Europe

  • PHW 2019 : retour d’expérience sur le déploiement de Gwalenn, solution e-parcours en Bretagne

    Un an après son lancement, en mars 2018, l’usage de la solution numérique de coordination des soins et de e-parcours en Bretagne, baptisée « Gwalenn », a évolué de façon exponentielle (chiffres au 21 mai 2019) :
    • en moyenne, 168 utilisateurs actifs par mois ;
    • 38 dispositifs d’appui et de coordination (Maia, PTA, réseaux, Clic) ;
    • 10 017 dossiers ;
    • 170 043 fiches de suivi.

    Initialement déployé sur 5 territoires pilotes, Gwalenn s’est ensuite étendu à la totalité des Maia et sur 9 des 10 PTA de la région. La co-construction se poursuit avec le Club d’utilisateurs (12 représentants), qui remonte les demandes d’évolution.

    À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2019, qui se tient du 21 au 23 mai 2019, le GCS e-santé Bretagne (avec Renaud Lefevre, directeur, et Gwenaëlle Le Garrec, cheffe de projet) et son fournisseur Médialis (Erwann Gravot, directeur associé), partenaire Gfi Informatique, présente un retour d’expérience sur le déploiement de l’outil régional. Ils insistent notamment sur la forte implication des acteurs du terrain pour répondre aux besoins métiers et expliquent que l’un des objectifs est de déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre 2019. Ils indiquent par ailleurs qu’un appel à manifestation d’intérêt a été diffusé en mars pour intégrer les Clic, réseaux spécifiques et PCPE à Gwalenn.

    Co-construction et démarche agile

    Gwalenn est né de la volonté et des besoins du terrain. La stratégie de déploiement s’est inscrite dans cette lignée, afin de multiplier les usages et de consolider l’adhésion au projet. Le GCS et Médialis révèle des facteurs clés de succès :

    • une forte implication des acteurs du terrain pour répondre aux besoins métiers (des groupes de travail pluridisciplinaires, notamment pour la définition des besoins dans le cahier des charges et la co-construction des process, l’approche agile Scrum, itérative et collaborative, des territoires pilotes et un cahier de tests, la gestion du backlog) ;
    • une démarche de « Quick Win » pour répondre aux demandes prioritaires ;
    • une solution intuitive et attractive pour un outil au service des professionnels et une prise en main facile (aujourd’hui, de nouveaux utilisateurs sont formés en interne, sans faire appel au GCS) ;
    • la présence sur le terrain des équipes du GCS e-santé Bretagne et de Médialis, pour être au plus près des professionnels et faciliter leur engagement ;
    • une évolution dynamique de l’outil (une nouvelle version tous les mois) ;
    • le transfert de compétences (les premières formations étaient gérées par Médialis mais 90 % d’entre elles sont désormais gérées par le GCS e-santé Bretagne).

    Initialement déployé sur 5 territoires pilotes, Gwalenn s’est ensuite étendu à la totalité des Maia et sur 9 des 10 PTA de la région. La co-construction se poursuit avec le Club d’utilisateurs (12 représentants), qui remonte les demandes d’évolution.

    1 des objectifs : déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre

    Un des objectifs est de déployer l’outil sur la dernière PTA de la région d’ici septembre 2019. De nouvelles fonctionnalités seront prochainement intégrées à Gwalenn, telles que le guichet d’orientation (un outil de signalement, repérage et orientation), InterRai (l’outil d’évaluation multidimensionnelle des Maia) et le portail des partenaires (un outil dédié aux libéraux). La volonté est en effet d’ouvrir les usages à de nouveaux acteurs du cercle de soins au sens large.

    En mars 2019, un appel à manifestation d’intérêt a été diffusé pour intégrer les Clic, réseaux spécifiques et PCPE à Gwalenn.

  • Infirmière coordinatrice de parcours : « la collaboration est la clé du succès » (M-A. Meyer, Paris)

    « La communication et la collaboration sont les clefs du succès. Savoir rester humble. Chaque personne, au regard de ses compétences à sa place et son utilité auprès du patient. Il faut donc savoir s’adapter et valoriser le travail des différents professionnels », estime à propos de son métier Marie-Astrid Meyer, infirmière coordinatrice parcours de soins/recherche au sein du pôle hospitalo-universitaire psychiatrie Paris 15ème du nouveau GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, dans le service du Pr Raphaël Gaillard.

    En ce contexte de mise en œuvre de parcours innovants, le métier de coordinateur de parcours fait partie de ceux qui émergent et se transforment au sein du secteur de la santé. Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Marie-Astrid Meyer décrit son poste, innovant, qui est amené à évoluer davantage dans les années à venir et qui met en relief l’importance du travail d’équipe entre les acteurs de soins, patient compris.

    En quoi consiste votre métier de coordinatrice parcours de soins/recherche. Peut-on parler de nouveau métier ?

    Mon poste s’inscrit dans ce que l’on appelle la « pratique avancée ». Il s’agit d’un nouveau mode d’exercice offert aux infirmiers et aux autres paramédicaux. Le décret date du 18 juillet 2018 et propose à ce jour 3 orientations possibles :

    • pathologies chroniques stabilisées ; prévention et polypathologies courantes en soins primaires ;
    • oncologie et hémato-oncologie ;
    • maladie rénale chronique, dialyse, transplantation rénale.

    Une nouvelle mention « psychiatrie et santé mentale » sera prochainement rajoutée. Mon métier s’inscrit ainsi dans ce processus.

    Depuis quand exercez-vous ?

    Je suis infirmière diplômée d’État depuis mai 2004. J’exerce en psychiatrie sur le pôle hospitalo-universitaire Paris 15 depuis 13 ans. J’ai travaillé dans différentes unités notamment « secteur », « hôpital de jour », « consultation » et « addictologie » pour en citer quelques-unes.

    Travaillez-vous pour un service en particulier ou de manière transversale ?

