cardiaques

    Chaque année, selon les chiffres officiels, quelque 46 000 personnes seraient victimes d’arrêts cardiaques en France. À 30 jours, le taux de survie est de 4,9 %. Si des massages cardiaques sont effectués juste après la perte de conscience, ce taux grimpe à 10,4 %. Aux États-Unis, ce sont près de 300 000 personnes qui décèdent chaque année en raison d’un arrêt cardique. Pour réduire ce taux de mortalité, l’enjeu est de pouvoir repérer rapidement un arrêt. Or, si ce dernier se produit alors que la personne est seule, à son domicile (2/3 des cas), ses chances de survie sont faibles.

    Des chercheurs de l’université de Washington se sont penchés sur un élément diagnostic typique : la respiration agonale. Elle résulte d’un réflexe du tronc cérébral en cas d’hypoxie sévère. Parfois rapportée comme une respiration sifflante, la respiration agonale peut être potentiellement utilisée comme un biomarqueur diagnostic audible. Pour repérer cette respiration haletante, les chercheurs ont utilisé des assistants vocaux intelligents, présents chez 75 % des ménages américains. Mais la tâche était loin d’être simple car les événements respiratoires agonaux sont relativement rares, nous manquons de mesures de référence et ils ne peuvent pas être reproduits en laboratoire.

    Un algorithme qui identifie la respiration agonale

    Pour surmonter cet obstacle, les chercheurs ont exploité une source de données unique, les enregistrements des appels au 911 de cas confirmés d’arrêt cardiaque. Et ils ont entraîné leur algorithme sur 82 heures d’enregistrement. L’ensemble de données comprenait 162 appels (19 h) avec des enregistrements clairs de la respiration agonale.

    Pour évaluer les capacités de l’algorithme à discriminer les sons, les scientifiques ont utilisé des enregistrements de ronflement, de personnes souffrant d’apnée du sommeil et de respiration normale. Les enregistrements ont été capturés sur différents appareils, tels qu’une enceinte Amazon Alexa, un iPhone 5s (Apple) et un Samsung Galaxy S4.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 19 juin 2019 dans la revue Nature Digital Medicine.

    Résultats : des assistants vocaux très fiables

    • L’algorithme a réussi à reconnaître la respiration agonique dans 97 % cas lorsque le microphone se trouvait dans un rayon de 6 mètres de la personne.
    • Il y avait confusion avec d’autres sons dans 0,2 % des cas.
    • La détection peut fonctionner en temps réel sur un smartphone et peut classer chaque segment audio de 2,5 secondes en moins de 21 millisecondes. Avec l’enceinte intelligente, l’algorithme peut s’exécuter dans les 58 millisecondes.
    • Même si le smartphone était dans une poche, avec le sujet couché sur le dos et le haut-parleur à côté de la tête, la précision de détection moyenne était de 93,22 %.

    Au vu de ces résultats, les auteurs de l’étude estiment que « la détection passive et sans contact de la respiration agonale représente un nouveau moyen d’identifier une partie des victimes d’un arrêt cardiaque jusque-là inaccessibles. Le recours à du matériel intelligent pour la surveillance de ces situations pourrait avoir des avantages pour la santé publique. »

    Des enjeux de respect de la vie privée

    Cependant, ce système pose des problèmes de confidentialité. « Pour résoudre ces problèmes, nous envisageons que notre système fonctionne localement sur les appareils intelligents et ne stocke aucune donnée », précisent les chercheurs.

    Par ailleurs, ces derniers reconnaissent que la respiration agonale a été identifiée chez environ 50 % des victimes d’un arrêt cardiaque. Enfin, il faudrait que le système soit doté d’une alarme avant tout appel d’urgence pour qu’un utilisateur puisse interrompre le processus.

  • Hkind, un réseau social axé sur le partage intelligent des initiatives de santé

    Alice de Maximy lance Hkind, une application de partage ciblé des projets et des initiatives de santé. Disponible depuis le 20 juin 2019, la solution est destinée à favoriser les synergies entre les soignants et les soignés, les aidants et les bénévoles et décloisonner la santé entre le soin et la prévention, les secteurs public et privé.

