Etablissements

  • Territoires ruraux : Édouard Philippe promet télémédecine, médecins salariés et inclusion numérique

    « Développer les plateformes de télémédecine dans des points de contact adaptés dans les territoires ruraux . » C’est ce que prévoit le Premier ministre Édouard Philippe dans son « plan d’actions » présenté vendredi 20 septembre 2019 devant le congrès de l’AMR (Association des maires ruraux de France) organisé à Eppes-Sauvage (Nord).  Le dossier de presse précise que « les pharmacies, les maisons de santé, ou encore les Ehpad pourront accueillir ce type d’équipement pour faciliter le parcours de soins en milieu rural . » 

    Le plan du Premier ministre prévoit parallèlement:

    – d’ « accélérer le recrutement et le déploiement des 400 postes de médecins salariés ou à exercice mixte ville-hôpital en zones sous-dotées », et de « porter ce nombre à 600 », « dont 200 qui seront déployées en priorité dans les zones rurales »;
    – de « garantir la prise en charge des soins non programmés dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) afin de soutenir les gardes par les médecins en zones rurales »;
    – de «déployer les stages d’internes en médecine dans les zones sous-denses, en priorité dans les territoires ruraux »;
    – de « renforcer le champ d’intervention des professionnels de santé non médecins (pharmaciens, infirmières…) en développant de nouvelles pratiques en faveur de l’ambulatoire ».  

    Ce plan d’actions présenté vendredi comprend aussi un volet visant à « favoriser l’inclusion numérique pour les publics éloignés », qui ambitionne notamment:

    -de « résorber en cinq ans les zones blanches de téléphonie mobile » et de « déployer la 4G sur tous les pylônes existants d’ici 2020 » ;
    -d’« offrir un bouquet d’applications numériques clé en main pour les collectivités et les habitants des territoires ruraux » ;
    – de « créer une plateforme collaborative d’information sur les projets numériques des territoires » grâce à la création d’une « start-up d’État » pour permettre aux élus locaux de « développer leurs propres projets » ;

  • Téléconsultation : « le gouvernement n’écoute pas le terrain » (Dr Claude Bronner-FMF)

    « La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes (…) mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts [médicaux], estime le Dr Claude Bronner, médecin retraité actif (URPS ML Grand Est), vice-président de la Fédération des médecins de France (FMF). C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. »

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, le Dr Claude Bronner partage son expérience de la téléconsultation dans l’exercice de son métier, convaincu de l’intérêt de cet acte, remboursé par l’Assurance maladie depuis septembre 2018. Il observe une certaine réticence de la part de ses confrères médecins vis-à-vis de la consultation par vidéo, contrairement aux patients, estimant que la réussite du développement de la pratique repose sur l’amélioration de la coordination entre les soignants.

    En désaccord assumé avec la politique menée par le gouvernement en matière de transformation du système de santé, il estime que le gouvernement a fixé son objectif de 1,3 million de téléconsultations remboursés d’ici à 2021 « sur des illusions » (60 000 actes remboursés ont été comptabilisé par la Cnam entre septembre 2018 et septembre 2019). « Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain« , commente-t-il. Selon lui, le problème organisationnel au niveau des instances publiques est tel « qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent« .

    Téléconsultation : « Il s’agit d’un changement de paradigme majeur »

    La Cnam a comptabilisé 60 000 actes de téléconsultation remboursés depuis septembre 2018 alors que le PLFSS 2018 visait 500 000 actes dès 2019. Êtes-vous surpris ?

    Dr Claude Bronner : Non. C’est tout à fait normal. Il s’agit d’un changement de paradigme majeur.

    Le problème c’est que les ambitions du gouvernement ne collent pas avec la réalité. Il a fixé son objectif (NDLR : 1,3 million d’actes remboursés d’ici à 2021) sur des illusions. C’est stupide ! Cela montre que les politiques n’ont rien compris au sujet, qu’ils n’écoutent pas le terrain.

    Regardez un exemple comme Qare. Ils ont bien négocié avec les entreprises, avec une offre de prise en charge par téléconsultation. Le remboursement n’est pas le souci, c’est l’entreprise qui paye ou la Sécurité sociale si elle veut bien. Pourtant ça pose problème parce que que les patients qui utilisent la plateforme ne sont pas suivis par un seul médecin mais par des praticiens différents, selon la disponibilité des uns et des autres. Cela n’a pas de sens. La téléconsultation doit se pratiquer avec un médecin traitant, qui connaît bien le patient, ou ponctuellement avec un autre praticien si le médecin habituel n’est pas disponible. Si vous enlevez le principe du médecin traitant, vous déstabilisez tout le système.