    Depuis 3 ans, je suis en poste sur des missions transversales. Je suis amenée à travailler avec les différentes structures psychiatriques du pôle sur le territoire du 15e arrondissement. Pour vous donner une idée, le 15e représente 293 673 habitants, soit l’équivalent de la ville de Bordeaux. Le pôle est composé de 3 secteurs : d’un institut de psychanalyse, d’un service d’addictologie, d’un foyer et de différentes unités polaires. Il possède 342 équivalents temps plein professionnels non médicaux, 49 professionnels médicaux senior et également une file active de 10 516 patients (suivis en 2018).

    En quoi améliorez-vous la coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux ?

    La collaboration entre médecins généralistes et médecins psychiatres reste à parfaire en psychiatrie mais la politique de notre pôle est dans cette dynamique d’échange et d’amélioration de la qualité des prises en charge en intégrant systématiquement le médecin généraliste du patient.

    J’ai à cette occasion eu la chance de rencontrer une partie des médecins généralistes et libéraux du 15e arrondissement. L’objectif était de faciliter les liens afin d’éviter les ruptures dans le parcours de soins, présenter le pôle et ses missions ainsi que les soins qui y sont proposés dans un souci de mettre en place une véritable collaboration.

    Il y a eu également une intervention du service de soins somatiques qui travaille à ce que chaque patient puisse bénéficier d’un médecin traitant sur le GHU Paris psychiatrie et neuroscience.

    Quel est le profil idéal, les compétences et la formation pour ce métier ?

    Si l’infirmier en pratique avancée en psychiatrie et santé mentale voit le jour, alors sans hésitation je vous conseillerais les compétences d’Ann B. Hamric pProfesseure et doyenne adjointe à la Virginia Commonwealth University’s School of Nursing et auteur de l’ouvrage Advanced Practice Nursing) :

    • pratique clinique directe ;
    • recherche ;
    • consultation ;
    • formation/conseil ;
    • leadership ;
    • collaboration ;
    • dimension éthique.

    En ce qui concerne la formation, un diplôme d’État (DE) sur 2 ans donnant le grade de master est nécessaire. Pour pouvoir exercer en pratique avancée, il faut pouvoir justifier d’au moins 3 ans d’exercice en tant qu’infirmier. 

    Selon vous, le patient joue-t-il réellement un rôle dans son parcours de soins ?

    C’est primordial ! le patient est mis au cœur de sa prise en charge. Il doit être acteur et accompagné si l’on veut éviter les rechutes et les ré-hospitalisations. Nous sommes là pour l’accompagner dans son parcours en tenant compte des différentes étapes qu’il traverse. Il s’agit là d’un accompagnement personnalisé prenant en compte son histoire de vie.

    Quelles sont les perspectives d’évolution de ce métier ?

    On peut devenir infirmier de pratique avancée puis avoir la possibilité de faire un doctorat et de développer la recherche en sciences infirmières.

    Quel conseil donneriez-vous aux futurs coordinateurs de parcours de soins ?

    La communication et la collaboration sont les clefs du succès. Savoir rester humble. Chaque personne, au regard de ses compétences à sa place et son utilité auprès du patient. Il faut donc savoir s’adapter et valoriser le travail des différents professionnels.

    Quelle est la perception de votre métier au sein de l’écosystème ?

    Je dirai que cela dépend des professionnels. Dans l’ensemble, mon poste est identifié et compris. Cependant cela nécessite de la disponibilité et de l’adaptabilité, de ré-expliquer régulièrement les contours du poste – d’autant que je suis sur un poste innovant qui est amené à évoluer en attendant la parution de la mention « psychiatrie et santé mentale » dans le décret d’infirmier en pratique avancée.

    Ce qui fait que ce poste est compris est également lié au fait que je suis accompagnée par ma hiérarchie médicale et paramédicale depuis le début. Le fait de bien préciser que je suis un maillon supplémentaire dans la chaîne du soin, que mon intervention nécessite de la collaboration et du travail d’équipe, suffit à rassurer les différents protagonistes. Il faut rappeler que j’interviens lorsqu’il y a un besoin identifié et pour des patients présentant un parcours complexe.

  • Rencontres du groupe des data managers académiques (Ac@DM) : les 13 et 14 juin 2019, Normandie

    Les prochaines rencontres du groupe des data managers académiques se tiendront les 13 et 14 juin 2019 en Normandie, dans la baie du Mont Saint-Michel. Ils célébreront les 10 ans d’existence d’Ac@DM, un groupe francophone de data managers issus de Centres hospitaliers universitaires, de centres de lutte contre le cancer, de groupes coopérateurs en oncologie, de sociétés savantes et d’agences gouvernementales. L’objectif est de se réunir pour réfléchir ensemble aux pratiques et ainsi améliorer le data management.

    Les inscriptions pour les conférences sont gratuites et désormais ouvertes mais il est impératif d’adhérer à ce groupe et d’exercer un métier lié aux activités de gestion de données dans le cadre de la recherche clinique académique.

    Les organisateurs peuvent être contactés par email : contact@acadm.fr.

    Programme

    Jeudi 13 juin

    • 9h30 Accueil des participants
    • 10h30 introduction
    • 11h00 Création d’un Health Data Warehouse au CHU de Rouen : principes et enjeux de la donnée jusqu’aux aspects éthiques :
      • Julien GROSJEAN, CHU de Rouen
    • 11h45 dossier communiquant  en cancérologie (DCC) en Normandie, intérêt, sécurisation et gestion des données :
      • Xavier BLAIZOT et Olivier SEREE, Réseau régional de cancérologie Onco Normandie
    • 12h30 Déjeuner
    • Session thématique : les défis des nouvelles réglementations applicables aux recherches (RGPD, méthodologies de référence de la CNIL…)
      • Modérateur : Franck MORIN, Intergroupe Francophone de Cancérologie Thoracique
    • 14h00 Partie 1 : les principes fondamentaux du traitement de données à caractère personnel (DCP) :
      • Marguerite BRAC DE LA PERRIERE, Avocat, Lexing Alain Bensoussan Avocats
    • 14h20 PARTIE 2 : Retour d’expérience de lamise en place d’action pour la sécurité des données dans un centre de lutte contre le cancer :
      • Anne-Cécile LE VAILLANT, juriste, Centre François Baclesse ;
      • Laurent ROUSSEL, directeur SI, Centre François Baclesse ;
      • Sandrine TISON, DPO, Centre Henri Becquerel et Centre François Baclesse
    • 14h45 Questions et débats
    • 15h45 Pause
    • 16h00 PARTIE 3 : Les analyses de risques et analyses d’impact
      • Laurence PICARD, directeur qualité gestion des risques, Centre François Baclesse
    • 16h30 Questions et débats
    • 17h00 Clôture de la journée
    • 18h30 Soirée culturelle au Mont Saint-Michel

