Etablissements

  • Appel à patients chroniques : l’AP-HP vise les 100 000 volontaires pour sa communauté ComPaRe

    Dans le cadre de sa communauté de patients pour la recherche ComPaRe, l’Assistance Publique – Hopitaux de Paris (AP-HP) a lancé le 4 octobre 2018 un appel à patients souffrant de maladies chroniques. Toutes les maladies sont concernées :
    • les maladies fréquentes comme le diabète, la bronchite chronique, le cancer, l’hypertension artérielle, la lombalgie chronique ;
    • les maladies moins connues comme le vitiligo, l’endométriose, la maladie de Verneuil, la maladie de Crohn ou encore d’autres maladies rares.

    L’objectif est de constituer une communauté de 100 000 patients volontaires pour apporter, par la recherche clinique, des connaissances nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie des patients et de la prise en charge de leur maladie chronique.

    Les informations dans la cadre de cette recherche sont hébergées par la plateforme de recherche publique portée par l’AP-HP, ComPaRe, pilotée par le directeur du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu, le Pr Philippe Ravaud.

    Contribuer à la recherche en fournissant des données ou en la façonnant

    Les conditions d’accès sont les suivantes :

    • être majeur ;
    • être détenteur d’une adresse de messagerie électronique ;
    • être pris en charge pour une ou plusieurs maladies chroniques (c’est-à-dire une affection nécessitant un suivi médical de plus de six mois).

    Données impactant 20 millions de personnes

    Actuellement, à peu près un tiers de la population française souffre d’une maladie chronique soit environ 20 millions de personnes. Améliorer la recherche dans ce domaine contribuerait à éviter à ce que la qualité de vie ne soit pas détériorée de façon considérable par la pathologie à cause, notamment, d’errances de diagnostic, de complications ou d’invalidités et de souffrances physiques et morales associées.

    Aujourd’hui, 7 000 volontaires ont adhéré à ComPaRe tout comme 29 associations de patients partenaires, depuis le lancement de la plateforme en 2017 sous la direction du Pr Philippe Ravaud, directeur du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP.

    Actuellement, sept cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites et à l’hypertension artérielle ont été mises en place. Il est prévu que quatre autres cohortes spécifiques soient constituées d’ici la fin 2018.

    Recueil des données via des questionnaires via la plateforme

    Les patients volontaires  s’inscrivent et contribuent directement en ligne, sur la plateforme hébergée et sécurisée https://compare.aphp.fr.

    Ils répondent aux questionnaires élaborés par des chercheurs qui portent sur des dimensions liées directement à leurs maladies, les symptômes associés, les traitements reçus, mais également sur des  aspects liés à leurs perceptions et ressentis : le vécu et l’impact de la maladie sur leur vie quotidienne et la qualité de vie. En fonction de la pathologie, renseigner les questionnaires peut prendre entre 10 et 30 minutes par mois.

    Le traitement de ces données doit permettre aux chercheurs d’identifier des pistes pour améliorer la qualité de vie et la prise en charge des patients.

    Participer aux instances de gouvernance

    Les patients volontaires peuvent aussi apporter leurs contributions à toutes les étapes de la recherche clinique :

    • gouvernance des études via les conseils scientifiques ;
    • conception des études (proposition et choix des questions et des informations recueillies, etc.) ;
    • réalisation des études (aide au recrutement d’autres patients et à la promotion de la communauté via les Patients Ambassadeurs, analyse des données avec les chercheurs…).
  • L’UNPS et l’Uncam signent le nouvel Acip : les outils numériques au cœur de la stratégie à 5 ans

    L’Accord Cadre Interprofessionnel (Acip) fixant les lignes directrices des prochains accords conventionnels pour les cinq années à venir a été signé le 10 octobre 2018 entre l’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) et l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (Uncam) siège de l’Assurance Maladie.

    Il s’agit d’un cadre structurant qui définit la dynamique à poursuivre par la voie conventionnelle et qui s’articule autour de trois axes-clés :
    • le déploiement d’outils favorisant l’exercice coordonné ;
    • la généralisation de la prise en charge coordonnée des patients ;
    • la simplification des conditions d’exercice des professionnels de santé.

    Ces axes s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé, Ma santé 2022, présentée le 18 septembre 2018 et qui nourrit les ambitions suivantes : conforter l’offre de soins de premier recours ; renforcer la prévention, l’efficience et la qualité de la prise en charge des patients ; améliorer l’articulation entre les établissements de santé et l’ambulatoire pour assurer la continuité des parcours des patients ; améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé.

