Efficience

  • Un Conseil national de la e-santé dans l’objectif de consolider l’écosystème français

    Le Conseil National de la e-Santé (CNeS) est une nouvelle instance scientifique et technologique à but non lucratif.

    Si cette démarche a été créée officiellement le 10 août 2017 avec élection d’un bureau fondateur suite à une assemblée générale constitutive, elle a été lancée jeudi 29 mars 2018, à Reims, à l’occasion du Take Care Show.

    L’objectif est de consolider un écosystème pour soutenir et faire avancer efficacement le développement de la e-santé, en réunissant des experts, des compétences et des talents (uniquement des personnes physiques) dans les différents domaines impliqués et en ayant une représentation de l’ensemble des professions et métiers concernés.

    Autre ambition de ce Conseil, la création d’un label indépendant, CeSanté, officiel et gratuit, qui sera lancé le 1er juin 2018.

    Les principaux objectifs du conseil national de la e-santé

    Voici les mission du Conseil :

    • une réflexion interprofessionnelle globale et neutre autour de la e-santé ;
    • la rédaction de notes stratégiques, de rapports et de recommandations sur le développement de la e-santé ;
    • l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques ;
    • l’organisation événements pour promouvoir la recherche, la réflexion ou l’échange autour de la e-santé;
    • la coordination et publication d’articles et d’études scientifiques en santé numérique ;
    • toutes opérations, y compris expérimentales ou de recherches, ayant pour objet l’étude et/ou la mise en œuvre de ces recommandations ;
    • la vulgarisation et communication auprès du grand public, la formation post-universitaire des professions médicales et paramédicales.

    Plus de 80 acteurs du secteur de la e-santé impliqués

    Marc Soler, Nicolas Bondu, Adnan El Bakri, Wassim Badiou, Xavier Schneider, Eudes Ménager, Sophie Sergent, Anca Petre, Denise Silber, Benjamin De Viaris, Charles Nahmanovici, Jacques Durand, Hélène Decourteix, entre autres, font partie des membres fondateurs. 

    Les membres actuels ont été réunis par cooptation. Plus de 80 experts de tout horizon sont désormais impliqués et, selon l’association, les portes sont grandes ouvertes pour tous ceux qui souhaiteraient rejoindre le conseil.

    Composition du bureau

    • Docteur Wassim Badiou, gynécologue, est le président du Conseil national de la e-santé ;
    • Olivier Ami, gynécologue, directeur de l’intelligence artificielle chez le moteur de recherche Qwant est trésorier ;
    • Adnan El Bakri, PDG d’InnovHealth est le porte-parole du CNeS.

    Le conseil participera activement au e-Health World à Monaco  (31 mai – 1er juin 2018).

    Plus d’informations sur la page Facebook de l’association.

  • Appel à experts : la Commission européenne en train de constituer une Alliance européenne de l’IA

    La Commission européenne a lancé début mars 2018 un appel à experts en intelligence artificielle pour constituer un groupe de haut niveau. Le groupe sera amené à ouvrir le débat autour du développement et de l’impact social et économique de l’IA dans le cadre d’un forum réunissant tous types d’acteurs impliqués dans le secteur.

    Le groupe d’experts, qui sera constitué à l’issue de l’appel à candidatures prenant fin le 9 avril 2018, jouera le rôle de groupe de pilotage afin d’animer ce débat.

    Dans les mois qui viennent, au cours de l’été 2018 la Commission européenne va dévoiler sa stratégie européenne globale de l’IA.

    L’alliance européenne de l’IA (The European AI Alliance)

    Au vu du développement de l’IA dans divers secteurs, dont la santé, la Commission européenne se saisit de la thématique et met en place des instances pour examiner les sujets associés et pour donner des orientations.

    Cette initiative s’inscrit dans le sillon des actions de la Commission européenne telles que le parti pris d’investir dans la recherche et l’innovation, et la création du marché unique numérique qui illustrent son engagement vis-à-vis du numérique, un domaine dans lequel elle souhaite intensifier ses efforts.

    Un groupe de pilotage IA

    Le premier jalon de sa stratégie en IA consiste en la constitution d’un groupe de pilotage composé d’experts. À ce titre un appel à experts en IA a été ouvert début mars 2018 afin de recruter une trentaine de spécialistes dans le domaine. Chaque membre élu sera missionné pour une période de 2 ans et devra prendre part aux rencontres organisées, 4 à 7 au total étant actuellement prévues.

    Les candidatures sont à transmettre à la DG CNECT (Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies) avant le 9 avril 2018 à l’adresse mail suivante : CNECT-HLG-AI@ec.europa.eu

    La candidature peut également être soumise par courrier : European Commission, DG CONNECT, Unit A1 – Robotics and Artificial Intelligence – secretariat, 10, rue Robert Stumper, L-2557 Luxembourg.

    Toutes les informations liées à l’appel aux candidatures et les formulaires à utiliser sont disponibles ici.

    Objectifs du groupe

    Les objectif du groupe de haut niveau sont au service de la future Alliance européenne de l’IA, à qui il doit préparer le terrain.

    L’Alliance est imaginée comme un forum multipartite engagé dans une large discussion ouverte sur tous les aspects du développement de l’IA et son impact sur l’économie et la société. C’est pourquoi la Commission considère la participation de tous les acteurs, y compris les entreprises, les universitaires, les décideurs politiques, les organisations de consommateurs, les syndicats et d’autres représentants de la société civile, comme essentielle.

    Le groupe de pilotage va dans un premier temps élaborer des recommandations sur :

    • le développement futur de politiques liées à l’IA (les prochaines étapes) ;
    • les questions éthiques, juridiques et sociétales liées à l’IA, y compris les défis socio-économiques (proposer des lignes directrices pour les questions éthiques);
    • la façon de mieux interagir avec un plus large éventail de parties prenantes dans le contexte de l’Alliance AI.