    En parallèle de cette annonce, l’entrepreneuse donne le coup d’envoi de l’opération « Femmes de santé » qui a pour but de mettre en avant les initiatives de santé portées par des femmes, en présentant 13 portraits de femmes qui ont développé des initiatives dans le secteur. Elle annonce dans ce cadre la création du collectif « Femmes de santé » pour échanger sur le futur de la santé, les technologies et projets innovants, au service des patients. Ce collectif bénévole se construit comme un « réseau bienveillant d’entraide professionnelle » entre femmes œuvrant dans la santé.

    Partager et valoriser ses initiatives de santé

    En 2018, Alice de Maximy teste à travers les allées de la Paris Healthcare Week son idée d’application mobile de matching en santé, un réseau social et solidaire de santé axé sur le partage intelligent des initiatives de santé pour créer davantage de synergies entre les soignants et les soignés, les aidants et les bénévoles. « Je me suis donné un an pour revenir au salon et faire la démonstration de l’appli. Pari réussi », explique-t-elle à l’occasion d’une conférence.

    Hkind, disponible depuis le 20 juin 2019, est basé sur le partage entre pairs d’actions positives en santé. Concrètement, les acteurs de santé -professionnels, bénévoles, patients experts, aidants- peuvent découvrir et partager leurs initiatives et leurs projets de santé en fonction de leurs centres d’intérêt. L’appli optimise la valorisation et la reconnaissance des actions.

    Créer des synergies

    Selon une étude menée par la start-up, 89 % des acteurs de santé estiment que leurs pairs ne sont pas suffisamment informés des initiatives directement utiles pour leur activité ; ce qui influe négativement sur la qualité des soins pour 63 % d’entre eux, limite la synergie entre les acteurs de santé (78 %) et est en partie responsable du cloisonnement de la santé (54 %).

    L’application met en lien des acteurs de santé qui ne se seraient peut-être pas rencontrés dans la vie réelle. Un algorithme intelligent de matching a été créé pour proposer à chacun, en fonction de ses besoins, les projets les plus pertinents, ainsi qu’une veille de santé. À l’ouverture, Hkind app héberge plus d’une trentaine d’initiatives de santé.

    Mettre en avant les initiatives en santé portées par des femmes

    L’application elle-même n’est pas consacrée aux projets initiés par des femmes. Pour autant, en travaillant sur la création de Hkind, Alice de Maximy a constaté qu’en France, « en 2018, les femmes représentaient seulement 15 % des 1 000 personnalités les plus médiatisées en France (chiffre de l’observatoire de la parité Press’edd) et 28 % des personnes nommées aux postes de professeurs des universités – praticiens hospitaliers (PU-PH) étaient des femmes », selon le Conseil de l’ordre des médecins.

    Elle a donc voulu, en parallèle de son appli, mettre en avant les initiatives portées par des femmes à travers des portraits vidéos de 13 femmes de 26 à 73 ans (infirmières, médecins, sages-femmes, coachs, patientes, ex-patientes, aidantes, start-upeuses, présidentes ou directrices générales, chimistes, communicantes, lauréates de grand prix…). Ces femmes travaillent dans le secteur public, dans une association ou dans un laboratoire pharmaceutique. « Elles ont développé des initiatives de santé utiles qu’elles portent ou ont porté avec en ayant à cœur de remettre l’humain au centre du système de santé », indique Alice de Maximy.

    Dans la continuité de cette journée, elle annonce la création du collectif « Femmes de santé », « un réseau bénévole et bienveillant d’entraide professionnelle entre femmes œuvrant dans la santé, où les hommes sont les bienvenues » (conférence).

  • Asie : le Vietnam va déployer son DSE au niveau national à partir de juillet 2019

    Actuellement, 24 provinces mettent en œuvre des dossiers de santé électroniques (EHR) au Vietnam, dont 6 ont été désignées comme pilotes pour le déploiement des EHR au niveau national, prévu à partir de juillet 2019, indique le ministère de la Santé vietnamien, intervenu sur le sujet le 17 juin à l’occasion d’un séminaire portant sur la promotion de la mise en œuvre des dossiers de santé électroniques, qui s’est tenu à Hô-Chi-Minh-Ville.