    L’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) représentait 12 professions de santé : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens d’officine, biologistes responsables infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, audioprothésistes et transporteurs sanitaires.

    Dans l’Acip est inscrite la reconnaissance de l’importance du recours aux outils numériques comme moyens de faciliter les échanges entre professionnels de santé au service d’une prise en charge des patients de qualité.

    Accompagner le déploiement d’outils numériques favorisant l’exercice coordonné

    C’est pourquoi les deux acteurs se sont entendus sur e bien-fondé des outils suivants et leur déploiement accéléré :

    • le Dossier Médical Partagé (DMP) : un objectif de 40 millions de DMP ouverts d’ici à 5 ans a été fixé dans l’Acip. Les professionnels de santé sont invités à y intégrer le volet de synthèse médicale, les résultats d’examen et les vaccinations, alors que des travaux devraient être engagés avec les éditeurs de logiciels dans l’objectif de faciliter l’intégration automatique de données structurées dans le DMP ;
    • la Messageries Sécurisées de Santé (MSSanté) dont l’usage généralisé par l’ensemble des professionnels de santé devrait se faire d’ici à 3 ans ;
    • un calendrier progressif de 4 ans du déploiement de la e-prescription (selon le type de prescriptions, en commençant d’abord par les médicaments puis en s’étendant ensuite sur les examens de biologie, d’imagerie et les actes infirmiers) a été arrêté : la prescription électronique permet de simplifier et sécuriser le circuit de l’ordonnance, de fluidifier les échanges entre les médecins et les professions prescrites, et de favoriser la coordination des soins ;
    • l’équipement pour effectuer des actes télémédecine : les outils et les organisations nouvelles facilitant le recours à la télémédecine vont être associés à une aide à l’investissement technique que leur mise en place requière.

    Développer la prise en charge coordonnée des patients

    Les outils numériques dont le déploiement est encouragé par l’Acip sont au service d’une prise en charge coordonnée des patients, qui est également formalisée dans l’accord signé :

    • l’Acip acte le principe de la nécessaire généralisation de l’exercice coordonné qui sera repris dans tous les accords conventionnels à venir. Cet exercice coordonné peut prendre plusieurs formes :
      • maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ;
      • équipes de soins primaires ;
      • toute forme d’organisation pluriprofessionnelle générant une réponse coordonnée de proximité ;
    • nécessité pour les professionnels de santé d’organiser à l’échelle de leur territoire une réponse collective aux besoins de santé de la population dans le cadre de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
    • la pratique coordonnée de la médecine pourra s’appuyer sur le recours et l’essor des pratiques de télémédecine rendant possibles une prise en charge et un suivi plus rapides sur l’ensemble du territoire ;
    • l’exercice coordonné doit enfin favoriser l’implication des professionnels de santé dans les actions et programmes de prévention et de promotion de la santé.

    Simplifier les conditions d’exercices des professionnels de santé

    Les priorités ici consistent à :

    • maintenir l’accompagnement individualisé des professionnels avec les praticiens-conseils et les délégués d’assurance maladie sous forme d’échanges confraternels autour :
      • de cas-patients ;
      • de pathologies, orientés vers le parcours de soins des patients ;
    • proposer un accompagnement des professionnels par des conseillers informatiques dans le domaine des outils numériques fondamentaux, mais à la fois les télé-services.

  • Health Data Hub : A.Buzyn souhaite un lancement d’ici juin 2019 et nomme J-M. Aubert pilote du projet

    « Il serait bien de tabler sur un lancement officiel du Health Data Hub d’ici juin 2019 », a demandé aux pilotes du projet la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ce vendredi 12 octobre 2018 lors de la remise du rapport portant sur les conclusions de la mission de préfiguration du hub, qui vise à mutualiser des ressources technologiques et humaines et à promouvoir l’innovation pour faire de la France un leader des données de santé. « Il y a urgence à agir », a souligné la ministre.

    Les trois auteurs du texte, Dominique Polton, présidente de l’Institut national des données en santé (INDS), Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au CHU de Rennes, et Gilles Wainrib, président fondateur de la start-up Owkin, ont présenté l’avancée du projet à la ministre et
    à Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique, précisant que 110 auditions, 5 ateliers thématiques et un benchmark international avaient été menés sur les trois derniers mois et que les conditions de construction du hub avaient été fixées.