    Les actions à venir : constitution, feuille de route et lignes directrices à horizon 2020

    Au cours du printemps 2018, les modalités autour de l’Alliance seront rendues publiques et des parties prenantes, acteurs volontaires, pourront manifester leur souhait de s’y rallier via une plateforme en ligne.

    Une feuille de route décrivant les engagements et les ateliers prévus du groupe doit être publiée également.

    À l’été 2018, une proposition de lignes directrices concernant l’éthique en IA devrait voir le jour. Une série de consultations auront lieu avant d’être présentée à l’occasion de la première assemblée annuelle de l’Alliance AI début 2019.

    Au printemps prochain, le projet de recommandations pour les prochaines étapes traitant des défis et opportunités à moyen et à long terme liés à l’IA devraient être publiées, comprenant également des contributions visant à informer des activités au-delà de 2020.

  • Mission Villani : l’IA pour une médecine prédictive et personnalisée et un système de santé efficace

    Cédric Villani a livré le 28 mars 2018 son rapport dans le cadre de la mission de réflexion, confiée en septembre 2017 par le Premier ministre, Edouard Philippe, sur l’intelligence artificielle pour proposer une stratégie française en la matière.

    Le rapport comporte un volet santé dans lequel Cédric Villani souligne la capacité de l’IA à permettre une médecine prédictive et personnalisé au service d’une prise en charge plus efficace adossée à la maîtrise de leurs données de santé par les patients.

    Les professionnels de santé sont concernés par l’IA en termes de formation, mais également d’usage afin de valider par le biais d’expérimentations en conditions réelles avec les patients. De façon plus générale, le système de santé aurait à profiter de l’IA dans le cadre de l’élaboration élaboration d’outils de pilotage économique et médical plus précis, ou en aval de politiques de préventions sanitaires prédictives.

    « L’IA au service de la médecine » 

    Vers une médecine prédictive et personnalisée

    L’intelligence artificielle permet d’assurer un « suivi personnalisé et en temps réel du patient, un préalable pour une médecine personnalisée et prédictive ».

    Les auteurs du rapport rappellent que l’identification des symptômes du patient ne se fait plus seulement lors de la consultation médicale, mais à travers divers capteurs intégrés (objets de quantified self, apps de santé sur smartphone), ou à son environnement (objet de mesure du stress sonore, de relevé de chutes, etc.). Ces outils permettent d’agréger une grande quantité de données et de les exploiter à l’aide de traitements automatisés. L’analyse de ces informations permet d’établir une image précise du patient (Deep Patient), de prédire l’apparition ou l’évolution d’une maladie et ainsi, d’adapter sa prise en charge par les professionnels de santé.

    L’avènement de l’intelligence artificielle en santé impose de repenser les modes de transmission des données par le patient. « L’enjeu est d’impliquer et d’encapaciter les individus dans la production de ces informations tout en veillant à limiter les risques d’intrusion dans la vie privée ». L’émergence de la médecine prédictive, poursuit le rapport, nécessite que l’on « surveille et analyse en permanence notre état physiologique à la recherche d’un pré-symptôme ou d’une prédisposition à une maladie ». Les patients doivent être accompagnés dans la collecte et le décryptage de ces informations. La mission Villani propose à cette fin de :

    • lancer un nouveau chantier accompagnant le Dossier Médical Partagé (DMP) : production d’informations et de données de santé utilisables à des fins d’IA pour améliorer les soins, leurs coordinations et participer à des projets de recherche et d’innovation d’IA en santé ;
    • faire évoluer l’usage du DMP : ce dernier serait élargi et deviendrait un espace sécurisé où les individus peuvent stocker leurs données, en ajouter, autoriser leur partage à d’autres acteurs (médecins, chercheurs, membres de l’entourage, etc.) et de les récupérer pour créer d’autres utilisations ;
    • déployer des outils techniques d’automatisation de la codification des informations produites par les patients en données pertinentes pour le suivi médical ;
    • sensibiliser les patients à la maîtrise de leurs données de santé (data literacy appliquée en santé).

    Une réorganisation des pratiques médicales autour du patient

    Le développement de l’IA va faire évoluer les pratiques des professionnels de santé, qu’il s’agisse de l’aide au diagnostic, à l’élaboration d’un traitement ou du suivi du patient. 

    « S’il n’est pas question de remplacer les médecins par la machine, l’enjeu est bien d’organiser des interactions vertueuses entre l’expertise humaine et les apports de l’IA dans l’exercice quotidien de la médecine » Mission Villani, p.197

    D’après la mission Villani, les évolutions récentes de l’IA laissent à penser que les professions médicales les plus impactées seront les spécialités fondées sur l’analyse de signaux et d’imagerie médicale comme la radiologie et la dermatologie. Les professionnels de santé seront amenés à « jouer un rôle fondamental dans l’expérimentation et l’entraînement des IA à des fins médicales dans des conditions réelles ». Avant d’envisager le déploiement de l’IA dans un contexte médical, la mission Villani propose de : 

    • transformer les voies d’accès aux études de médecine : diversifier les profils étudiants, intégrer dans les formations médicales des étudiants spécialisés en informatique et en IA (création de double cursus, reconnaissance d’équivalence). La mission Villani en appelle également à la fin de la « logique de compétition » tout au long du cursus universitaire, qui peut s’avérer préjudiciable au développement de coopérations interdisciplinaires et « structure les postures d’autorité médecins – patients » ;
    • former les professionnels de santé aux usages de l’IA, de l’IoT et du Big Data en santé : la mission propose de valorise les compétences d’empathie avec les missions (telles que les expériences virtuelles permettant de mieux comprendre la vie des patients).
    • clarifier la responsabilité médicale des professionnels de santé en cas d’utilisation des technologies fondées sur l’IA : la responsabilité médicale peut être actuellement engagée en raison d’une faute ou d’un manquement déontologique. Pour la mission, « en l’absence de la reconnaissance de la personnalité juridique autonome pour l’algorithme et le robot, il serait envisageable de tenir le médecin pour responsable de l’utilisation des programmes, algorithmes et systèmes d’IA, sauf défaut de construction de la médecine ».