    Les politiques, tout là-haut, ont dû mal avec ça. La réalité les ramène vers le bon chemin.

    Partagez-vous l’avis des acteurs qui estiment que la téléconsultation risque d’accentuer les inégalités d’accès aux soins (existence par exemple de zones blanches, avec une mauvaise connexion internet voire pas du tout) ?

    Tout d’abord, ceux qui disent que la téléconsultation va permettre de lutter contre les déserts médicaux n’ont rien compris. Quand on parle de désert médical, cela signifie que lorsque quelqu’un doit consulter un médecin, il n’en trouve pas : ces personnes-là ont besoin d’un praticien sur place, en physique.

    La téléconsultation permet de débuguer certains problèmes, certes, mais il faut organiser un relai physique local pour réellement combattre les déserts. C’est d’ailleurs l’un des principes mentionnés dans l’avenant conventionnel : il faut une organisation territoriale des soins. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

    Dans le bilan communiqué par la Cnam, on remarque que ce sont surtout les jeunes qui ont pour l’instant pratiqué la téléconsultation. Faites-vous le même constat sur le terrain ?

    C’est aussi parce que les médecins sont moins enclins à proposer l’acte à des personnes âgées parce qu’ils pensent qu’ils vont être moins intéressés que les plus jeunes. Or, en pratique, quand on propose des sessions de téléconsultation à des seniors, que l’on en discute avec la famille, cela ne pose pas de problème.

    « Les médecins n’y croient pas »

    Ressentez-vous une bonne adhésion de vos confrères médecins à la téléconsultation ou au contraire une réticence ?

    Les médecins n’y croient pas. Je peux comprendre. L’acte implique un changement de méthode de travail et pose des questions sur la possibilité réelle d’un acte valide, par exemple du point de vue de la qualité de l’examen réalisé.

    De votre côté, en revanche, vous y semblez plutôt favorable. Recourez-vous souvent à l’acte ?

    Je suis médecin retraité actif donc je ne pratique plus autant qu’avant. Sur les 10 à 20 actes que je réalise par semaine, environ 10 % sont effectués par téléconsultation. Et cette proportion tend à augmenter.

    J’utilise la plateforme Telemedica, qui permet de réaliser des téléconsultation mais aussi de transmettre des ordonnances, de bien travailler en somme. Si j’ai un problème, je propose aux patients de les appeler via Whatsapp ou Facetime. Et cela fonctionne très bien.

    Vous arrivent-ils que vos patients refusent de pratiquer une téléconsultation ?

    Non parce qu’ils ont confiance. Il peut éventuellement y avoir une objection d’ordre technique mais dans l’idée ils sont d’accord.

    En résumé, pour que la téléconsultation se généralise, il faut le soutien des médecins en premier lieu.

    Oui, c’est notre rôle de faire la proposition. Et des infirmiers !

    L’un des aspects dont on parle peu, c’est l’élargissement du champs des missions des infirmiers. L’avenant n°6 à la convention infirmière valorise à partir du 1er janvier 2020 l’acte d’accompagnement du patient à la téléconsultation en lien avec le médecin (de 10 à 15 euros, selon que l’acte est réalisé lors d’un soin infirmier déjà prévu ou de manière spécifique à domicile ou dans un lieu dédié au téléconsultation). Ce n’est pas rien.

    C’est avec ce genre de pratiques que l’on va parvenir à mettre en place une vraie organisation des soins.

    Feuille de route du numérique en santé : « du délire total »

    Vous évoquez l’avenant n°6. De manière plus globale en matière d’actions gouvernementales, que pensez-vous de la feuille de route du numérique en santé présentée en avril ?

    C’est du délire total. Le DMP, par exemple, devait être généralisé en 2007 ! Aujourd’hui, on n’a même pas encore intégré le carnet de vaccination au dispositif alors que c’est un élément essentiel (NDLR : il est prévu qu’il soit ajouté au DMP au cours du 1er semestre 2020).