    « La collecte d’informations sur la santé aidera les Vietnamiens à mieux gérer leur santé. Cela les sensibilisera également à la prévention des maladies et [à leurs] risques potentiels« , commente Nguyen Truong Son, vice-ministre de la Santé du Vietnam. Côté professionnels de santé, la disponibilité des DSE permettra notamment d’aider les médecins dans les processus de prise de décision, en particulier dans les cas d’urgence.

    « Les DSE constitueront la base d’un système national de données sur la santé comme chaque citoyen[, dès sa naissance], se verra attribuer un code d’assurance sociale, précise le Dr Trân Quy Tuong, directeur du département des technologies de l’information du ministère de la santé, rappelant que la création d’identifiants médicaux basés sur des codes d’assurance sociale est automatique pour chaque personne, « à l’exception des citoyens qui, pour quelque raison que ce soit, n’ont pas d’acte de naissance ».

    Une mesure qui s’inscrit dans le cadre d’un plan à long terme

    « Pour atteindre l’objectif de 90 % de la population gérée dans le domaine de la santé d’ici 2025, le ministère de la Santé s’emploie de toute urgence à mettre en œuvre les DSE », contextualise le vice-ministre de la Santé. Le ministère a déjà approuvé l’application de l’IT au sein des centres de santé des communes et des districts du pays au cours de la période 2018-2020.

    Des directives sur l’interopérabilité bientôt mises en œuvre

    Le ministère a déployé diverses politiques basées sur le DSE et les normes relatives aux données et à la santé. Des directives plus spécifiques, notamment portant sur l’interopérabilité, seront publiées dans les mois à venir.

  • L’absence de remboursement limitera l’impact des thérapies numériques (rapport GlobalData)

    L’un des principaux obstacles à l’utilisation généralisée des thérapies numériques (DTx) est la limitation ou l’absence de remboursement par les prestataires d’assurance maladie publics et privés, indique la société d’analyse de données GlobalData dans le rapport Les thérapies numériques et leur impact sur les soins.

    Dans ce document, diffusé le 25 juin 2019, le groupe révèle qu‘il existe un besoin non satisfait en matière de soins centrés sur le patient et que les thérapies numériques sont justement conçues pour répondre à ce besoin de délivrer des interventions fondées sur des preuves avec un contrôle élevé de la qualité des soins personnalisés en fonction des besoins de chaque patient.
    Par le biais de DTx, il est de plus possible d’accélérer les essais cliniques et de créer une approche plus adaptée de l’objectif en améliorant le recrutement et la rétention des patients, est-il indiqué.

    Le rapport associe les recherches principales d’un groupe d’experts multidisciplinaires à une expertise interne en tant qu’analyste afin de fournir une évaluation globale du paysage du développement des DTx.
    Il fournit une vue d’ensemble des produits DTx actuellement commercialisés et en cours de développement en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Japon et en Chine.

    Les DTx se développent mais ne s’imposent pas encore complètement sur le marché

    Il existe de plus en plus de thérapies numériques (DTx) développées sur le marché ainsi que des produits en développement ou en cours de développement, conformément aux normes de qualité, de conception et de fabrication reconnues à l’échelle internationale.

    Les DTx peuvent être utilisées pour prévenir, gérer ou traiter des maladies dans diverses indications, en particulier les maladies chroniques telles que le diabète, les maladies respiratoires, les problèmes de santé mentale et les troubles neurologiques.

    Elles sont prescrites en monothérapie (autonome) ou en association avec d’autres traitements (adjuvants ou complémentaires) ou des dispositifs permettant d’optimiser les résultats pour la santé.

    « Il reste quelques défis à relever avant [que les DTx ne deviennent] une partie intégrante de la médecine moderne »

    « En raison des dépenses croissantes dans les soins, associées à la baisse des revenus de R&D, les thérapies numériques représentent un nouveau mode de traitement pour les sociétés pharmaceutiques, dans lequel des systèmes numériques approuvés par la réglementation [en vigueur] sont utilisés pour traiter des conditions médicales comme des interventions thérapeutiques prescrites », commente Alessio Brunello, analyste pharmaceutique chez GlobalData.

    « Bien que les technologies DTx réduisent potentiellement le coût total des soins, augmentent l’efficacité des essais et améliorent la santé des patients, il reste quelques défis à relever avant [qu’elles ne deviennent] une partie intégrante de la médecine moderne, comme un meilleur alignement entre fournisseurs, sociétés pharmaceutiques et payeurs », ajoute-t-il.