    Durant cette remise, les trois responsables de la mission ont détaillé leurs premières hypothèses concernant les principes, l’organisation, les moyens et les modes de fonctionnement du Health Data Hub, un modèle qui sera affiné au cours des phases de concertation à venir. Ils ont notamment décrit le rôle que pourrait jouer ce nouvel acteur dans l’écosystème. Selon eux, le hub devra être « moteur et fédérateur », « une vitrine nationale et internationale », « un guichet unique », « un garant de la qualité de la donnée partagée », « un promoteur de l’innovation » et « garantir une mutualisation de ressources technologiques et humaines ».

    Agnès Buzyn a par ailleurs annoncé qu’elle nommait Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, principal pilote de la mission, qui sera chargé de porter le projet dans la durée.

    Un rapport très qualitatif selon Agnès Buzyn et Mounir Mahjoubi

    Agnès Buzyn s’est dit « très impressionnée par la qualité du rapport ». Mounir Mahjoubi a déclaré de son côté qu’il s’agissait selon lui du rapport le plus à même d’être transformé en mission opérationnelle parmi l’ensemble des textes reçus depuis le début de sa prise de fonction.

    Les attentes de l’écosystème

    1. « Mieux connaître et pouvoir plus facilement accéder au patrimoine de données de santé »

    • pouvoir explorer, identifier, comprendre et apprécier les possibilités offertes par les données disponibles ;
    • harmoniser, simplifier et rendre lisible le processus d’accès aux données ;
    • accéder à des « grands jeux de données ».

    2. « Avoir accès à des moyens adaptés et suffisants pour consolider et valoriser le patrimoine de données »

    • Rétribuer les producteurs pour la constitution et la mise en qualité des bases  ;
    • Avoir accès aux capacités technologiques et aux compétences requises pour la valorisation.

    3. « Fédérer l’écosystème autour d’un modèle économique d’ensemble favorisant le partage et reconnaissant les efforts de chacun »

    • Établir un modèle de partage de la valeur entre le producteur et les utilisateurs ;
    • Orchestrer l’ensemble de l’écosystème.

    Ambitions des pilotes du projet

    Les données de santé « financées par la solidarité nationale constituent un patrimoine commun et doivent être mises pleinement au service du plus grand nombre dans le respect de l’éthique et des droits fondamentaux des citoyens », estiment les pilotes du projet, qui synthétisent en 4 points leurs ambitions :

    • 1. consolider et renforcer le patrimoine de données de santé ;
    • 2. faire « du partage la règle, de la fermeture l’exception » ;
    • 3. mettre en synergie les moyens techniques et humains et soutenir les initiatives prometteuses ;
    • 4. permettre la structuration d’une filière « intelligence artificielle (IA) et santé ».

    Le rôle souhaité du Health Data Hub

    Moteur et fédérateur

    Le Health Data Hub représenterait en premier lieu « un tiers de confiance dans le paysage des acteurs de la donnée de santé », et permettrait ainsi le partage des données « dans le respect du droit des patients et en assurant la transparence avec la société civile ». Il proposerait également « une ambition et des objectifs communs » par le biais de son conseil stratégique.

    Une vitrine nationale et internationale

    L’idée est de constituer une vitrine nationale mais aussi internationale à travers un patrimoine de données et une offre de service « lisibles pour tous les acteurs ».

    Un guichet unique

    Le Health Data Hub prendra la forme d’un guichet unique afin de faciliter l’accès aux données, avec des règles d’accès « transparentes et non discrétionnaires » pour les acteurs publics et privés, un accompagnement dans les procédures de demande d’accès et dans la valorisation économique, une documentation des bases partagées, etc.

    Un garant de la qualité de la donnée partagée

    Le hub vise à favoriser la « diffusion de standards de qualité internationaux et implémenterait des circuits de valorisation de l’effort de collecte et de mise en qualité des producteurs ».

    Un rôle essentiel dans la promotion de l’innovation

    L’innovation serait encouragée par le développement d’un environnement prospère : échantillons de données test, développements d’API, modèle économique favorisant l’innovation, etc.

    Mutualisation de ressources technologiques et humaines

    Une plateforme technologique sécurisée pour le partage des données et des expertises permettront d’assurer le lien entre utilisateurs, producteurs et experts de la donnée.