    Fluidifier les expérimentations en temps réel avec les patients et les professionnels de santé

    La mission Villani préconise de faciliter les expérimentations de technologies IA en temps réel et au plus près des usagers du système de santé en « créant les conditions règlementaires et organisationnelles nécessaires ». Les expérimentations sont nécessaires car elles permettent « d’améliorer la pertinence du système et son adéquation avec les besoins de terrain ». Elles permettent également de « faciliter son appropriation et à terme, de sécuriser le marché ». Il convient ainsi de : 

    • permettre les expérimentations en conditions réelles pour les technologies d’IA en santé, au sein des CHU et des lieux d’expérimentations locaux en santé, voire jusqu’aux professionnels ;
    • s’appuyer sur les organisations et communautés professionnels de santé pour identifier des partenaires potentiels.

    L’IA au service des politiques de santé

    « L’automatisation va entraîner une recomposition des missions et des interactions des acteurs engagés dans la conduite des politiques de santé ».

    Mieux anticiper et cibler les politiques de santé pour renforcer l’efficience du système

    L’IA constitue un levier d’action de la puissance publique pour : 

    • mener des politiques de préventions sanitaires prédictives, plus ciblées et plus individualisées ;
    • mieux gérer et anticiper les demandes de soin sur le territoire ;
    • mieux prévoir les situations d’affluence aux urgences ou les taux d’hospitalisation et faciliter la gestion des flux hospitaliers ;
    • élaborer des outils de pilotage économique et médical plus précis.

    Ceci nécessite d’instaurer une véritable gouvernance des données de santé et d’accompagner la transformation des métiers (médicaux et administratifs).

    Assurer une veille de la donnée de santé et réformer sa gouvernance

    Le pilotage des données de santé est actuellement assuré par plusieurs acteurs, dont l’Institut national des données de santé, l’ASIP Santé, l’Administrateur général des données, la mission Etalab, etc.

    La mission Villani en appelle à la clarification de cette gouvernance pour « énoncer des lignes directrices fortes et proposer une offre de services lisibles ».

    Mettre en place une plateforme pour le système de santé adaptée aux usages liés à l’IA

    Unique au monde, le Système national des données de santé (SNDS) « n’est pas adapté au développement de l’IA dans le secteur de la santé » à plus d’un titre. Les raisons de cette inadéquation sont explicitées dans le rapport aux pages 200 et 201. Ainsi, pour développer le potentiel de l’IA en santé, la France doit se doter de nouvelles infrastructures d’information sur un modèle de plateforme. À cette fin, la France doit :  

    • créer une plateforme d’accès et de mutualisation des données pertinentes pour la recherche et l’innovation en santé, ayant vocation à se substituer à terme au socle du SNDS ;
    • mettre en place des procédures d’accès fluides à cette plateforme pour développer de nouvelles approches fondées sur l’IA ;
    • développer une offre lisible d’accès aux bases de données hospitalières (Hospital as a Platform) et inciter les hôpitaux à organiser des data science bowl ou challenge autour des jeux de données à l’image de ce qu’organise le National Cancer Institute ou le projet national patient-centered clinical research network américain ;
    • étendre les données recueillies par la plateforme au-delà des données médico-administratives.

  • Emmanuel Macron annonce un effort de 1,5 Md€ pour le développement de l’IA sur le quinquennat

    Les grandes annonces d’Emmanuel Macron, président de la République, concernant le secteur de la santé faites à l’occasion de son discours sur l’IA le 29 mars 2018 au Collège de France sont :
    • la constitution d’un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA en France, grâce à la mise en place d’un programme national, coordonné par l’INRIA, la création d’un programme de chaires individuelles afin d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux, et le doublement des capacités des formations en IA ;
    • la stratégie française de développement de l’IA doit s’appuyer sur une politique volontariste en matière de données avec notamment la création du Health Data Hub, structure partenariale entre producteurs et utilisateurs des données, qui pilotera l’enrichissement continu et la valorisation du système national des données de santé ;
    • l’ensemble du plan Intelligence Artificielle représentera sur le quinquennat un effort spécifique de près de 1,5Md€ de crédits publics dont près de 400M€ sous forme d’appels à projet et de défis d’innovation de rupture.

    En cette journée dédiée à la question de l’intelligence artificielle, le Président de la République s’est également rendu à l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer qui conjugue des activités de recherche et de soin en cancérologie. Il y a rencontré cinq starts-ups du secteur de la e-santé : Owkin, BioSerenity, Rythm, Therapixel et Cardiologs.

    « Grâce à l’IA, la médecine va devenir de plus en plus personnalisée »

    Lors de sa visite à l’institut Curie, centre spécialisé dans la lutte contre le cancer et pionnier dans l’utilisation de l’IA et dans la numérisation des dossiers médicaux, le Président était accompagné d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé et de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur.

    « Avec L’IA, on est à l’aube d’une révolution dans la médecine, qui va devenir de plus en plus personnalisée », a souligné Alain Livartowski, pneumologue. Mais « il est nécessaire que l’innovation soit au service du patient », a-t-il précisé, en présentant MyCurie, l’application qui est l’ interface entre le patient et l’hôpital.

    L’appli MyCurie, qui permet aujourd’hui de prendre des rendez-vous ou de rédiger de comptes-rendus médicaux, permettra demain d’assurer un suivi des patients dans leur vie quotidienne afin d’individualiser les diagnostics et les traitements sur la base des découvertes permises par l’IA, tout en réduisant les contraintes (moins de visite à l’hôpital) et en améliorant l’acceptabilité des traitements.

    Emmanuel Macron a ensuite rencontré les représentants de Bioserenity, qui produit des vêtements connectés dédiés à l’analyse de l’épilepsie, Rythm, start-up spécialisée dans la neurotechnologie  ayant conçu un bandeau connecté suivant et analysant les ondes cérébrales en temps réel pendant le sommeil, Therapixel, qui développe des algorithmes d’intelligence artificielle capables d’augmenter le taux de détection de cancers à partir de mammographies de dépistage, Cardiologs, qui développe un outil de diagnostic médical automatique pour interpréter les électrocardiogrammes et Owkin, spécialiste d’IA qui collabore avec l’Institut Curie pour améliorer le diagnostic et le traitement de cancer.