    Les entreprises mentionnées dans le rapport

    • AbbVie ;
    • Akili ;
    • Aptar Pharma ;
    • Astrazeneca ;
    • Atentiv ;
    • Big Health ;
    • Boehringer Ingelheim ;
    • Click Therapeutics ;
    • Cognoa ;
    • CureApp ;
    • Gilead ;
    • GSK ;
    • Happify Health ;
    • Kaia HealthPropeller ;
    • Lifescan ;
    • Magellan Health ;
    • My mhealth ;
    • 2Morrow ;
    • NaturalCycles ;
    • Novartis ;
    • Omada Health ;
    • Otsuka ;
    • Pear Therapeutics ;
    • Proteus Digital Health ;
    • Roche ;
    • Samsung ;
    • Sandoz ;
    • Sanofi ;
    • Shionogi ;
    • Susmed ;
    • Teva ;
    • ViiV Healthcare ;
    • Voluntis ;
    • WellDoc.
  • Données : les Français font confiance à leur médecin mais pas aux industriels (baromètre Afcros)

    61% des Français se considèrent plutôt mal informés sur le partage des données de santé mais la moitié d’entre eux sont d’accord pour partager l’intégralité de leur dossier médical avec des professionnels de santé et leur mutuelle, révèle le baromètre Accords (Acceptabilité et communication sur ses données de Santé)*.

    Présenté par l’Afcros (Les entreprises de la recherche clinique) le 18 juin 2019 lors de son 11ème colloque sur les données de santé en vie réelle, ce premier baromètre avait pour objectif :
    • de mesurer l’acceptabilité du partage des données de santé dans la population générale ;
    • de mesurer le taux d’acceptation des différentes facettes liées au partage des données de santé ;
    • de présenter un retour sur le caractère éthique du partage lié à l’usage des données elles-mêmes, à la sécurité et à la garantie d’anonymat, à l’opérabilité du partage ou encore sur l’éthique liés à l’exploitation des données de santé.

    Autres enseignements clés de l’enquête, 92 % des personnes interrogées font confiance à leur médecin traitant sur le sujet du partage des données de santé mais 65 % se disent méfiants à ce propos vis-à-vis des réseaux sociaux, de leur employeurs et des sociétés proposant des objets connectés en rapport avec la santé. Les sondés restent par ailleurs partagés sur le fait de percevoir de l’argent pour rendre accessibles leurs données de santé (quasi 50/50), bien qu’ils se disent plutôt prêts à passer le cap si la rémunération est suffisamment élevée.

    Compréhension générale à propos des données de santé 

    Une donnée de santé est une information sur la santé mesurée ou établie par :

    • un professionnel de santé pour 83,3 % des personnes interrogées ;
    • un appareil électronique médical pour près de 85% ;

    À l’inverse :

    • 50 % estiment que les informations que l’on saisit soi-même ou via un site internet ne sont pas des données de santé ;
    • 65 % estiment que les informations postées sur les réseaux sociaux ou les forums de discussions ne sont pas des données de santé.

    Accès et partage des données de santé

    Accès aux données de santé 

    • 88,3 % déclarent que l’accès à leurs données de santé est important ;
    • 75,9 % n’ont cependant pas constitué ou consulté un dossier médical en ligne ;
    • 63,6 % n’ont jamais demandé à leur médecin traitant un accès à leurs données de santé.

    Néanmoins, les personnes interrogées estiment que la possibilité de rétractation quant à l’accessibilité de leurs données est un élément majeur car elle cela représente une liberté individuelle. 

    Partage des données de santé

    • 50 % sont d’accord pour partager l’intégralité de leur dossier médical avec des professionnels de santé et leur mutuelle ;
    • 92 % font confiance à leur médecin traitant sur le sujet ;
    • 65 % ne font pas confiance aux réseaux sociaux, à leur employeurs et aux sociétés proposant des objets connectés en rapport avec la santé ;
    • Les français restent partagés sur le fait de percevoir une rémunération pour rendre accessibles leurs données de santé (quasi 50/50) :
      • Les français seraient prêts à monnayer le partage de leurs données de santé si cette rémunération est suffisamment élevée.
  • La Sorbonne abrite un nouveau centre d’IA en partenariat avec l’AP-HP

    L’Alliance Sorbonne, composée de la Sorbonne université, du CNRS, de l’Inserm, de l’Inria, de l’université de technologie de Compiègne (UTC), du Museum d’Histoire naturelle, de l’Insead et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), créent le centre de recherche et de formation SCAI (Sorbonne Center for Artificial Intelligence) centré sur l’intelligence artificielle (IA), en partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) notamment.