    Quant à la télésurveillance, cela va mettre beaucoup plus de temps à se mettre en place qu’ils ne le pensent. L’essentiel a été oublié dans les faits. Il faut surtout, selon moi, faire un maximum pour améliorer la coordination entre les soignants.

    Il y a tout de même des actions semblant montrer que le gouvernement cherche à prendre le pouls sur le terrain, comme le Tour de France de la e-santé, lancé à Lille en septembre.

    Pour moi, l’Asip Santé (qui organise le tour) aurait dû être supprimée depuis longtemps. Une partie des rôles attribués dans le domaine de la santé est beaucoup trop hiérarchisée. 36 000 bureaux s’occupent du même sujet, ce qui fait qu’on n’avance pas, que rien ne fonctionne.

    La Cnam est la seule instance avec laquelle on peut travailler parce qu’elle est sur le terrain, même si parfois ce n’est pas facile.

    Il y a un problème organisationnel au niveau administratif. Si bien qu’il n’y a pas de vraie prise de décision sur les sujets qui comptent. Quand je vois par exemple tout l’argent qui a été dépensé pour les TSN, et tout ça pour rien, j’en ai les larmes aux yeux.

  • L’Institut Montaigne propose de lancer « un Health Data Hub européen » (rapport)

    Un « pilotage de l’innovation en santé à l’échelle européenne ». C’est ce que recommande le rapport publié par l’Institut Montaigne le 19 septembre 2019 sous le titre « Médicaments innovants : prévenir pour mieux guérir ». Dans la proposition 12 de ce document, l’organisme propose aux pays membres de collaborer autour des 4 axes complémentaires suivants :

    • l’accélération des réflexions autour d’une politique européenne d’évaluation des produits de santé via le Health Technology Assessment (HTA)* ;
    • la mise en place d’ un « horizon scanning européen de l’innovation en santé », qui donnerait « une vision prospective des innovations à venir » ;
    • l’harmonisation des méthodologies d’impact budgétaire au niveau européen ;
    • « un Health Data Hub européen afin d’agréger les données de vie réelle » : les registres de données de vie réelle des pays membres seraient consolidé « afin de mutualiser les coûts et [d’] élargir les populations étudiées », et le dispositif copiloté avec les acteurs publics et privés.

    À l’échelon national, l’institut envisage (proposition 10) « un grand hub des technologies de santé inspiré de celui de la ville de Boston ».  Il s’agirait de « réunir une fois par an responsables politiques et administratifs, autorités de santé, patients, professionnels de santé et laboratoires pharmaceutiques » pour « un pilotage stratégique de l’innovation en santé tenant compte des grands objectifs de santé publique et des innovations sur lesquelles les laboratoires travaillent ».

    Dans la proposition 7 est lancé l’idée d’« expérimenter de nouveaux modèles de financement en s’appuyant sur des registres de vie réelle » et le Health Data Hub. Il s’agirait d’envisager « la fixation d’un prix conditionnel qui serait révisé en fonction des résultats postérieurs à la mise sur le marché » grâce à  un suivi systématique de l’usage des traitements innovants, mis en place « dès lors que ceux-ci ont des impacts sanitaires et/ou économiques significatifs[, ]dès la mise à disposition de l’innovation thérapeutique via le mécanisme d’ATU ». 

    Le rapport recommande également de « promouvoir le développement d’outils numériques d’aide à la prescription afin d’améliorer le bon usage des innovations thérapeutiques » (proposition 9 ). L’objectif serait de fournir un guide aux médecins « afin qu’ils puissent bénéficier des recommandations les plus actualisées et prescrire les médicaments les plus pertinents pour un patient donné ». Ces mêmes outils pourraient être utilisés pour « mesurer l’observance et collecter des données de vie réelle ».

  • Débat du Cnom : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? », le 15 octobre 2019 à Paris

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) organise un débat sur le thème : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? » le 15 octobre 2019 à Paris.

    « L’hôpital, dont un récent sondage Harris [fait ressortir] que 71 % des Français ont une bonne image, est plus que jamais au cœur de l’actualité, contextualise le Cnom, citant la crise des urgences, « cristallisée par une grève qui s’installe dans la durée » mais aussi la refonte de la carte hospitalière, « source d’inquiétude pour nos concitoyens et leurs élus locaux », ou encore « les débats animés sur le rôle et le périmètre des futurs hôpitaux de proximité créés par la loi Ma Santé 2022 ».