    Une série d’annonces au Collège de France

    Un hub de recherche et une simplification des démarches de création de start-ups pour les chercheurs

    Lors de son discours, le Président a insisté sur la compétition mondiale exacerbée autour de l’intelligence artificielle et sur l’ambition française de se situer au meilleur niveau de maîtrise d’une technologie de rupture essentielle pour la compétitivité de nos entreprises. « En la matière, l’excellence de l’école française en mathématiques et en informatique représente un atout majeur, comme en témoignent les nombreux Français occupant des postes à responsabilité dans les plus grandes entreprises mondiales en IA (Facebook, Samsung, Deepmind, etc.) », a-t-il rappelé, en exprimant la volonté de la France de constituer un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA grâce à la mise en place d’un programme national, coordonné par l’INRIA, et incarné par la mise en place d’un réseau emblématique d’instituts dédiés – 4 ou 5 localisations en France -, la création d’un programme de chaires individuelles afin d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux ou encore le doublement des capacités des formations en IA.

    Cet investissement s’accompagnera d’une mise à niveau des capacités de calcul destinées à la recherche. Afin de garantir la fertilisation croisée entre public et privé et que de cette excellence de la recherche naissent de futurs champions industriels, le Président a annoncé des mesures destinées à augmenter la porosité des parcours entre recherche publique et monde industriel : simplification des démarches de création de start-ups pour les chercheurs, accélération des procédures en confiant le soin aux universitaires et organismes de contrôler la conformité aux règles du projet du scientifique et d’en appeler à la commission de déontologie uniquement lorsque cela est vraiment nécessaire, et relèvement de 20 à 50% du temps que peut consacrer un chercheur à une entité privée.

    Des débats autour de l’accès aux données

    La stratégie française de développement de l’IA s’appuiera sur une politique volontariste en matière de données :

    • extension du service public de la donnée, avec un nombre accru de bases sur lesquelles les diffuseurs publics s’engagent sur un haut niveau de performance et de disponibilité (au nombre de 9 aujourd’hui) ;
    • mise en place d’un appel à manifestation d’intérêt pour la création de plateformes de partage de données entre acteurs, par secteur ou cross-secteur ;
    • ouverture pro-active mais maîtrisée de certaines données agrégées sur fonds publics : données des projets de recherche financés sur fonds publics, dans le cadre d’un plan « open science » ou encore données des opérateurs de transport à des fins de recherche et d’intérêt général.

    De façon plus générale, le Président a évoqué l’ouverture d’un débat à l’échelle européenne sur l’accès aux données privées (notamment celles des très grands acteurs) et leur exploitation à des fins d’intérêt général. Le Président a insisté sur le domaine de la santé « l’un des secteurs où la France possède un »avantage comparatif significatif, eu égard à la taille critique de ses bases de données ». La base de données de l’assurance-maladie ou encore celle des hôpitaux comptent en effet parmi les plus larges du monde.

    Le Président a annoncé la création du Health Data Hub pour y inclure à terme l’ensemble des données remboursées par l’assurance-maladie, les données cliniques des hôpitaux, des données de la médecine de ville et des données scientifiques issues de cohortes ; l’Institut National des Données de Santé continuera d’être le garant du respect des règles d’accès aux données de santé.

    Un effort spécifique de 1,5Md€

    L’Intelligence Artificielle sera le premier champ d’application du Fonds pour l’innovation et l’industrie de 10Md€ mis en place en début d’année. Sur les revenus de ce fonds, co-piloté par le Ministre de l’Économie et des Finances et la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, une enveloppe de 100M€ sera isolée dès cette année pour contribuer à l’amorçage et la croissance des start-ups en IA françaises.

    Plus globalement, il consacrera via Bpifrance 70M€ par an à l’émergence de start-ups dites deep technology dans notre pays.

    Des enjeux éthiques d’importance

    Le Président a insisté, enfin, sur les enjeux sociaux, éthiques et démocratiques de l’IA. À ce titre, il a rappelé l’origine très humaine de l’intelligence artificielle et la nécessité de la programmer selon les valeurs que nous souhaitons promouvoir : un impératif de transparence, de loyauté et de légalité des algorithmes. Il a évoqué le lancement d’une réflexion au niveau mondial sur leur contrôle et leur certification. 

  • L’Ecole Polytechnique et Google France ouvrent une chaire en intelligence artificielle

    L’Ecole Polytechnique et Google France ont annoncé jeudi 29 mars 2018 le lancement de la chaire internationale d’enseignement et de recherche en intelligence artificielle Artificial Intelligence and Visual Computing, à partir de septembre 2018.

    L’objectif : renforcer l’écosystème d’excellence en IA, en attirant les talents internationaux et en formant les chercheurs et innovateurs de demain.

    Cette nouvelle chaire sera portée par Marie-Paule Cani, professeur à l’École polytechnique, et financée par Google France afin de soutenir la formation d’une nouvelle génération de talents en intelligence artificielle en matière de formation, de recherche et de rayonnement international.

    Des actions de formation

    En formation, le nouveau programme de niveau master Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing de l’École polytechnique, proposé en association avec Inria, l’ENSTA ParisTech et Télécom ParisTech bénéficiera du soutien de la chaire dès l’accueil de sa première promotion en septembre 2018.

    La chaire – la 25e de l’X – participera au programme de bourses qui est développé afin d’offrir l’accès à ce programme à tous les candidats prometteurs. Google France proposera également des places aux étudiants de l’X dans le cadre de ses programmes de stages de recherche.

    Enfin, des actions de sensibilisation (séminaire IA : éthique et droit, tables rondes, ateliers) seront menées pour permettre aux étudiants de se projeter dans les métiers et la recherche en intelligence artificielle.