    Fonctionnement général du Health Data Hub

    Le fonctionnement du hub pourrait reposer sur:

    • une gouvernance de la donnée et des principes de collaboration standardisés régissant les liens entre les différents acteurs ;
    • une offre de service à destination des utilisateurs publics, privés et des citoyens autour de quatre missions :
      • donner accès aux données de santé ;
      • soutenir la collecte et la consolidation des données ;
      • accompagner la valorisation des données de santé ;
      • soutenir l’écosystème et assurer le lien avec les citoyens et la société civile ;
    • un catalogue de données, qui sera enrichi progressivement ;
    • une organisation en réseau, articulant un hub central et des hubs locaux, « cinq au maximum », précisent les auteurs du rapport ;
    • une plateforme technologique, qui regrouperait l’offre de services ;
    • un modèle juridique et économique.

    Principes de collaboration

    Les pilotes de la mission proposent que les engagements respectifs de chacun soient formalisés sous la forme de trois chartes (« producteur », « utilisateur » et « citoyen ») qui seraient établies en concertation avec les parties prenantes, dont la Cnil.

    Ces chartes préciseraient les conditions d’accès au service du hub, les engagements, les rôles et les responsabilités de chacun ainsi que les modes de fonctionnement communs.

  • Le CREDOC appelle à diversifier l’offre d’accueil médicalisé pour personnes âgées dépendantes

    Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) a publié au cours du mois de septembre 2018 une enquête menée à la demande du groupe Caisse des Dépôts, d’AG2R La Mondiale et de Terra Nova. Cette étude met en évidence un besoin de diversification de l’offre d’accueil médicalisé des personnes âgées dépendantes.

    L’étude cherche à investiguer le processus de décision au sein des familles de choix du lieu de vie et d’accueil des personnes âgées pour porter auprès des pouvoirs publics des solutions d’accueil plus adaptées.

    Ainsi, cette investigation montre que 4 familles sur 10 pensent que l’entrée en maison de retraite se fait contre l’accord de la personne âgée concernée. Aussi, ces familles retardent le plus possible cette entrée, jusqu’à un moment de « crise ». La représentation négative des EHPAD « qui constituent l’essentiel de l’offre d’accueil en France », contribue à cette situation, au même titre que la situation de fragilité dans laquelle se trouvent souvent les proches au moment de la décision.

    Finalement, si la proximité géographique et le coût demeurent le 1er critère de choix des familles, « le développement d’offres alternatives sur le territoire, moins médicalisées, type béguinage ou résidences autonomie, logement intergénérationnel ou habitat partagé pourrait offrir une voie […] alternative attractive pour les familles et les personnes âgées« , conclut le CREDOC.

    L’intérêt de développer des lieux moins médicalisés

    L’objectif de ce type d’innovation serait d’encourager une prise en charge « avant la crise », explique le CREDOC.

    Le développement d’offres alternatives devrait en outre permettre d’atténuer un sentiment de culpabilité, de contrer le problème du manque de places en établissement, de lutter contre l’image négative des EHPAD, d’engager un mouvement dans le sens inverse de la spécialisation actuelle des lieux d’accueil pour les situations les plus critiques, ainsi que de baisser le coût d’accès aux structures.

    Ainsi, des solutions qui émergent telles que le béguinage, l’habitat partagé, le recours à une famille d’accueil, le logement intergénérationnel, etc. pourraient être développées : celles-ci sont encore rares. Elles devraient en outre être déployées dans des territoires relativement pauvres en structures d’accueil – l’offre d’accueil est inégalement répartie sur le territoire (81 places pour 1000 personnes âgées en métropole, 35 pour 1000 en Corse, 55 pour 1000 à Paris mais 132 pour 1000 en Lozère), or la proximité géographique de la famille demeure un critère de choix important pour une résidence.

    De plus, des aides financières pour les plus démunis devraient être mises en place afin d’aider les familles ou la personne âgée elle-même : 60% des familles les plus démunies déclarent ne pas pouvoir envisager le recours à un EHPAD.

  • L’Estonie et la Finlande vont échanger des dossiers de santé numériques dès 2019

    L’Estonie et la Finlande vont commencer à s’échanger des dossiers de santé numérique dès la fin 2019 afin de faciliter la mobilité des patients européens, a annoncé la ministre estonienne de la santé, Riina Sikkut, lors du Forum européen sur la santé, qui s’est tenu du 3 au 5 octobre 2018 à Gastein (Autriche). La ministre espère voir cette initiative, une première en Europe, se déployer dans d’autres pays de l’Union.