    Vendredi 14 juin

    • 8h30 Accueil des participants
    • 9h00 Mise en place d’une étude populationnelle sur les accidents vasculaires cérébraux : la cohorte Caen Normandie « Normandy Stroke » :
      • Audrey BARBEDETTE, Observatoire normand des AVC, Inserm-UNICAEN-EFS UMR-S 1237
    • 9h45 Qualité de vie et patients connectés :
      • Sophie PAGET-BAILLY & Oumelkheir DJOUMAKH : Methodology and Quality of Life Unit in Oncology (Inserm UMR1098) Plateforme Qualité de Vie et Cancer 
    • 10h30 Pause
    • 10h45 Gestion et valorisation des données du centre de ressources biologiques (CRB) Ovaressources :
      • Mélanie BRIAND, CRB « OvaRessources », UMR Inserm U1086 « Anticipe »
    • 11h30 La cohorte E3N-E4N, la plus grande étude française sur la santé au sein de la famille : un défi pour le data manager :
      • Roselyn GOMES, Anita KOWAL, Noële MAITRE, Noëlle ROBERT, Emmanuelle CORREIA-DE OLIVEIRA LOPES & Lyan HOANGCESP – Equipe Générations et Santé, Inserm UMR-S 1018, Institut Gustave Roussy
    • 12h15 Déjeuner
    • 13h45 Ateliers session 1
    • Événements indésirbales : Quand l’impossible devient possible
      • Quân TRAN, Intergroupe Francophone de Cancérologie Thoracique
    • Systèmes d’information géographique dans l’étude des inégalités sociales en santé : l’apport du géocodage
      • Ludivine LAUNAY, Unité Inserm ANTICIPE, Cancers et prévention, Caen
    • 14h45 Pause
    • 15h00 Ateliers session 2
    • Le challenge du CDISC dans l’académique… 10 ans après :
      • Sylvain BOUDON, Institut du Cancer de Montpellier
    • Méthodes d’évaluation de l’exhaustivité, mesure a posteriori de la complétude et de l’exactitude des entités du système multi-sources :
      • Delphine DEGRE, Registre des Cancers de la Manche ;
      • Joséphine GARDY, Registres Général et Digestif des Tumeurs du Calvados
    • 16h00 Bilan et clôture des journées
    • 16h30 Fin de la journée
  • CPTS : l’accord conventionnel interprofessionnel critiqué par les médecins mais validé par l’USPO

    La Fédération des médecins de France (FMF) a mis en ligne le 17 mai 2019 le projet d’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur les CPTS, proposé à la signature par l’Assurance-maladie.

    Créées par la loi de modernisation du système de santé du  26 janvier 2016, les CPTS sont l’association de professionnels de santé libéraux autour d’une population donnée. L’accord négocié vise à définir les missions et le financement de ces communautés.

    Le Dr Richard Talbot, médecin généraliste, annonce dans un texte publié sur le site de la FMF qu’il votera contre ce texte qu’il juge « hypertrophié, compliqué au possible, [même] incompréhensible », qui « dévoie la « magnifique idée de constitution par les soignants eux-mêmes de communautés de partage et de coordination, pour porter des projets ». Selon lui, d’après l’accord, « c’est à la CPTS de mettre en place la quadrature du cercle, normalement du ressort des pouvoirs publics ».  

    Les principaux griefs du Dr Talbot sont les suivants :
    • il dénonce la volonté des autorités d’« imposer à marche forcée » cette « révolution » à la profession, alors que « moins de 10 % des médecins exercent réellement en MSP » et que « 50 % des généralistes sont les seuls médecins de leur lieu d’exercice » ;
    • le texte impose à la CPTS de mettre en place « la prise en charge le jour-même ou dans les 24 heures de la demande d’un patient du territoire en situation d’urgence non vitale (…) sans s’occuper de la justification médicale réelle de la demande » ;
    • le montant du budget de fonctionnement prévu « de 50 000 à 90 000 € » est selon lui « ridicule », parce que, indique-t-il, « pour fonctionner, les CPTS auront besoin de personnel (très) qualifié, à commencer par des coordinateurs ». Le budget alloué « ne couvrira pas les frais de personnel » pour une zone regroupant « de 40 000 à plus de 175 000 habitants, et de 1 000 à 4 000 soignants », commente-t-il ;
    • le texte demande de « favoriser les parcours pluriprofessionnels et les actions territoriales de prévention » alors qu’il n’y a déjà « pas assez de temps pour le soin », estime-t-il.

    Le SML critique également le texte

    Le Dr Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins libéraux (SML), déclare que ses cadres restent « très mitigés » sur l‘accord, jugeant également le dispositif « complexe » et son financement « insuffisant », notamment sur « la prise en charge des soins non programmés » (source : Le Quotidien du médecin).