    Face à ces différents enjeux, le Conseil estime qu’il est « important de donner la parole aux principaux acteurs du débat sur l’hôpital, pour évoquer ses difficultés, ses transformations, son rôle dans le système de santé de demain et la place que doivent occuper les médecins en son sein, pour que décisions administratives et stratégies médicales soient alignées au service des patients et des territoires« . Tel sera l’objectif de ce débat.

    Les inscriptions pour assister à l’événement sont à réaliser avant le 11 octobre 2019 par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien (dans la limite des places disponibles).

    Intervenants :

    • Un représentant de la Conférence nationale des URPS-ML ;
    • Rachel BOCHER, présidente de l’INPH ;
    • Lamine GHARBI, président de la FHP ;
    • Thierry GODEAU, président de la conférence nationale des présidents de CME ;
    • Thomas LE LUDEC, directeur du CHU Montpellier, membre du bureau de la Conférence des directeurs généraux de CHU ;
    • Thomas MESNIER, député de Charente, membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, auteur d’un rapport sur l’organisation des soins non programmés dans les territoires en mai 2018 et actuellement chargé d’une mission relative à l’amélioration de la situation dans les services d’urgence ;
    • Gérard RAYMOND, président de France Assos Santé ;
    • Frédéric VALLETOUX, président de la FHF.

    Introduction par :

    • Patrick BOUET, président du Cnom.

    Modération par : 

    • François SIMON, président de la section exercice professionnel du Cnom.

    Animation par :

    • Mickaël SZAMES, rédacteur en chef de Public Sénat.
  • Challenges IA – santé : appel à candidatures de start-ups (deadline : le 29 octobre 2019 à 12h00)

    Le CHU de Toulouse et le GCS Sesan ont été sélectionnés comme porteurs des 2 challenges IA « santé » retenus dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts (AMI) ouvert au 1er trimestre 2019. La Direction générale des entreprises (DGE) et Bpifrance lancent à présent l’appel à projets (AAP) « lauréats des Challenges IA » : l’objectif est de sélectionner des start-ups IA pour développer les solutions attendues, décrites dans les cahiers des charges.

    Le ou les lauréats devront construire dans un délai de 3 à 12 mois une solution innovante à la problématique posée basée sur l’IA. Le but du dispositif est d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires en :
    • permettant à des start-ups et PME de développer leurs offres de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec des start-ups ou PME expertes en IA.

    Les dossiers de candidature doivent être adressés exclusivement sous forme électronique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance, accessible via ce lien, avant le 29 octobre 2019 à 12h00 (date et heure de réception faisant foi). Le cabinet Care Insight a été choisi pour aider les start-ups à répondre à cet AAP (contact : Béatrice Falise-Mirat).

    Health & Tech Intelligence présente en détails les modalités de l’appel concernant les 2 challenges « santé » retenus à l’issue de l’AMI vague 1 :
    • « AIS » – sponsor public : CHU de Toulouse – Hôtel Dieu Saint-Jacques : le challenge a pour objectif de trouver une solution au frein à l’échange de données de santé. Il s’agit de développer un procédé d’anonymisation permettant de partager et de transférer les données de santé dans le respect du cadre règlementaire ;
    • « ONESELF » – sponsor : Sesan : le challenge propose d’appliquer l’intelligence artificielle au domaine de la formation pour l’appropriation et la prise en main des outils numériques régionaux en santé.

    Rappel : les Challenges IA

    Les Challenges IA s’inscrivent dans le cade du plan « Intelligence artificielle » et le Programme d’investissements d’avenir (PIA) du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI). Ils sont pilotés par la DGE et opérés par Bpifrance.

    Chaque challenge « identifie une entreprise porteuse d’une problématique applicative précise et disposant de jeux de données (désignée sous le terme « sponsor »), explique la DGE. Dans le cas où le sponsor est un acteur public (administration, collectivité locale, établissement public…), le challenge visera à mobiliser l’IA pour améliorer les services publics et le fonctionnement de la démocratie ».

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs PME ou start-up(s) (désignée(s) sous le terme « lauréat(s) »).

    Challenge « AIS » et « ONESELF » : modalités

    CONTEXTE ET OBJECTIF

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’enjeu principal du moment dans la santé est l’exploitation des données de vie réelle (hospitalière),qu’elles soient rétrospectives ou prospectives. Le CHU de Toulouse dispose d’une très grande quantité de données dans différentes spécialités médicales.