    L’Estonie et la Finlande « seront très probablement » les premiers pays membres à échanger des prescriptions numériques au sein de l’UE dès la fin de l’année, a-t-elle précisé, ajoutant que les deux parties avait déjà procédé à « toutes les étapes de vérification nécessaires » au déploiement du projet.

    L’échange transfrontalier des données personnelles est au centre des discussions à Bruxelles. Actuellement, quand un citoyen déménage d’un pays membre à un autre, ses données ne sont pas transférées, ce qui complexifie les procédures administratives.

    La portabilité des dossiers médicaux via le numérique entre les médecins, les infirmiers et les pharmaciens permettrait d’améliorer la qualité et la continuité des soins. Les personnes favorables à cette mesure estiment que la « 5ième liberté », soit la mobilité des données dans l’Union européenne, pourrait libérer le potentiel d’innovation du secteur de la santé et simplifier les démarches des patients européens.

    Selon Riina Sikkut, deux problèmes restent néanmoins à résoudre : le cadre juridique et l’interopérabilité

    Échange transfrontalier des données : la Suède, la Grèce et Chypre seraient prêts

    La ministre de la santé estonienne a indiqué que l’échange d’informations de santé entre pays membres seraient implémentés peu à peu en Europe. La Suède, la Grèce et Chypre devraient se lancer dès 2019, suivis par d’autres pays en 2020.

    « Parmi les pays qui ont déjà prévu d’échanger des dossiers de patients dès 2018/2019, on peut déjà compter Malte, la République tchèque [et] le Luxembourg », a-t-elle avancé.

    Le président du forum européen sur la santé et ministre autrichien de la Santé, Clemens Martin Auer, estime que 18 États membres au total devraient être en mesure d’échanger leurs données sanitaires dès 2019. « Ce n’est plus un projet en construction mais une infrastructure numérique concrète (…) Nous avons dépassé la phase pilote il y a longtemps. Il s’agit maintenant d’un échange réel, dans le monde réel, de cyber données réelles sur la santé », a-t-il commenté (source : Euractiv.fr).

    Un projet initié il y a plusieurs mois

    La volonté de l’Estonie de partager à échelle européenne les données des patients n’est pas une nouveauté. En octobre 2017, déjà, le secrétaire général adjoint du ministère estonien des Affaires sociales pour le développement des services de e-santé et l’innovation, Ain Aaviksoo, avait déclaré qu’il souhaitait lancer un projet portant sur le mouvement transfrontalier des informations sanitaires.

    Par ailleurs, les ministres de la Santé européens avaient approuvé en décembre 2017 les conclusions du Conseil de l’Union européenne, qui appelle la Commission européenne et les États membres à promouvoir la libre circulation des données de santé dans l’UE afin d’accélérer l’innovation numérique.

    Deux problématiques à résoudre : le cadre juridique et l’interopérabilité

    Selon Riina Sikkut, il existe encore deux freins majeurs au bon déploiement de l’échange transfrontalier des données de santé : le cadre juridique et l’interopérabilité.

    Elle estime que l’aspect légal n’est pas insurmontable puisque l’UE est en train de développer un « marché numérique unique de la santé ». De plus, elle ressent « une réelle volonté » de collaboration sur le sujet entre les autres États membres et la Commission européenne. Il faudra cependant régler les problème de sémantique et d’interopérabilité que pose l’échange d’informations sanitaires entre pays. « Il est important que nous nous mettions [non] seulement d’accord sur le format mais aussi sur le contenu des données qui doivent être partagées », reconnaît la ministre estonienne.

    L’Estonie : pays précurseur en e-santé

    L’Estonie fait partie des pays précurseurs dans le domaine de la e-santé. Lorsqu’elle assurait la présidence de l’UE, entre juillet et décembre 2017, elle a lancé une « coalition des volontaires » pour accélérer la mobilité des données de santé en Europe.

    Un projet européen baptisé l’eHDSI a par ailleurs été expérimenté avec succès par les villes estoniennes de Tallin et de Helsinki. Son objectif est le déploiement et l’exploitation transfrontaliers des services d’échange de données sanitaires dans le cadre du fonds « mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) ».