    Le chef de file du SML précise que le montant de 70 000 euros proposé par l’Assurance maladie « pour l’organisation d’une régulation des demandes de soins pour une grosse CPTS couvrant plus de 175 000 habitants (…) n’est pas suffisant car, pour cette taille, il faudrait recruter deux secrétaires pour assurer les appels mais qui ne feront pas de la régulation ». « Comment payer alors les régulateurs ?, interroge-t-il. Dans le Grand-Est, le dispositif de régulation mise en place coûte 280 000 euros par an. »

    Les spécialistes CSMF inquiets

    Le Comité directeur des Spé-CSMF « soutient » pour sa part dans un communiqué daté du 29 avril 2019 « la volonté des pouvoirs publics et des syndicats médicaux de développer l’exercice coordonné, (…) gage de qualité et de pertinence au bénéfice du patient sur tout le territoire » mais refusent qu’il soit « gâché par une organisation technocratique tatillonne ».

    Les spécialistes CSMF dénoncent notamment :

    • le modèle porté par la Cnam, seul eux « très technico-administratif », qui « risque d’être chronophage pour les praticiens, avec un cahier des charges de plus en plus lourd, complexe, loin des réalités de terrain ». Telle qu’elle est envisagée, « la CPTS rappelle trop l’épisode des réseaux, dont l’échec fut patent il y a vingt ans », ajoutent-ils ;
    • la place de la médecine spécialisée, « réduite à la portion congrue » en l’absence de  « zonage territorial » dédié aux spécialistes. « Les demandes multiples de participations des hôpitaux de proximité donc des GHT, des structures médicosociales, de l’hôpital à domicile et demain des prestataires de services (…) risquent de marginaliser » [la contribution des médecins libéraux] au pilotage et à l’animation [de ces communautés] », estiment-ils ;
    • les « ambitions personnelles [de ceux qui] en mal de pouvoir espèrent, à travers la fédération des CPTS, contrôler le dispositif [si les CPTS étaient] reconnues par le régulateur comme les uniques représentants de l’ensemble des professionnels sur un territoire donné [intégrant les hôpitaux de proximité, alors que la Fédération hospitalière de France (FHF)] ne cache pas son intention d’inféoder les CPTS aux GHT ».

    Les pharmaciens plus enthousiastes

    S’agissant des pharmaciens, l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (USPO) a annoncé qu’elle serait signataire de cet accord. Dans un communiqué daté du 16 mai 2019, le conseil d’administration de l’organisation juge que cet accord « équilibré » va permettre « d’homogénéiser l’offre de santé, d’améliorer l’accès aux soins pour les patients et de renforcer l’attractivité des métiers de santé, et en particulier pour les médecins ».

    Il souligne que « l’utilisation des nouvelles technologies, comme la messagerie sécurisée de santé, la télémédecine et les télésoins, sera un élément déterminant pour faciliter le parcours de soins des patients et renforcer la coordination des professionnels de santé ». 

    Selon Le Moniteur des pharmacies, le syndicat de pharmaciens FSPF « attend encore un peu » avant d’annoncer sa décision.

  • L’AP-HP élabore un projet de livraison d’échantillons médicaux par drones

    L’AP-HP  prévoit de livrer des échantillons médicaux par drones. Le projet, initié mi-2017, a été envisagé dans le cadre de l’hôpital du futur pour répondre aux besoins de modernisation et d’accueil des patients des hôpitaux traditionnels. Il a été annoncé le 16 mai 2019 à l’occasion du salon VivaTech.

    L’AP-HP a retenu Atos et Azur Drones, après un appel à manifestations d’intérêt lancé la même année. Atos assurera le développement de la partie logicielle tandis qu’Azur Drones développera ces drones autonomes.

    Facile à manœuvrer, « tous les agents pourront y être formés », précise Lucie Lecestre, directrice marketing d’Azur Drones.

    Un projet qui s’inscrit dans la construction du nouvel hôpital de Saint-Ouen

    Lors de cet appel, les industriels ont été interrogés pour étudier la meilleure façon dont ces drones pouvaient s’intégrer à un autre projet : celui de la construction du futur hôpital de Saint-Ouen.

    Pour l’AP-HP, l’utilisation des drones doit être envisagée parallèlement à la construction du futur complexe hospitalier pour qu’il ne soit pas « dépassé, une fois construit », précise Olivier Savin, directeur des systèmes d’informations des hôpitaux universitaires Paris Nord Val-de-Seine.

    Néanmoins, Atos et Azur Drones devront prouver la faisabilité du projet avant la construction et l’ouverture du futur hôpital de Saint-Ouen.

    Des expérimentations fin 2019 et une économie non négligeable 

    Pour cela, des expérimentations vont être initiées d’ici fin 2019 avec pour objectifs de répondre à la réglementation européenne et française sur l’usage des drones et de définir les routes aériennes empruntables avec la direction générale de l’aviation civile (DGAC). 

    Côté financier, Olivier Savin, explique qu’une analyse économique comparative a été menée entre le coût du recours aux coursiers et l’utilisation des drones. Le recours aux coursiers coûte 170 000 euros par ans tandis qu’une ligne régulière de drones coûterait 50 000 euros. 

    « C’est donc non seulement viable mais cela nous permet, en plus, de réaliser des économies et d’en faire réaliser à la collectivité », déclare-t-il.

  • ARS Pays de la Loire : AMI sur l’expérimentation de dispositifs innovants de vie à domicile (10/07)

    L’agence régionale de santé des Pays de la Loire, en concertation avec les 5 départements de la région, lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) relatif à l’expérimentation de dispositifs innovants de vie à domicile pour personnes âgées en perte d’autonomie. 

    Il s’adresse à tous les organismes gestionnaires, titulaires d’une activité médico-sociale pour personnes âgées.

    Les modalités de candidatures sont les suivantes :
    • dépôt d’une lettre d’engagement : jusqu’au 10/07/2019
    • dépôt d’un pré-projet : jusqu’au 6/09/2019

    Contexte de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI)

    Suite au projet régional de santé 2018-2022, aux termes duquel l’ARS a consacré un volet spécifique à « l’Ehpad de demain », une réflexion collective a été animée en 2018 par le Centre régional d’études, d’actions et d’informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité (Creai) des Pays de la Loire. L’objectif était d’identifier les évolutions nécessaires des prestations en Ehpad afin d’expérimenter dans la région des dispositifs innovants de maintien à domicile, et en déterminer les conditions de réussite.