    L’intelligence artificielle est un levier de l’utilisation et de l’exploitation de ces données. Elle permet d’atteindre des objectifs d’amélioration de prise en charge des patients. Ces nouveaux outils faciliteront le développement de nouveaux usages autour de la donnée et des pratiques médicales (aide au diagnostic, médecine personnalisée, e-santé, analyse automatique d’image…).

    Afin d’exploiter ces données, plusieurs défis techniques restent à résoudre et notamment le partage et le transfert des données dans un cadre réglementaire protecteur de la vie privée.

    • « ONESELF » : Sesan

    Afin d’assurer à l’apprenant une expérience d’apprentissage aussi complète en formation à distance qu’en formation présentielle, il est nécessaire de compléter le dispositif de formation à distance d’une personnalisation dynamique, qui s’applique en temps réel à l’utilisateur en fonction de son profil, de son expérience de formation sur le site de e-learning de ses usages de la solution métier et de ses attentes. Cette personnalisation dynamique, possible grâce à l’IA permettra de rendre le parcours de formation adaptatif à l’apprenant.

    Ce challenge aura donc pour objectif de construire les outils numériques permettant d’obtenir dynamiquement des parcours de formation personnalisés, en fonction des besoins des professionnels de santé, de leur niveau et de leur rythme d’apprentissage.

    RÉSULTATS ATTENDUS

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’objectif est de fournir une solution viable d’anonymisation de jeu de données en exploitant les mécanismes de représentation de la donnée utilisée en intelligence artificielle (par exemple en utilisant des mécanismes d’ »embeddings« ). Ces représentations abstraites de la donnée pourraient permettre d’anonymiser efficacement nos données de santé sans endommager leurs propriétés statistiques. Elles resteront donc utilisables facilement par des entreprises pour développer des produits innovants.

    • « ONESELF » : Sesan

    Le prototype devra comprendre le besoin de l’apprenant et lui proposer dynamiquement les pages répondant à ce besoin. Le résultat attendu sera donc la construction de parcours utilisateurs, définis en fonction des interactions de l’apprenant, de son profil identifié préalablement, de ses navigations antérieures voir de ses usages dans la solution métier.

    Le produit du POC devra s’intégrer dans le CMS (WordPress) de manière standardisée,respectant le fonctionnement du cœur du CMS, par exemple sous la forme d’un module ou plugin.

    La construction préalable des liens entre « besoin théorique » et contenus (pages tutoriels,vidéos du CMS) ne fait pas partie du périmètre du POC. Le corpus de données sera fourni parle sponsor dans le cadre d’une démarche pédagogique pilotée par Sesan.

    Démarche d’évaluation : il sera nécessaire dans le cadre du PoC de mettre en place les outils et moyens nécessaires au suivi et l’évaluation de la pertinence des suggestions faites par l’IA en réponse au besoin de l’apprenant. Cette démarche d’évaluation reposera notamment sur la satisfaction de l’utilisateur à l’issue du parcours de formation mais aussi d’une analyse de son comportement dans la solution métier.

    EXIGENCE ET CRITÈRES DE SÉLECTION

    • « AIS » : CHU de Toulouse
      • expérience dans le traitement des données massives ;
      • expérience dans la diversité des données de santé (standards et formats) ;
      • expertise dans l’IA ;
      • culture du développement agile ;
      • culture de la sécurité des données ;
      • expertise sur les problématiques liées à l’anonymisation.

    Ouverture pour une proposition partenariale et commerciale entre le lauréat et le CHU pour l’accès à la solution développée, son utilisation et sa promotion.

    • « ONESELF » : Sesan

    Les candidats devront avoir des connaissances en outils web (CMS, PHP, HTML…) afin d’être en capacité de proposer une solution dont l’architecture technique est compatible avec les contraintes du site e-learning en place.

    L’environnement technique du POC devra être évalué en fonction des impacts de performance et devra pouvoir supporter les variations de fréquentation du site. Une connaissance en socle technique web et hébergement sera également nécessaire au lauréat.

    Si les travaux réalisés par le lauréat dans le cadre d’un challenge demeurent la propriété du lauréat, Sesan souhaite disposer de conditions d’accès privilégiées au produit co-développé entre Sesan et le lauréat. Les conditions d’accès au produit développé feront l’objet d’échanges entre Sesan et les candidats durant les phases d’auditions et seront entérinées avec le lauréat dans les phases du cadrage du challenge.