    En lien avec la recherche

    Les projets de recherche en intelligence artificielle de l’École polytechnique seront également soutenus par la chaire à travers le financement d’un poste de jeune enseignant-chercheur à très fort potentiel qui se confrontera à de nouveaux défis posés par l’IA : il s’agira notamment de trouver comment combiner au mieux la modélisation des connaissances et du raisonnement avec les méthodes d’apprentissage pour obtenir des garanties sur le résultat, et utiliser la génération de certaines données visuelles pour éviter les biais.

    Un programme d’invitation de professeurs de renommée mondiale sera également financé par la chaire afin de soutenir ces activités de recherche et d’enrichir les enseignements proposés dans le cadre du programme de formation Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing.

    Enfin, le mécénat de Google France permettra l’organisation de séminaire par l’X et Google autour de thématiques de l’intelligence artificielle, aussi bien sur des sujets scientifiques et techniques qu’éthiques et sociétaux.

  • French Tech : nouvelle feuille de route annoncée par le Secrétaire d’État au Numérique

    Mounir Mahjoubi, le Secrétaire d’État au Numérique a annoncé le recrutement d’un nouveau directeur de la French Tech dans les prochaines semaines ainsi que l’élaboration d’une nouvelle feuille de route de la French Tech censée voir le jour avant fin mai 2018.

    Le Secrétaire d’État au Numérique a rencontré le 27 mars 2018 les directeurs délégués des métropoles French Tech et a échangé avec chacun d’eux sur les dynamiques en cours dans les territoires, les attentes et les problématiques rencontrées.

    À cette occasion, le secrétaire d’État a évoqué les prochaines étapes sur la French Tech. Le nouveau directeur de la French Tech devrait être recruté dans les semaines à venir, alors que la nouvelle feuille de route de la French Tech, en train d’être élaborée en consultation avec les parties prenants, doit être dévoilée avant la fin du mois de mai 2018.

    Qu’est-ce que la French Tech ?

    Pour rappel, la « French Tech » désigne tous ceux qui travaillent dans ou pour les start-ups françaises en France ou à l’étranger. Les entrepreneurs en premier lieu, mais aussi les investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, grands groupes, associations, medias, opérateurs publics, instituts de recherche… qui s’engagent pour la croissance des start-up d’une part et leur rayonnement international d’autre part.

    L’initiative French Tech se donne aussi un objectif transversal : renforcer la lisibilité et la cohérence des actions publiques en faveur des start-ups. Elle ne crée pas de nouvelle organisation ni de nouvel outil public, mais elle est portée par une petite équipe, la Mission French Tech, qui travaille en lien serré avec les Directions des Ministères de l’économie et des finances (Direction générale des entreprises, Direction générale du trésor), des Affaires Etrangères et avec le Commissariat Général à l’Investissement. Ses partenaires, les piliers de l’initiative, sont les opérateurs nationaux, qui, sous la bannière commune « French Tech » coordonnent leurs actions en faveur des start-ups : la Caisse des dépôts, Bpifrance et Business France.

  • Ethik IA propose « 5 clés pour une régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation »

    L’Initiative Ethik-IA lance un appel à commentaires à la suite de la publication d’une note de cadrage autour de cinq clés de régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.

    Ces propositions ont été remises le 26 mars 2018 à Cédric Villani et s’articulent autour de cinq axes : « information et consentement du patient », « garantie humaine de l’IA », « graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé », « accompagnement de l’adaptation des métiers »et « intervention d’une supervision externe indépendante ».

    Faire de la France et de l’UE des pionniers en matière de construction des cadres juridiques entourant l’IA et la robotisation en santé

    L’initiative Ethik IA présente un double objectif. Elle vise en premier lieu à « fédérer les acteurs de la recherche et du management dans le domaine de la régulation éthique, juridique et RH du déploiement de la robotisation et de l’Intelligence artificielle en santé », rappellent ses membres dans la note de cadrage du 26 mars 2018.

    Elle affiche également un objectif opérationnel à moyen terme : la France présente une certaine avance en matière d’élaboration des cadres juridiques et sociétaux en matière de protection des données ou de télémédecine. Ethik IA entend faire de la France et de l’Union européenne des acteurs de premier plan « dans l’élaboration d’un dispositif d’acclimatation de l’intelligence artificielle en santé conforme aux exigences d’une société démocratique avancée ».

    Ethik IA formule cinq propositions dont H&TI restitue ici le contenu et les objectifs.

    Clé 1 : Information et consentement du patient

    • Il convient d’informer préalablement le patient du recours à un dispositif d’IA ;
    • Des modalités d’information « particulières » doivent être aménagées pour garantir l’effectivité du recueil du consentement de patients vulnérables ;
    • Celles-ci peuvent inclure : le recours à une personne de confiance, à des dispositifs de recueil à priori pour un ensemble d’options de solutions prise en charge ou à des dispositions de protection renforcée pour les personnes vulnérables.

    Clé 2 : Garantie humaine de l’Intelligence artificielle

    • Ethik-IA propose d’instaurer des procédés de vérification régulière des options de prise en charge proposées par le dispositif d’IA ;
    • Elle préconise également d’aménager une capacité d’exercice d’un second regard médical humain à la demande d’un patient et/ou d’un professionnel de santé.

    Clé 3 : Graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé

    • Cette régulation doit être proportionnée au degrés de sensibilité des données de santé au regard des principes du droit bioéthique ;
    • Des normes de bonnes pratiques peuvent être élaborées.

    Clé 4 : Accompagnement de l’adaptation des métiers

    • La note de cadrage rappelle que « les effets du recours à un dispositif d’intelligence artificielle ou de robotisation sur les conditions d’exercice doivent (…) faire l’objet de modalités d’anticipation et d’accompagnement ».
    • A cet effet, Ethik-IA propose qu’une partie des gains générés par le recours à l’IA soient mobilisés pour le financement de cet accompagnement.
    • Ce dernier peut se traduire par la formation (initiale ou continue) des professionnels aux enjeux de l’IA et de la robotisation et par le soutien à l’émergence de nouveaux métiers dans le champ sanitaire et médico-social.