    Cette réflexion a abouti à l’élaboration par l’ARS d’un référentiel régional, fixant les objectifs et modalités de fonctionnement attendus de ces dispositifs innovants de vie à domicile, ainsi que leurs conditions d’expérimentation.

    Objectifs du dispositif innovant de vie à domicile (cible)

    L’expérimentation de dispositifs innovants de vie à domicile doit permettre de proposer aux personnes âgées en perte d’autonomie  d’un territoire (EPCI, bassin de vie) de bénéficier d’un panier de services, dans lequel elles pourront disposer de prestations coordonnées répondant à des besoins évolutifs et dont la qualité est garantie.

    Modalités de l’AMI

    La réponse à l’appel à manifestation d’intérêt se fait selon 2 modalités :

    Les critères de sélection des projets

     Les projets déposés seront priorisés selon les critères suivants :

    • adéquation du public ciblé et pertinence du territoire de mise en œuvre au regard de ses besoins et de la dynamique territoriale des acteurs ;
    • socle de prestations mises en œuvre au démarrage de l’expérimentation ;
    • capacité d’intégration à l’issue de l’expérimentation de l’ensemble des prestations ;
    • modalités de montée en charge progressive de l’expérimentation ;
    • co-construction du projet avec les prestataires et partenaires du territoire ;
    • modalités de réponse à un besoin de surveillance 24H/24 et de réponse à l’urgence ;
    • modalités de coordination et de réactivité des prestations au regard des besoins des usagers ;
    • coût du projet au regard des prestations déployées et de la file active, reste à charge pour l’usager ;
    • clarté et stabilité du modèle de gouvernance du dispositif.

    Les projets déposés feront l’objet d’une instruction conjointe des services techniques de l’ARS et du département concerné.

    Modalités de dépôt et contact

    • Fenêtre de dépôt des lettres d’engagement : jusqu’au 10/07/2019
    • Fenêtre de dépôt des pré-projets : jusqu’au 6/09/2019
    • Contact : ars-pdl-dosa-aap@ars.sante.fr
  • PHW 2019 : partenariat IA entre le CHU de Bordeaux et Deski pour l’analyse d’échographies

    Le CHU de Bordeaux et la start-up bordelaise Deski annoncent la signature d’un accord-cadre visant à faciliter le lancement de projets de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle « par des accès rapides, privilégiés et réguliers à la structure de recherche » du CHU. Le partenariat se concentrera dans un premier temps sur des outils d’aide à la démocratisation de l’échographie, précisent les deux signataires dans un communiqué daté du 14 mai 2019. 

    Deski a installé, au sein du CHU de Bordeaux, un serveur de calcul à hautes performances dédié à l’IA afin d’analyser des données anonymisées, conformément à la règlementation et aux exigences de la Cnil. Plus de 17 000 examens échographiques cardiaques sont réalisés et analysés chaque année par les cardiologues du CHU. C’est à partir de ces données que Deski entraîne ses algorithmes de deep learning (apprentissage profond) pour reproduire les analyses d’experts et les rendre accessibles à une plus large communauté médicale. 

    Le projet prévoit tout d’abord de développer des outils d’aide à l’analyse cardiaque, en lien avec le service de cardiologie et de valvulopathie du CHU de Bordeaux dirigé par le Pr Stéphane Lafitte (unité 1034 Inserm), avant d’être étendu à la gynécologie, à la gastro-entérologie et à l’urologie.

    Le CHU et Deski organisent un point sur leur alliance le 22 mai à 10 heures à l’occasion de la Paris Healthcare Week (stand CHU de Bordeaux/Région Nouvelle-Aquitaine – Hall 7 Stand G61).

    Objectif de Deski : simplifier l’usage de l’échographie par des médecins non-experts

    La société Deski, qui combine expertise en imagerie médicale et maîtrise d’algorithmes d’intelligence artificielle, a développé des solutions fondées sur l’intelligence artificielle pour simplifier l’usage de l’échographie par des médecins non-experts. Elle prévoit que « le stéthoscope du médecin de demain sera une sonde échographique » et souligne que l’examen d’échographie « requiert une forte et longue expérience pour son acquisition et son analyse », ce qui demeure «un obstacle à [sa] démocratisation ».

    Un impact important dans les pays en voie de développement

    La société s’engage en faveur de la diffusion de l’échographie, qui devrait selon elle avoir un impact « fort pour les pays développés[,]  où l’on connaît le problème des déserts médicaux, [et] encore plus important dans les pays en voie de développement, où les systèmes de santé et d’imagerie médicale ne sont pas encore établis ».

    « Ce partenariat est une véritable opportunité pour Deski : avoir accès à une large base de données expertisée et au support de médecins spécialistes reconnus sont des conditions optimales pour le développement de nos solutions », déclare  le cofondateur de la société, Bertrand Moal, docteur en biomécanique et interne de médecine au CHU de Bordeaux. 

    « L’analyse des données, réalisée en interne, par des professionnels du CHU ayant des doubles compétences médicales et du monde des sciences de l’ingénieur, permet aux patients d’être mieux suivis, aux étudiants et aux professionnels d’être mieux formés », explique de son côté Philippe Vigouroux, directeur général du CHU de Bordeaux.

  • La e-santé va « révolutionner » la lutte contre les addictions (rapport Mildeca)

    « La lutte contre les drogues et les conduites addictives ne peut pas se passer de l’apport de la e-santé. » C’est ce qu’affirme le rapport remis à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) par Michel Reynaud, président du fonds Actions Addictions, et Jean-Pierre Thierry, le conseiller e-santé du fonds, sous le titre « Addictions : la révolution de la e-santé pour la prévention, le diagnostic et la prise en charge ».