  • Colloque Paris Descartes : « intelligence artificielle en santé et responsabilités », le 25/09/2019

    « Intelligence artificielle (IA) en santé et responsabilités ». C’est le thème du colloque organisé le 25 septembre 2019 par l’Institut droit et santé (IDS) et la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes.

    « Les succès de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé ne doivent pas faire oublier qu’elle reste faillible. La question de la responsabilité en cas de dommage causé par l’IA ne doit par conséquent pas être négligée », contextualisent les organisateurs. L’objectif de cet événement est de s’interroger sur la capacité des régimes actuels de responsabilité civile à indemniser de façon optimale les victimes de dommages causés par l’IA. « Qu’en sera-t-il demain ? Une simple adaptation de nos principes juridiques actuels suffira-t-elle ? » sont autant de questions qui rythmeront les échanges.
    Un autre sujet traité sera celui de la sécurisation des données. « Parce que le résultat produit par une IA sera étroitement pendant des données d’apprentissage qui l’auront nourrie, il convient s’assurer de la qualité et de la sécurité de ces données, commentent les organisateurs. Or, le producteur des données risque de voir sa responsabilité engagée en cas d’obsolescence des données utilisées ou de manquements aux règles de sécurité. »

    Les inscriptions à ce colloque, gratuites, doivent être réalisées sur le site web de l’IDS par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Plus d’informations au 01 76 53 45 39.

    Organisation :

    • Clémentine Lequillerier, maître de conférences en droit privé à la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes et membre de l’Institut droit et santé, UMR S 1145.

    Programme

    2 tables rondes et un point sur la thématique « responsabilités et données »

    • 8h30 : café d’accueil
    • 9h00 : ouverture du colloque
      • Lydia Morlet-Haïdara, maître de conférences HDR à l’université Paris Descartes et co-directrice de l’Institut droit et santé, UMR S 1145
  • 7 millions de Français disposent d’un DMP en septembre 2019 (Cnam)

    7 millions. C’est le nombre de personnes qui disposent actuellement en France d’un dossier médical partagé (DMP), contre 1,8 million en novembre 2018, mois de lancement de la nouvelle version du DMP, indique la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dans un communiqué publié le 13 septembre 2019. Le DMP a pour intérêt de conserver de manière sécurisée sur un seul espace les informations médicales d’un même patient, que ce dernier peut partager avec les professionnels de santé de son choix. L’objectif est ainsi d’améliorer la coordination et la qualité des soins.

    Afin d’encourager son adoption, l’Assurance maladie s’efforce d’améliorer progressivement le service et mène des actions auprès des potentiels utilisations à travers :
    • des campagnes de communication auprès du grand public : la campagne publicitaire lancée en novembre 2018 sera de nouveau visible à partir du 13 septembre pendant 7 jours à la télévision et jusqu’à la fin 2019 sur internet et sur les écrans de pharmacies ;
    • un accompagnement des professionnels et des établissements de santé par les caisses de l’Assurance maladie ;
    • l’ajout de comptes rendus d’imagerie et des résultats d’analyses biologique dans les DMP en travaillant avec les radiologues et les laboratoires de biologie ;
    • des améliorations techniques réalisées en collaboration avec les éditeurs de logiciels destinés aux professionnels de santé.

    Selon un sondage BVA mené pour le compte de la Cnam en juin 2019*, « si les patients sont toujours plus nombreux à avoir entendu parler du DMP, seulement 1 sur 4 connaît l’appli », indique la Caisse (communiqué). Afin d’augmenter le nombre d’utilisateurs, l’outil a été « entièrement revisitée ». Cette nouvelle version, qui se veut plus simple et agréable à utiliser, est déjà disponible sous iOS et le sera sous Android à partir de la mi-septembre.

    À noter également qu’un carnet de vaccination sera ajouté au DMP au cours du premier semestre 2020.