  • Les pharmaciens déplorent l’absence du numérique dans le décret sur les services et les prestations

    Le 5 octobre 2018, après la parution au Journal officiel de la République française du décret n°2018-841 du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations pouvant être proposés par les pharmaciens d’officine dans le but de favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes (cf lien ci-contre), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a déploré que n’aient pas été inscrits dans ce texte des services liés au numérique.

    Inscrit dans la loi HPST il y a neuf ans, ce texte avait pour objectif d’aider les pharmaciens d’officine à valoriser leurs compétences par des prestations facultatives non nécessairement conventionnelles. Les efforts de nombreux pharmaciens d’officine dans le domaine de la e-santé auraient justement pu relever de ces prestations facultatives. Voilà pourquoi le FSPF a « [regretté] que l’utilisation par le pharmacien d’officine des outils numériques ne soit pas abordée dans ce décret« .

    Si le syndicat aurait par ailleurs « souhaité que le décret intègre certaines missions susceptibles d’être exercées au domicile du patient par le pharmacien d’officine, comme la gestion de l’armoire à pharmacie, l’évaluation des besoins des patients en termes de matériel médical (MAD) ou la livraison à domicile », d’autres mesures telles que l’ajout de la mission de participation à des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique en collaboration avec les autorités sanitaires, confirment tout de même, aux yeux du syndicat, « le rôle du pharmacien d’officine en tant que garant de la sécurité des produits de santé« .

    Contenu du décret

    Comme le rappelle un article paru dans le Moniteur des pharmacies le 5 octobre 2018 après la parution du décret, celui-ci met en avant « 5 missions ». Ainsi, il pourra incomber au pharmacien :

    • de mettre en place des actions de suivi et d’accompagnement pharmaceutique visant à éviter l’iatrogénie, promouvoir le bon usage des médicaments et le suivi de l’observance, « en procédant à l’analyse des informations relatives au patient et à ses traitements », ces informations devant être formalisées et éventuellement, si le patient y consent, transmises au médecin traitant ;
    • d’être à l’initiative d’actions de prévention et de promotion de la santé « parmi les domaines d’action prioritaires de la stratégie nationale de santé » ;
    • de participer à l’évaluation en vie réelle de médicaments, de dispositifs médicaux et d’innovations thérapeutiques, en collaboration avec les autorités de sanitaires ;
    • de contribuer au dépistage des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles ;
    • de prendre part à la coordination des soins.

    « Le texte précise que le pharmacien doit disposer de locaux permettant la confidentialité des échanges avec les patients. Il prévoit par ailleurs une obligation de formation et d’actualisation des connaissances pour chacune des prestations définies », explique par ailleurs le Moniteur des pharmacies.

  • L’Ordre des médecins met en demeure Qare « de faire cesser la publicité sur la télémédecine »

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a pris la décision de mettre en demeure la société Qare de cesser la publication d’encarts publicitaires relatifs à la télémédecine. L’instance a annoncé dans un communiqué daté du 8 octobre 2018 cette décision prise à l’occasion de sa session plénière tenue les 27 et 28 septembre 2018.

    L’Ordre a fait savoir qu’il se félicitait de l’entrée dans le remboursement de droit commun des actes de télémédecine mais rappelle qu’il condamnera toute tentative de publicité commerciale y étant relative.

    Cette mise en demeure s’inscrit dans la volonté du Cnom de maintenir son engagement contre toute action qu’il juge équivalente à de « l’ubérisation du système de santé via des moyens numériques ». Il rappelle également qu’il se permettra de « mettre en œuvre toute voie de droit nécessaire contre toute société qui s’affranchirait des dispositions précises de la réglementation en vigueur pour promouvoir des offres de nature commerciale ».

    Le Conseil national de l’ordre des médecins a considéré que la publicité mise en place par Qare était « fallacieuse quant à l’intégration des services proposés dans le parcours du soin pour tous les patients – et donc à leur prise en charge par l’Assurance maladie ».

  • L’ANFH veut mettre en place une formation aux risques et enjeux du numérique pour les hospitaliers

    L’Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) a annoncé dans un communiqué publié le 26 septembre vouloir mettre en place un dispositif d’accompagnement des agents de la fonction publique hospitalière afin de les « prévenir » face aux risques numériques et « tendre vers un usage numérique responsable dans les établissements publics de santé ». Intitulé « Ethique 2.0« , il est porté par les délégations ANFH de Corse et de Haute-Normandie.