    Les auteurs du rapport, rendu le 14 mai 2019, demandent « un plan pour le déploiement progressif et intégré des solutions de e-santé » dans ce domaine. Ils annoncent que « la mobilisation de nouveaux acteurs tels que les consommateurs et les patients » grâce aux solutions numériques « permettra de répondre en partie aux besoins non couverts par les spécialistes médicaux » et que la technologie pourra « faciliter également les parcours de soins, actuellement peu cohérents et comportant de nombreux points de rupture ».  

    « Le smartphone doit désormais être considéré comme le vecteur privilégié pour l’adoption des services et solutions de la e-santé dans le champ des addictions », estiment les auteurs. Selon eux, « l’étude des troubles comportementaux dans les addictions (…) sera révolutionnée par l’IA appliquée aux données générées » par ces appareils.

    Une task force « addictions et e-santé »

    Le rapport recommande notamment de créer une task force « addictions et e-santé », réunissant des experts du domaine des addictions, de la e-santé et de la transformation numérique. Cette task force serait chargée :

    • de définir un plan d’action visant à inclure la e-santé dans les programmes publics de lutte contre la drogue et les conduites addictives ;
    • de rechercher l’engagement des usagers et des représentants de patients, avec le concours de l’Union nationale des associations agrées d’usagers du système de santé (France Assos Santé) ;
    • de contribuer à garantir le respect des règles nationales et européennes garantissant la confidentialité et la sécurité des données de santé (Cnil, RGPD).  

    Intégration territoriale et recherche

    Les auteurs demandent d’« identifier deux ou trois régions sanitaires pilotes pour l’expérimentation d’une intégration territoriale de la e-santé, pour l’amélioration de la qualité de la coordination des soins et du parcours des patients », bénéficiant de l’appui des Grades. Ce projet concernerait une plateforme incluant télésanté, parcours de soins, dossier de coordination, gestion des rendez-vous, gestion des objets connectés.

    Le rapport préconise de favoriser la recherche dans le domaine des addictions reposant sur l’analyse des données populationnelles et comportementales, en relation avec le Health Data Hub ainsi que dans le cadre des Instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle (3IA), le tout « en tenant compte du potentiel de la santé mobile, des chatbots, des jeux sérieux et de la réalité virtuelle».

    Les auteurs du document suggèrent également de créer un observatoire des « stratégies de communication numérique susceptibles de favoriser les conduites addictives et ciblant notamment les plus jeunes ». Cette entité serait également chargée de coordonner « les stratégies numériques susceptibles de contrer ces incitations ».

    Des recommandations d’ordre général

    Le rapport propose parallèlement de « favoriser le développement et la reconnaissance du rôle des « patients experts » pour l’information des aidants, l’éducation thérapeutique et l’animation des plateformes et solutions intégrées spécialisées dans les addictions » .

    Ses auteurs demandent la reconnaissance de la situation de longue maladie pour les addictions sévères afin de faciliter leur traitement : il s’agirait d’inscrire les addictions dans la liste des affections de longue durée exonérantes (ALD 32).

  • Passer d’une logique comptable du CEPS à une rémunération à la performance (CHd Villettes, FédéPsad)

    « Nous contestons la méthode de travail du Comité économique des produits de santé (CEPS), déclare Charles-Henri des Villettes, président de la Fédération des prestataires de santés à domicile (Psad) et Vice-President Home Healthcare France au sein du groupe Air Liquide. Nous avons proposé un certain nombre de points de méthode, notamment pour des négociations à visée pluriannuelle. Nous voulons aussi que les outils de régulation évoluent car ils servent de base au CEPS pour élaborer la tarification de notre activité. »

    Dans une interview accordée à Health & Tech Intelligence, le président de la Fédération des Psad explique vouloir mettre en place « des mécanismes de régulation qui permettront de maîtriser les dépenses mais qui seront des mécanismes plus intelligents et plus durables comme par exemple du paiement à la performance », l’idée étant d’être rémunéré en fonction du réel service rendu et de la pertinence du soin.

    Statut, méthode de régulation et plan d’économies sont les 3 sujets sur lesquels se bat la fédération, qui souhaite notamment que le prestataire de santé à domicile soit considéré comme un acteur à part entière de la prise en charge médicale. Les Psad veulent ainsi être mieux identifiés par les ARS afin de pouvoir collaborer avec elles, précise Charles-Henri des Villettes, et « être intégrés dans l’écosystème de santé au même titre que tous les acteurs de santé » afin de participer aux outils de coordination en train d’être déployés, tels que les CPTS.

    « Nous demandons simplement à être une profession bien identifiée et reconnue »

    Combien de patients sont pris en chargé à domicile actuellement ?

    Charles-Henri des Villettes : Notre objectif est de rendre les patients autonomes et qu’ils adhèrent à leur traitement. Il y a un véritable enjeu sur le bon suivi des traitements.

    Nous prenons en charge 2 millions de patients à leur domicile. Avec tous les aidants et les familles autour, on touche probablement, directement ou indirectement, 10 millions de personnes en France. Et aujourd’hui, du fait du virage ambulatoire et du développement de la prise en charge à domicile, du vieillissement de la population et de la chronicisation des pathologies, nous faisons face à un besoin de prise en charge à domicile de plus en plus fort qui appelle une réponse collective dont nous sommes parties prenantes.

    Souhaitez-vous une évolution du statut pour être reconnu au même titre que les professionnels de santé ?

    Nous ne revendiquons pas le statut de professionnel de santé même si nous avons beaucoup de professionnels de santé (pharmaciens, médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, diététiciens, etc.) parmi nos 20 000 collaborateurs. Cela représente 20 % de nos effectifs. Nous demandons simplement à être une profession qui, avec les autres acteurs dont les professionnels de santé, est bien identifiée, reconnue, et légitime pour partager, échanger et coordonner le parcours de soins du patient.

    Nous souhaitons être considérés comme un acteur à part entière de la prise en charge médicale. Ce rôle n’a pas encore été retranscrit dans le code de la santé publique alors que la réalité de notre métier a beaucoup évolué. Il faut aussi prendre en compte le fait que les patients eux-mêmes demandent à être pris en charge à domicile. Il y a des thérapies pour lesquelles nous pouvons être un substitut à l’hospitalisation et pour d’autres où nous ne le pouvons pas du tout. Par exemple, pour les patients souffrant d’apnée du sommeil, la thérapie peut se faire à domicile et ne nécessite pas l’hospitalisation du patient.