    7 millions de DMP ouverts depuis la généralisation du service

    Une nouvelle version de l’application DMP disponible

    • L’écran d’accueil est simplifié pour retrouver ou ajouter un document plus facilement : plus besoin de passer par un menu déroulant puis par une page intermédiaire, il suffit de cliquer sur le bouton « documents » ou le signe « + » dès la page d’accueil.
    • Chaque document est accompagné de ses informations pratiques sur une même page : dans l’ancienne version, un document tel qu’une radiographie – et les informations qui lui sont rattachées (auteur, date de l’examen, etc.) ne s’affichaient pas sur la même page.
    • Il est possible de rédiger un document et de joindre un fichier en même temps : plus besoin de choisir entre les deux.

    58 % des Français ont entendu parler du DMP

    Selon le sondage BVA réalisé pour la Cnam en juin 2019* :

    • le DMP est de plus en plus connu par les Français : 58 % des personnes interrogées indiquaient avoir déjà entendu parler du DMP en juin, soit 9 point de plus par rapport à janvier** et 34 point de plus par rapport à octobre 2018*** ;
    • par ailleurs, 61 % des sondés attribuent une note comprise entre 7 et 10/10 à l’intérêt qu’ils portent au DMP, soit 14 points de plus par rapport à octobre 2018.

    « L’utilité du service en cas d’urgence » mentionné par 43 % des Français

    Lorsque les sondés sont interrogés sur les avantages à disposer d’un DMP*, 43 % d’entre eux placent en première position des bénéfices proposés « l’utilité du service en cas d’urgence » et 21 % « avoir toujours ses dossiers médicaux avec soi, même en vacances ». Pour 14 % des personnes interrogées, l’avantage n°1 principal est de pouvoir « retrouver rapidement un document médical, comme sa dernière analyse de sang ».

    Les bénéfices du DMP selon les Français sondés :

    45 % des médecins généralistes consultent le DMP, contre 20 % fin 2017

    45 % des médecins généralistes consultent le DMP actuellement, alors qu’ils n’étaient que 20 % fin 2017. Ils sont désormais 20 % à y ajouter des documents, contre 6 % à fin 2017.

    Principaux enseignements du sondage réalisé auprès d’un échantillon de 300 médecins généralistes :

    • 3/4 des médecins généralistes interrogés reconnaissent que le DMP peut favoriser la coordination des soins entre les différents professionnels de santé ;
    • 77 % estiment que ce service permettra de faciliter la prise en charge en situation d’urgence et contribuera à éviter les examens superflus déjà demandés ou réalisés par des confrères ;
    • Parmi les 44 % qui utilisent le service, 76 % en ont une opinion positive.

    89 % des pharmaciens proposent l’ouverture de DMP

    « Si 63 % des patients auxquels on propose l’ouverture de leur DMP en pharmacie l’acceptent, c’est qu’elle présente certains avantages, notamment pour les personnes qui n’ont pas accès à internet ou qui ont besoin d’échanger avec un professionnel au préalable pour bien comprendre en quoi consiste le service », commente la Cnam.

    Principaux enseignement du sondage réalisé auprès des pharamaciens :

    • 89 % des pharmaciens interrogés proposent l’ouverture de DMP dans leur officine mais seulement à la moitié des personnes en moyenne ;
    • 95 % ont une opinion positive du service ;
    • 85 % affirment avoir des demandes d’ouverture de DMP de la part de patients.
  • Commission européenne : la présidente demande la création d’un espace européen de données de santé

    « Nous devons tirer le meilleur parti du potentiel de la e-santé pour fournir des soins de haute qualité et réduire les inégalités ». C’est ce que déclare la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la lettre de mission qu’elle adresse à la Chypriote Stella Kyriakides, désignée pour le poste de commissaire à la Santé. « Je voudrais que vous travailliez sur la création d’un espace européen des données de santé (European Health Data Space) pour promouvoir l’échange de données de santé et soutenir la recherche sur de nouvelles stratégies de prévention ainsi que sur les traitements, les médicaments, les dispositifs médicaux et leurs résultats, ajoute-t-elle. Dans ce cadre, vous devez vous assurer que les citoyens contrôlent leurs propres données personnelles ».

    La présidente de la Commission charge également la commissaire désignée de se concentrer sur « la mise en œuvre effective du nouveau cadre réglementaire pour les dispositifs médicaux » afin de « protéger les patients » et de « veiller à ce qu’il réponde aux nouveaux défis qui émergent ». Elle veut également la voir « donner la priorité à la communication sur la vaccination », notamment « en combattant les mythes, les idées fausses et le scepticisme qui entourent la question ».