    Clé 5 : Intervention d’une supervision externe indépendante

    • Des études d’évaluation seront diligentées par une entité externe indépendantes pour évaluer les effets du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.
    • Elle sera également chargée de soutenir la recherche scientifique en la matière.

    Répondre à l’appel à commentaires

    Tout commentaire relatif aux propositions formulées par Ethik-IA ou à l’initiative peuvent être adressées à David Gruson, membre du Comité de direction de la Chaire santé de Sciences Po Paris (gruson.david@yahoo.fr) ou à Judith Mehl, présidente d’Ensemble Concernés (mehljudith@gmail.com).

  • L’hôpital digital, la télémédecine et les données au cœur de Paris Healthcare Week, 29-31/05, Paris

    Organisé par la Fédération Hospitalière de France, le Paris HealthCare week du 29 au 31 mai 2018, regroupe les salons HôpitalExpo, GeronthandicapExpo, HIT (Health-ITExpo) et le salon Infirmier avec environ 800 exposants.

    • HIT Expo est le salon dédié aux TIC, aux systèmes d’information et à la e-santé. Il regroupe, en 2018, 350 exposants (institutionnels, services, conseils, formations, éditeurs de logiciels, intégrateurs informatiques, fabricants IT, solutions e-santé, etc.) dans des villages thématiques, des start-ups, des parcours experts et des conférences ou tables rondes sur des sujets d’actualité. 
    Des agoras permettront des retours d’expérience portant, par exemple, sur l’Intelligence artificielle, l’Ehpad numérique, l’imagerie, la sécurité et les blockchains, les systèmes d’information et les GHT mais aussi sur les objets connectés, la télémédecine, etc.

    • HôpitalExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème hospitalier : institutionnels, services, conseils, formations, hôtellerie, logistique, équipements et matériels médicaux, aides techniques, bâtiments, plateaux techniques, architecture, hygiène… Des agoras et des débats y seront proposés ainsi que retours d’expérience entre professionnels pour parler des solutions pour répondre aux enjeux de l’hôpital : structuration des Groupements hospitaliers de territoire (GHT), construction des parcours et des filières de soins, développement de l’ambulatoire, essor de la télémédecine, maîtrise des problématiques de développement durable, etc.

    • GerontHandicapExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème médico-social. Des agoras et des débats seront organisés autour du management, de l’architecture, de la construction, de la transformation, de la prise en charge… Cinq espaces thématiques d’exposition : bâtiment et plateau technique ; hôtellerie et logistique ; équipement, matériel médical et aide technique ; service, conseil, formation et institutions ; IT, systèmes d’information et e-santé.

    • Salon Infirmier : des tables rondes, des conférences mais aussi de nombreux ateliers et démonstrations : simulation de situations de soins, ateliers pratiques de prise en charge des brûlures, soins à domicile pour l’exercice libéral, procédures au bloc opératoire etc. 

    Parmi les autres grands événements au cœur de ce grand rendez-vous francophone de l’écosystème de santé, le 38e séminaire annuel – Hospital 21 du groupe de travail Santé Publique de l’Union Internationale des Architectes (UIA), qui  réfléchira notamment  notamment le thème de l’hôpital digital tandis que Art of D.A.T.E abordera à la fois la question de l’évolution et performances des CHU français et le Big Data en santé, avec comme problématique clé : « Des hôpitaux peuvent s’avérer obsolètes le jour même de leur inauguration. Le temps nécessaire de la conception à la livraison des bâtiments est de plus en plus en décalage par rapport au rythme de l’innovation ».

    Pour obtenir un badge visiteur, suivre le lien ci-contre.

    Extrait du programme

    • Conférences libres, communes aux 4 salons

    Mardi 29 mai 2018

    11h15- 12h : Le virage numérique : quelles stratégies et quels services pour les patients et partenaires des établissements de santé ?

    13h15-14h E-santé : Etat des lieux et perspectives du point de vue de l’assureur

    Mercredi 30 mai 2018

    9h15-10h Cybermenaces : Votre système d’information est-il assez sécurisé ?

    10h15-11h SSO Enovacom : une solution d’authentification forte pour simplifier la vie de la DSI et de l’équipe soignante

    10h15-11h Malades chroniques : comment la télémédecine améliore la qualité de leur parcours de soin et de leur confort de vie

    11h15-12h De l’agrément à la certification, l’expérience du Mipih en hébergement de données de santé

    11h15-12h L’impact médico-économique de la télémédecine chez TokTokdoc

    13h15-14h Fluidification des parcours : préparer et sécuriser le retour à domicile via une plateforme digitale et un télésuivi infirmier (Maela et Santéos)

    14h15-15h Mise en place de Doctolib dans un CHU

    15h15-16h La mise en place du Télésuivi dans la prise en charge du patient atteint du syndrome d’apnées du sommeil (Philips)

    15h15-16h Les technologies de l’information et de la communication intégrées aux bâtiments au service des aidés et des aidants.

    16h15-17h Sécurisation des échanges de données patient entre professionnels de santé, expérience réussie en oncologie médicale (PandaLab)

    16h15-17h Comment le numérique participe à renforcer le lien humain entre les professionnels, les résidents et les familles, en établissement et à domicile ?