    Le SCAI regroupera plusieurs domaines de compétences, comme la science des données et le calcul haute performance ainsi que l’intelligence artificielle en santé mais aussi en biodiversité, en mathématiques, en informatique, en robotique, en climatologie, en économie et en humanités numériques, indique l’AP-HP dans un communiqué publié le 19 juin 2019.
    « Installé sur le campus Pierre et Marie Curie dans un espace de 700 m2 avec l’institut des sciences du calcul et de la donnée (ISCD) de l’Alliance, SCAI est conçu comme un lieu d’échanges et a pour vocation de promouvoir une recherche et une formation interdisciplinaires centrées sur l’IA, dans un environnement dynamique et attractif », est-il précisé.
    Un deuxième site installé sur le campus de Sorbonne université Abu Dhabi, baptisé « SCAI@Abu Dhabi », développera de son côté des actions de recherche et d’enseignement innovantes ainsi que des partenariats dans la région.

    Le SCAI s’appuiera sur des partenaires industriels, avec l’AP-HP donc mais aussi avec des sociétés comme Atos, Thales ou encore Total, afin de favoriser l’échange d’expertises et de savoir-faire. L’AP-HP permettra la mise en place d’accès simplifiés à l’entrepôt de données de santé ainsi que le montage de projets communs et des actions de communication et de sensibilisation.

    Chaque année, l’Alliance Sorbonne investira 3 à 4 millions d’euros par an dans SCAI.

    Objectifs du SCAI au niveau national et européen 

    Au niveau national, l’Alliance Sorbonne université souhaite via ce projet participer au développement de l’intelligence artificielle (IA) sur tout le territoire, coordonné par l’Inria. 

    Au niveau européen, SCAI contribuera à répondre à l’un des grands défis du programme cadre de recherche Horizon Europe et contribuera activement à l’un des axes stratégiques de l’Alliance des universités européennes (4EU+), qui associe la Sorbonne université aux universités de Copenhague (Danemark), de Heidelberg (Allemagneà, de Milan (Italie), de Prague (République tchèque), et de Varsovie (Pologne).

    De nouvelles formations universitaires vont voir le jour 

    Dans le cadre de la volonté nationale de doubler le nombre d’étudiants formés à l’intelligence artificielle dès 2022, la SCAI va offrir dès l’année universitaire 2019-2020 des formations spécialisées (master 2 en apprentissage et algorithmes et DU IA et machine learning) et une formation à la maîtrise des données permettant à l’ensemble des diplômés d’interagir avec des spécialistes de l’IA dans leur vie professionnelle.

  • Pour une utilisation raisonnée du numérique, la HAS prône l’évaluation des solutions (rapport)

    « Organiser l’évaluation des solutions numériques pour développer la confiance » : c’est ce que recommande la HAS (Haute autorité de santé) dans son rapport d’analyse prospective 2019 intitulé « Numérique : quelle (R)évolution ? ».

    Dans l’édito du document, publié le 19 juin 2019, Dominique le Guludec, présidente du collège de la HAS, et Katia Julienne, directrice générale de la haute autorité, proposent de « construire une matrice qui structurera une évaluation graduée des outils numériques[,] en prévoyant notamment une évaluation clinique des outils qui auront le plus d’impact sur la prise en charge thérapeutique des patients ». 
    Il s’agira de « définir le champ de ce qui doit être évalué et selon quelles modalités, en fonction des priorités nationales et des risques pour l’individu et la collectivité » (proposition 17) et, à terme, de « mieux mutualiser les résultats d’évaluation ». Il faudra pour ce faire « coordonner les acteurs de l’évaluation en inscrivant les évaluations locales, lorsqu’elles sont nécessaires, dans le cadre global de la matrice d’évaluation nationale » (proposition 19), précise l’autorité.