    La Danoise Margrethe Vestager, désignée pour le poste de vice-présidente de la Commission « pour une Europe adaptée à l’ère numérique », se voit pour sa part chargée de coordonner dans les 100 premiers jours de son mandat, les travaux sur une approche européenne de l’intelligence artificielle, y compris ses implications humaines et éthiques. Selon sa lettre de mission, il s’agira également pour elle d’examiner la manière dont les Européens peuvent « utiliser et partager des mégadonnées non personnelles » pour « développer de nouvelles technologies et de nouveaux modèles économiques capables de créer de la valeur pour la société et les entreprises ».

    Margrethe Vestager devra en outre coordonner les travaux de mise à niveau des règles de responsabilité et de sécurité relatives aux plateformes, services et produits numériques dans le cadre d’ « une nouvelle loi sur les services numériques » et notamment s’assurer que les conditions de travail des travailleurs de la plate-forme y seront encadrées. Elle sera enfin chargée de coordonner les efforts visant à « trouver un consensus au niveau international » sur « la fiscalité numérique »  d’ici à la fin de 2020 ou à défaut à « proposer un impôt européen juste ».

  • Grand Ouest : un entrepôt de données hospitalières interrégional opérationnel en mars 2020 (GCS Hugo)

    Le GCS Hugo (Hôpitaux universitaires du Grand Ouest) annonce le lancement d’un entrepôt de données hospitalières interrégional. Il s’agira de collecter à partir des centres de données cliniques existants les données dé-identifiées et de les mettre à disposition des investigateurs autorisés. Hugo souligne dans un communiqué daté du 10 septembre 2019 qu’il s’inscrit, par ce projet, « dans le cadre de la stratégie nationale de partage des données de santé » et qu’il « souhaite ainsi contribuer activement à la réussite du Health Data Hub ».

    Le GCS défend sa stratégie consistant à « renforcer les expertises sur tous les sites » pour garantir la qualité des données de l’entrepôt, jugeant que « la proximité de l’expertise garantira la pertinence et la qualité de l’interprétation des données ».  

    La constitution de l’entrepôt partagé s’accompagne d’ »un appel à projets interrégional sur la recherche en données massives » porté par le Girci Grand Ouest et doté de 600 000 euros : les résultats seront rendus publics par le Conseil d’évaluation scientifique du GCS à la fin du mois de septembre. L’objectif est de « développer une excellence en recherche sur les données massives ».

    1,2 milliards de données structurées

    Pour son actuel réseau Ri-CDC (Réseau interrégional des centres de données cliniques), lancé en 2015, Hugo revendique la place de « premier réseau de données hospitalières d’Europe », avec plus de 5 millions de patients, 6 millions de séjours, 130 millions de documents et 1,2 milliard de données structurées affichés.

    Le GCS Hugo regroupe les 6 CHU/CHR de l’interrégion Grand Ouest, constituée des régions Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de Loire, soit quelque 10 millions d’habitants. Il intègre également l’Institut de cancérologie de l’Ouest, le Centre hospitalier du Mans et le Centre hospitalier départemental de Vendée.

  • Journées de rentrée de la Mutualité Française : les 25 et 26 septembre 2019, Nancy

    Les Journées de rentrée de La Mutualité française se dérouleront les 25 et 26 septembre 2019 au Centre Prouvé de Nancy. En présence de nombreuses personnalités (experts, élus locaux, etc.), dont le maire de Nancy Laurent Hénart, et devant une assistance essentiellement composée de représentants de mutuelles, cet événement déploiera une vision prospective du système de santé d’ici à 10 ans.

    Le village « Place de la santé – place à l’innovation » permettra aux participants de découvrir des initiatives mutualistes innovantes. Il sera composé de stands animés par divers exposants et start-ups du secteur de la santé. Des conférences et des débats rythmeront également ces journées.  

    Parmi les rendez-vous phares de l’événement :
    • la remise du Prix innovation mutuelle, destiné à valoriser des projets innovants en matière de santé ou à fort impact social ;
    • la conférence « L’intelligence artificielle peut-elle être éthique ? ». 

    Les inscriptions, obligatoires, sont à réaliser en ligne :
    • institutionnels, professionnels de santé : inscription (gratuite) ici ;
    • industriels : inscription (payante) ici.

    Pré-programme

    Mercredi 25 septembre 2019

    Jeudi 26 septembre 2019

    Plus d’informations sur l’événement ici.