    Il y a un autre enjeu aussi. Le statut actuel ne permet pas non plus aux autorités régionales de santé de bien connaître qui sont les acteurs qui interviennent : qui sont les prestataires de santé à domicile (Psad) sur le territoire ? Que font-ils ? Pour quelles prestations ? Aujourd’hui, ce n’est pas du tout encadré par les ARS. Nous souhaitons être mieux identifiés par les ARS et pouvoir collaborer avec elles.

    Par ailleurs, les Psad sont capables de mailler complètement le territoire. Notre objectif est de pouvoir être intégrés dans l’écosystème de santé au même titre que tous les acteurs de santé (l’hôpital, la médecine de ville, les infirmiers libéraux, les kinésithérapeutes, les pharmaciens, etc.) afin de participer aux outils de coordination qui se mettent en place aujourd’hui tels que les CPTS, pouvoir partager nos données et alimenter le DMP.

    Quel rôle joue vos médecins collaborateurs ? Peuvent-ils prescrire une prestation de service à domicile ?

    Aucune prescription médicale ne vient de l’interne. Cela n’est pas autorisé. Les médecins qui travaillent au sein de nos organisations s’assurent des standards de qualité pour s’assurer des standards de formation des intervenants à domicile mais n’ont aucun rôle dans la prescription qui se fait par le médecin de ville ou par le médecin hospitalier. Ce sont généralement des médecins spécialistes qui font la prescription.

    Le Comité économique des produits de santé (CEPS)* demande 150 millions d’euros d’économies aux prestataires de santé à domicile pour l’année 2019. Qu’en pensez-vous ?

    L’une de nos revendications porte sur les outils de régulation pratiqués par le CEPS. Nous souhaitons construire avec le comité la régulation pour une maîtrise pérenne de la dépense en substitution des baisses de prix qui seront pratiquées. Le plan d’économies de 150 millions d’euros demandé par le CEPS pour 2019, qui de notre point de vue est insoutenable pour le secteur.

    3 revendications principales

    Quelles sont exactement vos revendications ?

    Nous avons 3 revendications principales et 3 sujets en souffrance.

    • Le premier c’est le sujet de l’évolution statutaire et comment les Psad peuvent se faire reconnaître dans le système de santé à une place différente de celle qu’ils occupent aujourd’hui. C’est un point qu’on discute depuis plusieurs années avec les gouvernements successifs et qui n’a que très faiblement évolué.
      Nous avons notamment fait porter des propositions d’amendements par une quarantaine de parlementaires sur le dernier projet de loi santé pour faire évoluer ce statut mais tous ces amendements ont été jugés irrecevables et n’ont pas été débattus. Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont été jugés irrecevables. Ils ont été considérés comme cavaliers législatifs donc hors du champ de l’objet du texte de loi alors que la loi aurait très bien pu porter sur cette thématique d’évolution.
      Je pense que le blocage vient du fait que le gouvernement a envie d’aller vite sur ces sujets législatifs et que ce sont des sujets qui demandent de réconcilier différents points de vue, qui peuvent être un peu polémiques puisque tout le monde n’a pas la même vision de l’écosystème de santé. Cela nécessite un effort à la fois de pédagogie et de concertation avec de nombreux acteurs que, peut-être, le gouvernement n’avait pas envie de faire.
    • Le deuxième sujet d’insatisfaction fort et qui n’est pas nouveau, c’est le mode de concertation avec les pouvoirs publics et notamment le CEPS. Aujourd’hui, il y a beaucoup de points méthodologiques qui rendent le dialogue extrêmement difficile. On n’a pas du tout de visibilité sur la régulation. Nous avons besoin d’anticiper pour mener nos activités, ce qui implique de travailler sur des plans pluriannuels.
    • Nous avons également un gros sujet autour du partage de données et sur la construction de diagnostics communs sur l’évolution des dépenses. Le problème est que nous ne faisons pas ce travail en collaboration avec le CEPS.

    Proposition : un « paiement à la performance »

    Que proposez-vous pour mieux maîtriser les dépenses ?

    Le CEPS régule le secteur des Psad et fixe les tarifs et les nomenclatures. Nous contestons sa méthode de travail. Nous avons proposé un certain nombre de points de méthode, notamment pour des négociations à visée pluriannuelle. Nous voulons aussi que les outils de régulation évoluent car ils servent de base au CEPS pour élaborer la tarification de notre activité.

    Face à l’augmentation des dépenses et du nombre de patients pris en charge à domicile, la solution la plus rapide et la plus pratique pour le CEPS est de faire baisser les prix. Or ce mécanisme est absolument délétère pour les entreprises parce que nous ne sommes plus capables d’absorber les baisses de prix qui nous sont proposées. Nous proposons des mécanismes de régulation qui permettront de maîtriser les dépenses mais qui seront des mécanismes plus intelligents et plus durables comme par exemple du paiement à la performance. L’idée est d’être rémunéré en fonction du réel service rendu et de la pertinence du soin. C’est ce que nous avions réussi à faire sur l’apnée du sommeil par exemple.

    En quoi consiste concrètement ce modèle ?

    Nous avons mis en place un modèle de rémunération des prestataires qui va conditionner la rémunération à l’adhérence au traitement des patients sachant que notre métier, c’est d’assurer l’observance. Donc si le patient suit son traitement, la rémunération est protégée. Et si ce n’est pas le cas, il y a une dégressivité de la rémunération en fonction de son niveau d’observance. Nous souhaitons sortir de la logique uniquement tarifaire et purement comptable du CEPS.