    L’outil comprendra des ateliers de sensibilisation en établissement pour tous les agents intéressés et une formation mobile learning donnant les clés pour un usage raisonné du numérique. Ils seront proposées à partir du début de l’année 2019.

    Le dispositif permettra par ailleurs aux directions et aux encadrants d’assister à des conférences managériales, qui seront présentées d’ici la fin de l’année.
    Il inclura également des conférences sur le « secret professionnel ou le devoir de réserve bafoué sur les réseaux sociaux », « l’atteinte à l’image du professionnel, des usagers ou de l’établissement sur les réseaux sociaux », « les risques numériques pour l’établissement (objets connectés mal utilisés, piratage, virus informatiques etc.) » ou encore « l’utilisation du smartphone pendant l’acte de soins ».

  • Présentation du projet de construction d’un nouveau CHU de Caen Normandie connecté et intelligent

    Le CHU de Caen Normandie a présenté le 21 septembre 2018 son projet de construction du Nouveau CHU de Caen Normandie, projet lancé officiellement en décembre 2016 par la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine dans l’objectif de « moderniser significativement l’offre hospitalière publique de la région Normandie ».

    Ainsi, les élus locaux et nationaux, les professionnels de santé de l’établissement et de la région présents lors de cet exposé ont ainsi pu apercevoir une volonté de modernisation de l’hôpital, qui sera connecté et devra permettre de « faciliter le lien avec ses partenaires », de garantir des parcours patients fluides notamment au moyen d’une organisation des flux « structurée et lisible ». Le développement des prises en charge ambulatoires figure également parmi les « éléments structurants du projet ».

    Entré en juillet 2018 en phase opérationnelle, ce projet de construction dont le budget s’élève à 502 millions d’euros devrait permettre, d’après le calendrier prévisionnel, d’engager de premiers travaux en 2020, et d’accueillir des premiers patients en 2026.

    Un nouveau CHU connecté et innovant

    Le CHU de Caen Normandie souhaite que ses prochains locaux soient « digitaux » et « performants« .

    En effet, l’automatisation des process et la conception de bâtiments intelligents répondant tant aux besoins des patients qu’à ceux des professionnels de santé devra favoriser « l’interaction entre les patients et les équipes soignantes à toutes les étapes de la prise en charge », explique le CHU dans un communiqué de presse émis le 21 septembre 2018. 

    En outre, le plateau technique du nouveau CHU sera composé de 35 blocs opératoires et de 26 salles d’imagerie mettant à disposition des professionnels des équipements de pointe, au bénéfice des patients. 

    Coordination du parcours patient et liaison-hôpital ville

    Le nouveau CHU sera construit dans des objectifs d’accessibilité, de simplicité et d’efficacité, explique le communiqué.

    Concrètement, l’objectif est de pouvoir garantir des parcours patients simples et adaptés, que la prise en charge requiert une simple consultation, une hospitalisation complète en service, aux urgence ou ambulatoire.

    Par ailleurs, l’ouverture de l’hôpital sur la ville constitue un enjeu important du projet visant à favoriser la cohérence des parcours liant les spécialistes hospitaliers aux acteurs de ville. « Le lien ville-hôpital […] sera renforcé et permettra in fine de rationaliser les interfaces pour que le patient bénéficie de la meilleure prise en charge », annonce ce même communiqué.

    Dans ce cadre et dès aujourd’hui, la mise en place de la télémédecine et du dossier patient partagé devrait permettre au CHU de Caen Normandie de développer l’accessibilité, le partage de l’information, la transversalité et un meilleur accès aux soins.

    Calendrier

    • 27 septembre 2010 : Annonce de la construction du nouveau CHU de Caen Normandie par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports
    • 16 décembre 2016 : Lancement officiel du projet de la construction du Nouveau CHU de Caen Normandie par Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé suite à l’aval du Copermo
    • Juin 2017 : Parmi les 20 candidats, sélection de 4 groupements pour la reconstruction du CHU de Caen Normandie : AIA Architectes, Groupe 6, MBA Architectes, Brunet Saunier
    • 2018-2019 : 27 mars 2018 : Sélection du groupement de maîtrise d’œuvre AIA Architectes par un jury composé de représentants de Caen La Mer, de la communauté médicale, soignante et universitaire du CHU de Caen Normandie et de trois architectes
    • 9 juillet 2018 : Finalisation et signature du marché de maîtrise d’œuvre avec AIA Architectes
    • Juillet 2018 – décembre 2019 : Phase d’études : avant-projet sommaire (APS) et avant-projet détaillé (APD)
    • Début 2020 : Pose de la première pierre
    • 2020 – 2026 : Le groupement de maîtrise d’œuvre AIA ARCHITECTES a la mission de concevoir et réaliser  le nouvel établissement qui accueillera ses premiers patients en 2026.
  • La 2e session du DU santé connectée de Paris Diderot et de l’AP-HP sera tournée vers l’international