    Jeudi 31 mai 2018

    10h15-11h Innovation technologique & cas d’usages : depuis l’expérimentation jusqu’à la mise production de soins personnalisés (DELL)

    11h15-12h La santé connectée au service des patients : des appareils biomédicaux connectés à l’IoT, il n’y a qu’un pas (Enovacom)

    11h15-12h AI In Healthcare – How data science platform and AI will enable data scientists and clinicians to develop groundbreaking solutions for healthcare (Philips)

    11h15-12h Echange de données, identification, traçabilité : les standards en réponse aux enjeux des GHT (GS1 France)

    12h15-13h Valoriser les données hospitalières à l’aide de l’intelligence artificielle : enjeux, méthodes, cas concrets et retours d’expérience (Alicante)

    14h15-15h L’innovation en santé, une véritable réponse aux enjeux budgétaires ? (Ugap et DoctoLib)

    Conférences organisées par la FHF

    Mercredi 30 mai 2018

    14h – 17h – Piloter son territoire par les données de santé (Accès payant)

    • La gestion des données dans les systèmes de santé étrangers
    • Les enjeux du big data en santé
    • Les acteurs territoriaux devant la donnée : quelles innovations dans la gestion locale ?
    • Le traitement de la donnée de santé dans un territoire : l’expérience des ORS
    • L’éthique du traitement de la donnée
    • La donnée, un outil pour la médecine préventive
    • Big data et santé : quels usages futurs ?

    17h30 – 19h00 – Fonds FHF : l’innovation frugale : innover en faisant des économies ! (Accès gratuit)

    Découvrez cinq innovations qui améliorent l’efficience des établissements de santé tout en générant des économies :

    • Apitrak pour géolocaliser le matériel médical et optimiser son partage et son stockage.
    • Around Innovation sert à transformer le temps d’attente des usagers en le valorisant en temps administratif, de prévention et d’éducation thérapeutique.
    • Keldoc, permet de réduire le nombre de rendez-vous non-honorés.
    • SI-LAB, a pour objectif l’augmentaction de l’activité des laboratoires de biologie médicale.
    • Whoog, pour constituer l’équipe renfort d’un établissement et réduire l’impact de l’absentéisme.

    10 villages dont 3 d’intérêt pour les acteurs de la e-santé :

    •  Le Village & Showroom Catel : Solutions de télésanté, télémédecine, applications, plateformes web, objets connectés, 

    • Le Village start-up : Act&Care, Ambulines, Bipsoin, Cerebellis, Colnec Health, DirectoSanté, Dispo Matching, Galéon, Healthy Mind, Immersive Thérapy, InnovSanté, Mapui, Medelse, Medeo Health, Medgo, Medikstaff, Medipix, Medisanté, Mediveille, Mercidocteur, Mypl, Osimis, Pandalab, Santé Net, Tilak Healthcare, Waryme, Yello…

    • Le Village UGAP « Territoire de santé numérique ».

    Programme complet disp. via ce lien.

  • Parlement : l’impression 3D et l’IoT dans la santé font l’objet de deux notes par l’OPECST

    L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a présenté le 22 mars 2018, dans le cadre d’une conférence de presse, ses trois premières notes dont deux portent sur les objets connectés (IoT) et l’impression 3D. 

    Ces notes ont été élaborées à la demande de Cédric Villani, premier vice-président de l’Office, dans l’objectif de fournir un éclairage synthétique et voué à une large diffusion sur des sujets scientifiques ou technologiques d’actualité. Elles font un état des lieux des usages et interrogent la pertinence de ces technologies en esquissant les évolutions et les questions que ces dernières soulèvent.

    Les deux rapporteurs, respectivement, Didier Baichère, député et vice-président de l’Office et Huguette Tiegna, députée et vice-présidente de l’Office, ont présenté les conclusions de leur enquête qui comprennent des éclairages et des mises en garde, tels :
    • les objets connectés au service de la santé et du bien-être affichent le meilleur taux de succès auprès du grand public, mais les données qu’ils génèrent par les objets connectés sont un bien économique à valeur ajoutée dont la gouvernance pose des interrogations ;
    • « l’auto-mesure connectée » (quantified self) est un terreau fertile à la médecine prédictive au service d’une meilleure prévention et pouvant donner lieu à des économies du côté des financeurs de la santé, mais l’acceptabilité sociale des IoT est un facteur important à prendre en compte afin d’éviter les tensions sociales ; sur le même plan, on peut s’interroger sur la capacité des IoT à créer du lien social ou à véhiculer des inégalités en intensifiant la fracture numérique ;
    • l’impression par 3D peut contribuer à la fabrication de dispositifs médicaux de bonne qualité et ce à des coûts moindres, mais nécessite d’être encadrée par la loi, sans quoi elle est susceptible d’engendrer des risques à la sécurités des personnes.

    L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, présidé par le sénateur Gérard Longuet, a examiné et adopté ses trois premières notes courtes. La dernière note du triptyque portait sur le stockage du carbone dans les sols.

    Les auteurs des deux notes explorant des domaines liés à la santé font un état des lieux des usages et mettent en exergue des questions qui, dans le cadre de ces usages, devraient être traitées et exigent des réponses.

    Ils soulignent de ce fait-là des préoccupations qui existent et esquissent parfois des orientations pour les résoudre.

    Wearables en santé, les IoT les plus prisés pour répondre aux enjeux de santé publique

    Didier Baichèr s’appuie sur une étude du cabinet AT Kearney selon laquelle la vente et l’usage des objets connectés, la création de valeur pour l’Union européenne s’élèverait à environ mille milliards d’euros en 2025. Sur les mille milliards, 80 milliards d’euros seraient générés par le marché des objets connectés en lui-même, alors que 210 milliards d’euros seraient économisés par la réduction des risques de santé et générés par le gain de temps dans la vie quotidienne des individus.

    Les objets connectés grand public portatifs (wearables) dans le domaine de la santé sont ceux qui connaissent le meilleur succès, car ils permettent aux usagers de bénéficier d’un accompagnement (programmes personnalisés, auto-mesure de certains paramètres physiologiques, consultation à distance) ou de soulager un problème de santé (stylo porteurs d’insuline, le bandeau « Dream »).

    L’auto-mesure et le recueil de données ouvre la voie à la médecine prédictive, qui selon l’auteur permettra d’anticiper et de prévenir des problèmes de santé  et à la  fois réaliser des économies.

    L’auteur de la note avance même que dans le futur il soit très probable que les êtres humains seront équipés « d’implants-capteurs connectés » surveillant en permanence notre santé.