    La HAS demande (proposition 18) « un cadre pour une évaluation clinique graduée du rapport bénéfice/risque et de l’efficacité des fonctionnalités logicielles d’aide aux décisions diagnostiques ou thérapeutiques[,] lorsque ces logiciels bénéficient d’un financement national public direct ou indirect ». Elle propose d’« intégrer des fonctionnalités d’évaluation des parcours intégrant le point de vue des usagers, avec restitution aux utilisateurs et une comparaison à la distribution nationale ou régionale, dans la conception d’outils numériques à destination des professionnels » (proposition 14) ainsi que de « systématiser, organiser et renforcer les moyens pour l’exploitation des données de vie réelle dans l’évaluation des technologies de santé » (proposition 15).

    Une utilisation « raisonnée » du numérique

    Pour « une utilisation raisonnée du numérique et de l’intelligence artificielle », la HAS demande :

    • de « réévaluer de façon régulière les risques de ré-identification dans le cadre du traitement et de l’exploitation de bases de données anonymes » (proposition 23) ;
    • d’« identifier et [de] borner les risques de sélection liés à la collecte de données, susceptibles de porter atteinte aux solidarités universelle ou catégorielle d’assurance maladie » (proposition 24) ;
    • de « soutenir les travaux en cours sur « l’explicabilité » des algorithmes », qui donneront à l’utilisateur du logiciel « les moyens de mieux appréhender les propositions des décisions » (proposition 27).
    • La Haute autorité souligne par ailleurs l’importance de « rendre plus visible le régime de protection des données personnelles », et plus particulièrement « les droits des utilisateurs en matière d’effacement ou de portabilité », et de « faciliter les voies de recours » (proposition 22).

    L’impératif de l’accessibilité du numérique

    « Pour un numérique au service de tous les usagers et de l’engagement de chacun », la HAS demande notamment :

    • de « garantir l’accès aux services publics de santé et d’accompagnement social dématérialisés » (proposition 1) ;
    • de « promouvoir la médiation numérique, par un référentiel de compétences, de formation et de bonnes pratiques » (proposition 2) ;
    • de « préserver les garanties d’anonymat, quand elles sont prévues, en leur donnant une base normative » (proposition 5).  

    Pour « mettre le numérique au service de la qualité des soins et des accompagnements », le rapport recommande de « reconnaître et [de] promouvoir le principe de co-construction dans l’élaboration des outils numériques de santé [via] un support normatif dédié » (proposition 4).  

  • Sanofi et Google vont collaborer autour d’un laboratoire virtuel d’innovation en santé

    Sanofi et Google s’associent pour élaborer un laboratoire virtuel d’innovation en santé dans le but de transformer le développement des futurs médicaments et des services du groupe pharmaceutique grâce aux technologies mise à disposition par Google.

    « En combinant les innovations biologiques et données scientifiques de Sanofi avec les capacités de premier ordre de Google, de l’informatique en cloud jusqu’à l’intelligence artificielle de pointe, nous aspirons à donner aux patients les moyens de mieux prendre le contrôle de leur santé et à accélérer la découverte de nouvelles thérapies », explique Ameet Nathwani, responsable des affaires médicales et du numérique chez Sanofi, dans un communiqué diffusé le 18 juin 2019.

    Les 2 partenaires analyseront des ensembles de données afin de mieux comprendre certaines pathologies pour en extraire des données patientes correspondantes : cette approche va permettre à l’entreprise française de créer des approches thérapeutiques plus personnalisées, d’optimiser la prise en charge et de réduire le coût des soins des patients. Sanofi va également migrer certaines de ses applications sur la plateforme Google Cloud afin de renforcer ses capacités en matière de données et d’analyse.

    Ainsi, les 3 objectifs de Sanofi sont : 
    • de mieux cerner le profil des patients en poussant l’analyse de leurs données ;
    • d’améliorer l’expérience client en proposant des services et des produits plus personnalisés ;
    • de revenir à la pointe de la technologie.

  • Étude : le profil Facebook, une aide potentielle à la prédiction de certaines pathologies (Plos One)

    L’analyse du contenu publié sur les réseaux sociaux améliore considérablement l’exactitude des prévisions des variables démographiques pour un grand nombre de maladies. C’est du moins ce que montre une étude* menée sur plus de 20 millions de mots écrits sur Facebook par 999 patients, qui s’est révélée particulièrement efficace pour prédire le diabète et les problèmes de santé mentale, y compris l’anxiété, la dépression et les psychoses. Les résultats de ces travaux menés par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont été publiés le 17 juin 2019 dans la revue Plos One.