    L’université Paris Diderot et le Centre de responsabilité santé connectée (CRSC) de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP) lanceront le 26 octobre 2018 une deuxième session du diplôme universitaire (DU) «  enseignement pratique multidisciplinaire de santé connectée », ouvert par les deux partenaires en septembre 2017 (voir article en lien ci-contre). Cette nouvelle année de formation sera tournée vers l’international, indiquent les responsables du DU, qui cherchent à mettre en place un diplôme franco-canadien.

    Autre information, les ateliers pratiques seront renforcés à travers la découverte du fonctionnement d’un objet connecté ou une initiation à l’électronique et au codage informatique ainsi que la production d’une émission de télé intitulée « Pour une meilleure santé connecté ».

    Les cours, essentiellement délivrés en ligne, débuteront le 21 janvier 2019. Il est possible de faire une demande d’inscription à l’université Paris Diderot en suivant le lien ci-contre.

    En dehors de cette activité pédagogique, l’équipe à l’origine du DU « e-santé » va s’impliquer dans plusieurs projets de recherche au sein de l’unité Inserm U1148, dirigée par le Dr Didier Letourneur, expert en imagerie moléculaire et en nanomédecine.

    Un DU à visée internationale

    122 étudiants s’étaient inscrits à la première session

    La première session du diplôme universitaire (DU) comptait 122 étudiants, répartis en 31 projets. 60 % des inscrits étaient des soignants, dont 20 % étaient issus du secteur paramédical, 20 % des personnes provenant de l’administration des établissements de santé et 15 % des étudiants en médecine, précise le Dr Boris Hansel, codirecteur du DU (source : APM International). Le reste des « élèves » était composé d’entrepreneurs et de juristes.

    Des Canadiens intégrés au comité pédagogique

    « Notre formation va maintenant s’adresser à des personnes vivant hors de la métropole », a indiqué le Pr Patrick Nataf, le deuxième responsable du diplôme (source : APM International), soulignant qu’avaient déjà été intégrés au sein du comité pédagogique des « collègues canadiens ». « Nous travaillons ainsi à la mise en place d’un diplôme franco-canadien », a-t-il précisé.

    Présentation de la formation

    • Responsables : le Dr Boris Hansel (spécialités : endocrinologie, diabétologie, métabolisme et nutrition) et le Dr Patrick Nataf (spécialités : chirurgie cardiaque), pratiquant à l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP).
    • Durée totale : 100 heures, réparties sur une année.
    • Cible : la formation s’adresse à toutes les personnes impliquées dans le développement, la commercialisation, l’évaluation et le déploiement de programmes de e-santé, notamment les soignants et les ingénieurs.
    • Lieux de la formation : Université Paris Diderot, site Villemin, 10, avenue de Verdun, 75010 Paris.

    Les tarifs de la formation sont disponibles via le lien ci-contre.

    Objectif de la formation : « être capable de participer au développement et/ou au déploiement d’une solution de santé connectée », est-il précisé sur le site officiel de l’université.

    Contenu de la formation

    Organisation :

    Début des enseignements : 21 janvier 2019.

    En plus de l’enseignement en ligne (e-learning), des journées présentielles seront organisées en janvier (1 jour), en avril (2 jours) et en octobre (1  jour et demi).

    Des projets tutorés feront par ailleurs l’objet d’un mémoire.

    Dates des examens :

    Octobre 2019

    Contenu et enseignements :

    Le programme est divisé en cinq temps :

    • 1. les bases de la e-santé ;
    • 2. travaux pratiques « objet connecté en pratique » ;
    • 3. rencontres universitaires de santé connectée ;
    • 4. construire un projet de e-santé de A à Z ;
    • 5. présentation des travaux tutorés.

    L’ensemble du programme prévisionnel 2018-2019 est disponible via le lien ci-contre.