    Attention à la gouvernance de données et l’impact écologique de l’usage de ces appareils

    La note interroge à propos de la gouvernance des données, sachant que l’intérêt de l’objet connecté réside avant tout dans les données qu’il génère, celles-ci étant nécessaires à la mise en place de services. 

    L’auteur fait le constat du rôle primordial des plateformes en tant que point de capture de données générées par divers objets connectés. Elles constituent un moyen de réunir des données issues de sources diverses et de les agréger en un seul lieu tout en dépassant le problème d’interopérabilité que la multitude de standards de communication pose.

    Élément clé de l’interopérabilité des objets connectées, les plateformes doteront les acteurs économiques les plus puissants capables d’imposer leur plateforme – en attirant les concepteurs, développeurs, prestataires de services associées et autres – , d’une valeur ajoutée systématique liée aux données qu’elle héberge. La place des acteurs étrangers doit être définie dans ce cadre.

    L’autre constat est lié au fait que la multiplications d’objets connectés constitue une source de déchets électroniques, notamment alimentée par l’obsolescence programmée des appareils ou l’absence de système de mise à jour logiciel intégré.

    La bio-impression, l’enjeu santé de l’impression 3D

    La députée de la deuxième circonscription du Lot, Huguette Tiegna, ingénieur en génie électrique de par sa formation, s’est penchée sur la question de l’impression 3D, voire 4D. Au-delà des applications dans le secteur aérospatial, cette technique de fabrication additive est également utilisée dans la santé. Les procédés de bio-impression permettent de produire des structures cellulaires artificielles.

    Pour des raison éthiques, ce sont principalement des cellules souches pluripotentes induites (CSPI), soit de cellules reprogrammables, et non des cellules embryonnaires qui sont utilisées.

    Proposer des produits hautement personnalisé et à coût réduit

    Au chapitre santé, l’impression 3D trouve son utilité dans la fabrication de prothèses auditives notamment ou dentaires. Recourir à cette technique de fabrication additive permet d’accroître la qualité du produit, personnalisé, et à la fois de réduire son coût de fabrication.

    À terme, la bio-impression, pourrait permettre de fabriquer :

    • des organes artificiels pour remplacer des organes déficients, et ce, sans causer de rejet immunologique (les cellules employées étant celles du patient) ;
    • des organes artificiels permettant, dans certains cas, d’effectuer des essais sur maquettes 3D sans avoir recours à l’expérimentation animale ; 
    • des « organoïdes » 3D servant à la recherche.

    Technique néanmoins plus difficile à mettre en œuvre dans la fabrication d’organes pour cause de mécanismes complexes impliqués, elle est très prometteuse dans le cadre de la fabrication d’implants du type cheveux, gencive, peau ou os. On peut tout de même envisager qu’à terme, elle soit utilisée comme un moyen de pallier le manque de donneurs d’organes.

    Un enjeu juridique : la question de la propriété et de la responsabilité liée aux risques

    Les imprimantes 3D destinées à un usage domestique ou de bureau existent déjà. Leur utilisation pose de nombreuses questions : celle de la propriété intellectuelle et de la « copie privée », quid des pièces « imprimées » par les particuliers n’ayant subi aucun contrôle de qualité et des risques qu’elles peuvent engendrer.

    La fiabilité, la qualité et la sécurité des pièces fabriquées par l’impression 3D sont des questions brûlantes. D’autant plus que leur utilisation dans un cadre non industriel génère des particules toxiques et des composés volatiles représentant un risque sanitaire.

    Former, mobiliser et investir

    Huguette Tiegna a émis des préconisations :

    • mettre tout en œuvre pour stimuler et encadrer cette nouvelle technologie qui évolue en ce moment-même vers une version plus avancée, à savoir celle de la 4D permettant de doter les objets imprimés ainsi de propriétés adaptables comme changer de couleur ou de forme ;
    • l’utiliser comme un levier économique, telle que la pressentent des études menées au Royaume-Uni et aux États-Unis, d’où la nécessité de soutenir la recherche et les investissements en impression 3D, notamment par les subventions du programme d’investissement d’avenir (PIA) et de la Banque publique d’investissements (BPI), ainsi que les appels à projets de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du programme européen Horizon 2020 ;
    • mobiliser les acteurs autour de la structuration de la filière en soutenant l’action de l’Alliance Industrie du Futur (AIF) et de l’institut Carnot Cetim, et en inscrivant les actions dans les territoires via les régions, les pôles de compétitivité et des plateformes de référence ;
    • former et informer autour de cette technologie de rupture.

  • Amazon infléchit sa stratégie santé en recrutant l’ancien Chief Health Informatics Officer de la FDA

    D’après la chaîne d’information américaine CNBC, Amazon aurait recruté Taha Kass-Hout, ancien Chief Health Informatics Officer de la Food and Drugs Administration (FDA). Taha Kass Hout a quitté la FDA en juin 2016 pour travailler en qualité de Digital Health and Intelligence Officer au sein de l’entreprise Trinity Health basée dans l’état du Michigan. Taha Kass Hout travaillera auprès de Babak Parviz, ancien directeur de Google X et actuel Vice-Président d’Amazon. 

    Son rôle au sein d’Amazon demeure pour l’heure imprécis, mais selon CNBC il devra contribuer au développement d’un nouveau modèle de dossier médical informatisé (electronic health record). Plusieurs observateurs soupçonnent l’entreprise américaine de vouloir concurrencer Apple et Google, qui s’efforcent toutes deux d’aider leurs consommateurs à accéder à l’ensemble de leurs informations médicales à l’aide de nouveaux dossiers informatisés ou nouvelles applications mobiles.

    Avec le rachat de la chaîne de magasins alimentaires Whole Foods, estimé à 13,7 milliards de dollars (soit 11,1 milliards d’euros), Amazon s’oriente vers la création de pharmacies ou de point de stockages de médicaments commandés en ligne, à l’image de son concurrent CVS Pharmacy, après avoir lancé début mars 2018 la commercialisation de médicaments sans ordonnance sous sa propre marque.