    Avec les outils de suivi et de télésurveillance, nous sommes capables d’identifier quasiment en temps réel les problèmes que rencontre le patient, comme les signaux faibles qui vont le faire progressivement décrocher de sa thérapie. La remontée d’informations des dispositifs connectés médicaux nous permet d’intervenir très vite, par exemple en appelant le patient pour comprendre les difficultés auxquelles il est confronté dans le cadre de son traitement et lui apporter un soutien.

    Cette information est aussi transmise au médecin prescripteur. Nous formons ainsi un trinôme avec le Psad, le médecin et le patient. Nous encourageons en permanence le dialogue entre ces trois acteurs. Nous commençons par identifier des problèmes, nous en parlons au patient et, lorsque cela est nécessaire, au médecin prescripteur. Le médecin pourra alors demander au patient de venir le voir en consultation. C’est de cette manière que nous faisons évoluer la prise en charge et que nous rendons le meilleur service aux patients.

    Souhaiteriez-vous pouvoir alimenter le DMP du patient avec ce type d’informations ?

    Oui, avec l’accord du patient. Ce type d’informations sur l’observance peut être très utile pour le médecin spécialiste et pour le médecin généraliste. Le partage de données devient aujourd’hui essentiel et les données sont sous-exploitées. Quand le patient change de médecin prescripteur, il est intéressant pour son successeur d’avoir une vision sur l’historique. Cela permet d’avoir une certaine continuité.

    « Je pense qu’il y a une volonté des pouvoirs publics d’apaiser la situation »

    Estimez-vous que vos revendications ont été entendues par le ministère ?

    Nous nous sommes battus sur les trois points évoqués – statut, méthode de régulation et plan d’économies – jusqu’à prévoir de manifester le 16 avril ; ce que nous avons suspendu suite à la tragédie de Notre-Dame. Mais pour autant, nous avons été reçus par le ministère des Solidarités et de la Santé et de mon point de vue, nous avons fait des avancées qui me semblent prometteuses sur les trois volets.

    • D’une part, le ministère s’est engagé à mener une étude d’impact sur l’évolution de notre statut avec des conclusions attendus pour l’automne.
    • D’autre part, sur la méthode de régulation le ministère a acté de la pertinence de nos demandes en termes de méthodologie et s’est engagé à envoyer une lettre d’instructions au CEPS pour intégrer nos points de méthode dans l’accord-cadre qui doit être renouvelé entre le comité et les acteurs.
    • Enfin, le ministère a acté le fait de donner un nouveau mandat de négociation au CEPS, ce qui a donné lieu à une réunion interne au CEPS le 24 avril. Ce nouveau mandat nous sera présenté dans une réunion programmée le 6 mai. Je garde bon espoir que ce sujet-là comme les deux premiers avancent.

    Je pense qu’il y a une volonté des pouvoirs publics d’apaiser un peu la situation et de résoudre les différends qui nous opposent et qui empêchent d’avancer aujourd’hui. Maintenant il faut qu’on soit aussi très vigilants sur la mise en œuvre réelle de tout ce qui nous a été promis par les ministères. Mais nous partons plutôt confiants parce que j’ai perçu des idées et des avancées positives du côté du ministère.

    « Il y a une vraie appétence des patients pour le numérique et le digital »

    Comment voyez-vous l’évolution des pratiques des Psad dans un système de santé de plus en plus digitalisé ?

    Je pense que la vague du numérique représente une vraie chance pour les patients. Ce que je constate, c’est qu’il y a aussi une vraie appétence des patients pour le numérique et le digital. Au lancement de la mise en place du télé-suivi dans l’apnée du sommeil, nous avions peur que le dispositif connecté soit mal accueilli par les patients. Nous nous sommes rendu compte que les patients adhéraient fortement à ce principe de suivi parce qu’ils ont compris que cela allait améliorer leur qualité de vie et la qualité des prises en charge. Je pense donc que c’est une révolution qui est vraiment bénéfique à tous.

    Le digital peut permettre aussi de faire évoluer les modes de tarification. La possibilité de moduler la rémunération en fonction de certains indicateurs cliniques ou d’adhérence au traitement représente une opportunité d’améliorer la pertinence des soins et l’accompagnement du patient.

    Par ailleurs, le numérique crée de nouveaux métiers. Nous avons par exemple mis en place au sein des Psad des équipes dédiées à la gestion des alertes. Nous avons créé des algorithmes qui nous permettent d’identifier les patients en difficulté. Cela nous permet d’intervenir plus vite et plus efficacement.

    C’est ce que nous commençons aussi à faire dans le programme Etapes de télésurveillance sur les 4 pathologies suivantes : insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, diabète et insuffisance respiratoire. Nous sommes en train de créer une médecine moderne avec des nouveaux métiers, pour une meilleure prise en charge des patients. Notre objectif est aussi de rendre la dépense de l’Assurance maladie la plus utile possible.

  • HIMSS 2020 : lancement de l’appel à speakers (deadline : 15/07/2019)

    Un appel à speakers international est lancé par HIMMS dans le cadre de son prochain congrès, qui se tiendra du 9 au 13 mars 2020 à Orlando, aux États-Unis.

    Les intéressés ont jusqu’au jusqu’au 15 juillet 2019 pour postuler via le site officiel de l’organisation américaine. Le programme complet de l’événement sera dévoilé au cours de l’année.

    Pour postuler, les candidats doivent axer leur proposition sur l’une des thématiques identifiées par HIMSS :

    • Applied Artificial Intelligence and Machine Learning

    • Biomedical Informatics or Healthcare Informatics

    • Consumerization and Patient Experience

    • Cybersecurity, Privacy, or Security

    • Data and Analytics

    • Health Information Exchange or Interoperability

    • Healthcare Applications and Technologies

    • Innovation, Entrepreneurship, or Venture Investment

    • Leadership, Governance, or Strategy

    • Organizational Change Management

    • Personalized Health and Genomics

    • Population Health or Public Health

    • Professional Development or Workforce Development

    • Quality Improvement Model Practices

    • Telehealth

    • User Experience (UX), Usability, or User-Centered Design

    • Value-Based Care Models