    Les réseaux sociaux, outil de prédiction individuelle

    Plus de 2 milliards de personnes partagent régulièrement des informations sur leur vie quotidienne via les réseaux sociaux, révélant souvent qui elles sont, y compris leurs sentiments, leur personnalité et leurs comportements. Il a déjà été démontré que cette masse d’informations issue des réseaux sociaux contenait des signaux de santé précieux mais principalement au niveau global de la population. Par exemple, Twitter a été utilisé pour surveiller les épidémies et prédire les taux de mortalité par maladie cardiaque. En revanche, les études associant réseaux sociaux et diagnostics médicaux au niveau individuel sont nettement plus rares.

    Des chercheurs américains du Penn Medicine Center for Digital Health de l’université de Pennsylvanie ont voulu savoir si ces données partagées librement pouvaient avoir une valeur en terme de santé individuelle. Ils ont donc analysé 949 530 mises à jour de statut Facebook contenant 20 248 122 mots chez 999 participants dont les messages contenaient au moins 500 mots. Ces données s’étalaient sur 5 ans. Ils ont ensuite comparé ces informations avec celles contenues dans leurs dossiers médicaux électroniques. Par ailleurs, les chercheurs ont identifié des termes étant des marqueurs de 21 maladies.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 17 juin 2019 dans la revue Plos One.

    Résultats

    • Les 21 catégories de problèmes de santé étaient prévisibles à partir des messages publiés sur Facebook ;
    • 10 catégories étaient mieux prédites via Facebook que grâce aux facteurs démographiques standard (âge, sexe et race) ;
    • Facebook s’est révélé particulièrement exact pour prédire le diabète, la grossesse, les problèmes de santé mentale, les psychoses et la dépression ;
    • les termes reflétant l’hostilité étaient le marqueur prédominant de la toxicomanie et des psychoses ;
    • le langage religieux (par exemple dieu, famille, prière) permettait de prédire le diabète. Par exemple, les 25 % de patients ayant mentionné le sujet (dieu, famille, prier) étaient 15 fois plus susceptibles d’avoir eu un diagnostic de diabète.

    Aider les cliniciens à trier la masse de données

    Ces travaux sont précoces mais les chercheurs à leur origine espèrent que « les informations recueillies dans ces publications pourront être utilisées pour mieux informer les patients et leurs fournisseurs de soins de santé », a déclaré Raina Merchant, auteur principal et directeur du Center for Digital Health de Penn Medicine. « Étant donné que les publications sur les réseaux sociaux traitent souvent des choix de mode de vie et des expériences de quelqu’un, ou de la façon dont elle se sent, ces informations pourraient fournir des informations supplémentaires sur la gestion de la maladie et l’exacerbation. » Les chercheurs pensent que les cliniciens pourraient analyser les données des patients sur les médias sociaux via un « système opt-in » afin de déterminer le risque de maladie et de mener des interventions en matière de santé.

    Cependant, la masse de données pose problème. Les cliniciens ne sont pas en capacité « de les interpréter eux-mêmes ». « Pour résoudre ce problème, nous allons explorer comment condenser et résumer les données des réseaux sociaux, » ont indiqué les auteurs de l’étude.

    Gérer les données Facebook comme des données génétiques

    Par ailleurs, des problèmes éthiques se posent, concernant le respect de la vie privée, le consentement éclairé et la propriété des données. « Analogues au génome, les données des réseaux sociaux liées aux diagnostics médicaux peuvent être stockées avec le consentement du patient, et un codage du langage des réseaux sociaux peut être utilisé comme marqueur du risque de maladie, servir d’outil de dépistage et d’élucider l’épidémiologie de la maladie, » suggèrent les chercheurs américains.

    Un grand essai est en préparation, dans lequel il sera demandé aux patients de partager des publications sur les réseaux sociaux avec leur fournisseur de soins afin de déterminer si la gestion et l’utilisation des données sont réalisables, ainsi que le nombre de patients qui y consentiraient réellement.